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Full text of "Commentaires sur toutes les epistres de l'apostre S. Paul, et aussi sur l'epistre aux Hebrieux : item, sur les epistres canoniques de S. Pierre, S. Iehan, S. Iaques, et S. Iude .."

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OF 



JUN 7 '907 



Division ;;;;^ C' O 
Section ^^35 C 






* S} i 




yf!?-/ 









i-\¥'i 



C O M M E N T.A I R E S 

DEM.IEHAN CALVIN SVR 
TOVTES LES^EPISTRES 
DE L'APOSTRE S. PAVL, ET 
A.VSSISVR L'EPIî|TRE 
AVX HEBRIEV'X. 

r T EM, S VR LES E P I- 

STRES CANON'l QV E S D E 
S.PIERRE, S.IEHAN, S. I A- 
Q^ E S, E T S. I V D E, A V T R E- 
MENT APPELEES CATHO- 
L I (VV E S. 

EN L I S A N r '-E T CONTE- 

ntnt celle edhion aucc les Antres -, ^o:is cotnot- 
•Jlrez, eictdemment tficc t\tuthe:'r /t te toutre- 
ueti Ç^ Augmenté y ^ efiteLt tradticljondu. tex- 
te e fi comme réduite inf!i ferfeclton. 







^: 



:-^^^A 



Imprime par Conrad Badins, 
M. D. L X I. 




/» i^TmnAéiU)* 




lEHAN CALVIN A M.SI< 
mon Giyneejhommedouc de grâces ex- 
cellentes. Salut. 

U^^^^i^^^^-^f^r^^ L mefouuiencqu'ilyatroisans, 
comme nous deuifions priucmct 
entre nous quelle eftoit la meil- 
leure fa^on d'interpréter rEfcri- 
turcque le moyen d'y procéder 
lequel vous approuuiez le plus, 
fut aulîî celuy qui me pleut plui 
que tous autres. Car nous eftions 
tous deux de ceft auis , que la 
principale vertu d'vn exporteur 
confilte en vnc bncfuete facile, & qui n'emporte point d'ob- 
fcuritc. Et de faiâ:,comme ainfi foit que quafi tout Ton office 
eftcomprins en ce feul poinil, afcauoir de bien déclarer 5c 
dcfcouurir l'intétion de l'authcur lequel il a entreprins d'ex- 
pofcr, d'autant qu'il mené les Icftcurs hors d'icclle, d'autant 
aufTiilOcllongine de Ton but, ou pour le moins extrauague 
aucunement hors de Tes limites. Et pourtant,nous defirions 
que du nombre de ceux le{quels auiourd'huy f'addonnenta 
aider en ceft endroit laThcologie,il T'en trouuaft quelqu'vn, 
lequel Ceftudiaft a eftre facile èi clair, & quant & qu.ît meift 
peine de n'empeTchcr point outre mefure par longs Com- 
mentaires les ledeurs & gens d'eftude. Or combien que ie 
Tcache que ccfte opinion n'eft pas reccue de tous,&que ceux 
qui ne la reçoyucnt, ont aufll quelques raifons qui les mdui- 
fcnt a eftre d'autre auis, touteffois quant a moyenne me 
peut dcftournct d'aimer ceftc bricfucte. Mais puis que la di- 
ucrfite qu'on voit eftre de nature es cfprits des hômcs, porte 
cela,qui-lcs vns prcnentplaidr a vncfai^on, les autres a l'au- 
tre , laillons en ceft endroit a chacun Ton iugcment libre, 
moyennant que perfonnc ne vucille aftrcindre tous les au-' 
très a (on appctit,&: a ce qu'il trouue bon. Cela fera que d'vn 
cofté,nous qui approuuons plusvnebriefuetc,ne reictterons 
point ou mcfprifcrons les labeurs de ceux qui font longs & 
copieux en l'interprétation des Hures dclal'aindle Efcriturc: 
&c d'autre pi r^auttî ccux-lanous fupporterontmutuellemct, 
encore qu'il leur fcmbleque nous foyons par trop bricfs & 
Terrez. Qu^ant amoy, ccrtcs,ie n'ay peu me tenir d'clTliyerfî 

a. 11. 



« E P 1 s T II E. 

^ioi>|abeili.' pobrroîtcn cefl endroit apportcr'quciquc prou- 
fît a rEgliCc de Dieu. le ne veux pas dire touteffois , que îc 
fCnfc maintenant auoir atteint a ce moyen de procéder , le- 
quel lors nous Icmbloit le meilleur de tous : ouque com- 
mençanti'aye penfc y pouvoir attc!!>dre:-m:uçi'ay pris pei-' 
ne de tellement modcrcr & compalVer mon ftyle, qu'on peut 
apperceuoir que ie me fuis propofc ce moye-Ia comme mon 
patron pour me régler delîus, & en approcher le plus près 
queiepourroye. Qu^ant a fcauoir combien i'y ay aiiancé, 
pourcc que ce n'cft pas a moy d'en iugcr , i'cii laiiîe le iuge- 
ment a vous , & a ceux qui vous reiremblcnr. Au reftc , tou- 
chant ce q i'av choilî lur toutes autres ceftc Epjftre de S.Paul 
ppur faire rc{ray;de cela, ie voy bien quc.moa entrepnfe fera 
iliiettc a la reprchcnfion de beaucoup de gens.Car veu q tant 
depcrfonnagcs exccllens. en fcauoir ont par ci deuant em- 
ployé leur labeur en l'explication d'icellc,il femblc bien auiii 
qu'il ne refte plus aux aiitxes aucun moyé d'apporter rien de 
meillcur.Et de £aicft,ie confelTe, combien que ic pcnf.ifTe bieiv 
que mapeine ne ferpit pas du tout fans fruit , que touteffois 
du commencement i'ay elle arrefté par cefte ccn{ideration> 
que ic craignoyc d'eftrc noté de remcrite , fi après tant d'ou- 
uriers excellcns iemcttoyelamain a ceft ouurage. Il y afur 
cefte Epiflre plu(îcui;s Commentaires taiit des anciens que 
de ceux de ce temps. Et aufli a la vérité ils ne pouuoyent pas 
mieux employer leur labeur qu'en ceft endroit: ven que qui-i 
conque l'entendra, il ha comme vnc ouuerture Se entrée a 
l'intelligéce de toute l'Efcriture. le me déporte de parler des 
anciens , aufquels la crainte de Dieu , le fcauoir , la lainclcte 
de vie, & finalement l'aagc a acquis vue telle authorite , que 
nous ne dcuons rien mefprifer de ce qui efl: procédé d'eux. 
Et mefmes auGI de ceux qui viueut encore auiourd'huy, il 
n'eft ia befoin que ie les nomme tous l'vn après l'autre. Tou- 
chant de ceux qui y ont le plus trauaillé,ic diray ce qu'il 
m'en femblc. M.Philippc . Melanchthon , félon l'excellente 
4oâ;ruic, induftrie, & dextérité qu'il ha en toutes fcienccs, a 
beaucoup efclarci les matières traittees en icelle, par defliis 
les autres, lefquels dcuant luy en auoyentmis quelque chofc 
en lumière. Mais pourcc que fon but a élire ('comme il ap- 
pert) de traitter feulement les points les plus notables : ce- 
pendant qu'il farreftc du tour a cela, de propos délibéré il 
I.nfrepaiTer beaucoup de ciiofcs,Icfquelles pourroyent au-, 
cuncmcnt donner peine a ceux qui ne font pas des plus 



i 



E P I s T R E. î 

granscfpnts. Apres efl: venu Bullingcr>kc]u'cl ao/Tiabon 
droid: a acquis ;j;rande louange: car aiiec ladoârinc il a eu 
aufll vue facilite, laquelle l'a rendu forr agréable. Finalcniêc 
Euccr, mettant fes labeurs en lumière, af'par manière de di- 
re) fait l'ouu rage accorapli . Car ce perfonnage-la ('comme" 
vous fcauczj outre le profond icauoir Se la grande cognoif- 
fance qu'il ha de plulicurs chofes , outre la fubtilite d'c-, 
fprir,&: ce qu'il a beaucoup Icu , &plulîeurs autres & diuer— 
£cs vertus , clcjuclles il n'y en a quau pas vn auiourd'huy qui 
le palfe, & bien peu qui foycnt a comparer a-iuy, au contrai-, 
reilenfurmontcplufieurs : haccfte louange qui luy eftpro- 
prc «5: particulière, que nul autre de noftre temps ne f'elt crrj 
ployé al'intcrpretation del Efcriture auec plus grande dili- 
gence. Comme donc ie confcfle que ce feroit vne émulation 
pcrucrfc & par trop exorbitante , de vouloir tafcher a em- 
porter le pris par dtflus tels perfonnagcs : ainfi iamaisil-nc 
me vcint cnrcntcndenicnt de leur vouloir ofter le plus petit 
poinclde leur louange. Que la grâce &autlioritc laquelle ils 
ont méritée par le iugemcnt commun de toutes gens debié,. 
kur demeure fauue & en Ton entier : cependant toutefrois 
ce poinClmc fera accordé, comme i'efpcre , qu'il n'y eut ia-- 
mais rien de fi accompli entre les hommes, que l'induftric 
des fuccefk'urs ne trouuall: toufiours arêployer,ou pour po- 
lir la chofe, ou pour ragencer,ou pour i'eiclarcir. Touchant 
Diaperlonne,ie n'en ofe rien dire, finon qu'il m'afemblé que 
ce mien labeur ne feroit point iîiutik,lequel il n'y auoit aucu 
ne autre raifon qui m'eull induit a entreprendre , que le bien 
public de l'Eglife. D'auanrage aun],i'ay penfé que la façon ai 
ucrfe de procéder, que ic me fuis yci propofee, feroit fufiîfan 
te pourme purger de toutblafmc ou foufpeço d'émulation: 
qui eftoit la choie que i'auoye plus a craindre. Car M.Philip- 
pe Melanchthon efl parutnu a ce qu'il prctendoit , afcauoir 
cl'efclarcir les points les plus nccciraircs.Et li f 'eftant arrcftc. 
a ces principaux points :. il a laiifé beaucoup d'autre;; chofes. 
qui ne font pas a mefprifer.iln'a pas voulu empefcher les au 
très de Camufer a les efplucher auffi. Bucer eft trop lôg,pouï: 
ertre leu a U hafte par ceux qui font diftraits d'autres occu- 
pations : & trop haut pour eftre facilement entendu des pc- 
tis.Sc de ceux qui ne confidercnt pas de fi près les chofes. Car 
incontinent qu'il fc prend a traitier vne matière , quelle que 
ce foit.-la fertilité incroyable d'efprit qu'il ha, luy fournit t,';c 
de chofes en main,qu'il ne peut f'tftaucher & faire fin. Com- 

a.iii. . 



E P I s T R E. 

me aînlî Toit cîonc que l'vn n'a pas traitté tous les points , & 
l'autre les a déduits trop amplement pour eftie leu en peu de 
temps , il m*a efte auis qu'il ne pourroit point femblcr que 
mon entreprinCe tiraft aucunement fur quelque émulation,. 
Touteffois i'ay efte quelque temps en doute , fil feroit meil- 
leur que i'allalTe feulement comme grappetant après ceux- 
là, & les autres , pour ramafler les chofes par eux omifes, ef- 
quelles il me fembloit que ie pourroye aider aux gens de 
moyen efprit:ou bien de drelTer vn Commentaire cpntinuel, 
auquel il faudroit neceffairement réitérer beaucoup de cho- 
fes qui auroycnt defla efte di(fles par iceux tous , ou a tout le 
moins par quelqu'vn d'entr'eux . Mais pource que bien fou-i 
uent ils ne f'accordent pas enfemble,&que cela donne beau- 
coup de peine aux Lecteurs qui ne font pas tant fubtils,d'au- 
tant qu'ils font en doute a l'opinion duquel ilsfe doyuent 
pluftoft arrefterri'ay pçnfé que ce mien labeur aufiî feroit bié 
employé, & feruiroit beaucoup, quâd en môftrant quelle eft 
la meilleure interpretation,ie releueroye de la peine de iuget 
ceux qui d'eux-mefmes n'ont pas le iugement affez ferme: 
veu mefmcmentque mon intention eftoit de comprendre le 
tout en telle briefuete,que les ledeurs ne perdroyent gueres 
de téps en lifant en mes liures ce qui a efte dit par les autres, 
En fomme , l'ay mis peine que perfonne ne peuft fe plaindre 
iuftement qu'il y ait yci beaucoup de chofes fuperflues.Quat 
al'vtilite , ie n'en di rien, laquelle touteffois parauenture lc$ 
gens qui ne feront point malins & ingrats confefferont , en 
ayant fait lecflure.auoir yci trouuc plus grande, que i e n'ofe- 
roye (en gardât la règle de modeftiej promettre par paroles, 
Au refte, quant a<:e que quelque fois ie fuis de contraire opi- 
nion aux autres, ou pour le moins il y a quelque diuerfite en- 
tre nous, en cela il eft bien raifonnable qu'on m'excufe. Vray 
eft que la parole de Dieu nous doit eftie en telle reucrcpce, 
que le moins qu'il fe pourra faire , nous la defioingnions par 
diuerfîte d'interprétations: car cela derogue ie ne fcay com- 
ment a la maiefté d'icelle , principalement Ci on le fait autre- 
ment qu'auec grand efgard, & en y vfant de grande fobrietc. 
Et de raidt , fi c'eft vnc chofe illicite de contaminer rien de 
tout ce qui eft dedic a Dieu, certes ceftuy-lane fera aucune- 
mét fupportablcqui auec fes mains polluées f c'eft a dire d'v- 
ne façon profanej ou n'eftant point bien prépare , viendra 2 
manier & traitter la chofe de toutes la plus facree qui foit au 
monde. Er pourtant, c'eft vnc audace qui emporte facrilcgc, 

de 



E P I s T R E. 4 

Jtc tirer ça & la lesEfcritures fans difcretîon ancunc ,8c0cn 
iouer a plaihr, cômc d'vne chofe qui n'cft faite que pour pa'- 
fc-tcmps: ce que pluficurs ont fait long temps y a. Mais c'cft 
vne chofcqu'ona toufiours peu apperccuoir , que ccux-la 
mcfiTies quiauoyentzele de la crainte de Dieu, & reuercnce 
&fobriete atraittcr les faind^smyftercs de Dieu , n'ont pas 
en toutes chofes cfte d'accord &d'vn mcfmc auis.Car iamais 
Dieu n'a vfé de telle libéralité enuers fes fcruiteurs , de faire 
que chacun d'eux a part cuft vne intelligence plcne, parfaite 
& accomplie de tous points:& n'y a point de doute qu'en ce- 
la il n'ait eu efgard a nous entretcnir^premieremcnt en humi 
lite , & puis aufil en vn defir& exercice de communication 
fraternelle . A cefte caufe, puis qu'ainfi eft qu'il ne nous faut 
pas attendre de vcoir en cefte vie prefcnte (ce qui autrement 
îeroit bien adefirer ,qu'en l'intcUigéce & expofition dcspaf 
fages de l'Efcriture) il y ait entre nous en tout & par tout vn 
accord entier, il faut mettre peine quand nous laiiTcronsI'o- 
J)inion de ceux qui ont efcrit dcuant nous , quç nous le faci- 
ons , non point cftans incitez de quelque fol appétit de dire 
quelque cliofe de nouueau , ou poulTcz de quelque cnuie de 
mettre vne note fur les autres, non point eftans efmeus d'au- 
cune haine,ou chatouillez d'ambition, mais feulement eftas 
contraints par necefhtc&ne clierchans que de proufitcr aux 
autrcsren après aufh,que cela fe face en l'expofitiô de l'Efcri 
ture :mais quant aux points de doctrine & articles de la reli- 
gion, efquelsprincipalemét le Seigneur a voulu que les (îens 
fulfcnt d'vn accord, qu'on ne f y donne pas Ci grande liberté. 
Qu,ci'aye tafchéde faire l'vn & lautre,les letficursle cognoi 
ftront aifeemcnt. Mais pource qu'il ne me feroit pas feant de 
dire &: prononcer ce qu'il me fcmblc de moy-mcfmc ie fuis 
bien content d'en laifler la cenfure a vous : au iugement du^ 
quel, puis que tous autres non fans caufe défèrent beaucoup, 
ic doy de mon coftc déférer (ans exception: afcauoir d'autût 
que ie vous cognov de plus près par conuerfation familière, 
laquelle en lieu qu'elle a accouftunij de diminuer aucune- 
ment la réputation des autres, augmente grandement cnucrs 
moy la voftre,qui autlement eft excellente & honorable en- 
uer toutes gens de fcauoir. A dieu. De Strafbourg ce X V 1 1 1 
a'OclobrcM. D. XXXIX. 



a. mi. 



\4K.GyMEKT DE VE P 1 S TK^ 5 ^ 1 U C T 



F. ne fcay f'il eft beToin Jam'arreHcr lôgutment a pïrler it r»^ifi;e Je r» 
fie F.piftre.Car d'vn toft^ ic crain qut me» Intiangcs.qiii n'approcfccroyent 



Paul AUX {{pmaînt 

f beToin Jam'arreHcr ! 
_ d'vn tofH ic crain qut 

^Xr ;^^* ismaisdela grandeur tl'icclle.ne facent que l'obrcurcir. D'autre part lufû 
(Çîleï' '\^^ elle fe demonftre <ié« l'entrcc , &fc donne a cognoiftre pluî' nayfDïmcot 
jBjT'd ^i^ qu'on ne fcauroit faire entendre de parolei.Et pourtant ij fe?a meilleur de 



7'^f.~-''^\> venir a l'argument, par leouel fans difficulté il apparciftra incôtinent que 
ctfte Epiftrc.outreplufieurs ;(utres & fiogulieres grâces qu'on y tronners.cn ha s-ncpropr» 
le pcculietc, laquelle on ne fcauroit iamais aflez prifcr Se eftimer : c'eft que quiconque eft 
paruenu a la vraye intelligence d'icelle, ha comme la porte ouucrte pour entrer iurque* 
aux pins fecrcts thrcfor» de TF/criture. 

l'F.piftre c({ toute efcrite d'vne.fi bonne fuite de propos & matières , que mefme le ci 
mencement cft fait 3c couclié félonies règles * préceptes de IVt. On cognoiftra l'artifice 
(nbcaucoupde chofe* qui feronrobferuce^en leur lleu.-mais principalement ente que 
l'arpiment principal eft déduit & tire de là. f ar ayant commencé par la prohation de fou 
Apnftolat , de là il tombe fnr les louanges de l'Euangile . Et pource que ccfle mat re rc ne 
pouuoic point eftre traittec fans difputer de la foy, il vient a en parler, ,côme fuyuât le fil 
de fon propos mot a mot. Airfi.i! entre au principal poinû de toute l'Epiftre. qui cft, Q^re 
nous fommes iuftiRcz par la foy ! lequel il pourfuit iufques en h fin du cinquième chapi- 
tre yoyc' ànnc le fuiet de ces cinq chapitres . Que les hommes n'ont point d'autre iuftic» 
cjue la mifericorde de Dieu en Chrift, quand cftant offert par l'Euangile, nons l'apprehen- 
donî par foy. Mais pource que les hommes fe flattent & f'endormcnt en tenrsTices, & fa» 
bufansd'vne vaine opinion de leuriuftice propre, n'eftiment point la iuftice de la foy leur 
eftre neccdâire, iufques a ce qu'ô leur ait rahbatu toute la prcfomptiô qu'ils ont de lenre 
perfonnestpourcea'ifïï qu'ils font enyurez de la dou-cur des voluptez,& piégez en vne/lu» 
pidite fi lourde, qu'a peine peuuent ils eftrcrefiieillez pour clicrchcr la vraye iuftice, f'iTt 
Tie font efpouanter. de l'apprehenfion du iugcmct de Dieu , l'Apoftre pourfuit tout les dcuJt 
nioycns.Car il rend les h immes conuaincus de leurs iniquité; : & puis les picque du fcnti» 
oient du Jugement de Dieu, afin qu'ils ne Pendormcnt en leur niai. 

Et premièrement, il condamne d'ingratitude tout le genre humain, mefme par la créa» 
tiondu monde, pource que par des rruures tint eTccllertcsilsne vienent point a recngnoi- 
ftrerouurier;ou pluftoft pource qu'cftans contraints de le recognoiftre.ils ne rendent point 
Vn tel honneur a fa maiefte comme il appartient : mais au contraire la profanent Se dtfpic 
tent par leur vanité. Ainfi, tous en gênerai font conualncus & trouuez coulpaMes d'impié- 
té & mefprij de Dieu, qui eft vn crime exécrable par deifiis tous autres. Et pour mieux (al 
te apparoiftre que tous fe font aliénez Se reculez du Seigneur, il récite des vilenies 8r mef 
thanceteï horribles qui régnent communeement entre les hommes. Ce qui monftre mani» 
fcftemcnt qu'ils fe font deftournez de l'obciffance de T)ieu : car ce ff>nt tous lignes de l'ire 
deDieu,qui ne pourroyent tomber finon furies iniques . Mais pource que les lui fs * au» 
cunsdej Gentils auovent vne apparence de fainSete externe, qui couuroicta peruerfice in 
ttrieure,il fembloit bien qu'on ne les pouuoit rcprcdre de tels crimes, 8t qu'ils nedeuoyet 
point eftre enueloppez en la condân.itiô cômune. Pourrit l'Anoftre vi?r a fe dreffcr Se ruer 
cotre cède fainâete feinte. Et d'autâi qu'il cftoit impoffibicde demafquer ces fain^iereauX 
dniant les hommes, il les ramené au jugement de Dieu, duquel les yeux voyent mefme le» 
cupiditez cachées. 

Puis faifant diRin&ion des luifs & des Gentils, il les fait eomparbiftre deuant le Itega 
îudicial de Dieu chacun a p.irt- Qjiant aux Gentils, il Icur'ofte l'excufc qu'ils pretendnyêt 
frus conlfurd'iijnorance: 8f monftre que leur confcience leur fertdt Loy , eqtant qu'elle 
leiaccufe Se redarguetant & pIu', . (iuant aux luifs, il les prefîc fort & fer^e par cela meC 
rne qu'ils prenoyent pour leur defenfe, afcanoir la Loy efcrite . de laquelle eftans tronuee 
tranfgrelTeurs.ils ne pouucyentfiier leur iaiquire, puis que defia la fcnrence eftoit pronon» 
cee conrfeux par la bouche de Dieu 7l reffôd auffi a voeobicfiion qui ftn-.hlnit eftre pont 
cux,afcauoir que ce fcroit fait tort a l'alliance de Dieu, qui leur cftoit en fignc de fanftifi. 
ç4tion .fionlcs mcitoit au rang cgmniundes autres nations • I,t premièrement , il monftr^ 
qli'ils ne font en rien a préférer aux autres par le droifi de l'alliance , d'autant qu'ils f'eti 
font forclos par leur lafchere Sr4cfobei(rancc . En apret, pour ne rien deroguera h» fer- 
Biete Se certitude de la promeffc de Dieu , il leur accorde bien quelque prerogjtiue a rai» 
fon de l'alliance: mais qu'elle foit 'prinfc en la mifericorde de Dieu, non pas en leurs mé- 
rites. Par ainfi, il donne a entendre que quanta ce qui eft du leur. ils demeurent femblaSIei 
aux Gmtils.Finalcmcnt.il prnuue parauihoriie de l'Efcrinire, que fans eiccption.A luif» 
fcGétils font tous peclieursi& fur ce propos il louche quelque rhofe de l'vfage delà Loy. 

Apres auoir entièrement defpouillé l'homn-.e de foute confiance de fa vertu , de toute 
({Inirede Iuftice taprcsaurti l'.'iuoir efiiouanté Se ahbatuf ar l'apprehenfion du fcuere iuge- 
(ncnt de Dieu , il retourne a fon premier propos , Que nous fommes iuftificz par ta foy : 8: 
Hchre quelle eft refte f'.y, 4 comment par icellc la iuftice de Chrift nous eft acqulfr. 
Çoiiff quemmcnt, il f.iit en U fin du troificmc chapitre thc belle exclamation, pour r.'»»-* 



DE L^FTSTRE AVX ROM. ç 

^rc b Rerrc àa'hotiiti, afin qu'ils ne prcfument de Ocflea<r contre la grâce de Slea- Et 
de peur qac le^Ioiti ne rcftrcigniffeatvne icllcgrice de Dicn accuz de leur nacion feo- 
-lemcnr.il montre m pafjr.c qu'elle appariiencaulïiaax Oeotih. 

Au quatrième chapitre pour conferroer l'on dire, il propofe »a elemple clair tt notable, 
Hf par eonfequem r,ù il n'y a quetepUqtcr . e'eft al'caaoïr en la perfonne d At>rabam, le- 
<)ue1 eftant père de( âdciev, dou aaTâ eftrc confidcré corcne m piiron auquel tout Ici au 
♦te» font ref'er-Ayant donc prouoé que ccftay-la a cfte infti6é par for , il conclod qu'il 
no'ii fayt la'.û lenir tout leroerme chemin.tt fur te poirS il fait vnecoafequcnce par ci- 
j j-jif ^ .'« rhij(««.co«»«raire«:(iti'il fant que la luftice de >Tuurc« tombe bat, fi toft lue la 
/ f'.f • • '. d; la foy vient a eftre eftablie-Ce qu'il conferme par le termoignagcde Dauid. 
il". . : 'friiuant la béatitude de riioimr.e en la feule miferitordede Dieu , ode ce pou. 
uoiT suj <*uore»,de rendreriinnuTï bierhturenx. Puitapret il dcduit plii^au lonpee 
■qu'il ;iioit avfatamnt touché en brief-c'cft que le» luifi n'ont rien àc qooy f'efletier pinf 
«jueict Gentil» , yen que ce bien. ci eft coirmun aux vnt 8t au» autre?. Ce qui Jpprrt entât 
«î»le l'f fctituretefirKiigne qu'Abraham a efte laihfiéauant qu*e<>re circoncis. It enceft en. 
tiroir comme par otcafion il touche en palTant quelque îh^fe de l'Tfajtcde la Circoncifion. 
Kia?r«5,il dit q«ie lapromcffc de falut eft tondec en 1,1 feule bonté de Dieu : pource que 
r -"- ---r-idoit aticnnemcnrde la Lnyelle ne potirrcir peint mettre en repos le< confci^- 
"'; toiKcffoisil faut qn'cllefoitconfermce:*' d'autre part iamait elle ne vi?- 
- f'.naccîfrpliffemtnt & effet fr que pnnrtit, afin qu'elle foit ferme 8f ftable, 
«j - -iF*j 11 ^" fiuerf^ion de la recenoir.nom denont fans auoir efçard a nons-mermes^nom ar- 
rêter du tout a la feule vcrite âe Dieu: V ce a l'exemple d'Abrahâ , lequel laiffant arrière 
«nnte« corriderariins de fa propre peiTonre , a ietté fon regard fur la poiffance de Dieu» 
Sot la fin dnHiapitre.ifin d'appliquer au propos gênerai l'exemple pariicalier qu'il auoit 
■flegtié.il montre la conformité qa'il j a d'vn codé Se d'autre. 

l» cirqirieme chapitre, après .inoir touché quelque trot du fruit îf de l'effet delà iu» 
^ce qui ef>par la f'/y,rc contient qoafi autre chofe qu'amplifications, pour mieux efcLir 
cir la matière. Car il fait vn argument du plus grand au rrriir-ire,^ monftre combien nous 
<]euôsattêdre& efpcrer de l'amour de Dieii.maintenît que nous fôtncs riche te? & recôc;- 
lien lov: Ttn que lors que nous effiôs pécheurs ftperdus.il a ede libéral ennerj nous îuf 
«)n« a nous d&ner fon Fil« vnique Si bien-aimé. Apres il fait ruelque» compsraifons , afci 
«otr ^0 pèche auec la iuftice gratuite, de Chrift aucc Adl,de la mort auec la vie, de la loy 
«iiecla gracerdoBt appert qtie la bonté iofir.ie de D'en furmonte.k par manière dédire, 
engloorit tons nos maux, quelque iprans qu'il» foyent. 

Au liiiemech:ipitre,il vient a parler de la farôification qnenout obtenons en ChritJ. 
Caria eîiair , fi toft qu'elle a eu quelque léger gouft de cefte grâce , eft Tolontiers encline 
a l'e fljtter.Sf lafcher la bride a fcs vices S: cupidiiez , comme frelle Peftoit dcfii bfenac- 
tjolttee. Mais S. P.iul déclare au contraire, que nous ncpouuôs recenoir itiflice en Chrift, 
«)ne quant 8c quant nous n'y prenions fanaific.'tiô.ll le prouueparle Baptefme, par lequel 
fi' nsfommes introduits en la participation de Chrift. Là non» fommes enfeiieli» auec 
Chrid,afin ou'cfl.irs morts a nous mefmes.par fa vie nous foyons relfufcitez en nouucau- 
fe de vie. Il (*etifuir que nul re peut eftre vcftu de d iuftice , fr la régénération n'v efl 
quant St quant.Dc là, il prend pccifion d'exhorter a fjinôete f< pureté de vie. qui doyuene 
tiecelTairement apparoiflre en ceux Ie''qnel5 du règne de pèche ont efte tranfportet au re- 
pne de iuftice Et par mefme moyen il rcpouffe Sr rembarre cefte maudite licence charnel 
le. qniclierrhe en Chrift congé de pécher rliis librement. Il entrelace aufliqntlqnc mot 
touchant Vabrng.irion de la Loyren laquelle abropition le nouuean Teftament fe monfh-e, 
par lequel auec l'abolition des pcchet lefainô ïfprit eft promis. 

Aufepiieme ch.ipitreil entre auant en matière touchât l'vfige de ta T.oy.dontiIauoît 
auparauât parlé crmme en pnfTant. Il rend raifon ponrquor nous fommes deliure/ ("e It 
t oy:afeauoir pource que de for ellene fetuoit finon a condamnation, f t afin que cela ne 
toirrnaftenblafme a la loy ,il la défend fort 8f ferme de tonte calomric'cjr il morftre 
cjnennu» fommes caufede ceq-iela toy.qni eftoir donnée en vie.nouseft tcnmre en ma» 
fiere !> occafion de mort 11 declareaufTi cnmmftpar ellele pèche eft 3ll^Tnt^fé.^pres,iI 
fait vnedefcriftion de la luite «u combat de l'efprit Sr de la chair , lequel (entent en ntt' 
les enfar» de Dieu cependant qu'ils fort détenus en la prifon de ce corps mortel Cir ilf 
portent auec eux les re'iques de corcupifcence , par lefquclles tous les ionr» ils font reti- 
rer en partie de l'obeifTance de la I ov. 

Le huitième chapitre eft plein de confolationi.de peur que les fideletayâsottvptrier 
deleurdefi'bcifranre.ou pliiftoft rbeiffance imparfaite. quel'Apoftreaooit dcfcouurrte 
àa chapitre prerrdert, ne veinlfent « eftre par trop efpou.-ntez en Icurconfcienccît tôbcr 
en defcfpnir.Mai» afin que delà 1er iniques ne prenent occafion de fe ftatter,.'rs l'entrée il 
déclare qu'rn tel bien n'app.trt)ert fi-ona ectrx qui font regenerrr , efoncis ITfprit lic 
lïieii vit tt produit fa vertu. Il monftre donc deux chofe'. La riremiere, «P'C tons cmx qyl 
font enter au ^eiçneur lefus p.ir l'Ffrrit d'icriny , font hors l'cs dangers rt'tftre cond.încr, 
cembien qu'il» foy c-t encore chargé? de prcher. l'autre eft, que tous ceux qui demeurent 
en 1.1 cliair.n'.iy.ins 1.1 fanftification de l'Ffprit ne font point p.irficipanB il'vn tel bien. 
Apres. il deebre côhTen jrande tft la certitude de noftre fiance , veti qttc l'Efprit de Wttt 
|tr foo tefAioignagc nom oftt tome matière dedouit frpcrpU-xiie. D'auâugc.commepre 

■ CDU» 



ARGVMENT SVR 

lltnastl'oblcftlon qu'on tuli peu faire, il monftre que les miferei siir<]Uellel neai fomniM 
fuietsen cefte vie mortelle, ne peuuentrroubler ouerbraiilerl'.ilTeurance que nou5 auôs 
de la vie eiernellc.& que pluftoft par teU exercices ooftrc falut eftauanci ; a l'excellence 
duquel fi on fait comparairoii de coucirs les niiferes de ce monde .elles ne feront rienefti» 
jnces.Ce quM conferme par l'exemple de Chrift:lequel comme il eft l'aifné ayant le pre- 
mier lieu en la maifon de Dieu , autlî eft il le patron auquel nous ileuons tous eftrc cun. 
formez. Pour conclufio\comme tout ellant bien afleuré, il fe glorifie d'vne fort belle fa> 
Con.en defpitant hardiement toute la puiOance & cautcle de Satan. 

Or pource que plufieurs fe troubloyent, voyans les luifs qui eftoyent les premier» gar 
diens de l'alliance, & lieritiers.fe reculer ainfi de Chrift.(car de là ils venoyent a conclure, 
ou que l'alliance cftoit oftee a la pofterite d'Abraham, veu qu'elle reiettoit celuy qui en 
•doit raccompliflement.-ou bien que Clirift n'eftoit point ce Redepteur promis , veu qu'il 
ne pouruoyoit mieux a ce peup'c d'J Irael:) l'Apoftre commence a obuier a celle queftion 
dés le commencement du neufieme cbapitrc- ht ayant premièrement protefté de l'dinour 
qu'il porte a ceux de fa nation.a fin qu'il ne femblaftdire quelque choie par haine : aprcc 
aulfi auoir franchement recognu les prerogatiues qu'ils auoyent par delTus les autres, il 
Vient tout doucement a toucher & oiter le fcandale qu'on prenoit de leur aueuglemene. 
Il met donc deux efpeces d'enfans d'Abraham , pour monftrer que tous ceux qui font de« 
fcendiisde luy félon la chair.ne font patcftimez fa femence pour participer a la g-ace d« 
l'<illiancc:& au contraire , que les étrangers ellans enter, par foy , font tous pour enfant 
d'Abraham. Et pour exeple de cela, il nous propofe lacob & Efau . Parquoy.fiir ce poinft 
il nous ramené a l'tlcftion de Dieu:dc laquelle il faut bien necclfairement péfer que tout 
dépend. Or puis que cefte eleûion eft fondée en la feule mifcricorde de Dieu, c'eft folie 
d'en chercher la caufe es hommes ou en leurs mérites. Il y a de l'autre cofté la repro» 
bation , laquelle fans doute eft toute plene d'équité , irais d'en trouuer la caufe plus 
haut qu'en l.i volonté de Dieu ,il eft impoffible. Sur la fin du chapitre , il monftre au 
doigt que les Prophètes auoyent prédit tant U vocation des Gentils , que la rcproba* 
tiondes luifs. 

Au dixième chapitre commenceant derechef parla proteftation de l'amour qu'il porte 
aux luifs, il dir apertement qnela vaine fiancedcs œuures eft la caufe de leur ruine, tt 
afin qu'ils ne fe penfalfent couurir de la Loy.il preuient.difani que roefme la Loy nous me 
nea la iuftice de la foy. Il dit après , que cefte iuftice eft offerte indifferement a toutes 
nations par la bénignité de Dieu , mais qu'il n'y a que ceux que le Seigneur illumine de 
grâce Ipccialc, qui la recoyuent. Quant a ce que beaucoup plus grand nombre des Gcfu 
tlls que des luifs font paruenusa vn tel bien , il monftre qu'il auoit ainfi efte prédit par 
Woyfe & Efaie:defquels l'vn a apertement prophetizé la vocation des Gentils , & l'autre 
l'endurciflcment des luifs. 

TouteOfois il y demeuroit toufiours vne doute , Afcauoirmon fi par l'alliance du Sei- 
jneur il n'y auoit pas quelque différence entre la fimence d* Abraham. & les autres natiôs. 
Pour en donner la rcfolution, il aduertit premièrement qu'on n'ait point a iuger del'œu» 
lire du Seigneur félon ce qui apparoifta nos yeux, veu que fouuenteffois les eleus ne vie- 
nent point a nnftre cognoiflancercomme iadis E'ie y fut trompé , quand il cuiduit que le 
*ray feruice de Dieu fuft aboli entre les Ifraelites.Sf touteffoisil y enauoit encore fept 
mille qui eftoyent referuez impollus II aduertit auflï qu'on ne fuit point troublé pour la 

Î;rande multitude des incrédules, lefquels on voit auoir l'Euangiteen horreur. Apres ce» 
a.il afferme que l'alliance du Seigneur refide encore mefme en la pofterite charnelle d'A- 
braham, en ceux touteffois feulement lelquels le Seigneur a predeftinez par fon eleâion 
libre & gratuite- Confequeminent, afin que les Gentils ne veinflent a f'efleuer par trop» 
caufe de leur adoption. & a mi fprifer les luifs, comme eftans reieitcz.il l'addrefle a eux, 
leur nionftrant que tout l'auantage qu'ils ont.procede de la pure bonté de Dieu, ce qui leur 
doit eftre plufloft occafion de f'humilier.Et qui plus eft, il adinufte que la feinence d'.\br« 
lumn'eft pas dutout forclofe de ceftc adoption: pource que la foy des Gentils en fin fers 
«nuieaux luifs.afin que par ce moyen le Seigneur raftemble tout fon Ifrael. 

Les trois cli.ipicres cnfuytians font pleins d'exhortations & fainAsaduertiircmens,totl 
teffois endiiierfes fortesicar le douzième côtient des enfeignemens généraux appartenans 
a l'inftruftioii de la vie Chreftienne. Le trezicme pour la plufpart tend a m,iin(entr l'ait» 
thorite & lapuilTancedu M.igiftrat. Dont nouspouuons certainement conitaurer qu'il y 
•uoit lors quelques fant^ftiques & mutins qui n'eftimoyent point que la liberté Chrcftië- 
nepeuftconfifter , fi U puilfanceciuilc n'eftoit abjatue. Mais .ifin qu'il ne fcmblaft que 
l'Apoftre vuuluft charger l'Eglife d'aucun eommandement.qui ne fuft tomprins fousch»» 
riie.il monftre que charité requiert auffi vne telle obeiflance. .^pres cela, il met d'autres 
enleignemens poiirl'i' ftru&ion delà vie. defqucls il n'auoir point encore parlé. 

Au chapitre fuyuant il traittc vne exhortation qui eftoit fort neceflaire en ce temps» 
I»;c3r il V auoit aucu'is qui par vne fuperftiiion obftiner.i^arreftans toufiours aux cercmo. 
ei t Mofaiques.fe fentnyent grandement olfcnfez de ceux qui les mefpriloyent. D'autre» 
part. ceux quieoguoiffoyent l'abrogation d*icelles,pour atracher cefte fuperftition,de pro* 
pof drlibircdoni.oyc't a entendre qu'ils n'en faifoyent côte. Les vns Si les autres cftoyel 
•Iteffift en leui» propos Car le» Aiperftitieux cond.-.mnoyent le^ autres comme continu 
fitiut de U loy de Ôica ; d les au(ret faoi aucun cl~gar4 fe moc<|uoyeat a tous propos d« 

laiim* 



L'EPISTRE A VX R OM. € 

1» fimplicite def fuperftiti eux. l'Apoftre donc baille ïtiivns & aux iutre» imvleratlQn 
bien conuenableraTcaucir que Icî premiers fe gardent de trop grand chagrin , fc\ts «une» 
de prelomptioo d'eux- mefme»,* mefprii de leur< frères U monftre quant 8f «J'iât la vray» 
rcglc Se mefure delà liberté Chreftienne.c'cft qu'elle foit toufiourj rapportée a charité 8c 
cdihcation : & aux inTirmei il donne voboncoorcil ,leur défendant de riea cntreprendic 
contre leur confcicncc. 

le quintieme chapitre commence parla répétition d'»ne fentcnce générale, qui iRcô- 
me la conclufion de toute la di^puterc'eft.Qi^ie les plus torts eniployent leur force a confer- 
nier lesfoibUs. Or pource qu'il y auoitvne continuelle difftnfion entre les lujfs&let 
Gentils fur le faift des cérémonies Moraiqucs.il appaife tous tels cftrifs.en oftant aux vni 
& aux autres toute occafion de Pcflcuer. Car il morftrc que leur falut a tous dépend en- 
tièrement de la feule mifcricorde dr Dieu.fur laquelle eftans appuyez, ils doyucnt quitter 
tout orgueil & prcfomption^par laquelle aulïi eftans conioints enfemble en l'cfperâce d'vn 
licntJgcih fe aoyuent aimer fc fppporter lesvns les autres. Finalement, voulant faire m 
dilcoursfur lei lou.ingeî de fon ApoftoWc,(ccqui feruoit pour donner plus grande auiho- 
rite a fado&rine) il prend occafion d'entrer en propos, f'txcufant d«ce que fi hardiment il 
Peftoit mcflc de les enreigncr,!f priant que cela ne liiy fuft impute a tenierj-e. il leur don- 
ne iulTiquel<]ue efptrancede faire vn voyage vers eux, ce queiulques a donc il n'auoit peu 
accomplir .combien qu'il le defiraft fort .àinlï qu'il dit au commencement de l'F.piftre. 
Etdeclare quant & quant que c'eH qui l'empefche d'y aller pour le prefent : afcauoir U 
charge que les Eglifes de Maccdonc St Achaie luy auoyent donnée déporter en lerufa- 
letnles aumônes qu'ils auoyent contribuées pour furuenir a la neceflite des frères qui 
cAoyent eu ludee. 

Ij: dernier chapitre ne contient quaH autre chofe que falutations &'recomman- 

tiMtir-nt , finonqu'ily 4quel<)ues cafeigncinens notablct cntremefltz , &pourU fia rot 

bua belle prière. 



L'IMPRIMEVR AVX 
Lecteurs, Salur. 

CraignantiamÙLe^eursiCfue le ehangemet de U traduFiion 
du texte ne ^oks rendtfl aucunement e^hahù , te '^ous aj b/en 
^oulu aduerttr ojue ^oue nauet, rtcn perdu au change. Car -M. 
Calutn autheur de ces Commentaires-, auec M . de Befz^e , tous 
deux jîdeles docteurs Ç£i mintftres de cefle Eglifèyfclon te den des 
Langues-, Çy autres grâces <ju tls ontreceues du Seigneur., côme 
eff celle d'interprétation ^ pi me intelligence du fens najfdet 
ftincles Efcrituresy fè font dernièrement employez^ a rendre Ia 
traduction du nouueau Tejlamet en noftre Largue Françotfè 
lapilli '^raje-, propre ^ facile ai m il leur a eftc po^ible félon la 
propriété du Crée y î£ 'ierite du fènsytellemet <fue leur indujlr/e 
Ç^ diligence apporte ^nc telle clarté a [intcUtgcce du ^rayfens 
tfuil k'j a home amateur de la parole de Dieu-,cjui ne foit gran- 
dement tenu de l^ij rendre grâces pour ^n Jt grand ^Jt excel- 
lent bénéfice (jn il a fait de nojire temps afa poure Eglife^ayant 
fuQitc ces deux bons perfènnagcs pour faire ^ne truurc fi fàinci 
^finecefaire. Vo-ti donc jui en louyrez. , louez., le Seigneur e- 
ternellemcty^en /cachez.. grc aux tnflrumens dont il a \f pour 
^^ous procurer ^nfi grand bien. A dieu. 



Commentaire de 

M. lEHAN CALVIN 

furTEpiflre aux Romains. 

C H A p. T. 

A V L feruiteur de Ie(ui 

Chrifl , appelé pour eflre Apo^ 

Jan.ii.i, ^i(M P'?~^ï/^ \^\% fire, \chc/Jt a part pour [^nnoYi^ 

cer ] [Euangile de Dieu, 

{Lequel tlauott /tKparanat 
promu par ps Prophètes csfttn- 
ctes Efcritûres) 

Touchant (on Fils: {qtti aefie 

Uc 3 </ 31 7 ^C D \7 i:r, "^S^ \l^ZJh f'*'^ '^ ^^ ^^ fèmence de Dattid 
P^^^VZi'^^.j&W^i^ félon Uchatr: 

4 Et a efte déclare Ftls de Dtett e n ptttjfance, félon l'Efprtt de 

ptnElifcatton -,' par la refurrecîtan des morts :") c e fi afcaptotr 

noflre Seigneur Jefm Chrifl: 

5 Far lequel notts auos receugrace,^ office dApo(lre:{ajÎH 
tfuilj ait oheiffance de foy ) enuers tous les Gentils enfon nom, 

6 Entre le/quels au/ji^ot^ ejlesappelez.de le/fis Chrifi, 

7 yJ [vous] fotis qui eflesa Kome , bien-aimez^ deDteu-, ^ 
lfl,t.i.M. \ appelez, a effrefà in fis , grâce 'Kousfott^ paix de par Dieu 

Koflre Fere-y^ de par le Seigneur Je/M Chrifi. 




I PmI, Quant au nom de V.tut, veu que 
ce n'cft pas vre cliofc cic fi grande importaii 
ce que nous-nousydeiiipns longiieoieiit ar. 
refter:vea auCft qiic non"; nepouiiôs rie ame 
ner que les autres Expofiteurs n'ayent dit. 
ic m'en tairoyc entièrement • fi ce n'efioit 
qu'on peut aifeemcnt contêter les vns, fans 
donner cnnuy aux autres : car celle quefliô 
fera dcfpechee enpeude paroles. Ceux 
^ui penlent que l'Apoftrc fe foit vfurpé ce 
nomcôme vn tcfmoignage &: mémorial de 
ce que par fa prcdicatiô il auoit gaigné aie 
fus Cltrift leProconful Serge Haul, (Aftes 
ij.b.?,) font réfute? mcfme par fainft Luc, 
Uquel monftre que l'Apoftre eftoic alnfi nô 
tni auant ce temps la. AulTi il ne me femble 
point vray-féblable que ce nom liiy ait cite 
iaani dcf uit qu'il eut fait (irofclfio:i de 



Clirift.Ce que toiiterfois S.Auguflin afuym: 
mais non point pour autre railon, comme le 
penlV, linon alin de prendre occalion de |.|ii. 
lofopîier lubtilcmcnt, commea la vcritc il 
a fait Car pourcequece mot P.iji/Br lignifie 
en Latin Petit, il dit que l'Apoftre . qui de- 
uant l'a conuerfiô cPtoit vn Saul orgueilleux 
a cfte fait Paul , c'cft a dire petit & liumblc 
difciplc de IerusClirift.L*Dpinion d'Orige- 
ne cA plus probable, <)ui penfc ^iie S. Paul 
a eu deux noms. car il eft vray-rcmblablc 
que le père & la mcre luy domierent ce 
rom de Saul, qui eftoit a((si cômun au pays, 
pour monftrer la nation & religion delà- 
quelle il eftoit : & que le nom de Paul fuft 
auffi p.ir eux adioufté.cn tefmoignsge qu'il 
eftoit citoyen de Rome:& ce d'autant qii"ïU 
ne vouloyct poiac ^uc ceA honneur,^ eftoi( 
grandetseot 



SVR L* EPIS T. AVX ROM. 



trandcmèt eftimé pour lor-tifiift obfcurci en 
Iciy : Se touteffoi>i ne l'eftimoycnt pas tanc, 
4]iie pour cela ils voululfcnc effacer en leur 
tils la marque & mémoire qi'il eftoit de la 
nation& r.ice des Juifs. Or <j>iant a ce qu'il 
I vi éplus fouucc du nom de Paul en fes E- 
piftres.c'eft parauenture pource qu'il efloit 
plus renommé & vfitc cnirc les Eglifcs.auf- 
qnclles il cl'criuoit , mieuK venu Jk plui «- 
jreableés terres de l'Empire Romain, & 
moinscognuen l'on pays & lignage. Car il 
n'eftoic point niauuais qu'il auil'aft d'cuitcr 
vn roufpccon dont il le pouuoit bien palTer, 
& la haine que les Romains & ceux des pro 
uincesauoyent pour lors contre les luif^j^ 
de Te déporter d'embralcr. la rage des Sens, 
& de le maintenir par moyens licites. Ser- 
uitur deiefui Chrifi. Il (orne de CCS titre» 
pour dôner autliorite a fa doArine. Ce qu'il 
fait en deux fortes. Premièrement, en affer- 
mant fa vocation a l'office d'Apoftrerpuis ï- 
pres en mooftrant qu'elle attoucheaullî I"e- 
g1l(e Romaine. Car l'vn & l'autre efioit grâ 
«ment neceffbire : afcauoir qu'il fuft tenu 
Apofh'c par la vocation de Dieu : & qu'on 
Iceuft qu'il efloit defliné auffî a l'eglifc Ro- 
maine. Il le dit donc eftre feruiteur om mi- 
niftre de lefiis Chrift.Sc 'pp^-l' a l'office d'A 
poDreipourfignifier qu'il ne f'y cfl point in- 
géré folemcnt- Incontinent après il dit qu'il 
J cfler'îiyî .«/>.<«: afin de mieux confermer 
qu'il n'cft pointcominc quelque antre du 
rang commun,itiais vn excellent Apoftrc du 
Seigneur. Et en ce mcime l'eus atiparauant il 
cRoir defcédu du terme gencr..l a vnc cfpe- 
<e plus baffe : carl'Apollolat eft vnc cfpece 
<luminifterc,côlîderc que tous ceux qui ont 
La charçe d'êf'cigner.f'ont nômcz niinillres& 
Csruitcurs de leûis Clirifl. Mais les .\poflres 
ont vn degré d honneur plus excellent que 
louslet autres. Or ce cliois, duquel il parle 
apres.exprime quelle eft la fin & l'vfage de- 
l'Apoftolat.Car il a voulu môftrcr en britf, 
pour quoy faire il eftoit appelé a cefic voca 
Jion. Parquoy ce qu'il fe dit cftre feruiteur 
ou miniflre de tefus Clirill , il lia cela com- 
atun auec tous dofteurs ; en Pattribuantce 
t'itte ii'^piflrr,i\ le préfère aux autres. Mais 
pource que ccluy qui f'inçcreroit de f'oy- 
niefme, ne mérite nulle autliorite , il admo- 
nede qu'il aefle ordonne de Dieu. P.trce 
moyen le fens fera , Que Paul eft miniflre 
de lefus Chrifi, non pas comme vn autre du 
Mng commun, mais Apoftrc: S; ce parla vo- 
fation de Dieu, 5f non pas qu'il f'y foit en- 
tremis témérairement. Apres cela l'cnfuit 
»ne plus cxprclfe declaratiô de l'office d'A- 
poftre, afcauoir qu'il a cflc ordônc pour an- 
noncer l'Euangile.Car ie ne fuis point de 
l'opinion de ceux qui r.ipportêt la vocation 
de laquelle il p.irle.a l'clcâion éternelle de 
Dieu.;^ qui par le Chois ou Segrcgatiou.en- 
. tendent, ou celle par laquelle il a efte choi- 
£ dés le vetre de u mcrc , de l.iquelle il fait 
mention en l'Epiflre aux <lalat. tc.i;, ou 
«elle par laquelle il a efte deftiné aux Gen- 
|ils,comme rtcii:- Ciinô Luc(Aû.i;.a.a )Car 
il fe glorifie (implcmcnt qu'il lia Dieu au- 
iiiciu de Ton office , Je qu il le tient de luy: 



afin que nul ne penfe qu'il vfurpe ceft hon< 
neurde fonauthoritepriuee. Il faut yci no. 
ter, que tous ne font pas propres au mini» 
itère de la Parole, Teu que fpeciale vocatiâ 
jr eft require:à intfme que ceux qui fefcntét 
y cflrc fort propres , fe doyuent bien garder 
de f'y fourK;r fans vocation. Au reftc, nou» 
verrons ailleurs quelle eft la vocation dc« 
Apoftres , & quelle eft celle des Euefques. 
Il fautaulfî noter que l'office d'Apoftrecô. 
fiftc en la prédication de l'Euangile. Dont 
il appert combiê font dignes de mocquerie 
ces chics muets, lefqiiels n'ayâs rien a quojr 
on les puin"c cognoiftre .que leur» mitres ic 
croffc», ic telles autres mafques , fe vantent 
touteffois d'cftre fucceffeurSdeJ Apoftres. 
Ce mot Sititiirxr , ne fignifie autre chufe que 
Miniflre:car il fe rapporte a l'office- Ce f;ue 
ie di.pour ofter la rcfuerie de ceux qui f'a- 
mufct a philofophcr fur ce mot deSeruiteur 
fans aucun propos, en imaginant qu'il y a y- 
ci vnc antithele entre la fcruitude de Moy-» 
fe.& celle de Chrift. 

2 ii'jHe' iLlKtlt /tujt^rtludne prirnt's.' Pour* 
ce que la doArine quieftfufpcâe de nou- 
ueaute , en eft beaucoup moins eftimee , il 
conferme yci l'authorite de l'Euangilepar 
l'ancienneté i comme f'il difoit , que Chrift 
n'eft point Ibudaincmcnt tombé en terre , Se 
n'a point apporté vne nouiicllc façon de 
dodtrine , de laquelle il n'euft efte mention 
aucune auparauant:veu que luy auec fon E- 
uangile a efte promis dés le conmienccment 
du monde , S: a efte de tout temps attendu. 
Et pource que l'antiquité eft bien fouuent 
mcl"ongerc,& plene de f.ible$,il adioufte de» 
tef'moins, voire autlictiques.pour ofter tout 
foufpecon , afcauoir les Proplietet de Dieu. 
Tiercemene , il adioufte que leurs tcfnioi-. 
gnages font rédigez par ef'crit en forme au- 
thentique, & bien cnrcgiftrcz , il'cauoir ci 
fainftes Efcritures.On peur recueillir de ce 
paff.ige, que c'cft que de l'Euangile, lequel 
il monftrc n'aiioir efte publié par les Pro- 
phètes, mais feulement promis. Ainfi donc (î 
les Prophètes promettoyent l'Euangile, il 
Penfuit qu'il a efte offert prefentemëtalori 
que le Scigncuraefte roanifeftcen chair ,& 
non deuant. Ceux donc qui confondent le( 

fromeftes auec l'Eu.îgile, f'abuftntiveu que 
'l-.uanglle propremêt eft vne fnlenntllc pu- 
blication de Icfus Chrift manifcllc,qui dcf- 
ploye & offre prcfentemcnt U vérité det 
promefles faites anciennement. 

5 Tcurhint f:n Fih. Voyci vn fingulier & 
beau pnffage, par lequel nous femmes enfel 
gnei que tout l'Euangile' eft contenu en 
Chrift : en forte eue celoy qui f'e retire vn 
feiil pas de Chrift, fe recule auf'fi de l'Euan- 
gile. (Heb la.;.) Car veuqiie Chrift eft la 
viue image du Pcre , on ne fe doit point ef- 
bahir fi luy feul nouscftpropofépourcclur' 
auquel toute noftrc foy f'addrefl'c.& auquel 
elle l'arrcfte. C'eft donc yci comme vne de- 
fcription de l'Euangile : par laquelle fainft 
Paul fignifie ce qui eft en fomme comprin» 
en ii-elny Dont nous pouuons co-'clurcque 
celuv qui a croufitc aii>fi qu'il appartient 
CQ U cogaoiiTaote de Ivfus Clurift.a cotea4« 



Châp.I. 



SVR L'EPISTRE 



tout te qu'on peut apprendre de l'Euangile: 
comme au contriire ceux qui veulent eftre 
fcauâs horsCIuift,nà feule met radotct.mais 
font totalement enragez. Sljiaeflf fjh,isrc. 
Il faut chercher deux chofes en Chrift , afin 
que nou^ trouuions falut en luyialcauoir la 
Éiuinite& l'humanité. La Diuinlte côtient 
en foy la puifTancc, la iuftice, & la vie : lef- 
quel les nous font communic|uees par l'hu- 
»nanite.Et pourtant l'Apoftre a mis cxpref- 
fément l'vn & l^autreen la fomme de l'E. 
nangile, afcauoir que Chrift a efte manifefté 
en chair: & qu'en icelle il l'eft déclaré eftre 
Fils de Dieu. Comme auffi fainâ lelian en 
fait:(i b.i4.) car après auoir dit ejue la Pa- 
rôle a efte faite chair.il adioufte qu'en cefte 
chair mefme on a veu vne gloire, comme de 
cehiy qui eftoit feul nay du Père. Quant a 
ce qu'il touche fpecialemft la race Se le II. 
gnage de Dauid, dont Chrift eft defcendu,ce 
n'eft point vne chofefuperflue; car par cefte 
particule il nous ramené a la promefle : afin 
que ne doutions point que c'eft celuy-mcf- 
nie qui a efte anciennement promis. La pro- 
mefte faite a Dauid eftoit fi renômee , qu'il 
eft tout notoire que c'eftoit vn ordinaire 
entre les Iiiifs, d'appeler le MelTias Fils de 
Dauid. C'eft donc vne chofe qui concerne la 
certitude de noftre foy, que nous fcachions 
que Chrifteft defcendu de Dauid. Apres ce- 
la il aiiiouftcîf 'on /.« f/i4/>.afin que nous en- 
tendions qu'il ha quelque choie par delfuj 
la chair, & que cela il l'a apporté du citl.Sc 
nô pas prins de Dauid, afcauoir ce qu'il ad- 
ioufte incontinent après, de la gloire de la 
Deite. Au refte.par ces mots S.Paul môftre 
non feulement vne vraye eflence de la chair 
en Chrift,maisaurfi diftingue clairement en 
luy la nature humaine d'auec la Diuine : & 
ainfi il réfute la refueriedeieftablede Ser- 
uet, lequel a attribué a Chrift vne chair cô- 
pofeede trois elemens non créez. 

4 ^ <■/?<• if^c/irf Fi/s de Vicu. Ou fi nous 
aimons mieux dire. Déterminé. Comme fil 
difoit,que la vertu de la refurrcftion eft cô- 
mevn décret , par lequel il a efte prononcé 
Fils de Dieu,felô ce qui eft dit au Pfeaume 
l.l>.7,Te t'ay auiourd'huy engedré.Car cefte 
façon d'engendrer fe rapporte a la cognoif- 
fance & manifeftation d'iceluy. Au reite.cô- 
bien qu'aucuns facent yci trois preuues de 
la Diuinlte de lefus Chrift, entendans par 
la venu, les miracles : puis après le tefmoi- 
gnage du fdinft Efprit ! finalement la refur- 
rcâiôdes mortsi toutelTois de ma part i'ai- 
nie mieux conioindre ces trois choies, fi les 
rapporter toutes a vne , afcauoir que Chrift 
a efte déclaré Fils de Dieu en defpK>yant 
Itianifeftement vne pnilTanccvrayement ce- 
lefte & de l'Efprit,quand il eft rcflufcitédcs 
morts: mais qu'on comprëd cefte puiffaiice, 
quand elle eft feellee es cœurs des fidèles 
par le mefme tl'prit. Et de taift,la faconde 
parler dont l'Apoftre vl'c.confermc bien ce- 
fte inter|iret3ti<)n : car il dit qu'il a efte de- 
%\irc en fuilfincc: afcauoir pourcc qu'en luy 
on a veu reluire vne puiftaiice connenable a 
la roaicfte de Dieu,* laquelle môftroit ma- 
lufcftemcat qu'il eftoit Dieu. Au iclte,U eft 



bien vray qu'elle f'eft monftree en fa rcfitf» 

reftion.-comme mefme fainft Paul en vn au« 
tre paftage.apres auoir côfeflé qu'en la morï 
d'iceluy on a apperceu l'infirmité de la 
chair, magnifie la vcrtudel'Efprit en la re- 
furreflion: (i Cor ij b.4.) Toutelïols cefte 
gloire n'eft point cognué de nous.iulquM ce 
que le mefme Efprit l'cngraue S: fcellecn 
nos cœurs. Or que fainû Paul auec l'effica- 
ce admirable de l'Efprit, laquelle Chrift « 
monftree ei>reirufcitant de la mort.côprene 
auffi le tefinoignage que chacû fidèle en fent 
en fon cœur , il appert mefme par ce qu'il 
exprime nomnieenient lafanAification: co- 
rne Oil difoit qne l'Efprit , entant qu'il fan- 
Aifie, ratifie auffi & conferme ce tefmoign» 
gc de fa vertu , lequel il a vne fois monflré. 
Car l'Efcriture a fouuët accouftumc de do- 
uer a l'Efprit de Dieu des epithetcs conne« 
nables au propos qu'elle traitte; côme nous 
voyons que le Seigneur l'appelle Efprit de 
vérité, pour raifon de l'elFet duquel il par< 
loit là, leh I4.b.i7. Au refte, la caufe pour- 
quoy il eft dit qu'on a veu reluire vne puif. 
fance Diuine en la refurreôion de Chrift, 
c'eft pource qu'il eft reflufcité par (a propre 
vertu , comme il a tefmoigné quelque fois, 
difant, leh î.c.19, Deftruifez ce temple , & 
en trois jours ie le releueray. Nul n'ofte ma 
vie de moy , &c. Ichan lo.d.i^. Car ce n'eft 
point par vn aide emprunte qu'il eft venu a 
bout de la mort : (a laquelle il f'eftoit fon- 
mis félon l'infirmité de la chair) mais il en 
a obtenu la viftoire par l'opération celé fte 
de fon Efprit. 

5 P.tr lequel nciunitnrTecen. ApresauoJ» 
mis fin a la defcription del'Euâgile (laquel- 
le il a entrelacée pour mieux auiborizer foi» 
office)iI reuient maintenant a conformer fa 
vocatiô de laquelle il eftoit bien bel'oin que 
les Romains fuflent certainement adueriis. 
Qj^iant a ce qu'il nomme fepareement Ort- 
ce (s^ cfjice d'^ipcfl/e : c'eft vne figure que le* 
Grecs nomment Hypallage, en lieu de dire 
La grâce de l'office d'Apoftre , ou l'Apofto. 
lat gratuitement donné Et par cela il fignU 
fie que c'eft du tout de la pure libéralité de 
Dieu qu'il a efte mis en vn cftat fi exceller, 
& non point de mérite ou dignité aucune 
quifuften luy. Car combien que ce foitri 
cftat qui n'ait quafi rien deuant le monde 
que dangers, traiiaiiT. haines, b'afmes 8f dif. 
famés, toutefois deuant Dieu & fes faiiifti 
il eft honorable &i excellent. A bon droift 
dôc il eft attribué a grâce Si on aime mieux 
dire,ray receu grâce pour eftre Apoftre: 
tout reuient a v.-i. Ce qu'il dit. En fin nem, 
fainft Ambroil'c l'cxpofe , qu'il a efte ordô- 
népouraanôcer l'Enâgileau lieu de Chrift, 
luyuant ce qu'il dit ailleurs , 2.Cor.5.d.I(J, 
Nous fommes ambaffadeurs pour Chrift. 
Mais l'opmion de ceux qui prenentcemot 
de JVom pour cognoitTince , lemble pluSTe- 
ritablcipourcequc quand l'Euâgileeft pref- 
clié, c'eft a cefte fin c|ue nous cruyô* au nom 
duFiKdc Dieu i.Ichî d.a7. Et aulTifainft 
Paul ctt nommé vailfeau eleu pour porter 
le nom dejChrift entre les Gentils, A«.9.c. 
IJ. Eu fui Htm Uqik , vaut autant comme l^il 
«uft 



AVX ROMAINS. 



•uH dir, Afinq iemanirefle quel cd Chrift. 
,/</iit /ju'i/y 4/>.C'cft a (lire, nous auons rcceu 
tniindcinciit de porter l'EuangiIe a toutes 
zen) & nation] , afin qu'cllesy obcilTcnt par 
loy. En propoTani la lin de fa vocatiô, il ad- 
moncftc lc< Romains quel cft leur dcuoir 
de leur coftc: comme f'il difoit, C'eft a moy 
4'aiiirer a accôpiir la charge qui m'cft don- 
nee:arcaHoir de prefcher la Parole: mail vo 
ftre deuoir eft d'ouyr la Parole aiicc toute 
obeifTjnce, fi vous ne voulez rendre inutile 
Il commiifionque le Seigneur m'a donnée. 
Dont nous recueillons que ceux la reriftcnt 
obftinecment au commandcmct de Dieu, & 
réiierrenttout l'ordre d'iceluy, lelqucls re- 
jettent irreueremment & deidaigneufemet 
la prédication de l'Eiiangil: .de laquelle le 
but «ft de no» râger a l'obeiflance de Dieu. 
Il r.iut aulTi fur ce p.ilTage noter la nature 
de la foy, laquelle cft ornée du titre d'obcif 
Tance ,pourcc que le Seigneur nous aj )<ellc 
par l'Huangile, 8f par la foy nonstuy rerpô- 
dons qu.md il nous appelle. Comme au coii- 
CMire infidélité eft le comble de toute ré- 
bellion cotre Dieu, il y a au Grec de mota 
mot , A l'obeiflance de foy: le fens que i'en 
ay dô'i^ me fcmble plus propre, que de dire 
<omme aucuns. Afin qu'on obeifle ■ la foy. 
Car obéir a la foy ne fe dit point qu'impro 
prement.St par figure: comblé qu'il fe trou- 
«e vne fois au liure des Aâes 6.b.7. Mais 

■ propremët parler, c'eft par la foy que nu* 
obeiffons a l'Euangile Enumttiu /n Orti/t. 
Ce n'eftoit pas aKcz qu'il fuft ordonné A- 
poftre, finon que quant fr quant Ton mini. 
Ilere l^addreff.ift a quelques difciples : & 

rouf cefte caufc il adioufte que fon Apollo- 
at Oeftend a toutes gens Puis après il le no- 
me plus apertenieiit Apoftredcs Romains, 
quand il dit qu'ils font auffi côpris au nom- 
bre des Gentils , aufqncls il a efte ordonné 
miniftre Or les Apoftrrs ont tous en cômun 
la commiffion de prefcher l'Euangile par 
tout le monde r îc ne ibnt point cftablis fur 
certaines Fglif s, comme les Paftcurs & E- 
uefques.Mais fainft Paul outre cefte charge 
générale de l'office d'Apoftre.a efte fpecia- 
lement député miniftre pour prefcher l'E- 
uangile entre les Gentils Et a cela ne répu- 
gne point ce qui cft dit aux Aôes iS.b.iS, 
3u'i! luy fuft défendu par le falnft Efprit 
'.innôccr la Parole en Afie.Sf d'alltren Bi- 
thynie. Ce qwi fut f.iit, non pas pour luy dô- 
ner certain* limites : m.iispource ô le léps 
requeroit qu'il fauanceaft pour aller ail- 
leurs ,&■ que la moiffon n'eltoit pas encore 
làalfc; nu ure. 
j(fp,le\ rir lrfu4 Chn'/l. Il met mainte 

■ mt T le rai fon Us concernant déplus près: 
afcauoir pnurce que le Seigneur auoit dcfia 
moKftré en eux vn fignc, par lequel il decla 
rnit qu'il les appcinit a la communication 
df l'Euangile Dont Cenfuyiiuit que f'ils rou 
lovent que leur vocation demeiiraft ferme, 
ils ne dcuoyét reieiter le miniftcre de fain& 
Paul qui auoit cfte pris Se cftabli en office 
par la mofine cleAion du Seigneur- Et pour. 
lit, le yri ces mots. Appelé? de lefus Clirift, 

{tut rue dccUracwa . côoïc i'il y augit tn- 



tre deux le mot jtfcAuzîr.tn eefte forte. En. 
tre Iclquelles aulfi vous cftcs , afcauoir cô> 
me cftâs appelez de lefuj Chnft Or il figni. 
fie que par la rocacion ils font participana 
de Chrilt. car c'eft en Clirift que le Père ce» 
lefte élit pourfes enfans tous ceux qu'il 
veut faire licriticrsdc la vie éternelle:* a- 
pres qu'ils font eleus , c'eft aulfi Chrift en 
la garde & protcftion de qui ils font mit, 
pour eftre p.ir luy côduits & gouuernez, (6« 
me les brebis par leur paftcur. 

7 A >tM :cu4 ./ni tjit, .f Kmr. H monftrs 
par vil bel ordre ce qui eft a eftimcr en no*. 
Le premier poinA cft que le Seigneur par 
fa douceur Se bonté nous a receus en grâce 
Si amour. Le lecond, qu'il nousa apfclcz.Lo 
troifiemc , qu'il nout a appelez a laindete. 
Mais il n'cft point queftion de faire cas de 
CCS chofes,ou nous en glorifier, finôqucno* 
facions deuoir de fuyure cefte vocation de 
Dieu qui no' a appelez. Au rcftc,yci feurc 
fente vne doârinc ample a merueilles , la. 
quelle me contentant de touclier& com. 
prendre en bricf,ie prie yn chacun de médi- 
ter a part foy. Tant y aqiiefainâ Paul ne 
met pas en nous la louange de noftrc falur. 
mais donne bien a entendre qu'il procède 
entièrement de cefte fource.dc l'amour gra 
luite & paternelle de Dieu cnuers nous.Car 
voyla tout le fin premier commencement 
qu'il mct;C'eft q Dieu nous aime Or quel, 
lecaufe peut- il auoir de nous aimer, linoa 
fa pure bonte?De là auiifi dépend la vocatiô, 
par laquel e, quâd le temps qu'il fcjit cftra 
propre eft venu, il leellc fon adoptiô en ceux 
icfquels il a auparauant eleus graïuiiemét. 
Cependant nous recueillons aiilfi d'yci.que 
perlbnne ne fe peut vrayemêt dire du nom. 
bre des fidèles, fiiion ceux qui ont cefte ccr. 
taine aflcuiicc que Dieu les aime, combien 
qu'ils n'en (oyent pas dignes, & ne l'oyêt que 
de poures mifcrables pécheurs .•& Icfquels 
eftani rcfiouis & incitez par fa bonté , afpi. 
rent a lainâetc.Car il ne nous a pas appelée 
a ordure 8f immondicite, mais en fanftifica- 
tlô.&c.l.rhcflT 4.b,7. Ci-.ifc vsK./i/f cr/."'*. 
Sur toutes chofes la plus dcfirable c'eft que 
nous ayôs Dieu propice & fauorable:ce qui 
eft fignifié par IcmotdeGrace.En après que 
par luy nous ayons profpcrite & bône illue 
en tous aftjires: ce i)u*cmporte le mot de 
Paix. Car cncor qu'il iemblc que toutes cho 
fesnous tient,touteffoisfi Dieu eftcourrou 
«é contre nous , nielmes les chofes qui em. 
portent benediftion nous font côucrtics en 
malediAinn. Le feul fondement donc de ton 
te noftre félicite, c'îft la bonne aftiûion de 
Dleuenuers nous .laquelle fait que noos 
iouilfons d'vne prol|Crite vraye & perma- 
nente, 8r que mefme les aduerfïtez feruent ■ 
l'auanccincnt de noftre falut. D'auantage. 
quand il leur délire paix de par le Seigneur, 
par cela il nous donne a entendre que tout 
ce qui iiousaduiei c de bien.n'eft auirech». 
fequcle fruit de la bonté Sf liber.ilite de 
Dienenueisno*. Et ne faut pas oublier qu'il 
prie quant & quant que ci s biens Icurfnyèt 
donner .le pir le Seigneur leius Car a boa 
dieift c«ft hvoacut tft Uu a ccluy q[ui a«« 



Châp.T. 



SVR L'EPISTRE 



fEuletBct eft .idminiftr.iteur& «iiff.éfateur de 
la bénignité paternelle de Dieu cnuors no', 
mais il ocuiire toute? chofes en cômun aucc 
Itijr. Toutcffois l'Apoflre a voulu propre- 
ment toucher, c|uc 'par le Seigneur lefus tous 
les bénéfices de Dieu paruicncnt a nous, il 
yen a aucuns qui parce mot de Paix ai- 
ment mieux entendre vn repos deconfcien- 
ee:& ie ne nii? pas (ju'il ne fc prene quelque 
fois en ceftc fignification: mais ven qu'il cfl 
certain que l'.'ipoftre a voulu yci compren- 



dre en vn mot tomes chofes Jietifrtfes 8! 
fouhaitables , l'autre première interprct'a- 
tion que Bucerc amené , e fl beaucoup plut 
conuenablc. Ainfi doncqucs voulant délirer 
aux fidèles tout bien & toute fclicite ,i! 
Vient a toucher droit la fourcc » comtneil 
auoit fait au parausnt , aftauoir la grâce de 
ï)ieu : laquelle non leuTetnent r^oos ap^ 
forte là béatitude éternelle, mais cftcaufé 
de tous biens defqiicls nous iouiffons en 
cefte vie. 



8 Premièrement i e ren gr4cés de ^otei to/a-^ a mon Dieu far 
leflts Chrifi-,de ce eftie ^oflre foy efi renommée par tout le mode. 

9 Car Dieu [aucjuel te fers en mon ç^rit en tEuagile de fort 
Ffls)m'efl tepmotn que fans cejfe iefaj rnemotre de ^om. 

10 Kei^^erat toufours en mcf oratfons-,qiie ie ^iene a '^oas-, 
ft a la par fin en cfuelque manière ojtie ce fit ieptiit quelque foH 
auotr chemin aife par la Volonté de Dieu. . ■ ■ . 

• II Car i'aj grand dcjir de 'kous 's^eoir , afn de %OHS dé^p}tj^tti^ 

guelqfiedonf?irituel,popir^oîisconfermer. " "•■'■'. -• 

iz Cefia dire-,afnd''efire confié anec '^ofes far jÀ'fA^WUi^ 
■tnelle de ^otts ^ de moj. 



3 P^tcmicn-mcnt. il vfe yci d'viî commenr 
cernent; ou d'vnc inliauation fort propre a 
fon but.-c.ir il les prépare a fe réilre dociles, 
amenât fort bien a propos de; raifons priu- 
fes tât de leur pcrlonne que de la fiene pro- 
pre. La raifon qu'il prend de leur perfonne, 
eft en ce qu'il fait mention du bruit qui eft 
de leiîr foy; car par cela il donne a entendre 
que le los qu'ils ont publiquement parles 
Êglifcs.Ics cliargo & oblige tclleipct qu'Us 
ne pourj-oycnt reietter vn Apoftrc du Seir 
gncur, que quant S: quant ils ne trompent 
tout le monde qui a conceu bonne opinioi^ 
d'eux: qui eft vn a&c inhumain, & quafi ap^ 
prochant de traUifon. Comme donc ce tel- 
moignage dcuoit a bon droift induire l'Ap<> 
ftrc a entreprendre d'inftruirc & enfcigner 
les Romains , Ici on que c'tftoit l'on deuoir, 
f'adeurant qu'ils rendroyent obciflartcc a 



jours par aftiôn de graces.fcachôs que nous 
fommesadmoneftez que tous les biens que 
nous auons.font bene lices de Pieu. Çtdç 
faiâ,il fcroit bon de nous^uite a telles 
façons de parler , afin di; nous inciter taur- 
iours plus a rccognoiftre que c'eft Dieu qui 
diftribue & donne par fa bonté tous bicns:Sé 
aiifli d'amener & accouiager les autresaf 
iieç nous a cefte confideration <iue fi cela fç 
doit faire infques aux phis pentes bcncdi. 
ftions, beaucoup plus doit-il cftre obferué 
jci) la foy.qui n'cft point vue petite gi«ce 4c 
Dicu.'ne qui foit communiquée indilFerem- 
nient 3 tous. D'auantage , nous auonsyqi va 
exemple comment il faut rendre grâces a 
Dieu par Chrift.fuyuant le commandement 
.de l'Apoftrc aux Hebrieux, ?>-c.i5 : comme 
aulfi en fon nom nous demaniilois mifericor 
de au Pcre, & l'obtenons. Foqi le dernier. 



fa paroleMuffi tenoit-il les Romains obligez notons qu'il appelle Dicu,5j« X>!ti<. Ç'cft w- 



de leur cofté & comme liez , a ce qu'ils ne 
jncfprifafltnt (on authoritc. L'autre railon 
<ju'il prend de fa perfonne pour les attirer 
a docilité, eft en ce qu'il' rend tefmoignage 
du vr.ny & entier amour qu'il ienr porte. 
Car il n*y ,i rien plus propre pour faite que 
«nadiouftc foy a celuy qui donne confcil, 
que 'iiûd il aura g.iigné ce poinft, que ceux 
aiifcinels ilaura alfjirc , croiront qu'il Jefi- 
j'e leur proufit. Au rcfte. premièrement ceci 
eft digne d'c/îre confidcr^ , qu'il loue tella- 
ment leur foy, que toutcffois il la rapporte 



ne prerogatiue &■ priuilegc fpecial des fide- 
les , aulquels i'euls Dieu fait ceft honneur. 
Car carte f.icon de parler ctimprcnj vue rcr 
latiou & cotreff ondançe rnutuclle.laqucUc 
eft exprimée en la promefle que Dieu a fai,» 
tc,difant, (1er ',o.A.il,) le feray leurD.ie^i, 
& ils fcro'ntmon peuple, tôbienque i'aimc 
mii;uxicftraindre ce mot al'eftat.gi ol'^ce 
que faint^ Paul cxcrccoit : en forte que ce 
foit Vne, approbation de l'obciifancc S: fer^ 
nice qu'il rend a Dieu en la predieation de 
l'Euangilc, Ainfi parle t£cchi.i>,en appelât 



a Dieu: nous cnfeignant par cela que la foy Die'jt leDieu d'iPaie, quand il luy veutreii" 

eft vn don de Dieu. Car (i aftiô de grâces eft dieteimoignagcd'Kftrc vray (ijtlc Proph». 

vue rccognoKf.incc du bénéfice qu'on a re- te, Ilaic57a.4. Pour ccfte melme raifon il 

«en, celuy qui remercie Dieu de la foy, co. cfrappclé le Dieu de Daniel. par excellence, 

felTc que la foy eft de Dieu. Or quand nous 3c pourvu regard fpecial . d'autant que Dl- 

voyons qucr.\poftre voulât monftrcr qu'il niel auott (itaintenulcpur fcruicc.d'iccluy, 

tftioytuxdiibitiid'^utruy.cùmencetouf- i)aB.6rf'.i?. Parnu iij),fn,lf, SiinQi P.iul 

quaiiV 



r 



AVX ROMAIN'S. 



j,7-;r.fl3 



^ant • prifer la foy dei Romains, ellime le 
teOnoignage qu'en rcndoyent les fidèles & 

fens lie bien , autant comme fi tout le mon- 
e euft parlé: caries infidèles ne pouuoyent 
pat rendre vn droit & vray telmoignage 
d'icclle, veu que pluftoft il» l'auoyent en 
exécration. Quand dôcques il eft dit que la 
/oydcs Romains eft renommée par tout le 
monde : entendons que c'eft par la bouclie 
de tous fidèles , Icfqucls pouuoyent en a- 
uoir bonne eftime , & en parler a la vérité. 
Q^iant a ce que les merchani Se infidèles, 
nermes ceux qui eftoyent dedan» Rome, 
ne cognoilToyent point cefte' petite troupe 
4e gens mcfprifez , c'cftoif tout vn : d'au- 
tant que fainft Paul ne Oarreftoit pas a 
leur iugement, & n'en tenoit conte non plus 
^ucd'vnfeftu. 

9 Car DicM m'cfl îtfmilit. Il monftre par 
les' effets quelle eft fa charité. Car f'il ne 
les euft aimez d'vne grade affcâion.il n'euft 

fias (i\ fongneureinent recommandé leur fa- 
ut au Seigneur :& meAnes il n'euft pasfi 
fortdcfiré de Pemployer a l'auancer. Cefte 
folicitude doncqucs & ce defir font certains 
figues d'amour ; car Tils ne procèdent d'vne 
•mour , jamais on ne les trouuera en hom- 
me. Mais d'autant que pour autliorizer & 
eonfermer fa prédication, il fcauoit qu'il e- 
ftoit bonquelcs Romains fulfent bien ad- 
uertis S; certainement pcrfuadez de fon af- 
feftion cordiale enuers eux , il a adioufté le 
ftrment , qui eft vn remède necertaire ton- 
resfois & quantesquelc propos, lequel il 
«ftbefoin eftretenu pour ferme & indubi- 
table.chancclle par incertitude. Car fiiure- 
ment n'eft autre chofe qu'vne attcftation, 
quand* nous appel oos Dieu en tefmotgnage 
pour confirmation de noftredirc, c'eft folie 
denier que l'Apoftre ait'yci iuré. Cepen- 
<3ant toutelTois il n'a point paOe la defenfe 
•le Clirift. Dont il appert que ce n'a point 
efte l'intention de Chrift(comme imaginent 
ces fonge-crcux& l'upcrflitieur Auabaptl- 
ftes) d'abolir entièrement les iuremens, 
mais pluftoft de les réduire a la vraye ob- 
feru.itiô & vfage d'iceux , qui nous eft mon- 
flré en la loy. Or eft il ainfi que la Loy en 
permettant le iurcmcnt , condamne feule- 
ment les pariuremens & les fermcns fuper- 
flus. Parquoy (î nous voulons iurer comme 
il faut , apprenons d'cnfuyure la fobriete & 
reuerence en iurcmcnt, qu'on appercoit 
«ux Apnftrcs. Au rcfte, afin d'entendre cefte 
formule & mar.ierc «!e iurement dont l'A- 
poftre vie yci , fcachons que Dieu eft telle- 
inent appelé pour tcfmoin , que quant & 
quant nous requérons qu'il face la vengen- 
«een casque nous mentions. Ce qu'en vn 
«utre palfage fainft Paul exprime parce» 
mots, (2 Cor. i.d.iî.) l'appelle Dicuentef- 
moin fur mon ame. le fuel ie fertrn mm 
*/^rit. Pource que les hommes profanes qui 
ft mocqncnt de Dieu , ont accouftumé de fe 
couutir de fon nom auffi affeurecment com- 
We ils y vont Inconfidcreemeni, fainft Paul, 
•fin que ce qu'il dit foit de plus grâd poids, 
& mieux receu, parle yci de fa pieté. Car 
itut elq^elt U craiott & rciurenc« de 



Dieu domlne.auront horreur de Jurer fanf. 
fement. Au reflc ,il oppofe fon efprit a la 
mafqnc ou apparence extérieure. Car d'au- 
tant que pluficurs fe vantent a fauftes en- 
feignes d'eftre addôner au fcruice de Dieu, 
Se lemblent eftrc tels en apparence , il pro- 
teftc qu'il ferta Dieu d'vne vraycaftcAion 
dt cœur.' Parauenture auiTi a il regardé 
aux cérémonies anciennes, cfquelles leule» 
les luifs conftituoyent tout le feruicede 
Dieu. Il fignifie donc que combien qu'il 
n'ait pas vn tel exercice , il ne laiiTe point 
pour cela d'eftre vray Se entier feruitcur de 
Dieu. Comme il dit aux Pliilippiens.chap.;, 
a.;,Nous fommes la vraye Circoneifion.qui 
feruons a Dieu en efprit , & nous glorifions 
en lefus Clirift, Se n'auons point fiance en la 
chair, il fe glorifie donc qu'il fcrtaDieu 
en vraye crainte & droite humilité d'e- 
fprit , qui eft la vraye religici. Se le ferui» 
ce légitime. Or il eftoit bien befoin (com- 
me i'ay dit n'agueres) que faina Paul ren- 
dift tefmoignage de fa crainte Se religioi» 
enuers Dieu , afin que le ferment qu'il laie 
fuftde plus grande certitude. Car quand te» 
mefclians & infidèles fe pariutent .ffen'eJ 
ftiment cela que ieu : Se les fidèles atfcon' 
traire l'ont en plus graiSde horreur quê'mîfj 
le morts. Car où il y aura vnc vrayt^afh-' 
te de Dieu, ilne fepeut faire qli'WHh'aïf 
aulTi de mefine fon nom en grand* rïUe-' 
rcnce.C'eft doncques autât coinmt (5 fainib' 
Paul euft dit qu'il fcait bien que é'eft de> 
la reuerence & fainôetedu ferment, & qu'il 
n'appelle point a la volée Dieu entefmoin, 
comme ont accouftumé les hommes pro» 
fanes. Et par ce moyen il nous cnfci_Jne a 
fon exemple, que toutes fois& quantes que 
nousiurons , nous deuons monftrertel tef- 
moignage dcriionneur& crainte de Dieu« 
laquellecften nous, que le nom' de Dieu, 
lequel nous entremeflons en nos propos, 
ait fon poids. D'auantage , il alligne vn li- 
gne pour prouuer <]u*il n'honore point 
Dieu en feintifcafcmoir fon miniftcre.Car 
c'eftoit vn bon Se fuffiftnt tefmoign.ige qu'il 
eftoit homme addqnnê a la gloire & hon- 
neur de Dieu .quand renonçant a foy-mef- 
me, il ne fiifoit difficulté d'endurer toutef 
fortes de fafchctics , ignominie , pourete, 
mort Se haines pour exalter le Royaume de 
Dieu. Aucuns prcnenr cefte particule com- 
me fi faina Piul auoit voulu louer lefer- 
uice qu'illodifoitrcdrea Dieu, de te qu'il 
eftoit correfjpôdant a l'ordonnâcc de l'Euan 
gile. Et de faia , il eft bien certain que Irf 
feruice de Dieu qni nous eft commandé 
en l'Euangile.cft fpi rituel. Mais l'a premiè- 
re interprétation côuirnt beaucoup mieux, 
afcauoir qu'il dédie ion feruice a Dieu ^n 
prcfchant l'Euangile. Cependant tontcffoii 
il fe fepare des hypocrites , lefqiielj fe pro- 
pofent bien vn autre but que de feruir ai 
Dieu. Comme il y en a plufieurs qui fon( 
poufl'it d'ambition, ou de quelque autre 
(cmbl-iblealTeftion : Jf f'en faut beaucoup 
que tous procèdent d'vn bon côcur St fide» 
lenirnt en ceft office, la fomine eft, qu# 
ûinCt Paul le porte fidèlement en l'ofUcg 



CHap.f . s ■ 



SV-R' I^EPI S>^TRE 



chant ion defirrarcatioïi' etfdîfant.'QjlC çPm 
tant qu'il voit que Ton deuoir eft de publier 
l'Euangile entr'eux.pour recueillir fruit an 
Seigneur, il deCre de ('acquitter de la voca* 
tiop dî Dieu, entant que le Seigneur le 
permettra. 



qu'ils '/(KltMn«m?t obligez aaxîdiotli que 
ccpendint ils Te- doyueiit donner garde de 
leS' emiTccenir en Uur beftife & folie par 
\ «trop gi;^n»ie diffimulation. 

i> Jfi'i/ienrant qu'en moy e/l. il conclud le 
propos qu'il auoit déduit lufriues yci tou- 

«.e».i.e.is - i^^ Car- te naj point honte de I^Euangile de Chrijî-, \^ett efue 
ceftlj. pHffftnce de Die» enftlut a tous crojas : an Juif premier, 
re»fentt^ puis àtt Grec. 

17 Car la iuftice de Drett fe reuele en icelttj de foj enfoj^ 

'û'l'^l)\i' ^"^"^^ '^ ^fl efcrtt,\Le irtfie ^tura de.foj, 

*'' * ' ,»(î. le n''jy iicint liMtc. G'eft_ vne antici- ftoit perdu : mail ceux qui rcfuTcnt d'eftrcv 
nutioa par laquelle il preuient.aduertiHànt par luy fauuez.il faut qu'ils le fcntent iuge. 
qu'il ne Ce foucie point des mocqueriesdef Q^ât Ju motdeS.i/«r,parto«t es fainâesE^ 
inelclians : en laquelle touteffois cependant fcriturcs il ell mis a l'oppofite de Perdition 
il prend occalîbn de magnifier l'eïcellencc ou Ruine. Et pourtât.quand on lectouue en 
de-la doôrine.del'Euangile , afin qu'elle ne quelque paflage.,-ii faut toufiours regarder 
fiift contomptible aux Ro^lai;l^. Vray eft dequpy il eft là parlé. Comme ainîi iojc 
qu'il donne bien a entendre, qu'elle eft con- donc que l'Euangilc: nous dejiure de la 
tcmptible deuant le mpndç .quand il die ruine & male<ijftiop àg mort éternelle, 
qi)'il n'en a po^nt de hôte. Et par ce moyen le fahit de l'ÇiiangiJe c'eft I.1 riç.ctçrnellp.. 
dffïail les prépare 3 porter l'opprobre de jfit\v.\f premnretnent. Souile mçt de G «y, 
l^'^roix de Cnrift, afin qu'ils n'e^ftiment il comprend yci tous les Gentils , comme 
moins l'Euigile, quandils verront qu'il eft il appert par la comparailon.qu'il f.nit , en 
fuiet a. rcceuçir les rife.iesS; mocqucries laquelle fous deux membres il»a vootu 
desraefclûs. Mais it monftrç de l'aptrepart comprendre tous hommes. Or il eft vray 
de quelle exceillence il eft epuçrs Us fide- femblabk qu'il a entre toutes autres choi» 
les Car premierement,fi nous deuonsgran- fi cefte nation pour.fignifier tous peuples, 
dément pri fer la puilTan ce de Dieu ,elfe fe- pource qu'après les lui f$ elle auoit eftc re* 
luit en i'Enangile ! fi fa bonté eft digne d'e- ceue la première a la participation de l*al- 
ftrè dcfiree & aimecI'Euangile eftl'inftru- liance de l'Euangile: d'auaniage,auffipouf- 
meJitd'icelle bonté, A bon droift donc le ce qu'a caufe du voifinagc i( de leur lan- 
dçuons.nous honorer & grandement, çfti- gue qui eftoit fort renommée , les Grecs 
insr.fiainfi eft que la puiflancedeDieu me- cftoycnt plus cognus aux luifs que les an- 
titegue nous J.'jyonsen reuerence:& entât très peuples, il y a doncqucs en ccfte fa- 
qûc c'eft le ijioyen, de noftre l'alut.nous con de parler la figure nommée Synecdo- 
ledeuons aimer. Mais notons côbien fainft che, par laquelle il conioint généralement 
Paul attribue, au miniftere de la Parole, les Gentils auec los luifs en la participatiorj 
^iiand il teftipe que. Dieu dcfployeJà fa de l'Euangile. Cependant toutelfois il ne 
vertu pour fauucr les homes. Car il ne par- déboute point les luifs du rang& ordre que 
lé point yci de quelque reuelation' fecrete. Dieu leur auoit donne: car ils cftoyent les 
ni»isdela prédication qui fc fait par la voix premiers en la promeOc & vocatiô:& pour- 
«kl'homme. Dont f 'enfuit que ceux-là qui tant il leur garde leur prerogatiue , maisil 
fe.retirent d'opyr la prédication , reiettent leur donne incontinent les Gentils pour cô' 
cpme de propos délibéré la vertu de ÏJieu, 
é( rcpoulfentloin d'eux fa main puiflante 
qu'il eftendoit pour les dcliurer. Au refte, 
pôurcc que la.predication de l'Euangile ne 
bcfongiie pas çn tous auec efficace, mais Icu 
Içmcnt quand l'Efprit , qui eft le niaiftre in- 
tetieur.illumine les cocurs.poiir çcfte caufe 
iladiouftc,^f5«jr«i'J»<. Il eft' bien, vray 
que l'Euangile eft prefenté a tousenfalut: 
roais fa puilfahce n'apparoift pas par tout. 
■foutelTois, ce qu'il eft odeur de mort 
aux mcfchans, ne procède pas tant de fa 
nature , que de leur malice. Tin monftrant 
vn feul moyen de falut, il forcloft toute au- 
tre fiance* iccux en fe retirant de ce falut 
vnique,ont par ce moyen comme vne decla 
ration de leur damnation en l'Euâgilc.Ain- 
fidonc, puis que l'Euangile conuie indiffé- 
remment toutes pcrfonnes a falpt.il eft pro- 
prement Ik a bon droite appelé doftrinc de 
falut: car en iccluy Chrift eft prefenté , du- 
ijucl le propre office eft de fauucr ce quie- 



pagnons, combien que ce foit en degrc infe- 
rieur.ît en fécond lieu. 

1 7 C^r /" lufi!" J'' Di'cu /> TfKefe. C'eft 
vne déclaration & confirmation du pro- 
pos prcccjcnt, Afcauoir aue l'Euangile 
eft puilfancc dcDieu en falut Car fi nous 
chcrclions falut, c'eft a dire vie enucrs 
Dieu, il faut premièrement ttouucriufti- 
cc , par laquelle eftans réconciliez a luy, 
nous ebtenions , luy nous cftant propi- 
ce , la vie , laquelle confifte entièrement 
en fa bonne affcâion enuers nous. Car 
pour eftre aimez Je Dieu, il faut neccl^ 
fairement qu'en premier lieu nous foyons 
iuftes , veu qu'il ha en haine iniufticc. 
Il veut doncqucs dire que nous n'a uons fa- 
lut d'ailleurs que de l'Euangile, d'au- 
tant qu'il n'y a point d'autre moyen par 
lequel Dieu nous manifeftcfa iuflice, la- 
quelle feulenous deliiire' de perdition. Or 
cefte iufticc.qui eft le fondcinctde Olut.cft 
teuclcc en l'Eaangilci & <Je l.i l'Euâgile eft 



A V X R O M A I N,^. 



II 



Bommî piiiflincï de fie" tn fahit Air.fi nous les Pères <}ui ontycrcu fciu la Loy: 

l'Apoftre contiud yci de la c.iufe a IV ffct mais touche I* fontlMiel auancemenr qm fe 

oui cnprocede- Notons dcreclie£combicn fait k>us les ioiws en chacun fidële. i.tm*t 

fe Seigneur nous ottroye en l'F.uan^ilc vn i/ .y) ^/frf il prouue ctfte iuftice defoy par 

clirefor excellent & de grand pris , alcauoir lé tefmoignage du prophète Abacuc : car 

la communication de fa luftice. Par ce mot iceluy propllptizant ja ruine dcs^orgucil- 
'cntcn vne iuftice qui cft ap' 



•««•Vf J,Pi 

prouuce au iugement de Dieu : comme au 
contraire l'Apoftre a accotiftiimé d'appeler 
luft-ice des hommes, celle qui cftefttmee Se 
• auouec iuftice rropimoa des hôi^cs, com- 
bien qu'a la vérité ce ne Toit que Tumee. 



Jeux, adioufte quant &.quant que la vie des 
iuftes confifte & eft ferme en la foy. Or eft 
il ainfi que n(Jus ne viuons dcuant Dieu, fi- 
»ion par iirftiee, il Penfnitdonc qne noftre 
iuftice gift en la foy. Ilvfedu temps a ve- 
nir. difant fi'><>-«:pour lignifier la ferme per» 



regudc Sf face vneallufion a pluficurspro- comme Pil euft dit qu'elle ne fera point 
tthcties , eVquelles le S.Efprit quafi touf- tranfiioire , mais durera a iamais. Carie» 
louH celebre'& magnifie la iuftice de Dieu mcfchans de leur cofté font bien enflez d'y- 
au règne qui eftoit a venir de Chrift. Les 
autres expo lent luftice de Dieu, qui nous 
«ft donnée de Dieu . Et de faia , ie confetTc 
bien que les mots emportent ce fens , Qje 
Dieu nous famle tn nous iuftifianc par l'E- 



l 



ne vaine imagination de vie, mais quand 
ils diftnt paix & feurete , lors leur funiiene 
mort fondaine,t.Thefr»ton.5a.?. Cefte vie 
donc en laquelle ils fafpuyent.n'eft qu'vne 
ombre qui [ft pafTce en vn moment : il n'y a 
uangile : toutcffois la première expofition que la feule foy qui apporte vie pardura- 
ine fembleertre plus côûenable au paffagc, ble. Et d'où vient cela.finon d'autant qu'cl- 
combiéque de cela ic n'en veux point trop le nous conioint a Dieu, Sfcftablit noftre 
«iebatrc. Il y a vn autre poinft , qui mérite vie en hiy'Car fainft Paul n'alleguerçit pas 
bien mieux qu'on y infifte : c'eft qu'aucuns bien a propos ce tefmoignage, fi l'intentiort 
■penfent queccfte iuftice ne confifte pas feu- du Prophète n'cftoit , ijue lors noftre cft.it 
lementeola rcmiffion gratuite dès pcchci, eft feur & arreftê, quand par foy nousnous 
mais en partie i«(Ti en la grâce de regene- repofonç en Diiu. Et de faift.il n'a point at- 
ration. Mais quant a moy, i'enten que nous tribut a la foy , la vie des fidèles , linon en- 
fommes reftablis en la vie , d'autant que le tant que reprouuans & condamnans l'or- 
Scigneur nous reconcilie a foy gratuite- gueil du monde , ils fe ranj;cnt fous la feule 
Biciit , comme nous traitterons plus ample- proteftioo de Dieu. Il cft vray qu'il ne 
iRenr quand nous viendrons au pa'ffagc pro- traitte pas de propos dclibcrc ce poinâ de 
prc Au refte.en lieu de ce qu'il auoit dit ci doSrIne ^& pourtant il.ne fait aucune mcn- 
oeuant m icu4 (rsy.tm : il met maintenant de tion de la iviftice gratuite : mais toutcfTois 
/ê>. CiT la iuftice nous eft offerte par l'E- en confiderant la nature de la foy, il appert 
vangile , îc nous la receuons par foy. Apres fuffiramment que ce tefmoignage eft bien & 
cela il mv^trii f3> : pource qu'autant que no- deucment appliqué au propos qui eft yci 
"ilre foy aiiâcp. & félon que nous proufirons rraitté. D'auantage , par l'.irgnment que 
CQ ceftc ccgnoiftance . la iuftice de Dieu l'Aprftre fait yci, nous recueillons neccftai. 
croift auffi il augmente en nous, & par ma- rement qu'il y a vne mutuelle corrcfpon. 
niere de dire nous fomme» tant mieux efta- dance entre la foy J^ l'F.nangile. Car pour- 
blis& confcrmcz en la portcrtion d'icelle. ce qu'il eft dit quele iufte viura de foy , il 
Du commenccuien,' que nous gouftons l'E- conclud de là qu'on reçoit ci-ftc rie la par 
uangile.nous voyons defia l: vilagc de Dieu l'Euangile- Maintenant nous auons le but & 
ioyeux fi amiable , aiais c'eft de loin : puis le principal poinft de ceftc première partie 



après félon que nous auancons en la crainte 
4e Dieu , nous contemplons plus a clair Sf 
familièrement la grâce de Dieu, comme qui 
Papprocheroit de plus près pour mieux 
veoir vne chofe.Qiiant a ce qu'aucuns pen- 
fent que ces mots emportent tacitemët vne 



dei'Fpiftre • lequel eft , Qyc nnus fomincs 
iuftificz de la feule mifericorde de Dieu par 
la foy. Vray eft que cela ne fe trouue pas 
encore exprime nomnieemcnt & de mot a 
mot es paroles de fainft Paul :mais tant y a 
que par la dcduftion qu'il en fait puis après. 



comparaifon du vieil Teftamcnt au Nou- on verra faciicmet que la iuftice qui ha Ton 
neau , c'eft vn difcours plus fiibtil que fer- fondement en la foy , cft toute appuyée fur 
me : car S.Paul ne compare point yci auec la mifericorde de Dieu. 

18 Car l'ire de D'teufc monffre clairement du ciel (tir toute 
in fidélité {^ iniuftice des hommes , detenans la Mérite en in iu- 
ftice: 

19 PoHrasttA'nt ejue ce ejut fepeut cognotftre de Dtcu^cjl ma- 
yiifeBe en cux.ca r Dieu le leur a m/tntfeffe. 

20 Car lesXchyp'S inuifbles d' iceluy ( afcauoir fa puijfance Htl.ii.A.y 
éternelle^ (a diti'mite )fè ^ojent par la création du monde., 
cBans conjiderecs et (èi ottHragcs.afîn qu'ils fyentfins excufe, 

' b. lii. 



Chap>I, 



5 VR bEP I STR E 



XI Tourne t^tia-jans cognn Dieu , ils ne l'ont poi»t glorij^à 
fomme Dietc, Ç^ ne luy ont pqint rendu grâces : /tins ilsjont de- 
uentu ^ains en leurs difcours : ^ leur cxur deftitué dHnteUi» 
^ence^aeiie rempli de tenehr es. 

M. Se difans eflreptgestilsfàntdeuenusfols: 
%éf.%i.i.n '^T Et \ (ynt change la gloire de Dt'éfi incorruptible a ta re(^ 
pmhlanee de t homme corruptthle^ ^ des oiJèdttiSf Ç$ des belteê 
a ejuati-epieds-,^desreptil<fs. 



an dttniuf 

Oitn fju*A tx. 
irrite il tie 
f.lt /„•« « 
«A rhan^f. 
mim. 



,18 Ct' /'ire rie Dieu. Maintenant il fait vn 
argument prin» de 1* comparaifon des deux 
contraires ,ponr prouuer que la iuftice ne 
rouj' peut eftre donnée ou aduenir, que par 
TEiiangilc : ear hors ieeluy, il monftre que 
tous hommes font damnez, il f'enfuit dolic 
qu'en l'Euangile feulement fera irouué fa- 
lut. pt p«ur le premier argument dé la 
damnation des hommes , il allègue que 
comme ainfi fo.it que ce beau baftiment du 
monde,8( «e tantplaifant ordre'deslelemcns 
dcuft inciter l'homme a glorifier Dieu , il 
n'y a tonteffoit perfonne qui faee fon d'e- 
uolr. Dont f*enfuit que tous font rromier 
coulpables de facrilege,& d'vne mefchante 
& dcteftable ingratitude. Aucuns penfent 
que <e '"oit. yçT la première propoGtion, 
tellement que fainâ Paul commence la 
deduâion de fa matière par le propos de 
repentance. M.iis quant a moy.i'eftime que 
yci commence le combat & ta difpiite : Se 
que le poinft ponf lequel il veut dcbatre , a 
«fie mis en la propofition précédente. Car 
le but de fainft Paul eft de monftrer où 
«*eft qu'il faut chercher falut. Il a dit que 
nous ne pouvons l'obtenir autrement que 
par 1'f uangilé. i^ais pource que la ctij^r 
tie f'abbailTe p.is volontiers iufques là, d'at- 
tribuer a la feule gr.ice de Dieu toute U 
louange de falut, (ainft P.ml monflre yci 
que tout le monde vniuerfcllenKt eft coul- 
pable de mort éternelle. Et de là il Penfuit 
qu'il "Ous faut reeouurtr vi* d'ailleurs, 
puis qu'en nous.mefnie» nous fnmmes tous 
perdus. Au refte , quand tous les mots fe- 
ront bien poifer & eonfiderez , nous aurons 
vn grand auantage pour bien entendre la 
fubftanee du propos. Il y en a qui mettent 
cefte différence entre les mots J'Infirlué 
& IitiuHice , qu'ils penfent que le premier 
(ignifieque le feruice de Dieu a eftc per- 
verti : par l'autre , que l'equite & droiture 
•ntre les hommes a efte eofrainie. Mais 
. pource que tout incontinent après, l'Apo- 
flre rapporte celle iniufticc au mefpriide U 
religion, nous interpréterons les deux mots 
d'vne mefmechofe. Atiffi Tcnie rinfiJr/ite 
Je/ Arnimrj , nous le prendrons par la figure 
nommée Hypall. gc , pour L'infidélité de 
tous hommes . nu de laquelle tous hommes 
demeurent connaincus Or il vfe de deux 
spots pour fignificr Vne rriefme chofe : afca- 
uoir Tingratiiudc cnuers Dieu ; d'autant 
^u'ony poche en dci:» foites. 1 Ile eft nom- 
ni»'- i'ïipi(.te I qui vaui autant tonim* Det 



honorenlent de Dieu, fi nous regardons» 
l'etymologie du mot Grec .lequel nou* 
auons ainfi traduit :& Iniuftice.pource quo 
l'homme fappropriant ce qui appattenoie 
a Dieu , l'a iniuftemcnt derpouilli de foa 
hoorieûi'.' fre eft atiribuee a Dieu , par vnfl 
figure qtl'on appelle*Artthropopathie ;& f# 
prend félon l'vfige'tle l'Efcricure > pour la. 
vengencé de Dieu : pource que quand j^ 
•punit, il fcmblé, félon noftre conceptions^ 
qu'il fe monftre comme courroucé. Ce mot 
donc oe fignifie point aucune elinotion eQ 
Dieu, mais fe rapporte feulement au fen« 
timent du pécheur qui eft par luy puni» 
Quand il dit qu'elle \e mctittre durement dm 
tirl : aucuns prenent ce mot Vu ciV/,pour vn 
cpithete, comme fil euft dit , Bieivau ciel, 
ou Dieu ccicfte : toutelTois quant a moy, 
le penfç qu'il emporte d'auant.ige , en força 
que le (ens foit -, De quelque cofté q\iei 
l'honime puilfe regarder haut & bas, il n» 
trouuera vne fçule goutte de falut: car 
tant que comporte U' ciel en long 8c ea 
large, l'ire de Dieu eft efpandue fur t«ut 
le monde vniuerfellement, /.« tetitt , fignia 
fie I.i vraye cognoiOance de Dieu. /< aett» 
nir . c'cll fa fupprimer , ou obfcurcir i dowt 
ils font rcdarguez Se atteints comwe io 
larrec'n. L.Î uù nous auons traduit en LatiO 
l/iiuflemint , fainft Paul a dit : fii inmfliief 
ç'eft vne plirafc & facoride parler de la laiw 
gue Hébraïque, qui vaut autant ;maisi*ay 
regardé a faire l,e Cens plus clair. 

19 Pcmr.iu!/<>it rji^ce. Il .appelle ainfi ce 
qui nous eft licite & expédiait de cognoi^ 
(ire touchant Dieu : S: par cfli il tuten» 
tout ce qui appartient & ferta magnifier 
ia gloire du Seigneur .-ou ( qui eft autant a 
dire .1 tout ce qui nous doit efmouuoirflc 
inciter a glorifier Dieu. Par lequel m«e 
jl fignifie que noftre efprit ne peut corn.» 
prendre Dieu tel qu'il eft en fa grandeur^ 
mais qu'il y a quelquy- certaine mefure, 
en laquelle fe doyueni, contenir les hom- 
mes : comme auffi Dieu accommode a n». 
ftte petite portée tout ce ^u'il nous ditft 
teftifie toucliant fa niaiefte. Tous ecucla 
4onc font hors du fens , qui veulent fca» 
unir & comprendre que c'eft <>c Dicu.Caf 
le fainft F.fprit . qui eft le Doftcur de par- 
faite fagclfe , ne qous ramené p.is fans ca»- 
fe a ce qui cfta^ognoiftre de Dieii. Au re- 
lie, comment cela fe cognoift .il le dira 
Ijntoft. Cependant . notons qu'il 3 dit . Fa 
CMV, pluftoii fiùe fimplcmeat , A eux : .ifin 
*^ * 4emi«a« 



AVX ROMAINS. 



Je mîeHX ïïprimer lachofe. Car combien 
ouc l'Apoftrc vfc volontii rs des façons de 
parler de la langue Hebr.iique . en laquelle 
Il lettre Beth, qui fignifiL- f/i, founentef- 
fois tft luperflue ; il ft mble touteffois que 
en ce parfage il a voulu figmfier vne mani- 
fcftation qui preflc les liomme» fi viue- 
tnent qu'ils ne pcuuent reculer , comme de 
faift chacun de nous en fent le tefmoignage 
engraiié en Ton corur, Qiiard il dit que 
Di,u le Ifmr t m.tK,frfli : le fcos cft.Oae 
riiomme a eftecreè a cette fin qu'il fuft 
contemplateur de ceft eicellcnt ouuragedu 
monde : que les yeux luy ont efte donnef. 
afin qu'en regardant vne fi belle image i il 
fuit amené a cognoiftre l'autheur mefime 
iqui l'a faite. 

lo C.tr/e, t'n^ÇirhlH'fUei A'ict!iiy. Dieil 
enToy mcfmc cft inuifibleimjis pourceque 
h maiefte reluit en toutes Tes (Tuures & 
«reatutcs, les hommes on. dcn le cognoi- 
ftrc par là : car elles monftrent clairement 
«juel eft foiiurier qui les a faites. Ht pour 
«eftc caufc l'.\poftrc aux Hibrieux, n. a. 5» 
«lit , que Us ficelés font miroirs ou dcmon- 
ftrances des chofes inuifibles. Or il ne dé- 
duit pas par le menu toutes les chofcs t,ui 
fcuiient eftre confiderccs en Dieu, n-ais il 
monftrc qu'on paruicnt iufqucs a cognoi- 
ftre fa puiflance & Diuinite éternelle. Car 
il faut neceffjircment que celuy qui eft au- 
tlieur de toutes chofcs , foie fans commen- 
cement , &• confiftc de foymefmp. Quand 
on cft venu là , lors fe monftre fa Diuinitc: 
laquelle ne peut eftrc finon auec toutes Ici 
vertus de Dieu , veu qu'elles font toutel 
eomprifes fous icelle. ^4fin qu'if r fcyim ftni 
triufe. De ceci il appert facilement com- 
bien les hommes peuiicnt proufiter par ce- 
He denionftrance : c'cft qu'ils ne peuuent 
alléguer aucune defcnfe au iugement , n'tf- 
chapi'er , qu'a bon droia ils ne méritent 
d'cure condamner. Tenons donc ccftc di- 
ftinûion , que h deinonftrance de Dieu par 
laquelle il déclare fa gloire en fcs créa- 
tures , eft alTez cuidtntc , quant a la lu- 
mière qui eft en icelle ■ m.iis quant a noftre 
aueiiglement , elle n'eft pas fuffif.inte. Ce- 
pendant nous ne fommrs pas tellement a- 
ueugles , que nous puiffions alléguer igno- 
rance , que quant 5: quant nous ne fuyoni 
trouuer eoulpables de malice li perner. 
fite. Nous conceuons bien qu'il y a vne 
Diuiniie ; ep aptes nuu» concUiont aufTi 
qu'acefte maiefte Diuine , quelle qu'elle 
folt , honneur te reuerence eft dcuë : mjis 
fur ce poinô noftre fens défaut, dcuant que 
Ac pnuuoir cognoiftre qui ou quel cft Dieu. 
tt pourtant l'Apoftre aux hebrieiix.ii.a.?, 
attribue a lafoycefte lumière, de prou- 
fiter comme il appartient en la creaiioi 
du monde. Et non fan» ciufe : car noftre 
■ueuglemcnt nous empefche de paruenir 
iufquei au but qu'il faut. Kous voyons 
iufquei là, qu'il nous cft impoffiblc d'ef- 
ehapper par excufe ou réplique aucune. 
lain Paul demonftrc fort proprement l'vn 
& l'autre aux AAcs , 14. c.i>, quand il dit 
^M le $ei|[acur et tenvpi yaOct a latOc 



I&- 



cheminer les Gentil» en Ignorance , & qu« 
touteffojj il ne feft point laifl^é fans tef- 
ni(rignage, veu qu'il a donné pluyes du 
ciel , ic faifons fertiles, il y a donc grande 
différence entre cefte cognoilTance quilere 
fiulemerjt pour ofter toute excufe , fc l'au- 
tre qui eft a lalut , de laquelle Chrift (ait 
mention, Tehan 17. a. 5 : & en laquelle Icre- 
mie enfeignc les fidclç» «le fi i^otidert 

ch3p.9.g.54- 

21 Pmytfja.tydiirn!»!! Vint, 

«lare yci apcrrement , que Dieu a fait def- 
eouJer dedans les efprits de tous homme» 
vne cognoiftincede fa maiefte: e'eft a dire 
qu'il Tcft tellement demcnftré par fes <rn- 
ures , qu'il leur cft force de veoir ce qu'il» 
ne cherchent pas d'eux-mefmes ^afcauoir 
qu'il y .\ quelque Dieu : d'autant que Je 
monde n'eft point venu en fon eftrc par ca» 
fortuit ,& pareille ment ne f'eft point fait 
foy-mefmc. MaTs il faut bien toufiourc 
noter en quel dtgrc de cognoiffince il» 
font Hcnieurcz , comme mouft-^ent les mot» 
fuyuans. /A ie l'cnr f^int gUr'tfi ^ On ne 
peut conceiioir Dieu fans fon éternité, 
puiffance, fageflc , bon»e , vérité , iuftice, 
mifcricorde. Son eternire af^aroift en c« 
qu'il eft autheur de toutes chofes. Sa puif- 
fance, par ce qu'il tient toutes ehofes et»' 
fa main .& fait iju'ellcs confiftent p»r Juy. 
Sa fageffe , par I.i dirpofition compaffèe- 
d'rn ordre irefparfjit. Sa bonté, pource 
qu'il n'auoit point de caufe d'ailleursqnt 
le peuft mouuoir» créer toufes chofis: Se 
n'y a d'autre raifon que ctfte mcfmc bon» 
te , qui le puiffe incitera les coiferuer Se 
maintenir. Sa iuftice . en l'adminiRration 
S: gouuernement de fcs cre.irnrcs , d'.iti- 
tant qu'il punit les tranfgrcffeurs ,& fait 
ta vengcnce pour les iitnocen». Sa mifcri- 
corde , par ce qu'en fi glande pjticnce il 
fupp.orie la peruerfite des hommes. Sa vé- 
rité , en ce quelle eft immuable. Aind 
donc quiconque a conceu vne cognoilTance 
de Dieu , luy doit defia louange d'eternite, 
fagefte. bonté, iuftice. Or comme ainfi fcil 
que les hommes n'ayent point recognu tel- 
les vertus en Dieu , mais l'jyent imagir» 
tomme vn phantoPme vain , • bon dmiû il 
eft dit qu'ils l'ont «ileiuement il melclian\« 
ment defpouiUéde fa gloire. AulTi il n'ad- 
w ioune pas fan» ciufe, SS''- "' '"y "" /"'" 
renJiigr.uci.Cli il n'y en a pas yn qui ne lur 
foit rcjeiiable d'infinis bénéfices. ïrmtf- 
mcs quand iln'y auroit que cela, qu'il dai« 
gne bien fe manifeftcr a nous , nous voyt» 
defia tant 8: plus obligez a luv- .V4» />»» 
Jui^nut talni. C\H a dire , lailTans en ar- 
rière la vérité de Dieu, ils fe font conuetti» 
a la vanité de leur (ens , duquel toute U 
pins grande viuacite eft v.iine ,S.f>ùia- 
nouit comme fumée, ft ainfi leur fol ci>- 
tendement enueloppé de ténèbres , n'a rki» 
peu conceunir de pur fe droit , mais a efto 
en toutes fortes précipite en erreurs )c 
menf ngcs Et c'cft là l'iniuftice de laquel- 
le l'Apoftre a pari j, qu'ils cftouffcot in- 
continent par leur peruerfite b femencc de 
droite cognoiSance > auaut qu'elle ¥V '41 
k. mu 



;)or>fiera t,*- 



Ciiap.I». 



SVR rEPISTRE 



(roîftre&' porter fruit. 

2Î Sedifanrrflrrfa^er. les Cxpolîteuri 
fondent communeement fur ce paflage leur 
tonieôure , de pcnfer que fainft Paul a yci 
alfaire autc les Pliilofophes , lerquets fe 
font attribué le renom de (agefle comme 
propre Sf particulier a eux feuls. Et ceux-là 
penfenr que la dediiftion du propos eft , 
QiielVxctllence de< granseftant abbatue, 
il Tenfuit bien qu'il n'y a non plus tien 
d:gne de louange en tout le refte des hom- 
ircs. Mais il me femblc qu'en ceci ils ont 
efle menez d"viie raifon trop légère : car 
ce n'eft piiinr vn vice qui ait efte peculicr 
auï Pliilofoplies, d'auoir penféeftre fngcï 
en la cognoidance de Dieu :mais il eft com- 
mun a toutes nations & a tous eftats. Car 
il n'y en a pas eu vn qui n'ait voulu en- 
clorre la maiefte de Dieu fous la conce- 
ption de fon entendement , Si faire Dieu tel 
qu'il le pouuoit comprendre de fon fens. 
Cefte outrecuidance, di-ie, ne {'apprend 
point aux efcholes : m:is eftant attacliee a 
iioftre nature corrompue, (par manière de 
dire) nous accompagne fortans du ventre 
de la mcre. Car il eft tout notoire que c'a 
efte vn mal commun en tous aagês , que les 
hommes fe font lâfcliez la bride tout outre 
a inuenter des fuperftitions. Voyci donc 
l'arrogance qui eft yci condamnée : c'eft 
que les hommes, en lieu qu'ils deuoycnt 
en leur humilité & baffe condition donner 
gloire a Dieu, ont voulu eftfe fages en eux- 
hiefmes,& abbaifter Dieu a leur petitefte 
& abicâion. Car fainâ Paul retient touf- 
iours ce principe , Que perfonne n'eft for- 
clos de la cognoiftance du feruice de Dieu, 
que par fa propre faute : comme Til difoit, 
pourceque les hommes fe font efleuez fiè- 
rement , ils ont efte abbrutis par vne iufte 
vcngence de Dieu. Au refte. Il y a auffi 
vne raifon bien apparente , qui fait con- 
tre l'interprétation que i'ay réfutée : c'eft 
<}uc l'erreur de rcprefenter Dieu par ima- 
ge , n'a point prins fon commencement des 
Philofnphes : mais iceux It ten.ms des au- 
tres , l'ont auflï cônfermé par leur appro- 
bation. 

13 Et oit ch.ingc fd s,lcire,(fe. Apres qu'ilî 
ont imaginé Dieu tel qu'ils le pouuoyent 
cpmprendre par leur fens charnel , il Ten 



eft beaucoup fallu qu'ils recefnuflent !• 
vray Dieu : mais ils fe font forgé vn Die» 
nouueau & a leur pofte , ou pluftoft ti» 
phantofme en lieu d'jeeluy. C'eft ce qu'il 
dit , Si£ili ont changé la gloire du Sei- 
gneur : pource qu'ils (e font dcftournez <tu 
vray Dieu , & ont fait tout ainfi comma 
qui fuppoferoita vn homme l'enfant d'au» 
truy, & luy voudroit faire receuoir pour 
le fien. Et ne faut point penfer que cefte 
excufe leur férue de rien , de dire que 
neantmoins ils croyent que Dieu lubite 
au ciel : qu'ils ne penfcnt point d'vne pièce 
de bois que ce foit Dieu , mais qu'ils la 
tienent feulement pour vne repreftntation 
li remembrante : car cela défia de foy-meC 
me emporte outrage & opprobre contra 
Dieu, de ce qu'ils ont vne fi lourde ima» 
gination de fa maiefte , que d'ofer bien luy 
accomparer vne image. Or eft-il que per» 
fonne ne fe trouue exempt d'vne file au- 
dace & outrecuidance : non pas mefme les 
Sacrificateurs, ne les tcgiftateurs , ne les 
Pliilofophes : entre lefquels celuy qui a 
efte le plus fage & raifonnable , afcanoir 
Platon , ne laiffe pas luy mefme de cher- 
cher en Dieu quelque forme. Yci donc eft 
notée cefte rage, que tous les hommes fs 
font voulu figurer Dieu : ce qui demonftro 
certainement les lourdes & foies imagina- 
tions qu'ils ont eues touchant Dieu. Et 
premièrement ils ont fouillé la maiefte de 
Dieu pat la feinblance de l'homme cor- 
ruptible. Car i'ay mieux aimé tourner ainfl 
le mot Grec , que Mortel , comme a fait 
Erafme : pource que fainft Paul ne met 
pas feulement l'immortalité de Dieu a l'ep 
pofite de la condition mortelle de l'hom- 
me ! mais II oppofe a la condition tref-mi- 
ferable de l'homme , cefte gloire incom- 
prehenfiblequi eft en Dieu , laquelle n'eft 
entachée d'aucun vice ou macule. Apret 
cela , non contens d'vn afte fi mal-heureux, 
ils font venus iufques a l'accomparer x 
des beftes, voire qui font les plus vilet- 
ne» Sr hideufes. En quoyauffi fe demonftre 
plus manifeftement leur ftupidite : & en 
demeurent conuaincus. Au refte , touchant 
ces abominations , il en eft parlé en Laâan- 
ce, Eufebe , & lainft Auguftin aux liuret d« 
la Cite de Dieu. 



14 ^ rdifon de (jtioj au fi Dieu les a. abandonnez, aux coti^ 
eupfccnces de leurs cœur s ^a ordure,f>our ^ilener entreux leurt 
propres corps, 

2^ Comme ceux lep^uelsoyit change ta Mérite de Dieu en 
menfonge ,, Ç^ ont adoré ^ fèrui la créature en dclaijfunt le 
Créateur, -jui eflbcneit éternellement-, Amen. 

tf, . Aca/efède^uoy , di-ie , D/eu les a abandonnez, a leurs 
affe&tOKs Œdèmes :car rncfme leurs femmes ont change C^fage 
naturel en cchey qui efi contre nature. 

zy Et femblablement aufi les majles delaijfans le naturel 
^ftge de la femme-, fe font efhauffjez. en leur concnftfcencct^rt 



A VX ROMAINS. îy iD 

tnuers tdutre yfa'tpwt majle auec mafle chofès infâmes , Ç^ re- 
ceHanseneux-mefmesla recomfenfe de leur erreur telle qu il 
fallait. 

18 Car ainjiquùls ri ont tenu cote de recognoiflre Dieu^ninfi 
Dieu les a liurez, en ^n ejprttdejpourueu de tout iuge met, four 'qu j^ 
faire choies efui ne font nullement conuenahles. prou- 

Z9 t.jîas remplis de toute iniufHce-,de paillards fe-^de mefcha- . u^ 
0ete, d'avarice , de mauuaifiie , pleins d'enstic) de meurtre^ de 
noifèyde f'ande,de malignité. 

30 'Kapporteurs,dctra£ieurSfhajJJans Dieu, 'malfaiteurs-, 'ou^fla 
9rgueiUeux,^anteurS} inuenteurs de maux .^defobeiffans a pères gor- 
^ameresy neurs, 

31 Sans €nte»dement,ne tendns point ce quils ont accorde , 'ou, in- 
fàns affection »aturelle,ges qui iamais nefe rappaifent^fans mi iu li- 
fericorde. eux* 

3i Lefquels combien qu'ils d-^ent cognule droici de Dieu., 
afcauoir que ceux qui font telles chofès, (ont dignes de mort : ne 
les font pas feulement j mais aufjfi fauorifent a ceux qui 
{esfont. 



24. jt r*lfen if rjuty Die» lc> » liiAnhn- 
>r!^. Pource qu'impiété çftvn mal caché 
au deJâ'.poiir couper broche a toute tergi- 
tierfatiô & réplique, il môftre par vne dcmô 
Kration encore plus groffiere &euidctc,que 
fl« ne peuuent efchappcr qu'ils ne foyent 
trouucz enucloppcz en vne iufte condamna- 
»iô:c'eft que de ccfte impictc les fruit» Pen 
font enfuyuis: del<)uels on peut recueillir 
«lestelmoignages dcl'iredu Seigncurtout 
manifcfics . Et fi l'ire du Seigneur eft touf- 
iours iul^c , il l'enfuit qu'il y a eu en eux 
cliofequi les rendoit dignes de condamna- 
tion. AiiiH dôc.il preiTe les hommcs.Sf pour, 
fuit a les conuaincre de leur dcfloyaute tl 
apoftalîe par les fignes externes , d'autant 
«qu'après qu'ils fe font deftournei de la bon 
te de Dieu, il en fait la vengenceen les pré- 
cipitant en vne perdition & ruine infinid 
F.t faifant eomparaifon des vices qui appa- 
roifTent en eux , aucc l'impiete de laquelle 
il les a acculez ci dcITus , il prouuc que pa r 
vn iufte iugement de Dieu , 3 bon drniâ ils 
fontainfi-punis. Car comme ainfi Toit que 
nous n'ayons rien en plus grande recam- 
mandation que noftre honneur, c'eft bien vn 
aucuglemêt extrême, quand nous ne faifons 
point de difficulté de no* icl^jonorcr & diffa 
m. r nous-mcl'nits.Et ainfi la punitiô eft tref 
conuenable au grand opprobre fait a la ma- 
iefte de Dieu. Il neiraittequc cela iufques 
■ la tin du ch.ipitre: mais cependant il mené 
le propos viucmcnt autant qu'il eft pof. 
Sble , poiiroc que la chofe auoit befoin que 
on l.i feiO bien valoir en l'amplifiant par 
tous moyens . Voyia donccn lomme où il 
prétend : c'eft que d'autant que les hom- 
kits monfiient par tcl'moignagcs infailli- 



ble» que l'ire de Dieu les pourfuyt.de li 
il appert que leur ingratitude enuers Dieu 
n*cft aucunement excul'able . Car iamais 
ils ne viendroycnt a fabandonncr & veau- 
trer, comme beftcs brutes , en des cupidi- 
tei fi fa les ic infâmes , fi ce n'eftoit que la 
maiefte de Dieu leur eft contraire , & leur 
fait la guerre. Veu donc que tout coin- 
muneemcnt ils font remplis de mefclian- 
cetei exécrables , il conclud cju'il y a en 
eux des tefinoignages de la vengencc de 
Dieu bien apparens. Or fi ainfieft que ia- 
mais elle ne frappe a la volcc ou iniufte- 
ment , mais tient toufîours vne bonne mo- 
dération, accompagnée de droiture il équi- 
té : il dit que. de la il appert continent ils 
font tous cnucloppez en vue damnation, 
non feulement certaine , mais aulfi iuftr. 
Quanta la manière en laquelleDieu liur^ 
l'homme a vice, il n'efl point neccfTiirede 
déduire fur ce palTige la qiicfiion au long. 
Il eft bien certain que ce n'cfl pas que fcu- 
Ument en lailf.tnt faire & dilfimul.mt il 
permette que les hommes tombent : (rais 
que par vn iufte iugement il fait qued'vn 
collé leur propre concupifcence , 3c d'au- 
tre le diable les mènent & ir.mfportcnt en 
vne telle rage. Et pour ceftecaufe il vfe du 
mot de ?iiiAn,han<T , félon l'vfage ordinai- 
re dcrEfcriturc : lequel mot ccux-la tirent 
bien a force hors de fa droite fignificati- 
on , qui difent que c'eft ptrmilfion Je Dieu 
feulement quand nous tambont en pèche* 
Car comme Satin eft miniflre de l'irc dt 
Dieu , Jt p.ir manière de dire", le bourreau, 
aulTi faut-il confiffir que quand il far- 
mc contre nous , S; pour nous tirer» mal, 
(cU le fait par le commandcmcot txftcs 



Chap.r, 



SVR L'EPISTRE 



éa luge ,îr non point par difTimuIation. 
" ■ Cependât tuuteffois il ne l'tnfiiit pas pour, 
tant que Dieu foit cruel , ou que nous ne 
foyons a blafmer, veu que fainft Paul mon- 
tre apertement que iamais autrement nou» 
ce luy Tommèi abandonnez ou liurczenfa 
puilT^nce.fuion que nou» Toyonj digne» d*»- 
ne telle punition . Il y a feulement vne ex- 
ception qu'il nous faut entendre, c'eft que 
Jaciufe du peclif ne vient point de Dieu, 
& que la racine d'iceluy refide toufiourseo 
la pifrfonne mcfnie du pécheur. Car il eli ne 
CcflTiire que ce mot demeure toufiours vray» 
Xa perdition vient de toy Ifrael.enmoy feu- 
lement eft 100 falut , Oiee i.vc.> . En con- 
joingnaut auçc cr<^Hre tet ccncupifccn<tt du 
cœur de l'homme ,jil donne a entendre ta- 
citement quels fruits produit noftre cœur, 
«iepiii<i qu'il cft vne fois laifi'é a fa condui- 
te.' Le mot E/i/i-'nv , emporte poids : car il 
exprime auec plus grande fifinifiance com- 
JJient lis ont fi vileinement dtûionoréleur» 
corps , que Us m.irques en demeurent en i- 
«eux engraiiees fi auant qu'il eft impoffible 
<ie les effacer, 

>Ue rie V'ck en mrr:fmge,^c. Ponr r,i ifon du 
propos précèdent il répète celle la merme 
qu'il a mife ci deuant , mais en autres ter- 
mes > 3finde la mieux imprimer en nos e- 
fputs . Quand On ch.mge la vérité de Dieu 
en nienfongccVft effacer la gloire d'iceluy. 
C'tft donc bien raifon cjue ceux-là foyent 
remplis de toutes fortes d'ignominie, qui fe 
font efforce? de defpouiller Dieu de fon hô- 
reur, & le charger d'opprobre . Ef ont ujo. 
rf. Il touche proprement le forfait d'idola. 
trie : car on ne peut faire honneur a la cre. 
«ture pir forme de religion , qu'on ne l'o- 
fte mefchammeiir f( vileinement a Dieu 
ponr le tranfferer ailleurs; ce qui eft vn ia- 
crilege- Et c'eft follie d'alléguer pour ex- 
cufe qu'on honore les images pour l'hon. 
neurdeDieu, veu que Dieu nerecognoift 
point ccfte façon de feruice , Se ne l'auoue 
comnieaddrertcea fa pcrfonne. Et a la véri- 
té ce n'cft point le vray Dieu qu'on hono- 
re Ion , maisvn faux dieu que la chair feft 
forgé par imagination. Au refte , ce qui 
f enfuit, Sfjj i-p bénir etirnellemc-ir, ie le pren 
comme eftant dit pour plus grand' honte 
ti coiifnfion des id'>latresien ce fenj, Ccliiy 
lequel feul dcuait eftre honoré & adoré , & 
auquel i' nefaloif aucunemétrienderoguer 
tant peu queccfuft. 

Itf .Y f Jn'r lie quri, Ji-le , Dieu lei x n- 
l.wrlfnei, ^ leirri .iff'.îli'mi ri/'einer.fyc. Com- 
me fi la fentencc précédente euft efte entre- 
lacée par paréihefe.il rcuientau propos que 
Il auoit parauant commencé, de la vengen- 
ce du Scigntur . Et premièrement il en al- 
lègue vn exemple en cède vilenie horri- 
ble de paillardile'cDntre nature. Dont il 
spperç que non (<:ulement ils fe font prrw 
ftiturr en des concunifcences brutales, mais 
fe font desbordej plus que les beftes,vet> 
qu'il» ont reniierfc tout l'ordre de future. 
Apres il fait vn long récit des vices , lef- 
^11*1», cosun« iU ont tegnc de loat tcoifi» 



aufli rejnovent-ilslorftontfommunémen» ■ 
& en grand desbordement . Et ne faut pa« 
Parrcfter a ce que chacun en fa perfonn» 
n'cftoit pas entaché d'vn tel amas de tant 
de vices JCar. quand il eft queltion de re- 
prendre en gênerai la vilenie & honte du 
genre humain , c'cft affez qu'il n'y en a pac 
vn qui ne (oit contraint de recognoiltre 
quelque tache en foy-Voyladonc comment 
il faut prendre ceci .-C'cft que fainô Pau» 
touche yci les vices qui auoirent régné en 
tous aages , S: principalement en ce temps» 
la auoytnt la yogne tout commune ementr 
(car c'eft merueiHes combien cefte ra»l» 
heureufe vilenie, que lesbeftc» brutes ont 
en abomirration , eftoirefpandue pour lors: 
quant aux autres vices, ils cftoyer.t tout 
communs entre le peuple r)en après qu'il - 
fait vn catalogue & dénombrement de vi- 
ce», auquel tout le genre humain fetrou» 
ue comprinsCar combien que tousncfoyéi ; 
pas ou meurtriers , ou larrons, ou adulte» 
tes , touteffois il n'y en-a »as vn quint fit 
trouue eniacbé de quelooe rire . ta oà 
nous auons traduit, JfffeBioii yr'einriiil y 3 
proprement au texte Grec,P.if'cml*igaomi- 
!">,ou vilenie 5: delionneur ?c'eft a direqul 
fonthontcufes & Tileinct , mefmesau iugc» 
ment commun des hommes- Et ce terme eO 
mis a l'oppofift.Sr comme pour rccompea» 
fe de ce qu'ils auoyent deflionoré Dieu. 

Î7 l^ceu.<:i en e»K-m:fmex 1,1 reentt* 
frnfe. Car ceux qui par heur malice ont 
ferme les yeux a la lumière de Dieu qui 
fc prcfentoit deuant eux , afin de ne con- 
templer point ù gloire , méritent biendt» 
ftre aucuglez iufquesa foublier foy-meC. 
mes, & ne difcerner point re qui eft con.^ 
uenable a leurs pcrfonncs. Brief, c'cft bien 
raifonqu'ils foyent aueugics en plein mi- 
di, puis qu'ils n'ont point eu honte d'e» 
fteindre f entant qu'en eux eftoit) la gloire 
de Dieu, laque Ile feule nous illumine. 

l3 f ji- ^m/> 2»"''^' n'tin rt/iu ente rfê 
recognci'ihe. i~e . Il faut oblerner l'.iltufiol» 
qui eft en l'affinité des mots, laquelle mor>» 
ftrede bonne grâce la eonuenance & pro» 
portion égale qui eft entre le péché & I» 
punition que Dieu en a faite . Pource que 
ils o'ont point approuué de demeurer ci» 
la cognoiftànccde Dieu ,lai ucUe feule ad» 
drefle nos entendemeni en bon aiiis k iu» 
gement droit , le Seigneur leur a donné vit 
entendement de tr.iucrs , lequel ne peut 
plus rien difcerner & approuucr Or quand 
il dit qu'ils n'ont pas approuué , c'eft au» 
tint comme l'il dilnitquMls n'ont pas fait 
leur dcuoir de proufiter en la cognoKfance 
de Dieu , m.iis que pluftoft de propos déli- 
béré ils ont dcftnurné leurs erptits de Dieu. 
Ainfi donc , il (ignific qu'ils ont préféré 
leurs vanitez a Dieu , par vne elcAion per- 
uerfe de leur efprit , Se que par ce moyen 
l'erreur duquel ilsont eftcdeccus , a efte 
volontaire. Vnt' fdi>e rhefti iju! ne fctir nn^- 
Irmrntcnuen^th'et. D'autant que iufques y. 
ci il auoit propofé pour exemple.cc feul po 
che exécrable , lequel eftoit bien vulgaire 
«ntre pluCcu»» toutcûbis oqd p» cno-muii 



A V X ROMAINS. 



»4 



jtoDJ.n c«mm«««yc> > rtcîtfr de? v.ccs. 
«lïfquels nul ne fe troiiuera exempt . Caj-^ 
eomliicn que (comme il > efte dit) touî en-^ 
fenible "C fe monUrcnt pas en chitiin hom- ' 
rie . toutefois il n'y .1 perfonnr qui ne fe i 
treune'coolpable de qUelquVn d'iceuK.tel- ' 
If ment que chacun en fou endroit peur cftre 
tonuaincu deperuerfite afTtz euidcmmenr. 
Quant a ce que -dis Je commencement it 
les appelle Lhtffiqui >i'e/tc\riit fini ri/Jurn*- 
4/f/,il faut entendre, contraires a tout inge- 
«nf nt Ot rMfan . & eflongnees de toute hon. 
ncftetc humaine. Car il allègue Icjfignes de 
•n entendement renuer(é,en ce que fans 
aucune dilcretion le< liomme? fefont ad- 
donnci a des mefchanceiet , Urquelles le 
feni commun deueroit aufir en Iiotreuf. 
Au refte,c*eft fol le de trauailler a ronioin» 
«Jrc par ordre le» ylee» flui font ycl réciter, 
■ fin que l'vn defceode de l'aurre, veu que 
l'intention de fainft Paul n'a point eRe tel- 
le.mais feulement n'en faire vn recueil, met 
tant toufiouff fans aucun rfgard celuy qui 
fe prefentoit le premier . Or dccl.iron5 en 
fcricf 1.1 (ignification de cliacun mot. Par In. 
tiflit, l'tnten quand le droift d'humanité eft 
violé entre les hommes, a faute de rendre a 
chacun ce qui luy appartient. Il y s yci 
deux mats qui feinblent fignifier Tne mcf- 
|ne cliofe,afcauoirW«'r£»<iiffrf &■ myuaiflf'r: 
touteffois Itlô qu'ô peut recueillir Je ceut 
«jui ont efcrit la propriété des mnt^ delà 
Langue Grecque, te premier figiufie »ne ac 
couRumanccde mau'.aiftie , ou bien vne li- 
cence desbordce de eommettre m.il : l'au- 
tre c«(te peruerfite J; tortuofitc d'efprit, 
qui tend a porter domrn.ige .lux prochains. 
Ce que i'jy tourné PtilUrAlft , fipnifie t.snt 
la cupidité qui eft au drdans.quc l'.ifte extc 
fieur.ll n'y a poîi de difficulté en ces mot», 
^u£ricr,tnuief mrttrtrr . Sous le mot ieT^cIfr, 
il compre'd tanttoutes riotes.que combats, 
& efireutcs tendantes a feduion . Le mot 
fîtec que nous auon» traduit Xfj'ijuxei 
c'eft vne gra'de mannaiftie te notable, 
<)uand vn homn»- ayanc prins Ton pli , Peft 
endurci en me'chanies mncurs par aceou- 
ftumance fi manuais train. Le mot , H^yf- 
fui: Dln , pnurroit aufTi fignifier Hays de 
Dieu .'mais il n'y a point de raifnn de le 
prendre .linfi en ce piltag» , veu que fainft 
Paul rend a mourtrer que les hommes font 
dignes de condamnation, par les vices e- 
Uidens qu'on voit en eux . Il fiRnifie done 
ceux qui ne veulent point de Dieu, d'au- 
tant qu'ils voyent que fa iufticeeft con- 
traire a leurs mefcliancttei . Entre J?«^- 
fttituri.nu f.iginru'i, il DttrMUruir. la dilfe- 
/enceeft. que les premiers par rapport* fe- 
crets rompent les amitiei des gens debitn, 
enflamment les eorurs a courront , diffa. 
ment les innacens .fement les difeors : !c 
le» autres par vie malice enracinée n'cl- 
patgnenc l'honneur de pei fonne , fc com- 
jne eftans forcenei d'vne tige demcfdire, 
tiencnt furies rangs toutes inaniircJ de 
•ens, foît qu'il y aie cccafion ou non. Où 
il y auoic au panu4nt Iniiuieux , t'ay tra- 



duit lemotpjrm.f/^i/r^Kr», pource que Ict 
Latins . lefqucls en ceft endroit la tahgue 
Francoife enfuit , ont accouftumé d'appeler 
Mcft'aits ou Maléfices les outr.iges nota- 
blcs,comme font facag;mêj,larKcins,btuf- 
lemens,empoifonnemës: ce que fairft Paul 
avoulu yci toucher.Le mot que i'ay traduie 
Or}iir!U'Ht , fignifie comme Defdaigncux: 
earen Grec il vient de ce que telles gens, 
comme Til» eftoyent haut edeuea , niefpri- 
fent par defdain tous les autres , .linfl que 
leurs inférieurs, & nepeuuét ferargér .i en 
tretenir vnecôuerlation égale /'jH(,i,r/,fot\t 
•ens ender d'outrecuidance, & de vaine pre- 
îomption de leurs perfonncs. tir irnXi ^-Ini 
te <ju'i(i d"! aiccrdl. Le mot Grec fignifie pro 
prement des gens auec lcf()Ue)s on ne peut 
ïuoir affaire , &qui par leurs dcdoyautcî 
rompent toufiouri le droift de la foeiete hu 
maine. oueftiuelsil n'y a aucune f^/ncerite 
ne tenue & fermeté de propos. Srfir tjfin' 
«/(rxir.'/f.font ccux'qui ont oublié ou effacé 
mefme les premiers fentimens que nature 
met es cœurs des homes , d'aimer ceux qui 
leur attouchcr.t.Au refte,d'aut3ntqHC pour 
le dernier, entre les lignes de la corruption 
de nature humaine, il met, Sttni mifrrircrJc! 
SainftAuguflin conclud fort bien de ce paT- 
figc.quc mifericordeelt vne vertu Chrefti- 
enne:tout au contraire de ce que difoyent 
ces philofophe» anciens, nomme? Stoiques, 
n trCr/iir/f f.-mttV» 7»'i7j i«ïrl>t re- 

p>u Ir drc-n Jr Pieu , iif,^u,ir^*e ceux qui fttlt 
lel/rieUfei, ir' ■ Combien que les expofi- 
reurs prenent ce partage en diuerfes forte», 
touteffois il mefembleque l'expofition la 
plus vraye *( certaine ift , Que les homme* 
fefont dcsbordei tout outre en vne licetr- 
ee defrcolee de mal , entant qu» tou'c diP. 
cretion de verni d de vice oflec, ils ont ap- 
protiué tant en leurs propres j'erfonnes co- 
rne es autres , le» chofts qu'ils Icauoyent e- 
ftre defp'airantes a Dieu , & du nombre d« 
celles qu'il condamnera par fim lulVe inge- 
ment. Car voyla le fouuerainrôble de nxef. 
chanceteqU.V'd le pécheur eft ti dvIbuniCiq 
d'vn co/lé il (e Batte en fes vices, fc ne peut 
fouffrir qu'on l'en viturere . d'autre part il 
approuue les mefmes vices es autres, côfcn. — 

mit auec eux, & leur applaudiffant. Aufll p.. 
l'Efcritute voulant defcrirc vne peruerfite î^'' / » 
defefreree , en parle en crfte forte , Ils fe fV '*•••',» 
glorifient qnand ils ont fait mal Item,Elfe '"'•"•'•*« 
a oiiiiert fes iambcs , elle feft glorifier en 
fa malice . Car quand vu homme hi honte, 
il va encore quelque cfperance d'amende- 
mittn liiv mais quand par vne accoiiftuniî 
ce de mal-fjire,on feft tellein/t endurci en 
impudence , qu'on prend plaifir aux vicet, 
fr nn les approiiue comme vertus , il n'y a 
plus ii'cf| eraree de corrcftion . Or ic pre» 
ces mou en ce fens . d'autant que ic vor 
que l'Apoftte a voulu yci toucher quel- 
que choir pins griefue & mcl'cliantcque e* 
n'eft pas de commettre fimplcment les aftet 
vicieux Ft ie ne puis entendre que ce pour 
roit cftre.finôq noutle rapjiottiôs a ce ci»' 
bit de niauuaihicquand Us bômci ^ifctf* 



Chap.II, 



SVR L'EPISTRE 



fMr,Hat.S. 



bles & mal-heureuz qu'ili font, ayant per- fendre & maintenir Ici vicCI COStrc U îuftl 
«lu toute honte>veulenc par leurs propos de- ce de Dieu. 

C H A P. 1 1. 

^rtfuey,ohome, efuiconfues tufàii ejui iuges des aa- 
treSj//» es fans exctife.\ Car en ce efue ih iuges cCan 
trny , tu te condamnes toy-mefncy ^eu que toy qui 
iuges ifais les mefmes chofes. 
1 Or nous fcauons ejue le iugement de Dieu ejl félon écrits 
fur ceux qui font telles chofès 




Cefte reprehenrion Padrirefle contre le» 
Iiypocrltes, lefquels comme il» csblouifTenc 
les yeux des hommes du fard de leur faia- 
ftete externe.aufri ils concoyuent vne alTeu- 
»ance,oupluftoft prefomption deuantDieu, 
tomme l'ils auoyent de quoy le contenter 
fuffifîmment. Apres donc que fainâ Paul a 



£t quand il dit qu'ils le font . II ha regard 
a ce qu'ils n'ont pas le cœur droit : car pe» 
elle gift proprement au cœur. Ainfi donr.ilg 
fe condamnent eux-mefmet, d'autant qu'ea 
blafmant vn larron , ou adultère, ou mefdi* 
fant,ilsne prononcent pas coi 'iamnatioa 
contre les perfonnes , mais contre lejvices» 



monftté les vices les plut grof/iers &euidê$, lefquels eux-n>ermesaullïporict enracines 
afin qui! ne laifTe perfonne lufte deuaRt en leurs os. 



Dieu.ilf'addrefle maintenâta ces petisfain 
ftereaux , lefquels ne pouuoyent eftre eom- 
prins fou'; le premier catalogue & denôbre- 
ment des vices que nous auons veu. Cela e- 
ftant prefuppofé.la fuite & deduftion du 
propos eft défia fi facile & aifee, qu'on ne fe 
doit point esbahir comment c'eft que l'Apo 
Are fait cefte confequence. Car quand il die 
a^ili font inexcufables , c'eft d'autant qu 



2 Or fifut fc.^uoïtj que If iugrmene de Di'fu^ 
l'intention de fainâ Paul eft de faire efua- 
nouir toutes ces flatteries defqnellesles hy 
pocrltes f^abufent en leur» efprits .afin que 
ils ne penfent point que ce l'oit grand cas 
quand le monde les louera, ou qu'eux -mef- 
mes rabroueront : car il leurfaudra bien 
paffcr par vn autre examen au ciel. Par ain- 
fi.pource qu'il les accufe d'vnc immondici» 



fcaclians bien le iugement de Dieu,ilstranf te intérieure , laquelle comme les hommes 
greflent neantmoins la Loy : comme fil di- ne la peuucnt apperceuoir de leurs yeux, 
fuit, Encores que tu ne confentes pas aux ne peut aufli eftre redarguee ne conuainctie 
vices des autres. Se mefmes au contraire il par tefmoignagesde9hommes:iI les adiour. 
femble que tu fois ennemi formel des vi- ne au iugement de Dieu , auquel les tent- 
ées ,& leur faces la guerre, touteffois veu bres mefmes ne font obfcure» ne cachées, 8t 
que tu n'es pasentiereniét exempt d'iceux, du fentiment duquel il faut ncceftairement 
quand tu te confidereras a la vérité , tu ne q les pécheurs foyent touchez, vueillent-ils 
peux alléguer aucune defenfe que tu ne ou non. Cefte Twf» de iugei-Knt de laquel» 
fois enclos en condamnation auec les au- le il parle, confifte en deux points: premie- 
jres. Car en cr 'jnr lu ÏKget J'4uiruy. Les mots rement, en ce que fans acception de perfon- 
Ontyci vne rencontre de bonne grâce, afca- nés il punira le pèche , en quicon(|ue il le 



nojr Crinhi , & Catxtrinin , defqucls le pre- 
mier fignifie luger, & l'autre Condamner. 
Wais outre cela il faut noter l'exaggeratiô, 
fr,par manière de dire, rechargement, dont 
il vfecontr'eux . Car celle façon de parler 



trouuera: fecondement, en ce qu'il ne T'ar- 
refte pas a l'apparcce externe , À- ne fc con- 
tente point de l'œuure en foy .f'ilne prt)» 
tede d'voe vrayc pureté de cœur. Dont Peu» 
fuit que la mafque d'vne fainûete feint» 



emporte autant comme i'il difoit,Tu es n'empefche pas qu'il nepuniflê par ("on iu 
doublement digne d'eftre condamné , veu gcment laperuerfite iWrièure cachée au 
que tu es entaché desmefmes vices lefqoeli dedans du coeur. Au refte, c'eft ci vne façon 



«u rcprens & blafmcs es autres. Car c'eft vn 
propos tout commun , Que ceux qui amè- 
nent vn autre a conte de fa vie, (^obligent 
a monftrtr que de leur cofté ils cheminent 
en innocence , droiture , intégrité , & toutt 
Tertu : & qu'ils font indignes d'eftre aucu- 
nement el'pargoet.Pils commettent lesmef> 
met vices qu'ils ont entreprins de corri- 
ger es autres- Car tu f-tù les mcfmer chofrr. 
Voyia comme 11 y auroir, a traduire le paf- 
fcge de mot a mot. Or le fcns eft , Com- 
bien que tu iuges , neantmoins tu le fais- 

j Et cuides-tu,o toy homme qui iuges de ceux qui font tel- 
les chofes) ^ qui les f ait ^ que tu dogues efchaffer le iugement de 
Vteu* 



de parler propre a la Langue Hébraïque: 
car entre les Hebrieux le mot de rrr/rr fi- 
gnifie fouuenteffois autant qu'intégrité Se 
droiture intérieure de cœur: Si ainfi il n'eft 
pas feulement mis a l'oppofite de ce pécha 
grofficr de mëfonge, mais auffi il eft oppofé 
a vne apparence externe des bônes ceuures. 
Or c'eft adonc que les hypocrites font con- 
traints de fe refuciller, quand il eft dit ^e 
Dieu ne iugera pas feulement de ce fard êc 
apparence externe de iuftice,mais auili des 
affeûions occultes Si fccretes. 



AVX ROMAIN.S. Sf ■■ > 

4 Om mffprifès-ti* les richejjes de ft hcnignite > ^ de pi 

\ patience , ^ de ft longue attente ^ne cognotjfant f oint que U j.p/.îj/.i» 
henigmte de Dteu iinuite a refentancel 

5 Mais par ta dureté ^ ton cteur qtù efiftnf repentanee^ 

I tHt'AmaJfefireauiourdeCire^^deU déclaration dn tufie i^.<;.4.^ • 
ingénient de Dieu-, 

6 \ Qut rendra a chacunfelonfèsteuures: PfSi^.n» 

7 AQauoir a ceux ' qui auec patience ahienfair e cher- .^/ 
ehentglo/re,honneHry(^ immortalite,l4 ^/e éternelle: 'V^^. î°^ 

- 8 Maif^a ceux qui font addonnez, a contention., Ç^ eiui P^^^^^s, 
ne Raccordent Point a la 'Mérite , aim obe/Jfent a iniuJltceAci^ ^^ S^°* 
indignation,^ i'C. 5^. 

9 //j) a tnbulation Ç£ angoijfe fur toute ame d*hommefai- ^° ^^' 
pht mal^du luif premièrement, puis aufjt du Gr ec. " ^^' "® 

10 Mais gloire, honneur , ^ patx a ^n chacun qui fait bien, ^}^^^ ^ 
au luif premier ement y puis aujfs au Grec. 



' X f.r cuiJrt-tu.i tiy Ummf,Scc- PonrcequB 
le» Rhetoriciens tn leurs regles.difcnc <ju'ô 
ncdi>ic point Tenir a fifcluiiffer contre la 
partie aduerfe , & la prclTcr par rcptelien- 
lion< aigret, que premièrement fe crime ne 
roitbii-n verihé:il pourroit Tcmblcr a quel- 

SVi'vn que falnft Paul proccde mal , & fe 
relTe trop toft , de . cri:r fi fort , auant 
ou*il Toit venu a bout de raccuTation qu'il 
auoit intentée. Mais il encft autremenc:car 
il les a défia conuaincus & monllrcz coulpa' 
blés par vne preuue alTez firme : confideré 
qu'il ne les accuToit point Weuant les liom' 
tneSimais les arguoic & pourfuyuoit par le 
jugement de leur propre confcicnce .Ainlt 
<lôc,il a penfc que ce qu'il pretfdoit.eftoit 
bien & fuflîramment pt-ouue : a fcauoir que 
rilsvouloyent defcendre en eux-melines, 
jcadmettrc l'examen du iugcment de Dieu> 
ils ne pourroyent nier leur iniquité. Au re- 
ftc, quand il vfe d'vne telle feuerite & 
aigreur a reprendre cefte falnftcte fein» 
te , il ne le fait point fans grande neceffi- 
te. Car cette manière de gens (e conten- 
cent de leurs pcrfonnet tout a leur alfc , & 
ferepofent en eux-mefmcs aucc vne mer- 
ueillcufc afTcurance , Ci on ne leur arrache 
par force la vaine confiance qu'ils ont. 
Qu'il nous fouuicnc donc que c'cft le fouue 
rain moyen pour conuaincre les hypocrites 
^e les rcueitler de Icuryurongncric & ftu- 
pidite, je les amener a la clarté du iugemct 



tÇilu;frr. C'cft vn 
plui pet 
: les péchez Je 



de Dieu, gjir <«,/;; 

argument qu'on appelle du plui petit au 

rlus grand : car fil faut que les péchez Je 
orfaits palTent par le iugcment des homes, 
beaucoup plus par ccluy de Dieu , qui eft 
le fcul luge de tous. Il cft vray que les hom 
mes font conduits par vne infpirationDiui 
Be a condamner les'maux qui fe cômettct: 
mais cela ii'cft qu'Tne petite trace &vn por 
était obfcur du iugement de Dicn.Parqtioy 
ceu»-U foQ( bicu defpouriKui de fcns, ^ui 



immor 
r L r „. . • r • talitc; 

penrentaburerDieu.&euiterfon iugcment, , o 
veu qu'en leur propre iugement ils ne laif- C Clt îl 
fent par efch.ipper les autres qui font mal. jij-p ^ 
Au refte , ce qu'il a exprimé dtfia par deux ' * 

fois le nom d'homme , emporte poids : car CCUX Q* 
il fait là comparaifonde l'homme a Dieu. L 

4 0« meffnfft-tu tti rithr/frl. 'AucUHS C"Cr- 
penfent que ce foitycr Tn argumét que les cIlCllC 
Rhetoriciens nomment Dilemma ; mais i# 
fuispluftoft J'auisque c'cft vne anticipa. Vie C- 
tion. Car pource que volontiers les hypo- «.«_— pi 
crites fcnficntdc la prolpcrite ,& quand '•*-'^"^^'" 
Icschofcs leur" vienent a fouhait , coinmc Ic, 
fi par leurs vertus & bienfaits ils auoyent 
mérité de fcntir la douceur & libéralité du 
Seigneur,& ainfi rcndurciffent tnufiours tât 
plus en vn mefpris&contêneiTient de Dieu, 
l'Apoftre vicntaudeuant de leur arrogan-' 
ce,& en allcguant la caufe toute contraire, 
fonde fon argument là deflus, pourmôftrer 
qu'il ne faut pas pour la profpcrire externe 
qu'ils pefent que Dieu leur folt fauorable„ 
veii qu'il regarde a vne fin du tout diuerfe 
en bienfaifanc aux hommes: a fcauoir a in. 
citer les pécheurs a fe côuertir a luy. Ainfl 
donc, là ou la crainte do Dieu ne rcgne pas, 
aflcurancccn prol'pcrite eft vn contemnt» 
ment. S: vne mocqneriede fa bonté infinie. 
Dont f'enfuyt qu'.i bon droift ceux-là fe- 
ront punis plus griefuenient, lefquels Dieu 
aura efpargnez en ccftcvie : fource qu'oui 
ire toute leur perucrfite . il y a eu en 
corc vn poinft , c'cft qu'ils ont reictté ceft» 
douceur paternelle dcDieu,^ Icsconuiolt 
a rtpentance.Et combien que tous les bcne 
ficcs de Dieu fi'yent autant de tefmoigna- 
ges de fa bonté p.TcrncIle.touten'oif pour- 
ce que fouucnt il rcg.;rdc a vne autre fin, 
cependant qu'il tient les infidèles a leur 
aife.lcur faifmt lentir fa libi.r.ilite ,il« 
f'abufent de fe flatter en leur profperite. 
Comme fi c'eftoit vn ccrt.iiii figr.e qu'il lc« 
aime & ha agrcabU's.Art'iifj/ir Hiar,&ci 



Chap. ir. 



SVR L'EPI ST RE 



Or le JefgneUr in vrant de douceuren- 
ticrs lious , mônftre qu'il eftceTuy auquel 
H nous faut conueriir Si retourner , fi nous 
defirons auoir bié & felicite:& quât & quât 
nous redrelTe en alTeurauce d'attendre & re 
«uoirmifericocde deluy. Sioousnerag- 
portôs a celle fin fa libéralité & bonté, c'eft 
en abuf^-r:combien quM ne la faut pas tou- 
fioiirs prendre en vne forte. Car quand le 
Seigneur traitte doucement fcs ferui - 
teurs,&: leur donne des bened.iâ'ons tcrrie- 
nes.eefont des tefnnignages parlefquels 
itdecUi-c fa' bonne atTeôion enuers eux , & 
aUee cela les accouûume a chercher en luy 
ieut la perfcftion&'le comble de tou5 biés. 
Mais qj.Tnd il traitte en mel'nit douceur les 
iranfgreflenrs de la Lov.vray eftquçpar fa 
bénignité il veut amollir leur rtbellioYi Sc 
cbftination , routeffois il ne déclare point 
pourrela qu'il leur foit nourlors propice, 
mais pluftoft il Us appelle a repentsnîe & 
amendement. Qiie fi quelqu'vn répliques 
cela.Que cepend nt que le Seigneur ne tou 
«le point leurs coeurs au dedans, c'eft.intît: • 
coine l'il parloit a des fourds.il faut refpô- 
are, qu'or» ne peut rien blafrrier cii ceftcn. 
droit finon noftre peruerfite.Au rcfte, quâr 
aux mots de S.Paul, i'aime mieux dite T'.i- 
mené q r'<«i(;Vf:car la figniticati&du pr.emier 
emporte quelque chofed'auantage.Toutef- 
/ois ie nelc pren pas pour Contraindre &, 
poufler a forcc:aiiis pour Conduire,* quafi 
mener par la main. 

ç P,ir ta iluTcte. Apres que nous fommei 
«ndurcis aux admonitions du Seigneur , de 
là f'enfuyt vue impenitcnce ( fi ainfi faut 
parlera c*eft a dire qu'on vient a n'auoir 
}bin,delîr,nc fentiment aucun de repentan- 
ce. Or eft il que tous ceux qui ne prenent 
g.irdeaPamcndcr.tententmanifeftement le 
Seigneur. Voyci vn beau pa/f.ige & bien no- 
table.duquel il nou^faut apprendre ce que 
î'ay touché ci dcITus.QucIes infidèles, tant 
«]ii'ils viuent yci , non feulement amaflent 
de iouren iour fur leur» teftes vn pluspe- 
fant fardeau du iugement de Dieu: mais 
anffi que tous les dons de Dieu,defquels ils 
vfent iournellcinent.leurtourrieronta con- 
Jînation;car il faudra qu'ils en rcndét côte 
de tous. Et lors on trouueraCce qui leur fera 
a bon droift imputé pour vn forfait extre- 
nie, & comble de mefchancete ) qu'ils font 
empire2 a la douceur & debonnaireté de 
J)icu,a laquelle c'eftoit bien pour le moins 
«ju'ils fe deuoyent amender.ll nousfautdôc 
bien donner garde qu'en abul'ant illicite, 
ment des biens de Dieu, nous n'amaffiôs fur 
lin' ce malheureux thrcfor. ^u kur de /'ùf , 
c'eft a dire. Pour le iour. Car les mefchans 
jmalTcnc maintenant contre eux l'indigni. 
tionde Dieu, de laquelle la pcfantcur le 
dclafcliera lors fur leurs teftc^rilsaffemblët 
fecretemcnt vn malheur qui fera lors tiré 
dtsthrefors de Dieu , pour les accabler. 
Or le iour du dernier lui»ement,,eft appelé 
Jour d'ire , quand on parle aux melcnans, 
en lieu que c'eft le Iour de redemptiô aux 
fidèles. SeinblabUment toutes autres vifità 
lions du Scigncur,a l*vu4xou des mclchaas^ 



font toufiours defcrltes horribles & pîtnM 
de mcnace<:air contraire a l'endroit des fi» 
delcs, douces & gracieufes.Et pourtant unî- 
tes fois 8t quantesqueTEIcriture fart m eu 
tion delà venue du Seigneur , & qu'il fap-. 
proche, elle exhorte les fidelesa fe relîou^rf 
en liefle: mais quand ce vient a tournerfô 
proposaux reprouuez.elle neleur propofe 
que frayeur & erponantemont. Celle iour- 
neela (dit Sophonias i.d.iÇ.)eftla iourhc» 
d*ire,leiour de tribiilaiion & d'jngoiU'e.le 
iour de tumulte & defolation.le lout de 
ténèbres & d'obfcurite.le iour de nueesSc 
de brouillars.ll en eft autant dit en Ioel,l. 
a.i..\mos aulTi (chap.5.e.i8) f*efctie,.M'aI- 
heur furceuxqui défirent le jour du Sfci. 
eneur:d.' quoy vous feruira-iP car ce iour 
dn Seigneur cfttenebres 8c non luwiere. AU 
reftd.quandS. Paul adiouftc le mot d» 
Decl.im!im , il donnt a entendre qur eft ce 
iour d'ire, afcauoir quand te Sil^eur ma- 
■ nifeftera fon iugemeiuduquet côbien qu« 
tous les iours i! mCMillre quelques lignes it 
tefmoignages.touteffois jl retient* refer- 
ue la claire & plene manifeftation iufqu'4 
ce iour-la. Car lors les liutes feront oav 
nerts, lors les agneaux feront feparez d'à» 
uec les boucs , & I« fioument fera repurgé 
de l'yuroye. 

6 Si^' rtnJijjrhJcHti.Scc. Pource qu'il a 
affaireaces aueuglej de faii'ftcreaux,qul 
penfcnt que la-malice de leur cœur eft biei» 
couuerte & cachée , pouiueu qu'il y ait au 
deuant ie ne fcay quel fard d'iuures inu« 
tiles & plenes de vcnt:il cft.iblit la vraye 
iuftice des onnures , qui aura lieu deuanc 
Dieu, afin qu'ils ne facent point leur conte 
que ce foit alfez pour l'.ippaifer quand ilï 
apporter6t des paroles Se des fatras, ou dei 
fueilles fans fruit. Au refte.il n'y a pas tan»' 
de difficulté en ce paffage, comme on penfcf 
cômuneemct.Car quand le Seigneur punirar 
d'vne iufte vengence la malice desreprou» 
uez.il ne fera certes que leur bailler la re- 
côpêfe qu'ils méritent. De l'autre part.d'atl 
tât qu'il fanftifie ceux qu'il a déterminé de 
glorifiervn iour.il coutôncra auffi les bône* 
œuures en euximais ce ne fera pour raifon 
d'aucun mérite qui foit en eux Et on ne le 
prouuera point p.ir ccfte fentence; laquelle 
prédit bien quel loyer fera rendu aux bon- 
ncsœuures,mais toiiteffois elle ne dit pas 
que c'eft qu'elles valet, ne quelle recopêfe 
leur appartient. Or la confequence eft mau 
uaiTe, quand il eft parlé de loyer, de conclu» 
re qu'il y a donc mérite. 

7 ^fimi'ijr a {rux ijui ptr fiaiùnrc. te mot 
duquel vie l'Aportrefignifie propremétPa- 
tiéce, lequel emporte quelque chofed'auâ- 
tagc que le mot de Per fcucrancc.Car Pcrfe 
ue race c'eft quâdvn homme connue tou(^ 
iours d'vn train a bien faire,* ne fen lalfe 
pointrmais p.itie'ce auffi eft rcquifeaux fide 
les, par laquelle il^ demeurent fermes, quoy 
qu'ils foyét opprcflcî de diuerf.sientatiôs. 
Car Satan ne les lai.Te pas marcher au Sei- 
gneur a leur aile , & toufiours d'vn mcl'me 
train:mais Cefforce de les retarder par in- 
Dum(rabUtf(andalcs,* les dcftournrrdu 
droit 



A VX ROM AIN S. 



.U -irJ 



lîroittliemin. An refte, qnanil il dit que les pAroledeDieu. Car d'»»eofté «en» qui fgt 

Édeles en perfeuerant en bonnes œuures, apertement mcfthans fc mocqucnt de cefie 

thirihrtit gloire & honneur: il n'entend pas vcriie.de J'jutre aulTi les hypocrites ne fôt 

iMs ayent pour leur but autre chofe linô point de difficulté d'oppofer » l'encôtre d'I 

Seig'ieur.ou qu'ils defitct quelque chofe celle leurs faulTes dcuotions qu'ils ont inué 



Qu'ils ayent pour leur but autre chofe linô point de difficulté d'oppofer a l'encôtre d'I 

fe Seig'ieur.ou qu'ils defitct quelque chofe celle leurs faulTes dcuotions qu'ils ont inué 

rîuJ haute on plus cicellmteque luy.Mait tees.Or l'Apoftre adiouft* que tels rebelle* 

ils ne pcuuent pasle cliercher.que quant & Oirijfrnt a mi'uflice , d'autant qu'il n'y a rien 



^uant ils ne prétendent & (^efforcent de par 
venir a la béatitude de Ton royaume, de la- 
quelle les mots ycl mis contienent vne de 
Icription. Le fensdonc cft, Q^cle Seigneur 
tendra la vie éternelle a ceux qui f'exercîj 
en bonnes oeuures , ont leur regard iiclié * 
^immortalité glorieufc. 

I ctuxtjn! font itrlilo»nt%^,f{C. Ccdt 



de moyen entre deux.que ceux qui n*ont pat 
voulu foiiffrird'cftre.affuiettisfous la Lojr 
du Seigneur.n'entrentinconiinent foui la fef 
oîiude ityrânicde pèche. Et aufl'i c'eftbi^ 
vne iufte recompenfede cefte licence enrai 
gee,que ceux qui refufent obciflace a Dieu» 
foyent faits cfclaues de pèche. Indlgnatlca 
erire.\.e premier mot en U tâgue GrecqnÉ 



tentencc eft aucunement embrouillée ;pre- fignifie proprement vn courroux qui Tcn- 

mierenict pottrct que la fuyte du propos cft flâbe foudain. Au refte.de ces quiltre mot» 

TÔpuc,& ne coatinuc pasrcar le fil de la fen yci misjcs deux derniers font côme les ef. 

tencerequetoit qaele fécond membre des fets des premiers. Car ceux qui fentct Dif U 

deux entre lefqueli il eft fait comparaifon, contraire & courroucé , il ne fepeut fjire 

fentreteinft aucc le prcmier,en cefte forte, qu'ils ne foyent incontinent froilTer & bri. 

Aceuiqui paTperfcntrance enbonnetœu fez. Notonsauffi qu'en lieu que l'Apoftre 



nres chertUentgioire.lionneur & immorta- 
lite,lc Seigneur rcdra la vie éternelle: mai» 
au»côtenticux& rebelles, la mort eternel- 
le.Et qu'a J6cveinft cefte côclufion, Qu'aux 
premiers eft préparée gloire, honneur,& in. 
«orruption.mais asx autres eft referuee ire 
ê( affliâion. Secondement , pour et que ce » 
nots , lniifn4tir:ii,irt, tti'jnUtion ^ ""g''!!' 
fenicnt a deux diuerî membres.neantmoinj 



eufl peu toucher briefuement en deux mot* 
la béatitude des fidèles, & U perdition des 
reprouuer,iI amaffe plufieurs termes pour 
amplifier l'vn îtl'autrc.afin.de mieux eftrî 
1er les hommes,&les toucher p'uiviuemét 
de la crainte de l'ire de Dieu.îc sgutfer en 
euxlc defir d'obtenirgrace par Chrift.Car 
iamais nous ne craignons alTer le iugemene 
dcDieu.finon qu'il nous foit comme n\yi de 



cela ne trouble aucunement le fens: ce qui tiatit les veux parvneviue defcriptiô. D'atl 

j-;^ l;^ /...r^-. '- -r. ■ . i-_ . « _ ^ .n- ' r _.: _: L 



rousdoit biéfuffire es efcrits des Apoftres 
Car fil eft queftion d'éloquence, il la faut 
apprendre d'ailleur'i.y ci fous vu bas ftyle il 
faut chercher la fagencfpirituelIe.Csnfrntio 
eftyci prinfepour icbclliô & obftinatiô ou 
«pinijftrete:d'3utantquefaina Paul côbae 
contre les hypocrites , qui fe mocquent de 
Dieu, fe ftjttans tout a leur aile , Sf endor- 
mans leurs confciences.Parle mot ie ferrite 
il (îgnifie fimplement \a règle de la volonté 
4e Dieu, qui eft la feule lumière de vérité. 
Car c'eft le commun de tous iniques, que 
toujours ils aimét mieux f'afTuiettir» la fer 



tre part auffi nous ne fommes iamais embra 
fez abon efcient d'vnvray dcfir de la viea- 
Tenlr,finon qu'il y aitCpar manière de dire) 
beaucoup de foufflets qui befongnent pour 
efch.iuffcr nos cnrurs. 

9 Du lKif/irfmi>«n!'«r.Te ne doute peint 
que p.-ir ces mots il n'oppofe fimplement le 
Gentil au luifCar ceux qu'il appelle main 
tenant Grées, il les nommera Ge^tilsvn pea 
après. Or il fait yci marcher les Juifs le» 
premiers, comme ceux aufquels deuât tous 
ont eftc addreflees lespromefles fe mena, 
ces de la Loy.-conime rildifoit.Voyci la re 



viiude de pèche, que de receuoirle ioug de gle générale du jugement de Dicu.laquelle 

Dieu. Et qucl'jue beau fcmblant qu'ils fa- cômencera par les Iuifs,& enueloppcra vni 

centd'obeir.ilsne lailTent point touteffois uerfellement tout le monde, 
«le murmurer Strcfifter obftineement a U 

II \C/triinj Afotnt d.\tcceftton desperfànnes enuers Dieu. 

1 1 Car tous ceux qui auront pechèftni la Loj, périront aufji 
fans la Loj:^ tous ceux qui auront péché en la Loj ,Jèront iu- 
gez.p^rla Lojy 

13 [Car ceux quiojent la Loj-,ne fonfpas iufies deuant Diew. 
mais ceux qui mettent la Loj en eff'et,fèront iufitfez.- 

II C4r )/»'jirf/>cmcrf'4cff/ir;on,&c Turques blei de la mort éternelle. les Gentils raf- 

yci il a en général fait venir tous hommes choyent a rexcufer fous couleur d'igno- 

«Icuant le iugemene de Dieu , monftrant a rancc:lcs luifs feglorifioyent du ncmdc U 

l'cpil qu'ils cftoyent tous vniuerrellcmêt loy. Il ofte aux premiers toute tergiuerfa- 

coulpablcs : maintenant il commence a re- tiô & replique.&defpouiUe les autres de U 

datguer fepareement d'va cofte les luifs.âc faui'e & v.iine occafiô de fe glorifier qu'ils 

<ierautrcles Gentils :&monftre quant & prenoyêtll fait dôcyci cômevnediuifiôde 

quant que la ditference qui les fepare les tout le ^.ere huinaf en deuf bâJes Car Dieu 

yns des autres, n'cmpefche point que tous auoit feparc les luilsde tobt le rcfte du mô 

les «eux indi&remmeiu ce fojrent tedsn*- de ; * <^u«tu aux G eut ils di eftuyent tout 



Dr.i«.i/.iT 
J. C'ifo.ij. 

i.7. 

^f.io.(.j4 

'ouj en 
Dieu il 
n' y a 
point 
d'ef- 
gard a 
l'appa- 
rence 
desper 
fônes. 

i/4<.7.f.2. 
Uj.Lli.îl» 



CHap. ïî. 



S VR L'EPI ST RE 



d'vne eôditîon- Maîntenât l'Apoftre môftre tence en cft prononcée long temps y â , Qua 
<jue cefte diuerfite n'cpefche point que touj tous ceux font maudits qui ne demeurerôt 



les deux ne foy ent enfeinble enueloppez en 
vne mefmecondamnation.Au rerte.le mot 
de Perfotine és Efcritures fe prend pour tou 
tes chofes externes qu'on ha en quelque 
cftiine,&defquelle5on fait cas. Q^.tnddôc 
Onviêdraa lire que Dieu n'cft point accepta 
teur des perfonnes.il faut entédre par cela, 
qu'il regarde la pureté du cœur&l'inno 
cencc intérieure, & neTarrefte point aux 
«hofes qui ont accouftumé de venir en côte 
entre les liomincscôine le lignage.le pays, 
le credit.les biens>& choTes femblables: cô 
meyci acception fe prend pour chois Se 
«fgard qu'on ha entre nation & nation. Si 



en tous Icscô mandemens d'icelle.Deu.l7.(l. 
lS. La côdition donc des luifs eft beaucoup 
pire, qui ont défia leur condamnation ea« 
regiftreeenleur Loy. 

i; Car ceur ijui ùyet /.< ty .C'eft Tne antjcl 

ratio par laquelle il preuient la defenfe que 
es tuifseulTcnt peu allcguerpour euxCar 
pource qu'ils cntendoyent dire que la hof 
eft la règle de iuftice ,ils fe glorifioyent d« 
la feule cognoiflance d'icelle.Or pour moi» 
ftrer leur refuerie, & les débouter de ceft» 
vaine confiance, l'Apoftre dit que d'ouir la 
Loy.ou d'en auoir l'intelligence, ce n'eft 
rien.pourdire que par cela vn hômepuiffij 



On vouloit cauiller là de(rus,& dire qu'il alléguer fa iuftice deuant Dieu j mais qu'il 

Penfuyt donc que l'eleftion de Dieu n'eft faut apporter les œuures.fuyuât ce qui eft 

point gratuiteàl faut refpondre qu'il y a dit ailleurs, Qui aura fait ces chofes, viur* 

«ouble acception del'homme deuant Dieu. en icellcs.Deu 4.3.1. Ainfi dôe cefte fentéce 

1.3 première , par laquelle nous ayant ap- ne fignifieautte chofe.finô que fi onchercka 

pelez de neant.il nous reçoit & adopte par iuftice par la Loy.il faut accomplir la Loy: 

ia bonté gratuite.veu qu'il n'y arien en no- pource que la iuftice delà Loy côfifte envi» 

ftre nature qui luy puifle eftre agréable, !c parfait accôpliflemét d'œuures.Ceux qui a. 



approuué de hiy. L'autre , par laquelle , a- 
pres nous auoir régénérez , il nous accepte 
auec fes dons qu'il y a mis , & iette.fon re- 
gard fauorable fur l'image de fon Fils , la- 
quelle ilrecognoiftennous. 

lî Car tctii ceux qui auront Jifchefitiiifiy, 
Suyuant la diuifion que i'ay dite, il Paddref 
fe en premier lieu aux Gentils ,& dit que 
combien qu'ils n'ayent eu aucun Moyfe 
qui leur publiaft & eftablift la Loy de par 



_ ufét de ce partage pour eftablir la iuftifica 
tiô des'œuutes.fôt bic dignes que les petis 
enfansmefmes fe morquct d'tux.Sc les mô 
firent au doigt. Et pourtant c'cft folie & 
vne chofe hors de propos , d'entaflcryci do 
longues queftions touchant laiuftification 
pour defmcfle'r vne cauillation fi friuole. 
Car l'Apoftre parlant aux luifs, infifte feu- 
lement fur ce iugement de la loy , duquel 
jl auoit fait mention, Afcauoir qu'ils ne 



le Seigneur.cela touteffois n'êpcfche point peuuéteftre iuftificz par la Loy.finô qu'ils 

qu'en pecliant ils n'attirent fur eux vn iufte accomplilTent la Loy : & que PiIs ta tranli 

Iugement de moit:comme f'il difoit que la greftent.malediftion leur eft incontinêt ap- 

cognoiftance de la Loy efcriten'eft poîtne- pareillee. Or quant a nous.nous ne nions 

celfairc pour faire que la côdamnatiô du pe pas que la Loy ne conticne la règle de par- 

eheur foit iufte . Or regardez doncques.ie faite iufticcimais d'autant que tous hom. 

vous prie, quelle caufe veulent démener mes font trouucz,& conuaincus eftre tranf- 

ceux.lefquels par vne mifericorde defreglee grefteiirs d'ictllc.nous difôs qu'il faut cher 

& mal entendue tafchent fous couleur d'i- cher vne autre inftice. Et mefines loutao 

tnorance d'exempter du iugement de Dieu contraire de ce que difent nos aduerfaircs, 

fes nations, lefquelles n'ont pas la lumière on peut conclure de ce paffagc , Que nul 

del'Euangile. Tom <<■««, &c. Comme les n'eft iuflifié par les œuures. Car fi nuls ne 

Gentils fe laiflans mener par les folles fan font inftifiez par la Loy, finon ceux qui ac- 

tafies de leur ftns, f'en vont trcbufchans en compliflent la Loy ,il f'enfuyt qu'il n'y en 

la folfe de perdition, ainfi quant aux luifs, a pas vn iuftifié,d'autant qu'ô n'en trouuera 

fans aller chercher gueres loin , ils ont la point qui fe puifl'c vanter d'auoir accompli 

loy deuant eux qui les côdamne: car la fen la Loy. 

14 Car '^eu que les Gentils t^m n ont point la loj,font na- 
turellement les chofes ojut font de laLoy.tceux najans f oint la 
Lojyfontloj a eux-mefnes. 

iç Comme ainf fit eittils monfrent tœtiure de la Loy 
efrite en leurs cœurs, leur confcience rendant fareillement 
tefmoignagc , ^ leurs penfies entre elles faccufans , ou aujfi 
pexcufinsy 

i(, Auiour ejue Dieu iugerales fecrets deshommes félon 
mon Euangile^far lefhs Chrijl. 

14 C4r jKf»''''" Genf///-. Il rcuicnt mam fc contente pas de nous condamner en vu 
tenant au premier membre de la diuifion, mot, & de prononcer le iufte iugcmcntde 
S «diouftc U probacion'd'iccluy . Car il ne Cicu a rencontre de oous:mais il tal'chc de 



AYX ROMAINS. 



«r 



•ou< te faire entendre par riifon!, en forte 
^ue nom nous rendions vaincus , afin (ju'il 
nous rclueiUe mieux a délirer & aimer 
ChriftCar il prouue que le» Gentils ne gai 
gnent riea d'allcguerignorance pour leur 
«xcufe.veu qu'ils monftrent par leurs afteî, 
qu'ils ontquel^ue règle de iufttce Car il n'y 
eut iamais nation fi barbare 8f cflongnee de 
toute liumanite, qui nefe foit rangée fou» 
quelque forme de loix. Corne ainfi foit dôc 
cjue toutes nattons d'cllcs-melincs, & fan» 
eflre aducrtics d'ailleurs f'jddonncnt a fe- 
fèablir des loiï, on voit clairement par là, 
qu'il y a quelques certaines premières con 
ception* Je iultice & droiture imprimée» 
•naturellement es efprits de» liômts.Et pour 
tant on peut bien dire qu'ils ont loy fan» 
I.oy:pource que côbien qu'ils n'ajrent point 
la toydc Moyie cfcrite .touteftois iisne 
font pas du tout dc-pourueus decognoiflâce 
de droiture & cquite. Car autrement ils ne 
pourroyent pasdilcerrer entre meCchâcetc 
et verturdelquellcs 1.1 première ils répri- 
ment par punitions, & mettct l'autre en efti 
me.&l approuuans par leur iugement.ils la 
recôpcnrent,& luy ordonnent loyer honora 
ble. Il oppofe N..fiiire a la Loy efcritc.entê- 
dantpar cela que lesGentils ont quelque 
lueur naturelle de iuftice qui leur efclaire, 
laquelle en ceft endroit tient le lieu de la 
Loy qui donne Inltruftionaux luifs : telle- 
ment i{ue par ce moyen le» Gentils font 
loy a eux incfmcs. 

I? lf/f(»f.'j mciiflrrt ranurt Je U Icy rfiriie. 
Ceft a dire, donnent a cogioiftre qu'ils por 
têtcgraué en leurs cœurs vnauis &iugcmft 
|>ar lequel ils difcerncnt entre le tort V le 
dfoift, entre lioneftete&vilenie.Car il n'etéd 
pas qu'ils ayet cel.i imprimé enleur volôte, 
lellement qu'ils f'y addônec & y appliquée 
leurafTci5ti6:mais pource que la puiflâcc de 
Ycritc les prclfe fi viucment, qu'ils font cô- 
traintsde rapprouuer. Car pourquoy ordô- 
•icntils des loix concernans la religiô, finô 
d'autant qu'ils iugent bien que Dieu doit 
eftre lerui &lii)nort»Poarquny ont-ils liôtc 
de paillardcr &defrobcr,finô d'autât qu'il» 
eognoiffent que l'vn & l'autre cft mal f iit> 
Ceft dôc hors propos de prendre occafion 
fur ce partage , de magiifier le puiiTance de 
noftrevolôtc:cômc fi S- Paul difoit que l'ob 
feruatiô de la Loy fuftennoftre puiflancc; 
VlU ^u'il parle feulement de la cognoilfâce 
de la Loy , & nô p.i» de la puill jnce de l'ac- 
eomplir. Et aulfi le mot de Caur ne feprêd 
pas yci pour le fiege Se le lieu où gifent les 
affcdiôs:mai$ fculcmét pour i'cniendcmêt; 
cômc en d'autres partages. Le Seigneur ne 
nous a point donne cœur pour cognolftre, 
Deu.39.a.4.1tc,0 t'ols&tardifs de cœur a 
croire. Lu. 24 d.iS.D'auâtage ilne faut pas 
recueillir d'yci que les liômes ayét plene 
cogiioiflance de la Loy .mais l'eulcinct qu'il 
jr a en leurs efprits quelques impreffiôs de 
femence de iultice:c6me il appert en ce que 
tous peiiples.autât les vos qi;e les autres, or 
dôncnt quelque forme de religiôipuniiTenc 
par leurs loix adultere.larrecin.jk meurtre: 
•Aimét &rccomiaaaiic(âileiuc & loyauté 



es côtrat».inarcliâdire«,llr autre» afaircs qii< 
les homes ont les vn» auec le» autre». Car 
en cela ils monftrét qu'ils ne font pas ijno- 
rans qu'il faut feruir Dieu:qu'adultere, lar 
recin,& meurtre fût thofes mauuaifes;que 
preud'liômie&droitureeft louable. Et quâc 
a cela.c'eft tout vn quel ils imaginent Dieu, 
ou comblé de dieuX ils fe foi gcnt : il fuffit 
qu'ils entendét que Dieu eft.St qu'liôneiirgf 
feruice luy eft deu. Ceft toutvn auffi f'il« 
permettêt de conuoiter la femme d'autrujr, 
ou la ponvnîon.ou quelque autre cliofc.f'ili 
diffimulét râcune & haine fans les punir. 
Car ce qu'ils cognoitfent eftre niauuais a fal 
re.ils doyuét fcauoir qu'il ne leur cû nô pi» 
permis de le conuoiter. jfiieccr qnr /^ur nit- 
fcirntr.Sec. il ne pouuoit pas les prelfer plut 
viuement que parle tefmoignage de leur 
propre confcience, laquelle vaut mille tef- 
moins. Les home» fe (ouftiennenii eonfo- 
lent.quâJ la confcience leur rend ce tefmoi 
gnage qu'ils ont bien fait , & fc font portez 
vcrtueufcmcnc. Au côtraire.quand ils fe fen 
tent coulpable» en leur» confciences.ce leur 
eft cômevne géhenne qui les tormeme. De 
là font venues ce» fe ntcnces qu'on trouue éï 
liurcsdcs autlteursPayés,Qne la bonne cou 
fcicnced'vn homme luy cft comme Vu beau 
théâtre grâd& fpacieux:& que la mauuaifs 
confcience cft vn terrible bourreau, qui tor- 
mcntc les mcfchans plu» cruellement que 
toutes les' Furitsqu'on fcauroit fongcr.Les 
hommes donc ont quelque intelligence natu 
relie de la Loy.laqucUc intcHigi-ncc lesen- 
fcignc & leur die en eux-mcl"mesqu'viic cho- 
fe eft b6ne,8f l'autre diteftablc^u rcfte,no- 
tons cornent il defcrit proprcmêt Se dç bonc 
grâce la confcicnccquand il die qu'il no' 
vienten l'entendcmct des raifons par IcfqucI 
les nous défendons & maintenons ce qui eft 
droitement fait:au coneraire , d'autres qui 
nous accufenc & redargucnt de nos mefcliâi 
sues. Or il rapporte ces raifons ou moyens 
d'.iccufcr & de dtfédre,./^u iour du Seigneur: 
non pas que lors fciilemêc elles doyuent cô- 
nicncer a le monftrcr.vcu que dés maintenât 
elles bclongnent fans ccflc, \ font leur office 
mais pource que mefmement encorcs lors 
elles auront lieu , & le fcroi\t fcntir:& pour 
tant,f|Ucperlonnc ne fe donne congé de n'en 
tenir conte.commefi c'eftoyent cliufes friuo 
les , & qui l'eluanouilTent en l'air. Lemoc 
,Xk >:i<r,vaut autant que Pour le iour:com- 
mc nousauons yen ci deifus.au verfetsde ce 
chapitre. 

1 6 ij«f Dieu rusera lei fecrett Jei lummet. 
Ceft Vne circonlocution du iugemét.laquel 
le conuient fort bic au propos cju'il traitte, 
afin que Ks hommes qui fcroyent contés id 
f'cdormir en leur ftupidice,3 ce c;u'e!lc leur 
feruift u',necachette,fcacelint que et» pcn- 
fees tant leerctcs,& qui font cachées fi .-.i.âc 
au plus profond de leurs cœiirs, vicrdrqrj 
lorsen lumitrc. Cômc en vn autre palfîgc, 
quand il veut moiiftier aux Corinthicsque 
ce l'.'cft rien de tout le ingénient des hom- 
mes, lequel farrcftc es choies externes , i a 
l'appaiéceqji eft par dehors,! Icnrditcju'il 
£aHC attcdre iufqu'a ce que le Seignout vi^ 



*let Puttt 
Payeur c»t 
imtiirr 7W 
t*t-fleyet fier 
Je'eflee, /ef. 
ijue/Ui Jnit 
ie, icnhei 
dntentet im 
leur, mlint 
fKiH-.yhftt 

^«/ sn>ye*» 
l'.mh ^uel. 
que mefclilt 
jltr,irt»ur 
nll.tnr A»* 
tonr il'eni, 
lei ejfjtn- 
cl:cyël i^Hf 
menttyene 
inicjT'imeHt 

uerAuimti 14 



Chap. I T. 



S VR L'E PI STRE 



Jie, lequel erdaircira les cliorcj caclieeî eft nôiv.é partie de rEuangîIe. Carlî.iinff 
des tciicbr«s& maoïfeftera les côTeils des eft que l'effet & raccomplintment de» tho- 

copurs, 1. Cor 4.1.5. Qu.ind nous oyons ceci, '■--•;" /i _.r — ? -...r 1, _i. 

qu'il nous fouuiene que nous fonunes admo 
ncftei de mettre peine d'auoir ceHe pureté 
de cœur, & rondeur de confcience , fi nous 
voulons eftre vrayement .Tpprou'iez dcuant 
noftrc luge. Il aiiioufte.S.-A« ma Euttti<^:l,:(i- 
gniôant qu'il apporte vnc dottrine, a laqucl 
Je le fenrinicnt que les lionimes ont en f ux- 
niefmeSj& qui leur ert engrané n;itiirelîe- 
ment,rera contraint d'accorder. Il l'appelle 
ficn.pourcequc IciiTiniftere.c'tft a direl'ad 
jniniftration luy en eftott commifcll n'y a 
que Dieu feul qui ait cefte a.uhorite de fai 
te rf.uangilc; les Apoftres n'eu ont que la 
dirpenfation feulement, C|Ui leur a efte don- 
née. Au rcfte , il ne Ce faut pasefbahirfi la 



fts qu'il promet eft referué iufquesala pic- 
ne reutlation du royaume celcfte.il le faut 
necclT.iirement conioindre aucc le iugemêt ■ 
dernier. D'auâtage.Chriftne peut cftte pref 
cht quccencfoit a la rclurrcftion d'aiiciïs, 
& a la ruine des .lutresilefquellesdeux dit» 
fcs apparticnent au iour du lugeinent.Qiiât 
a ce mot Parlcfur Chii'fl.côhiei que les au- 
tres ne foye't pas de cefte opinion, ie !e rap» 
porte au iugement.en ceftns , Que le Sei* 
gncur exécutera fon iugcnie't p.ir Chrifticar 
c'eft ccluy que le Pcre a ordonné iiige des 
vifs .t des morts: ce que tes Apoftres ont 
toufiours mis entre les princ'paux articles 
de l'Euangile. tt a le prendre ainfi, le pro- 
pos fera de plus gnnd poids , lequel autre- 
ent pourroit fembler maigre. 



publication &l'jduertifreinent du lugemér, 

Sm/ J4.4. ly Vbjci tM es (krnomme Itiif, F^ ia^pijes en la Ley , 5 ^ 

te glortjies en bien-, 
»ou ap- 18 Et cognoù (]t 'Volonté-, ^ ' affrounes les chojès bonnes^efiant 
prou- tnflru'/tpar la Loy, 

ues les 19 Et te cuides eflre conduEteur des atieugles •, lumière de 
chofes ceux tjHt font en tenebresy 

excelle ^-o InftruEleur d.es ignorans-,en(èigneur des idiots-, ajantXla 
tç_z,Qyx^ forme de cognoijfance f^ démérite en la Loy. 
Scais "^^ To^ donc cjHt enfeignes autrtiy T tune fenfeignes pas toj- 
difcer- n^efme: cjui prefches qtion ne dottpotnt defrobber-^tH deÇrobhes. 
ner ce 2.1 Çtîi dis ef m on ne dott point commettre adultère, tn cornets 
q ui eft ^dultere-.ajanren abomination les images , tu fait s facrilege. 
côtrai- ^} FtteglorifantenlaLoj-,tH defbonnoresDictipar latrîtp 
,.g greffon de la Loj: 

'C l'ap ^4 Car le Nom de Dieu eflblapne a caufe devons entre les 

Centilsi\ comme ile(le(crtt 



pare ce 
ou la 



17 f-'nri tueifHriiimniè luff. Aucuns cicê- 
pltiires anciens ont, Mais fi tu es nôiiié luit: 
»^.^/l..._.laqnclle leûurc ie trouueroye bic meilleu- 
're,l^ elle eftoit aulTi communément rcccue: 
I/.(.S2 6.$. mais puis que la plus grâd part dcscxcplai 
reîy contredit. & que le fens ne laiffe pas 
d'eftrcbonautrement , iereiienla leflure 
ancienne. Or ayât defpefclié la cau'c des 
Gentils,!! reuient maintenant aux luils: & 
afin de rembarrerplus viuenient toute leur 
anteric il leur .iccorde toutes Us cliofcs 



d.2i 



nommezifinon que pour certain c'a efte de- 
puis 1.1 difjierfion.Iofephc au liure onzième 
des Antiqnitcî.pêfc que le nom a eflc prit 
fur ludas Machibee,p.ir la conduite duqud 
la liberté d> ce peuple & leur efiat Htnrif- 
rant.ayâî efteafliez 1. ng têpsefteint & prefq 
cnfeucli.fut aucunement remis fu> Or cnnj 
bien que ie voye cefte opinion eftre afTe» 
apparente Se vray-feirblabIc,tt)Urcffoisf*ll 
V en a aucuns qui ne f"cn contentent, i'.ime- 
ner.iy auffi de moy vne autre cnnieâure. 



deiquclles ils fenfloyent & edcuoye't.Puil il me feinblc'vray-fcmblablc qii'eftâs toue 



après il monftre comblé il fen f.iut que ces 
chofes fufti('ent a ce qu'il-; puilfent fe glo- 
rifier a la veritcrSt mefmes .tu contraire cii 
bien ellcsleiir tournent a grand deditineur. 
Sius le mot de lK'f,il comprend toutes les 
prerogatiucs de leur n.ition , lefqiiclles ils 
prenoyent en la Loy & es Prophètes, & l'en 
couiiroyent fauffement.Il entend donc tous 
ifraelites.qui pour lorseftovcnt tous indif- 
féremment appelez luifs. AU rcfte, on ne- 
fcaurolt pal biédire a la vérité, quel teps 



dcfarroycz Si comme dti7Î9Urez par t.ït de 
calamitez, rudes fccoufles.Si duiers cSange- 
mens qui leur eftoyent arfiicnus.jls ne pou- 
linvent mefine retenir X; g.irder vue certai- 
ne diftinftioii entre Iiars lignées , comme 
ils auoyent fut toufioursauparauant. C.^r 
le dénombrement ne fe pouuoit pas faire 
en fon lemps, & la police ne duroit plus en 
fon entier , laquelle eftoit ncccflaire pour ' 
entretenir vn tel ordre:* eft.îj difperler ci 
f< lA.ils liabitoyent en diuevs p,iys;d'auar>- 



ilj cgmencercut prtiiiicrcmeiit «l'cftrç aiiifi tagc eftans tous rabbaïuj pai plufieuts efclâ 

dre* 



A V X ROMAINS. 



t8 



Imflfnepfeneyentpa? defi pre< girde a 
rfcduire leur généalogie & lignage.kc enco 
Te qu'on ne me vueilTc point accorder qu'il 
cntuftain(ï , touteffon on ne pourra nier 
<|ne la confunô li les troubles fi gris qu'iU 
eftoyent.ne les menaceaflet d'vn tel digcr. 
Soit donc qu'ils .iyrc voulu prounoir a i'ad- 
uenir.Sf aller au deuant.ou bien remédier 
au mal defu aduenu:ic penfe que tous cnfé 
bit (é font renômez du nomdc la lignce.en 
laquelle la pureté de la religion eftoit de- 
meurée pi' lôg téps.laquelle aulfi auoitvnc 
tnguliereprogaiiue pardi.fl°u<touies les au 
lres,& de laquelle on attcndoit que le Ré- 
dempteur fortiroit.Car les cliofes eftâs del'- 
«Cpcrees Se a l'extrémité, c'tftoit leur refu- 
ge de fe côfoleren l'attêtc du Mcffns Co- 
rnent qu'il en foit.en fc renômant Iuîfs,ils 
{t dctfarojrent eftre héritiers de l'alliance, 
laquelle le Seigneur auoir contraftceaucc 
Abralii & fa ("cinence. Ei l'jJ'fKyrr en U /;;>, 
^te^iiiiflei. il n'entend pas qu'ils fe foyct 
arreiîez a l'clludc ou méditation de la Loy 
appliquans leur cœur a robferuaiiô d'ictl- 
le:niais pluftuft il leur reproclie queue re- 
{ardans point a quelle fin l.i Loy cftnit dô- 
nee.jc (ans fe foueier de robferuatiô d'ictl 
le, ils f« confioycnt feulement en cejte pcr- 
fuafîon,que les oracles de Dieu leur cftoyét 
addre(rcj,& f'enteimyent bien fiers. Sebla- 
4>Iemcntils fe glon/ioycnt de Dieu, nô pas 
a la façon que le Seigneur cômandepar le 
Prophète Icrcinic.au chapitre 9 .g i4,afca- 
Uuirqu'enâs humiliez & abbatiis en nniis- 
mefnics.noutclicrcluôs r.oftrc );loirc en Iny 
(eul.Mais fans aucune cognoillâcc de la bô- 
le de Dieu, par vue vaine v.interie ils rtnô- 
tnoyent pour leur Dieu peculier, ctiuy du- 
4juel ilseftoyent vnydcscn leurs coeurs, & 
ic glorifioyencd'eftre fon peuple. Cela d»c 
n'cfloit pas vnc fainâe façon de fe glorifier 
procédante du cœur, mais vne Tantcrie qui 
nevenoit point Je plus auant que du bout 
«le la langue. 

18 Ettoj^niiifj yt'ùmte,(^ jpfrtKiitt /irth) 
ferliinnfi.l] leuraccoide niaimcnant l'intel 
ligcncc de la volonté de Dicu.& l'auis d'ap 

Îrouuer les ehofcs vtiles & bônes a faire, 
equel ilsauoyét acquis parla doûrinede 
la Loy. Or il y a double façon d'.ifiprouucr: 
l'vne qu'on peut nômer d'tlcftii.ainfi que 
parlent les Latins:aicauoir qiiâJ nous eiii. 
vrairons & fuyuonsce que nous upprouiiôs 
pour bon.-l'autrcdc iugcment,p.ir laquelle 
ia foit que nous difctimons le bien d'auec 
le mal , toutefiois nous ne nous ctTorcons 
point ou addonnons a l'enfuyurc. Les luifs 
doc eftoyent tellemét inflruits & fcauis en 
U Loy, qu'ils pouuoyent bien cenfurcr les 
mixurs , nuis d'examiner Si con-.p.ilfcr leur 
♦ie a ceftc regleSe ccnliirc , ils ne Pt-n fou- 
cioyeni pas beaucoup Au rcllc,puit que S. 
Paal taxe feulement leur hypocnfic,onpc ut 
Tccucllir au contraire que lorsnn approuuc 
droitemcnt ainfi qu'il faut les cliofcs bônes 
quand on donne audience a Dieu , poiirucu 
^ue le iugeme't procède d'vnc jlft^iô pure 
(c non Icintc. Car fa volonté itlle qu'elle 
•OUI cft déclarée ea U loy, tùyci ctt jbUe 



cômeaddrclfe & maiftreffepoar enfêigne» 
le» hommes a faire vnc droite prgbaiioa 
& iugement des chofes bonnes. 

19 El itruiJci. Il leur accorde eneoro 
plusrcomme Pilf auoyent de la cognoiffâca 
lion feulement alTeî pour eux. mefmcs, mai» 
aulTi.par manière de dire, pour enrichir les 
autres. Il leurattribue.di-ic.tant de doftri- 
ne qu'ils en pcuuent mefmc fournir les au- 
tres. Ce q Cciuyt.yfyt U ferme de ce^naijfice: 
ic le pren pour la raifonSc ciufc du prece- 
dcnt;tclUmcc qu'il le faudra refoudre ainfi 
Pource que tu as la forme. Car ce qu'ils fe 
vantoyent d'cftrcdofteurj des autres, c'e,- 
ftolr pource ciu'il fembloit qn'ils euffet de- 
dans leurs telles tous les fecret» de la Loy. 
te mot de ferme ne fe prend pas pour exem- 
plaire ou patrd Se reglcrcar S. Paul n'a pas 
mis le mot r)/>»/,quieftoit propre pc.nrfigni 
fier cela, mais il en à pris vn autre, afcauoir 
}H:.-fJ,:f,:Si pourtant ie penfe qu'il a voul'* 
exprimer vnc parade ou grande monflrc d«! 
doftrine.ce qu'on nômcccimmunciment Ap 
parence. Er de f.iift,il apper: qu'ils eftoyent 
vuydes de la fcicncc di- l.iquelleil fc van- 
toycnt..\u rcftc.S Paul fc mocquït obliejue 
ment du peruers.ibus delà Loy,môftie d au 
trcpart que pour aUoir vne droite cognoillî 
ce lanucUe nous inftruife plenement en l« 
vérité, il f.-,ut venir a la.Loy. 

ît Tiy dmc qui infeignerduimy Côbien q 
les litres de lou.inge qu'il a reçue? iufque_S 
y ci pour les Ii:ifs,eftoyencb:en tels qu'a bô 
droift ils leur pouuoyét bien tourner a grâd 
honneur , pourueu que qitât 8e quât les âu'- 
trcs chofes principales ne leur eulfêr point 
défailli. Toutcffnis pource qu'ils rôfirtoyêt 
en des grâces qu'on appelle Moyennes oa 
Indifférentes , c'eft a dire qui peuucnt eltre 
en des iniques, & eftre corrompuees par va , 
abus peruers,ils n« font point fuflifâsa ce 
qu'ô en puilfe prcdre vne vraye gloire. Mai» 
S.Paul nô côte't d'auoir deftourné & réfute 
leur arrogâcc,d'.iutâtqu'iK fc côlîoyentea 
ces beaux litres fcuUme't, leur en rebaille 
fur la teftccôme ô dit.môftrâemcfme qc'eft 
a leur grand'honte qu'ils les allèguent. Car 
ccluy qui ayât des dons de Dieu fingulier» 
Je excellens d'eux-mcfines, non fculeinene 
les rend inutiles, mais les corrompt & (ouil 
Icparfaperuerfitr , cft bien digne de granii 
vitupère 3c opprobre kt cclluy-U eft mau- 
ujis confeiller.lequel ne prenant pas le cô- 
feil.pour foy-mefme,n'en fw.iit (inô piur Ici 

autres ^î."/' ■/"■''" 7"'^" "' ''""/""" '''^"t* 
ier II femble qu'il t.ice vne allufion au paf. 
fagedu Plc.umic io c lû.Dieua dit au mef- 
cli.int,Qi('as-tu que faire de racoiiter me» 
ordonnâces,& de prendre nio'> ulliâce en ta 
bouclie>ruhais correÔio:i,& as ictie nie» 
paroles derrière toySi tu apper cois Vn lar 
rô.foudain lu t'accordes auec luy.Se ta por- 
tion cft aucc les adultères. Or c'eft vncre- 
prclienlion bien aigre:Iaquellc comme ctU 
|"'addreir<iic i.-.dis toiiire le- luif> .(ui le glo- 
rifias de la feule intelligence dcl.i 1 oy . ne 
viuoye't de riennueux q iMs L'euiTent point 
eu de Loyaufiino' faut il biê gaider qu'au 
ioutti'Uuy «U* i\« fou wmencc concr» nou)» 



Chap. II. 



SVR L'EPISTRE 



Et de raîft.elle ne conuient que trop a pln- 
ficurs,qui fe vantanj «l'auoir vne g^âiJc co. 
gnoiflance de l'Euangile , font neantnioins 
del'bordez en toute vilenie.comme (i l'Euâ- 
gilc n'cftoit point la règle de biéviurc. Afin 
donc que nous ne nous ionyons point fi alTcu 
reement aucc Dieu , qu'il nous fouuicne de 
quel iugcment & coiidamnaiion font mena- 
tez tels grans bjbiUars.qui ne fcauent coin 
ment monftrer qu'ils entendent la parole 
de Dieu , finon en louant du plat de la lan- 
gue, comme on dit. 

al ^y.tat en ahminaiicn lt$ inigit. Il 
ramené fort bien a propos Sacrilège en par- 
lant d'ldoIatrie,comine eftans chofcs côpri- 
fes fousvn iriefme genre- Car Sicrilege fim. 
plement pris.n'cft autre cliofc que profana- 
tion de la maiefte Diuine.Ce que mefmc les 
Poète» Payensont aucunement entendu: 
car fuyuant cela Ouidc au troifieme liure 
Ai (i Metamorphofc appelle Lycurgus facri 
lege.pource qu'il auoit mefprifc le feruice 
duDieu Bacthus: &au liute des Faftesil 
appelle Mains lacrileget, qui aucyét fait ou 
trage a la deeflc Venus- Mais pource que les 
Gentils attaclioyent la maiefte de leurs 
dieux a leurs idoles & images , il* n'ont 
appelé Sacrilège, finonquâd quclqu'vn auoit 
defrobbé quelque cliolc dedise& confacrce 
aux Temples, efqutls il leur fembloitque 
toute la religion confiftoit. Comme auiour- 
d'huy es pays ou la fuperftitiô règne nu lieu 
de la parole de Dieu, on n'y (cait point d'au 
tre facrilcge que d'auoir pillé & fouftrait 
C)uelque cïiofe du threfordes Teples.pour- 
ce qu'ils ne recognoiflent Dieu.fmon is ido 
les & images; ne religion , 'finon en la 
■ romptuofice & ornemens pompeux. Or nous 
fommcs yci admoneftez en premier lieu.de 
ne nous complaire point en nous-mclmes 
auec mefpris des autres,pour nous eAre ac 
quittez de quelque partie de la loy.Ena- 
pres de ne nous glorifier point tant , de ce 
que l'idolattie externe eft oftee du milieu 
de nous, que cependant nous n'auifions fon- 
gneulement d'exterminer & ariaclicrl'im- 
pictc cachée au dedans des cncurs- 

ïj Vt te gUr liani m U iij. Ccmbien que 
tous tranlgrclTcurs de la Loy dcflionorent 



Dieu.veu que toushômcs Tont mii lU mos 
de a c(fte condition de le feruiren iuftice St. 
faiiidete , touteffois c'eft a bon «Jroiô que 
S. Paul accule en ceci fpecialemct le» luift. 
Carfe vantans d'auoir Dieu pour leur Le» 
giflatenr,&:cependant ne mettâs nulle peine 
de former leur vie lelon fa règle , ils don» 
noyct aflez a entendre qu'ils ne tenoyêt pas 
gr and conte delà maiefte de leur Dieu.la- 
qnelle ils mei'prifuyent fi aifeement- Côme 
encore auiourd'liuy ceux qui babillent tans 
a leur aifc de la d arine de Chrift,laquell« 
cependant ils foullent aux pieds par leur 
mefchante vie & conuerfation defbanchee, 
on pourra bien dire qu'ils deOionorent le-» 
fus Chrift parla trangrelfioj de l'Euâgile- 
24 Car/e mmiif Piru. le pcnfe philîoft 
que ce tefmoignagc cftprisdn j5 chip-d'E» 
zechiel,d.2^,quenonpasdu 52 d'Ifaie : car 
en Ilaie il n'y a nuHes reproches faites ail 
peuple : & ce chapitre OiUC ie di d'Exechiel 
enefttout plein. Au refte , aucuns penfenc 
quecefoityci vn argument du plus petit 
au plus grand. en ce icns. Si le Prophète a 
eu bonne occafion de crier contre Us luif* 
de fon temps.dc ce qu'a cjufe de leur capij 
irite la gloire & puillance de Dieu eftoit en 
mocqutrie aux Gentils , romme f'il n'cuft 
peu maintenir le peuple qu'il su.iit pris en 
fa proteftion ; beaucoup plus peut on dire 
que vous ne feruez que d'opprobre & defbô 
ncur a Dieu, pource que (a religion eft drf. 
famée & blafmee , d'autant qu'on en prend 
leiugement a vos mcrchantes mcpur». Le- 
quel fens comme le ne rtiette point , auflS 
i'aimc mieux en prendre vn autre plus fim» 
ple:c6me d TApoftre euft dit. Nous voyons 
que tous les vitupères & opprobres du peu- 
ple d'ifrael retombent fur le nom de Dieu. 
Car d'autant qu'il eft nommé & eftimélc 
peuple de Dieu, il porte le nom de Dieu cô- 
me engrâcau front:doni-il ne fe peut faire 
q par fa turpitude, Dieu.dunom duquel il 
fe v.inte,re foit aucuneroét deflionorê entre 
les hommes. Et voyia vnecliofe par trop 
infupporrabie , que ceux qui empruntent 
leur gloire de Dieu, donnée vne note d'igno 
minie a Ion nom f.Muft & facré.Car c'eftoit 
pour le moïs.de luy e,, faire autre recôpêie. 



15 Car ^raj efl efue U Circo):cifton eft p-otiftM&iJî tu g^tr- 
des la Loj-.ma/sjt tH es tranfgrejfcur de la Loj , ta Circoricifan 
dénient Prépuce. 
* C'cft ^<' Sf donc lc\ Prépuce garde les ordonnances de la Loj ifin 
% dire prépuce ne luj fer a-tl point réputé pour Circoncijton ? 
l'home ^7 Ef fie Prépuce ifutefl de nature^gardc la Loj^ne te iuge- 
ra-ilpas,toj , qui par la letre ^ Circonc/fion es tranfgrejf'eur 
delaLoj? 

z8 Car celuj n'efi point luif, qui F eft par dehors : ^ celle n'ejl 
point Circonojton^qui eft fa/h par dehors en la chair: 
C/,.3.t. 11 i 9 -^'^^ ^''^«J ^ft ^'^'f 1»' ^'^fl '*"■ ^^^''"^ ï ^ ^^ Ctrconcifon 
e(i celle qui eft du cœur en cfprit, non point en la letre: 



AVXROMAINS. îf 

U toUJtige de Uauelle ne vient foint des hommes , mal* de 
Ditu . 



15 Cdr ytjy eft 'jur !j Circtn'IfiM r/l pr^uf- 
ttklt. Par'vnf manière d'anticipation il <le- 
mefle Ie« repliquei que lei Iiiif^ pouuoyct 
alléguer au contraire pour dcfcnrc de leur 
caule. Car fi la Cireoncifian eftoit le figne 
de l'alliicc du Srigneur.par laquelle le Sti- 
gneur auoit choifi pour (on héritage & peu- 
ple peculier Abralum & fa remcncc, il fem- 
bloit qu'iW auoyenc bonne occafion de T'en 
glorifier. Mais ponrcc que lailf.in^ la vérité 
dufigne, ih f'arreftoyent a r.idminiftration 
externe d'ictluy , l'Apoftre refpond qu'il ne 
faut point qu'ils T'atiribucnt rien a Ciur. du 
ligne nud. La vérité de la Circoneifion con- 
flftoit en la promcfTe rpirituclle , a laquelle 
la foy eftoit requilc. Les luifs ne fe Tou- 
cioyent de l'vn ne de l'autre, afcauoir ne de 
1» promeirc ne de la fny. leur côfiance donc 
eftoit folle Sr vainc. Ce qui cft caufc que 
l'Apoftre voulant accommoder fon propos 
a leur erreur lourd & greffier , ne fait yci 
aucune mention du principal vfjge de la 
Circoneifion , non plui qu'en l'Epiftreaux 
Oaljtiens. A quoy il faut bien prendre gar- 
de. Car fil traittoic de toute la nature & 
propriété de la Circoneifion, cela. fcroit mal 
conuenablede ne faire aueunemrt mention 
liide la grâce ni de la promelTc gratuite: 
mais en tous les deux pafT.ig' s il parle ay.it 
cfgard a la circôftance du propos qu'il tr.nt- 
te;& pourtant il touche feulement ccfte par- 
ti» fur laquelle eftoit le différent- Il leur 
fembloit que la Circoneifion en foy eftoit 
me aruure fuffifante pour acquérir luftice. 
Afin donc de parler fclon leur opinion, il 
refpond que fi en la Circoneifion on confi- 
dere l'oeuure, elle emporte cefte condition 

3ue celuy qui., eft circoncis le confacreft 
edie entièrement 4 parfaitement au ferui- 
ce dcj Dieu : & par ainfi que l'œuure de la 
Circoneifion côfifte envnc perftûion.Nous 
en pourrions bien autant dire de nnftre Ba- 
ftefiTie-Si quelqu'vn mettant fa fiance en la 
feule eau du Baptelme .penfoit eftre iufli- 
fié , comme ayant défia acquis fainftete par 
ceft cruure-h , il luy faiidroit mettre en a- 
uât la fin du Baptefme afcauoir que par ict- 
luy le Seigneur nous appelle a fainâetedc 
Tie. Ainfi lur ce propos on ne feroit point de 
mention de la promeffe i grâce, de laquel- 
le le Baptefme rend tefmoignage & en cft le 
feau; pource que nous aurions a faire aucc 
des gens , lefquels f 'amufans a la feule om- 
bre du Baptefme , ne regardent & ne eonfi- 
derent point la \'eri(c folide ou la fubftance 
d'iceluy-Or nuand on y voudra prendre gar- 
de, il fera aifc de veoir que fainft Paul ob- 
ferudcefte faconde proced'r;.\fcauoir que 
quand il traitic des figues, fi e'eft en parlant 
aux fidèles S; fans dibat.il lesconioint auec 
l'efficace i accompliffemenr des promelTei 
qui y font contenues : mais fi e'eft qu'il ait 
affaire a gens qui abiifcnt des fignes, & en 
font mauuais cxpoGteurs . lors le Jcpoitani 
4e faire mention de la vraye 3c nayfuenv 



turedes fignef , tout fon propos ne tend» 
autre fin qu'a combatte la fjMlfe expofi. 
tion de telles gens. Au refte , pluficur» 
voyansque fainft Paul amené yci la Cir- 
coneifion pluftoft qu'vne autre otiiure da 
la Loy , penfent qu'il prétend tant feule- 
ment d'ofter aux cérémonies la vertu gc 
pouuoir de iuftifier. Mais il faut bien pren- 
dre le propos autrement : car vo'ontierson 
voit toufiours aduenir.ciue ceux qui font 
fi prefomptueux que de dreffer leurs mé- 
rites a l 'encontre de la iufticede Dieu.fe 
glorifient plus en des obferuatiôs exiernes, 
qu'en »ne vraye droiture ft preud'lioin- 
mie Car quiconque eft touché a bon e- 
fcient de la crainte de Dieu, & en ha vn 
vr.iy fcntiment , n'ofera iamais leuer les 
yeux iU ciel pir vnc confiance de fa per- 
fonne : pource nue tant plus qu'il f'ilfjr- 
eera d'atteindre a la vraye iuftice, d'autant 
mieux il cognoiftra combien il en eft loin. 
Mailles Pharificns, qui font bien contenj 
de leurs perfonnes, pourucu qu'il' mon- 
ftrent quelque ombre de fainfteie pir beau 
femblant Sf app'rence externe, ce n'cft pai 
de merueille f 'ils fe (lattent fi aifeement. 
Et pourtant fainft Paul après auoir ofté auc 
luifs toute iiiaiiere de fe glorifier au refte, 
& no leur ayant plus rien laifTé que ce po- 
urc fubterfcige , afcauoir qu'ils 'c vâroyeni 
d'eft'eiuftifie/ p.ir la Circoneifion : encor* 
les def|>r)uillc-il maintenant de cefte v.iine 
couucrtute.fous laquelle ils penfoyent eftro 
bien cachez. 

5< s: Ji>u /<• Prrfure, iyc. Voycl vn ar- 
gument iniiinciblc qu'il fait : Vne chacune 
chofe eft moindre que la fin pour laquella 
elle cft ordonni'e,'& doit iftrc mifcen rang 
inférieur Or cft il que la Circoneifion re« 
garde la Lov : & pourtant elle doit eftre au 
defTnus de la Loy. Ceft donc plus de car- 
der la Loy , que deg.irder la Circoneifion, 
laquelle s efte inftituee pour le regard de 
la Loy. Dont f 'enfuit que l'homme incir- 
concis , moyennant qu'il garde la Loy ,eft 
beancoiipplus a prifer que le luif tranf- 
greflcur de la Loy aue,: fa Circoneifion tou- 
te maigre il. inutile : & par ce moyen coin- 
Sien que de ^» niture il foit poilu , nonob- 
ftant il fera fanftifié par l'obfcruition de la 
Loy, en forte que/V/i f,tf»ii luy fera rcput£ 
pour Circoneifion En ce vcrfct le morde 
Prépuce cft mis deux fois. A la féconde 
foi i il fe prend en fa propre fignifi.-ationj 
A la première, impropren-.ent pour vn Gen- 
til, la chofe pour la pcrfonne. Au rcftc.il ne 
fe faut point beaucoup tormenter drquris 
obfcruatfurs de la Loy on pourra entendre 
ce quf dit fainft Paul , veu qu'il .-ft impof- 
fibled'<n r'oiiurr de tels. Car fon intrniion 
a efte fimplement démettre ainfi le cas ,eo 
prefiippofint , Si on trouuoit quelque Grn, 
ni OUI obferiiaft la Loy , que fa iuftice en 
fon pretnice rft plus a prifer, que la Circon- 
eifion du Inifr'Jide deiiiAice El pounaci 
c, iu. 



-c:îiap.nr. 



SVR L'EPISTRE 



ce qui f 'enfuit , S> h Vrcfuit qui rfi de nniw 
Tt , iBijfM It cirimtù : ie le rapporte non pa« 
aux perfonnes, maiq a l'exemple: comme il 
y a d'autres tels panages.afcauoir, La R07. 
nede Midi viendra , tic- Matth.ti.d 41. I- 
tem , Les hommes de Niniuc (e leiieront au 
jugement, Luc ii.d.51. Car anlYi a la veritc 
les paroles de fainft Paul mefme nous con- 
duifent a ce fens! Le Gentil, dit-il, obferua- 
teurde la Loy te ingéra, toy qui en es trâf- 
grefTcur : cembien que quant a luy , il foit 
incirconcis : & quant a toy , que tu ayes la 
Circoncifion a la letre. 

Î7 V>i<rU letre o- dmiiàfcti. C'eftvne 
f gure qu'on nomme Hypallage , en lieu de 
dire, Par la Circoncifion Iiterale.Et il n'en- 
tend pas qu'ils tranTgrelTent la Loy , entant 
«ju'ils ont la letre delà Circoncifion, mais 
pource qu'auec leur cérémonie externe ils 
tie laifTent pas d't ffjcer le fernice fpirituel 
de Dieu : afcanoir pieté, indice, iugement, 
& vrriterqui font touteffois lesehofesprin 
cipales de la Loy. 

28 Cit relny n'tft fiant lulf qu! Ccji p.1r >te- 
Iwrr, Le fens eft , Que pour cognoiftre le 
vray Tuif.il ne faut pas le prendre"au ligna- 
ge cli.irnel . ou au fimple titre de la profef- 
fion.ou au (igné & marque cxterne:& que la 
Circoncifion, qui fait l'homme Iuif,ne con- 
ftlke p.is en la feule figure externe, mais que 
tous les devii gifcnt au dedans. Or ce qu'il 
dit .ipres de la vraye Circoncifion , eft pris 
de plufieurs p.ilfagcsde l'Efcriture,oil p]uf- 
«oft d'vne doftrinc commune : d'autant que 
euafi a tous propos il eft cominâdé au peu- 
ple de circôcir (on coeur & le Seigneur pro- 
met que c'clt luy qui fera cela. Car on cou- 
poit le prépuce , non point pour (igni(icr la 
corruptiô de quelque partie enl'hôme.m.iis 
Tniucrfellcment de toute fa nature. Ainfi 
donc la Circoncifion emportoit me morti- 
fcatinnde touic la chair. 0".int a ce qu'il 
adioufte confequemment, ^l'elle cun/î/le tn 
ttprit, mit point en U /rire: nous le prendrons 
ainfi : Par la Letre > il entend l'obferuation 



externe fans piereSfTrare crainte de Dïe«f 
par l'Efprit , la fin ou le but auquel la cere* 
monie regarde,qui eft fpirituel. Car comme 
ainfi foit que toUc le poids & l'efficace de* 
Cgncs & cercmonies'depéde de leur fin.iccl- 
le eftât oftee, il ne demeure pins qtie la l"tu- 
le letre, laquelle de foy eft inutile. Si on de- 
m.indola raifon de ces termes & manieref 
de parler, c'cft pource qne qnjnd la Toix de 
t)ieu parle, fi toutes les chofes qu'elle com- 
mande ne font receues par les hommes a» 
uec vne pure affeâion de cœur.eHes demen 
rent en la letre, c'eft a dire en l'efcriture 
maigre ou morte, & fans vigucur:mais Bel- 
les pénètrent iafquesau dedans de l'ame, 
lors elles font, par manière de dire,iranffor- 
mces en efprit.Et en cela il y a vne allufion 
a la différence entre le vieil & nouneau Te« 
ftamcnt, laquelle leremie touche chap.^if. 
3V0Ù le Seigneur dit que fon alliance fera 
ferme Sf ftabic quand ill'sura ergrjnee cï 
entrailles des hôniesSainft Paul a reg.irdé a 
ecl.1 mefme, ruffi bien en vn autre pdflage. 
qu.ïd faifint côparaifon entre la loy & l'E- 
uâgile, il nôme la Loy Letre, qui non feule- 
ment eft morte , mais auffi tuc,& attribue a 
l'Euâgile ce titre honorable d'Efprit.l.Cor^ 
J.b.S. Cependât c'a efte vne beftifc plus que 
lourde a ceux q ont pris laLetrepoUr le vray 
fens naturel, S; l'Efprit pour les allégories. 

29 De Ujtielle /,t hunngt ne tient fitint ifet 
h:mmei. Pource que les yeux des homme» 
font fichez & arreftez auv chofe» quiappa- 
roiflent pardehors.il dit rue ce n'eftpas afl 
fez qu'vne chofe (oit louable félon l'opi- 
nion des hommes , laquelle fonoenteffos* 
f 'jbufe, Se fc laiffe tromper par l'apparence 
qui reluit extérieurement ; mais qu'il eit 
queftion d'anporter de quoy contenter le» 
yeux de Dieu: sufcuels les lecrets mefme» 
les plus profonds du cœur ne font poinr ca- 
ehcz. tt par ce mot ilramenc derechef ai» 
fiege iudici.ildcDieu les hypocrites, qui f« 
font a croire merueillcs. Se Ce 6atteat n( 
leurs vaincs imaginations. 



tout q, 

&C.OU, 

Cal ce 
eft vne 
pieemi 
ncncc 
que les 
Sec. 



C H A P. I T I. 
^p;m^ F E L eft donc Cdtunt^ge du In'tfUuejuelefi te 
\]Ç^^^it' proiift de Id Csrconctfo»? 
\^Tji^ Crdnd en toute manière. 'Prem'teremevt certeSy 
efueles ordclts de Diett leur ont cj}e commU. 



._ pouUn.. , 

différence entre Icsiuifs&les Gentils, de 
lar|Uelle le Seigneur auoit ordonné que ce 
fii^ne en fiift lo feau ; pource suffi t)Ue t'eit 
viic grande ahfurdite , de faire v.iine & fans 
e(f:-t ccfte diftirftion A différence r!e l' quel- 
le Tiicu i-ftoit l'.iuibcur , il riftoit e'core 
qu'il veii'ft a dcfmcncr ccftc obiiflior.Vrav 
tft i|ii'on voyoit bien que la gloire laquel- 
le les liiifs prenovent de U , crtoif fotte S: 
faut raifon; cependant louteffoij ceftt dit- 



eomme parlant en la peri'onnc de (;oel<-,uV» 
qui dcfcilroit le parti def luifs.Qne c'eft ■jki' 
lc\u'(hd il'.mfiiit^e que le f-e«(/A Et puis il 
met la raifon de ccfte demande, par vne au- 
tre interrogation qn'il fait , quand il dir, 
r^e>tll/efr':ujitileU Channljn^CtU Cir. 
coicifion excmptoit les luifs de la condi- 
tion commu e de» hommes- comme nouf 
voyons que fainft Pan! nomme le» cerrmo- 
nies vne paroy qui faifuil réparation ci'.tre 
le» 



AVX ROMAINS. 



fcttmf & Ict autres, tp1ie.].c-i4' 

» GrjiiJ fit ro»/f mAiiIrre. C'cft a dire, 
Pour certain bien grand. I( commence yci .1 
■Ttribucriu Sacrement la louange qui liiy 
appartient: mais cependant c'cft en telle 
lorte qu'il n'accorde pas aux luifs qu'ils 



monftrer leur etfelléfe.Oreeeieft bien di- 
gne d'eftrc noté. Que le proufit de b Circâ- 
cifion n'cft point coftitue au figne Trrple 8c 
nud , mais eft cftimé par la p.irolc. VoTci S. 
Paul qui demande de quoy fcrt ccfacremêt 
aux luifs. A cela i' rcfpond . Pourcc que le 



f'en puiffcnt enorgutillir.Caren difant que Seigneur leur a baillé en garde le tlirelbr de 



ils ont efte marquez de la marque de la C 
côcifion, afin d'eftrc reputcz enfâs de Dieu, 
il ne côfelTc pas qu'ils ayentfMrpaffc Ie<au. 
•rcs par quelque mérite ou dignité proue- 
eante de leurs perfonncs , mais feulement 
|>ar les grâces & bénéfices qu'ils ont rcceus 
«le Dieu. SI on regarde donc les hommes , il 
nonftrcqucles Iiiifs ne font rien plus que 



la lapicnce ctlcfte.Dot 1 1 'enfuit q -e la pa. 
rôle eftant oftcc.il ne leur relie plus aucune 
excellence. Il .ippellc Ortilei, l'alliance l.i- 
qiicUc ay.-!nt eftc premièrement reuclec a 
Abraham S; ceux qui font defcêdiis de luy, 
fut puis après authentiquement enregiftree 
& expofee en la Loy J: es liUies des Prophe 
tes AU refte, ces Oracles leur ont eftc com- 



tes autre! ; mais fi on confidtre les bénéfices mis, afin qu'ils lesg.irdalfft par deuers eux, 

^e Dieu, il déclare qu'ils ont en ceft endroit tant qu'il plairoit au Seigneur tenir fa gloi 

eourquoy ils doyuent eftre eftimeî'par dcf- rc comme enclofe entr'cux: & que puis a- 

fus tous autres peuples. Vnmirrrment tcrtei pr( s,le temps de la difpcnfation eftant venu, 

fnrrf t/nr Iri pi.dei âe Oiiu, AucUiis pen- ils les pu'olialfcnt par le monde vniuerfcl. 

fent que ce foit yc ivne figure appelée Ana- Ainfi ilsen ont erte premieremét dcpi-fitai- 

podoio'i • poUrce, difent-ils , qu'il propofe rcs ou gardiens , pmsapres di'penl'ati.ur« & 

plus qu'il ne déduit puis aprcs. M.iis il ne dtftributeurs Maintenâi fi atnii cft que nouf 

me fcmblc point que ce mot Prcmitrtmtn-, deuon! tant eftimcr ce bénéfice, q'âd le Sci- 

denote )ci ordre , comme f 'il fignifioit Fn g'icur fiit ceft honneur a -.U-lqUe nation 

premier lieu : m.iis (ïmplement il fignifie de luy cômumquer fa Parole, m.us ne Icati. 

Principalement, ou Mcfinement:en te fens, rions iamais alfer deteftcr n.'ftre ingraiilu- 

<înand encorcsil n'y aUrnit que ce fcul de, quand on voit que nous la receuonsauec 

Ïioinft, qu'ils ont les paroles de Dieu qui fi grande nonchalince, ou parelfe, que ie ne 

eur fort cômifes.ce feroit dcfi.i alfez pour dilc,auec outrage. 

J Car qtien eft-it Ji aucuns k ont f oint creut^Leur incredti- 
iite aneantirM-eUe lafoj de Dieu? 

4. Ainfinaduiene •.ains'^Dteu fait ^critahle , "^ tot:fhom- 
9ne menteur : ainf'ju'il eft eflrit-, ^^yljîn ijrie tu fois trouué mflé 
*n tes paroles-,?^ tjue tu ^ain/jue! quand tu e singe. 

X C.ir ^ii'ra rfl.(Vj7.iK-ar,,c-r. Comme Cl ne demeure ferme Sr ftable enfoy:mais(l 
deffus , qu.ind il confideroit les luifs fe glo- ellf l'empefthc d'ju.jir fon effet & accom- 
Tifi.jnsS; efgayisau figne nud, il ne Icurot- pliflcment nicfmc-s entre les hommes. Ainfi 
trovoir pas inefmevnc bien petite cftincci- donc le fens cft , Comme ainfi foit queplu. 
le de gloire:ainfi maintenant quand il vient fieiirs des luitsaycnt enfraiiit )t rôpu l'al- 
■ enndilerer la nature du figne, il maintient liance , cft ce a dire pourtant que l'jlliince 
ïjue Ij vertu & efficace d'iccluy ne peut e- de Dieu foit tellement calfee & abolie par 
Ure aboliepar ItUr inconftance tf incredu- leur .lcfloy.iute, qu'elle ne monftre plus an- 
lire. Aiiifi donc pource qu'il femblolt anis eu fruit ne vertu entr'eux? A cela il refpôd, 
que ci deffus il auoir voulu dire que fi le fi- que la pcruerfitt des hommesne peut faire 
g ne de la Circoncifion appnrroit quelque que la vérité de Dieu ne demeure icrme & 
grâce, le tout auoit eftc anéanti par l'ingra- iininiiaSIe Ft poun.itquoy que le pi' grâd 
titu le des Iuifs:dereclief eonmie pari int en nôhre ait faudc & foiillcaiix pieds rajlnn. 
la perfonne des autres, tl demandt que c'cft ce de Dieu, q nonobftant elle drincure touf- 
qu'il faudra dire fur ce poinft. Au refte, en iour» en Ton efficace ,V del'ploye li« Vi'rtii , (i 
tes paroles de fai'A Paul il yavnefigure ce n'eft partinilieremêt en chacû iDif, liiy 
flUc Ks Latins nomment Réticence : poUrce a que c'eft en leur nation. Or ctftc vertu co- 
que les mois expriment beaucoup m.^ins fiftc en ce que la grâce du Seigie:ir Sf la bc- 
«ju'il ne veut entëdre. Car pour parler corn- ncdiftion en falut éternel ait vigueur entre 
me il en alloit :iu vray.il cuft dit que li plus eux Ce qui ne peut eftre, fin<> quand Ij pio- 

frand' partie de eefte nation auoit rcictté nèfle eft receiic par toy ,& par ce moyen 

'alli.îcc de Dieu Mais pource que cria cuft l'alliance eft mutuellement confcrinee a'vrj 



SfM f.ijf. 

llim.Li. 

11. 

Pf,M6.b.\ 

II. 
P/f.5i.J.tf. 



efte bien dur.-.ux .lureilles des luifs, il 
feulement dit Aucuns , afin d'addoucir l'ai- 
greiirdu propos. Irur încrfJufîit aitfjlittirA' 
fiV,.~f.Lc mot Grec dont il vie, fignifie pro- 
prement faire qu'vne chofe foit inutile & 
fans c(Tct:l.iquellc fii;''ification cniiieni fort 
bien a ce propos. C ir fainft Piu! ne traitte 
pas fculcmot.arcauoir mon fi l'incrcdnl 



cofté Sr d'autre, il fignifie donc qu'il i 
toi;fiours en quelques vos en ccftt n.uiO.lef- 
qiicls demeurani fermes en 11 loy de la pro 
mcfi'cnc font point dcfclieus de ceft auaita- 
ge ft prcrogatiue que les )uifs ont par iiC- 
(ii, les anircs peuples. 
4 ,4iif fil l''t'iiy>'''i.tî>lr. Qiielquenpû 
qu'ayent les autres quanta nioy.ie pe» 



des homnicicmpclclic que la Vérité de Dieu ic que c'cft vn arguir.e i que le l.jtinj a^» 



Chap.III. 



SVR L'EPTSTRE 



«• frend It 

*r nue lu ]'<T 
tie ^ducfe 
liUtgHe : if 
^u*cn mcn- 
fi,c ,„•,•/ cfl 
fut eu'ilem 



pellcnt/Parlapofition ncctlTaireducôtrai. lite, qu'en eeU mermeseHe (e menllreptiti 

re.par lequel il prétend d'abbatre l'obieftiô euidëmcnt& plus clairement. CômeDaui4 

précédente. Car fi ces deux chofes peuuent tcfmoigne , que d'autant qu'il eft pécheur, 

confiftcr enfemble.ou plu/loft (ont necelTai' Dieu fera toufiours iude ioge 8f équitable, 

rement bien accordâtes, QneDieu eft veri» comment qu'il lepuniOe ,oU quoy qu'il luy 

table.-L'hôme mëtcur:il f 'enfuit que le mé- face: & qu'il gaignera fa caufe contre toutes 

fonge des homes n'empefche point la vérité les calomnies des iniques, qui voudrôt mur- 

de Dieu. Car il ce n'eftoit qu'il prend main- murer contre fa iuftice. Par lis /tir^i/er de 

tenant ces deux principes oppofites , il tra- Dieu, Dauld ented les ingemés que Dieu «le- 

uailleroit sm peu après hors propos & pour clare fur nous:car de l'entendre des promet 

néant, a réfuter ccftcabfurdite. Cornent c'eft fes.côtne font plufieurs, t'cft vjie expofitioi» 

<)ue Dieu eft iufte, fil fait que fa iuftice eft trop côtrainte. Et pourtât.ce mot ^/ii.ne fi. 

Kuee en noftre iniuftice.Parquoy le fens eft gnificpas feulemêt la fin a laquelle It chofo 

tout clair, (iiie tât f'en faut que par la dcf- eft rapportée, & ne dénote pas vne côfequen 

loyauté & rcuoltement des hommes la vérité ce prinfe de loin, mais emporte vne illatioa 

de Dieu foit aneâtie, que mefmes elle en ap- ou confequëce prochaineren ce fcns.l'^y pe- 

paroift tant plus euidente & magnifique, il ché contre toy ,& pourtant tu peux aboi» 

nomme D'"<'v<'"'w4/f, non feulemêt pource droit me punir. Orqucfainft Paul ail aile 

<)u'il tftprcft de tenir fes promcftes fans rien gué le pafTige de Dauidenfon vray Si natu- 

tromper;maisauffi pource qu'il accôpiit par rel fens.l'ob 



CEUnre &■ en effit tout ce qu'il dit. Car il 
parle en forte que fon cômandement eft auflt 
toft exécuté que prononcé» Au contraire, 
llAcmmr i-y! mfn.Tio-, non feulement pource 
»)uc fouuent il abufe , & ne tient pas fa pro- 
nieftc: mais pource que naturellePnent il ap- 
pete menfonge.Sf fuit vcrite.Le premier me 
bredc ceftc fentence eft la principale maxi- 
me de toute la philofophie Chrcftiêne. L'au- 
tre eft prins du Pfcaume iiS b.ii, où Dauid 
confefTe qu'il n'y arien de certain & alTeuré, 
n'en l'homme, n'en ce qui procède de l'hom- 
jne. Or c'eft-ci vn paftjge fingulicr, & qui 
contient vne confolation fort necc(raire:'car 
ayât eu efgard a la perucrfite des homes a re- 
ïettcr on meTprirtrla parole de Dieu, la cer 
titudc d'icelle fcroit fouuent fsbranlec,fin6 
qu'il nous fouueinftque la vérité de Dieu ne 
dépend point de la vérité des hommes. Mais 

cornent accorde ceci auec ce quenonsdifiôs quand il a efte qucftion de reciter lespaftâ- 
n'agueres , Qu'a ce que la promefte de Dieu ges de l'Efcriture.fouuct ont vfé d'aflez grî- 



eôion qu'il fait incontinent a- 
pres le monftre, quand il d:t, Commet eft ce 
que la iuftice de Dieu demeurera entière, fi 
noftre iniquité la rend plus euideieiCar fans 
caufe & hors propos fcomme i'ay n'agueres 
touché) faina Paul eiift arrcfté les leôeur» 
fur cefte difficulté, (i Dauid n'entenJoit que 
Dieu mefme des peclicr des hommes par fa 
prouidence admirable , en fuit bien tirer 
louange pour fa iuftice. Q^iard au fécond 
mébre, il y a ainfi au texte Htbrieu, Et pur 
en toy jugeant .'c'efta dire, Q^ardtuiuges, 
Laquelle locution ne tend a autre fens, finq 
que Dieu en tons fes iugtmens eft digne de 
louange, quoy que les iniques murmurent a 
l'encontre,& f 'efforcent par Icnrs querrmo- 
niet d'anéantir fa gloire, !i le rcdre odieux. 
Mais CainR Paul a fnyui la tiâflation Grec» 
que , laquelle aufTi eftoit plus conuenable a 
fon propos. Car no' fcauôs que les Apoftrei, 



•bo, 
quâdil 
punit, 
'on, en 
hôwo. 



de liberte.pource qu'ils le côtêtoyent,poHr- 
ueii qu'ils les allcgaflcnt bien a propos : !ç 
pourtant ils n'ont pas cfte fi fcrupuLux a» 
près les mots. Ainfi donc l'application d« 
ce tefnioignage de Dauid au prcfcnt paflage, 
fera telle , Si ainfi eft qu'il faut que tous let 
pec hez des hommes fcruet a rendre la gloi» 
te du Seigneur plus euidente S; magnifi- 
que , & c'..ft en Ci vérité qu'il eft princi. 
paiement glorifié , il f'cnluit que la va» 
nite , inconftance , 5; nienfonge des hom. 
mes fert pluftoft a approuuer fa vérité qu'a 
la deftruire. Au rtfte, combien que le 
verbe Grec qui eft yci mis, fe pourroit 
indontables.Or il eftyci parléfeulcmrnt de prendre aulTi bien en fignification aftiue 
la corruptiô de nature,& non pas de la gra- que paffîue , toureftois ic ne doute poinc 
ce de Dieu , qui remédie aux vices d'iccUc. que les Grecs outre l'intention du Prophe- 
^/i« r)uetn ft/i itcuué iuflt. Le fens eft , Que te l'ont pris en fignification p.ifhue, comme 
tant C'en faut que la vérité dcDicu puiffe e- aufli nous l'auons traduit en François, Qu^â4 
ftre anéantie parnoftre menionge )(? infidc- tu es iugé. 

5 OrJiKo/tre tnttilhce fdittjue Lt itifUce de Dieu fait louées 
(ftce dirons-nouslDtett çjî-tl initijte au/ amène treUe parle' feloxt. 
l'homme. 

(> Atnjî n A.duiene.j4utremet cornet Dieu iuger/t-il le mode? 

7 Car fila'^trïte de Dieu eflflM abondante far mon me»' 



ait fon efficace, il eft requis que les hommet 
ayent la foy, laquelle recoyueccftepronicf- 
fe:car la foy eft côtraire a mêfonge.La que. 
ftion fenible biêdifficilcmais on la defmef- 
Icra fans grande difficulté , afcauoir quand 
nous dirons que le Seigneur au milieu des 
menfonges des hommes, qui autrement font 
«mpcfchemens de fa vérité, luy fera toutef- 
foisouuerture,& luy troquera chemin là où 
il n'y en a point: en forte qu'elle viendra au 
dcff'is.Si furmontera tousempefchemens: ce 
t|u*il fait en corrigeant en fes eleus l'incré- 
dulité enracinée a noftre nature, & rageant 
a fon obeiffancf ceux qui ftmhloyent eftre 



AVX ROMAINS. it 

tf-nge A fa gloiret^oHrejuoj fuii-ie encore codamne f>our pécheur? 
8 Ef (comme nom fommes hlajmez. , ^ comme aucuns difènt 
aue noru dtfons) tjue nefaifons-nom des maux-, afin que bien e» 
éiduieneHcfajuels la damnation efHufie. 



5 OrfninrfinlurUcr, Combien quc 
te foit yci vne digrelTion hors du propos & 
■utiere principale , touictTols il eftnit ne- 
cclTiirclq l'Apoftre l'entrclacealt , afin que 
il ne Tcinblaft tuy-melme aiioir donné 3ux 
malins l'occarion de mcfdire . laquelle il 
rcauoic qu'ils clicrclioyent d'eux-mcfmes. 
Car d'autant qu'ils erpiojrenc de tou^ codez 
pour trotiucr quelque couleur de diRdiner 
l'tuangile.iUaunyent en ce tcfmoignagc de 
Dauid que p'cndre pour drelTcr vne calom- 
nie : Si Dieu ne demande antre chofe que 
d'cftre glorifié par les hommes , pourquoy 
les punit il quand ils ont pcché . veu qu'en 
pecfiant ils le glori/iet' Cènes il lia ton, fil 
prend occafion de le courroucer de ce qu'il 
«ft glorifié. Et de faift.il n'y a point de dou- 
te que celle c.ilomnie n'ait elle lors toute 
commune .comme nous dirons encore tan- 
toft. Et pourtant S Paul ne pouuoit honne- 
(lement pafTcr outre, fansen parler: cepen- 
dant afin qu'on ne penfe point qu'il mette 
en auant ce propos félon ta conception de 
fon cfprit , t< que ce foit fon opinion , il dit 
d'cntrce, qu'il parle en la peifonne des ini- 
<|ucs. Combien qu'en vn mot il baille vne 
terrible attache a la raifun liumiine , don- 
nant a entendre que le propre d'icel le , eft 
de toufiours murmurer Se répliquer a l'en, 
contre de la fagefle de Dieu. Car il ne dit 
pas, le parle félon les mefclians : mais Sr/i» 
l'hommr. Et a la vérité il en cft ainfi Comme 
■iniï foit que tous les myftercs de Dieu 
foyent chofcs cftrangcs &.' incroyables a la 
chair , touteffois elle cft fi plcne d'orgueil 
& prefomption, qu'elle ne f.iii point de dif- 
ficulté de (''cflencr a l'encontre ,ti de con- 
treroller impudemment les clio'es qu'elle 
n'entend point. tt par cela nous fomnie; ad- 
Ucrtis que (ï nous les voulons comprendre, 
il faut en premier lieu mettre peine qu'e- 
ftans vuydes de noftre propre lens , nous- 
nouf rangions & alTuicttiH'ions du tout a 
l'obeiffance de la P.iroie Le mot de /rc.qui 
fe prend pour lugcmcnt.cft yci pris pour la 
punition : comme Pil euft dit, Dieu eft-il in- 
Juftc .quand il venge ic punit les pécher, qui 
cfclaircilTent fj iuflice , & la rendent plus 
cuidente> 

6 ^iinf n'tJuitttr. Pourrabbatrc ce 
bl.ifpheme, il ne refpond pas direftemert a 
l'obiedionimais il commerce parvne detc- 
flation & horreur d'icelle.afin qu'il ne fem- 
ble que la religion Chreftiêne tire auec foy 
de telles abfurditcr. Et ceti eft bien de plus 
jrand poids que non pis Cil euft vfé d'vre 
fimple réfutation. Car il donne a entendre 
«ju'vn fi meichant propos eft digne d'cftre 
reieitéaiicc horreur ,i non pas d'cftre cf- 
comé- Apres cela il adioufte la réfutation, 
mais e'eft obliquemct îr imlirefte met, com- 
*ic on dit 1 car il ne defmcne p4S du tout La 



cainmnie. ains il refpond feulement q l'ob- 
icôion cft bien fotte & abfurde. Au rcftc.il 
prend fon argiimct fur l'office de Dieu, pour 
prouucr que cela eft impo fible .Vitu iigrm 
temtnilr.iX ne fc peut dôc pa< f.iire qu'il foit 
iniiiftc.Lcquel argument n'cft pastiréde la 
piiilTance de Dieu nue, comme on dit, mais 
aâuelle & cfTeâucIle , l.iqlle reluit en tout 
le cours & ordre de fes œuurcs:conime qui 
diroit ainfi,C'cft l'office de Dieu de iuger le 
monde,c'efta dire, de red relier par fa iufVi- 
ce,& remettre en vn tft.it bien ordonné, tout 
ce qui y cft confus & en defordreiil ne peut 
donc rien faire iniuftemét. Et il fcmblc que 
l'Apoftre face vne allulion au palfagc de 
Moyfe, Genefe iS.c lî.où Abraham priant 
Dieu inftamment qu'il ne dtftruifift p.is du 
tout Sodome, difoit , Ce ne feroit pas chofe 
conuenablc.que toy oui dois iuger la terre, 
veinlTes a dcllriiirc le lufte auec le mefdiâr. 
Et aulfi ce n'cft point ta façon. & cela ne te 
peut aduenirll y a vn fcmblable pafljgc eu 
lob 54.b.I7, Afcauoir mon fi ccluy qui hait 
le iugement.pourroît dominer? Car fi entre 
les homes fouuent il fe trouue des iugcs ini« 
qiie^,cela adulent ou pource q contre droiA- 
& raifon il« vfurrent la puilfanccnu pource 
qu'on les elleue là Icgcrcment & fansgrand 
cf^ard : ou bien pource qu'auec le temps ils 
P.il)b.iftjrdiircrt. Mais en Dieu, il n'y a rien 
de tout cela. Puis donc que de n.iture il cft 
luge, il ne peut eflre auffi qu'il ne foit iufte, 
veu qu'il ne fc peut renoncer foy-mefme. 
Ainfi doncS.Paul f»nd.int fon .itgumcnt fur 
vne impofifibilite.côcliid i] c'eft folie & con» 
tre toute raifon d'acculer Dieu d'iniiiftice, 
lequel ha cela propre t< necelfairemrt con. 
joint auec fon e!rcncc,dc gouuerncr le mon. 
de en droiture. Cependant, combien que cc- 
ftedoôrinede S.Paul f'cftende au gouuir- 
nement continuel que Dieu tient.tniireffol» 
ie neveux pas nier qu'il ne touche ycifpe- 
cialemct le iugemêt dernier, pource que ce 
fera lors qu'on verra vn parfait il entier re» 
ftjbliiremcnt, & que toutes clinl'es feront 
vrayement remiies endroit ordre Au rcfte, 
pource <]ue rou^ auons dit ciiie l'Apoftre ne 
refuioit cefte obieftion qM'obliqncmrt.fi on 
veut auoir vne réfutation dirc&c pour met- 
tre bas tels proi'os facrilegcs tôtre I,i maie- 
ftede Dieu, il faudra dire ainfi : Qneqnand 
par l'ininftice des homes la iiiftice de Dieu 
cft mieux efclaircie , cela ne vient pas de la 
n.itnre de t'iniufticcim lit q c'eft la honte de 
Dieu qui furmontc noftre malice, & la con- 
uertit avncaurre fin qu'elle ne tendnit. 

7 Cirf/jyeriie. le ne doute point 
que cefte obitftion auffi ne foit .-menée er» 
la perfoarc de( mtfchans. Car c'eft comme 
vne déclaration de Upreced'nte.-vt elle de» 
unit eftre coniointe quant Se quant , n'cuft 
eflc qus l'Apottre e&ani cômc defpiii d'Va^ 



Chap.III. 



SVR L'EPISTRE 



impiété (i eftrange , » efte contraint d'in- Mai» il nouj faut entendre qu'il n*y»îju 

terrompre fon propos, te fens eft , Si par maiseu ésferuiteursde Dieu religion , re- 

noftre fauflete & menfonge la vente de uerence , ne fobriete , tant grande qu'il» 

J>ieu rient a efire mieux cognué',& par l'ayent eue , qui .litpeu du tout faire taire 

manière de dire , eftablic ou confermce, les langues des mefchans, vileine; & enue- 

jlont ïulfi plus de gloire luy reuientsfe nimees. Ce n'eft pas donc vne chofe nou- 

*i*eftpas chofe raifonnable, que eeftuy-Ia uelle fi auionrd'liuy nos aduerfaires char' 

Jbit puni pour pécheur, qui aura elle mini- gent de tant de faulfes accu&tions ,& taft 



Are de la gloire de Dieu 

8 Et(,<cmmen<,iu fmmetltl.tfnf^) Il y 
a mot a mot ainfi , Et non pinftoft fcomme 
nous fommes blafmez.&c ) faifoos des 
jnaux Et c'cft vne fentence qui n'eft pas 
entière, & en laquelle il faut fuppleer quel- 
que chofe. Elle fera plene quand nous la 
jefoudrons ainfi. Et pourquoy ne dit-on 



chent a rendre odieufe noftre doôrine , la. 
quelle nous fcauons eftre le pur EuangJo 
de Chrift , & tous les Anges enfemble & le» 
fidèles en rendent lefmoignage auecnouj. 
Il eft mipoffible de fonger propos plus mon- 
ftrueuxSf horribles que ce que nouslifoni 
yci auoireftemis fus a fainft Paul, pour 
blafmer & diffamer (a prédication enuers 



pluftoftCcomme onnousreproche,&c.)qu*iI les fimples S; ignorans. Ne nous foiicion 

faut faire des maux , afin que biens en ad- donc point fi les mefchans peruertiflent par 

Uienent? Or l'Apoftre ne daigne pas refpon- leurs calomnies la vérité laquelle nouB 

drea cefte cauillation fi melchanteilaquel- prefchons. Et ne laiflbns p.is pourtant da 

letouteffois on pourra rcpouïTer par vne maintenir conftamment 1^ fimple confef» 

iresbonneraifon. Car voyia toute la cou- fion d'icclle: car elle ha alTe? de vertu pour 

leur fur laqueHe elle eft fondée : Si Dieu brifer & du tout deftruire leurs menfonges. 

eft glorifié par noftre iniquité , & il n'y a Cependant touteffois a l'exemple de l'Apo. 

rien a quoy il foit plus raifonnable que ftre.enlant qu'en nous fera .oppofons nous 

l'homme f'appliq'ie en fa vie, qu'a auancer a leurs rufes S cauiUations malicieufes, 

la gloire de Dieu : il faut donc peclfer pour afin que des mifcrables créatures , defefpe- 

fa gloire. M.ils la refponfeett toute prefte recs & remplies de toute vilenie fi mef- 

pour rembarrer ccfte mocquerie : Que le ehancete.n'iniurienf & blafphemct leCrea- 

mal ne peut de foy engendrer que mal : & tcur en plene. liberté & tout a leur aife. 

que quand la gloire de Dieu eft efclaircie DeÇqucti UiimitiMnrH i„ne. Il y a mot a 

rar noftre vice, cela n'eft pas l'œuure de mot au texte Grec.Delquels le iugement 

'homme, mais de Dieu: lequel, comme il eftiufte. Et aucuns prenent yci le mot de 

eftvnmerueilleux ouurier, fcait b'enve- lugement en fignification aâiue , tellement 

nir a bout de noftre malice , & la deftour- qu'ils entendent que fainft Paul ne fait feu- 

rer , en forte que tout au contraire du but lement qu'accorder auec les aduerfaircs, 

auquel nous prétendions, il la conuerrit en qu'a la vente cefte obieftion q\iMs font 

sccroiflement de fa gloire. Dieu nous a pre- «mporteroit vne grande abfurdite: afin cju'il 

fcrit ti limité le moyen par lequel il veut ne femble que la doftrme de l'Euangile ti. 

eftre glorifié de nous ,afcauoir pieté, Are- re auec foy des propos fi cftrangcs. Mais 

ligion , laquelle confifteen l'obeiffance de i'amie mieux le prendre en fignificatiort 
fa P.irole. Quiconque outrepafle ces limi- "" 

tes, il n'ha plus ce but d'honorer Dieu.m.iis 
pluftoft ("efforce de le deftionorer & diffa- 
mer. Q^iand l'ilTue en eft autre, il faut at- 
»rihuercela a la prouidence de Dieu , non 
point a la peruerfite de rhomme:a laquelle 
il ne tient pas que la maicfte de Dieu ne 
foit renuerfce & .Tbbatue , & non pas offen- 
feefimplement. Ommt r,,,» fimme, tUCmey^. 
Veu que fainft Paul parloir en fi grande re- 
uerence des fecrets iugrmens de Dieu, c'eft 



paffiue pour Din^nation. Car il n'y euft 
point eu de raifen d'accorder fimplement a 
la façon malicieufe de parler que telle» 
gens monftroyent , laquelle mérite pluftoft 
d'rftre viuement Se aigrement repouifee: ce 
qu'il me femble que S Paul fait Or leur 
peruerfite eftoit a condamner pour denS 
raifons. Premièrement, de ce que ctfte im- 
piété auoitpcu entrer en leur entendement 
lurques a y conl'enlir. Secondement , d'.i- 
uoir oc de cela dreifcr vne calomnie, pour 
del'crier & diffamer la doârine de l'Euaiw 
gilc. 



inerueilic comment les ennemis lor.t venus 
a le calomnier auec vne telle impudence. 

9 Qho'J donc? fommes-mHSplMe\cellem? NHllement. car 

«*/ j.j ij. fO't^ ^Hons et dettant conutt/Kcu] ijue tout , tant lu'tfs ejue Grecs 

fontfoti^feche. 

9 , Siu^iy Jcnd Apres ta digrelTion qu'il 
a faite ci diffus, comme nous auons m té , il 
reuient a fnn propos. Car apresaiioir recité 
le» titres d'honneur defqu.k les fuifs fe 
magnifioyêt par deffus les Gentils:(ce qu'il 
a fait afin que les luifs ne vcintr.nt pir- 
■ uefturca répliquer qu'on leur faifoit tnrt 
Je lesdefpouiller de leur priuilcgc) main- 
tenani il conclud cefte queftion , A Ce runir- 
«initi''iU font en ijuilque chofe plus cxccU 



lens que les Gertits. Ail refte, combien que 
la rifponfe qu'il fait yci , femble de prime 
face eftre aucunement répugnante a l'autre 
precedente,(d'aitant qu'il priue maintenant 
le- luifs deto"tc la grande dignité S: prero- 
ga'iue q'i'il leur auoit accordée au par- 
aiiait)il n'y a point t uitrfFois de cnntradi. 
ftinii. Car ces I riuileges .pour r.iilondcC. 
quel: il auoit conleOe qu'ils eftoyent plu» 
excellcns, dcpcndoyctde ta boute de Dleu^ 

IlOOM 



AVX ROMAINS. 



tïnonpasde leur propre mcritc Maisyci il 
parle de leur dignité, dcmandjnt Pil y en a 
aucune pp>ir laquelle iU t'c pnllTcnt glori- 
fier en euï-melmcs. Ainfi ces deux rcrpon- 
fe< accordcnttellcment cnfemblc,<)ucl'vne 
Tenfuit de l'autre. Car (jpaiid il magnifioit 
ittirs prcrogatiiics , cnles rapportnnt toutes 
»ux grâces & henefices de Dieu reniement, 
ilaafTez minftré qu'ils n'auoycnt en cela 
rien quivcinft d'eux : dont incontinent on 
'jionuoit faire la eonfrqiitnee iVlon h re- 
iponfe qu'il met inaintenât.C.ir fi leur prin- 
cipale etetUence ift, que les oracles ou pa- 
roles de Die» leur fontcommifes : .V ils ne 
l'ont point par leur nierite : il ne Icurcft 
donc rien lailTé de quoy ils le puiflcnt glo- 
rifier denant Dieu. Cependant notois le 
iairft artifice dont l'Apoftre vfe. Car quand 

il alleguoit leur excellence & leurs priuile- cheurs ; ou Eftre comprins fous la maledi- 
ge< , il a parlé en la troificme perfonnc: ftion deue' aut pechci. Car comme iuftice 
matntenanr quand il veut oOer lont, & let apporte auec Iby abfolution , ainfi aulfi la 
abbailTcr.il femet du nombre, afin de nelc< condamnation fuyi Icpeciie. 



X» 

irriter. Ciir n^u* autnx éupjrJnJnt nrtn.uniu» 
Le terme Grec duquel S Paul a vfc.cft pro- 
prement vn mot de plaids :& p'jurrapt en la 
trandation Latine nous l'auons réilupar vr« 
inot duquel les Latins vfent en ftmhl.iblt» 
matières :& lequel fignific quand l'accula- 
teurmct en faift le crime , lequel il fe fait 
fort de conuaincrc par tefmoignages & au- 
tres probations. En François nous n'anonJ 
peu mieux l'exprimer que parcemotCon- 
iiainere. Or l'Apoftre a adiournc vniucrfel- 
lement tout le genre humain dcuant le ficge 
iudicial de Dtcn.afin de les enuelopper tout 
en vne condamnation, tt de fai&.il ne pro- 
pofe pas feulemet accufation contr'eujt, 
mais il la prouue qii.-nt & quant. Au rcftc, 
SlirrfiK4iifchr.V3ut aut.int comme tftre iu- 
ftement dcuant Dieu condamnez pour pe- 



10 Comme tleffefcrit,\Tl nj a mil itifteivon tas ^n fcul. 

11 //r "v a nultftti entendait nj a Kulcfui cherche Dieu. 
\% Ils onttow decltne-,^ ont eïte enfemble faits inutiles :il 

91 j a nul ejui face b:en^rionpMfuGjK\t 'v». 

15 { Leur gofier efl ^n (èpulchye otiuert -.ils ont frauduleufe- 
tnent^fe de leurs l4ngHcs-,\ilj a '■^entn d'ajj'ic fàitf leurs leur es. 

14 \Def^uels la bouche efl plene de malédiction ^ ^d'a- 
mertume. 

15 ] Leurs pieds (ont légers a e(j>andre leCang: 

16 \DeF1r>ucHon ^ mifere efl en leurs '^ojes. 

17 I Et n'ont cognu la 'sioje de paix: 

18 \La crainte de Dieu n efl point detiant leur s jeux. 

«</':& celle faute d'intelligence 



Cemmt lltft rfirit. lufques yci il 
■ vfc de raifonf pour cotiainere les hommes 
de leur iniquité * maintenant il amené des 
■rguinens fondes fur antlioritc , comme di- 
ftnt les Latins , qui cft la plus ferme efprce 
«le probition entre les C hrifti^ns , poiirueu 
«jiicl'atitliorite fnit de Dieu fcul Ont faut 
^ur d'vci , ceux qui ont charge d'enfeigner 
fn l'Eglife , apprrnnciu commtiit ils fe doy- 
licnt porter en l'exercice de leur office. Car 
fi fainA Caul ne maintient yci poiiift dedo- 
ftrine , lequel il ne eonfcrme ) ar tefmoi- 
gnage de l'ETcriture tout certain, beauronp 
moins doyueni rjUcntiirera autrcmert fai- 
te , ceux aiil'qitfls il n'ift commande que de 
prefcherl'Eua^gilc, lequel ils ont reccu par 
les mains de fainft Paul,& des autres. // ,i'> 
mhm! iià!\r. D'autant qur- l'Apoftre voulr 






Pf.Ho.a.^ 
Pfe.io L.y. 

//•-..S9.4.7. 
Prc.l.i.lS. 
Pfr.i^,i.l. 
Pf:\S.x.U 



ti fagtflc eft jnconiinent prc>uuee,p»r ce 
Qa'iti nr ihrtihe-it jtlïit Uirn.Cir ce n'cftrue 
vanité de tout homme , auquel la cognoif. 
faner Je Dieu n'eft point , quelque rcuioir. 
qu'il ait au rcftc Et mefiiie les arts & fcien. 
ces qui font bonnes d'elles mcfines, vienent 
touteffois a eftre vaines, fi ce fonJiment n'y 
cft Apres cela, il adioi ftc,.Q__'i.' ./j .« ««/jm" 
pre bien : & p.>r cela il (ignihe que les Iiom- 
mes ont oublié tout fentiuient d'iiumanite. 
Car comme la cognoiflânce de Dieu rftvn 
foiiiicrain lien pour entretenir la conion- 
flion mutuelle entre nous (pouri: ' ii'( ft.int 
noftre Père a tous. il n"ii5 vnit fort bien le» 
rns aux autrf»:& hors de luy il n'y a qu'vne 
confufion Sr dinipationmifcrablc:) ainfi l'i- 
înorance de Dieu ensendre volontiers vne 



ndre eeftc liberté d'alltguer plnftnft le inhumanité, quâd chacun mcrpririni let au- 



L 



ensquc les propres mors , ainfi qu'ils font 
touche? : il femblequedeuant que defccn- 
«Ire aux efpeces . il a mis premièrement en 
eceral le fomm.iire des choies , lefqucMet 
le Prophète récite eftrr en l'homme, a fea- 
uoir qu'il n'y a nul lufte ■ & que puis après 
il a »icduit parriciîliercment h s frii'ts déce- 
lât miufticc. Or le premier tft ,Sij'i/ii'yM 



très, r'ain>r foymefme St clitrche fon prnu- 
fit particulier. Le contraire de ccftr huma- 
nité cft mis après , quand il dit , .Ç_' /tnr 
■^tf,, tfl yn f,fulcU<r cun^ri . c'cft a dire . vn 
goiffrepour er-glourir les hommes. Et c'cft 
(.II. s que f^il les cuft nommer An'hropo- 
phiges, e'eft a dire.grus viuans de chair hu- 
maine: car cela emporte bien vne cxircma 



Çhap.III. 



SVR L'EPISTRE 



cruaute.qnand il J/tquelegofierdel'Iiom- auoir tou> regardez d'ordre.n'i ptB «nfroo» 
itieeft TngoufFre fi grand quec'eftpourde- utrmermes vn fcul iufte.Il f'cnfuit donc que 
tioier & engloutir des hommes tous entiers, ctfte pelle a tfte efpandue vniuerrclicmcnc 
<Juand il dit que leunUnguei font fidiiJu.'ra. fur tout le genre humain. Car 1 M y en euft 
fer,Cr lenn Icmeteniunmref.cti deux façons eu quclquVn, Dieu l'euft bien veu : dcuant 
■de parler tendent a vnemermecliofe. S'en- les yeuic duquel rien ne peut cftre csché. 
fuit,<fve IfurbcHche efl p/eite lie ma/riliaion tr Bien eft vray qu'en !j /indu Pfeaume il par- 
«('jmfrtKmf :quieft vn vice contraire a l'au- le de la rédemption d'lfiael;maisnou5 mon- 
tre duquel il vient de parler : mais par cela ftreron» tantoft après, comment & lufqucsa 
il faut entendre que de tous codez il ne fort quelle mefure les fidèles font exempts de ce» 
d'eux que malice. Car r'ilsvfent de paroles Jlc condition. Aux autres Pfeaumts qui fonr 
tlouces.cVft pour tromper,& fous termes de ycl allrguez.il fe complaind delà mefchan- 
Hatterif, ils iettcnt leur venin: aiicontraircf c«e te m.ilicede fes ennemis ;& là en faper- 
Pils monftrent apertement ce qu'ils ont au fonnc Si des fiens , il nous propofc côme ¥o« 
eœur.lorson voit de l'amertume &des mau figure 8c ombre du règne de Clirift. Et pour, 
«liffons. La manière de parler qui viét après, tant il faut entendre que fous la perfonnc de 
Brinfe du Prophète Ifaie, fft fort bcUcquîd fes aduerfairei , noui font reprcfentez touf 
il dit que DeflrulUtn (y mîfert ejl et /eun «eux Iefc,uels n'appartcnjns a Chrift, ne font 
yyei. Car c'eft la defcription <J*vne cruauté point côduits par fon Efprit. Quant au paf» 
plus que barbare, laquelle de quelque eoftê faee d'ifaic , il taxe nommecmcnt le peuple 
qu'elle fc tourne, rend les lieux defers & de. d'ifrael. Par plus forte ralfon donc la repre- 
folez.gaftant.brifanr, & dçftrnifant tout : de liéfion qu'il fait faddrelTe aulTi au» Gentils, 
laquelle forte Pline defcrit l'Empereur Do- Que dirons nous donc» Certes il n'y a point 
mitian. Confcquemment il dit, jj«'//j Me f«. de doute qu'en ces titres nous auons vnede- 
fittcl/feiit fiitnt l,t -rujre ''e/i<«iv:pourccflu't/lans fcription de la nature des hommes : afin que 
Bccouftume? a rapines, violences, outrages, de Unous confidrrions que c'eftdcl'hom- 
cruautc, & fclonnie, ils n'entendent rien a me. quand ileft 1 aillé a f)y mefme, 



rocederbenignement & amiablement en af. 
Jaire quelconque- Finalement en la conclu- 
fion du propos eft derechef répété en autres 
termes ce que nous auons dit au commence- 
ment , Afcanoir que toute la pcruerfite qui 
eft es. hommes, procède d'en eontemnement 
& mefpri^ de Dieu. Car côme ainfi foit que 



quand il elt laillea loy melme, reu que 
l'Efcriturc tefmoignc q tels font tous ceux 
qui ne font peint régénérez par la gr.ice de 
Dieu. La condition ou cd lexiondeJ fainôs 
& fidcics, ne feroit en rien meilleure que 
celle de5 autres , fi la peruerfite n'eftoit cor- 
rigee en eux. Et touteffois , afin qu'il leur 
fouuiene qu'ils ne font en rien differens de» 



la f>-.«/'«te rff D'>K eft le comble & le princi- autres quanta la nature, es reliques de leur 



pal poinft de fageflc.fi toft que nousnous en 
fommes eflongnez , il ne nous demeure plus 
vne feule goutte de droiture & fyncerite. 
Brief .comme c'cftla bride pour retenir & 
reprimer noftre malice : ainfi quand elle eft 
oliee.nousnous addonnons a tout desborde- 
ment de vices. Au rcftt.afin qu'il ne femble 
paraucnture a quelqu'vn,que ces tcfmoigna- 

f;es foyent tirez hors deleur vrayfens, & al- 
eguez mal a propos , eipluchons-les l'vn 



chair fdefquelles ils font toufiours enuiron» 
nez) ils fentent la femence de routes les cho- 
fes vicieufes qui ont efte touchées ci deffu», 
laquelle produiroitincelTimment fes fruits» 
fi ce n'tftoit que la mortification y met em» 
pefchement .•laquelle procède de la miferi- 
corde deDieu,& non pas deleur nature. Au 
refte , quant a ce qu'on n'appercoit point a 
l'œil , que tous hommes foyent entachez de 
tous les vices yci récitez , cela n'empefche 



après l'autre.confiderans la circonftance det pas qu'on ne les puilTc proprement & vraye- 

lieux defqucls ils font prins. Dauid au ment attribuer tous a la nature humaine» 

Pfcau.H.a.i, dit qu'il y auoitvne fi grande comme nous auons remonftré ci dcffus'cha» 

I>erucrfite «s hommes , que Dieu après les pitre i d 2tf. 

19 Or nott^ fç/iuons ejue tout ce cfue L< Loj dit , e/le te dit a 
ceux ejui Contfhus Lt Loy : a fin ejue toute hoHche foit fermée , ^ 
y«f tout le monde fit coulpahle deunnt Dteu, 

ao Parcfuoy nulle chair ne fera iuffifiee denant liiyp/tr 
les œuures de U Loj :car far la Loj efi donnée cognoijfant» 
de pèche. 

19 Ormu4f!.tu»nt. Laiffant là les Gen- fiibterfuges lefquels il fcauoit bien que lel 

tils, il applique nommeement ces titres qui luifsallrguoycnt tout eoinmuneement.Car 

ont efte vcus , aux luifs , Icfqvcls eftoyent tout ce qu'ils trouuoyc"t en la Loy tendant a 

beaucoup plus m l-aifc/ a donter Se ranger, blafmer tout le genre humain, ils auoyct ac- 

d'autant qu'eftansdtfpoiinieusde vrjye iu- couftuméde le retourner tout fur les Gen. 

ftiee aufïi bien que les Gentils , ils fe cou- tils : comme fi , quant a eux , ils eulTcnt efte 

tiroyent de l'alliance de Dieu: comme fi ce exempts >ln râgcomun. Ce qu'ils eftoye'ta la 

leur euft elle aflTcz pour toute fairftctc.de vérité , fils ne fulTcnt point dcchcus de leur 

«ftre frp-rez du refte du monde par l'ele- degré. Ainfi dôc, afin qu'ils ne ('abufent d'au- 

•Ion «cDicii-Et pour l'cntrce, il propofc Içs tu.oç fauffe ioiajination d» leur excellence 
' f«tuctt« 



AVX ROMAINS. 



Jiirtktilîere, 8tB«fe*r»lgnentaux Gentil» 
culi , les chofcs qui compcttnt i n diffère m- 
menta eux «ufTi, Sainft Paul prcuiem ycl, 
te monftre par la fin & le but de lElcritu- 
re ■ que non leuleineni ilt fc truuuent méf- 
iez & cnueloppci auec toute la multitude 
4e< hommes, mai* qu'encore cette condâna 
tion f'adilrf (Te tonttVux nonimcement, te 
pour vnc côfideratioa Ipeciale. Et iiou5 voy 
ont de quelle diligence l'Apoftre vre a ré- 
futer Icuriohieâioni.Car, aie il, a quelles 
gens eft ce que la Loy cH donnée , & a qui 
doit-elle feruir d'inftruâton,(inonauxluits.' 
Ce qu'elle fait donc mention des autres, 
cela eft comme par accident , ou bien c'ell 
»n acce(ruirc:ainri qu'on dit.i c'cft a Tes di- 
fclples principalcmct qu'elle addrcfTe Ta do 
Anne. Il dit que les luifs/cnt rnU />^,d'au- 
lanc qu'a eux elle elloit dcftinee & addref- 
fec:dont l 'enfuit que c'cft a eux qu'elle ap- 
partient proprement . Sous le mot de Icy, il 
comprend auflï les Itnres des Proplieies , te 
inefmes tout le vieil Teftainene . ^fin qif 
Itute Itiuthrfùt frrmtt. C'cft a dite pour CuU - 
per brncliv' a toutes tergiuci rations & repli 
ques,& ofler tous moyens d'tïcufe. Et c'ell 
vne mctapUorcou fimilitude prinfe de la 
farm: qu'on girdc es plaiJs & iugemcns. 
Car aptes que l'acculateur a dit.fi ccliiy qui 
cft accolé lia quelque chofea dircpour fa 
dcfcnlè.il demande d'eftre ouy en fun tour, 

}>aur Te purger des ciiofei qu'on luy a impo 
ees.Mais Ti laconfcience le cliarge,il ne die 
nioe,& fansouurir la bouche attend fa con- 
damnation , monftranc aflc2 defiaen fe tai- 
fant qu'il fc fent condamne . La manière 
de parler qui cft au liure de lob , cliapicre 
ii-i-il ■ vient a ce mefme fensiquand ii dit, 
le mettray ma main fur ma bouche . Car il 
entend , combien qu'il ne foit pas dcfpour- 
ueude toute cxculc apparctc.quc toutcffoit 
£iiis Tamufer aucuncmci a fe luftifier, il pif 
fera volôiiers condamnation, je acquiefccra 
a la l'cntence de Dieu . Le mot qui l''enruic 
après ennoftre texte, contient vnededara- 
cion.Car on dit d'vn liomme,qu'il ha la bou 
che termce, quandon le tient tellement cû- 
uaincu en iiigrmcnt , qu'il ne peut nulle* 
ment efchappcr. Autrement, celte faconde 
parler. Se tJirrdcuant la face du Seigneur: 
eft prinfe en l'Efcriture , pour eftrc elTrayé 
le crpouanic de fa maiefVe ; le, pat manière 
de dire,eftre fi eftûné de la fplendeur.qu'on 
en perde la parole. 

jo Vai^ht) nntlt tlijit. Lcs gens de fca. 
uolr mefme ne l'ont pas d'accord que c'eft 
q fignilie yci le mot d'OBuurei it tx l.:j. Car 
les vnt t'cftendenc a l'obferualioa de toute 
la Loy , lesaiitresle reftraignenc aux céré- 
monies feulcmeot. CUryfoltome, Ongcne, 
fair:â Hieroine ont eAe efmeiis a fiiyure la 
dernière opinion , pouree qu'il n'eli pas dit 
rimplemci,Les oruures.-mait.Les oruures de 
1« Loy. Car il leur a fcmblé que ce mot cm 
portoit nommeeinent quelque Ipcciliraii- 
cn te reftriftion , afin que le prnpus ne fuil 
entendu de toutes oruures en gênerai , Mais 
la dilfîcullc eft facile a foudre . Car pouree 
^uc lc( auMiet ne fout pelai auirtmcac lu- 



ftet deuant Dieu , Gnon entant que par iceU 
les nous tafihoni de luy rendre leruice te o- 
beifl'ance : afin d'ofter aucc plus grande ex* 

rrelfion vniuerfrllcmenc a toute» cruure* 
a vertu de iuftificr, il a Dommc les xuurca 
lefquelles fur toutes pourmyent iuftifier, (f 
aucunes y en auoit qui le peuffcnr.Cir c'cfr 
la Loy qui halespromcflct: Se fan» icellea 
nos ixuurc» ne feroyent rien eftimeei deuâc 
Dieu , & ne vicndtoyent là en coûte . Nuu* 
Yoyonj donc maintenit poutquoy c'eft qu« 
fainS Paul a exprimé nommecment les tïvt 
uresde la Loy;alcaiioir pouree qu'en laLof 
la recompenle des oeuurc» eft eftablic.Câ 
que mehne» le» do&eur* Scholaftiquei^ 
qu'on appelle, n'ont pas ignoré: lefcuel» on* 
ce mot alfei commua , de dire que lesoru» 
urc» font méritoires, non pas de leur digni» 
te propre , mais a caufede la conuention Ig 
promelfe que Dieu a faite . Et combien nu« 
ils l'dbufent, ne confiderans point que Ici 
ocuures font toufiours fouillées de quelques 
taches, KfqucUcsIcuroftent toutmerite,8 
cft-ce que ce principe demeure toufiours 
véritable. Que le loyer dei Qcuures Jepen4 
de la promdïe volontaire que Dieu a laite 
en la Lcy . C'atûe donc bien auilé te parla 
pi udcmment, quand fainA Pauln'a point 
mis en termes les oruures (Implement, mais 
a nommecment & çxprcflceinent propofa 
l'obferuationde la Loy, de laquelle le dé- 
bat eftoit principalement efmcu . Aurefte. 
quant a ce que les autres gcni fcauars alle« 
guentipour maintenir l'opinion de laquella 
ont efte ceux que l'ay nommez ci dcflus ,U 
n'y a pas telle foice que le propos le re« 
quier.'i Pouree qu'il efi yci parle de la Cir» 
concifian,iU efliment que l'Apoftre propo* 
fe vn exemple qui fe rapporte :culeme't aux 
cérémonies. Mais nous auons dcfia déclara 
pourqnoy fainCt Paul allègue la Circonci» 
fion. Car il n'y a volontieis autres gens en. 
liez de la confiance des œuures, que les hy. 
pocrites . Urnous fcauons que telles geeia 
ne fe gloritic't qu'en i'apparéce extcrieure.la 
quelle ils font feruir corne de malque pour 
(c defguiiér .D'auanr.ige, félon leur opi> 
nion.la Circoncilioneftuit comme l'entrée 
pour participer a la lulticc de la Loy: je par 
ce moyen donc il leur fembloit aulfi que ra 
eftoit rne ociiure de grand mérite , ou pluf- 
toft comme k fondement de la iuftice des 
œuures. £c quât a ce qu'ils Parmeni de l'E- 
pirtre aux vjaUtics.en laquelle TainA Paul 
traittant la mefme matière qu'il fait yci. 
combat touielfolt contre le» cérémonies 
feulement : cela aulTi n'eft pisalfca ferme 
pour gaigner le poinâ qu ils prétendent, 
il cit certain que (ain& Paul dcbatoïc la cô 
treccux quienSoyent le peuple d'vnc vai. 
ne fiance des cérémonies . Pour décider ca 
dirtcrcDt , il ne fc reftraint point aux cere- 
munies , & ne traittc pa> Ipeciôlemenc en 
quelle eftime on les duic auoir , & de quoy 
l'Ile» d .yucui IVruir:mait il cc»nprcnd tou> 
te la Luy ; lunimc 11 appert par les patTage* 
d'icellc Epilfrcqui le tapporiêt a et poii.ft 
princlp.ll, comme a leur lource . Telle aulH 
«hou la qutKiwn qui tucdiibaïuc cure les 



Chap.îIT. 



S VR L'EP I S T R Ë 



difcipleîenlerufalem.Aft li.b.î.Cependït qui ont fcmblable propriété, frfr /<f r /rf tjy." 

nous auons bonne raiCon de noflre cofté de II prouue par le contraire , que la Loy ne 

debatre que fiinft Paul parle yci de louce nous apporte point iuftice, vcu qu'elle nou» 

la Loy. Car le fil du propos fait fort pour rend conuaincus de pèche & damnation& il 

tious, ainfi qu'il l*a déduit iuf.jUfÇ yci, & le eft ainfi que la vie & la mort ne proc< dent 

çourfuit encore aprcs:& jly a plufieurs pif- point d'vne merme fource. Or quanta l'argtt 

lageî qui ne peuuët porter que nous l'enten met quM fait tn prouuant par vn ttftt de la 

dions autrement . V"yci donc v.ie fentcnce Luy lequel e(l tout contraire, qu\lle ne no^ 

digne de mémoire , voirc entre lc< pluï no. peut arpnrter iuftice , il faut entendre qua 

tables. Que nul n'oljtiendra iufticc par l'ob ceft argument ne pourroir auoir lieu autre- 

feruation de la Loy . Il a défia deuant rendu ment.fitiou; ne tenons cela pour rufolu.que 

la raifon, & la repérera encore derechef tan c'eft civr.e cliofe perpetuelieiiier:t conioin- 

roft : afcauoirpourcc que tous lulqucs a vn te a la Loy & infcpirablc d'icelle: Afcauoir 

ëltans conuaincus de tranfgreffion.-font re- qu'en inonftrant a l'home fon pèche, elle lujr 

«larguei d'ii:iu(tice pjrliLoy. Orcefont ofteefpeiâce de falut. Il eft vray (,ue la Loy 

deux chofes contraires i'vne a l'autre (com- d'elle mefmc eft le chemin a falut, entant ^ 

tncnous verrons plus amplement en la de- elle nous donne la règle de iuftice.mais no. 

duaion)d'Eftre auoué iufte par les œuures: ftre perucrfite & corruption l'cmpefclie de 

&,E(tre coulpable de traiifgreffion . Le mot 'proufiter aucunement en ceft endroit . El 

de Chair n'emporte yci rien de fpecial, St fï- fi faut adioufter pour le fccor d poinit, Q<:e 

gnifie fimplcinent Les hommes : linon qu'il quiconque cft conuiincu d'cftre pécheur. 



lenible qu'il eft aucunement propre pour 
mieux exprimer la chofe plus en gsneral. 
Comme tjuand on dira , Tous les humains: 
cela eft plus fignifiant que de dire.Tpus hô 



ceftuy-la eft quar.t Si quant derpouilté & 
defniié de tjiitc lufticeCar d'imaginer, conj 
me font Us Suphift.s, vne demie iuftice, en 
forte que les œuures iuAifiét en partie; c'cll 



mes; ainfi que les Litins aulTi ont des mots vue badincrie 

; II \Ma^ maintenant la inflice de Dietiefl m^^nifejîeejans 
Loj-,aj,tnt tefmoïgnage de laLoj z3 ^^^ Prophètes. 

zi Votre la mjHcede Dieu par lafoj de lefùs Chrifi pour 
totis (^ fur to^is ceux (fui crojent. 

■ 21 Mau mMiiteiiMt 'a iujlùe lie Dii-h . On hommes Tcfforcent d'acqoerir ]a grâce de 
eft eu doute pourquoy il appelle la iuftice Dieu d'eux mcfmcs, fans rftre renouuelez. 
que nous ob.enons par la foy, Iuftice de le fcay fort bien aulTi qu|il y a quelques 
Bieu.Ti e'eft pource qu'il n'y en a pi/int d'au nouueaux fpecHlatcurs , lelquds d'vni; gra- 
tte qui puifTe fubfifter deuant Dieu , ou uite magiftrale mettent en auant ctfte do- 
bien fi c'eit d'autant que le Scigreurnous la ftrine , comme fils l'auoyent toute de ncu- 
donnepar fa mifericorde . M .is pource que «eau rcctue par rtuclation. Maison cognol 
toutes les deux interprétations conuienent ftra cuidemment parla déduction du ttx- 
fort bien , nous n'eu débitons d'vric part ne te , que l'Apoftrc comprend fans aucune cx- 
d'antre. Air.fi dôcil dit q IC ceftc iuft.ce la- ception toutes oeuurts , luelmts celles que 
quelle Dieu communique a l'homme, & la- le Seigneur œuure es fitnsXar 
quelle feule il accepte & auoue' pour iufti- 
ce..^ e/le reue/fe fjitr /.^y:c'e& a dire fans aucu 
ne aide de la Loy , poarueu que nous enten- 
dions qu'en ce propos la Loy le prend pour 
Its œuures- Car il ne la faut pai ra[ipor- 
ter a la doftrinc, laquelle puis aptes il allè- 
gue pour te fmoin de la iuftice gratuite de 
Ja foy . Quant a ce qu'aucuns reftraignenc 
ce mot de l'y aux cérémonies , ie monftre- 
ray rantoft que c'tH vne interprétation mai- 
gre & l'.ins l'ubftance 11 refte donc que nous 
Icaciiious.que ctfte manière de parle rtend 
a exclure le^ mérites des œuures . En quoy 
auOi nous voyons comment il ne fait point 
vn mcflmgsdes œuures aucc la mifericor- 
de de Dieu: mais l'cftablic feule, toute opi- 
nion ou eitime des œuures retranchée . Or 
iefcay que fainft Auguftin expiife ceciau- 
trementrcar il prend la Iuftice de lîieu p'iur 



s Abra- 
ham cfto.t dcfi.i rcgeiieré.Si l'el'p.it de Dieu 
le conduiloit.au temps que S Paul nie que 
ilaitefteiuftific par les œnurts lU'enfuit 
dôc qu'il extlud delà lultiticaiiô de l'hom« 
me nô feulcmét les œuures qui font murale 
nie't bônes(côme lU difent)& <|ui font faite$ 
J> vn inftiuA naturcl:mais auffi toutes celle» 
queltsHdeits penuent auoir . D'auantage, 
fi la dclinitiô de la iuftice de la toy eft lom- 
prinfe en rcs mots .Bien heureux fontccu» 
acfquels les iniquités font p.-ird6nres,Plcau. 
;2.a i i il n'tft point qiieftion de mettre dif- 
férence entre vne lorte rt'œuures , Se autre-' 
mais tout mérite d'œuures aboli , il n'y a 
que la feule r^milfifn des péchez qui loit 
eftibliecaiifcdeiuftice. il fcmbica telle» 
gens que ces deux choies ptuucnt tresbiCB 
accor.!er cniemblc , afcauoir , Que l'hom- 
me eft luftihé par la foy p.u la grâce de 
unis Chnft:& , Q^'C tou.eflois il cft lufti- 



lagratc de régénération: & confeffc qu'elle Ufus Chnft : & , Q^e tou.ellois U eft luiti- 

eft gratuite , d'aut;mt .>ue le Seigneur nous fié par Itsœuurcs qui prnc.dcnt de la re- 

renouuellc p.u fon fciprit , lans <|U il y ait gencr.tmu fpirituellc : d autant que uieu 

aucune dignité ou mérite de noftrt cofté. "ous rennuuille gratuitcn^ent , 8c nous re- 

Ilicxclud d'icelle les œuures de la Loy. ceuons ce don de luy par foy. Mais lain» 

•'eft a dire Us œuures p«r lef^ucUc» U» Paul ptcd bi«n vn autre pimcipc, *'<»"""• 



AVX ROMAINS. 



14 



■ÇHe le» confclencei ne frront iamais tnn- 

Îiuilleî & en repos, iiifqnei a ce (]uVlle* 
oyenr appuyée» fur 11 feule mifcricorde de 
Dùu El pourtant fn vn autre partage, spre» 
«uoir monfl ; que Dieu efioit en Chrift, 3 - 
fin de iuOiAer les hommes, il exprime quant 
fe quant le moyen , Ne leur imputant point 
leurs forfaits,» Cor. s. b, 19. Semblablcment 
aux Galaticns, chap ; b 12 , il fait li Loy 
contraire a la foy.quant a l'efTct de Juftiticr: 
d'autant qu'elle promet la rie a ceux qui 
feront ce qu'elle commande . Oriftil ainfi 
^uc la Loy ne commande pas feulement vnc 
apparence d'ucuures feloii la letre , mais re- 

?uiert »ne amour de Dieu l'ans feintife • 1 1 
enfuit donc qu'en la lurtlce de la foy,il n'y 
a mérite d'œuures qui ait lieu . Dont il ap- 
pert que c'cft vne cauillation friuole, de di- 
re que notis lomines iuftifici en Chrift, d'au 
tant qu'cftans membres de Chrift.nous fom- 
ncs renouuelez parrtfpritrQue nous fem- 
mes iuftifiez larla foy, pource que par icel 
le nous lommeseniez au corps de Chrift: 
Que nous fommes iuftificz gratuitement, 
yource que Dieu ne trouue rien en nous que 
peclic . Car c'cft eu Chrift, pourcc que c'cft 
nots de nnu» : c'eft par la foy , pource qu'il 
BOUS cft nectfTaire d'eftre du tout appuyez 
fur la mil'cricorde de Dieu, Si fes promcffe» 
gratuircsrc'cft gratuitement, poiirce q Ditu 
•ous réconcilie a foy , enfLueliffant nos pé- 
chez. Et quant Je quant.on ne peut point re- 
/Iraindre ceci , pour dire qu'il ha lieu pour 
le comm^-nccment de la iuftice. comme fon- 
gent telLs gen!. Car cefte dilrinition. Rien- 
lîeureaic font ceux Hefquels le» inlquitei 
font remifes, a eu lieu en Dauid , après que 
«lefia il ("'eftoit exercé long temps au feiui- 
ee de Dieu:& AHr.iham trenteansapresque 
Dieu l'eut appelé , combien qu"il fiift com- 
me vn patron excellent de fa inSete , tou- 
telTois il n'Iij point d'œuures par lefquel- 
les il fc puifle glorifier dtuant Dieu:!^ pour 
tant.cc qu'il croir a la promelTe, luy eft Im- 
puté a iuftice Aufh quand fainft Panl pronô 
ce que Dieu iuftifie le» hommes, ne leur im 
putant point leurs péchez, il recite vn pro. 
pos aiiihftique qui doit tous Us icun cftre 
réitéré en rKglife . Et cefte paix de confci- 
tnce. laquelle cft troubler par la confidera- 
lion des OPUures , n'eft pas peur vn inur feu- 
liment . mais doit durer. tout le temps de la 
Yîe. Dont f'enfuit que iufqiies a la mort il 
fi*y a point d'autre moyen par lequel nous 
foyons iuftc?,finon d'autant que nous regar- 
dons en Chrift (Vul, auquel Dieu nous ha t- 
iie fou adoptez. & nous ha miinten.int pour 
agréables. Parce pafTage auffieft repouflee 
la ciuillatinn de ceux , lefqueh quand nous 
affermons qu'il cft bienprouuéen l'Efcritu 
re que nous fommes luftificz par la feule 
fov.aous acculent de rauffcte.puU'ce que le 
mot So/c ne fe trouue nulle part en Ihfcri- 
ture . M.ii$ puis qu'ainfi eft que la iuftifica- 
f ion côhfte (ans I.1 loy & hors de nous, pour 
quov ne fera elle aitribuee a la (eiile mifc- 
riorde < fci fi elle eft de la feule mifericor- 
4e, auffi l'eraelle de 1 1 iiule foy . Ce mot 
lUAiaunAti , peut ïftrc ptins ûmpUmeac 



pour monftrer qu'ycl eft mis te Contraire 
du propos précèdent : comme fouuent noui 
vfons de fembUbles façons de parler: & 
ainfi il ne fc rapportera pas au temps . Que 
fi on aime mieux le rapporter au temps ( co 
que le recoy volontiers , afin qu'il ne lem- 
ble qu'il cherche vn fubterfugc ) il ne fau- 
dra pas toutefTois entendre la feule abro- 
gation des cérémonies . Car l'intention d« 
l'.^poftre a efte feulement de monftrer l'ex- 
cellence de la g'ace que nous auons par 
diffus les Pcres, en faifant comparaion ta- 
tr'eux & nous . Ainfi le fens fera, Qu^e la ia- 
ftice de I.i foy a eftc reuelee par li prédi- 
cation de l'Euargile, après que Chrift a cft« 
manifeftéen chair . Et loutelfoisil ne f'en. 
fuit pas de cela, qu'elle ait cfte cachée de- 
uant Vaiiucnement de Chrift Car il fai tycl 
confidcrer deux manifcftations . La premiè- 
re eft du vieil Tcftament, laquelle corfiftoie 
en la Parole 8t aux Sacrcmcns : l'autre da 
Nouueau , laquelle outre les cérémonies 
& les promcfles contient l'accompliflcinene 
en Chrift , laquelle aulïi eft efcl.iircie plus a 
plein par l'Euangile. jtjtnt irlm tintât. 
Il adiouftc ceci , afin qu'il ne fembie auia 
que l'Euangile foit contraire a la Loy, en ta 
difpenfation de la iuftice gratuite. Com- 
me donc il a nié que la iuftice de la foy aie 
aucun bcfoin d'aide de la Lor,auiri mainte- 
nant il dit exprclTénicnt qu'elle eft confer. 
mer & vérifiée par letcfmoignage d'icclle. 
Or fi la Loy rend tefmoignagea la iuftice 
gratuite , il appert qu'elle n'a pis cfte don- 
née a cefte fin j'enfcigner les hommes, de fe 
acquérir iuftice par les œuiires. Ceuxdone 
qui la tirent a cclj,& la veulent faire fcruir 
a vne telle fit , ne font que la corrompre 8c 
rcnucner Au tefte.fi on vf ui aiioir pri-batiô 
de cefte fentéce, qu'on fuyuc par ordre d'vn 
bout a autre toute la fnmine de Ii doArin* 
de Moyfe . Là on trouuera que dés le com- 
mencement l'homme eftant forclos & ietté 
hors Ju royaume de Dieu, n'a point eu d'au 
tre moyen d'eftre rcftabli & remis fus , que 
par les proinefles Euangeliques, touchant la 
Semence bénite . par laquelle 11 prédit qu« 
la teftc du ferpcnr fera brifee,& en laquelle 
beneJiftion eft dénoncée a toutes nationt. 
On trouuera é> Conimandemens termoigna- 
ce & dcmonftrance de noftre iniquité : par 
l.S facrificts & oblations on apprendra qu9 
la fatiffafliô .V purg.itiô d'ictlle eft en lefus 
Chrift feul. Apres cela venant aux <>rnph-. 
tes, on y (rouucra Icsprooiencsde la mife. 
ricorde grituite trefeuiijentes & magnifi- 
ques. M.:is on pourra vcoir cepropokpiui 
au longen noftre Inftitution. 

îî K:re t.t lufln, At Difu. Jl monP re e» 
peu de paroles quelle eft cefte iuftificaiion; 
afcauoir qu'elle n fide en Chr ft,.Veft ppr» 
héJcc par la foy. Ccbicn qu'en niettâi dere 
cli'f II nomd: Dieu, il ftble qu'il veut ton 
cher q Dieu eft autlieur d'icclle iuftice,&nô 
pas feuUnict approbateur, cônie Pil difoic. 
qu'elle pioccde de luy feu! : oM qu'elle ha 
fô origine du ciel, mais quVlle no,* eft man| 
fcftee 'n Chrift Et pourtât,oiiîd il cft Ôfli» 
d'c parler , voyci l'ordre ^u'U o«us cûuMof 



Châp. lit. 



SVR L'EPISTRE 



fuyure. Fremîereaient , que nous fcachiont pour reccuoir Clirid , quî cft celuy au^el 
^ue le poi iâ & la decilion de noftre iuftifi- luHice nous eft communiquée . Apres que 
cation ne dépend pas du iugement des Iiom- nous auons efte laits participant de Clirift, 
mes , mais fe rapporte au fiege iiidicial de non feulement nous fommes iuftcs , quant a 
Dieu,où nulle lultite n'eftrtceuc&auouee, nos perfonnes , mais nos œuures mefmet 
finb la ^ aite & entière obeifTâce de la Loy; font réputées iuftesdeuant Dieu . Ella rai- 
ce qu'ô peut aifeemct cognoiftre par lespro foneft,pource que toute l'impetfeûion qui 
itielles & menaces qui y (ont adiouftees. Et eft en icellcs, eft tfFaceepar Icfang de IcI'h» 



ii aiiifi ctt qu'il ne fe trouua iamais home ^ 

Îiarueiiift a vne lainftete fi accomplie, il f'er» 
uit que tous font dcfpourucus & defnuez 
«Jeiuftice en eux-oiefines. Apres cela, il faut 
que ( lirift vicne en auii, lequel, cômc il cfl 
leul iufte, auffi nous rend iulles, tranfferant 
fa iufticeennous.Par cela il eft aiféa veoir 
maintenant que la iuftice de la foy, eft la iu 
fticedeClirift. Ainli donc.ace que nous loy 
ons iuftifîcz, la caufe efficiente(qu'on appel 
lejeft la niifericordc de Dieu : Clirift en eft 
la matieret la Parole auec la foy eft l'inftru 
jnent Et pourtant.quand il eft dit qut la fuy 
iuftific, c'eft d'autant qu'elle eft l'inftrumét 



Clirift. Semblablcmcnt, les promcifcs qui e« 
ftoyent conditionnelles , nous (ont accom» 
plies par la mcfme gracc.cntant que D eu fe 
munercà recompenle nos oeuurcs comme fi 
elles eftoycnt parfaites, pource que le défaut 
d'ictllcs eft couuert par le pardon gratuit,.^ 
rsm.iy fur hm Pour plus grande cxprc(fion, 
il repctc vne mefmc cliofe par diucrfes for» 
mes de parler, afin de mieux faire fonnerce 
que nous auionsdeûa ouy: afcauoir. Et que 
la feulf foy eft yci requife,& que les chofcl 
externes ne mettent point de diftinAion eo" 
tre les fidèles , & mimes qu'il n'y a point *• 
regarder f'ilsfoat Gentils ou luiis. 



'ou, 

pour 

néant 

'ou,or- 

donné 

de tout 

temps 



Car iln'j a nulle différence. 

Z5 Veu que tous ont feche ^ ^font defauez, de la gloire de 
Dieu. 

1 4 Eftam iufiifez, gratuitement far pt grâce , far la redê* 
ftion qui efl en lep^ Chrifi: 

15 Qpie Dieu àfrofofefourfroftciatoire far lafoj au fàng 
d'icelujtfour demonfirerft iufiic^yfour laremijjion desfechez. 
frecedenf'ypar la fatience de Dieu. 

!<; Tour demonjlrer ,à'i-ic ,pt iuj}ice au temfsfrefènt-,a' 
jiu quilfiit trouué iufle , ^ iufiifant celuj qui eji de lafoj de 
lefus. 

Cjriln'yinttOei'Iftretice. Il range tous eftoit vray que nous fuffions iuftifirz en par 
hommes ,(ans exception , a cefte ncctiïite de tie par les œuures.en partie par la grâce de 
chercher iuftice en Clirift: comme l'il difoit Dieu , ceft argument de fainft Paul ne vau» 
qu'il n'y a aucun autre moyen d'obtenir iu- droit rien.de dire que tous homes font viiy« 
ftice,& que les vns ne font point iuftifies d'y des de la gloire de Dieu , pource qu'ils font 
ne forte, & les autres d'vn autre .mais tous pécheurs. C'cft donc vne chofc toute ccrtai- 
enfemble le font par la foy: pource que fsKi ne, que où il y a pèche, là il n'y a aucune iu- 
ftttt petheur.r: il par ainfi. n'ont rien de quoy ftice, iufqnes a ce que Chrift abolifle la ma- 
ils le puiffent glorifier dcuant Dieu . Or il lediftion Et c'cft ce qui eft dit en l'Epiftre 
prend pour vn poiiia tout rcfolu & arrcfté. aux Galaticns, cliap-vb.io , Que tous ceux 
que quand il faut venir deuanr le fiege iu- qui font fous la Loy.font fjiett a malcdifti- 
dicial de Dieu . quiconque eft coulpable de on : te que nous en fommes dcliurez par le 
pèche , dtmcure confus Se accablé fous fon bénéfice de Chrift . Quant a ce mot de CV:;'w 
Ignnminicttllemrntqu'iln'y apecheurqui rfc Dieu, fainft Paul entend vne gloire qui 
puifle porter la prefcnce de Dieu , comme ait lieu dcuant Dieu: comme il elt prins auf 
nous voyons en l'exempte d'Adâ.Gen.j b.3. fienfainS Iclian, u.f 45. "s ont plus aimé 
Encore derechef il combat yci par vne rai- la gloire des hommes, que la gloire deDieu. 
ion prinfe du coniraire.de laquelle nous a- Et ainli il nous retire comme de ce théâtre 
ttontanoterque c'eft qui f'enfuit . Pource môdain.c'eft a direde l'applaudiflement des 
quetousfontpcclicurs.Uinft Paul infère de hommes, & nous ramène au fuge,iudicial 
U que to' auffi font defpourueus& defnuez de Dieu. 

'■■ 24 y.ft.lniii,lii(;rx^t,r.ituhemtm.C'eH» 

dire, Et font iuftifie?.Car c'eft vne choie af- 
(ei ordinaire aux Grecs, de mettre le parti- 
cipe pour le verbe . Le fens eft , Pource que 
il ncrcfte rien autre chofc aux hommes, fi. 
non qu'ils periflcnt, eftaiis accablez du iufte 
iugement de Dieu: a cefte caufc ils liint iufti 
fici gratuitement par fa mil'crliutdc . Car 
Chrift 



de louange de iuftice . Il faut donc dire felô 
fadoftrine, qu'il n'y a point de iuftice fi elle 
n'eft entière &paif.utc.Car Pil y auoit.quel 
que demie iuftice, il ne faudtoit pasinconii 
ncnt defpouillcr l'Iiomme de toute gloire, 
pourtant l'il eft pécheur . En quoy eft a(f« 
lefutee la refuerie de ceux qui imaginent 
XD« ivfticc paitiaU. «oroiue on dit . Car Cil 



AVX ROMAINS. 



*S 



Cbrift fubuîtnt tc remédie a cefte mlfere, & 
Te communique aux âdclei , afin <ju*er> luy 
feul ils trouucnt toute» les choies qiii leur 
det'aillenc. Il n'y » pas parauenture en toute 
l'tfcriture Tn plus excellent paflage , pour 
etprimer la grande elHcace 8f la vertu ma- 

fnifiquc de celle iuftice. Car il monftre que 
a miléricorJedf Dieueft la cau(e efficien- 
ce d'icc lie iullice : queChriftauccfon fang 
eft la matierc:que la foy conccue par la pa- 
role, en eft la forme eu l'inftrument;Sf pour 
le dernier, que la gloire de la iullice & bon 
tc de Dlt-u en ed la caufe finale . Qnant a la 
cau<c efficiente, il dit que nous l'ommcs 
iuftificr gratuitement, & itfurfx gmie, Aiu- 
(i il exprime par deux fois que le tout eft de 
Dieu.K qu'il n'y a rien du noftre. C'euft efte 
«flei de mettre a roppofite des mérites la 
erace de Dieu: mais afin que nous ne vcinf- 
lionta imaginer vnc gr.ice a demi , par cefte 
redite il a renforcé te plusclairement expri 
rai' ce qu'il vouloit dire, & attribué a la feu 
le mifericorde'dc Dieu l'tn;ier effet de iufti 
ce, laquelle les Sopluftcs difchlrcnt par pie- 
ces, & rongnent.de peur ci'eftre contraints de 
confcifer leur pourcte. Pjr /,< red.-m:ti:n, 
Voyci la matière de noftre iuftice : afcnuoir 
^eChriftp.ir l'on obi ilTance a faiilY.iit au 
iugemcnt du Pete : & fe mettant en noftre 
place , nous a dcliurct de la tyrannie de la 
mort.fouslatiucllenous eftiôstenus captifs. 
Car par l'explatiô du facrificc qu'il a offert, 
noftre condamnation a cfte oftee & abolie. 
En quoy dereclief eft fort bien réfutée la 
reliierie de ceux qui veulent dire que ctfte 
iuftice eft vne qualité ou vertu en l'homme. 
Car fi nout fommes auouez iuftcs deuanc 
Dieu, d'autant que nous auons eftt rachetez 
auec pris , certes il laut bien dire que nous 
empruntons ceci d'ailleurs, ne l'ayans point 
en nous.Et incontinent après fainS Paul ex- 
pofc encore plus clairement que veut dire 
cefte rédemption , & a quoy el Ir tend: al'ea- 
Boir a ce que nousioyonsrecôcilic? a Dieu. 
Car il nom. ne Clirift Prcpiii.ttisn, ou ce que 
ie trouue meilleur, afin qu'il y ait vne allu- 
fion a la figure ancienne)Pr://iV/i<;jircEt que 
veui-il dire par ccla.finon qne nous fninmes 
iuftes , d'autant que Clirift tait que le Pcre 
BOUS eft propice ' Mais il nous faut mainte- 
Rant venir a cl'pliiclier les mots. 

2ç IrqHtlOItH dfr-.fcfi. Pourceqtiele 
mot Grec duquel vfcl'Apc.ftre, fignifie au- 
eu'ielTois Ordonner & déterminer dcuani: 
aucuneffois Defploycr.mettre enaiiit,&pre 
l'enter: comme aulli le mot Prnpufér en la 
Ijnguc Francoife ha les deux lignificatiôs) 
fi on prend la premie/e exf ofition , lainft 
Paul rapporte a la mifiricorde gr:itnitedc 
Dieu, que Chrift ait efte ordonné Média- 
teur .lequel par lefacrifice delà mort ap- 
paifaft le Père enucrs nous . Car ce n'cft pas 
vne pente confideration pour magnifier la 
gtace de Dieu, quand il eft dit que de l'on bo 
gré & propre moiiucmcnt il a ciierché le 
n>..ycnp.,urelf.icer & abolir noftre nialcdi- 
/lion.tt de faut, il fenible que ce paffage .ic 
corde auec ceft autre. Dieu a tac aiméîc mô 
de.qu'il a donaé l'on Fil> vni^uc,lcli.>.b.i$. 



Combien qne li nous prenôs le fécond fent 
quei'ay dit, ce fera toufioursTnemefme rai 
fontafeauoir que Dieu au teps propre a pre- 
fcnté & mis en veiié'celuy qu'il auoit en foi» 
confeil diftiné & ordôné Médiateur. le trou 
ue bon qu'en ce mot de Pr«/^ifi4t«irf ,nou5 en 
tendions vnc allufion au l'ropiciaioirean» 
cien, comme i'ay défia dit. Car l'Apoftre 
môftre q eequicftoit là figuré, a efte repre- 
f'ntéau vray en Chrift • Touteflois pource 
qu'on ne pourroit pas reietter l'opinion di- 
ucrfe.fi quel^,u*vn aimcit mieux prendre le 
mot plus limplement , ie n'en veux rien de* 
terminer. Tant y a que ce a quoy S. Paul a 
principalement prétendu en ce palf.'ge , de- 
meure biencertain& cuident p.ir fes raro- 
les-afcauoir q fans Chrift Dieu eft toiifiourJ 
courroucé côire nous. que par lujr nous fora 
mes reconciliez a Dieu , quand p ir f.i lufti. 
ce nous luy fommes agréables. Car Dieu ne 
detefte point en nous Ion oruure.c'cfta dire 
ce que nous fommes créez honimes:m.iis no 
ftre inimôdicite, laquelle efteint la lumière 
& clarté de fon image . Ap'es qne !c laue- 
mcnt de Chrift a pfte S: nettoyé cefte immo 
dicitc,lois Dieu nous aime & embr.-.îfe com 
me fon ouurage pur. Pr'pin.inirr ji ir /^ fsy. 
hk f.m^. Aucuns difrnt.Proplciat' Ire par la 
foy.nioyenant fon fang : ma:s i'.iime mieux 
retenir mot a mot ce qui eft en S. Paul: car 
il me fcirble qu'il a voulu tout d'vn fil dire 
que Dieu nous eft faitpropire fi toft qu» 
nous auons noftre fiance londee au f.ing de 
Chrift , pource que par l.i foy nous entron» 
en polfelfiondu bénéfice d'icjluy. Or en 
nommant le iTj'ufeul , il u'i pas voulu et- 
dure les autres parties de 11 rédemption* 
mais plnftoft fous \neefptcc il comprend le 
total . Et il a nommé le fang , piurce qu'en 
Iceluy nous auons noftre Liuiment. Ainlî 
par cela eft fignifiee toute iioftre expiation, 
félon la figiire Synecdoche. Car ver.it de di 
rc que Dieu a efte appuie eouers.nous, en 
Chrift: il adioufte maintenant que l'effet de 
cela fe monftre par la foy & quant & quât 
que c'cft que ncftre foy doit principale» 
ment confiderercn Cliiift . Piur /j rrm-f. 
fr.n. C'tft adiré afin qu'il etfacaft les pe* 
chez. Et derechef, cefte définition ou de» 
daration confcrme ce que i'ay défia re- 
inonftfé par plufieurs fois. Que Us hom- 
mes font iuftificz par im; utation , 8t non 
pas que de faiô & a la vente ils foyent 
tels . Car l'Apoftre vie yci mtKnienant d'vn 
mot , *r puis d'autre , peur mieux exprimer 
& pluseuidcminent .qu'en cefte iuftice il 
n'y a rien de rcftre n^erite. Car fi nous 
l'obtenons par la remilTion des péchez , il 
Penfuit qu'elle eft hors de nous : & fi cefte 
rcmiffion procède de la pure libéralité de 
Dieu , voyl» tout mérite abbatu . Cepen. 
dant on demande, Pourquoy il rrftraint le 
pardon .tttx f€(hn, fif>r/ff»K Combien que ce 
palfagc loit priosparles expofitcurs en di- 
iicrs fcns, toutelfois le trouue vray-fem- 
blablc que fainit Paul a regarde *ui expia, 
tiens qui fe failO)ent en la Luy.KlqueU 
1rs cftoytnt b'cn tcl'moignagc* de la fa- 
til'taftiçn a vcoii , naii n'auoyent pas ccU, 



Chap.IIÎ. 



S V R LT r I S T R E 



de pOMUoîrappairerDicu. Il y a vn fembla- 
ble pafl'a^»c aui Hebrieux chap y.d.t;. Que 
par Clirift a cfte ..pportee la rédemption des 
péchez qui eftoyent ions le premier Tcfta- 
tnenr . Neanimoini il ne faut pas intendre 
que la mort de Clirift n'ait apporté expia- 
tion que pour les péchez du temps précè- 
dent ; qui el^vne refiierie .laquelle aucuns 
fantafliques ont tirée de ce partage mal en- 
tend» & .ip]>liquc parCHX . Car iairîft Paul 
monftre feulement que iufquts a la mort de 
Chrift il n'y a eu aucun pris ou payement 
St fatiffaftion pourappaifer Dieu; & que ce 
.la n'a point efte mis euefter S; accompli par 
les figures de la Loy : J^ pour ccfte caufe 
la vente a efte différée & refcruee iufques 
ail temps de plénitude . Or il y a femblable 
raifon aux péchez qui nous obligent rous 
lesioursa condamnation ,& nous rendent 
foulpablcsicar il n'y a qu'vn fcul moyen de 
fatift'aftionpour tous. Aucuns pour efchap- 
perccfteabfurdite, ontdit que les péchez 
precedenscftoyent remis: afin qu'il nefem- 
blaft que par cela on vouluft donner licen- 
ce Jepecher pour le temps a-venir . Et de 
faift.il eft bien vray que le pardon n'eit pre 
fenié que pour les peclicz dcfia commis : nô 
pas que le fruit de la rédemption vicne a e- 
ftre anéanti S(perdu,fi nous tombons puis a- 

Îires en pèche, comme Nouatus & ceux de fa 
efte ont fongc:mjis pourceque ladifpenfa- 
tionde l'Euangileeft de propofer les iuge- 
mensfc l'ire de Dieu a celuy qui péchera 
far sprcs ,& la mifericordea celuy qui a 
pèche Toiitcffois le vray fens eft celuy que 
i'ayprcmietemeut amené C^uant a ce qu'il 
adiouftcque ccftcremiflirna cfte eu /u pane- 
ee:\i:i expnfiteurs prcncnt fimplcment ce mot 
pour vnc douceur & dcbonn.iircte , laquel- 
le ait comme retenu le iugcment de Dieu, 
& empcfché qu'il ne C'-nflammaft a noftrc 
ruine, iufquc» a ce que finalement il nousre- 
ccuft en grâce. Mais toutcffois il femblepluf 
toft qu'en ce mot il y a tacitement vue an. 
ticipatiO.Cjr .ifii que perfonne ne repliquaft 
que ccfte grâce fcft monftn-e bien 'ard , S. 
Paul monftrc qu'en cela il y a vn ttluioigna- 
ge euident de la patience de Dieu. 

16 P:ur d.mnjtrcr, di ie , f.< hfilce a» 
trirfii ptrrcxi.C-e- Il y a bien grand poids 
en la répétition de ce poiiift, la.iuellc (ainti 



Paul a affcftee de pfopof delifcefî ,pe>Vm 
qu'elle eftoit fort necefl'aire; d'autant qu'il 
n'y a rien plus difficile a perfuader a l'hon 
roe que ceci ■ Afcauoir que ne f'attribuane 
rien a foy-mtfme il recognoiffe le tout ve- 
nir de Ditu. Combien qu'il fait exprtft'ee' 
nient mention de ctfte nouuellc demonftrai) 
ce.afin que les luifs ouurent les yeux , pour 
contempler & conlîderer la cliofe. ^.i rrmft 
prefiKt. Ce qui a cfte perpétuel a tons aages, 
il le rapporte au tour de la manifeftation de 
Chrift , & non fans caufe . Car ce qui auoie 
efte anciennement cognu obfcurement & 
fous ombres & figures, Duu l'a manifcftéa- 
perieinenten fou Fil>. AinU l'aduenemêt de 
Chrift a efte le temps agréable, & le lourde 
falut,l(aie49c 3 . lleftvray qu'en tous fic- 
elés Dieu a rendu quelnuc tefmoignage a 
fa iuftice : mais quand le Soleil de luftjce 
fcft leué.lors elle eft apparue beaucoup pi» 
clairement & magniliqi^emcnt . Nousauom 
donc a noter la compa raifon entre le vieil Se 
le nouueau Teftament. Car quand Chrift a 
efte mauitefté , c'eft adonc que la iuftice de 
Dieu a efte reuclec tout a plein . A/f» qu'il 
fit tteuu'eiufir ■ C'eft vne définition dt ctft« 
iuftice, laquelle il a dit auoir efte monftice 
quand Chrift a efte donné • comme auffi au 
I. chap.il auoit déclaré qu'elle eftoit reuelee 
en l'Euangile • Or il dit qu'elle confifte en 
deux parties. La première eft, que Dieu eft 
iufte.non pascommeparmi les autres, mais 
pource qu'il ha luy feul toute pic itudedc 
iuftice enclofe en foy.Car autrcmét cen'cft 
pas luy rendre vraye& entière louange, lej- 
le qu'a luy a-particnt, finon que tout le gen 
re humain eftant condamné d'iiiuftice , Iny 
feul ait le nom & l'honneur d'eftre iufte . A- 
pres cela, pour l'autre partie il met la com. 
niunication de iuftice; afcauoir quand Dieu 
ne tient pas fts riclieffes cachées j>.ir dcuerf 
foy pour les lupprimer , mais les ifpand fur 
les hommes . Ainfi donc, la iuftice dt Dica 
reluit en nous, entant qu'il nous iuftifi« 
par la foy de Chrift ■ Car il ne feruiroitde 
rien que Chrift nous fuft donné a iuftice, 
fi la iruition &• iouiflance ne nous en ve» 
noit par la foy. Dont f enfuit que tous hom- 
mes font iniuftt s S: pei dus en eux-mefmvs, 
iufques a ce que le icmcde leur l'oit prc- 
fenié d'cnhaiit. 



'ou, fa S 
laloy 
des œu 
urcs. 

*Ccfont 

€cmuni aux 
tf{l:(/(t drr 
S:rk>m(lfs, 
^ rlui.lrgi 
àc leur {tit' 
^t/M. 



xy On e(ldonc la '^ent.tr.celElle efiforclofè . P4r quelle lojf 
Des cetmresT^on:mais far la lo^ de fo-f. 

z8 Noi^ concluons donc que t homme efi tu.llifêfarfoj Çant 
les céHHres de l.t Loj. 

17 Ou cjl listu U-reni.imt,ilrc- Apreï toute noftrc h,iut£ffe& prefomption. Of 
quand il dit que U ytnt/tmr rfi fsre/afe ; if 



que l'Apoftre a tant & plus par fermes & 
lies railons débouté les hommes' de toute fi- 
ancedescruures:maintenât il fe niocquede 
leur folie Se vanité . Et il eftoit bien necef- 
faire qu'il vfaft d'vne telle exclam.ition: 
poiirce qu'en cefte matière ce ne feroit pas 
aflVz d'cufcigner J; propofer fimplcment la 
doarinc , finon que quant l<i quant le fainft 
Efprit foudroy.ift d'vne véhémence cxtra- 



n'y a point de doute que c'eft d'autant que 
nous ne pouimns rien alléguer i mettre en 
auant du noftre qui foit digne d'approba- 
tion ou louange deuani Dieu. Quefi matiè- 
re de fe vanter eu glorifier , n'eft autre 
choie qui mérite par lequel l'homme ac- 
quière l'amour de Dieu : qu'on le nomme 
*./■• Csn^.H) , ou lie Condif^Ht, nu comment on 



ordinaire , pour mettre bai & accabler vcudta : fi ett-cc qu'on voit a l'œil que ce 

fafl* 



A VX ROM A INS. 



±i 



ftitift rtn\ietCe IWn te l'autre. Car il n'eft fc qui erd.iircit beaucoup la îuftificâtisn de 
^intyci «juedion d'vnc diminution ou mo la l'oy.qu.ina on txclud nômeement l<« <rii 
dericinn; mais fain<S Paul n'en laiffe pas y- urti.I-t pourtant il n'y a rico a quoy auicnir 
ne l'ciilc piutte a l'homnie.D'aujntjgt.fi la d'huy noi aducrfaircs talchcnt plui.qti'a 
fuf ode & abulit la gloire des «nures , en brouiller la foy auec les mentes des an- 
forte qu'elle ne puid'c eftre prefchcc pure- urcj. Ils côl'cflVnt bic que l'home cil iuftifié 



ment, que quint & i|uant elle ne dtfpouille 
riiokiime de toute louange , en attribuant 
tout a la mifcricordc de t)ieu. Il l'cnluit ij 
il n'y a œuurt aucune qui nous aide a obte 
nir iuftice. Dei (r»«rf ifcôment eftce qu'il 



par fry.mai^ nonpaspar la toy feule. Au cô 
traire , a l.i vérité & en effet ils attribuent a 
charité la vertu de iuftificr:quoy que de pa- 
role ili la dônenta la foy. Man nom voyôs 
en ce p.-ilb{e que S.Paul maintient la luftifi 



dit yci que nos mérites ne font poît forclos catiô eftre lellcmc't gratuite, qu'il môftre e- 
par la Loy, vm que par ci deu.tnt il a prou- uidc'ment qu'elle ne pi ut en minicrequecs 
né noilre condamnation par la Loy r Car fi foit accorder auec aucune dignité ou mérita 
«lie nous adiuge tous a la mort, quelle gloi d'œuures.l'ay ci dclTus re'du la railon pour* 
reprendrons nous d'elle? Ne hut-il pas quoy il vfe de ce mot Ofi'«rfj rfc/j /«;>.& ay 
plaAoiicon'cl^>.'r, quenousdefnuantdc tou- uionftic quant & quant que ceux la font ri> 
te çloire. elle nous couure d'opprobre i cô diculcs qui le reftraigne t aux cenmoniej. 
f\)(ion > Mais la refpon'e eft, que lors fainft C'cft aulfi vne forte exposition 9c bien mai- 
Paul monftroit que noilre pcchc ef( defcoii gre,d'expoler OEiiuresde la Loyioeuuresli 



Uert par la mamfeftation que la Loy en 
fait .entant que nous allons tous fouruoyé 
de l'obferuation d'icelle. Or yci il entend, 
€jue fi la luftice eftoit eo la Loy des (ta- 



terales:c"c(t a dire faites a la letrc & fan* li 
conduite de l'Efprit de Clirift. Maisplii.'ioft 
teft epithcte vaut autant côme l'il euft diti 
OEuurcs meritoiresrpoiircc qu'il fe ràppor 



tires, t)ue noftre gloire ne feroit pas forcio te au loyer promis en la Loy . Au refte , ce 
fe : mais pourcc qu'elle eft de la feule foy, qui cft dit en .^.laques , Que l'homme n'eft 
que poureefte caufe il ne faut point que pas iuflifié par la feule foy, mais par les œa 
nous-nous attribuyons rienrd'autant que la «res, (laq.î ci? ; n'cft point contraire a U 
foy prend tout de Dieu , 8t n'apporte rien fcntence précédente. Le moyen d'accorder 
<)u*vne liuinble confefTïon de la pourcte de les dcuxenfemble dépend principalemené 
l'homme, tt faut diligemment noter l'an- de la confiderationdu propos duquel S la- 
tithefe entre la foy & les aeuures.' en laquel qucs traitte.Car il n'tft point l.i queftion c3 
le le mot D'a.'urr'' eft mis vniuerfellement, ment c'cft que les hômts acquièrent iuftice 
te fans aucune reftriâion . Il ne parle donc deujurDieu: mais comment ils peuuent do- 
pas ne des cérémonies feulement.ne de l'ap ner a cognoiftre qu'ils font iuftes. Car il rê- 
parence exteniedes œuures : mais il com- batrc les hypocrites qui fcglorifict (ans cai» 
prend tous les mérites des œiiures qu'on fe du titre de foy. C'cft donc bien fe mefprê 
fcauroit imaginer . Il eft vray que c'eftv- dre lourdement , <lc ii'auil'er pis que lainft 
ne façon de parler impropre, £j Aji^/- '.t /"y: I.iquts prend en autre lignification le mot 
mais cela n'obfcurclt point l'intention de de liiftilier, que ne fait fainS P.iul : comme 
l'Apoftre . Car il entend que quand on vien- aulTi ils iraiitent diuerfes matières . Il .ip- 
dra a la règle de la foy , vnyla vniiierfelle- pert auffi fans aucune difficulté que le mol 
iticnt toute la gloire des ocuurcs abbatuc: de 5»y eft equiuoqnè , c'cft adiré qu'il ne fe 
comme Pil diloit , Qn'il eft vray ,,i'cn la prend pas en nieline forte en et S dcHt paf- 
loy il eft fait mention de la iuftice des fsgcs II faloit prendre garde a cefte double 
ceuures , mais nue la foy aiiffi In fa loy, la- equiuocation , pour bien iugerdc la chofe. 
quelle ne la fl'c- aucune iuftice es Ocuures, Car félon que fainft la< ues déduit l'on pro- 
quelles qu'elles foyenc. pos, il eft aile a recueillir qu'il ne veut dira 
28 At-K* rtnriueni (i-.tit qitr l'Iimrnt rfl autre chofe. finon que la foy teinte ou mor- 
inOiiiè f>.trfay . Il recueille maintenant la te ne fut ou ne prouue point l'homme eftre 
principale propofitiô, commeeftintdu tout iuftc:Si qu'il faut qu'il moiiftre la iuftice 
hors de toute doute , & adionfte q«ant8£ par cruures. Mais on pourra vcoir noftre In- 
duit l'etpofition d'icelle. Car c'cft vne cho- ftitutiun fur ce propos. 

29 Dieu eft-il feulement Dieu des Fuifs? ne Cefl-il^ointaH^^ 
Jtdes Gefit/ls?Certes tlCe(} au^t des Gentils. 

30 Car ilj a '^nfeulDien qm htfiifierA de Ufoy ta Circonck 

jîon ^le Prépuce far la foy. 

39 D '* rfUil f.H.'raitnt Diru tl, 'ituif\C~c. Diô fil ne fc vcut pas déclarer autfi leur Sa» 

C'eft la ficonde proportion : Afcauoir que ucur.Car puis qu'il a fait égal tout le genr* 

cefte iuftice n',ippartiêt point plusauxluifs humain , fi l'a range tout a vne condition, 

qu'aux Gentils. OrtI eftoit bien bcfmn d'in fil y a quelque diScrece cntr'eux,el e viet 

fifter fur ce poinft.afin qu'on donnaft au rc - de liieu,^ nô pasd'eux.veu qu'ils fot rgauK 

JncdeChtift fon efte'due par tout le mode II en tonte» cliofcs ■ Que l*il eft \rjy que DioU 

no drniijedi c paslimplemêrou preci émet veut faire tous peuples de la leric rartiei- 

<l Dieu eft Créateur des G^nIsCee qui eftoit pan< de la mifericorde, le fjlut, S: la inlticp 

Mut Rocoltc & hors de d«U(c)mais aCMMOu uul clt ue«cll4iiia J falus (l'cftend auliia 

4M- 



Chap.TTïI. 



SVR L'EPISTRE 



tous.Parqiioy «c rtiot àeDieu emporte yci v- 
ne relation Se corrclpondance mutuelle, 
qu'on trouue fomient en l'Efcriture , le fe- 
ray voftrc Dieu , & vous Cent mon peuple, 
Iere-5o.il il. Car ce que Dieu pourvu teps 
Teft elcu vn peuple peculicr, n'abolit point 
ce principe de n.iturc,Qtic tous font formel 
a l'image de Dieu , & entretenus au monde 
en efpcrancc «le l'eternite bien Vieurcufe. 

50 ^iiutlifier.t de la fiy. En difant les vns 
font iuitifiez parla foy , & 'es autres de la 
foy, il fcble qu'il ait expreflëmct prins plai 
firavfcr de variété , pour dire vne mefme 
cbofe.afin de fe mocqucr en p.iiTât.de la toi 
lie des luifs.qui fongcnyent quelque diuer 
fite entr'eux & les Gencils,côiJic aiifi foit q 
il n'y euft nulle différence encre les deux, 

3 1 Aneantijfons-nons donc la 
ne-.a'ins nous efluhitjfonslA Loj, 

?t ^iteitniijfcni noui itonc. Quandonop- 
pofe la Loy a la foy, la chair incôtinent fur 
cela imagine quelcjue rcpugnâce , comme (î 
l'vne eftoit côtrairea l'jutre:& principale- 
ment celle laulTe imagination gaigncaifee- 
meni lieu entre ceux, lefqutlseftâns abbru- 
uez d'vneperuerfc intelligence delaLoy, 
ne chcrcbent en Icelle autre chofe que la iu 
fticc desopuurcs, laiflans derrière les pro- 
mcfles- Et auffi c'cftoit vn blafmc qu'on don 
noit tout communeement entre les Tuifs, nô 
feulement a fainft Paul, mais mefmf s a no- 
ftre Seigneur: cmmc fi par toute leur pré- 
dication ils euflent tafclie d'anéantir & abo- 
lir 1,1 Loy . Et c'cft la raifon pourquoy il vfe 
de cefte proteftation , le ne fuis point venu 
pour abolir la Loy, mais pour l'accomplir. 
Ma t. vc. 17. Or cefte fufpiciô qu'il sprtnoy et, 
cônie i'ay dit.fe rapportoit tant aux moeurs 
<|u'aux cérémonies. Carpource que l'Euan- 
gile met fin a\ix cérémonies de Moyfe, il lé- 
ble aux gens iju'il tende a deftruire le niini- 
ftere de Moyle.D'auantage.pourcc qu'il ef- 
face toute la iullice des œuures , on vient a 
penler qu'il eft côtraire a tant de tefmoigna 
gesdcla Loy , où le Seigneur afferme qu'eu 
icelle il a môftré le chemin, & prefcrii la re 
glc de iufticc & de falut.A cefte caule ie ne 
ejpofe point cefte excufe de fainâ Paul, des 
cérémonies a part , ni auffi de la Loy niora- 
le(commeondit)c'tft a dire des commande 
mens qui côcernent les mœurs: mais ie l'en 
ten eu gênerai de toute la Loy . Car la Loy 
morale eftvriyeinencconfermee & eftablie 



quât a la iuftificatiott. Car fi les hôtncf fortr 
faits participans de cefte grâce par la I eu le 
foy,& n'y a qu'vne foy entre les deux, c'eft 
vne chofe ridicule d'imaginer diuerfiie.là 
où il y a fi grade côucnance. Et pourtant ie 
pefe que ces mois emportét vne ironie, c'eft 
a dire vne mocqueric. cômc f'il difoit. Qui 
ne fe- oudra palier de la differêce entre leGc 
til & le luif:& blé, ie hiy en baillcray vne, 
c'eft qle premier obtiet iuftice par la foy. 
& l'autre oe la foy.Sinô qn'ô trouuaft meil- 
leur lie diftinguer ainfi, Qiie les luifs fôt iu 
ftifiez de la foy, pourcc qu'ils naiflent heri. 
tiers de la grâce, entât q le droifi <i'«doj>iiô 
viêc a eux par vne fuite des perf sanx enfâs: 
& q les Gêtils font iuftificz par la foy, pour- 
ce qu'ils entrent en l'alliance de nouueau. 

Lojpar l^foj ? Ainjî n'aduie^ 

p.ir la foy en Chrift, veu qu'elle a efte don. 
née a cefte fi:i, que môftr.mt a l'homme Ton 
iniquite.clle l'amenafta Chrift, fjns lequel 
elle ne peut eftre accomplit Si mife en prat- 
tique : & en vain elle cric nujnftrant ce qui 
eft bon & droift a faire : & n'cfines elle ne 
peut finon irriter 8: cnfi.immer toufioiirs i'n. 
uani,ige la concupifcence.afin d'jmaft'ct fina 
lement tant plus grande condamnation lut 
l'homme . Mais quand on viendra a Chrift, 
premièrement on trouue en luy la parfaite 
iuftice de la Loy , laquelle mclmes eft faite 
noftre par imputation : puis après la fanai- 
fication.par laquelle nos canrs font formez 
a l'obfcruation de la Loy Vray eft que c'eft 
vne obferuation iinp,irfaite , mais tant y a 
qu'elle vife au droit but ■ Autant en faut-il 
dire des cérémonies: Icfquelles cèdent bien 
& Cefuanoiuflët p.u l'aducnemec de Chrift, 
mais c'eft adonc * par cela qu'elles font 
vravcment confermecs. Car fi on les eftime 
de par elle';, ce ne font que vaines figures & 
ombres paftantes.inais quand elles regarde- 
ront & ieront rapportées a meilleure fin, 
lors on trounera qu'elles ont quelque fer- 
meté. Voyia donc en quoy confifte leur prin 
cipale cftnfirm.ition , afcauoir quand on cn- 
f;ignc qu'en Chrift elles ont leur vérité .^ 
celte caule nousaulTi ayons fouuenancc de 
tellement //ilpe ifer l'tiMngile, que par no- 
ftre façon d'cnfiigiier , la Loy foit tft.i- 
blic : mais non point d'autre termete .fi- 
non qn'cftant appuyée Scfouftcnue de la foy 
de Chrift. 



C H A P. I I I I. 
Ve dirons-nous donc ^uAbr/tham noflre père Jè- 
\i' Ion Lt ch/t/r a troune? 

Certes ft AhrA.im a eflc mflifèpar les auures, 
__^,.^^^ tlha de ejuojfc Ganter-, maisnonfMenuersDicu. 
^ZT'^'A^' ^ ^^"^ f^^ dttl'Éfcr'ttHre ? \ Abraham a crcK a Dien , Ç5 '^ 
ju^ i,i.ij. luj a eflc réputé a iuflice. 

I Siuc Jif.nr mu, ,lei„ ,iu'.Al,al,jm. exemple, lequel eft aflcz ferme, pource f)»e 
C'eft vne cûtirmacion duiprof os.prinfc d'vn tout cfi l'emblablc tant «n la chofe qu'en U 

perfonn* 




AVX ROMAINS. 



»7 



Ber(5ne:c>r c'cft le père des fidcles, auquel 
al nous faut cous cDre conformct : Sf il uV 
a <ju*vii mcrmc moyen a-toiis d'obtenir iu. 
HictA non pluficursEa benucuup d'antres 
choies vn exemple ne fuffiroit pas pour en 
faire règle enmmune.'mais pource qu'en la 
perfonne d'Abrahâ a eftc propofé le miroir 
ouïe patron de la iuliice qui appartient a 
toute l'Eglife en commun , a bon droift ce 
<]ui auoic eftc eicricdc luy feul , efl appli- 
<]ucpar fainâ Paul a tout le corps de i'E- 
glifc. Quant & quant aulfi parce moyen il 
preBt de près les luifsjel'quels pourfe glo 
ri/ier fc iettoyent toufiours volontiers fur 
CCS termes, de fe vanter d'cftrc enfan< d'A- 
fcralum. Or ils n'culTent iamais ofé f'at» 
tribuerplut de lainûctequ'a ce faioft Pa- 
triarche. Puis donc que maiiitenât il appert 
«ju'il a cfte luitifié gratuitement, il faur ne 
celTiircment que ctH< qui l'ont defccndus 
«je l'a racc,lcl'quclspcnlent auuirvneiufticc 

rropre a eux par le moyen de la Loy.ayenc 
1 bouche clol'e, & demeurent confus de 
honte. Sr/m /aihair. Pource qu'iu texte 
Crecainfi i|ue falnftP.iul l'a couché. incon- 
tinent après le mot Nc/Itt ;>irr, viêi ce verbe 
,// tnuui'.h puis ces mots Sclcn U ci aIi : en 
cefte forte, Que dirons-nous , qu'.\braham 
n<)ftre père a trouué félon la chait'aucuris 
«xpofitcurs penfcnt que l'.^poftrc iltmaiide 
que c'cft qu'Abraham a obtenu ,&a quel- 
le pcrfcSion ilcftparuenu félon la cluir. 
laquelle expoliiion fi nous reccuons.cc 
imi irl-.ii /x f/i.tir:vaudra autât comme Na 
lurellement,8f de foy mefme.Touteffoi<,il 
cft vray-fcmblable qu'il fc rapporte com- 
me epithete a ce mot t'frt. Car outre ce 
que lesexcmplcs domeftiquis 4- de noftre 
lignage nous cfmcuucnt volontiers d'auan. 
tage.c'eft pour toucher derechef expre (Te e- 
mcnt l'excellence Sr noblelTedc r.ice , de 
laqutUe les luifs renorgueillilfoycnt par 
trop. Aucuns penfcnt qu'if ait elle adioufté 
comme parmefpris & defdain : ainfi qu'en 
d'auiref p-iffages ccux-la font nomme; en- 
fans d'AbraiKun charnels, ou félon l.i ch.iir, 
qui ne font pas vrais enf.ins légitimes & 
fpirituels. Mais quanta moy .l'eftiiiic que 
S Paul a voulu exprimer ce qui e(> jit par- 
ticulier Sf fpccialaux luifs, pource que e'e- 
lluii vne plus grande cXctlKnce d'cftte en- 
fans d'.\braham de nature , & félon l'origi- 
ne de la cluir.pnurueu que la foy fuft con. 
ioince quant & <iuant,que de l'eftre pari» 
feule adoption 11 accorde donc aux luifsvn 
lien de conionâion plus prochaine auce 
Abrah.im , qu'.iux Gentilsrmais c'cft feule- 
ment afin de les inciter & accourager d'a- 
Uantage , a ne Pcllongner point de l'exem- 
ple de leur père. 

1 Cf>^tr</ïy(6r.e/iiiii. C'cft vne argumenta» 
tion imparfaite, laquelle il faudra p.irûire, 
la dednifant aiiifi,Si Abraham a efte lurtifié 
par IcS'.Tnures.il peut .t bon drniAfegtori 
fier. Mais il eft ainfi qu'il i.'lu rien de quoy 
fe glorifier enuers T1icu.il fenfuit dôc qu'il 
n*a point elle tuftilie par lesornurcs, Ainlî 
temembre , M<" ";» rnum t>i.n • l'cra la 
mineur daSyllogifuic^coinine difët Us Du- 



le&iciens) c'cft a dire , la féconde partie de 
l'argument : après laquelle doit fuyurc la 
conclufion que i'ay mifc , combien que S. 
Paul ne l'exprime pas. il appelle Dc-juty fe 
nnitriu g/:rifier:<[viitid nous pouuons met- 
tre en auant quelque chofe du noftre , qui 
mérite loyer au iiigement de Dieu. Pun 
qu'il oftc celaa Abrjhim , qui eft celuy- 
tl'entre nous qui ofcra ^attribuer vne fcul* 
goutte de mérite? 

î M4//7iif Jii /'EfcriiHte} C'cft la proba 
tion de la mineur que nousauôs inarqucc, 
où il difoit,Qn'.\braham n'Iia rien dequoy 
fe glorifier. Car fi Abrahâ eft iuftilié en cm 
brjiTant par foy b bontc de Dieu , il f'tii- 
fuyt qu'il n'ha point de gloire de fon cofté: 
d'autant qu'il n apporte rien du fien , finon 
vne recognoiflâce tic fa mifere.laquelle luy 
fait chercher la mil'ericorde de Dieu. Car 
il preiuppole pourvn polft tout arreflé.quc 
la iuftice de la foy eft te rc.'uge & comme 
la franchil'e du pécheur qui eft defmié & 
dcrpnurueud'auures. Car f")! fe ttouuoit 
quelque iufticc de U Loy , ou de œuurLS. 
iccllc rcfidtroit es pcrfonnes mcfnies des 
hommes : mai» par la foy ils empruntent 
d'ailleurs ce qni leur défaut. Pour laqucl- 
Te raifnn .TufTi la luflice delà foy eft bien 
proprement .ippilce iuftice imputatiue, ou 
par imputation. Au rcfte , le pair.igc qui eft 
yci alltguc tft prins de Genele.clup-is b.6: 
ou te mot de Croire ne fe doit pu* reftrain» 
dre.i q-.iclque poina particulier , m.iis Pe- 
flc;id a touie rsllMiicc de falut,& a la gra. 
ce d'.idqition. Laquelle il eft dit qu'.^brahâ 
a appréhendée & enibraftec par foy. Vray 
eft que là eft récitée la promelTe de U fcmc 
ce avcnir,maisce|iendât tant y a que cefte 
promelTc eftoit fondée en l'adoptio gratuit 
te. Or il faut noter que le falut ii'cft point 
promis fans la gr.ice de Dieu ,{ne la grâce 
de Dieu fans le fjlut:d'au.intagc , que nous 
ne femmes point appelez ni a la grâce de 
Dieu, ni a relperance de falut, que la iufti 
ce ne nous foit prefcntee quant & quant* 
Cela eftant arrcftc.ll eftaiftavcoir que 
ceux qui penfe't que S Paul contraint ce tef 
moignage de Moyi'e, & le tire a force pour 
le faire loindre a fon propos, ne fcauet f oît 
les principes de Théologie. Car d'autant 
qu'il y a la vne promefle particulicri. , ils 
entëdcnt qu'AbrahJ a bien fait,*: l'eftpor. 
té enpreud'liomme de l'auoircrme.jlf <|u'ë 
cela Dieu raapprouué.Maisilsf'abulët.pre 
mierement en ce qu'ils ne cor.fidcrent p.i* 
que ce mot de Cnttr , f'eftend a toui le pro- 
pns.iant qu'il comportc:St pourtant il ne l* 
f.iloit point. teftraindrea \n membre fcuti. 
met- Mais encote le principal poiiâ où ils 
fe meiprenent , c'tft qu'il' ne commc:icci t 
pas par le tefmoignage de la grâce de l^ieu 
Et toutclTois Dieu tend a ceci , de te iJre 
Abrah. m certain larde fon ad"ption , que 
de l'a faneur paternel'e , fous Liquell. cfl 
coprins le falut éternel par Chrift.Pan; i.y 
Abr.ih.im en croyât ne lait autre thofc que L 
receuoir la grâce qui luy eft prclcnirc, .ifin 
qu'elle ne foit liuitile 3.- l'ani < ffct. Si cila 
luy eft réputé a iuftice.il l^enfuyi qu'il u'cft 
d 1H> 



Chap. nil. 



S VR L'EPTSTRE 



point iiifit par autre moyen, (inon d'autant fion. Quant au partage Je 5. laques, Oui TeB»* 

^ue fe confiant en la bonté de Dieu , il oie bU- aucunement contraire , l'ay monftrécl 

trâcliemët efperer & attedrede luy toutes dcffus comment il le doit accorder aucc ce- 

cliofcs. Car Moyfe ne parle point là del'o- <)uy-ci& quand nous vicndrôf là, au plaifif 

ptnion &eftime que le' liôincs ont en d"A- de Dieu , l'en traittcray plus amplement. 

braliâ:maisreciee que! il a L-fte auoué de- Tour le prefent, notons feulement que ceux 

uant le iugemêt de Dieu. Abraliâdôe aap- la font iuftifiez , aufquels iuflice tft inipu- 

preliêdé & embraffé la bénignité & bote de tee : veu que S. Paul met ces deux termes. 

Dieu fcôi»ie elle luy eftoit prelentec en la comme fynonymes.c'eft a dire fignifians vne 

rronuflV) pari .quelle il fcaucit que iuftiee nnfme chofe. Dont nous recueillons qu'il 

iiy eftoit communiquée. Il eft neceff.iire n'eft pas ycitraitté quels l'ont les homme» 

pour eRablir la iuftiee , d'entcdre biéccfte en eux mefmes ,mais pour quels Dieu tesi 

rclatiô ?,- eorrcrpôdice mutuelle entre la auouc. Non patquc la pureté de confcience 

jimcfTc Ma foy.-pourc* qu'en ceci c'efttouc & intégrité de vie foyent fepaicesd'auec la 

?infi enir? Dieu & nous , côme les Legifte» faucur gratuite de Dieu , ni.iispource que 

difetqu'il va cntrcle donateur&le donatai- quand il eft queftion de clierclier l.l caufe 

re. C.ir nous n'obtcnôs point iuftiee , finon pour laquelle Dieu nousaime S: titr.t pour 

d'iutât qu'ainfi qu'elle nous eft prefentec& iuftcs,il faut neitlTiirement que Chrilk 

dônee parla promefte de r£nâgile,aiirr! pa r vieneen auaot. lequel nous icuefte defs 

lafoynonsvenôscômea enprendreponef- iufticé. _ ^ 

4 Or // ce/uj f «/ atmre^le lojer ne lnj eflpt^int- réfute fonr 
gr/ice^mAi*fotir chofe dette: 

5 M^rs A celttj qut nœttnre fo'tnt-,ains eroft en celny quitufli- 
f.e le mefchant/a foj //ly eflreptttee a infliee 

' rf/i<vY"'œ««rf. Par celûy qui au «^i--:n -n i'---i 



Vfre.il n'entend pas tout homme addnnné a 
bonnes oruures, qui eft vn exercice lequel 
doit anoir lieu en tou; cnfans de Dieu: 
mais ce Iiiy q par fes mrriie? acquiert quel 
q':ecIinfc.SebIib!cme't p.ir C<7hv qui n'œu 
ure point , il entend celny auquel n'eft rien 
tleu pour le regard & mérite de fcs oeuure';. 
Car il île veut pas que les fidèles foyent oi- 
r(fs& nonehal.in?:mais feulemët il leur dé- 
fend d'tftre des mercenaires, qui rttmandet 



Chrift eft l'expiation pour nous réconci- 
liera Dieu? Le mefme propos eft déduit 
fous autres- paroles, aui Galat. cbip.;.b.ii. 
Que nul ne (oit iuftific par la Loy,il appertr 
car le iufte vlura de toy . Or la Loy n'eft 
point de la foy:mais l'hommequi tcra ces 
thofes viura en icelles. Car d'autant que U 
Loy promet loyer aux a uure>,il ccrclud de 
là que la iuftiee de la foy , qui eft gr.-tuite, 
ne l'accorde point auec cefte autre iuftiee ^ 
eft des If iiures.Ct qui ne pourrait auoir lieu 



quelq chofe a Dien,cômc 



& eftant dene de droift.Et auffi nous auons 
défia remonftré aup.irauant, qu'il n'eft pas 
yci rraitté comment il nous f.iut façonner 
ii régler noftre vie , mais que le propos eft 
touchant la caufe de noflrc faliit.Or il pte'd 
fon argument (ur la comparaifnn des deux 
côtraircs.&prouue parcelaq Dieu ne nous 
rend pas iuftiee comme choie deuë ,& par 



leur appartei^ît fila foyinftifioit pour le regard dcsoeunres. 



Il no' faut cftre fongneux a bië noter ces co 
pataifons des deux mëbres oppofites,p.".r Icf 
quelles tout mérite eft eitieremêt retrâché- 
5 ,4i>t,ctiit enicluy Viiyci Yi'ecirconlo. 
eution plcne d'vn grand fca<, par laquelle il 
a exprime la fubftâce &. nature «ïc la foy & 
de la infticc. Caril détermine apcrtcment, 
quecc<;uel3 foy nous iuftifie , ce n'eft pas 



'ou .al- 
loue 

P/>.J2.«.I. 



manière de rccôpenfcimais que de fon bon d'autarte eue ce fut vnc vertu méritoire, 

nre il nous l'attribue & impute. Et ie fuis mais d'atit.Î! qu'elle nous impetre l.i grâce 

tien del'auisdellucerquiditqneceftefor rfe Dieu.Car il nedit pas leultmcnt q Dieu 

rie d'argumentation n'eft pas fondée fur vn eft ccluy qui donne la lufticc.mais qnant & 

feiil mot.mai^^ fur la fentence entiere:en ce quantil nouscodamne d'iniuftice.afin que 

flem.ii:icre : S'il y a quelqu'vn qui mérite lalibcralit de Dieu fubuiene a roftrc indi- 

quclquc chofe par fôœuure ce qn'il meri- gencc.En femme, ianiais home ne viendra a 

te , ne luy eft point imputé gratuitement, la iuftiee de la foy , f'ilne (e fent &• reco- 

mais luy eft nsyé côine choft- d.uë. Mais il gnoift mcfchant en foy. Cir il K;ui .ippro. 

eft ainfl que l.i f.iy rft repime 3 iuftiee ,non prier ccftc circonlocution a la circôftâce Hi> 

rjspourcequ'cllJ ap|iorte quelque ehofc paflnge.afcanoir que la foy nons pire d'vne 

procedjtc denou«, maisponrce qii'ilU-ap- iuftiee qui r.'eft point noftie . laquelle elle 

prehende la bote de Dicu.ll l'cfuit dôc qne cmprûie J: mëdie de Dieu Ttyci tierce l»eP 

la iuftiee ne nous eft p.is dcuc.mais ncais eft il i" dit que Dieu nous ii.ftific , qu-nd il 

côferce gratuitement. Car pourcc que c'eft pardonne gratuitcmët rux pécheurs,*; dai- 

cômevne manière drprcft,qnâd Chrift no' gnebien déclarer fon amour enucrs teux 

juftifieparla foy.toufioursen icellc S Paul aufqusls il pouuoitabon droift fe tour, 

côfidcrcsuancantiflrmëtde noius-mefmcs. roiiccr:afcauoir en al-ol.lTjnt noftte jniu» 

Car que croyons nous autrccliofe,finô que "ice par famifcricordt. 

6 Camme /tuf/iDiiu/il déclare Lt béatitude de l'hamme^a ^«* 
Dtcr: ' impute luftice fltns âf^^r^'/jclifant, 
7 '^Bter-henreux font ceux defjHels let imeiHitex^fonif^emii' 



AVX R.OMA1NS. 



as 



y?/, ^ deffuels les fechez, font coHuert. 
8 Et en-heureux efi l'homme auquel le Seigneur naurd point 

imputé le pechc. 

6 xtaUie ltbrdt'u*it ierhmme.Vzt ck\ bics font toii! ccux qui font adiournez au 
ro' voyôs <] c'eft vne pure cauillatiô a ceux fiigc ludicial de Dieu, il f'eftrie i.u'il n'y « 
c)ui rcftraignct ce mot Otiiureç|ile la Loy, d'autre chemin pour parucnir a eftrc bien- 
aux ccrtinonies feu'.cniêt , Vcu que mainte- heureux, (înô que le Seigneur nous rccoyue 
naotil appelle OEuures fimpUmcnt & fanï en grace.nc nous imputât point roi Dtchez. 
^ucuc<'(ôme un dit)celles qu'il appcloitau- Aiiifi par cela cfl fort bien réfutée fa badi» 
yarauant OEuure* de la Loy Si on ne peut ne ne de ceux qui refuent que la iufticcde 
ricrqi'ine locutiô fiinple & lis aucune re la foy n'eft que pour le commence mine de 
ftriftiô. cômc eft «(tcci.doit cftre mtéduc la vocatiôdc l'homme. tellement que nui» 
inJi/f.rcment de toutes ociuire?. cela doit apre^ Ic^ fidtles Te maintiener par (ru-..re» 
tonfioursauoirlieucn conte la difnutarion, enpofltfliô de la iuftice. laquelle ils onc ob«. 
Car il n'y a rien moins raifonrable , que de tcnut fan* aucûs meritei. Au reftc.qui: a ce 
«lir» qu'aux cer monies Iculecll nftee la ver que quelques fois ileft dit que les tiiures 
«n de îiiftifier, veu q S.PaUl exclud (impie- font imputées a iunice,& il cft aufl'i fait n>ê 
ment les opuurcs fâs vfcr de terme fpccial. tiôde qiiclquesauiresbeatitudes:celane de 
B'auiitigelemêbtt quieft misaroppofite, rogue aucuiicniécaecllereniêccdt S Paul.. 
le m.mftrc bien.afe.iuoir quàd il dit q Dieu Le Picaumc récite qu'il fut réputé a iufhce 
jufijfic les hommes, n'imputât point le pc- a Phinees îacrific-tirHr du Selgneur.quâdcu 
cl«:parlerqutlsmotî .luffi nous lommescn faiïant punition di paillard & de la pailar 
feignez que S Paul n'entêd au^rc chofepnr de, il auoic vcgé l'.rpprobre d'ifrael Pf. lotf. 
le mot de Ij</?'Vc,fmô la remifTiS df» pcchc7. e ;o.tt bic.no' «yôs qu'il eftditde ce pér- 
ît pour le dernier , que cefte rcmiffion tft fonn^gc.qu'il a fait vnafte iufte.mais ne ui 
gratuite.pourccqn'cllc eft imputée Hs orri- fcauôs que la perfôtie n'eft pas iuftifife par- 
iires.Ce q niôftrc bieTuiTilemot de Rcmr/r?. vrc f<:nl:a;uure:car a ccl.i t/V reiiuifc vne 
Car on ne dira p.isqiiclc créancier quia re- obcilTic" parfaire J: accfiplie de to'' points; 
ccu payemér, remet iquittc. c'eft adiré fait tôrre la proineflc rc,.ort".Qi;i fera ces cho 
grâce au poure detteur^mais bien ccftuy-la fes.viura en icelIes.Cônict dôc Ce fait cela, 
qui de fa pure libéralité quitte la dette , te que celte vcn!rence luy eft-repuree a iiiAicc* 
(âcclle l'obligatiô.Vienêt mnrtenâi ceux ^ Certes il faloit qucdcuât il fuft iuftifirpar 
enfeignét de racheter par fatiff.iôiôs le par- l.i grâce de Dieu. Cai" ceux qui (ont délia ve 
dôdes péchez duquel S.Paul prcd argumét (Vus d' la iuHice deChrift.ont Dieu propi- ■ 
pour prouucr le don gratuit de iufticr. Car re.nôfeulemct a leurs perronnes,mais auffi 
eôment accorderont-ils auec fjirft Pau!>llj a leurs crnures, defquelles les macules Se 
«Jifent <j par opuurcs il faut fatiffairea la/u taches frteouucrtes .k- la pureté de Chrift, 
•ice de Dieu, a fin ij nous obtcniôs pardôdcs afin qu'elle» ne leur foyétpoit ranicirtcs en 
Bechij.Ccftuy-ciau côiraire côcliid que la côte Et parce moyéccsoeuuresn'eftâs plut 
Iuliicc <if la fny c(I girituite &fanscruure<, entachées d'aucune ordurc.lont réputée» iii 
pource qu'elle dcpc j de la rcmilTion d.s pc- ftjsTour ainfi qu'il cft certain qu« toute cro 
ehcA-Certesce fcroit malconclua luy, fi en ure de l'hôme eft agréable a Dieu, qiiid il 
la rcniifliondes pfche^ lesœuure» faifoyet la fnpiiorte de ecftc mefmc bénignité. Or 
«)uelque chofc. Le» mefrnes paroles du Pro- m.iintcnjt fi la iuftiecde la foy cft la fenle 
phetefontpour renuerfer pareil lemët tout caiifedcce.^ les opuurcs fôt reputf es luftc?, 
ee que gazouillent lesScholaftique» de la te regardez cômêt ces gc» arguct foitcmét , de 



miltion des péchez ademi.llsdirent q Dieu 
enremritât la coulpe, retient la pine ; & le 
Prophète crjcau contralrc.nô feulcmct que 
les pechc' font couiiers , c'eft a dire effacei 
dînant Di<u:mjis aulTl iladinufte qu'ils ne 
fontpnint imputez. Cômét Taccordera ceci, 
que Dieu vueille punir ce qu'il n'impute 
point^.\infidoncceftc tât belle fentèce no* 
dcrueure faune & entière. Q^ie ciihiy la cft 
iuftilié par foy, lequel eft purgé deuât Dieu 



dire, Pource qu'aux œuurcs eft atirihuce iii 
ftice , €] la iuftice n'eft pas de la foy iVulc. 
Mais i'oppofea l'ccôtrede cela vnargumct 
inuincibleiafrauoir q toutes ruiirts ferôt 
condince*' d'iniufticc.fi l'hômc n'eft iuftilié 
par 11 feule foy. Il e faut aiitâi dire touchât 
ia bcatitude.il eft dit, Qnc ceux la font bir« 
heureux qui cra:gnët le Seig icur.quichcmi 
net en iVs voycs.nui meditrt ii Loy iour & 
niiit.Pf.i.a. ;.8t lî^.a.i. Mais pource oii'il 



par reinilHon gratuite de fe< ptchei.D'juâ- n'y a pfonne qface cela en telle ptrftiiioi» 

lage on peut recueillir d'yci que la iuftice q iM eft requis pour accomplir plc-neinct le 

gr.ituite dure a tonte la vie de l'hôme. Car cômandemét de Dieu, toutes telles benrdi- 

côme .li rifi l'oit que Dauid ayît efte trauail- ftiôs n"ot poû d"cifei,iui\ju'a ce qu'iTtâs icC 

lé li'v:! long tormct dccôfcienccvicnt fina- loyer S: purifiez par la remiilînn des pc 

lemêt a ietter ce mot en f'cfcriât.il ne f'Ut chez.nous fommes faits bien. heureux: Vi,i- 

point douter qu'il ne parle de ce qu'il expe- re tcllemeii que nous fommes rendue ca» 

iinientoit. Oreft-il touteffois que dcfia par pabicsdc ceftc béatitude que le S-, igneur 

pliifieurs années il .iuoit cheminé au lerui- promet a fe» fcru.tcurs pour l'attL^iois 

ce de Dieu. Apiesdoncqu'il a beaucoupa- qu'ils ont a U Loy , & pour les toiiac» 
«aacc,ti,i.\leaicoc cxpcrimcatam qiu mifcra diiU. 



Chap.Iin. 



SVRL'EPISTRE 



ne (igni fient pa$plii«<]ue l'homme Toit i«< 
ftifié par la foy,& bien heureux par la mi- 
fericorde de Dieu , que par les ceuurcs. It 
faut certes en ceci confiderer tant l'ordro 
& Tiiyte des caurc; , que la difpenfation de 
la grâce de Dieu. Car puis que tout ce qui 
eliditdela iuftice ou béatitude des oeu- 
«resn'ha point delieu.finon queceftc iufti« 
ce vnique de I.i foy ait précédé , S: qu'elle 
feule accomnlifle tout , il faut qu'elle foit 



«euuret. Pafquoy & la iuftice des eeuures 
cft vn effet de la iuftice de la foy, Si la beati 
tude qui procède des œuurcs, eft vn effet 
de la béatitude qui confïfte en la remiffion 
des pecliez.Si ain(î eft que la caul'e ne doit 
& ne peut eftedcftruite par fon effet , ceuK- 
la'fe monftreront de mauuaife grâce & bien 
badaux.qui tafcheront de renuerfcr par les 
oruures la iuftice de la foy. Mais pourquoy 
ne fera-il licite, dira quelqu'vn , en prenant 

CCS tcfnioignages, de débatte que l'homme dreffee & eftablie, afin que d'icelle l'autro 
eft iuftifié & fait bien-heureux par les œu- iuftice qui eft des oeuures , naifle & forte, 
•r»n ri» iires'Car les mots defquels vfe l'Efcriture, comme le fruit prouuient de l'arbre. 

n ' , 9 'Ce/fe béatitude donc efi- elle [feulement] en la Circonc'tjîa 

. OH aufjï AH-prepiice ? Car nous dijons qne lafoj a ejle réfutée a 

■ - j ^ Abraham a itijltce. 

1 , ° lo Comment donc luj a-elle efiè réputée"? A-ce ejle luy e fiant 
, '. circoncis^ott durant le prepuce?Ce n a pomtefle durant la Cir-^ 

j n 1 concijion-^maii durant le prépuce. 

Ûceltei Pourcc , qu'il eft feulement fait men» cifion, comme eftant J'œuurc qui faifoît 



le&c. 



GcI7 4 «l- 

'ou, ca- 
chet 



I qu-i 

tion de la Circoucifion & du Prépuce : par 
faute de bien cntendre,aucun5 concluët fot 
renient de U , que la difpute Vtft d'autre 
cliofe.finon qu'on n'obtiêt point iuftice par 
les cérémonies de la Loy.Mais il faut confî 
derer cotre quelle manière de gens S. Paul 
difputc. Car nous fcaaons que les hypocri- 
tes , quand ils fc vantent en gênerai d'ccu- 
Ufcs méritoires , fe couurét toutcffois d'vn 
fard démines externes. Les luifs auffi qui 
par vn ab'de la Loy lourd ^greffier cftoyêc 
deftuurnez de la vraye| & droite iuftice, 
auoyentencela leur façon défaire particu 
liere.S. Paul a dit qu'il n'y a aucun biêheu 
reux.finon celuy lequel Dieu fe réconcilie 
parpardon gratuit. Dont fenfuitque tous 
ceux-là defquels les truurcs vienent en iu> 
genient, font maudits Voyia défia ce poinft 
bien clair, Que les hommes fôt iuftifitz,nô 
point par leur propre dignité, mais par la 
miicricorde de Dieu.Or ce n'tft pas enco- 
re a(re2,finon que larcmilfion de» pecliez 
précède toutes Geuures,dcfquellcsla Circon 



cifioncftoit la première , quicftoit au peu- 
»OU e- P'f <lts luifsvneciurce a l'obeilTâcedcDieu, 
f.,' Et pourtant l'Apoftre pourfuit a nionftrer & 

ItclS au prouuer ce poinft aufà.Ainfiayôs toufiours 
nrptin fouuenanccqu'ilcftyci parlé delà Circon- 

P " II Puii il receut le fgne de CircoKciJion i^onxyn fèau délit' 



Cpar manière dedirc)rcntreedela iuftice de 
la toy. Caries luil'snefe glorifioycntpa» 
de la Circoncifion.cômc eftant le figne S: tef 
moigmgc de 1 a grâce de Dieu.niaisils la pre 
noyeiit comme vne obferuatiô de la Loy qui 
eftoit meritoire-.& ponrtât ilsfe prcfcroyêt 
aux autres , comme f'ils cuflint apporté de- 
uant Pieu linéique plus grande cïcellence. 
Nous voyons maintenâtque la difpute n'cft 
point touchât vne crremonie feulemét,mai» 
que fous vrctfpecefont côprifes toutes œu- 
urcsde la Loy,c'cft a direaufquelltsil pour 
roit eftre deu loyer.tant qu'il y en a : Sr que 
la Circoncifïon principalement eft nommée, 
pource que c'eftoit le fondement de la iufti- 
ce de la Loy Ot S Paul débat fort & ferme 
al'encontre.en cefte fortc:Si la iuftice dW 
brahâ n'cft autre cliofc oue remiffion, des pc- 
chezCce qu'il prend fans difficulté pour vu 
poinft lout arrtfic) & Abrahâ l'a obtenue 
deuantla Circoncifion.il f'cnfuitdôc (lue la 
remiffion des péchez ii'eft point donnée pour 
aucuns metites prccedcns. VoyIa comment 
ccft argument eft pris de l'ordre des caufct 
&des cftVts-car la caufeeft toufiours prc- 
micrequefon ctfit Or eft il que la iuftice e» 
Abraham a précède la Circoncifion. 



, * j iupice de foj ^lacjuelle il auoitdnrât le prépuce ■, ajin efutlfujf 

A père de tous ceux qut crojent'par le prepucet © f ^ l^ tujltce 

leur fufl a uHl allouée. 

., Il Et pcrc de laCirconciJton ^[c^ncn a ceux (fut ne font point 

j ' 7 fiulement de la Ctrconcift animais cjui auQi fu-^uent le tram d& 

11 la foy if ui a ejle au prépuce de nofhe Père Abraham. 

CjUcUe^ «' "r«" ;/""<" ''/?*'"• U iiionftrr par "-= '- -■ -i— ■- '- '^— •- J <• 

il a. eue Vne manière d'anticijiation , que toutcffois 
j^lH-Tnr la Circoncifion n'a pas efte vaincncfupcr 



llalit flpf, combien qu'elle ne luflifiaft point; car 
le prC- elle auoil v» auirevriigecxcillcnt ,vru que 

puce. 



ion office eftoit de iitllct & comme rati- 



fier la tnfticcdela foy. Et cependant en paf- 
fjnt il donne a entendre par l,i fin mif- 
me ïi le but d'icelle, qu'elle n'cft point 
caicfe de la iuftice Carelle tind a con- 
fermcrla iuftice dt la foy, voir. UquellcaU 
prçfucccft dcfta acquif-. il ("'enfuit dune 
Qu'tlU 



AVX ROMAINS. 



it 



^cllene lay dde ou diminue rie. Or nous 
auon«yci vn beau paflagc & bien notable 
rouclunt l'vfagc'cômui» de? S.icremens Car 
ce fontfeaui (tcfinom S-Paul) parlefquelj 
le» promefles de Dieu font (par inanifre de 
Jire)imprimecs ou engrauees en nos cœur?, 
& la certitude de pracc eft confermic. Et 
combien que d'eux mefmc* il ne proufitent 
«le rien , touteflois Dieu qui a voulu qu'ilj 
fuirent inftrumé? de fa grâce, fait p.ir la grâ- 
ce fccretc de fon Efpnt qu'il» ne lovêt inu- 
tiles & fan» effet en fes eieus. Aufli d'autre- 
part, côbien qu'aux reprouuez ils ne foyenc 
que figures mortes & inutiles. ils ne lailfenc 
pas toutefTois de retenir toufiours leur ver 
tu & nature. Car c&biêq noftrc incrédulité 
nous priue du fruit & de l'effet d'iceux.tou 
teffois cllene peut pas corrôpre ou cftein- 
dre la vérité de Dieu. Que ce poinft donc 
demeure arrefté , que les fainâs Sacremcns 
font tefmoignages, par Icfquels Dieu feelle 
fa grâce en nos cœurs. Quant au (igné de la 
Circoncifion particulièrement , voyci qu'il 
faut dire , qu'en iceluya efte reprefeniee 
double grâce. Dieu auoit promisa Abralii 
la femécc bcnjte.de laquelle il fnloit atten- 
dre le falut de tout le mode- De là depcdoit 
ccfte promeffe.Ie feray tô Dieu,Gen.i7.a-7. 
Ainfi dôc la recôciliation gratuite en Dieu 
cftoit côprife en ce ligne, il y auoir aullï v- 
re bône conuenâce ou rapport du figne a la 
chofe fignifice,a ee que les fidèles ngardaf- 
fent a la feuiéce promife. Dieu aul'fi requc- 
roit pareillement de Kur cofié intégrité & 
fainÂete de vie:& monftroit par le figne cô- 
mlt on y paruiêdroit.afcauoir fi tout ce qui 
naiflen la chair effnitcircncis enThomme, 
pource que toute l.t nature cf) vicieiife. Il 
aduertilToit donc Abraliam p.irle figne ex- 
terieur, de circoncir fpirituellement la cor- 
ruption de fa eliair:a «luoy aulTi Moyfea re- 
garde ,V fait vnealliifion, Dtut.io.d.iS. Et 
pourmOftrer que cela n'eftoit point vnc œu 
\ire d'hâmcmais de Dieu, il a voulu qu'on 
circôcifl les pet is enfanstcdrc; & nouuellc- 
nicnt nais, qui n'eftoyêt pas encore» en aagc 
•le pouuoir accôpiir ce cnnimâd^mcnt c'eft 
a dire de fe circoncir en leurs corps, Et de 
f.iiA.Movfe n'a pas oublié ci la, que la Cir- 
côcifiou fpirituellc eft vneœiiure de la ver- 
tu de Dieu.côme on le voit.Dcut Jo.b.ff.Lo 
Seigneur circoncira ton ciiur.&c Les Pro- 
phètes ont encore puis après dône a entcdrc 
& déduit ccl.i mefme beaucoup plus clairc- 
fnent Bricf.côme aiiiourti'huy le Baptelme, 
ainfi ancienncmét la Circoncifion fcriioit a 
deux chofe» : afcauoir a rendre teltnoign.ige 
tjtde la noiuieauic dévie, que de l.i remif. 
(ion de* pc cliez. ,^u rcfte.quât a ce qu'c la 
perfonoed'Abrahâ la Circôcifion tft venue 
après la iuftice.cel.i n'a p: s toufiours lieué» 
Sjcremcs, comme il appert en Ifaac, 8.'ccux 
tluifont puis nprcs dcfcendus deluy : mai» 
T)ieu a voulu des le cômencement pour vne 
foi» Cf.duire ainfi ceft .ifte, qui fcruift d'exé- 
plc, afin que puis âpre» pcrfonne ne vcinft a 
attichcr le falut aux chofe» citerne», .-fj^n 
••'i/ ^ifpcrr. Kotons comment la Circon. 
fiCiua a'Abriham confermenoflre foy tou- 



chant l.i iuftice gratuite. Car e'eft'vn feaa 
de la iullice de la foy, afin que iufliee fnit 
impu'ee a nous auffi croyans. Et ainfi lainft 
Paul d'vn merueiUeux artifice recharge fur 
lesaduerfaires le» chofe» qu'il» euflcnt peu 
obicfter. Carfi la veriie & vertu de la Cir. 
concifion efl mefme trouuec .iu Prépuce , il 
ne f;iut point que les luifs péfent tant auoir 
de quoy f'clleuer par delTus les Oc i il s. Ma if 
viu qu'on pourroii faire ce doute, Ne faut- 
il pas donc qu'a l'exemple d'Abraham nom 
prenions le figne de la Circôcifion pour cou 
fermer la mefme iuflicc?pourquoy cff-ce 
que l'Apoftre n'en a rien tputhé» Ccrtc», 
pource qu'il luy a fembléquc fis parrlet 
flonnoycot affcz fuffifantc refolution o'vnc 
tL Ile qUcflion.Car depuis qu'on aura ?ccor- 
dc ce propos. Que la Circoncifion fert feu- 
lementpour fecTier la grâce du Scigmur, il 
f 'enfuit qu'auiourd'Iuiy elle nous ift fuper- 
fliic, vtu que nous auons vu figne ordôi'c de 
Dieu au lieu d'iccHe. Ainfi dune pource que 
là oilcft leBapee'mc. il ne rel^c plus aucun 
vfaje de la Circoncifio i , il n'a point voulu 
f 'jir.nler a difputcr ri'vncchofequi n'efloit 
aucuuemct doutcufc: AfcJuoii j'ourquoy Ij 
iufticc delà foyn'cftoit fcellrc é* Gentils 
par II Circoncifion , fi aiufi ;•(! qu'ils aycnt 
(cmblancc auic Abrah.iiii. Crirre bxi le Pre. 
purf : fignilie q\ie les Gentils fe contentan» 
de leur condition, ne f 'entremettent point 
de prendre la marque de la Circoncifion. 
Et ainfi ce inor Pjr tft mis pour Ei: : tom- 
me f 'il y auoit , Croire en Prépuce , ou au 
Prépuce. 

II ^1 cfux tfv! nt Cm pytit ^lutcmcnt Ar U 
City.ticifin. Efl'f fe prend yci pour Elfre 
prife & eftimc Car il donne vne atteintef 
aux enfans charnels d'Abraham, Ie"quelf 
n'jyan» rien autre chofe que la Circo- ci- 
fion externe , fe contentent de cela , & feu 
glorifient a plaifir. Car ils ne tienent cont^ 
de l'autre poinA, qui f file principal , afca- 
uoir d'cnfiiyurc lj foy d'Abraham , pir la- 
quelle feule il a obtenu falut Par ceci il ap- 
pert lôment l'Apoftre regarde bien longnr u 
fcmcnt a difcerncr entre la foy &; le Sacre- 
mentînon feulement afin qu'aucun ne e to- 
tem e du S.icremcnt fans la foy , comme Cil 
eftoit fu.'"fi(.intpour iufJifier- mais .luifi .-.fin 
que la foy feule f.'ce le tout en etS^ endroit. 
Car quand il conùlTe que les luifs circn:icij 
font iufiifi-z , il adivullenommeement crftc 
escepiion.Pounieu qu'ils f'arrcl»eni fiitij.le- 
ment a la foy.fuyuis l'exemple d'Abraham. 
Car que veut dire ce mot , Uf s yni ^ rflr ju 
P>rt,H,r : fi„on que l'eft pour u.onftrer qu'i- 
celle ftule fulfit, fans qu'il luy faille nu-re 
aidt-Ainfi donc il le latit oonntr g.iide qu'eu 
panifiant entre l.i loy & le Sacrement , o.i ne 
face vu incfliriçeSt qu'on ne mette deux cju- 
fcs de mftifier. Parce mefme moyen eft re- 
pnull'je lailoArinedes Sophiftes , qu'on ap. 
ptllc SclioUDiques, touchant lad (T. re'ce en- 
tre les Sacrenieus du vieil Tcftament & ceux 
dunnuueail. Car ilsdifent que ctui-la n'a- 
iinyecpoint vertu de luf) ficr,mais'oucccux. 
Cl l'ont. Mats fi lainft P.;ul argumenie bien, 
^uaiid ayant die ^ucla CjiconCjfiuniK ivn 



Chap.Iin. 



S.VR L'EPISTRE 



'ou. 



point 
adue- 



ftifiepSSfilleprouued'iutant qii'Abrah.im rons que les hommts foyciit iuftificz pir 

acftc iuftifié par foy : ccftc iiufinc raifoii lu IcBaptcfine, veu <iu'ilsfont mftifitz par U 

aufli lieu entre-nous, tellemet que nous nie- mcfmc loy qu'Abralum. 

13 Caria promejfè 'ri a point efte fa/te a Ahraham ou. a fa 
n'cft femence (tefire héritier du monde,par la Loy, mats par la ittfitJ 
ce defoj. 

13 Cur /< promcffr. Maintenant il répète tout le mode fuft rcml- Tu? , de !a difTipatiS 

plut clairtnicnt l'antilict'e qu'il auoit aiipar- & inalcdiâion en laquelle il eftoit. tt pour 

f2tigr)1iX auant touchce.entrcla Loy & la foyMaquel- ce regard, l'Apoftreaux Htbricux (chap i. 

j ^ le iliinus faut diligemniét notcr.pourceque a.î)appclle Chrift l'iicriticr <lc tous les bie» 

4a Loy g la foy n'emprunte rien de la Loy pour iu- de Dieu: pource que Padoption laquelle 

a AV)ra- ^^^<^'' • P'"' ''^'''' "°'" pounons bien entendre nous auôs obtenue par fa grâce, nous remet 

, _ qu'elle n'ha regard qu'a la fei;le mifcricorde & reftablit en la poflelTion de l'héritage, la- 

riÉ OU 2 de Dieu Au relie, il eft aifé de réfuter la ca- quelle nous auons perdue en Adam. Mai» 

Ç f uillation & rcfuerie de ceux qui veulent que pource que fous la figure de la terre Je Cha 

^a ^"~ ceci f.iit entendu feulement des cérémonies, naan.non feulement l'efperancc de la vie 

luéce C.irfi les œuuies feruoyent quelque chofe celefte a efte propofeea Abrahâ, mais auflî 

y- y^ «la iiiflification , il faloit pluftoft dire, La la benediftion de Dieu ptene & accôpliedo 

[^ajc^- promcflen'a pasefte faite par la Loycfcrite, tous points.a bon dr-oift l'Apoftre dit «(ue I3 

■Unir Ac mais par la Loy dénature. Or nous voyons feigncurje& domination dumo:idc luyfut 

que faina Paul ne met pas a l'oppolite des promife. Les fidèles ont quelque goiift de 



eftre 
heii- 



cercmonies , U fainftete fpirituelle de Tic, cela en la vie prel'cnte: pource que combien 
' ' u'ils ^oyen^folluen^en neceriitc,& preflei 



mais la foy & la iufticed'icelle. La fommc 
donc de ce propos eft , Que l'héritage a efte 
ticr du promisa Abrahâ, nô pas pource qu'il l'euft 
mérité par l'obferuation delà Loy : maiî 
pource que par foy il auoit obtenu iuftice. 
Etauffifcomine falnft Paul dira tâtoft) lors 
vrayeincnt les confciences ioulfient d'vne 



mode,) 
mais 



de pourete.touteffois d'autant qu'juec tran- 
quillité de confcience ils f'aidiat des créa- 
tures, lefquelles Dieu a créées pour leur v- 
fage: d'au.intage qu'aucc 1") f.iueur, ti par fa 
bonne volonté ils iouiffint des bénéfices ter 
riens, comme de gages ou arre'. de la vie e- 



paiï ferme & affi-Urce, quand elles fentcnt ternellc'.leur pouretene tes empefclie point 
rqu'elles recoyuêt de dot) gratuit ce qui h'e- de recognoiftre que le ciel , la terre ,& la 
iloitpoint de» de droift.De là il f'enfuic mereft a eux.Au contraire, les infidèles, cô- 
aulTique les Gentils font participans de ce bien qu'ils fc foulent & reniplifl'.'nt des ri- 
benefice aulTi bien que les luifs , vcu que la chertés du monde, ne peuuent pas touteffois 
caufe dont il procède , appartient eealemêt dire que rien (bit aeux.mais pluftoft ils les; 
o tous les deux. Car fi aînfieftquele falut dcfrobbent,d'autâr qu'ils les vfurpci & T'en 
sles hommes foit fondé en la feule bonté de feruent auec la malediftiô de Dieu. Et c'tll 
Dieu, ceux qui vculët forclorrede falut les vne grande côfolation aux fi.dclcsen leur po 
Centils , arreftent& cmpcfchct le cours de urctc, de fcauoir qu'en viuât l.i petitement, 

touteffois ils ne defrobbent rien d"autruy: 
mais recoyutnt tous les ioiirs de la inaiii du 
Père cclefte leur portion c5uenable,iufquei 
a ce qu'ils entrer en plene pcllVffion de leur 
herit.ige.lors qu'a leur gloire feruiront tou- 
tes créatures Car pour ccfte caiife le ciel 84 
la terre feront renouucler, afin qu'a leur en- 
droit, félon leur qualité & mefiire ils feruct 



îa bonté de Dieu, entât qu'en eux eft. D'< 
Oit hi-riirr ttu mande. Vcu que le propos eft 
maintenant touchât le falut éternel, il fem- 
fcle que l'Apoftre ne procède point perti- 
remmët de ramener les Leîleurs au monde. 
■Mais il comprend fous ce mot generaicmêt 
le reftablilTcmtnt qu'il falolt attendre & e- 
fpercr de Chrift.ll eft vrnv que c'cftoir bien 
J ■ - •• " •< - 



Je principal poinft que le reftablilfcment en auflî a exalter la maieftc & magnificêce du 
la vie.touteffois il a falu auffi que l'cftat de Royaume de Dieu. 

14 Carpceu v efui font de U Loj^font héritiers , lafoj ejia- 
tteantie.,<^ la promejfe abolie: 

!<; Veue/uela Loy engedre ire-car la oh il ny a point de Loy^ 
'iln'^ a point de tranfgrefion. 



■ fi nu\ ^u! font df /,t t'>y. Parvne 
ïmpolfibilite ou abfurditc qui f 'enfuyiiroir. 
Il monftrc que la grâce laquelle Abraham a 
obtenue de Dieu. ne Iny a point efte promife 
fous la coiucnance de la Loy,ou pour le re- 
gard desœniires. Pource que fi ceftc condi- 
tion y eftoit mifc , que Dieu reçoit a l'hon- 
jieur d'adoption ceux la fcuicmët qui le me. 
ritét,oii qui accomplinVnt la Lcy, il n'y au- 
roit ccliiy qui of.ift I '.ilfeurer qu'elle Iny 



vne (ï grade perfeftion en foy.quM fc puiP. 
fc refondre que l'héritage luy eft dcu par la 
iuftice de la Loy? U f:; donc fi-ru't .inr^ntir: 
car la conditiô impoffi'ile non feulemct laif 
fcroit les âmes en fufpens, & les tiendrois 
en perplexité, mais uufmes les tormêteroit 
de tremblement 8f frayeur Et p.ir ce moyen 
l'cfref des promtlfcs f "efuanouiroii . pource 
qu'elles ne ptoiifiici rieaCnoncfiâs receues 
par foy Orftnos aduerfaires auoyent de» 



ippatcwnâ. Car ^ui çft ççAny U <jui fçnw juniUe» pour cfçouur, «elle feule raifon. 



AVX ROMAINS. 



îo 



fl nVaiiroitpa' grande difficnlte a dtfmcf- 
ler le dcbjt «)iii cft rntr'cux JV noU5.L'Apo- 
llrc prclup^>o^c pour vn poinA in<ltibitable> 
ijuc lc5 promcffes de Dieu nt vienent point 
a aiioir leur efficiccfi r.ous ne Us rcccuon] 
en cerrainc fiâcc de coeur. Qiic l'era-cc donc 
ii le l.iluc des hommes cfl fondé fur l'obfcr* 
uotinnde la L'>)'> Les eonfcicnccs n'auront 
aucune certitude , mais elians tnrmcntecs & 
■gicees d'vne ini|uictudc continuelle, finale- 
ment elles demeureront accablées de deT- 
t'.]>o\r. Ti fur cela il faudra que la PremfJJt 
anCCi l 'eritannu^lTe Cins fruit , d*autant que 
I'jecnm()lin'emcnt d'icclle dépendra d'vne 
cliul'c impoiTiblr. Vienent maintenant ceux 
<{iii er.lVigncnt le poure peuple d'acquérir 
faliit par opuures :côme ainfi foit que fainA 
Paul déclare franchement que laprom^lTc 
ert abolie , fi elle eft fondée ou appuyée fur 
les ornurcs. Mais fur tout c'efi vn poinA le- 
quel il cft bien nccc flaire qu'on entende, A- 
f,auoirque la foyeft anéantie,!! elle et ap- 
puyée fur les (Ciiures. Car p.ir Cela nous ap- 
prenons que c'cft de la fov , & quelle il fau- 
jiriiii que fuft la iuftiee dis oeuurcs.a ce que 
les homes peuffcni f 'y fier ."(t arrefter,-(leu- 
reement. L'Apoftrc enfeigne que la foyeft 
fteftruite , fi l'Orne ne fr rtpoleen certitude 
fur la honte de Dieu il l 'enfuit donc f|Hc la 
foyn'cft pas vnc ccgnoifl'ipcc nuede T>ieti 
tiu de fa verirc,& non pas mti'ine vne fimplc 
ptrfuafionquc Dieu cft, & que fa Parole cft 
v:rite : nuis nue c'cft vne cognoitrance cer- 
taine de la miftricorde de Dieu.conccue par 
rF.nangile.la Miellé .'•cquicri paix & repos a 
la eôfcienee deuam DitU Ainfi donc.le fom- 
m.iirc de ce propos cft , que fi on met le fa- 
llu en l'obferuation de l.i Loy .Icciur ne 
pourra auoir aucune airciirince d'icelny ic 
quemeiincs toutes les promcftcs quo Dieu 
lidiis pourra laite , dcineurcront funs jucun 
effet Pjrquoy c'cft fait de nous,&: no'foin- 
nies perdue fl on nous renuove aux œunrcs, 
«liiand il eft qutftôde diciclicr la caul'e ou 
la certitude de noftre lalut. 

15 l^n que /a Uti rnf^exJrt Irt. C'cft la cô- 
firmation de la fenteuce précédente par le 
tôtrairc effet de la Loy. Car puis que la Loy 
n'engendre que vcngcnee.elle ne peut appor 
ter graiT-Vray eft qucfi les homes eftoyent 
hons.purs, f/ entiers, elle leur monftreroit 
le chemin de vie : mais enant qu'eux eftani 
vicieux & corrompu', elle leur commande 
te qu'ils doyuent faire, & cependant ne 
leur fournit pas le pouuoir de l'accomplir. 



elle les rend conuaintin denint le jugement 
de Dieu. Car a caufc de la corruption Je no. 
flrc nainrctant plus nous fommes ei.feignei 
de ce qui eft iufte & droit , tant plus aperte- 
nient le dcfiouure nnftrc iniquité , & prin- 
cipalement la rébellion; & parce moyen 
nous atiirons va (lus grief ingénient de 
Dieu. Le mot d'Irr Ce doit prendre pour le 
iiigcmcnt de Dieu, comme aufli il Ce trouue 
fouuent en ccfte fignifi,auon. Ceux qui eX' 
foient que la Loy cuflâmc l'ire du pécheur, 
pourcc qu'il ha le Legiflucur en haine ïe 
cxccrauon, voyant qu'il eft contraire a fet. 
cupidiici, pailcnten cela bien fubiilenient, 
mais non pas gueres » propos pour ce p.i lia- 
ge. Car tant l'vfage eommC du verbr qui eft 
y.ci mis , comme aulVi la rail'on qu'il jdiou- 
fte incontinent après, monftre eiiideniment 
que faini.t Paul n'a voulu dire autre chofe, 
finon que de la loy il iic nous renient que 
condamnation fur nos teftes. Ou il «'^ 4 
fcmt de Isj. C'cft vnc féconde probation, 
par laquelle cela mefmc qu'il auoii dit, eft 
confermc.Car autrcmêt on n'euft pas enten- 
du Ii clairement ■ comment c'cft que la Loy 
tnHambe Pire de Ditu contrenous , fi la rai- 
Ion n'en apparoilToit mieux, la raifou donc 
cft, poiirte qu'.<yans par la Loy eu ccgnoif. 
lance de Ij luftice de Dieu, tant rroins qi.'il 
nous refte d'exculc , d'.mtant péchons. nous 
plu «griefueme': contre Dieu Car c'eft bien 
rjifi.» que ceux qui ayans cpgiiu la volonté 
de Dieu, la mefpnfeiit.fi.uftitne't plus gricf- 
ue punition, que ceux qui failknt par igno- 
rance-Or l'ApoItte ne parle p.is d'vne fiir.pl» 
iranfgreflion de la iuftiee de laquelle nul ne 
fe trouuc pur & innocent ; man il appelle 
irr)i/^.;r.(<Vj/i,quid le ea-nr enfeigi'é de ce qut 
eft plaiiant ou dtlplnilont a Dieu , rompt de 
fon fciu & propre gre les bornes qui luy fôt 
limitées par la bouche de Dieu, tt pour di> 
re en vn mot, T-aiif^Ttlîicn ne figr.ifie pas ycl 
fimpleinent Pethe, mais vmc obftination ve- 
nant de propos délibéré a violer* cnfrain- 
drela règle de iufticc.Ce mot Oii.fignifie au 
cuneflfois en Grcc,niiqiicl.& aucuns le prc- 
iient ainfi en ce pnflagc ; mais il vaut mieux, 
le preiidre en la figiification commune. 
Touteltois le fens demeure toufiours vn, 
Q^ie ccinv <|ui n'cft point inftruit par la loy 
efcrite, fil pèche, n'cft point cnulpable oc 
fl grande tranfgreflion comme en eft côuain- 
cuceluy qui par vne obftination a eiifriint 
& violé la Loy de DicÀ 



I<î Pour ccftc c.iiî(c crflp.trfo^-^ ce /yt/c ce Cohf>/trgr/ice,/t^ 
fn tf tir lït pro>7:clTc fitf itjfrttree a toute Lt femencc: non jeulemef 
a celle ajtù cflAcl.tLoj , mats .tujii .i celle tj$tt ejl de Lt foj d'A- 
hr^ih^tmJec^Kcl eflpere de T:otis tous Cri.tT j 4 

17 {Comme tle(iefct'tt^\Ietitj confUtue père dcplupeurs tt.i- oU,dô- 
tions)dciitttit DieH,/iujucl il ,1 creu-lcajuci ^'itnjîe les morts ^^ ne vie 
appelle les chnfcs tjfti ne font point-^comme fi elles efioyeKt, aux 

l« P:urcijituufe. C'cft le paracl\eBCiuet tic l'argumcutilecrucl onpourtolt aiu&re. niOi'tS^ 



Chap.IIir. 



SVR L'EPISTRE 



cueillir toucen vn fominaire: S'il nous faut 
auoir l'héritage de falut p.ir les ocuures. la 
foy d'iceluy tombera bas, la promelTe d'ice- 
Juy fera abolie. Or il faut que l'vne Se l'au- 
tre foit certaine: il f 'enfuit donc <]u'il nouf 
Viëtpar la foy, afin que la fermeté d'iceluy 
cliant fondée en la feule bonté de Dieu , ait 
Yn effet ou accôpliflemct certain & alfeuré. 
Regardons yci cornent l'Apoftre eftimâtla 
foy par vne certitude ferme & fiable , tient 
doute 8c incertitude pour incrédulité, par 
laquelle Se la foy eft abolie , & la promclfe 
oneâtie.Et toute ffois.cefle façon de douter, 
c'eft ce que les Scholaftiqucs appellent Cô- 
iefture morale: laquelle de leur grace(tant 
ils font habiles gens) ils mettent au lieu de, 
la foy. ^fiit ijuc i>.<rgt.tce.Ycl l'Apoftre mô-' 
Ure premièrement, que la foy ne fe propofe 
rie que la pure grâce, & que cela eft Ton ob- 
ïeft, Comme on dit communeement. Car (î 
elle regardoitaux mérites, fainftPaulfe- 
Toitvne mauuaifeconfequence , en difant 
«jue tout ce qu'elle nous obtiët de Dieu, eft 
gratuit. le le diray encores vne fois en au- 
tres termes; Si tout ee que nous obtenoiu 
par foy, eft grâce, il faut que toute confi de- 
ration d'œuures cefle. Mais ce qui f'enfuit 
incôtinent après, ofte encore plus claircmet 
toute ambiguite:afcauoir quand il dit, (^c 
adonc /<< fromcffe cft_ dff^u/ee , quand elle eft 
fondée & arrefteefurla grâce. Car par ee 
mot fainA Paul conferme que tant que les 
hommes f 'arreftent aux œuures,ils demeu- 
rent fufpës & en doute, pource qu'ils fe ren- 
dent fruftrez & forclos du fruit des promef 
fes.Il eft alfé auffi de recueillir de ce pafla- 
ge , que Gract ne fignific pas le don de régé- 
nération, comme aucuns imaginent, mais fe 
fircnd pour la faueur gratuite. Car comme 
a régénération n'eft iam.iis parfaite , auffi 
iamais elle ne feroit fuffifantepour appai- 
fer les anves , & ne pourroit pas d'elle-mef- 
me ratifier la promcfle, & luy donner effet. 
TVo/i feulement A celle tjiti e/l île U Ity. Conmie 
ainfi foit qu'en d'autres paffages ce mot fi- 
gnifie ceux lefquels eftans zélateurs indif- 
crets delà Loy, f'afTuietiffët fous fon ioug, 
&fe glorifient en la fiance d'icelle ; yci il 
(ignifie finiplenient le peuple des luifs au. 
<]u«l la Loy du Seigneur auoit cfte donnée. 
Car fainft p.iul déclare ailleurs , que tout 
ceux qui demeurent alTuictis a la domitia- 
tion de la Loy.font fous malediâiô:&' pour- 
tant il eft certain qu'ils font forclos de par 
ticiper a la grâce, Galat.îb.io.Ainfi donc, il 
n'entend pas les ftrfs de la Loy , lefquels e- 
ftans atiachcz'a la iuftice des oeuures, rcnô- 
cent a Chrift : mais les luifs, qui ayaus cfte 
rourris en la Loy.lc rangeoycnt a la foy de 
Chrift Au refte,,-ifiii que I,1 fcnii'ce foit plus 
claire, nous la refondrons ainfi. Non fcule- 
menta ceux qui font de l.i Loy.maisa tout 
ceux qui eufuyuciit la foy d'Abraham , en- 
core qu'ils n'jyent point eu la Luy aupar- 
auant. Le<juel e/l père de ntui icm. Ccmot 
Ifi^Bf/i/î , vaut yci autant comme f "il y a- 
lioit , Poutcc qu'il ctt ■ c,->r il veut prouucr 
c^ les Cicimls participât a ccflcKr,icc, pour- 
ct que par le incfrae oracle de Dieu, par le- 



quel l'heritagt a efte promis, 8: par manière 
dédire eft efcheu a Abraham& arafemciw 
ce,les Gentils ont efte appelez pour eftre fa 
femence,Gen. i7.a 4. Car il eft dit qu'il ut. 
fit emflituè jicre, non pas d'vn peuple.mais de 
plufieurs nations En quoy fut dés lor-, figni- 
fiee l'eftêdue qui fe deuoit faire de la grâce 
qui pour ce temps-la eftoit enclofc entre le 
leul peuple d'ifrael. Car fi la bcnedidion 
promife ne fe (uft eftcdue aux Gëtils, ils ne 
pouuoyët eftre tenus du lignage d'Abrahâ. 
Quâtace qu'il vfedu verbe fienifiît vn tëpj 

faftë, en difant, /fi'.t;! c:>iy?(;«,:c'eft fuyuant 
'vfage comiide l'Efcriture.pour dénoter la 
fermeté & certitude du confcil de Dieu. Car 
côbien que lors il u'apparoiffoit rien moins 
que cela,touteffois pourtât que le Seigneur 
auoit ordônc qu'ainit fcroit , a bon diuiâ & 
bien vraycmêt il eft dit qu'il a cfte côftitué 
ou fait père de plufieurs natiôs. Il faut en- 
clorrepar parêthefe le tefmoignage de Moy 
fe,afin que les mots qui font deuât.f 'entre- 
tienët auec ceux qui fuyuent après, en cefte 
forte , le-jue/ ejl perf Je ntui td'i deujtnt Dieu, 
&c Car il eftoit neccflaire de déclarer quât 
& quât de quelle façon eftoit ce/ie commu> 
naute delignage.afin que les luifs ne fcglo- 
rifiaflcnt par trop en la generatiô charnelle. 
Il dit donc qu'il eft peie deuxnt Dieu: ce qui 
vaut autant comme f 'ill'apieloit Perefpi- 
rituel'.car il tient ce bien non pas de fa pro. 
pre chair, mais de la promcfle de Dieu. 

17 ^uiutl il .1 creu. Par cefte circonlo- 
cution eft déclarée la vraye&nayfue fub- 
ftance de la foy d'Abraham, afin de venir 
aulTia parler des Gentils a l'exemple d'i- 
celle'car il faloit qu'il teîft rn merueilleux 
chemin pour venir a embraflerla promeffe, 
qu'il oyoit de la bouche du Seigneur, veu 
qu'il n'en apparoiffoit aucun figne. Semen- 
ce luy eftoit promife , comme l'il euft.efte 
en la fleur de l'on aage & en fa force, & il e- 
ftoit amorti. Il faloit donc qu'il drtflaftfon 
el'prit pourpenfer a cefte vertu de Dieu par 
laquelle il viuifie les morts. En cas pareil 
on ne doit pas □laintenani trouuer eftrange 
fi les Gentils, autrement cft-ins fecs &■ a- 
moriis , font inferez en la communion Car 
quiconque dira que pour cela ils l'ont inca- 
pable; de la grâce, ceftiiy-la fait tort a .^bra 
liani: duquel la foy eft appuyée fur cefte re- 
foiution , Que c'eft tout vn , encore que ce 
foit vn raort.celiiy que le Seigneurappclle a 
la vic:reu que quand il patle,il Iny eft faci- 
le par fa puiffaucede rcffufci-er les miwts. 
Au refte, nous auô< yci tous vniuerlellcmct 
vn p.itroii ou miroir de noftre vocation, par 
lequel nous eft propolc dcu.mt les yeux no- 
lire premiercommcnccment ou entrée, non 
pas en la première nailfancc, mais en l'efpe- 
ranccde la vie a venir: Afciuoir que quanti 
nousfommes appelri par le Seigneur, nous 
fortons d'vn rien. Car quels que nous fem- 
blions élire, fi eft-ce que nous n'auons paJ 
mifinc vne fculc eftincellc de bië aucil , qui 
nous rende capables du Roy.mme de Dieu. 
Car mut au côtraire, pluftoft il faut q nout 
niouriôs du tout a nous merines, pour eftre 
faits pruproi a ouii la vocation de Dieu. 
^ Vo/»4 



AVX ROMATN?. 

TO^Iall eondîtlondela vocation:c'cft que rclonI.i façon cominunc de l'Efcrltdr* pour 



ceux qui (ont mores , l'oyent rcirulcitez par 
le Seigneur : que ceux qui ne font rien, 
coniniiiicenc par (a vertu, a eftre quelque 
«hofc. Le mot D'ajpiler ne fc doit pas yci 
rcAtaindre a lapredtcationtmaisil le prend 



Sulciter/Si ce pour mieux exprimer l.i vertu 
de Dieu , lequel par Ton fimplc vouloir , Se 
comme en faifant feulement figne (par m.i- 
nicre de dire; drcflc & t'ait venir ceux qu'il 
veut- 



18 L eejucl Abraham outre ejperance creut 'en ej^erance-, a 
ce qM*/lff{ffpere deflujîetirs n.tttons-^p:lon ce efut luy anoit este 
tiif,\ -i/njtfèra ta fèmence. 



18 Lfiptel ,4l>iith.tmm!rr efj>eriinci. Si 
«lous lifons ainfi le pallage.Ie fcns fera. 
Combien qu'il ne veift aucune apparence, 
mats (ilufioft toutes chofci contraires , que 
touJtlTois il ne IjilT.i point de croire. It de 



mefTc que Dieu a faite : en ce Cens ,Com. 
biin qu'Abraham n'euft aucune matière de 
efjicrer, touteffois par efperance il fe re- 
pofa en la promefTc du Stigncur: & pouf 
efpercr, ce luy fut atfcz que le Seigneur l'a» 



'ou, fo» 
cfperâ- 
cc, 



fais, il n'y a rien plus contraire a la foy, uoit promis , quoy que la cliofe en foy fuft 
que de tenir nos efprits attachez aux yeux, incroyable- Sf 'm ce qui /uy .lunii r fte dit. le 
pour chercher matière d'cfpcrer par ce oui l'ay voulu ainfi tourner , afin qu'il fyit rap- 
îeprefcnrea la veuë . Onpourroitauffi lire porté .m temps d'Abraham. Car fainft Faut 
Par dcflTus efperance : & paraucnture que veut dire, qu'.\braham eftant iblicitc par 
cela viendroit mieux a propos : comme (""il plufieurs tentations a perdre toute e(pe- 
difoit, Ciu<^ ?" f* foy '' monta beaucoup rancc, afin de ne fuccomber & défaillir, dé- 
plus haut 'ine tout ce qu'il pouuoit conce- ftourna fon efprit a ce qui luyauoit elle 
unir en fon entendement. Car fi la loy ne promis, Ta femence fera multipliée comme 
vole en haut de ces ailes celeftes, pour def- les eftoillcs du ciel ,& le fable de la mer. 
«l.Tigncr tous les fens de la chair , S: lestaif- Car tout exprès il a allègue ce tefmoignage 
fer yci b.is bien l.iin, elle croupira touf- envn mot , fans reciter toute la fcntence, 
iours en la bouëdece monde.Au relle.com- afin de nous aiguifcr & inciter a llrel'hf- 
me ainli foit qu'en cclie fentence fainft ctiture. Car aulfi les Apoftres par rout ou 
Paul vfe deux fois du mot D'ef^rrd.ict : a la il eft queftion d'allcguer l'Efcriture , re- 
preniiere ilfignitîc l'occafion d'efpererque gardent de bien près a ce but , de nous in- 
an peut prendre en nature , Je de la raifon citer a la lire diligemment & atteniiue» 
de la chair a la féconde, il fignilie la pro. ment. 

19 Et ri'cïlant' débilite enlafoj^neutfotutefgarditfon 
corps ta amorti , ^v« tfuil attoit fret de cent ans , ni anjii a la 
tnatnce de Sara ta amortie. 

i o Et 'ne dijj>uta point ptr la promejfe de Dieu par defjîan- 
ce-.maii fut fortifie par foj^donnant gloire a Dieu: 

II Et (cachant certainement que ce qti'il aitoit promis , // 
efloitpuiffant de le faire auft. 

11 Parcjuoy aujbi cela lu.\ a efte rcpHte a ittFtice. 

19 Hf n'elLtiti Jrii/iir. On pourroit dénouante ans enfantera-elle? Mais pource 
laifler l'vne des deux negatiues, & dire, tt qu'incontinent mctcint en arrière cilte con- 



'ou,<Ic- 
bile 



'ou , ne 

fcir 

poît de 
douc& 



n'eut point cfgard, eftant débilité en la foy, 
a fon corps ia amorti. Mais cela n'emporte 
rien quant au fens. Or il monftre maintenât 



lideraiion , il alfuictit au Seigneur tout fun 
fen5 & toute fon appreheniion.l'Apoftre dit 
Sl^'il n'en' f.int ij\Atil. tt de faift.ce fut vne 
plus grande confiance a luy , de deftourner 



de plus près, ce qui a peu cmpefche 

pluftoftdu tout deftourner Abrali.imde re- ia pcnfee d'vne choie Liquelle de l'oy-mel^ 
ccuoir la promcfle. Dieu luy promcttoii fe- me le prefcntoit dcuant l'es yeux, que i'il ne 
menée & lignée de Sara , lorsque félon na- luy fuft rie venu de rout cela en la fantafie. 

Or que le corps d'.Abraham fufl lors amorti 
de vicillelfc auant la bencdiâion du Sei- 
gneur , l'cft vn poirâ qui eft prouuc aflct 
cLiircnicnt tant en ce palfage , qu'en Gencfe 
17, fi li! ■' tellement que IVpinion de S. Au- 
giillin n'eft aucunement reccuabic , Irquet 
en quelque endroit pcnfe que l'impclchc- 
nient n'ciloit qu'en Sara. Et ne f.iut point 
l''j:refter a I abl'urdiie de l'ubie<tio.i . la- 
quelle l'.i contraint de recourir a crftc folu- 
tlon. Il liiy (en'hlc que c'- ft vne mocqurrie 
de dire qu'.^braham en l'.iage d.- cent ans 
f«ic ao ■ami amgrti, tcu que qucK^ue Icœpt 



ture luy de fon cnfté eftoit incapable d'en. 
gendrer,& Sara de conceuoir. Tout ce qu'il 
l>ouiioit regarder en foy & autour de foy, 
eftoit contraire a l'accomplifl'ement de la 
ptomcffe. Afin donc de donner lieu a la vé- 
rité de Dieu, il deftourna l'on rfpnt des cho- 
fcsqui fe prefentoyentdeuant Tes yeux, & 
(par manière de dire ) iVublia foy mefmc- 
Toutcllois il ne faut pas ente'dre qu'il n'ait 
aucunement regardé a fon corps amortin-cu 
que ITfcriture tefmo.'gnc qu'il fiit cedif- 
cours en fiy.mefme, L'iiomme Jagc de cent 
anspourra Uauoir Lgnct. S( Sara eu l'aagf 



chap.irir. 



SVR L'EPISTRE 



après il engendi'a plufieurs enfans. Car par 
tela mcline Dieu a monftré fa puilfance 
«J'vnc façon plus admirable & magnifique, 
quand celny ijui aupar.iuant auoit eftc com 
me vn tronc fleftri & (ec, après auoir rccou- 
wrc force & vigueur par la bcncdi^tion de 
Dieu, non fculemët eft fuffifant d'engendrer 
Ifaac , mais auffi comme fil euft efte remis 
en la fltur de Ion aage, cft vigoureux pour 
ch engcndrcrd'aucfes encore après. Mais, 
dira quel.ju'vii, cela n'cft point répugnant a 
Tordre de nature , «ju'vn homme engendre 
en cefl aage- la. bncore que i'jccorde <juc ta 
eliofe n'eft pas proJigieufc & contre nature, 
fi eft ce <iu'elle approche fort de miracle. 
P'auâtage, tju'on confiJcre combien de tra- 
uaux, ennuis, voyages, U deftrelfes ce faind 
perlbnnagc auoit parte en toute fa vie ; Se il 
faudra confelfcr qu'il n'eftoit pas moins vfé 
& delfechc de trauaux , qu'alFoibli de vieil- 
Jefle. Finalement, quand fon corps eft nom- 
mé ^mîr;i:ccla fe dtt par comparaifon & au 
legard du remps précèdent , non pas (Imple- 
incnt. Car il n'eftoit point vray-femblable 
<jue celny qui en fa force & rieur de fou 
aage. ii'auoir point efte capable "d'cngëdrer, 
coinmcnceafta le deuenir lors «ju'il cftoit 
tout carte & fans force.Qiianta ce qu'il dit, 
Jilj'i.'tie fui point debiliil: en l.t foy ; c'eft a di- 
j-c , qu'il ne fut point en branflc & chance- 
lant, comme nous auons accouftunié d'eftrc 
quand nous doutons d'vne cliofe. Car il y a 
double débilite de la foy. L'vne , qui luc- 
tomb.mt aux alTints de tentation , nous fait 
déchoir fi oublier la vertu de Pieu. L'au- 
tre , qui procède bien d'imperfcSion , tou- 
teffois elle n'efteint pas la foy. Car d'vn 
cofté l'entendement n'eft iamais tellement 
illuminé, qu'il n'y demeure toufiours beau- 
coup de reliques d'ignorance : 3i d'autre» 
part , le copur n'eft iamais fi bien eftabli & 
confernié, qu'il n'y ait de refte beaucoup de 
«toute. Les fidèles, donc, ont vn combat con- 
tinuel auec ces vices de la chair .aTcauoir 
ignorance & doute :auquel combat Uur foy 
receoit fouuent de terribles fecoiiircs,& ha 
bien a tirer, mais finalement elle emporte 
la viftaire: tellement qu'on peut dire qu'ils 
font tcclfermes au milieu de leur infir» 
mite. 

20 tt ^e lilsputa potfit. Combien que ie ne 
blafme point ne|l'ancien Tranflateur Latin, 
tu Erafme .qui'ont traduit ce mot vn peu 
autrement : toutelVois ce n'eft pas fans rai- 
fon que ie l'ay ainfi traduit. Car il fcmble 
que l'Apoftrc a voulu dire, qu'Abraham 
n'a point apporte la balance d'incrédulité 
pour poifer& efprouucrfi le Seigneur poiir- 
roit accomplir ce qu'il promettoit. Cela eft 
proprement difputer i'ur quelque chofe, 
quand nous l'examinons par de (fiance, & 
ne la voulons rcceuoir , qu'elle ne foit du 
tout cfclaircic pour apparoiftrc vray fem- 
blablc S' croyable. Vray ert qu'Abraham 
demanda bien comment cela le pourroit 
faire ;maist'cftoit vnc demande procédante 
d'admiration : comme celle de la vierge 
Marie, quand elle demandoit a l'Ange cooi- 
uciit fc ittoii ce ^u'il luy anaonccoit : & 



autres femblabies. Ainfi donc les SaTnâi^' 
quand on leur apporte quelque mclTage del 
ueuurcs de Dicu.dei'quellcs la grandeur fur- 
monte la capacité de leur entendement, tout 
foudain tombent bien d'en-reecn admira- 
tion'.niais de ceftc admiration ils fe dreflen» 
incontinent aconfidtrcr la vertu de Dieu, 
Au contraire.Ics melchans en fenquerart & 
demandant , ne laiflcni pas de f'en nrocquer, 
& de reictter côme fable, ce qui leur ert dir. 
Comme nous voyons qu'en font les Uiifs, 
lehan 6.i 51, quand ils Mterroguent Chrift, 
comment c'eft qu'il pourra donner fa chair 
a manger. Pour ctfte rail'on Abraham nVft 
point reprins d'auoir ry & demandé cornent 
vn homme de cent ans , & la femme de no- 
nante pourroyet auoir enfant: pource qu'en 
fou eftonneinët il ne laitfoit pas neanrmoins 
de donner lieu a la puilfance de la paro'e de 
Dieu. Au contraire , vn lemblable ris & la 
mcfme demande n'eft point fans rcprchëfiarj 
en Sara, pource q.i'elle accufoit de mcnfon- 
ge la promcfle de Dieu , comme fi c'euft efte 
vue parole dite légèrement & a plaifir. Or 
niaintenât fi on applique ces chofes au pro- 
pos que traitte rApoftrc,on cognoiftra eui- 
dcmment que la luftification d'.\br.-.ham ne 
procède point d'vnc autre lource que celle 
des Gentils. Il f'cnfuit donc que les luifs 
font defhonneur a leur père , f'ils contredi- 
fent & f'oppofent a la vocation des Gentil», 
cômeeftant abfurde.Au refte, quant a nous, 
ayons auffi fouuenancequc nous auons tous 
vne condition commune auec Abrahâ. Tou- 
tes les chofes que nous pouuons vcoira l'cn- 
tour de nous, font contrairts & répugnantes 
aux promcffes de Dieu. Il nous prorret im- 
mortalité: & nous fomines enuironnez de 
mortalité ,% corruption, il déclare qu'il 
nous aduouc pour iuft[S:&nous Tommes 
couuers dépêchez, il lefmoigne qu'il nou» 
eft propice (*<£ débonnaire ; & tout ce qui {a 
nionftre par dehors nous menace de fon ire. 
C^n'cft il donc defaire>ll faut que nous paf- 
fions a clos yeux & nous & tout ce qui eftt 
en nous, afin qu'il n'y ait rien qui nous em- 
pefcht ou retarde, que ne croyons que Dieu 
eft véritable. Mjufui f^nifir. Ceci eft mis a 
l'oppofue du membre précèdent, o^ jl auoit 
efte dit qu'il ne fut point débilite en la foy: 
comme Pli difoit que par conftance & fer- 
meté de foy il furmoota toute incrédulité. 
Car iam.<is homme ne fortira viflorieux de 
ce combit , Cil n'emprunte de 11 parole do 
Pieu armc^ & force. In ce qu'il adinufte, 
SiirU4:Mn.t!,l:nrit Pif»:il faut noter q nous 
ne pouuonsVaircplu» grand hôveur a Pieu, 
que quand par foy nous feellons fa vcrite: 
côme au contraire, on ne luy peur faire plu» 
grand dedinnncur & ininre , qu'en reiett.ine 
la grâce qu'il prefentc, ou ne donnant point 
authoritc a fa parole. Parquny le principal 
poinftcn fnnftruiceeft ceftuy ci , de rece- 
uoir en obeiflance fcs promctics: & la vraye 
religion commence parla foy. 

21 Qsr'f '["'il ■'••"' t"""'- Pource que 

tous conieffent la puilfance dr Dieu, il ne 

fcmble pas que ce foit grand cas ce que 

fainit Paul dit de la loy d'Abraham : mais 

^'autrefart 



XV5t ROMAiW?. f% 

ftvirtfttt l'etperience monftre qu'il n'y f«u!e vertu d» Dieu, & fe r«ppoft«r du tout 
• rien plut ilit'ticile & <]ui fc trouue fi peu, li.Car fi elle fe fondoit ou appuyoit furno. 
que li'ittribuer a li veniift puilfance de Itrc inftice & dignité , lamais ellenepour- 
jiieu l'hoimtur <]u'clle mente. Car il n'r roit monter a confidercr la puiflance d« 
Tcauruit aaoir empcfclicmcnt fi petit ne li Dieu. Et cela cil la difpute ou examen d'in- 
leger , tiue la cluir n'imagine Incontinent crédulité .duquel l'Apoltre parloit n'jgue- 
^ue Toyla la m.iiii de Dieu arrcftee & em» res, quand nous melurons a noftre mefura 
pefcliee de beCongner. Cela eft caufe que la puiflance de Dieu. Car la foy en imagi- 
irKfmes^i plus petites tctationt, nous laïf- nant que Dieu peut tout ce qu'il veut , na 
fons elcoulcr les promelTc; de Dieu , & le< le lailTc pas cependant alfis en oifiucte te 
mettons en oubli. Il cil vray que hors du Tans rien faire : m^ispluflofl elle attribues 

fa vertu vn mouuement & gouuernemene 
coniinuel:& fur tout elle l'applique & rap- 
porte a l'accompliflemem de la Parole, tel» 
tement qu'elle recognoift la main de Dieu 
totifiours prcûc & drclfee a exécuter tout ce 
& degré, tt pourtant, afin qu'elle ait enuers qu'il a prononcé de la bouche. Erafmc a 
nousfitn poids Se fon honneur , quand il eft traduit ceci autrcment.afcauoir, Que ccli>^ 
^ueftlo de f.iirc eôparailVi d'iccUc auec tout qui auoit promis , ciloit puillant.&c. £t le 
le rode, il faut nccertairemet nous refoudre mesbahi pourquoy:car combien que le fcn« 
là , qu'elle ii'tft pas moins fuffilantc pour ne change rien pour cela , toutcfr'ois il me 
furmontcr toi:s ciripefchemcns du monde , fcmbic bon d'apiiroclict le plus qu'on peut 
«jue h cl.irte du Soleil a clialTer & faire ef- des mots de fairift Paul, 
carter K$ nuecs. Or nous auons bien touf- 12 PanjHiy auÇii. Maintenant par ee« 

iours accouflumc d'cxcufcr celle faute , en ci il appert plus clairement poutquoy & 
dil'ant que nous ne prétendons. pas de rien comment la foy d'.\braliam luy a conféré 
Jeroguer a la puiOance de Dieu, toutes fois iufticc : afcauoir pource qu'ellant appu)« 



combat (came i'ay dit; il n'y a celuy qui ne 
côfclTe que Dieu peut tout:inais fi toll qu'il 
fe prrffiitc quelque chofc ^ nous cmpefche 
dcvcoir le cours des pronicffcs de Dieu, 
nous abbatons la vertu de Dieu de fon fiegc 



Zi quantes que nous doutons de fes promef. 
ies'.d'autant que l'occalîon d'en douter que 
nous prenons, eft a caufe du fentimct de no- 
llre défaut, & non pas que nous ayons ccfte 
imagination (qui feroit iicrucrfe Si apertc 
incnt blalpheinatoirccôire Dicu)qu'il pro- 
met plus de parole, qu'il ne peut accompi ir 
enelfet. Voira, tnais ce n'eft point aflc/ faire 
valoir & magnifier la puifancc de Dieu , fi 
nous ne croyons qu'elle eft plus forte que 
ooftre vice. Ainfi donc la foy ne doit point 
regarder a noftrc imbécillité , mi Ter c & dé- 
faut, mais eftre entièrement fichée fur la 



fut la parole de Dieu, il n'a point reictté ta 
ptomcfle qui luy eftoit faite. Et c'eft vne 
chofc qu'il nous faut bien entendre & fou- 
gneufcnicnt imprimer en la mémoire , nue 
ccfte relation & corrcfpondance mutuelle 
de la foy a la Parole. Car la foy ne nous 
peut apporter d'au.intage que ce qu'elle a 
reccu de la Parole. Et pourtant il ne Pen- 
fuyura pas qu'vn homme foit lufte , quand 
ayant feulement quelque cognoilfance gé- 
nérale & confufcil conceuera que Dieu eft 
Véritable : finon qu'il fe fonde & repofe fur 
la promefc de grâce. 

15 Or ejtie cela luj ait este réfute a initiée > na point efte 
tfcrtt feulement pour lujy 

14 Mai-s aujji pour nous ■,/tupfuels au fTî cela /?>■/* alloue: 
afcauoir a noMs e^ui crojons en celujtjui a rejfuptte des morts 
Koftre Seigneur Tefits: 

15 Leejuela e fie liuré pour nos pechez.^^ efirejfufcitè pOHP 
ftoffre iuflifjcation. 

15 X'4 plin: cflr rfcn'r. Pourcc que Iieu,elle nous propoPc des règles generjfe». 

la probation prinfe d'vn exemple n'cft pas aufqucllcs il ennuient rapporter vne cha- 

(oufîours ferme (comme nous auons .iducrii cunc liifto|ie , afin d'en faire noftre proufir. 

<i den'ns)afin que cela ne viene en débat. Puis après elle difccrnc tant bien les aftce 

S. Paul dit & aftermc en preftcenicnt , qu'en que nous druofis cnfuyure , d'.uiec ceux 

la perfonPr d'.\braham a cftc pourtrait vn qu'il faut fuir. Auffi la doôrine a laquell» 

patron de la iuftjce commune , laquelle ap- elle f^irrcfte principalement , luy eft prt>- 

fartient également a tous. Au rcfte , voycl pre & particulier» , afcauoir denionftrcr la 

vn partage par lequel nous fommes adnertis prouidcncedu Seigneur , fa iuftice & bonté 

de recueillir fruit, & faire noOre proific det enuers les ficns.fcs iujjcmens enuers le» 

ciemples quifont es Ei"critures. Les Paytns rcprouiiet Ainfi donc ce qui eft rcciié 

ont dit vray , Querhiftoire cftia maiftrtlfe li'Abraliam , fan ft Paul dit qu'il r.*a point 

Cour erfetgner a vinre:mais ainfi qu'ils eft; cfcrit pour luy feulement. Car ce u'efti 

'ont cfcriie , nul n'en pourra recueillir, poirt vne cliofe qui concerne la vocaiioit 

proufit alfenré : il n'y a quela fainôc F.fcri- particuliire de quelque certaine perfonne; 

turc rcnleqiii fe puifle a bon droiâ attri- maijiîcft drfcrit le rtioycn d'obtenir lu- 

fcner v.ic telle aaiftr.fe. Car eu ^icniicr iliccile moyen , di ic . vaii]uc & ferpctiui 



<;KapIIir. 



'SVR L'EPISTR E 



pour tous liommcs tant qu'il y en aura a ja- 
mais, & ce en celuy quieft lePcre commun 
àe tous les fîdcles , auquel ils doyucnt tous 
auoir les yeux dreflez.Parquoy fi nous vou- 
lons purement & fainftemft traitter les hi- 
ftoiresfainftes , qu'il nous fouuiene de IfS 
traiiter en forte que nous en ra|iportions vn 
frui: de bonne Se iolide doiflrine. Or en par- 
tie elles nou; inftruifent a bien régler no- 
ftre vie, en partie elles feruent a confermer 
notre foyicn pjrtie elles nous incitent a la 
crainte du Seigneur. Pour bien former no- 
ftre vie, l'imitation des fainfts nous y ferui- 
j-a, quand nous apprendrons d'e_ux fobricte, 
chsftete, charité, patience, m odeftie.mefpris 
«lu monde, & autres vertus. Pour confermer 
noftre foy.il fera fort bon deconlîderer 
l'aide de Dieu, qu'ils ont toufiours fenti 
propice & fecourable en aduerfitc.La prote- 
ôion & foin paternel qu'il ha toufiours eu 
d'eux.nous feruira de confolation. Auffiles 
jugemens de Dieu Si les punitions faites 
contre les mefclians, nous proufiteront, 
quand nous en conceuerons vneciainte.qui 
crgendre en nos cœurs reuerençe & piere. 
CjM int a ce qu'il dit, JJuc re/a ii'rft psmr efcrit 
feu'fmeiit jKur hy : il femble qu'il vueiHefi- 
gnifier, qu'en partie il a elle efcrit pour luy 
auffi Ce qui eft caufe qu'aucuns entendent, 
qu'a la louange d'Abraham il eft recité que 
c'eft qu'il a obtenu par foy : pource que le 
Seigneur veut que la mémoire de fes fidèles 
foit cnnfacree a éternité : comme Salomon 
dit, que leur nom fera bénit, Prouer.io.b.7. 
Wai> fi nous le prenions plus fimpicment.' 
afcauoir, Que ceci n'eft pas feulement pour 
luy, comme fi c'cftoit quelque priuilege 
particulier qu'il ne fjluft tirer en conic- 
.quencc : mais au contraire, qu'il eft auffi 
pour noftre inftruftion , veu qu'il faut que 
nous foyons auffi iuftifiez par mefmc nioyê. 
Certes ce fens fera plus propre. 

24 ^fcMoir.t »'ui •]«• rrcycii' "' fity- l'^y 
touché par ci deuât de quoy feruent ces pa- 
raphrafes, c'eft a dire, plus amples déclara- 
tions de ce qu'on pourroit dire en vn mot; 
afcauoir que S.Paul les a entVelacees pour 
exprimer en diuerfes fortes, lelon la circon- 
flance des lieux , la fubftance de la foy : en 
laquelle la refurrcftiou de Clirift eft bien 
des principaux pomfls , »eu que ce nous eft 
le fondement de la vie avenir. S'il cuft dit 
ïlrnplcmcnt , Q^ie nous croyons en Dieu : il 
n'euft pas cfte aifc de recueillir incontinent 
dcquoy cela fort a obtenir iuftice : inajs 
quand Chrift vient en auant, nous prefcnt.ît 
en (a refutreition certain g.ige de la vie.Iors 
.on voit apeitemét dcqucUe fource procède 
l'imputation dciuftice. 

;S Le<jucl ^tHeliurè. Il poutfuit plus au 
loiig&cfcl.iircit la me fme doctrine que i'ay 
n'agueres touchée. Car il nous eft tât & plus 
neceflaire , non ipulemcnt que nos cfpriis 
foyent addrcffcz a Clirift , mais auffi qu'on 
nous monftre diftinftcnient comment c'eft 
qu'il nous a acquis falut. Or combien que 
l'Efcriture , quand il ift mention de noftre 
falut , Ôarrclie a la feule mort de Chrift, 
i'ApoAre toutcffois paflc maintenant plus 



auant. Car pource que Ton Intention tfioit 
de monftrer plus clairement la caufe de f». 
lut , il en fait deux parties. Et en premier 
lieu il dit que par la mort de Chrift l'expia- 
tion rfes pecliez a cfte faite • en après que 
par fa refurreâion iuftice a cfte acquife. 
Mais le fonimaire de ceci rft,que quand 
nous auons le fruit de la mort de Chtift bc 
de fa refurreâion , rien ne nous défaut de 
tout ce qui eft neceffaire a obtenir iuftice. 
Car il n'y a point de doute qu'en feparant 
lamortd'auec la refurreaion, ri accôroode 
fon propos a noftre rudclfe. Car autrement 
il eft vray que par l'obeiflance de Chrift, 
qu'il a monftree en fa mort , iuftice nous a 
efte acquife • comme auffi il enfcignera au 
chapitre fuyuant.Mais pource que Chrift eu 
rellufciiant a monftre en Aidéce le proufie 
que fa mort auoit apporté , cefte diftmôion 
aulTi eft propre pour enfeigner, quand on 
dit , Qu'au facrifice , par lequel l'expiation 
de nos péchez a cfte faite, noftre falut a cfte 
commencé : mais qu'en fa refurreôion il a 
efte parfait & accompli. Car le commence- 
Bier.t de iuftice < ft , que noH<; foyons recon- 
ciliez a Dieu : & l'accoinpliflement , que la 
mort eftant abolie, la vie domine. Ainfi donc 
fainft Paul fignifîe que la fatiff.iftion pour 
nos péchez a efte faite en la croix. Car a ce 
que Chrift nous remift en la grâce du Père, 
il a falu qu'il abolift noftre coulpe & 'con- 
damnation ; ce qui ne fe pourroit faire , fi- 
non qu'il payaft pour nous la peine , de la- 
quelle nous n'eulTions peu nous acquitter. 
Car la correfiion & le pay;iner,t de noftre 
paix eft fur luy, dit lla.5î.b 5 Au rcfte.il vfe 
du mot^ll iteile linrè : pluftoft que dcdirc,ll 
eft mort : pource que l'oplation dépend du 
bon plaifir éternel de Dieu , qui a voulu 
tftre appaifé par ce mo) en.J{ij]ufc!ir /■cur »»- 
fire iuHijscaiim.Vource que ce n'euftpas efte 
a (fez que Chrift fi fuit prefenié pour fou- 
ftenir l'ire & le lugement de Dieu,& porter 
la inaledivlion dciie' a nos péchez, fi quant & 
quant il n'en fuft forti vidorieux , & que 
cftaiit rcceu en la gloire cclcfte, il appaifaft 
Dieuenuers nous par fon interecffion: la 
vertu de iuftilitr eft attribuée a la refurre- 
ôion, par laquelle la mort a efte engloutie: 
non pas que le (acnfice de la croix , par le- 
quel nous auons efte réconciliez a Dieu, 
n'ait rien fcrui a nous acquérir iuftice.maiï 
pource que la perfeâion de cefte grâce ap- 
pert plus clairtmcnten la vie nouuelle. Ce- 
pendant ic ne puis tftre de l'aiiis de ceu.x qui 
rapportent ce iecond membre a la nou- 
ucaute d;- vie. Car l'Apoflrc n'a pas encore 
commencé a traitter de ce poinit là.O'auan 
t.igc , il eft certain quctous les deux mem- 
bres fe rjpportent a vne mefme cliofe. Et 
pourtant fi le mot de /«rti/fj.i.» fignifiele 
rcnouucUcmcrt , il faudra aulTi dire que le 
fens de ces mots, E/l met: /'«m fri/rehr^ : eft, 
qu'il eft mort afin de nous acquérir la grâce 
de mortifier la chair: ce que perfonne n'ac- 
cordera. Comme donc il a dit que Chrift eft 
murt pour nos péchez : pource qu'ayant en 
la mort p.iyé la peine des pcchc? , il nous a 
dcliurez de la mifcrc de la morfair.fi main- 
tenant 



AVX ROMAINS. 



51 



MMiit n dit quM tti rcflafcicc pour noftre Puis apret il i elle exalté «0 tepxe it vlr. 

hiftification:pourcequepiir fa rcfurrcSion afin de donner aux fien» iufticc & vie. Am6 

il nousarcftabli picnemcnt laTic. Car lia donc l'Apoftre parle encore de la luRifica- 

«fte prcmiererre it frappé de la main de tion imputatiue : ce qui cft encore miens 

Ditu, afin que fouftcnant la perfonne du pe- monftri par ce qui f'enfuyura incontinent 

clicur , il racquutalt de la miferc de pcclie. au procUàia clupurc. 

C H A P. V. 
I Sf^ns donc tu fit fiez, f^r foy , nom duonsjfd'tx en-' 
' Hcrs DïeH farnoslre Seigneur lefu^ Chriff. 

\Par leifHeldttfi noiu , tuons eu accès far foj a ^i''"- >•''•«• 
^ce fie grâce , en laquelle not*s-nouf tenons fermes» 
fanons glorifions en l'ejj>erance delà glojre de Dieu. 

i entniilmciHftifieT^pirfn: l'Apo- ftreiuge. Ce qui eftvn .irgoment infaillible. 




lire cnmmcnce a faire valoir Stcfclaircir par 
les effets ce qu'il a dit iufques a ccfic heure 
^eVaiufiice de la foy. Kt pourtant tout ce 
rlupitrc cor.firte en amplifications , lcl\|ucl- 
lescouiiTiois tendent aulTi bien a expliquer 
li déclarer la chofe, comme a la contcrmcr. 
Car il auoit dit auparau.mt, que c'tft abolir 
la (oy , (i on clicrclic iuftice parlcsœuures: 
pourcc qu'il ne fe pourra faire que les po- 
ures .imes, qui iieirouucront rien de ferme 
eu elles , ne foycnt troublées d'vne Inquié- 
tude continuelle ; maintenant il demonftre 
au coiitr.iircqu'tlles font faites paifibles & 
tranquilles, depuis que nous auons obtenu 
iuflicepar la fov. K-ui -tm'n pjixVuyci vu 
Cngulirr fruit de la indice de la foy. Car Ci 
que Iqu'vn veut chercher repos de confcicn- 



que nos aduerOiircs parlent bien a leur aife, 
A ne font q iafera l'ombre du pot.cômcon 
dit, quand ils attribuent initiée aux ocnures. 
Car celle concluiian deS.Pauldcpcnd de ce 
principe la. Que les pourcs amcs font touf- 
iours en branle & incertitude, lînon qu'elles 
fercpulent en la grâce de Cliriil. 

1 ¥xr /rijHei aujii n:n4 au:ur tu Acctt^ 
Car noflre réconciliation auec Dieu cil fon« 
dce en Chrift : d'autant qu'il cft luy feul le 
Fils bien aimé , & nous fommes tout de na.^ 
ture enfans a'ire. Mais celle grâce nous cft 
communitjuee par l'Euangile , pourcc que 
c'tll le ininiftercde réconciliation, parle 
moyen duquel nous fommes , par manière 
de dire, introduits au Royaume de Dieu. 
A bon droiâ donc S.Paul nous propol'e dc^ 



ce par les oeuuresfce qu'on voit es gens pro- uant IcJ yeux, & nous cllablit en Clirift, vn 



fanes & brutaux}il perdra fon temps. Car ou 
le coeur eft alTopi d'vn md'pris , ou d'ou- 
bliance du iugcment de Dieu, ou bien il efi 
plein de tremblement & crainte iuf.iu'a ce 
«ju'il le foit repolé & arrcfté en Chrift. Car 
e'eft luy feul qui cil noilre paix. Le mot de 
J>,ii« dnnc rig;\ific yci Tnc tranquillité de 
«onfcience , <]iii procède de ce qu'elle fent 
Bu-u rccontilié & .ippaile enuers elle. Le 
Pliarificn enflé d'vne fanfle confiince de fcs 
eruu'cs , n'iia poi'it celle paix : aulfi n'ha le 
pécheur (lupide .lequel ellant enyuié de U 
éi<^uceur de fcs vices, ne fent point d'inquie- 
mdeenfoy. Car combirn qu'il ne finible 
point en tous ccsdcux qu'ifs ayenc vne guér- 
ie "Uucrte . comme h.i celny oui cil nautc 
i\> fcntiment de fi>n péché, toutcfioii pourcc 
qu'ils n'.ipprochcnt point au vray du iugr- 
ment de Dieu, on ne pent pas dite qu'ilj 
ayent paiX aucc luy Car la (iupiditc de con 
ftience cil vue manière de reculcinent& ef- 
lofgiement de Dieu Et pourtant la Paix 
cnucrs Diru.ell inifc a l'oppori:e de ccDc 
ftui>idi>e de la chair, qui cft comme roc 
yurongnene. Car t'en toullonrs le premier 
poinâ, qu'vnchicun fi- relucillc foy melme 
pour rendre conic dclj vie. tt il eft certain 
<)ue iJinai'i homme ne fc pourra prefcntcf 
hardiment dcuant Dieu, Pil n'cfl appuvé 
fur lareco<icili.uion gratuite : pourcc qu'il 
faut niccITjircniciit que tous hommes foret 



gage certain de la grâce de Dieu.afiade 
nous mieux retirer & dcftourncr de la Hauee 
des œuures. Et premièrement par le mot it- 
jirirt , monftrant que le commencement de 
noilre falut vient de Chrift.il ciclud toutes 
préparations, par lerquelles les poures hum* 
mc'i mal auifci penfcnt preucnir la milerl- 
corde de Dieu comme f^il dii'oit.que Chrift 
vient au deuant fans que nous ayons rien 
mérité , & nous tend la main. Apres ctia il 
met incontinent , Qur ftrh continuarion de 
la mrfme grâce noitre lalut demeure ferme 
& ftable : en quoy il lignifie que la pcrieue- 
rance n'cft point fondée en noftre vertu ou 
induftrie , mais en Chril). Combien que par 
melmc moyen , en dilant que «j<«-»5im le. 
ii-.nr jrrmn: il monftre combien l't-uangtlf 
doit eftrc profordcnicit enraciné es coeurs 
des fidèles ; afin qu'eftnns ferincaiciit .ip- 
puyci lut la vente d'iceluy.ils perrnicnc 
fermes a l'eiicontre de toutes les machina» 
lions du diable & de la chair. Et par ce mot 
il lignifie i|UC la foy n'eft poirt vue perlua- 
lion c'vn lour , & qui l 'efcoule .mais ferme 
& bien auant enracinée dedans les cœuri, 
pour perleuerer durant toute la vie de l'hô- 
me. Celiiy donc qui par vne boulTee 4 iin- 
peiuofite Ibiidaiiie cft pou0c a croire , n'ha 
pai pourtant la foy pour cftre lenu Ju nom- 
bre des fideles.-ainsceluy qui perllfte terme 
& de : icd coyCcomme on diiicn la vocation 



«ifra^ci & cuul'us tandis juc Oicu fe mao- qui luj' cft «tdooriee de Dieu , tohlipurç 

e 1. 



Chap V. 



SVR L'EPISTR E 



aiiherjnt x Clirift. fr mu-t glorifimr en l^efj>t. 
rance. Et auffi ccrtïs c'eft de U que Tefpe- 
ratice de la vie éternelle fort , & oie comme 
f'efgayer latefle Icuee .afcauoir qu'ayanj 
comme fait V.1 bon fondement , nous -nous 
fommes tenus fermes a \\ grâce de Dieu. 
Car le (éns de S Paul eft.Qiie combien que 
les fidèles foyét mainttnât comme voy.ig'-rs 
en ce monde, toutelTois par la fi.ince& airtu 
rïce qu'ils ont, ils trauerfent les cieucpour 
fe maintenir piilib'cs en l'héritage a venir, 
comme f ils legardoyct en leur lein. Et yci 
fo't rcnucrfees deux malhenreulcs & perni- 
cieufesdoarines des ÇophiftcLa I 



f rfj.l <:$. 



ce. 



fentir& apperceuoir la grâce «!e Rien etli 
uers eux, le contentent d'vne conieâurc me» 
tale.cVrt adire,d'vn Cuider. L'autre, par la» 
quelle ils enfeignét que perlonne n'eft cer. 
tain de perfcuerance finale. Voire, mais t'M 
n'y a pour le prefent ferme fcntiment «m 
tognoifljncc certaine,& pour l'aduenir per» 
fuifionarreftee & indiihit.ible,oiïeft ccftujr 
la qui fe puiffe glonficrr L'cfprmiiceAe tt. 
v/eirr de Dieu a môftré fa clarté fur nous par 
l'Euangile , entant qu'il rend tcfmoignage 
que nous ferons paiticipans Je la njtureDi- 
iiine- Car quand nous verrons Dieu facci 
face.nous ferons femblablcs a luy, i.Pierre 
I 3-4-Sc i.Iehan ;_a J. 



emiere, 
par laquelle ils veulent que les fidèles pour 

; £t non feulement cela- , ma^s aH(?t\nons-t!orfs glorijiont en 

tribulations : fcacha?7s efue trthulation produit patience: 

OU,ex- 4 Etpatience'probation,^ prohatione(j>erance. 

peiicn- s Or efperance ne confond point -i pour autant tjHe t amour 
de Dieu ep ejj>andue en nos cxursfar le fainBE^rit qui noM4 
a eBe donne. 



î £i iwn Çfutement ceU. Afii> que par 
niocquerie quelqu'vn nevcinfta repliq'.ier, 
quetouteffois IcsChrefties auec toute leur 
gloire , ne laiffent point d'eftre en ce monde 
tormcntez & brifcz en diuerfcs & merueil- 
leufcs façons , laquelle condition eft bien 
loin de félicite , ilpreuicntcefte obieftion, 
& déclare que' tant f'en faut que les cala- 
riiter empefchem les fidèles d'eftre bien- 
heureux, que mefmes elles leur font auance- 
meTt de gloire Pour prouucr cela, il prend 
fon argument fur l'effet des affliaions,& vie 
*C'efl yne fi d»vne betle''grjdation, parlaquelle il con- 
gure dit l{lie (i„,| fiiialemeit .quetoutes les pouretez & 
tcridein, n^fercs que nous endurons , tournent a no- 
quail 0,1 f.iit ftreproufit S: fahir. Ceper.d3nt,quand il dit 
■yr»/r /'t« q,,^ /,, s.tinni fe g/cnfent e» iribuUikni : il 
Je {'Aune, ne faut pas le prendre tellement , comme 
if '/n'en (Hii pilsne crnignoyent S; ne fuyoyent point les 
»""" "'"f aducrfiteî ; ou comme fi l'aigreur d'icelles 
farflufieiiit ne lesprrfToJt point quand elles aduienent; 
^'i"\' (car ai'ffi patience'n'en pourroit pas venir, 
fil l'y auoit vn l'entiment d'amertume) 
irais pource qu'en gemiflant & pleurant, ilj 
ne lailfcnt pas d'auoir touteTfois vne grande 
conToLuion, en confiderant qnc tout ce que 
ils fouffrent leur eft difpenle parla main 
«lu Père tresbenin & clément : a bon droift 
il eft dit qu'ils fe glorifient. Car où il y a 
auancement de falut, là aulTi y a matière de 
fe glorifier Ainfi donc nous fommes yci en- 
fcigncr quelle eft la fin denos tribul.itions, 
fi nous-nou» voulons monftrer cnf.ins de 
Dieu. Car c lies nous doyuent accouftumer 
a patience : S; fi ainfi ne fe fait , nous ren- 
dons par noftre perucrfite l'ornurc du Sei- 
gneur vainc & mutile. Car comment prou- 
iic-il que les adiierfiret n'empefchent point 
la gloire des fidclcs,finon d'.iutant qu'cîi les 
portant patiemment , ils fentent l'aide de 
Dieu.lequel nourrit.entretient. S: conferme 
leurefperance.' Parquoy il eft cert.iin que 
ceux qui ne fe duifenr a patience, proufitent 
mal. Or a cela n'tft point contraire qu'on 



trouue es Efcriturcs quelques f.laintesdes 
Sainfts plenes de delèrpoir. C.ir aucunef- 
fois le Seigneur prefle & eftrrint ttllement 
les fiens pour vn temps , qu'a peine peu- 
uent ils reprsndre haleine , & fe louuenir 
des confolations : mais puis après en vu 
moment il ramené a la vie ceux qu'il auoit 
ploroez ic ruafi abyfmez es ténèbres de 
mott. Ainfi ce que dit ftinS Paul eft tout 
iours accompli en eux , Nous endurons op. 
prelfion en toutes cliofes , mais nous n'en 
fommes point en angoilfe : nous fommes 
fafche7,mai5 nous ne foivmes pas dcftituez: 
nous fommes perfccutcz.mais nous ne fom- 
mes point abandonnez : nous fommes abba> 
tus , mais nousne perilTons point , 2.Corin* 
tllicns 4.b.S. TliUUtitnpruhiit fdliexcr Ce- 
I.i ,ie procède point de la nature de tribula- 
tion . pai'lac)uelle nous voyons que la pins 
grand part des honmies prend occafion de 
murmurer contre Dici»Tfc mefmc le bla(^ 
phemer. Mais quand en lieu de cefte rebcN 
lion eft furiienue vne manfurtude S' dou- 
ceur intérieure , laquelle l'Efprit de Dieu y 
mer , & la confolarion l,iquelle iceluy met* 
me fournit, alors les tribulations font faites 
inftrumens pour engendrer p.itience : leP. 
quelles au contraire auxobftinez ne peu» 
tient eau fer q\ie chagrin & murmure.' 

4 El piiiienre (■nfj^n'cn. Il femblc que 
fainS laques faifant vie femblable grada- 
tion, fuit vn ordre diuers : car il dit que 
probation engendre pati'nce. M.iis quand 
nous entendrons la diuerfc fijinification du 
mot de Pi»' rfi'.M , il l"era aifé d'accorder le» 
deux enfen)blc. Car f.iinû Paul prend pro- 
b.ition pour l'ixpericnce & cfpreuuc que 
les fidèles font de la certaine proicftion de 
Dieu, quand fe confians en fon .iide , ils fur. 
montent toutes difficulté». Et de fai^t.quâd 
en endurant patiemment ils perfiftent fer» 
mes , ils expérimentent que vaut la vrrta 
du Seigneur, par laquelle il .i promis d'af^ 
fiftertoufiuursauxflcni.Sainâ laques prend 
U mcl'mç 



A V X ROMAINS. 



H 



|cnie(ni« ftiftt'piur I« tribnlatiom mtdnti 
fuyu<nt le commun vfagc de l'Eûriturc: 
pource <^uc par jccllcs Dieu »aminc & 
tfprnuue fccfcruitcurs. pour laquelle c>u(e 
auffi Ibuuent elles (ont nonimeeJ Tenta- 
tions, tntani dont que touche le prefcnt 
pilTige, lers nous proufitons tomme il faut 
en patichct , «)ujn<l nous tonfu'.eron» que 
nous l'jiuons eue bonne par la |>uinanec de 
T>ieu:& que dr là nous tonceiions efpe. 
fjnte «l'aduenir, que i^miis la grâce de 
Dieu ne nous def uidra , vtu qu'cUe nous a 
toufiouri iffiHi Si fctouru ennoftre neccf- 
étt. Et pour cefte caufe i! met conl'cqncm' 
ment que Pr^Miis/iengédreel^pcrantepour- 
<e qu'ayans dcfia rcccu des bénéfices de 
Dieu, nous fommes ingrats fi par la mé- 
moire & rouuenauce d'itcux nous ne con- 
firmons imOrecrpirancca l'aducnir. 

5 tjplr.ticf »<• <o,if:tiJ f>int. C'eft a 
dire , elle h.i vne iffue de l^lut tref certaine 
tt. alTrurrc. Dont il appert que la fin pour 
laquelle le Seigneur nous e»trce par ad- 
uerfitcz , eft a ce qu'elles ferucnt dt deerei 
Boaraiianccr nofire (alut. Les miTcres dune 
ne nous peuiicnt pas rendre miCerablcs, veii 
que félon teure gird elles font aides de 
béatitude. Ai^fi elt prouué ce qu'il aunit 
Jit , Q^ie les fiJe'e! ont matière de fe glori- 
icr au milieu des afOiôions. P:iir duuac 
f«r l'uwitHt Je Diru le rapporte ceci non 
pas fculimcnt au mot prochain, irais a tou- 
te la fenttncc preccdcnt:: afcauoir, Que 
■a^ tribulations nous tommes comme ai- 
Knifc/a patience , & que patience nous eft 
vne efpreuue de l'aide Je Dieu , .ifin que 
sous foyons plus accourageï a erpcrance: 
que tout cela , di-ie , cH vray , pource que 
quov que nous foyons priO": ^, fi qu'il frm- 
bled'IicuFc en licure qiieikous dcuio is dire 
■tcabU'Z . nous ne l.'.ifToni pas tantclTors de 
fcntir l'amour & bénignité de Dieu cnuers 
nous, qui eft Tnc tonlolation merueilleiire. 
Il beaucoup pins grande que fi toutes tho- 
fis nous vcnoyeiit a foubiit. Et de faift, 
comme quand nous ations Dieu contraire 
tt enncnii , cela rreime qui fcmble eftre fé- 
licite n'cft que m:fere A nialti ur ; ainfl 
r.ryins propice , il eft certain <|ue mchnes 
les calamitct nous tourneront a bicn,S( 



auront bonne Si hcureufe ilTue. Caf il faut 
que toutes chdfcs ieruti.t au bon plaifir dia 
Créateur, qui d'vne amour paternelle qu'il 
nous porte , (comme fainâ Paul le répétera 
entons au huitième chapitre) modère tel-, 
lemcnt, ii, par manière de dire , affiifonnc 
tous les exercices delatroii, qu'il» (tt- 
uent a noftre falut- Cefte cognoifTance do. 
l'amour de Dieu enuers nous ell proctdee 
du fair jt hfprit , qui la fait defcouler de- 
dans nos coeurs. Cjr ce font chofes cachets 
il aux aureilles & aux yeux & a l'emcnde. 
ment de l'homme , que les biens Icfquel» 
Diiu .1 prépare! a ceux qui le feruent. il 
n'y a que le fainû fcfprit quiles tU'fl'e ma- 
nilcftcr & faire fentir. Au rcfte , Iï mot fft 
lijijtn.'ut , eft metuciUeiircment fig->ifiani & 
de grand poids. Car il lignifie que la reue. 
lation de l'amour dr Dieu enuers nous eft 
fi abondante, qu'elle remplit nos coruis. 
Or cftant air.fitfpandue par toutes les-par-. 
ti?«, non feulement elle addoucit U tri- 
flcfle es aduetfitcz , m.iis auffi , co'nmc vne 
bonne fauffe , elle fait que nous truuuons. 
les tribulations philanies *:jmiables. Il 
dit d'.iuantage que cV/7 rfjitit mumflrdii- 
»r : t'eft a dire conféré par la bonté gia- 
tnitr de Dieu ,St non pas retrib'.ic a nos 
mentes. Comme fainft Aiiguftina fort bien 
oblerué , lequel toutelfoi» f abufc en l'ex- 
pofitlon de ce mot Amout de Dieu, il en- 
tend que nous endurons conftamment les 
adiKtlitc; , & par ce moyen fonimcs ton- 
fcr nci en efp.ranct . d'autant qu'cftans re- 
gonercz par le fairft Ffprit.nous aimons 
Dieu. Vray eft que c'cft vne fcntence lain- 
&i fi bonne, mais elle ne vient a propos 
de l'inte.ition de fjir.û Paul .tarte niot 
i'^m'.ir (c prend yci en lignification paf 
fine. ^ i>on p.is aûlue : c'cft a dire, il ligni- 
fie l'amour de liquelle nous femmes ainict 
de Dieu,& non p.is de laquelle nous aurons 
Dieu. Et il eft certain qucfiinô Panl ne 
vent enfcigner antre clioie , finon que la 
vriye fourte de toute patience eft , que le» 
fi.lcles font alTcurcz & bien pvrfuadet que 
Dieu les aime.St n'ont point lenlemêt i|ucl- 
quc leg:r gouft de ccftc perfuifion , mais 
en ont, par manière de dire , leurs tautS 
tjus abbreuuez. 



6 Car nom fîlans encore infirmes fclon le temfs, \ Chrtff eji 
mort pour nous me;'cLi/7f. 

7 ^ gr.ind' peine certes adtttent-ilefMttucun meure pour 
^n i/tffe : mais ercore pottrrott-il effre que ejuel'ju'^n ofèrott 
moHrtr pour cjuclfjne'hov. 

8 Mais Dieu crrtifeft charité ertters nous^ en ce que qUad 
natif estions encore fechcurs^CUrtsl e(î mort pour nous. 

9 Beaucoup plu floft donc estans maintenant ittfltjîez^ en 
tônfang^noué ferons deliurez^ dire par Ittj. 



•OU, (lu 
temps 
q nous 
eftions 
enc o - 
rcs in- 
liabi - 
les, (ou 
fcs nul- 
le foi- 

ce,; 

Chnfl 
eft 
mort 
en fott 
temps 
pour 
nous ^ 
cftions 
fan s re- 
ligion. 

Hriy.rf.ij. 
Î.28. 

i.fi'trrf J. 
f.IÏ. 

'OU, bi- 
enfait 
Cleur. 
ou, a- 
bandô- 



« C4tm,«rH.-«trmcfr. EnlatranÛ.i- nous efti'.ns infirmes Mequel feit» toutcffols ncZ 3 
rionie n'ay p.n ofe prêdrefi grande liberté r.ir vcnoit plus a g.é Or i' c-inim'sc yci m 
•ut de irailuire.Au teoip»,ou0ii temps que arjatiitt 4u pljs grand au plu» petit, U<l'iel 



J-'CchCj 



Chap.V. 



S V R L'E P I ST RE 



il pourfuytira ptiÎJ apre<! au long. Combien cas qu'il fe fjcc, fi cft- ce qu'on n'en d'oonr* 

qu'tt ne déduit pas le fîNu propos fort <Ji- ra point entre les hommes qui vucille mou» 

rtinftenfient : mais la fuyte des mots vn peu rir pour vn mefchât.Or Clirift l'a fait. Amii 

emmeflce ne troublera point le l'ens. Si c'cftvnc amplification par côparairon.d'an» 

Clirift-, dit-il ,a eu pitiedc nouseftans mcf. tant qu'entre ks homes il c(t impoflîble de 

chans; Pli nous a reconciliez au Père quand trouiicrvn tel afte d'jinour , qu'eft celuy 

nous cftioms ennemis • f'il a fait cela par la que Clirift a monftré enucrs nous, 

/ertu de fa mort, beaucoup plus facilement 8 lil^n Duu. Comme ainli foit que le 

il nous fauucra maintenant que nous l'om- mot Grec qui eftycimis.ait diuerlts figni- 

nies ruftifiez ; il nous entretiendra en grâce, fications, il cft (lus conuenabie au prcfent 

quand il nousy a vne fois remis : vcii mef. pa(r..gc de le prendre pour Confcrmerou 

mcnient que m.iintenant auccla mort l'effi- Ccrtifitr : que pour Louer ou Magnifier, cô« 

eace de la vie y eft aufiî coniointe. Parle me aucuns leprenent. C.ir l'intétion de l'A» 

temps rl'itijîrmiir aucuns entendent quand poftre n'eft pas de nous inciter a action de 

Clirift commencea premicrcmët a eftrc ma- grâces, mais d'tftablir la fiance & certitude 

tiiftftéau mopde;&: penlcnt que les hommes des âmes. Ai:''li donc,Dieu confermcc'eft a 

font appelez infirmes, Ici quels eflans fous !a dire.declare Cs charité cnuers nous très cer- 

pcdagnçie de la Loy , clfnjcnt fembUbltsa t.iine J^ alfeuree, en ce qu'il n'a point elpar» 

des enfans. Quant a moy.ic le rapporte a vn gné fon Fils pour desmelchans. Car en cela 

chacun de nous, & di quece mot eft pour le monftrc la djltôion.quen'eftant point in» 

. i-'G. i»oter"le têps qui prectde la réconciliation duit par noftre amour.il nousa premier ai» 

. . , de chacun auec DicuCar comme nous iiaif- mez de l'on propre mouuement , comme dit 

ftiTiS tous enfans d'ire, ainfi nou-^ demeurons S.Jehan,; b.iô.Le mot de Peiintri yci, corne 

,; • enferrez en cefte malediftion-la , iufques a en plufieurs autres palf-igts , lignifie eeujc 

ce qne nous foyons faits participans de qui font du tout vicieux ou corrôpus, & ad- 

Clirifti Et il appelle Infirme, , les hommes donnez a pcclié ; comme lehan 9.f.5i, Diea 

n'ayans rien en cui que tout vicieux & cor- n'exauce point les pécheurs, c'.:ft a dire, les 

rompu- Car incontinent après il appelle melchans , & gens de inauuaife vie : & Luc 

ceux la mefmes A/e/l/ii»;i.Et ce n'tft pas vne 7.f.37,Vne ftmmcpechcrencic'eft a dire.de 

chofe cftrâge ou nouuclle, que le mot J'in- mauuaife vicSi diÈimce. Ce qui eft encore 

/Trmùf foie prinsen ce fcns.Luy mefmepour mieux monftré par l'oppofite , qui ('enfuit 

ce regard appelle les parties hontrufcs du incontinent , frtJnj 'VfîiA.'^ fj'/npo;. Car 

corpç, Infirmes, i.Corinthicns 12. c.:2 :& la puis qu'il oppofe ces deux chofes l'vne a 

prefence du corps infirme, laquelle n'ha l'autre.& appelle luftifiez ceux qui font de» 

point d'apparence & de maicfte , 2 Corinth. ' " ' . . ~ 
10. c 10. Quand donc nous eftions infirmes, 
c'cft a dire, que nous n'eftions .lucuriement 
dignes ou difpofez a ce mie Dieu nous rc- 
g.irdaft , en ce tempsla Chrift cft mort pour 
nous mefchans.Car le cômenccmcnt de bon- 
té ou pieté, c'eft la foy.de laquelle n'auoyc't 



liurez de la condamnation de pèche, il Pen- 
fuit que les Pccheurs font ceirx qui font 
condamnez pour leurs nitffaits & offcnfes. 
il veut dire en fomme,Si Clirift par fa mort 
a acquis iuftice aux poures pécheurs , beau- 
coup plus maintenant qu'ils lontiuftifîez, il 
les preferucra de ruine Si perdition. Et eu 



rien tous ceux pour Icfquels il tft mort. Ce ce dernier membre il applique a fa doftrine 



<]Ui conuicnt auffi aux Per'.s anciens , qui 
auoyet obtenu iuftice au.ii)t fi mort. Car ce 
bien ne leur vcnoit que de ceftc mort , qui 
deuoit vne fois eftre. 

7 jf gr.inil jtrlue. le mot Grec yci mis, 
fignifie communément Car : mais en ce paf- 



la comp.irailen qu'il auoit traite de la chofe 
moindre a la plusgrâde.Car cène fcroit pas 
.ilTiZ q f.ilut nous euft vne foiscfte acquis, 
finon que Chrift nous le mainlcmii lulques 
au bout, entier & allcuié Or c'cft ce que 
maintenant l'Apoftre prétend demonftrer. 



fage le fcns m'a cor.traint de le prcdre pluf- afeauoir qu'il ne faut ta craindre que Chrift 

loft en affirmation ou déclaration, que pour retranche a mi chemin le cours de fa grâce 

rendre raifiui.L.i fuliftance du propos eft ti 1- enuers nous. Car depuis qu'il nous a recon- 

le.Ccrtes c'eft vn aâe qu'on voit bien a tard cillez auec le Père, noftre condition eft tcl- 

cntre les hommes , que qiulqu'vn vucille le, qu'il veut toullonrs en plus grande effi- 

niourir pourvu iufte: combië qu'il le pour- cacc déclarer fa grâce enucrs nous , S.' l'au- 

roit trouucr qualqiie fois. Mais prenons le gmcnter de iour en iour. 

I o Citrji lors cjue nou-s cfftoy:s ennemi^s , nom AHons effe re~ 
conciliez, ^ Dieu far la mort de fon Fils^beancoup plui^ojl e flans 
defta reconcilie::i,->noftf ferons dciiurcz^ far fa ^le. 

lo f.uy^/cii'/ae. C'eft l'expofîtion dt la au pris. Nous auons donc fuffilans tefino/- 

fciuence precedcntcaiiec vne amplifrcsiion gnages pour conferincr la fiance de fatut 

prinfc de la comparaifon de la vie & de la en nos cœurs, il ci tend que nous auons 

■moit. Kcut. rfl/'înj,dit il , r«>;iniij , quand cfte rn-mitr-^ .i Dùu S>.ii /.< mn ilc ihrif, 

Chrift feft mis entre deux poumons ren- poiircc qne ce a efte le facnlice d'cxpia- 

drc le Pcrc propice : in.iintenaiu nous t'om- tion , p.ir lequel Ditu a cfle .ippaife cnuers 

mes amis piiHa reconciliation qu'il a faite. le monde , comme Tay monftic au 4cha- 

Si fa mort a peu faire cela , fa vie fera pitre. Mais il femble yci que l'Apoftre 

bien d» plus grande efficace &; puiirmcc le contredife foy-»icfnie. C.ir û 1.1 mort de 

Chriâ 



AVX ROMAINS. 



« 



Chrift a efle le gage de l'jmour de Pitu en- 
licrîiiouj.il Pcnluit qiic des ors ni us luy e- 
ftions agréable». F-t il dityii ^'iiouicftiôf 
Icsenneiiiis. le re'pô.Ciiit û'juiâi que Dieu 
tuic pcelic.il riciii a auili <n luine,cniât que 
no' fun.mespeclieurs maiscniant c|nVii l\>n 
côl'eil fttrtt il no' infère au corps dcChrift, 
il ne nous luir plusimais ce retour en grâce, 
ou ccAe rccôciliation noiiscftincognue.iuf 
(jucs a re qucpar foy nou» venions a en a- 
Unir iouirTince.Aiiifi.au regard d; nous, no' 
fomnies loufiours ennemis, luf^ue s a ce que 
la mort de Clirift enfreuiene pour appaifer 
Dieu,& le rousre'drepropice Or il faut bic 
noter celle differct e de dluers rt gars.Carno' 



n'.i point efpargné fon Fil» unique , pourte 
qu'il nous aimoii du temps qu'il )' auolt dl- 
uifion 8f guotre entre luy & nous . D'.iutre 
part au'fi nous ne ftntons poii't alTcr- le bé- 
néfice qui nous a ifte acquis par la mort de 
Clii-ift , li nous ne prenons là le commence- 
ment de noftre reconciliation auec Dieu. tel 
limét que nousri>>on5 bien prrfuade? de ce 
la, qu'en vertu de l'expiation qui a efte lai- 
te i accomplit , nous auons propice ceUijr 
quiau parauant nous eftnit contraire iufte- 
ment JV a bondroia.Ainfi donc, quand la ré- 
conciliation "u rrtour en grâce eft attribue 
a la mort de Chrift, le fens de ciftc façon de 
parler eft. Q^e lors a efte oftee la condamna 



ne recognoilTôs point aiiiremci la mifericor tion, en laquelle autrement nous (étions en 
de de Dieu gratuite, fi ceci n'eft reA^lu.Qu'il ueloppti.côine a la vtriic eftâs coulpables. 

II Et non r<ftlement c<:\i!i '-mai-s ^Hfjl nofts-nous glorifons en 
Dietif.tr nolîre Seigneur Icp^s Chrifl tfdr lequel maintenant 
Tiotia auons obtenu reconciiuttion. 

que par le moyë de la foy nous parucnôs là, 
que rien ne nous défaut de tout ce qui eft rc 
quisap.Trfaitc feliciti;. J t ce n'eft point fan» 
caufe qu'il rtpete fant de fois ce mot de K' 
r:n(i7Mi/:/i.Piemieremcnt afin quenous,-ip' 
prenions, quand il eft qucftion de noftre fa- 
lut.de ficher nos yeux en la mon de Clinft: 
puis après aiiffi afin que nnus fcachlonique 
il ne MOUS faut mettre noftre fiance aillturi 
qu'en la purgition des péchez. 



Il E «îu frul'mrni crld.tnÂU .lu'st , i"-r. 
Il monte maintenant iufqut^sau plus haut 
degié de tout (Ctn quoy fe glorifient les fi- 
dèles . Car quand nous-nousglorifiins que 
Dieu eft noHrr , tons les biens qu'on peut i- 
maginemu d-fiier l'enfuyucnt de là. & c'en 
eft comme la l'ource. C.ir Di; u n'. ft pas feu- 
lement de tous biens le (ouuerain , mais il 
lia en foy, it le tout & chacune partie. Or 11 
a cftt fait noftre par Chrift .11 fenfuit donc 



Il Parcjuojycomme p/tr ^'» homme le pèche e ff entre au mo- 
de^^par le pèche la mort:^a/nJi la mort ejlfaruenue fur tous 
les hommes fd autant ijue tous ont pèche. 

1} {Car iuf^ues a la Loy pèche efloit bien au monde : mats le 
feche ne(} point tmputè ejuand il n'j a point de Loy. ) 

14 'Neatmoinsla mort a regnè depuis Ada lufcjua Moy^., 
mefmefur ceux qui nauoyet point pèche a la façon de la tranf- 
grejlio d' Adamy^ui a ejle figure de celuy tjui deuoit ^enir. 



'ou, or 
le pc- 
clie, 
'ou. 
Mais 



II Pjr'iucy rcmmr i^irmhtn'me 11 com- 
mence inainttDaiit a amj>lifier la melme do- 
ftrine par vnc comparjil'on des choies con- 
rraircs Car fi Chrift eft venu afin qu'il nous 
rachciaft de la calamité en laquelle Adam 
cftoit chcut, Si auoit précipité toute ù race 
auec luy , nous ne pouuonspas trouucrvn 



& égaler ou conioindre familièrement l'vn 
a l'autre . It ftcht rfl rnttc ■ Notonsl'ordre 



qu'il inetyci. Car il dit que le pcche a pre. 
cédé, S: que du pèche la mort f'en eft enfny- 
uie Car il y en a aucuns qui vculct dire que 
nousfommes tclleuicnt perdus par le pechp 
(l'Adim, comme fi nous perilTioiis f.)ns qu il 
meilleur moyen pour veoir bien a clair que y euft aucune faute de noftre cofté, feuicmêt 
c'cft que nous;iunns en Chrift, que quand on pource que nojlre premier père en péchant 
nous aura moiiilré que c'eft que nous auons nous auroir rcr-dus rcdcuables . Mais fainft 
perdu en Adi Côbien que toutes choies ne Paul dit euprefl'eement, que le pèche a fuy- 
loycnt pas fembtabU'S d'rn cofté & d'autre ui,.V f'eft eipandii fur tous ceux qui en por- 
jiour fe rcncôtrertoufiours en la comparai- tent la peine . Sur quoy il infifte encore de 
lon.Etpour cefte cauleaunî S.Pjuladioufte pins près, quand vn peu après il rend la rji. 
vne corrediô, laquelle nous verrons en fon fon (Kiurquoy toute la pufterite d'Adam eft 
lieu- & toucherons d'auâiage f "il y a encore jfl'uiettie fous la domination de la mort, 
quelque autre diuerfite.La fentccecft aucii D'juidnt dit-il,7«c >icmi,iit:'ii tuipccUé.Or ce 
iieinêt obicure.par faute que la fuitedu pro pécher duquel il parle yci , ne fignifit .lutre 
pus ne continue pas, mais demeure a ini chc cliofe.finon que nous fommestous corrom- 
mm. Cjr le fécond me'breii'eft pa^ exprime pus- Car cefte pernerfiie naturelle, l.i.|uclle 
en la compjraifon.lciiuel (iruoir cfte misa nous apportons du rentre de la mcre , corn» 
l'oppofitedu prcmier.Maisquani' ce vicn<<ra biêqu'elle ne produile pas fi i"ft fes fruit», 
au Ucu.nous mettrons peine de Icscfclairc.r eft toute flou pcche douant le Seigneur,* 






Chap. V. 



SVR L'EPISTRE 



mérite fa v«iigentc. tt t'eft cela le pèche cj 
on appelle Originel. Car comme Adam en fa 
première création auoit receu Icsdonsde 
Dieu, târponrfoy que pour Tes fuccefleurs, 
ainfi en fe deftournant de Pleii.parfa clieu- 
te.il a en fa perfonne corrompu & perdu no 
ftrenature.Car eftant privé de cefte droitu- 
re en Uquelle côfiftnit la fembtice deDieii, 
il n'a peu engendrer feniencet)uc fcmblable 
afoy-Nousauô' d''nc tous reclié. entant que 
nous Oimmeçrou? abbru\rei d'vne corrnptiô 
naturelle & par confequent iniques Sf per- 
uers . Car c'j elle vne canillafion friuole, 
quand anciennement les Pelagiens pour fe 
defuelopperde ce« mofs tant exprès de S. 
fiyc^flri. Paul, ont dit "uc le pcclie feft efpandu d'A- 
/lùuti",ch* dim fur tout le genre hiim.iin par imitation. 
Jtiiw i.ff Car par ce moyen il fVnfuyuroit que CliriH 
^ong. ne femit pas la caufe de iuftice.mais feule- 

ment l'exemple pourenfuyure. D'aoartage 
il cftaifé a recueillir que ce propos de S. 
Paul ne fentend p^int d» pèche aflue I . Car 
» quoy faire deduiroit-il la côparaifon d'A- 
dam auec Chrift . fi chacun attiroit fur fov 
condamnation par fueceffion de tenipsMl 
Penfiiit donc qu'il parle yci d'vne peruetfi- 
te engendrée auec nous. 

i; lufifuet d 1.1 Lcy . Cefteparenthefe cô 
tient vne anticipation. Car pource ou'ilne 
femble pnint que rranfgteffion pujfie eftre 
finon qu'il y. lit me Loy; onpouuoit dni,. 
ter fi le pèche eftoit auant la Loy . Qu'il y 
en cuft depuis l,i lov.c'tftoit vne chofe hors 
de doute. La difficulté eftoit feulement quât 
au temps qui auoit précédé la Loy . il ref- 
pond donc. que combien que t)ieu n'euft pas 
encore prononcé la fentence par la Loy e- 
ferite , nea^tmoins le genre humain ne laif- 
foit point d'ertre maudit , & ce des le ven- 
tre de la mc'er 8f que pourtant beaucoup 
moins font abfonsde 1» condamnation de pe 
che, ceux qui deuant la publication de la 
toy ont meTf hamment & mal-heureufcmct 
vefcu . Car il y a tonfiours eu vn nieu au- 
ouel eftoit deu honeur Ht feruice:il V a tonf- 
iours eu quelque règle de iuftice-Cefte inter 
rretation cft fi claire. Sf coule fi bié.^ue d'el 
e mefmc elle refur' affer les autres qu'on 
amène au côtraire. M.if /rprchr Sis la repre 
lienfion f|He la toy nous fiit.nous.nous en. 
dnrmôsfpar manière de direlen nos pèche?, 
r.t combien nue nous ne foyons pas ignorans 
que nous fai'onsmal.toutelTois entant qu'en 
nous eft, nous enfeueliffons la cgnoiffan. 
ce du mal.laqnelle fe prefenie deuant nous: 
«uponr te moins l'efFicons par vne f«udai- 
Beoubliance.Qiiandla Loy redargiic & me- 
nace, c'cft comme fi elle nous picnnoitou ti 
roit l'aureillep'iur nous refweiHer, afin de 
nous faire toufiours reuenir a penfcr au 
jugement de Dieu AlnO d"nc,l*\poftre veut 
dire que les hommes, félon ou'ilUon' plein» 
de pcruerfite . quand ils n'auovcnt point la 
toy qui le< refueilL-ft , ayans pour l.i plus 

?r,inj part reietté la différence qui eft entre 
< bien & le mal , fe font Wchci la bride .1 
plaifir & fans fouci aucû, comme Cil n'y cuft 
foint eu d< iugc'uentde Dieu .Autrement 
que Ici pechcî & forfaits aycnt çfte lors 



impute! aux hommes.notit en atiôs fuffîranJ 
tcfmoignages en la punition de Clin: au de- 
luge par lequel to'.it le monde (vf cngloutn 
en la deftruAion horrible de Sodonie 'Ici* 
peines i;ui furent enuoyees fur PharJÔS A- 
bimelech a caule d'Abraham: & finalement 
ésplayes .dcrqiielles lesFgypticns furent 
frappez Semblablement que les hoirmcsfe 
foyent imputez Uspeclitz les vns aux att 
très, il appert par tant de coitiplaintes * ac- 
cufations.par iefquelles Ks vns chargétle» 
autres, & le» accufent d'iniquiic & au con- 
traire, par les deféfes lefoutllts ils aïlegurt 
fongr'eiifement pour fefpurger.S: rrairtenrr 
les cliofcs qu'il» oit faites Fiialement qoe 
vn chacun a part foy ait eu vii-fintiment en 
fa confcience , l'aduertiffant du bien 8t da 
mal , il y a des exemples tant & plus qui la 
monfirent. Mais le plus fouuêt ilsfermoye» 
les yeus,& faifoyent fcmblit de u'apperce- 
uoir pas leurs mauuait aae«,tellemët qu'il» 
ne f'imputoyêt rien a pèche, qu'a force Si f 
côtrainte. F.t pruriâtqiûd il dit que (ans la 
Loy le pèche n'eft point imputé , il parle ea 
côp.iraifon de ce q eft qmnii la Loy crie : a» 
fcauoir pource que le' homes, quâd il n'y a 
aucun aiguillon de la Loy qni les picque, fe 
ptôgent en telle (iiipiditc qu'ils ne le l'oucié"* 
gueres du ma! qu'ils font. Au refte.l'Apoftre 
S Paul a yci entr-laeé crftc fentence f arm 
fort bô auis, afin q de là les luifs cognuifent 
mieux cbbien ils eftoyent griefuemêt coul- 
pable5,Vf u que la Loy les condânoir aperte 
ment. Car fi ceux lefouels Dieu n'auoit ia- 
mais adiournczdciiât fô ficge iudicial pour 
les conuaincre de leurs fautes, n'ont pas efte 
exéptsde la peine du pèche, quefera.cedet 
luifs, aufquels la Loy en crut haut & clair^ 
côme a fon de trôpe t'ait a Tcaucir Irurcoul 
pe^Jr mefme dénonce leur iugenient & con- 
dânatiô>On pourroit auffi .imener vne autre 
r.sifon, pt urquoy c'eft qu'il dit ixpreffémêt 
que le pecliea rcgnédci:ant l.i Loy &-routef 
fois n'a point efte iiripute':CVft a fcauoir afin 
que nous fcachions que la caufe de la mort 
ne procède point de la Loy,niais fculeinét y 
eft trôftree. il dit donc qu'incôtinent depuii 
la cheure d'Adam , tous homes ont efte mi- 
lerablemen' perdus côbien que C! fte perdi- 
tion i.'.-.it efte delcouuerte que quâd la Lojr 
eft s'Cnue en auant . Le mot que nous auon$ 
tfadiiit , M.<». ou.inH nous le changerons en 
f ôbien que, le fil du rropos eu fera plus cou 
l.ît.Carlefcns fera: Côbié que les homes Ot 
flattent, que toutcffoijils ne peuuent pas ef- 
cliapper le iugcmcnt , mefmes encore que la 
Loy ne les redargtie point. 

14 lu m'rt .f |.r(;»r.ll cvpofc ^ dône .1 enté 
drc plus clairement, ou'il l 'a rien fcriii au* 
homes. i|uc depuis Adâ iiifqucs a la publica- 
tion de la Loy ils fe foyer desbauchei a plai 
fir A- f<ns crainte aucimcm. ttîs en oubli la 
diffcie'ce entre bien & mal 8: melmcs que la 
Lry ti'efîât point, qui Ici adinoneft.Tft,Ia fou 
ueraco du pèche ait efle enfeucIi':pource q 
nonof>flant ce'.s le pèche au. lit vigueur en 
cood.ïnation.T.t pourtant la mort aufïi a ré- 
gné lors, pource que l'aueuglen ct&endiircif 
iime'i des homes n"a peu abbai^c ou abolir 
U in- 



AVXROMAINS. ;< 

ttlngtnltntdenieu. \ttfme fur m* jui n'a- tcrriiption do propo? qui » tft» faite . Prr- 
K:yrnt Combien qu'on cniéde cômuncment nons donc le propos , comme fil cAoïtainA 
ce palTage touchjne les péris enfjns, qui n'e- ' . ^ ■-- - 

itans coiilpablcs d'aucun peclie aducLperif 
lencpar la corruptiô originelle: toutefloii 
l*;iinic mieux l'expofer en commun de tous 
«eux qui ont pcclie Cins la Loy . Car il faut 
«onioindre cefte fcntéce aiiec lei mots prc- 
Kcdcns.nù il a elle dit que ceux qui cftoyent 
Ansia Loy, ne fc font poinr imputé le pèche. 
Iccuxdonc ne pechoyent pas.f /<f /V.'?» df U 
n*'<fir'jlf3tt if'.4J*m-youtce qii'iU n'anoyent 
pas la volôte de Dieu qui leur full rcueice 
par m oracle cerrain.côme il auoit eu. Car 
a Adam le Seigneur auoit défendu de tou- 
cher lefruii de fcience de bien & de mal: 
irialsa ccur-ciil nclcur aunic donné com- 
mandement aucun qne le tefinaignagede U 
«onfcience. Ainli doncl'Apoftrca voulu ta- 
citement donner a entendre, que cefte diuer 
fice qui (c trouuc entre Adam & ceux de fon 
lignage qui font defcedus de luy, ne fa t pas 
qu'ils foyent exempts de condamnation. Ce- 

Îiendant toutclfois lous ce catalogue vniuer 
èl les petis tnf.ns aulfi y feront comurins. 
Hjn M eflr fgM'r Jr cc'uj . Cefte particule a e- 
fte inifc en lieu de l'autre membre. Car no' 
revoyons qu'vne partie de la comparaifon 
cftre eiprimecU'auire a cfte omil'e par l'in- 



tfcrlt , Comme p <r vn Iiomme pcche cft en, 
tré au mondi: vniuerfel , & par le pcche la 
inort:ainri par vn homme iufticc iftreiour- 
nee,& par iufticc li vie. Et quart .i ce qu'il 
dir.qu'AJam a i fté figure de Chrift , ce n'eft 
pas de irerucilles.Car melincs es chofes lef 
quelles font fort contraires, il y apparoiftra 
toufiours quelque Gmilirude . P..urce donc 
que comme par le pec'ie d'Adam nous fom- 
mestous ruineir & perdus , air. fi nous fom- 
n<es remis fut par la iufticc dcClirlft.il 
n'a point mal a propos appelé Adam, ligu- 
re de Chrift . Cependant il faut noter que 
Adam i.'cft point .-"ppelé figure de pethe, 
ne Icfu» Chrift figure de luftice , comme 
Cils ne (ailcycnt feulement que nous don. 
ner exemple : mais qu'ycieft faite comp.i- 
ralfon de Ivn a l'autre . Ce que ie di , afin 
qu'on ne fahiile trop lourdement auec Ori- 
gcr.e , voire &d'vn erreur bien dangereux. 
Car il parle en Philoff.phe , & d'yne facoa 
profane, en iraittjnt des corruptinr s du gen. 
re liiiiiiain:S.- quant a la graci de Chiift.non 
feulement il luy uftc Ta »e4tu , mais l'abolit 
quafi du tout . J- d'autant inoins Erafme eft 
a excufcr.qu^nd il traiiaillc tant pour cxcu- 
fer vne tefuerie (î lourde. 



f 



15 'ToHtePfoUle don n eft p.u comme le forfait.C^r fi fidr /<? 'ou> 



"or fait £'^n plusieurs (ont morts , beaucoup pluflofl la grâce de Mais 
Dieu^'Jj le donpar la grdce^<ju't efi d''in homme^ afcauoir lefUs 
Chri/},a redonde /ter plujieun. 

15' Tmrfftù tt iin n'tf[fx< . Mainten.int tronué alTez ferme de tons . Vray eft q cefte 

rcnfuyuent le< cotreftions ou modérations confeque'cc ne l'eroit point mil a propos, de 

4e la comparaifon qu'il auniin'agueres a me dire. Si la chenied'Aj m a eftede fi grande 

née : efquelles touieffoitil n'efpruchepas fi efficace a perdre & ruineriât de gens.beau- 

cxaâement toute la diuerlitequi eft entre coup plus la grâce de Dieu aura efficace en 

Chrift Se Adam : maisobuie aux erreurs ef- falut a pluficursiveit que c'cft vn p.nnCttnut 

quels autrement il eftnit facile de tomber, certaii, que Icfus Chrift eft beaucoup plut 



Vlaisen expofantnous adioufterons ce qui 
defaudra . Au rcfte , combien que par plu- 
fieurs fois il face mention de diuerfite, tou. 
leffuii il n'y a pas rne feule répétition en 
laquelle le propos ne foit aucunement laif 



puilTant a fauuer les home», que n'eft pas A- 
dama le» lUiner.Maii pourcc qu'on ne pouf 
mit. pas réfuter ceux qui vtftidroyent pren» 
dre Ce propos fimpicinent, fant qu'il empor- 
te illation ou confequence aucune , ie laiffe 



féen fufpens , ou pour U moins imparfait enla liberté d'vn chacii Je choifir lequel dei 



de quelque chofe. Lefquelles chofes fon 
bien vices en l'oraifon : mais pour lefqiiels 
tien n'eft perdu de la maieft,.- de la lapien 
ce celefte qui no* eft enfcignee pat le fainft 
Apoftre - Mais pluftoft cela a efte fait par 
vne finguliere prouidence de Dieu , que ces 
Inyfteres tant hauts Se eicellens nous ayent 
«fte laiftci fous vne humilité de parolci 
contempiible .afin que noftre foy fiift ap- 
puyée non point fur la puiflance de l'tloqoe 
ce hnmalne , mais fur la feule effitace du 
fainft Efprit . Or il ne déduit pas encore y- 
ci nommeement la raifon de cefte correfiii- 



ftn'mais il monftre fimplemcnt que I.1 gran- 
deur de I.1 grâce acquife par lefus Ch'ift eft vertu pour en fauuer pl'ifieurs 
fcien pluiamp'e que n'tft celle de la eon- il dit que r-*' '' f'f'^'' <'''"' "' 



deux fcns il voudra, Cô'jicn <jUe ce i|Ui (^en- 
fuit incontinenjne peut pas cftre prins par 
manière il'illatîon : Se touteffois il y a mer» 
me raifon. Pourtant il eft vray fen.btable 
que fain&Paul corrige fimp'cmrnt ou mode 
rr par vne exception ce qu'il auoit dit de la 
fimiliiuJe entre lel'u' Chiift & Adam Ce- 
pendant notons qu'il n'eft point yci fait com 
paraifon de P/nlifiauee encore plus grauii 
nonibrc:(car il n'eft point yci qucftion de la 
multitude des hommes ) mai» comme ainfi 
fnit que le peclie d'Adam en ait dcftruit Si 
miné plofieurs.il fait vn argument, que la in 
ftice de Iefu^ Chrift n'aura point moins d» 
«ii^and 



damnation en laquelle tout le ge're humain m-zr.. cntC(\dons que c'cft pource que d« 
• efte enueloppé par le premier homme. luy U corruption eft defcoulee en nous, 
tjuaot a ce qu'aucuns penlent que l*.\poftre Cirnousne 1 enlfcns pas ttllemcnr par la 
iittyci vaartumcct icntrcay ficelalcrvit faute & Btche d'Adam , comme fi oeU 

CJiii- 



Chap. V. 



S VR L»EP i STRE 



cftions hors de faute quît a nous<m3fs pour autres cliofes feinblablcs. Dont nmi» ptn»» 
ce que fou ptclie eft la caufe de noftre pe- uons cognoiftre commentles Scliolaltùjue* 
che, S. Paul luy atrribue noftre ruine & per- ont défini la Grâce mal a propos, & comme 
dition . l'appelle peclie nofire, lequel nous gens qui n'y entcdent rien, quand ils ont dit 
eft naturel, & auec lequel nous naifTonS. ^ que ce n'cOoit autre chofe qu'vne qualité 
^râtelle Dif«,iT l' dtnfir U gmce . la grâce Infiife es cœurs des hommes. Car propremec 
proprement eft mife a l'oppofiie du forfait: grâce eft en Dieu, ce qui eft en nous effet de 
& le don qui procède degratea l'oppofite grâce. Ori\ dit rju'eUf cfl d'ynlj'-mme S(fu* 
delà mort. Ainfi, le mot de Grjrc lignifie la t/)/i"ff, d'autant que lePere l'a eftabli & or- 
pure bonté de Dieu , ou Ton amour gratuite, donné comme la fource , afin que tons pul 



fent de la plénitude d'iceluy , Iclian i.b.iS. 
"Et ainfi i! môftre qu'il eft impoffibledctrou 
uer vne feule gouttede vie hors deClirift:& 
qu'il n'y a point d'autre moyen pour reme 
dier a noftre indigcce & défaut, finô que luy 
face defcouler fur nuusdefon abondance. 



de laquelle'il nous a monftré le tefmoigna 
geeii Clirift.pour remédier a noftre mifere. 
£t le P.» , ccft le fruit de fa mifcricorde 
q^ii eftparuenu a nous lafcauoirla reconci- 
liation, par laquelle nous auons obtenu vie 
& l'alut.item la iuftice.nouueaute dévie, & 

oUjbe- i(. Et n'eftpai atnfi du, ' don-,come de ce qui eft entré far ^tt 
neficCj ejui a peché.Car le mgemet ejl d^n forfait en condanatir.mais 
ou, la le don e(i de flnfeurs forfaits a tufl'$fic4t'toH. v 

COuLpC "^ it n'rfl iiAi nirtp dudc» ^cemmeje tt /5rf.«i>/,defquels il feftifie que nous fommï» 

■^ nu! ffi eiitié,(^c Voyci vne raifon fpeciale de purge? par le bénéfice de lefus Chrift , il ne 
la corrcûion & modération que nous auons 
notee.afcauoir que la coulpequUf'en iften- 
fuyuie d'vn forfait, a valu en la condânation 
de nous tous! mais la grâce ou phiftcft ledô 
gratuit ba efficace & vertu en iuftifiiatiô de 
plufieur* forfaits . Car c'eft vne déclaration 
de la prochaine fentence que nous venons de 
Veoir; pource qu'jl n'auoit point encore ex- 
primi comment ou en quoy Chriftfnrmon 



faut pas entendre feulement ceux qu'vn cha 
cun a commis dcuant fon Baptefme : mail 
auffi ceux par Icfqucls les fidèles chacun 
iour denienent encore de noHUCau couU 
pables , & a caufe defquels a bon droift ilt 
encourroyent condamnation, fils n'cftoyene 
incontinent fecourus de ccfte grâce . Com- 
me ainfi foit qu'jl met le Jugement a l'op- 
pofite du Don, le premier motfignifie Ri- 
te Adam. Celle différence eftant ainfi arre- gueur , comme l'autre fignifie Pardon gra- 
flee.il appert euidcmment que c'eft vne mcf tuit . Carde rigueur procède condamna- 
chante opinion de ceux qui ont enfcigné, tion : & de pardon abfolution t nu ( qui eft 
que nous ne recouurions autre cliofe en autant a dire) fi le Seigneur procède en- 
Chrift .fiiion d'eftrc dtliurez du pèche cri- uers nous en rigueur de droift , nous fom- 
ginel , ou lie la corruption quenousauons mes tous perdus : mais il nousiuftifie gr*« 
tirée d'Adam . loint que par ces y>'/</r<«i-r tuitcment en Chrift. 

17 Car Ji par le forfait d'^n l-^ mort a règne par ^n.heauceup 
fltifloJlceHX cfHt reçojuent l' abondance de ^r ace ^ d/e don de m 
fltce-,regneront en 'si/epar <^»,afcauoir leflis Chrtjt. 

17 C.trfp^r/e fs'fxhtl'rn. il met yci paraifon ne fe rencontrent pas droit a Top- 

derechef vne correûion générale, a laquelle pofite , non plus que de l'autre que nous a- 

il infifte pi us. pource que ce n'cft pas fon in- uons veuê défia. Car il deuoit dire,quelc be 

tention de pnurfuyure & déduire par le nefice de vie rtgne beaucoup plus, & ha vi- 

menu chacun poina:mais il veut feulement gueur par l'abôdance de grâce: en lieu de ce 

arrefter la principale fubftance de cefte do- la il dit que les fidèles rrgiirntu^ce qui eft 



Arine . Il auoit dit au parauant que la gra 
fe a eftc de plus grande elficace que le for- 
fait , Par cela il confole & confcrme les fi- 
dèles ■ & quant & quant les refueille Si ex- 
horte a confidtrerla bonté & bénignité de 



tant a dire .car le règne des fidèles en vie, 
eft auffi le règne de vices fidèles Cepcniiant 
il ne fera que bon de noter yci deux diffère» 
ces entre Chrift & Adam , lefquelle» l'Apo- 
ftrealaifleesrnon pas qu'il pél'aftqn'ellesne 
ieu . Car voyla a quoy tend ctftt rtpciiti- fuflent point a confiderer; mais pource que 
i tant fongneufe: c'eft afcauoir a ce que la le propos qu'il traitte , ne requeroit point 

frace de Dieu foit magnifiée comme cl- qu'elles fufl'ent expreflecmcnt déduites, 
emerit :q»e Icshommes fciycnt dcftournei La première eft , que ce que nous iommei 
delà fiance d'eux-mefmes, pou rf 'arrefter en damnez par le pèche d'Adam , ce n'cft point 
Chrift qu'ayaiis obtenu la grace.uous ionif- par imputation fculeinét, comme fi on noua 
fions d'vne pleneaftcurancc .dont finalemet faifoit porter la peine du pèche d'autruy: 
eft engendrée cifte recognoiftance qui eft mais d'autant portons-nous la peine d'i- 
contraire a ingraiiiudcOr la fomme du pro celuy , pource que nous fommes auffi coul- 
pot rtuientU, D'autntque Chrift (urmon- pables, c'eft afcauoir entant que noftre natu 
%e Adâ.juffi la ludice de Chrift furinonie le te corrompue en luy , eft deuant Dieu iroi>- 
peclie o'Ailâ , fa grâce ancâtit la malediftio uee coulpable d'iniquité, $c enueloppee en 
d'Adam , fa vie engloutit la mort procedce la condamnation d'icellc. Mais c'eft bien 
d'Ad.)!^. Au tcfte,Us niciiibtcs de ccfte cum- 'd'vtic autre facô ^ue aoiu fommes reftahlis 

CO l>lu< 



A VX ROMAINS. 



37 



tnfaliit pirla iuftice de lefuiChrift. Car elle comprcd toutela pafte.t cft a dire tout 

elle ne nom cft pas ini|niicc.pource qu'elle le genre humain, Mai» pourvenira la pirti 

foit dedans noUi-mais pource que nouî pof eipatlondcla grâce de Chrift, il faur que 

fedons Chrift, qui nous cft donné auec tou5 prcmicreitient nous foyons enicz en luy par 

fes bie's par la libéralité du Père. Ainfi dôc U foy . Pour jouir donc de cefle mifcraMe 

Xiicni^c luniccfignitie.non pas tnc qualité fucccffion héréditaire dcrcihe, c'cft aflcr 

laquelle Dieu mette en nnus.côme aucuns d'eftre homme:c3r elle rclide en la chair & 

reïpofent,leprcnansiiial;inaisvne imjiuta au fang: mais pour iouirde la iuftice de 

tiô gratuite de iuftice. Car par ce mot Don Chrift , il faut neccflairement eftrc fidclc. 

de ioftice , l'Apoftrc déclare que c'cft qu'il d'auiât que U cômuniô d'ictluy facquiere 

aentendii par la grâce. l'autre diftcrcceeft, par loy. Quant aux pciis enfans , il leur eft 

€jue le bénéfice de Chrift ne paruient pas a communioué par vn moyen fpecial Car il» 

tous homes .comme Adam a enueloppé en onten l'alliance le droift d'adoption , p^r 

damnation vniuerfclleincnt tuut fon ligna- lequel il"; paDent en la cômunion de Clirilt. 

ge.ït la raifon de cela cft tf.ute apparente. le parle des enfans des fidèles, aufquels U 

Carcôme ainfi foit que ccftc malcdiftion promede de grâce eft addr-lTce : car les au- 

^ue nous tirons d'Adam. foit defcoulec fur très ne font point exemptez de U conjuiô 

nons par nature, il ne fc faut pas efbahir fi commune du genre humain. 

18 Comme doncp/tr le forfait â''^n d tous hommes en coniam 
r/tt'ion^Atnftaf'Sfifar la ÏHjliJicatio d'^n a to-xs hommes en tuflt 
ficatio» de *v'/f . 

poutre qu'elle eft prefentee a tous: non pas 
que par elfct elle f*eftede fur tous- Car cô- 
biê que Chnft.ait fontfert pour les péchez 
de tout le monde , & (oit offert par la beni- 



18 Ccmmr J:iir,Hcc. la fentence tft aiicu- 
nemont iinp.irfaite:qui fera plenequ.id ces 
mots j1 rcii^amniiii->i , a luftification , nous 
les cnuclierons ainfi , l-t tenl-tmiiAiicn , La 

iuftification- comme de faift il les faut re- gnite de Dieu indiffcremmcnt a tous: fi 

foudre en cefte forte, fi nom vnulôs auoir le eft ce ne intmoins lUC tous ne l'apprehen- 

fens entier. Or cVft la conclufim générale dent pas. On pourroit rulTi repeter les deuï 

îic cefte comparaifon que nous auo'iis n.rtee mot» defqucls il a n'agueres vfé , alcauoir 

ci defliis.Car maintenant lailfant le propos lugerexi o?-j;rj^<-.encc ftns.' Comme parle 

«le la corrcâinn & modération qu'il auojt iugement de Dieu il tft aducnu que le pe- 

cntrelacé (comme dit aeftc) il paracheue che d'vn rcBcndift en condamnation de plu 

cefte fimiliiude: Comme par le pcchc d'vn fuursrainfi la grâce aura efficace & vigueur 

m.us luonsefte faits pécheurs , qii'ainlî la en iuftification de plufieur^. I>i/!;;f,4i!»i de 

iuftice de Chrift a aftcz d'efficace pour no' vic.filon mon iugement, fc ptcnd pour L'ab 

iuftifier. Cnirbien qu'il ne met pas la iufti folution laquelle nous rcllabliten la vie: 

cernais /j luli.fmrien de Chrift: afin de don conunc fi l'Apoftre difoit, luftification viul 

ner a cntcdre qu'il n'a point efte lufte pour fiante Car l'efperance de falut vient de ce 

foy en particulier, mais que la iuftice qu'il qUeDitu nous tft propice. Orpour luy eftre 

a r.ue,l''efpand it eftend hië loin, afin que du a^eables,!! laut que nous l'oyont inftcs 11 

don qui luy a efte côfcié.il cniichilfc les fi- Pcnfuit donc que la iric procède de la iufti- 

dclcs. il faicla gr.Ke côinune atous homes, fication. 

19 Car comme par la defoheijfa nce d'^n homme pluGeurs ont 
efle rendus pecheurs^aufji far Coheiffance d'^nflufeurs ftront 
rendus tu fies. 

Ce n'cft point ycivne répétition fuper clare par ce mot quelle cft la iuftice de 

Due, pour faite durer le propos , comme il Chrift, en la nommant Obeiflance- htiur 

pourroit fcmbler ; mais c'cft vne déclara- ce poinft.notonstievous prie)que c'eft c,u'il 

tion bien neceffaire de la fentence précède' nous faut apporter dcu;nt Dieu, fi nous 

te. Car il nionftre atifli que la faute d'vn voulons cftre luftifie; par les icuurCSiafça 

homme nous a faits tellement coulpables, unir l'obeinance de la Loy,&nnn pasen 

que cependant de noftrccoftt noiisiie foin- vncpartie ou deux, mais qui ioit parfaiic& 

ircs pjs innocens. Il aunit ditauparauant accomplie de toirs points. Car fi le iuftc 

que nous fommcscor.d.imne2:majsafin que vient a faillir, toutes fcsiufticcs preccden- 

perlonne ne prcfiiine dcfedirc innocent, il tes ne viennent point en mémoire, & ne 

a voulu auffiadioiifter que chacun eftcon- font inifcs en conte, Ezcchitl aiichap 18. 

damne. pourcr qu'il cft pécheur Puis après f.î^. Il faut aulfi apprendre d'yci.que 

quand il proimonce, Que /<fr /*:/.ri/7.t||i.r de ceux la drcifcntdes inueniiorsperucrfts,* 

Chrift nous fommcs rendus luftcs.'dé cela baftiQrnt de maudits mnycos de defplai- 

rous recueillons que Chrift nous a acquis rc a Dieu , lefouels fongcnt quelque chofe 

iuftice .d'autant qu'il a laiiffait au Pcre. d'iux-mefmes'pour luy prtfcnter. Car il 

Dont l'cnfuit que la qualité de cefte iuftice n'y a point d'autre vray moyen de le feruir, 

tft en ChriftMnais que ce qui cft propre a que auand nous furuôs et qu'il nous a cô- 

anJc ,& rendons obeillance a la parole. 



vn for- 
faict 



itiy.nouseft imputé , c'cft a dire communi 
<]ut par ijnf utaiion. ScniblabUiPCnt il <iC' 



Or viencnt luaiaicnant ceux qui l'atiri. 
bucM 



Chap. V. 



SVRL'EPISTRE 



buent aoee grande prefomption , iufticî 
d'oeuures , laquelle ne peut eftre.finua 
qu'il y ait vnc plene & encicre obleruacion 
de la toy, te il eft certain Qu'elle ne fe 
trouucta nulle part. Scmblablemenc nous 
recueiUoni <l'/ci que ceus-la radotent & 



font hors ia fen?,lefquelj veulent fair« 
tas deuant Dieu des Ofuurei qu'ils auront 
torgees eux mefoies , Ulqnelles il n'cftime 
non plus qii'cftrons. Car obeiflinct vaut 
mieux que les facrifices.i.Sa.is.e.w. 



2.0^ Or U Loj efl ffirtienue afn^ueteforfttBahondaJt:mafi 
ta OH le pèche a abondé, graeej a plu* ahorid:: 

21 Afin ijue corne pèche a règne par U mort^pare'tUem'èt aufTi 
ia grâce regnaftfer iufiice a '^'te éternelle par lefùs Chrifi, 



50 OrUtff)ffi funniHf. Cefte qucftion 
flcpend de ce qu'il auoit dit auparauanc, 
que pèche eftoit auant la puStication d; 
la loy. Car cela eftant dit , ilf^eiifuyuoit 
incontinent , Quel befoin donc eftoit-ildc 
la Loy ? Et pourtant il faloit nrcelT.iire- 
ment defniefler ceftft difficulté auffi; mais 
pource que lors il ne venoit pas bien a pro- 
pos de faire vne longue digreflîon , il l'a re- 
mis iufquesyci. Et encore maintenant il la 
derpeclie en peu de paroles, & comme en 
pariant : difant feulement que la Loy eft 
furuenue afin -jue /rf-rfth .^mJ^fl . Car il 
ne recite pas entièrement tout l'office Se 
vfage de 11 toy : mais il en touche TeUle- 
ment vnc partie laquelle faifoit au propo» 
qu'il triitte maintenant- Car il monftre 
qu'a ce que la grâce de Dieu euft lieu , il s 
falii f. ire mieux coïnoiftre aux homme» 
leur perdition. Vray eft (lue deuant la lojr 
ils eftovent bien comme poures gens furla 
mer.defquelsle vaiffeaueft brifé en pièces: 
touteffois pource qu'en leur perdition il 
leur eftoit encoreaui» qu'ils nageoyent 
pour pouuoir d'eux. mermc; venir a fauuete. 
Ils ont efte plongez iufqu'au fond ércom. 
me abyfmez , afin que la dcliuranee en fuft 
pluseuidente Se m.ignifiqut , quand contre 
toute l'apprehenfion du fenshumain ils font 
tirez hors de ceft abyfme , & amenez au 
port de falut.Or il ne faut point p? nfcr que 
c'ait efte vne chofe ab''urde, que la Loy tiift 
publiée en partie pour cefte caufc , afcauoir 
afin qu'elle condamnaft au double les 
hommes eftans vne fois côdamncz.Carc'eft 
chofe iufte tant Se plus, que les hommes 
foyent par tous moyens amenez , voire 
mefmes conuaincus , f( comme tirez par 
force a fentir leurs maux, ^fn qur Irf-rf.ut 
Mlinnit.tft. On fcait bien l'expofition qui 
a efte communeement donnée fur ce pafla- 
ge par plufirurs après S- Auguftin . Afca- 
uoir que la cupidité de l'homme eft d'au- 
tant plus .^iguifec St. comme enflammée, 
quano la Loy met au deuant comme des 
barreaux pour Tarrefter: pource que c'cft 
le naturel de l'homme d'aller a l'encontre 
de ce qui luy eft défendu. Mais quanta 
moy , le ne penfe point qu'il foiryci parlé 
d'autre aecroifTemenr que de cognoiffance 
tt obftination. Car la Loy propofc Se met 
deuant les yeux de l'homme fon pèche, t»l- 
l«m{t qu'il (ft contraint , Tucillc-il ou non. 



devenir toulîours deuant foy la condam- 
nation nui luy eft apprcftee. Parcemoyeir, 
pèche, lequel autrement les hommes 1er- 
tcroyent derrière eux fans faire femblanc 
de le venir, tient fon (îege en la confcience. 
& le fait là (êntir.D'auantage l'homme qui 
auparauant tranfgrelTbit fimpicmcnt Jet 
bornes de iuftice, maintenant laLoyeftât 
mife, dénient contempteur de Umalefte 
& puiftànce Diuint , depuis que la volonta 
de Dieu luy a efte reuelee , laquelle il ren. 
uerfe , &,parnianierede dire ,fouIIe aur 
pieds par £a concupifceoce. Dont l'cnfuit 
que par la Loy le pe che croift : pource que 
lors l'authorite du LegiHateur eft mefpri. 
fee,& fa maiefte amoindrie. Ordcey n ffut 
a'milr Afres que le pèche euft tena les 
hommes comme noyez* abyfmez , lorsU 
grâce eft venue au fecours. Car il monftre 
que d'autant plus eft cognuç ,eUTdente Se 
magnifique la grandeur de fa grâce , que le 
peclie eftant comme vne grande eau defbor 
dee de toutes parts , elle f'efpand en telle 
abondante, que non feulement elle furmon 
te , mais aufii engloutit ce déluge de pèche. 
Et de cela il nous faMt apprendre qu'en 1« 
Loy noftre condamnation ne nous eft pat 
propofeeafin que nous y demeurions, mais 
afin qu'ayans a bon efcient cognu noftre 
mifcre.nous foyons redreflez & rangez a 
Chrift, qui eft enuoyé pour médecin juï 
poures malades . libérateur aux captifs, c<>- 
folateur aux affligez , protcfteur aux op. 
prefltz,ira<Si.a i. 

ÎI ^4f« i]tu csrnmr h ffrhr dutit rr;nf. 
Comme le peclie eft appelé l'aiguillon de 
la mort , pource que la mort n'ha point de 
prinfe & de puilTance fur l'homme finon 
a caufe du pcche: ainfi le pechc defplo)-* 
C» force par la mort : Se pourtant il eft dir 
qu'il exerce Ti domination par icelle. Au 
derniermembrel'ordiede la comparaifon 
if\ deux contraires n'eft pas otiferuee de 
poinft en poinô .• toutelTois il n'y a rie* 
fuperflu. L'antitlierc euft efte fimple , 
quand il euft dit. Afin que la iuftice rè- 
gne par Chrift ; mais S. P.iul non ton. 
tent d'auoir mis les choies contraires a 
l'oppofitc l'vne de l'autre , adioufte, /.« 
f *fr , afin de nous imprimer plus fort ci» 
mémoire , qu'en cela il n'y a rien de b»- 
ftre mérite, mais que le tout procède de 
la purclibcralite de Dieu. Auparauant it 
watt 



A V X ROMAINS. 



?8 



iuoit dit que II mon mefme ïuoit tegne: tellement entre Adam i Chrift , qu'il leur 

mjimenint il attribue a pcche vn rtgii; alTignc a chacun fon trinps. Incontinent 

inaiiduquel la fin ou l'elTit eft lamorr. Et donc que la grâce de Chnft commence a 

dit iju'il a régné , parlant dVn temps paf- auoir lieu en ouclqu'vndc nous , if mon» 

C:nonpai qu'il cette de régner encores ftrer fa vertu, le rtgne de pèche & de 14 

âuiourd'Kuy en tcui qui font feulement mort ccffc en ctftuy»la. 
lUisJurang& de la clulr ; mais il partie 

c H A P. V r. 

t S^^^§^ ^'^ dirorts-nous donc ? demfurerom-f/efft en pèche 
^j^t^^' ^Jt» ^ fi f^ >''*(' e /tbonde? 

yftnftnAduienc. Car notis eju't Tommes morts a 
\ pèche , comment '^iurons-nous encore en iceluj? 



I f^uclînjit «riiiitoMt} r.n tout re clia- 
pitre l' Apollre tramera que ceux-Ia defctu 
Tcnt Chrift,& le diui'ent de foy - mef- 
itie , ',ui imaginent que la iuftice gra- 
tuite nou^ foit donnée de Inv fan< noU' 
ueaurcde rie. Combien qu'il pafle enco- 
re* plus mitre , amenant ccflc o'oieiSion, 
Qu'il pourrolt fcmbler que c'eft bien 
«lonncr lieu a la grsce , quand Ici hom- 
mes croupiront en leur pec'ic. Cir nous 
fcaiinns que cVft tnufiours l'ordinaire. 

Îiue la chair, a la moindre couleur qui 
era prefentee, fe lafche la bride. D'»- 
uantage Satin inuente toutes les calom- 
nies qu'il peut, pour diffamer la doiSri- 
t>e degrace ■ ce qui ne luy eft p.is fort dif- 
ficile 1 faire. C.ir comme linfi fnir que 
tout ce qui cft dit de Chrift i eft fort eftran- 
fie au fens humain , on ne doit point trou, 
utr nouueau, fi quand il efl^atlc de la 
iuftificaiion de la foy , la :chair prend les 
chofes au rebours , ti heurte tant de fois: 
comme vnc nauire laquelle en lieu de te- 
nir le drnlt chemin qui liiy eft monftré, 
îroit frapper maintenant a vn rocher , puis 
«l'autre. Si eft-ce neanimoins qu'il nom 
faut panernmre : & n'cft point queftion de 
fupprimer Chrift . pourtant (^il eft a plu- 
fieurs pierre de choppement V de fcandale. 
Car comme il fera en ruine auv mefchans, 
julTI fera-il en refurrcSion aux fidèles. 
Combien qu'il nous faut toufiours auifcr 
d'ob'iier lux quiftinns exira<ia|;anies Se 
fans propos, afin qu'il ne femblc que la do- 
ftrine Chreftiêne tire aiiec foy quelque ab- 
furdite Or l'Aroftredef(iefche maintenant 
l'obicAion la plus commune contre la pré- 
dication de la grâce de Dieu ; afcauoir que 
fi linfi (ft, quêtant plus e(l grand le far- 
deau de pèche df.nt nous fommes ch:»reeR, 
d'autant plus libéralement f{ aboncfâmcnt 
îa grice de Dieu nous fiibiiient.il n'y a riçn 
qui nnni foit meilleur que d'c/lre plon- 
gea an profond bourbier de pecIie.iV prouo- 
quer l'ire Ae Dieu par nouurllcs offenrcs de 
lout eu iour:pourcr que lors nous fentirons 
fà J'^ee ranr plusabond inic . ce qui cft 11 
nieilleurechoferue n.>us fcichinns dcflrer. 
Qu.ini au moyen de réfuter ceftc obicAiôj 
■ous le verrons ci aprct. 



Jrjf». 



1 ^Inlt n''.ti1ii''tnr \\ femble a aucuns que 
l'Apoftrc a voulu 'cuicmcnt réSarrer n'au- 
thoritevne rage fi .ftrange qu'cft ctfte-ci: 
mais il appert par d'autres pafTages , coin- 
bien celle refponfc luy eft ordinaire. mcf- 
mcs quand il difpute contre quelque eliofc 
par beauerup d'arçninens & bien vr^ens. 
comme aulTiyci il réfutera vn peu -ipre? 
bien fongneufi^ment la ca'omnic qtii a cfte 
obieftce Toutefois dcuant que venir là.jt 
la reiette d'entrée par ce mot duquel nou» 
vfos qiiâd nous voulôs derefter quelque cho 
fc:ce qu'il fait, afin d'aduertir les leftrurs, 

3n'il n'y a rien moins cnnnen.^ble que de 
ircque la g^jce de Dieu, laqne'le nous r» 
ftablit cneftat de iuftice, nourrit !>: en-rcriet 
nos vices. NTîiir ^mT^mmi-i mw, n fihe.Ci:^ 
vn arçiiment qu'on appelle prins delà pofi fcyn f»nm 
lion du contr.'irc Car celuy q'ii pèche, il „„;,f;,„ ,,J 
cft certain qu'il vit a pèche. Or nous fômes „^f., r^, /^ 
morts 1 pèche par la grâce de Clirift • c'cft .^^^,1-^ j^ 
donc vne clioie faulTc de dire qu'rllc donne j c'l>4a ti 
vigueur a pèche , lequel elle abolit Car la 
vérité rft telle, que iamai< les fidèles ne fôt 
réconcilier a Dieu.que quât & onant le d& 
de régénération ne leur (oit faii.&mcrmes, 
que c'cft pour cela rue nous fommcs iufti- 
ficr,c'cft,ifcauoir afin que puis après non» 
feruions Dieu en pnrctcde vie Ft audl 
Chrift ne nous laue point de fon fing, ,V ne 
nous rend point pAr fon elpiatron* (atlf- 
faftion Dieu rropiccTUtremcnt q'i'en nou» 
f.iifant p.irticipans de fon Ffprir.qu'i quaru 
A quât BOUS renoliuelle en vne vie fainfte. 
Ce feroirjoncvn rcrUfrfement de l'triuire 
de Dieu b'cn m rebours Stpartron eftran- 
ge.fi le pèche renforcnit a l'occnfiô de la 
grâce qui nous eft offerte en Chrift Car la 
mrdccine o'cft point nourriture de l.i mala- 
die quelle efteint..^u refte.il nous faut i- 
ooir foiiiifnanccdr ce que i'av n'agucre» 
tnurhc.qiie S Pjiil ne trairte pas vti quel» 
Dieu nous irouue , quand il nous appelle 1 
la conmunicaiion de Ton Filt:mais quels il 
fiui que nous fovnns de puit qi. 'ayant efte- 
du fa nifericordc fur nous. il nous a .ido^ 
pter gr.uuitement. Carpa- c mot f.ir'r^, 
qui fignifie vn temps a venir.il môftre fuel 
changement doit fenOiyurc depuis que I* 
iuftice de Chrift nous eft c«minu:ii^uc^ 



Chap. VI. S V R L'E P I ST R E 

C4t î.rf.i7. ^ ^f fcauez^-^os piti\ «fue nous tous efui auons efte h/tj>t//èz,eft 

lejûs Chrfj}^4uo»s efie baptifèzj en fa mort? 
'**■"' 4 \Nonsfommes doncéfues enfeuelis auecltty en C'iimort f^r 

lehaptefnie'djin ef ne comme Chrifl efi rejpifcite des morts par la 
«î^/fJi'i ^/o/Ve du Pere^notts auf{tpare'tUement\chemin'tons en noHueau- 



te de ^ie> 

5 Ke fcjue'x^-ycur fai. Pour pronuer !a 
fentence precedtte.afcauoir que Clirift de- 
ftruii le peclic es liens , il amené l'effet du 
Baptcrme , qui eft le Sacrement par lequel 
nous auoiis noftre entrée a la foy d'tceluy. 
Gai.; d.27.Car c'cft vne cliofe hors de dou- 
te, qu'au Baptefme nous veftons Chrift , & 
«)ue nous fommes baptizez a cefte condition 
«i'eftre faits vnauecluy. Or maintenant S. 
Faul prend vn autre principe , que lors 
vrayement nous fommes incorporez au 
corps de Clirift, quand la mortd'icctuy mô- 
ftre en nous fon fruit. Et me Anes il mon- 
fire que ccfte communication & conformi- 



Car certes il montî plus haut:d'autât qu'il 
propofevne doftrine de laquelle puis âpre» 
il tirera l'exliortatiô.côme il cft aifé. Or la 
doftrine eft.que la mort de Chrifl havne ef- 
ficace d'cfteindrc&exterminer la malice de 
noftre chaii;& fa refuricftion de ful'citer en 
nous vnnouuel tftat de meilleure nature: 
& que par le Baptefme nous fommes intro- 
duits a la participation de cefte grâce. Ce 
fondement eftant mis, il y a belle matière 
d'exhorter les Cht eftiens.& bien a propos, 
qu'ils tafchent de refpondre a leur voc.ttio. 
En ceci n'cmpefcherien ce que nousvoyôs 
que cefte vertu & efficace ne fe monftre pa» 



te de Ca mort doit eftre principalement en tous ceux qui font baptifez. Tar S. Paul 
confideree au Baptefme. Car là nous eft pro fuyuant fa couftume.pourcequ'il parle aux 
pofé non pas feulement noftre lausment, fideles.coniort la fubftance & l'effet auec le 



mais auffi la mortification & la deftruftion 
<iu vieil homme. Dont appert que depuis 
que nous venons a eftre receus en la grâce 
àc Chi ift , incontinent fe moiiftre l'efficace 
de fa mort. Au reftc, incontinent après il 
^enfuit ce qu'emporte ccfte focicte & com- 
munication a la mort de Chrift. 

4 2i'.mf'mwii dcnc ctiftuelii Mec luy. il 
commence maintenant a monftrer a quojr 
tend cela , quand il eft dit que nous fom- 
mes baptifez en la mort de Chrift, combien 
^u'il ne le déclare pas encore tout a plein: 
afcauoir afin qu'eftans morts a nousmef- 
ines.nous foyons faits nouueaux hommes. 
Car a bon droift il paffe de la communica- 
tion de la mort, a la participation de la vie; 
pourcoque ces deux chofcs l"'entreticiient 
enfemblc d'/n lien infeparable.que le vieil 
homme eft aboli par la mort de Clirift, afin 
que fa refurrcition remette fus la luftice, 
& nous face nouuelles créatures. Et de 
faift . vcuque Chrift nous eft donné a vie, 
de.quoy nous feruiroit-il de mourir auec 
luy,finonaHn que nous rcflufcitions ameil 
leure vie>Et pourtant il ne deftruit point 
poiiraUtj;e raifon.ce qui eft delà mort«.. 
nous,finnn afin de nousvimfier vrayement. 
Au rcfte, fcachons que l'Apoftre ne nous 
exhorte pas yci a vne imitation de Chrift 
fimplcnunt, comme f'il difoit que la mort 
df Chrift tft comme vn patron & exemple 
qu'il faut que tous Chreftiens enfuyuent. 



ligne eXfcrrc.Car nous fcauons que par leur 
foy eftconfermé & ratifie en eux tout ce 
que le Seigneur preCente parle (igné vifi- 
ble.En fomme.il enfeigne quelle eft la vcri 
tedu Bapteime, quand il eft rccou deuemét 
écorne il appartient. Ainfi parlât aux Gala- 
tics, Gal.vd.r,il teftifie que tous ceux d'ert 
tr'eurqui eftoyent baptizez en Chrift, a- 
«oyét veftu Chnft.Certes c'eft ainfi qu'il en 
faut parler.quand l'ordônanct du Seigneur 
& la foy des fidèles font coniointes S( le rê- 
contrent enfemble.Cat iamaisnous u'auô» 
les lignes nuds & vuides.finon «juand noftre 
ingratitude & malignité empefche l'effica- 
ce de la libéralité de Dieu, p.ir/jg/ohe </« 
Pe,e C'cft .1 dire la vprtu exccllente.par la- 
quelle il Otft monftre vrayement plein de 
gloire, & a côme mis en veue l.i magnificeti 
ce de fa gloire. Aiifli fouucnt es Efcritures 
la puiffai ce de Dieu, laquelle f'eft defploy- 
ee en la refurrciftion de Chrift , eft ornée 
de quelque titre excellent S: magnifique: 
Jtnon fans caufcCar il tft bien bcfoin qu'il 
foit fait fi eiprtlTe mention de la puilTance 
Ineftiinablcde Dieu, afin d'cfleuer & prifer 
magnifiquement enuers nous , n6 feulement 
la vetitc & certitude de la dernière refur- 
reftion, laquelle furmonte infinicment tout 
le fens de la chair:mais auffi les autres 
fruits que nous receuoiude la relurteftioo 
de Chrift. 



•oU,CO- 5 Car fi nous femmes entesi, en la' jîmtîitude dept mort.,nous 

foinii- le ferons au(ji en lafimilitude de fa refurrection: 

te (> Sachans ejue nofire ^ieilhomme a efle crucifie auec luj» 

a ce ofue le corps dépêche fufi de fimit^afin que nefiertttons plu* 

41 pèche ^ 

5 Car 



AVX ROMAINS. 



% Cat ft Htut f:mmer rntf^. Il conferme 
en termes plus clairs l'argument qu'il auoit 
dctia mis. Caria fimiliiude <]U'il applique 
Bi.iinienant , o(te de ce propos toute ainbi- 
{uite: pourcf que ce terme A't.iier ne ligni- 
lie pas l'culemct côformitc d'exemple, mais 
emporte vnc côionAion (ecrcte.par laquel. 



nouscrauaillionsa jpplicquer la mctapho* 
reou cûparaifun en tout & par tout. Car on 
irouueroit incontinent diucrfïte entre l'cn- 
tement des arbres, te c'cft entemct rpiriiucl 
qui le fait de nous: pource qu'au premier le 
greffe tire fa nourriture de la racine , mait 
il rctiét fa propriété naturelle de fruftifier. 



le.nous femmes tellement vnis a luy , que Or en ceftuy-ci non feulemt' t nous riron» 
nous donnant vie par fon Efprit.il fait pafTer de Chrift vigueur, !k comme vne moelle da 
le comme defcouler (* vcriu en nous. Com- vie, mais nous paflons de noftre nature en Ij 
me donc le greffe ha vnc condition commu- fiene. Mais l'Apoftre n'a voulu touclier au- 
ne de vie )fe de mort auec l'arbre auquel il tre chofe que ccfte efficace de la mort do 



eft enté T ainfi il faut que nous (oyonj parti, 
eipâs aufl'i kiê tât de la vie de Chrift que de 
fa mort. Car fi nous fommes entez a la fimi- 
litudc de la mort de Chrift , & Icellc n'cll 
pas fans refurrcâion, la noftre donc ne fera 
non plus fans refurrcôion. Au reftc,on peut 
eipofer les mots de l'.^poflre en deux for- 
tes: OM, Qge nous fommes entez .lUec Chrift 
a la (ïmiliiude de fa mort, ou lïniplenienr. 
Que nous fommes entez en la fimiliiuJe. Se- 
lon la première Icilure il faudroitdire que 



Clirirt, laquelle fe monftre en la dcftiuftion 
& mortification de noftre chair: ftmblable* 
mit l'autre de la refurreftion.a rcnouuellec 
tn nous vne meilleure nature de l'Efprit. ' 
6 ]li}c n:pnyirilliemmt. Comme le vieil 
Tedanicnt tft dit au regard du nouueau-ain- 
fi le vieil homme , au regard <ic l'home nou- 
ucau. Car il commence a eftrc vieil , quand 
petit a petit il le diminuée anéantit, la 
régénération citant commêcee en l'homme. 
Au refte, ce mot fignifie toute la nature qua 



ces mots ,4h jimiHiii(tt,(e rapportcroyent a nous apportés du vctre de la mete, laquell 



fignifier le moyé ou la manière. Et le ne nie 
pas qu'elle n'emporte vn fens plus plein: 
in.iis pource qne l'autre conuient mieux a 
la fimpllcite du fiyle , il m'a lemblé bon de 
la pre'dre pluftoft que la première; combien 
qu'il n'y a pas grandement a dire , veu que 
toutes deux rcuienent finalement a vnmcf- 
mc fcns. Chryfoftome pcnfe qu'il a dit, La 
fimllitudc de la mort, pour l.a mort:cnmme 
en vn autre palTige il dit, Fait a la lemblan- 
ce des hoiries, Philip.î.a.?. Mais il me fcm 



tât f 'en faut qu'elle foit capable du Royau- 
me de Dieu', qu'il eft neccflairc qu'elle fi>ie 
deitruitc & anéantie au pris que nous venôs 
aeftre rellablis enUvrayevie.il dit que ce 
vieil homme .t tfle crucifié Jx^t f '»>'/!, pource 
que par la vertu d'Iccluy il vient a c/trc de- 
Itruii.Et nommeemcnt il a fait vne allufiun 
a la croix , pour monftrer que nous ne fom- 
mes point mortifiez d'ailleurs , qre parla 
pariiclpatiû de fa mort. Car ie ne fuis point 
de l'.iuis de ceux qui cxpofent qu'il a dit le 



ble qu'en ce mot i'appercoy quelque chofe vieil home cftre crucifie pluftoft que mort, 
«le plus fignifiant. Outre ce qu'il fcrt a infe- ... 

rer la tefurreftion, il femble qu'il tend a fi- 



gnifier que nous ne mnurôs pas côme Chrift 
a fait de mort naturelle : mais que ccfte cft 
la conuenance, laquelle nous auuns .lUcc fa 
mort,afcauoir que comme il eft palfc par la 
mort en la chair qu'il auoit prinfc de nous, 
ainfi nous mourons en nous , afin de vlure 
en luy. Ainfi donc ce n'eft pas vne mefme 
mort, mais fcmblable: pource qu'il faut re- 
garder a la corrcfpondance qui eft entre la 
deftiuôion de la vie prefentc ii le renou- 
ucllement fpirituel. Entri^. Cemoteftde 
grand poids, & monftre clairement que l'.A- 
poftrc n'exhorte pas feuleinft,mais pluftoft 
propofc doârine touchant le bénéfice de 
Chrift: car 11 ne requiert point yci vnc cho- 
fe, qui fe doyue faire par noftre diligeceoil 
induftrie : mais II parle d'vn entemcm fait 
de la main de Dieu. Or il ne faut point que 



" ,' ' , — ' 

pource qii encore en quelque partie il vit & 
na vigueur, l'accorde bien que c'ift vn pro- 
pos véritable en foy.mais il ne coulent poinr 
a ce p.ilfjgc.if tsi./)! lit [irchr qu'il met incoi- 
tinct après, ne fignifie pas la chair St les os, 
mais il emporte autât comme qui diroit.La 
ni.-.fte de pèche. Car l'hôme delaiftc a fa pro- 
pre nature , eft vne ni.ifl'c côpofce de pèche. 
<i»âd il dit puis après, .\/i 'jue nefrruit'j.tut 
» fechr, il touche la fiii & le but de l'aboi if- 
femet ou dcftruâlô du corps de pccheOonc 
f 'enfuit quecependât que nous lominesca- 
fans d'Adâ, 8c rien autre chofe qu'honimcs, 
nous fommes tellement fcrfsde pèche, que 
nous ne pouuoMS rien faire que pccher:mais 
qu'cftans entez eu Chrift, nous fommes deli- 
urez de coAï mifcrablc neccfiitc : non pas 
qv 'incontinent nousceflioni entièrement da 



pecher.mais tellement qut fiialtment nous 
emportons la viAolre du combac- 

7 Cir celnj tfui elfmsrtyilejl' $tt(lijiè dépêche. 

8 OrfnoHS fommes morts auec Chrtjt-, r.oits crojons qse'juf^ 
pnotis ^tnrons ttuecluj: 

9 Scach/t?7s ejHe Chrift e(t.tnt reffufctte des morts y ne meurt 
flHi,la mort n^h/tflus de domination fur Ihj. 

10 C.ir ce ^tiil efl nortyil iftmoit foMr ^rte fois a pèche: 
ni.tis ce cju il ^it^il '^tt a Dieu. 

11 }'oitî aiijji ejlimcz^-^otit ainfi eflre morts a peche^maif 



»c. quit- 
te 



Chap.vr.- SVR L'EPISTRE 

ÇffU/fKt a Dieu en lefhs Chr/fi noftre Seignenr. 

7 Cdrifluy qui t(t m^rt. C'eft vn argumét perfonne, vit vne vie incorruptible, 

prins fur U propriété ou riffet de la mort. 9 Id ,nwt n'hi flm de A:mmitit„ /»< U), 

Car Ti la mort abolit toutes les opérations II femble (ju'il vucille Jire que la mort a v- 

dc la vie.il fauc rue nous.quifommes morts ne fols eu domination fur luy. Et de faiâ. 

a pèche, celfions de faire les opérations que quand il l'cft donné a la mort pour nous, il 

le pechc ejercoit & faifoit durant fa vie. Le feft aucunement abandonné & fournis a U 



niot de I14/I fie , fe prend yci pour Abrout & 
d-luirédcla feruitude. Car comn e celujr 
«jue le iu^e abfout psr fa fentence, cft deli- 
uié, & comme dccptftré du lien d'accufaiiô; 
ainfi la mort de pèche nous dtliurant de la 
vied'ieeluy , nous exempte au fi de toutes 
{e% œimrc^ feaftions Or combien qu'entre 
les hommes on n'en trouuera point vn qui 
ait cefte deliurance parfaite telle qu'il eft 
yci dit, touteffois il ne faut pas pourtant ou 
penfcr que ce fuit vne vaine fpeculation 
de ce propos , ou perdre courage (1 n. us ne 
nous trouunns du nombre de ccUx qui ont 
totalement crucifie Imr chair.Car c'cft vne 
œuure de Uicu, laquelle ne f 'accomplit 
pas en nous du premier iour qu'elle ci'm- 
mcnce: mais ..ugintnte petit a petit, & pre- 
nant accroin ment de iour en lour , comme 
par degrcz.paruienta la fin. Voyla donc en 
fominc comment vn chacun fe doit refou- 
dre enfoy-intrinetouthant ce poinft , Qiie 
fil eft Chrclticn, il faut qu'on voye en luy 
figie Si lermoignngc de la communion auec 
la mort de Clirift , de laquelle le fiuit eft, 
que h chair auec toutes fes concupifcences 
foit cruiihee Et auiefte que ce n'eftpasa 
dire qu'il n'ait rien de celle communion, 
pourtant fil lent encore les reliques de la 
chair viure en fa perfonne : mais qu'il luy 
faut f exercer aTîducllemenr a croi(tre& 
proufiter , iufqu'ace qu'il foit parueruau 
but. Car c'eft beaucoup fait , quand noftre 
chair fe mortifie de iour en iour : & ce n'cft 
pas peu auancé, quand le règne luy eftani o- 
Aé , le S Efprit domine. Il y a encores vne 
autre communication de la monde Chrift, 
de laquelle l'Apoftre parle , i Cor 4. & en 
plufieurs autres palfagcs , alcauoir la fouf- 
franecde la croix, aurcs laquelle vient auflî 
la participation de la vie éternelle. 

8 Orfiusuip.mmcimci). il ne répète ce- 
ci pour autre caufe ,finonafiii d'adiouftir 
la déclaration qui f 'enfuit puis apris, Ciue 
Chrift ijtMt far joù rejfufiilr.nr meurt fi/u.. ; en 
quoy il veut monftrer que le?; Çhreftiens 
ooyuent tout le temps de leur vie pourfuy- 
vre en cefte nouueautc de vic.Car f ilsdoy- 
♦uent reprefcnter en eux l'imsge de Chrjft 
& p.ir mortification de la [h.or , if par vie 
deTtiprit ,il faut que la première foit fai- 
f e vne fois pour a i.imais, & que l'autre du- 
re toufio'irs. Nonp.is iju'cn vn moment la 
chair meure en nous , comme aiilTi nous a- 
U'ins dit n'jguertsrmais poUrce que la mor- 
tification eftant cômcncec, il nous faut gar- 
der de reculer en arrière, & qu'il eft nectf- 
laire d'suâccr toiifioiirs. Car fi nous venons 
derechef a no' veautrcr en noftre bourbier, 
nous renonçons Chrift, duquel nous ne pou- 
UOns ertre participans.fi nous ne cheminons 
•n aouuc4UCC de vie , cuniroc luy, quant a l'a 



puiflancc d', celle : a telle condition toutef^ 
fois, qu'il cftoit impoffib le qu'il fuft detcnU 
vaincu des douleurs d'iceUe ,y fuccombani 
ou en eftât englouti, Aâî.d. 24 Ainfifc fou- 
mettât pour vn momët a la domination d'i. 
celle, il l'a engouffrée a iamais. Côbien qu** 
dire plus fimplement , cefte façon dépar- 
ier. Domination de la mort, appliquée a la 
perfonne de Chrift, fc rapporte a l.i condi- 
tion volontaire de mort, a laquelle la refur» 
reftion a mis fin. Le fommaire de ceci eft. 
Que Chrift, lequel maintenant viuifie fes fi- 
dèles par fon Efprit,ou f.iit defcouler fa vie 
en eux p.ir vne vertu fecrete, en relTufcirant 
a cfte exempté de la domination de la mort, 
afin d'en exempter auflî tous les fiens. 

10 l! i[im;ri p^urym f-.iidfeclif. Ce qu'il 
auoit dit , qu'a l'cxéjile de CliriftnouJ fom. 
mes deliurez du lougdela mort a iamais, 
il l'accommode maintenant a fon propos, 
afcauoirijue nous ne fommesplus fuicts a 
la tyrannie de pèche. Et dcmôftre cela par la 
caufe finale de la mort de Chrift , afcauoir 
pource qu'il tft mort afin d'efteindrc & abo- 
lir lepcche, 2.Tim.i.b.9. Au refte,il fjut a- 
uifer ce qui peur conuenir a Chrift en cefte 
façon de parler. Car quand il eft dit eftre 
mort a pcche , i! ne le faut jus entendre qu« 
c'eft afi 1 qu'il celTaft de pécher, comme il fe 
prcd quâ J on parle de nou'ïrmais pource que 
il a foutfcrt la mort a caufe du' peclie, sfin à 
fe conftituant rançon & fatiffjftion,il redui 
fifta ntâtla forccSf puillance de peche.Or il 
àitiu'i' j'fiit/l ynefi I 4,7i</frr,non fentemet 
pource C] par vue feule oblatiô ayant acquis 
rédemption éternelle, & ayant fait par fou 
faiig la purg.itiondu peclie , il a fanftifiéa 
iamais les HJcIes, Heb.io c.i4 :mais aufilî 
afin qu'il y ait en nous vne fiinilitude «orre- 
fpondante mutuellement a cela. Car com- 
bien que cefte mort fplritucHe a pcche l 'ao. 
complilfe en nous petit a petit par dcgrer & 
«uancemens continuels , fi eft-ce toutcfToif 
qu'on peut dire proprement eue nous mou- 
rons vne fois, afcauoir quand Chrift parfoti 
fang nous reconciliant au Prre.nou s régénè- 
re audi quant & quant par la vertu de fon 
Efprit. tAi it ce qu'il VI t. Soit que nous ev- 
pofiôs ceci.Enuers Dieu, ou tn Oicuile fcnî 
rcuiendra toufiours a vn t c.ir il fignifie que 
Chrift vit maintenant au Royaume immor- 
tel & incorruptible de Dieu , vne vie qui 
n*. ft plus fuictre .1 aucune condition mor- 
telle : de l.njuelle vie il faut qu'il y ait vne 
figure qui apparoilTc en la régénération des 
fidèles, il eft yci befoin que nom ayons fou- 
ucnance du mot de S'mi/iiuJe , qui a cfte ex- 
primé lidcfiu'.Car il n'entend pas que nous 
viuronsan ciel , comme Chiift y cfl viuant: 
mais il dit que la vie nouuelle que nous 
ineagnscn terre depuis U regencr^mnn, lia 
^uel^ue 



AVX ROMAINS. 



40 



Iffirlqac reaformite a la vie cctcfte de Oleu: il appliccpier»n& l'antre a bodj, & 

Chrift Et " '1"*'' «nfcigne que nous dcunnt monftre en quelle forte c'tft que maintenue 

■ l'eiemple d'iccluy mourir a ceche , n'eft noui mouron» en viuant:c'cft afcauoir quid 

Baf tellement ôcmblablc Jet deux coftet, nou» renonconj a pèche. Mail cependant il 

«u'onpuilfe dire que c"cftvne melme f.icon n'omet pai ce poinô , Que depuis qu'vne 

2e mort. Cae nout muuroni a peche.quâd le foiinous auon» embraffé la grâce de Chrift 

pcche meurt en nou» mai> Clirifteft mort a par foy , combien tjiie la mortification de 1» 

^che aucremeot , afcauoir d'autant qu'en chair ne foit feulement que commencée tn 

nourâi. il a deftruit i exiermiré le pèche. no*, par cela touteffou défia la vie de pèche 

tt auffi qujnd il a dit ce deffus , que h5k« eft efteime, afin que puis après la nouueaute 

trtiiii tfHt taiu yiuriniAuec /uy : il monfttoit fpiriiuclle, qui e» de Dieu . dure toufiourJ. 

«iTci qu'il parle & traitte delà grâce de Car fi cen'eftuit pouriufqu'a la fin, q Chrifk 

CliriA. Car fice n'eftoit que pour nous ad- tueennous le peclie . fa grâce neferoit jue. 

inonefter fimplcmenlde noftre deuolr.ilde- rej ferme ne ftabic. Le fens dôc de ces mots 

uoii aicifi dire.Puis <jue nous fommes morts eft tel , Penfez que vo) la comment il eo eft 

■ucc Chrift , il faut lemblablemêt que nou» en vous : Comme Clirift eft mort vne foi»» 

viuioosauec luf .Mais Icmotde Cr;irr,mnn- la dcftruâion de pèche , qu'ainfi vous eftes 

*re qu'yci efttraitiee vne dcftrine de la vne foi» morts, afin que vous eeffiei d'orcf- 

foy, la((uclle eft fondée es promelfes : côme enauant de peclier : voire qu'il vous faut 

fi on diloit , les fidèles fe doyiieni affcurer tous les iours pourfuyure encefte mortifi. 

^urparle benefire de Chnft il» font telle- cation qui a efte vne fois cômei:Cee en vou», 

ment mnrti félon la chair.qu'lceliiymefme iufque» a ce que le peclte foit du mue Af en- 

Chnft iufquct a la fin coniinuera en eux tieremcnt efteint. Comme Chrift ift reflufci» 

vccnouueaute de vie. Au rcfte , quant ace té a vne vie incorruptible , qu'aiiifi parU 

^u'il dit, KsM yinrcni : & non pat. Nous vi- grâce de Dieu vouseftes nais dcrt chef .afin 

Hons'wcn'eft point pour rapporter ce pro- que vou» pourfuyuiei toute voftre vie en 

pos a la refurreaiô dernière, mais c'eft fim- Tiinôete & tuftice, d'autant que cefte vertu 

pjeméc paur noter qu'il y avn cours Se train du fainA Erprit,par laquelle vous auez cfte 

continuel dévie nouuclle, fi long temps que renouuelei , eftcicrnelle , A: aura vigueur a 

■ous fommes en ce pèlerinage terrien. ianiais. Au rcfte.i'ay mieux aimé retenir les 

11 yiui tufli tlïimtT^ycM . Yci eft m,iin- fropriS mots de l'Apoftre.En frfxj ffcry/^que 

tenant adiouftec la JeJuftioi de l'analogie de traduire auec Fr.ifme, Par Chrifl • pcur- 

& correfpondice de laquelle i*Ay fait men. ce que l'autre manière déparier exprime 

(ion. Car ayant dit que Chrift eft vne foi» mieux ceft entemenc qui nou» fait cftre vn 

inort a pethe, & qu'il vit éternellement a auee Chrift. 

1 1 Que pechc donc ne règne point en ^ojire corps mortel fonr 
Ihj obe$r en ' fès concMpifceKces. 

15 Et n'apf>lijuez^'i!Os membres 'ponït^iQ .trmtires ^in- 
iufltce a peche-mAtt appli^jHez.-^oHs a Dieu comme de morts e~ 
ft.tnsfitits'^iHans:^ 'kos membres YOnic^ic armures de /H' 
Jt/ce a. Dieu. 

n Sjir ftihr ili«! . Il commence mainte- plaignant (Gcnefechapitre ff.»5)qne l'Iiom. 

■ant vue eihottatiô.qui u'fllemcfme f'cn- me auffi eft deuerru chair comme le» ke.^ 

fuit de cefte dnftrlne qu'ila dedu:ie cou- ftes brutes, ne luylailTc rien qui ne foit ter. 

chant II participation & communion que rien- A ce mcfmr Cens fe rapporte ce propo» 

nous auôs aucc Chrift. C'eft que d'ibien que Je Chrift, Ce qui eft n.iy de chair.eft chair, 

le pcche rcTide en nous , il n'cft pas loutef- leh,in {.a Î.Car fi un réplique au contraire, 

fou cnnuenable qu'il y ait vigueur pour que l'ame cfl d'autre condition ' la rerpnnfe 

exercer fon règne , d'autant que la vertu de eft aifce, afcauoir. Selon qiio mainicnâi nou» 

fanâificaiion doit eiire eminentc,& apparoi fommes abbaftardis , qu'audi no» ame» font 

ilrc par delTus iceluy,en lorie que nuftrevie fichées en terre . 5[ tellement afl'cruies au 

rende iefmoign:ige <^ue nous fummes vraye- corps , qu'elles ont perdu leur etcelleiice. 

tncni membres de Chrift. l'ay n'agueres ad- Brief . la nature de l'humme eft nommée 

Ucrti que le moi de dtfint l'eprêd pas pour Corporelle. pource qu'iftant priué de la gra 

(a chair, la peau, ii les os: mais pour toute ce celefte , il n'cft feulemft que comme vre 

la miffe de l'Iiomme, fi ainfi faut parler. Ce ombre qui f 'efuanouit, ou vne im.igc. Joint 

<)u'onprut plus csrtainemrnt recueillir du S"<^ fainâ Paul ne l'appelle pas fimpleaient 

prefcnt psITage^pourcc que l'autre membre Corps: mais comme p.ir incfj'ris fc dcfjjin 

qu'il mettra lucoiinent , touchant les par- il dit <cr/j nirrrr/: voulant p.ir cilj enfei- 

lles dr ce corpî.f'cftcnd mefme» a l'ame. Or g"'' . <Juc toute I.1 nature de l'humme tend 

S.Paul exprime ainfi par ccli groflicremenc a inuu *r | erdiiinn. Au rtftc.il appelle 

l'homme terric.Car la corruption de noftre P'<'<" cefte perucrfite qui rcfide en noJ 

nature fait que nous ne monttrôs auuir rien ca:ii"< , qui nou» iiCjte a pechrr . de la* 

«Jiii foit dl|!ne df nofire première onginr. qu.-IU propicircuc tous mcffaits jt i« 

Skjruaai cette fiteo dtfarlcr.Uicuù com- ftc» matiuiii pri.'C44(DC cbuuce d'vw 



uoit, 
du 

corps 
mortel 
car il 
ne faut 
rappor 
ter ces 
mots a 
Pcche. 
'OU, in- 
ftru- 
mcnî 
d'ini- 
quité 



Chap.vr. 



SVR L'EPISTRE 



fource. Entre !ce1uy & nous it mec comme 
au milieu Its r!n(«/i//"ft»ffj: tellement que 
Peclic eft aiiifi qu'vn Roy , & les concupi- 
fcencc' font comme les edits& ordonnan- 
CCîdcce Koy. 

1} Eiitulii. Depuis que pèche a vnc fois 
occupé le rcgne & la domination dedans le 
rOPtir.încontment toutes les parties de nous 
font appliquées a robeilTancc diccluy. Ain- 
fi , il defcrit yci le rogne de pcche , parles 
cliofes quif'cn enfuyuent, c'cft a dite par 
les fruits : afin de mieux monftrer que c'eft 
qu'il nous faut faire , fi nous voulons fortir 
de delTous fon iong. Or il prend vne (iniili- 
tude fur le faift de la guerre , appelant nos 
membres .trmei : ne plus ne moins que f "il 
difoit. Comme l'homme de guerre ha touf- 
lours fes armes prcftes , pour lei mettre en 
bcfongne toutes fois & quîtcs qu'il luy fera 
commandé par fon Capitaine;& n'en vfe la- 
tnais qu'au vouloir d'iceluyiainfi les Chre- 
ftirns doyuent penfer que toutes les parties 
de leurs pcrfonncs.font armures pour la 
guerre fpirituelle. Si donc ils atufent a mal 
d'aucune partie de leurs perfonnes.ils fe ra- 
gent ious l'enfeigie de pèche , & fe font fes 



M.S.</.î4. 
Î.Pirr.î.rf,' 



foldats. Or eft il qu'ils Ont fait a DietJ&a 
Chrift fermer de guerre, qu'il les tient lies 
il obligez : il faut donc qu'ils foyent loiit 
d'jUBir aucune intelligence ou accointance 
dedans le camp de pcche. Que maintenant 
ctUx del'quels tous les mébres font comme 
desputains de Sitaii. appareillez a commet- 
tre toute vilenie,aui Tenta r,Bet titre ils pro 
tendent fi fièrement le nom de Chreftiens. 
Au contraire, l'Apoftre ncut commande yci 
que nous. nous prelentions & dédions tota- 
lement a DicUrc'eft a dire.tjUe retenans nos 
cœurs & efprits de tout efgaremcnt.auquel 
les cnpiditcz de la chair nous deftournerir, 
nous ne regardions qu'a la volonté de I>ieu 
feul.nous foyons attentifs a c'cautcr fes or- 
donnâc(S,prefts a mettre en exccutiô fes cô- 
mandcmens, îf.que nos mébres aiilTï foyent 
deftinez & confacrez a fon bon plaifir;en for 
te que toutes les faculrez,& de nos ornes & 
de nos, corps n'ayent autre chofe propofee 
que fa gloire. La raifon efl adiouftee.Pour- 
ce que non fans caufe le Seigneur ayant a- 
boli la première vie, nous a creez-« vne au» 
tre, laquelle Joit eftre accôpagnee des ope» 
rations quil uy font propres & côuenables» 



14 Car pèche naura point dominatioptr '^otts, puis que '^otts 
n'efles point fous la Loi^maù fous grâce. 

1 5 Q^oj donc'^pecherons-nom pourtant que nott^ nefommes 
point [otts la Loj-,mals (om grâce? Ainfin aduiene. 

1 6 1 Nefcauez^-^otii pas bien qua quiconque ^ouf ^oits ren- 
dez, fer f s en oheijfance-i'kous efles fèrfs de celuy a qut '■^otis obeif 
fèz.-,foit dépêche a mort-,ou d'obeijfance a iuliice? 

17 Or grâces a Dieu que '^ous auez, efle ferfs depecheimals 
^OM aueK. obey de cœur a la forme de doctrine , a laquelle 'soia 
auez^ efie attirez.. 

1 8 Estans donc affranchit dépêche , '^ou^ efie s faits ferfs a, 
iuflice. 

14 Carprche x'.tmnpc'tnt ittmhilti" fur veM. 
Il n'cft ia befoin que ie m'arrefte a reciter 
& rcfiltcr les expoTitions qui n'ont que bie 
peu d'apparence de vérité, ou point du tout. 
Ily en a vne laquelle on pourroit fouftenir 
auec plus grâd' couleur que les autrcs.afca- 
uoir celle qui prend ce mot £fl <■/»■<> '1 Joy, 
jiour tnre fuiet a la letre de la Loy.laquel 
le ne rcoouUwUe point le cœur -. en forte 
qu'au contraire.Mrrp/.J x""'. emporte au- 
tant comme tftre dciiuré des cupiditez per 
uerfcsparrtrpritdegracc. Mais encore ne 
l'approuiic-ie pas fimplement. Car fi nous 
reccUons ce fens , comment cft-cc que vien- 
dtoit a propos ccfte interrogation qui f'cn- 
fuit incontinent , Uairnif m:a f.unJnt nue 
nnut xr fommri p-!iis j-.'i> /■« /y? Ci rtcs iamais 
l'APollre i.'cuft adiouflé confeqnemment 
ccftequcftion, l'il n'cuftyci entendu dédi- 
re que nousfommes ahlousi dcliurcïde 
la rigueur de la Loy . rfia que Dieu ne pro- 
cède plus cotre nous a la rigueur du droift. 
f oinme on die. Parquoy il n'y a point de 



doute qu'il n'ait yci voulu toucher quelque 
deliurance de la feruitude de la Loy du Sei- 
gneur. Mais laiflf.inc l.i tout débat fi difiu- 
le.ie dcclarcray en brief ce que l'en pcnic. 
Premièrement , il me femble qu^- c'eft yci 
vne coufoiation pour confermer le^ fiJclcs, 
afin qu'ils ne défaillent en cift exercice 
de faiiftcte, fentans leur imbcciUitc. Il les 
aUoit cxliortei d'appliquer toutes Icuts fa- 
cultcza l'obeitTance de luftice. Mais com- 
me ainfi foit qu'ils portent aiiec eux les re- 
liques de la cliair , il ne fe peut faire aucu- 
nement qu'iU ne clochent en quelque lor- 
tc. Ut pourtant , afin qu'ils ne perdent cou- 
rage eflans abbatus pour le feniimcnt de 
leur infirmire . il vient au deuant de bonne 
heure, cntremcflant vne conlolation laquel- 
le il prend fur ce que leurs u-uures ne font 
plus iiiaintenâc prinfcs a la rigueur de l'ex- 
amen de la Loy , mais que Dieu Us accepte 
benignemcnt X- gracie" l'emcnt , pardonnant 
l'impureté ou immondicite qui elt encore 
dcicfte en iccUc. il eft inipulûblt de fou- 



VX ROMAINS. 



*«nlr le îoug de la loy , qu'il ne cafle oij 
brife ceux qui le portent. Parquoy ilrcfte 
q les fidèles chercliêi leur refuge en Chrift, 
implorins fon aide comme de celiiy qui eft 
autheur & protiftcur de leur liberté. Et 
auiTîde fa patt il ("e monftretel. Carpour 
ccfte caul'c f'eft-il fournis a la fcruitudc de 
la Lo)r,a laquelle autrement il n'cftoit point 
<ietcur,afin qu'il rachet.ift ceux qui eftoycnt 
fous la Loy, comme dit l'Apoftrc, Gai. 4.3.5. 
Ainlï donc, ^'r/lrt p.ir ftui d /.gijfijjnifie non 
feulement que la Ictre morte ne nous p;e- 
fcritplus les chofcs qui ne nous apportent 
que condamnation , d'autant que nous fom- 
Dics du tout incapables de les faire : mais 
aolTi que nous ne fommcs plus fuiets a la 
JLojr, entant qu'elle requiert vne iuftice par- 
faite , en denoncan la mort a tous ceux qui 
auront décliné en quelque endroit que ce 
foit. So'.is lemot de Orxce , nous entendons 
femblablcment toutes les deux particsdc la 
rédemption : c'eft afcauoir 1 a remiffion des 
pecKez ,{>ar laquelle Dieu nous impute iu- 
^ice-.Si la fanâificationdc l'Efprit , par la- 
<]uelle il nous reforme a bonnes œuurcs, & 
par manière de dire , nous crée de nouueau. 
le penfe que ce mot A/.<», eft mis pour Ctr. 
ce qui te tronue alfei fouucnt : comme fil 
eftoit dit , Pource que nous fommes fous 
grâce, pourtant nous ne fommes plus fous la 
Loy. Or maintenant le fens fera bien clair. 
Car l'Apoftre nous veutconfoler,afin qu'en 
l'exercice de bic faire auquel nous fommes 
appelez , nous ne perdions courage , pource 
que nous ftntons encore beaucoup d'impcr- 
u&ion en nous. Car qnoy que les aiguillas 
de peclie nous donnent desalF.iircs & du 
torment .tint y a touteffols qu'il ne peut 
nous fubiuguer& vaincre : pource que par 
fETprit de Dieu nous en venons a bout,& le 
furmontons . d'auantage cftansfous grâce, 
nous fommes dtliurcz de cefte maiftrife Se 
domination rigourcufc de la Loy. Au rtfte, 
il faut yci entendre ce que l'Apoftre prefup 
pofc pour tout rcfolu , Que tous ceux qui 
font deftitucz de la grâce de Dieu ,eftarfse- 
ftreints duiougde la Loy, font détenus fous 
eondamn.ition.Et mcfmcon peut recueillir 
de ce palf.igs en concluant aucontrairc.quc 
le hommes, tandis qu'ils font fous la Loy, 
font détenu s fuus la domination de peclie. 

lî Sl^jpyd'.m^ip-c. Pource que toufiours 
la ragcffe de la chair fe rebecquc,& ha quel- 
que chofe a dire cotre les myftcres de Dieu, 
pour vnc bonne orcafion Se bien necelfai- 
re il met cefte anticipation pour obuier aux 
répliques. Car comme ainfi foit que la Loy 
eft la règle de bien viure, & aiteftcdonnce 
pour conduire fi gouuerner les hommes, la 
rigueurd'icclleeftâtrelafchce.iluousfcin- 
ble incontinent que toute difciplme' eft ml- 
fe bas , 8£quef'cneft fait : qu'on orte toute 
eorrcôion pour lailfcr les hommes faire» 
Icurplaifir: bricf, qu'il ne demeure plus au- 
cun rig.ird ou différence entre le bien & le 
mal. M.iisoous nous abufons bien en cela, 
de penfer que l'abrogation de la Loy foit 
pour abolir la iuftice laquelle Dieu e.ifei- 
(QC && commande CD la Loytconfidcrc que 



Cela ne doit point eflre xitt aux eommao. 
démens de bien viure , lefquels Chrift con- 
ferme pluftoft & eftablit, que de les abolir. 
Matthieu 5.c.»7."Et c'eft là la propre & droi. 
te folutton , Afcauoir que la malediâion 
feulement de la Loy eft oftee.a Liquclle. 
fans la grace.tous hommes font fuiets. Mai» 
combien que fainS Paul ne l'exprime pa« 
ainfi clairement & apertement , il le donne 
toutelTois obliquement a entendre. 

^inji n'Ailuiriie. 16 Ke jUuf^. Ce n'eft 
point vne fimple reieâion. ainfi qu'on a pen. 
fé: cômc fil aimoit mieux detefter vne tel. 
lequeftiô.quede famufera la réfuter. Car 
II adioufte incontinent après la réfutation 
prinfe fur la nature des chofes contraires: 
dont le fens eft tel. Le ioug de Chrift,& ce- 
luy de pèche font trop mal accotdans, pour 
dire qu'vn home les puifle porter tous deux «O» étftlU 
enfemble. Si nous péchons , nous-nous ran. c.rtcUiifr 
geons fous la feruitudc de pèche. Or au con- rfcxr n'.mî 
traire, les fidèles ont efte radierez de la ty. mi /V d,\nt 
rannie de pèche, afin qu'ils foyét au feruice aurr^arJ 
de Chrift. Il eft dôc impoflibic qu'ils demcu l'y» de /'.(« 
rent encore affiietis & attachez a pcchc. irr,c-d'.nt 
Mais il vaudra mieux efplufchcr de pi» près /'t'i eflant 
la deduftion & le fij de l'argumet.comme S. mîsJlfAHt 
Paul l'.i ordonné, jf lui y=u4 ^bnjfrt^. Ce prr'fHif.frr 
mot A qui, emporte autant yci comme Car: aue fautrt 
comme l'ouuët on le trouue ainfi. Comme fi efl-.tcmme 
quelqu'vndifoit.U n'yamefcliâcete de la. Père ,Fili: 
quelle ne foit coulpabic le meurtrier de THjri' Frm'- 
ptre , lequel n'a point fait de confcience Je me-.^^ m tr 
cometfre vn forfait fi extrême, & vne cruau j.xtJA'^e.M.ti 
te de laquelle les beftes brutes mefmcs.par Jlre,iemi- 
manière de dire , auroyent horreur. Car en leu'r. 
ce propos ces mots.Lcquel n'a point fait de »C'efl qutâ 
confcience.&c.fignificntlaraifon.comme fi ynmat efl 
oniiiloit.Caril n'apoint fait de confcicn- j,rin>biKr 
cciic. Au refte.cefte raifon que rend yci S. iUHi'e,icdm 
Paul eft prinfe en partie des effets , en par- fenH\/,f^, 
tledelanatureMescorrelatifs.Carpremie. mriei., « 
remeiit, fils obeiffent, il côdud qu'ils font oxrAaf /«,- 
feruitcursrd'autât qu'obeiffance môftre que le.c'mmr 
ceftuy-la ha auihorite de cômandcr, lequel iiuSd/efnm 
range ainfi la perfonnc pour cftrc nbcy d'i- ea U Cent 
cclle.Et c'eft li la première raifon prinfe de eft nemmé 
j'effetdeferuitude.cômci'ay dit;de laquel- eurpide 
le f 'enluit puis aptes l'autre : Si vous eftei Chrill, yiur. 
lerfs, il faut necelfairemêc dire aulfi que la ee./u'Uc/l 
domination eft a ccluy duquel vous efte» figued» 
ferfs. Oh d'cUifince. En ceci il n'a pas du eorpi de 




, ^ - - yrJyeme» 

mots nempcrchoiten rièleiens, il a mieux e'efi vnt mt 

aimeparlenomd'obciffance exprimer que ie>îymr,: alm 

c'eftoitdeiuftiee.Ettouteffois encore en ce fiiu'il.ieftt 

mot Obciffjnce,ily a vne figure nommée nùéMdttI,. 

«Metonymie-car il eft prins pour les côman iS.c.lS.Et 

demtns mel'mes de Dieu. Au refte, quant a >.i ObeiJJk» 

ce qu'il a misce mot fimplemct.fans adiou- re rfl finft 

fteraqui fe rend cefte obeilfince :en cela /kk' ceen 

il. a voulu monftrer qu'il n'y a autre que •jH^tennni 

Dieu feul qui Jnyur tenir les cnnlciences t'ieiflincel 

fuietes , & auoir domination par dcifjs. Car afnu-.h 

po'irceftc caufe Obeifl'ance mcfnne. (ans ex- f:»r 1er Ci' 

pruncr le nom de Dieu, fe rapporte néant- wuudnunt, 
t.k. 



Chap.vr. 



SVR l'EPTSTRE 



in«ms 8 DîeU, pouree qu'elle ne peut cftre t« dépêcher. Car il ne tafche point l.lbrMff 

bigarrée , comme ourdit ,c'eft adiré tenir aux ficns a vn desbordement defreglé, afin 

de plufieurs. qu'ils f 'cfgayent fans modeftic, comme clie- 

17 Or griicti tt Dieu. C'eft l'application uaux cfchappez a trauerschampçmais il le» 

iela fiinilitude au propos qu'il traitte pre- ramené a vne facô de viure légitime, en fain- 

i"entemcnt:cn laquelle ayant feulement a les âete & honeftete. Au rtfte, côbien qu'Eraf- 

aduertir qu'ils ne font plus ma intenant ferfj me après l'ancien trâfl.Tteur Latin ait mieuK 

dépêche, il adioufte vne aftion de grâces- aimé traduire /vi/irmf : touteffoiî i'ay efte 

premiercmeut afin de monftter que cela ne contraint de la ifler en ma trâHation Latine 

vient point Jeteur mérite, ma'S d'v.ie mife- le mot Grec duquel a vré S. PôUl,afcauoir 

ricordede Dieu fr guliere.D'auantage auffi Tv/i«»:finôq«'oiiaimaft mieux le mot d'F.X- 

afin que de ccfK: aûion ils apprcnent quant empl.iireou Patron. Car il me femblc qu'il 

& quant , combien grand eft ce bénéfice de entend vn vif pourtrait de iuftice , Itquel 

pieu, & que d'autant plus ils foyentaccou- CJirift engraue en nos coeurs, tt iceluy fe 



rager a auoir le pèche en deteftation. Or il 
rend grâces. non pas pour le regard du temps 
qu'ils ont efte ferfs de pèche , mais pour la 
deliurâce qui eft venue depuis, quand ils ont 
celle d'eftrc ce qu'auparauant ils eftoyent. 
Au rcfte, la comparaifon qu'il fait ycl taci- 
tement de leur eftat palfé aucc celuy de pre- 
fcnt, emporte vn poids. Car. en cela l'Apoltre 
baille vne attainte aux calomniateurs de la 



rapporte a ce qui eft contenu & prelcrit en 
la Loy, a quoy il faut que toutes nos opera- 
tiôs foyêt réglées & côpalfeeSjCn forte qu'el 
les ne déclinent n'a dextre n'a fencftre. 

l8 Epns dcr,c.tff',Anct,is. Le iens eft tel. 
C'eft vne chofe abfurde.qu'vn homme aprei 
eftre alTranchi, demeure encore en la condi- 
tion feruile Car il doit fe maintenir & en» 
tretenir enl'eftat de liberté , lequel ilare- 



gracedc Chrift.en monftrant quttfans icelle ceu. il n'eftdonc pas conuenable que von» 

tout le genre humain eft tenu captif fous pe- foyez râgez & remi'i fous la domination de 

che: & au contraire, que fi toft qu'elle vient pèche, de laquelle vous auez efte affranchi» 

afedcrployer,le règne de pcclie ccfle. De ce- par la deliurance que Chrift a faiteC'eft vu 

ci on peut recueillir, que quâd nous fommes argument prins de la caufe e fficiête, comme 

affranchis de la feruitude delà Loy, ce n'eft on dit. Apres cela f 'enfuit vn autre prins de 

pasafinqueliouspechiôs.Car la Loy ne perd la caufe finale; Pour cefte caufe aueî vou» 

point fa domination , que quant & quant la efte retirez de la feruitude de peche.afin qu^ 

grâce de Dieu ne mette la main fur nous, vous palTilfiez au règne de iufticc.Etpourtât 

nous prenant pour ficns .afin de reftablir en il faut que vous mettiez du tout en oubli pe» 

TOUS la iufticc. Et pourtant il eft impoflible chc, Rappliquiez tout voftre cœur 3 iuftice. 



<iue nous foyons fous pèche, quand la grâce 
de Dieu règne en nous Csrnous auonj defia 
dit auparauant.que fous ce mot do Ov.tre tft 
comprinsl'Efprit de régénération. p'sMfjacî^ 
eieyietaur. Yci derechef S. Paul compare 
comme chofes ofpofites, la vertu fccrctede 



au feruice & obeiffance dc,laquellc vo* auer 
efte .îmenez. Or il faut yci noter comment 
nul ne peut fcruir a iuftice ,fi dcuant il n'eil 
dcliurédc la tyrannie de pèche, par la puif- 
fance Sf grâce de Dieu. Comme Chrift lu)f« 
mefine tefmoignc.Silc Fils vous affranchit. 



l'Efprit.aueclH letreexterntrcomme l 'ildl- vous ferez vrayement francs Ou feront 

foit, que Chrift forme beaucoup mieux les doncques nos préparations procédantes de 

cOBMrsaudsdans.cjue fi la Loy vfoit de con. la vertu du franc arbitre , fi le commence, 

trainte en menaçant & donnât frayeur. Ainfi ment de bien faireprocede de ccft affran. 

eft réfutée cefte calônie, <i» e fi Chrift nous chiflement, que la feule grâce de Dieu nou» 

deliure de la fuietiô de la Loy, il donc liber- apporte? 

19 le parle a la façon des hommes , a caufe de t'/nfrmite de 
^o^re chair . A'tnfi efue 'kont aitez. afplinjMe 'kos mebres four fer - 
uir a ordure ^ iniefu'tte^a faire inijuiteutinft appli(juez, mat* 
tenant ^os membres pour feru'tr a iuflice en (ancHjicatton. 

19 -[e p.i-/r a/d f^andirimnmei. il dit phis'abfurde,& qui leur tourne a plus grâd* 

qu'il parle félon l'homme, non pas quât a la honte .que de dire qu'ils fovect venus iot 

fubftâci'.maisquanta la forme.Côme Chrift quesa faire moins de conte de la grâce fpU 

en S. lehan J.b.Ja.dit qu'il prefentc des cho- rituelle de Chrift.que d'vn affranchiflement 

fes terriennes , conime ainfi foit touteffois terrien. Côme fil difoit.Ie pourroye en fai. 

qu'il parlaft des myfteres ccleftcs: mais non fant comparaifon de iuftice a pèche, môftrtr 

pas en termes fi magnifiques comme la gri- combien vous deucz cftre rauis d'vne plu» 

deurdes choies le ineritoii, d'autant qu'il grande ardeur a l'obelflance d'icelle , que 

f'abbaiflnit a lacapacitedupeupleignor.it vous n'auez obey a pèche : mais afin d'ot- 

& tardif d'entendcment.Or l'Apoftre vfc lie troyer quelque chofea voftre infirmité. le 

cefte préface ,jfin de mieux «le niôftrcr que me déporte de faire cefte comparaifon. Toa- 

c'cftvne calônie par trop lourde & vileine, teft'ois , quoy qne ie vohs vucille traitier 

quand on veut faire a croire que la liberté doucement, fi eft-ce que ie puis iuftement 

acquife par Chrift donne congé de pécher, requérir de vous , que pour le moins vou» 

& lafehe la bridea mal faire. AiilTi quant & ne foyez point plus froids ii négligés a fujr- 

quâc il jdmunefte les fidelcs.qu'U n'y arien urc iuftice, que vous auci efte a obéira pe- 

^ che.C.iU 



AVX ROMAINS. 



4* 



ctM.Cefte tuM de parler emporte vnc efpe 
cède ccfte figure <]iie les Latins nomment 
Réticence , qui eft quand nous voulons que 
ceux aurqucis nous parlons, entendent qucl- 
<|ue choie de plus grand que nous n'expri- 
IBÔs par paroles. Car quoy qu'il femble que 
l'Apoftrc ne requière pas tant:fi eft-cc neât- 
moint qu'il les exhorte a rendre obeiffance 



l'ordre de rintitliefea faire rtneontrer let 
mêbresoppoliies d'vn collé & d'autre: com- 
me en la i aux Thtffalon. ♦b.?, il oppofe 
Immnndicite a Salnâete : toucefrois Ton in- 
tention eft toute claire. Premièrement il 
met deux cfpcces > ImmcnJiciie Se Ix/^itr : 
derqucltcs la première eft opporee a cha* 
ftete& rainftetc: l'autre Te rapporte aux ifw 



a iallice,d'jucant pluserandeafTeâion, que iures Sf outrages par liTqUcls le prochain 
elle eft plus digne qu'ôIuyobeiflTe, fjuen'eft eft blelTé. Apres il répète deux foi» le mot 



pèche. ,4infif%fKu4AMfi^df,f!i'jiic. C'efta 
lire. Comme ainfi foit que par ci dcUant 
toutes les parties de vous ayent efte preftcs 
a t'obciflance de pèche , on a bien cognu e- 
Midcmmenepar cela , comment la pcruerfue 
ic voftre ch.tir vous tenoit liez & aileruis 



d'Iniquité , en diuers fens. Car au commen- 
cernent il lignifie rapines , fraudes , periu» 
rcs,& toute manière d'oiftrages: a la leçon, 
de fois vn desbauchement vniucrfel de U 
vie : comme fil auoit ainfi mis. Vous a- 
UC2 abandonné & proftituévos membres a 



dVne façon miferable. Or monftrei vous commettre œuurcs iniques , afin que le rC' 



gne d'iniquité cuft vigueur en vous. l'expo» 
fe le mot de lujlid , 'comme eftant mis pour 
la loy 8t règle de viure iuftement.dc laqueU 
le la fin eft [xnSlIficdtien : afcauoir que le» 
fidèles fe confacrent en pureté au fcruicc 
de Dieu. 



donc maintenant aufli alaigres & promptsa 
«ous ranger fous la domination de Dieu , & 
mettre en effet ce qu'il commande: & qu'il 
tt'y ait point maintenât vne affcftion moin, 
dre a bien faire , qu'elle n'a efte le temps 
pafl'éa pécher. Vray eft qu'il n'obferue pas 

10 C^r efHand ^otts ejliez^ferfs de feche, ^ofes efiie zJ fanes 
é iufiice. 

zr Quel fuit doc auiez.-'^otfs lors es chofes defcfuelles main- 
tenant ^oK^ auez^ ^ergongnehertes la fn d'icelles eflmort. 

lî. Man maintenât eftans affranchis de peche-,^ faits fèrfs a 
Dteu-f^oiis auesj ^oflrefuit enfanétif cation, ^four fn '^ie e- 
ternelle. 

13 Caries gages dépêche c'eft mort : Ç£ le don de Dieu c'eft 
ta ^ie éternelle en le fus Chriflnojlre Seigneur. 

a» Cjr^kdnJ.iTx. Il répète encore ce dif pi* grâd poids exprimer ce qu'il vonloit di- 
cord , duquel il auoit fait mention , qui eft rc, qu'en appelât leur propre confcience en 
entre le loug de iuftice & celuy de pèche. termoign,ige,& côme en Icurpcrronne côfcf. 



Car pèche & iuftice font des cliofts tât con. 
traites , qu'il eft necelfaire que celuy qui 
f'addône a l'vne.abâdonne Pautre. Ce qu'il 
ftit, afin qu'en les côfidcrât chacune a part. 
Il apparoilfc plus clairement que c'eft qu'il 
.faut attendre de l'vne & de l'autre. Car la 



fant la pouretc & la hôte des homes, cepcn. 
dât qu'ils fôt fins la grâce de Chrift C.ir les 
iîdeles.incôtinêtqu'ilscômencêia eftre illu 
minez parl'Efprit deChrift,& la prcdicatiô 
de l'Euâgile, rccognoiffent volotiers Se frâ- 



chemcni.q toute leur vie palfce, laquelle ilt 

diftinâiun Si feparation des chofe», apporte ont menée hors Chrift.a tfte dânablc:& tant 

plus grade lumière, a ce qu'on puiffe mieux f 'en faut qu'ils tafcliêt de l'cxcufer, q plufc 

confulcrer la nature de chacune. Ainfi donc, toft ils ont honte d'eux-mcfmes. Et mcfmci 

il-met pechc d'vn cofté. S: iuftice de l'autre, ils fe rcduiient tonfiours en mémoire cefte 

Et lors ayant ainfi mit dilfcrence.il monftre fouuenâcc de leur pourete & ignominie, afin 

ce qui f 'cnruit d'vnc part Si d'autre. Qii'il au'cftâs par ce moye' .TbbatUs de hôte. Se cô. 

OOUJ fouuicnedonc que l'.^poftrc fait en- fus en cux-inefmes.ils Ohumiliét pl'au vrajr 

cote yci vn argument prins des chofes cotw Se a bonefciêt denît le Seigneur, tt ce ii'cA 

traires.en cefte forte.Cependant que vous a- poit vn terme fupetHu.quâa il dit,3*.«r»i»f»i'i 

uezeftc ferfsdc pèche, vous eftic/ affrâchis T;«'.'»<'\Trri;"!;ti.: car p.ir ce mot il donne 4 

de iuftice ; maintenant la condition eftant entêJre côbicn no' fômes entachez d'vne 1- 

clungee au rontrairc , c'eft raifon que vous mour de nousmcfmcs aueuglce, eftâs enuc- 

fermez a iuftice, d'autant que vous tftes de- loppez des.tcnebrcs de pechez.veu que nout 

liurez du loug de pèche. Il appelle frdrttis n'apperccuôs point ces ordures fi grades cô- 

»»/?;. r.ccux qui ne font retenus d'aucune bri me elles font en no*. Il n'y a que la feule lu- 

ekd'obeiirjiice pour enfuyure iuftice. C'eft mierc du Seigneur , laquelle puiffe ouurir 

cela la liccii,.e de la chairiraqiirllc nous af- nos yeux, pour leur faire veoir la vilenie a 

franchit tellement de la fuietion de Dieu, eft cachée en noftre chair. C'eft dôc alor^ q 

qu'elle nous affcruit au di.iblc. Voyla donc 011 peut dire d'vn homme a la vérité, qu'il « 

ync miferable i: maudite libertc, qui d'vne proufité es premiers côinêccm^s Si fôdemêt 

impetuufite desbordcc, ou pluftoft enragée de la philufopluc Chrcftiëne.qviâd il a bien 

f 'efgjye a noftre ruine & perdition. appnns de fe dcfplaire en roy.mernie,& d'e- 

*' •85' /"""''««'.<>'• il ne pouuoitattei flic «tfasdcbcite dcfamifcte. Finalement^ 

f. ii. 



'ou, 

francs 

quât a 

iuftice. 

ou, iu- 

îlice 

n'auoic 

que 

veoir 

fui- 

vous. 

'ou, 

fain- 

acre. 



Chap.VII. 



SYK L'EPTSTRE 



par ce qui f 'enfuît.il monftre encore plus a- 
pertement côbien ils doyuêtauoir honte Se 
rougir en eiix-incfmes,confiderâs qu'ils ont 
efte prochains a trebufchcr en la mort& 
ruine éternelle. Si mcfme q defia ils eftoyêt 
entrez deJans les portes Je la morr , Ci Dieu 
par fa milèricorde ne les en euft retirez. 

îl yiuiitue\ -rcflrc fmit rn [MUifctrcn. 
Comme ci deuant il a propoië double fin 
de pèche, autant en met-il de inrticc Pèche 
apporte en celle vie les tormens de mau- 
uaife confcicnce, & puis après la mort éter- 
nelle. A^i^ft de iuftice nous en recueillons 
prefentenicc vn fruit, afcauoir fanftificatiô: 
& pour l'aJuenir en cfptrons la vie ctcrnel- 
le.Si nous ne lomnies ftupides tât & plus,ces 
chofes doyuenr engendrer en nos cœurs vne 
haine & horreur de pèche , au contraire vne 
amour & defir de iuftice. Au relie , quant a 
ce mot Orec que nous auons traduit, F<":au- 
cuns aiment mieux dire Tribut , ou Taille: 
côme auffi le mot ha cefte fignificatiô quel- 
que fois.mais il melemble (jceb ne côuient 
pointa l'intention dcl'Apoftre. Gar côbien 
qu'il foit vray que la peine de la mort eft 
comme vn tribut que nous payons a pechc, 
touteffois'le nom de Tribut ne conuiédroie 
pas puis après a l'autre membre, auquel S. 
Paul l'applicque auffi. Car la vie éternelle 
ne fera pas appelée tribut de iuftice. 

15 Cdr ferg^^gei ilepecliei'efi mmc Pource q 
le mot Grec Opf'ni.t, lequel nous auons yci 
traduit Gages.entre les autres fignifications 
qu'il ha.fe prend quelques fois l'oiir la por- 
tion ou les viures qu'on bailloit aus gens 
d'armes pour chacun lour ou mois, qui ne 
contenoyent pas bcaucoupàl y en a qui pen- 
fentque fainft Paul en compar.int la mort 
a cela.vueille par vn terme dcfdaigncux 
donnera entendre; combien poure & mal- 
lieureux eft le loyer que recoyuent les pé- 
cheurs. Mais 11 femble pluftoft qu'il vueille 
obliquement toucher & taxer les appetis a- 
iieuglez de ceux quif 'affriandét & f 'amor- 



fent aux allechemens mortels it pccTie , né 
plus ne moins que le* poiflbns fc f renent» 
l'amccon. Touteffois il fcr.i beaucoup plu» 
fimple de prendre ce mot pour Loyer & Ga- 
ges , fans lubtilizer d'auantage. Car fi noue 
regardons la quantité , cette» le loyer des 
reprouuez , qui eft la mort , n'eft pas petit, 
mais monte beaucoup. Or ceci eft la conclu- 
fion & comme l'épilogue de la fentencc prc» 
cedcntf. Non pas touteffois que fainâ Paal 
face yci en autres termes vne répétition fu» 
perflucde mcfme propos: mais il a voulu en 
doublant la frayeur S: horreur, nous rtodra 
pèche d'autât plus dctcftable- Et /f ien^ifyc. 
Ceux-là f 'abufent qui tournent ainfi cefte 
propofitiô, La vie éternelle eft don de Dieu: 
côme fi Lavie.cftoit cède quoy on parle :&, 
Don de Dieu , eftoit ce qu'on en dit. Carce 
fcns-la ne conuierdroit point a clorte l'anti- 
thefe qu'il fait Mais côme il a defia môftré 
que pèche n'engêdre q la mort", ainfi main, 
tenant il adioufte,que ce don de Dieu , afca. 
uoir noftre inftificatiôS: fanft:fication,noui 
apporte la béatitude de la vie etermlle. Ou 
fi on aime mieux autremêfCôme pèche eft 
caufe de la mort,ainfi la iuftice qui nous eft 
donnée par Çhrift,nous rend la vie éternelle. 
Cependant touteffois on pourra recueillir 
bien affeureeniêt d'yci.que tout noftre falut 
procède entièrement de la grâce de Dieu, & 
delà pureliberalitc.Cjrautrcmërilcuft peu 
dire, que les gages de iuftice c'eft la viee- 
terncllc:pour faire iuftcmëi rccôtrexies me 
brcs oppofiies l'vna l'aiiircfans rien adioii. 
fter plus. Mais il auoit elgard que c'eft du dâ 
de Dieu que nous robtenÔ5,& nô pas de no- 
ftre metite:& d'auâtage.que ce don n'eft pa» 
nud ou fimple, ainsconiieni deux partits.Car 
nous fomnies reconcilie?, a Dieu, eilans re- 
ueftus de la iuftice de fon rils,& par la ver. 
tu de l'Efprit nous fommcs régénérez a fairw 
ftete.Et pourtât il a adioufté.Eo /<■/«< Crifli 
afin de nous dcftourner de toute Ofinion 
de noftre dignité. 




C H A P. VIT. 
^ E fc4Hez,-^otti pitfyfieres{car tefarle a ceux efuic» 
gnoijfentla Loj)<^Ke Lt Loj ha domination (tir l'ho- 
me, tout le temps qù tl^tt? 
i.f«.7.i->9 % '^^i^SP^Î^ \Car la femme mariée , tant affte fon mari ^it^ 
/uj efi obligée par la Loj -.mais ji fin mari metirt^elle efi deliuree 
de la loj du mari, 

1, Le mari donc binant , elle fera appelée adultère ,f ellefè 
ioint a ^n autre mari ■ maitjifon mart meurt , elle ejl delinree 
de la lojitellement quelle ne fera point adultere^fielle ejltointe 
a ^n autre mart. 

4 AtnfmesferesSioui efles aufi morts a la Loj par le corps 
deChrif: afn quefoycz^a '^n atttre^z^c'i.MOW a celuj qui efiref 
fufcite dec morts,a celle fn quefruffifons a Dieu. 

Combien ^u'il cuft luffifaaulient rcfelu la qucftioo loucluat l'abrogation de U l-nj. 



AVX ROMAINS. 



4J 



fcton b briefuete qu'il y a tenutitnutcffoi', 
éc poiircc qu'elle cft difficile en loy, tt auffi 
qu'elle en pouuuic engendrer plufieurs au- 
tres , il reprend encore le propos, & rccom- 
Inence a déduire plu« amp'cment en quelle 
forte II loy nous eft abolie: puis après il 
monftrecoinnieiit cela nous reuicnr a bien 
grid proufifpoutcc que la Loy nous tenant 
obligez a loy hors de Chrift . ne peut autre 
choie que nous d.imner Tt afin que fur cela 
perfonnene prene occafion de blafmer la 
loy, il propofe les obitftions de la chair, & 
lesrefute-.où il traittc auec grade grâce vne 
matière fort notable de l'vfage de la Loy. 

1 Krfi.iHfy-riui f.if. Voyci vnepropo- 
(ition générale que fainâ Paul met , Que la 
toy n'cft a autre fil donnée aui hommes, 
finon pour régler & gouuerner la vie pre- 
fcnie.S: qu'enuers les morts elle n'ha aucun 
lieu. Apres cela il enadiouftera vnc autre 
(peciale, afcauoir, Qiicnous fonimes morts 
a la Loy par le corps de Chrift. Lt« autres 
«ntendent qu'en ce commencement S Paul 
Vueillc dire , Que tandis que l'yCigcdela 
loy eft en vigueur , aulli la domination d'i- 
celle demeure pour nous tenir enferrez. 
Mais pource que ceftcfentence eft plusob- 
fcure , 8r ne conuient point fi proprement 
a l'application & propofition fpcciale qui 
i'enfuyiira après, i'aimc mieux fuvure ceux 
tjui entendent ceci-->ftre dit de l.i vie delà 
loy,& non pas de celle de l'homme. Au re- 
fte.l'mterrogation qu'il faityci, eft bien de 
plus grand poids pour eft.iblir la certitude 
de ce qu'il dit, que f'il cuft couché le propos 
fimplement : car elle monftre que la chofe 
n'eft incognuc ncnouuclle a aucun d'eux, 
mais que tous egulement font d'accord en 
cela. Cirirfdr/e^i^c Ceftc parcnthcfc fc doit 
rapporter au mefme rcg.iid que la première 
propofition : comme Pil diioit , Q^i'il fcait 
bien qu'ils ne (ont point fi ignorans ou mal 
cKerccz en la Loy. que de douter c'e cela. Au 
relie , combien qu'en ces deux propos où le 
mot de iry eft exprime , nous pourrions en- 
tendre toutes loix cnftmbic, toutcffois il 
yaut mieux le prendre pour la Loy de Dieu, 
de laquelle auflî maintenant eft la difpiite. 
Quant a ce qu'aucuns pcnfent que S.Paul 
attribue aux Romains cognoifTincc de 1.1 
Loy, poiirce qu'ils gouuernoycnt vnegran. 
de partie du monde fous eux, & par leurs 
loix : c'cft vne conicfturc puérile S: mal a 
propos. Car ceux auf<|uels il parle, eftoyent 
en partie luifs ou autres eftrangcrs, en par- 
lie gens du commun populaire & Hc bafte 
condition, Ft inefmes il ha efgarj principa- 
lement aux Iulfs,auec Icfquels il aunit a 
deb tre touchant l'abrogation de la Loy. 
Et afin qu'il ne leurfemble qu'il les vucille 
furprcndrc finement par propos qu'ils n'en- 
tendent point, il monftre qu'il prend me 
maxime toute commune , & cognue a vn 
chacun , laquelle ils ne pouuoyent ignorer, 
ayans efte dés leur enfance nourris cnU 
doârinedela Loy. 

2 CiT Ufrmmr,^^!. Il amené vne fimi- 
litude pour prouiier que nous fommcs tel- 
kmcDC dcliurcz de la Loy.c^u'clle o'Iia plus 



aucune domin.ition fur nom proprement & 
de droiA qui luy app^rtiene. Or combien 
qu'il pcuft bien prouuercela par d'autre* 
raifonj, touteffois pource que l'exemple du 
mari.ige venoit fort bien a poinft pourtf- 
clafcir& enrichir ce propos, pour confir- 
mation il a yci ei ti-elacé vnc fimilitude 
prinfe de 1.1. Au rcfte.afin que perfonne ne 
fe trouble de ce que les membres entre lef» 
quels il fait comparaifon. nefe rencontrent 
pas dr.)itciiient a l'oppofite l'vn de l'autre, 
il faut que nous foyons aduertis que l'Apo- 
ftreavoulu de propos délibéré, en failant 
vn petit changement ,euiicr vn terme qui 
tuft efte quelque peu odieux- Pour conti" 
nuer l'ordre de la fimilitude il deuoit dire, 
La femme après la mort de fon mari eft de- 
liureedu lien de mariage 'la Loy qui tient 
lieu de mari enuers nous , eft morte quant a 
nous. Il Ccnfuit donc que nous fommes de- 
liurez & affranchis de la puilTance d'icclle. 
Mais de peur d'olfenfer les luifs , en vfant 
d'vn mot qui euft fcmblé vn peu rude , f'il 
euft dit que la Loy eft morte : il l'a vn petit 
tourncautrcmcnt, difant que nousfomme* 
morts a la Loy.lleftvray que l'opiniô d'au» 
cun"^ eft , qu'il fait vn argument de la chofe 
moindre a celle qui eft plus grande rtoutef- 
fois pource que ie crains que cela ne foit 
quelque peu trop contraint , i'aime mieux 
liiyure le premier fens, qui eft plus fimple. 
Nous drelierons donc tout l'argument paf 
ordreen cefte lorterLa fcmme.du viuantde 
fon mari, luy eft fuiete par la Loy, en forte 
qu'elle ne peut Paccointcr d'vn autre : mail 
après la mort de fon mari , elle eft dcliuree 
du lien de ceftc loy, en forte qu'il luy eft li» 
brede fe marier a qui elle voudra. 
Vmt <fl-rcl rf"f''it r.lfplicaticn. 

La Loy a efte comme noftre mari , fous !e 
ioug de laquelle nous eftions détenus iuf- 
ques a ce qu'elle nous a efte morte. 

Or aptes la mort de la Lov, Chrift nous a 
retirez : c'cft a dire , nous ayant deliurcz de 
la Loy, il nous a conioints a foy. 

Il f'enfuit donc qu'tftâs côioints a Chrift, 
qui eft rcITufciié des mort , .7 luy fcul noui 
deuons adhérer & nous tenir. V'. comme de- 
puis la refurreôion.la vie de Chrift eft éter- 
nelle , ainfi il n'y aura pîOs ile ..iuorce cl 
après entre nous & luy. Au JtitL\\t mot de 
Ity en ce palTage n'cA pas par tout prins en 
mefme fcns : mais aucuneiluiûl fignifiele 
droift qui eft mutucUrment c^ l'vne def 
patries a l'autre en mariage : aucune ffois la 
piiinjiicc du mari : S." en vn autre endroit la 
doftrinc de Moyl'e. D'auantagcil nous f.iut 
aulTi entendre, que S Paul touche yci feule- 
ment cefte partie de la Loy qui eft propre 
& pcculierc au minifttre de Moyfe. Car en. 
tant que Dieu a comprins en dix Comman- 
dcinrns ce qui eft droit fi bon a faire , Se a 
réglé noftre vie . il ne nous faut point lon- 
ger en cela aucune abrogation de la loy, 
d'autât que la volonté de Dieu doit demeu- 
rer toufiours en vigueur. Ainfi donc , qu'il 
nous fouuicne bié que ce n'eft point yci vne 
deliurance ou exemption de la iuftice qui 
nous eft enfcignee en la Loy , ouis de l'cxv 
I'. u,. 



Chap.VII. 



SVR rEPlSTRE 



ftion rigoureur* d*icelle,&<le la maledi- 
Aion qui f'en enfuie. La règle donc de bien 
viure que la loy nous prefcrit , n'eft point 
abolie, mais bien ccfte qualité quiefta l'op 
pofite de la liberté acquife par Chrift; afca- 
lioir quand elle requiert vne perfcôion en. 
tJere : & d'autant que nous ne l'apportons 
(jas, elle nous aftrcint fous la condamnation 
de mort eterneIle.Cependant,pource que ce 
n'eftoit p.u yci fon intention de traitter& 
décider du droift de mariage , il ne f'eft pas 
foucié de reciter par ordre toutes les caufcs 
qui mettent la femme en liberté, & la fepa- 
rentd'auee fon mari. Et pourtant ceferoit 
folie d'en chercher yci doôrlne & refolu- 
tion certaine- 

4 Ptir/f ctrjii lie Chrin. Premièrement, 
Chrift en dreflant la croix pour mémorial 
de fa viftoire.a triomphé fur le peche;&afin 
que ce fuft fait, il a falu que l'obligation la- 
quelle nous tenoit liei, fuft mife en pièces. 
Col. 2. c 14- Or cefte obligation c'eft la Loy, 
laquelle cependant qu'elle exerce fa vertu, 
nous rend obligez & redeuablcs a pèche : & 
pourtant elle eft appelée Vertu "de pèche. 
Nous auons donc efte deliuret par le can- 
eellementdc cefte obligation, lequel a efte 
fait au corps de Chrift, quand il tut attaché 
a la croix. Mais l'Apoftre paffe encore plus 
auant.afcauoir.Qiie le lien de la Loy a efte 
rompu , non pas afin que nous viuions a no- 
ftre plaifir, comme la femme vefue eft en fa 
liberté , tant qu'elle demeure en fon vefua- 
je : mais que noujfommes défia liez a vn 
autre mari : & mefnie que de main en main 
fortâs de la puiflance de la Loy, nous auons 
efte rendus a Chrift. Cependant il addoucit 
la rudeffe de ce propos, en difant que Chrift 
nous a deliurez du ioug de la Loy , afin de 
»ous «onioindre a fon corps. Car combien 



que Chrift fe foit pour m temps Tofontif* 
rement aifuieti a la Loy, ce n'eft pas touteli 
fois raifon que la Loy ait domination fur 
luy. Or la liberté qui luy eft propre , il la 
communique auffi a fes membres. Et pour- 
tant , ce nVft pas merueille f'il exempte du 
ioug de la Loy ceux lefqucis il conioiot a 
foy d'vn lien facré.afin f.u'ils foyêt vn corp* 
auec luy. ^cr/uy.iyc. Nous auons défia dit 
que Chrift fuccede au lieu de la Loy , afin 
qu'on n'imagine point de liberté hors ice» 
luy,ou qu'aucun ne prefume de faire diuor- 
ce auec la Loy.n'cftant point encore mort a 
foy mefme. Or il a vféde ccfte circonloco. 
tion,pour dénoter l'eternite de vie, laquelle 
Chrift ha depuis fa refurrcûion :afin que le* 
Chreftiens fcachent que cefte conionaion 
fera perpétuelle. Au rcfte.du mari.ige tpiri. 
tuel de Chrift auec l'Eglife.il en parle plu» 
clairement aux EpIiefiens.chap.S. ^ .tUe f» 
que,i^c. Toufiours il adioufte la caufe fina- 
le , afin que pcrfonne ne lafche la bride a fa 
chair & a Ces concupifcences fous couleur 
de ce que Chrift nous a affranchis de la fer- 
uitude de la Loy. Car il nous a auec foy of- 
ferts en facrifice au Père, &a cefte fin il 
nous régénère, afcauoir a ce que nous fru- 
ftifions a Dieu en nouueaute de vie. Or 
nous fcauons quels fruits le Père celefte 
requiert de nous , c'cft afcauoir de fainftetc 
& iuftice. Et ne faut pas penfer que de fer- 
uir a Dieu, ce foit vne chofe qui derosjuea 
noftre liberté. Mais qui plus eft.fi nous vou- 
lons iouir de ce bénéfice tant excellent de 
Chrift , il ne nous eft plus d'orefcnauant li- 
cite de penfer a au^re chofe , que d'auanccr 
la gloire de Dieu; qui eft cela pourquoy 
Chiiftnousa prins a foy ; & fans cela n ont 
demeurons fcrfs, non feulement delà Loy, 
mais auffi de pèche & de mort. 



OU, e- 
ftant 
mort a 
ce luy 
en qui 
TOUS e- 
fHon.î 
tcten*. 



5 C^r anand nous estons en la chair , les affeBions des pé- 
chez^ ( lef^teelles effojent far la Loj ) auoyenf ligueur en nos 
memhres^four jrucUjier a la mort. 

6 Mali maint enat nom fàmmes deliurez, de la Loj-, 'effans 
morts a celle en Ucfuelle nous étions retentis : ajin tfue nou^fer^ 
uions en nouueaute d'Ecrit, ^ non point en ancienete de letre. 



5 C^y 'juAni nt,iu ttlmn. Par le con- 
traire il monftre encore plus clairement 
comment ceux qui fe vantoyent d'cftre zé- 
lateurs de la Loy .faifoyentmal de vouloir 
encore détenir les fidèles fou» la domina- 
tion d'ieclle. Car t.mi que la doftrine lite- 
ralc de la Lov domine, iderploye fa vj- 



eft détenu fous le ioug de l.i Loy, il ne peut 
autre chofe faire qu'acquérir la mort ca 
péchant continuellement. Si la feruitude de 
la Loy n'engendre que pèche, l'alfranchifle- 
mcnt donc d'icellc qui eft le contraire, doit 
tendre a iuftice. Si la première mené a la 
mort , l'autre donc a I.i vie Mais efplu- 



eueurfans I'E'l>rit de Chrift , les afFcftions chons les propres mots de S.Paul. Q^iand 
defnrdonnecs de la chair ne font peintre- il vaut defcrire noftre condition, du ttmi>$ 
primées par cela . mais pluftoft f'cfchauf- que nous cftions lous la domination de la 
fent d'auantage four ieiter tant plus fort loy, il dit que nous cftions £« U iluir. 
leursbouillons.Dont f'enfuitque le rogne Dont nous entendons que tous ceux qui 
de iuftice ne vient point a eftre cftabli , fi- font fous la Loy, n'en ont autre chofe, fmoo 
non quand Chrift nous aifranchit de la do- que les oreilles font batucs du'fon extérieur 
minationde la Loy. Qiiant & quant fainft' d'icille,fjns fruit Sf efficace ipource qu'au 
Paul nous adinonn'eftc quelles oeuutes nous* dedâs ils font deftituez de l'F.fprit de Diem 
font feantcs depuis que nous fommes dcU-» & pourtant.il faut neceftaircment qu'il» 
«tez de la Loy. Tandit donc que Vhomme demeurent du touc corrompus & vicieux. 

lufijue» 



AVX ROMAINS. 



44 



lufaucsi ce qu'vn autre meilleur remède 
foit appliqué pour guérir le mal. Et notons 
teftc formule ou façon de p.iricr dont l'Ef- 
criture vie conununecmcnt.f/Irrrn/.if/MrV; 
pour , tftre feulement doué des grâces de 
oaturc , fans cette grâce fingulicre laquelle 
Dicudcrpartit a fts eleus. Or fi toutccft 
eftat de vie confifte en vice , par cela il ap- 
pert qu'il n'y a naiurellement aucune par- 
tie de noftre ame , entière • & que toute la 
»ert.i dî noftre libéral arbitre , n'eft Anon 
deiettcr de touscoftfz comme dards, des 
affefliopspfruerres. /««^..liV/ii.t-r. C'cft 
a dire , La Loy fufcitoit en nous des affe- 
ôinPS pcruertes , lerquelles dcfployoyent 
leur elticacc en toutes les parties de nous. 
Car il i/'y auoit pas vne feule partie qui ne 
leruift a aCâioni peruerfcs. «Voyia donc ♦ 
• l'opération de la Loy , & ce qu'elle peut 
« faire en nous.fi lemaiftre intérieur, qui eft 
• le faillit tfprit ,n'y bcfongne : afcauoir de 
t embrafer nos cœurs pour y faire bouillon- 
ner telles cupiditcz. Mais il faut obferucr, 

Îiue c'eft auec la nature de l'Iiomme vicleu- 
e que la Loy eftyci comparée : de laquelle 
nature la perucrlite Si les appetis dcfordon- 
nei , tant plus que la règle de iufticeeft au 
tenant pour les refréner , tant plus ils fe 
desbordent furieufement. Il adioufte dere- 
chef, quêtant que les affcâion, de la chair 
fous la Loy dominoyent , elles ont f/uH-fié 
« /n mtri /afin qu'il monftre que la Loy de 
foy-mefme n'apporte que damnation. Dont 
Cenfuit que ceux la font bien hors du fcni, 
<|ni appetent tant vne fcruitude li pernicieu- 
fe tt mortelle. 

6 Mau m.tr/ttfn.%^t mut fcmmrr rï'-/ture%_. 
Il pourfuit Ton argument fondé fur la na- 



ture des chofes contraires r Si tant (*en fi. 
loit que le lien de la Loy fcruift aucune» 
ment pour tenir en bride la chair , que pluf. 
toft c'tftoit vn aiguillon pour incitera pé- 
cher : il faut ntccflaireinent dire quand 
nous en fommes dcliurez, que c'cft afin que 
nous ccffions de pécher. Si c'cftactfte fi.i 
que nous ibmmes dcliuret de la fcruitude 
de la Loy , al'cauoira ce que nous feruionl 
a Dieu ; ceux-là font mal qui de li preneni 
licéce de pécher. Ceux-là aufii parlent mal, 
qui enfcignent que pat ce moyen la bride 
eft lafchee aux concuplfceoces. Notons donc 
que lors nous fommes ccliurei de la Lt>y, 
quand Dieu nous ayant abfous de la rigueur 
Si malcdiAion d'icellc , nous arroufe de fon 
fainA Elprit , afin que nous cheminions en 
fes voyes. tnam mcm a itUi m larjutUt mm* 
flliitii menus. En ces mots il amené la rai- 
fon , ou pluftoit il mnnftre le moyen félon 
lequel nous fommes deliure2:afcauoir quâd 
la Loy nous eft abolie , pour ce regard que 
nous ne foyon« plus opprclTez du fardeau »n- 
fiipporiable o'icelie , ou que la rigueur d'i» 
celle, nui ne 6cchii iamais, ne nous accable 
de malediftion.' En nehufauictft/Jrit. il met 
l'Hfprit a l'oppofitc de la .'nttt : pource que 
dcuant que nol>rc volonté foit formée a la 
volonre de Dieu par le fainft Efprit, nou» 
n'auons en la f.oy que la letre externe : qui 
met bien vne bride a nos opérations exter* 
nés. mais n'arreftc point la fureur de noftre 
concupifcence. Or il attribue a i'efprii 
X.-«H-.i»ic, pource qu'il fuccedc en la place 
du viril homme : comme au contraire la le- 
tre eft appelée y<i!inmt , pource qu'elle 
vient a eftre abolie par la régénération de 
l'efprjt. 



7 Que Airorts-notts donc? La Loy efi-cl/e pèche? ^/nftn'/td- 
uteMC. yiin^oii leri'ay poinf cornu t]ue c'cftoit de feche ,fnon 
par la Loy : car te n'euffe point cognu t]ue c'cftoit de concMfi- 
(cence-tfila Loy n'eufldtty\Tu ne conuoster^u pu>nt. 

8 Mats le pèche ajja'/itpr'tns occafton'par le commandement y 
a engendre en moj tonte concuptfcence. 



7 J^f ittr-ni-hiui tienc? Pource qu'il a 
tHc dit , i)u'il f.iut que nous foyons dcliurc/ 
de la Loy , afin que nous feruions a Dieu en 
nouueaute d'Flpnt : il ùmbloit auis que la 
loy eult ce vice de nous inciter a pécher. 
Or d'autant que cela eft vne chofe par trop 
abfurde , a bon droiû l'Apoftre a yci enirc- 
prinsdr la réfuter. Quand il demande fi la 
loy f ft p:che : il entcm^ al'cauoir (i elle en- 
gendre tellf-ment le pèche , que la faute luy 
en doyue eftre imputée ^inttu Ir n'jy fs'Ht, 
le pèche donc relide en nous , Se non pas en 
la Loy : veu que la concupifcence peruerfe 
de noftre chair en cA la caufe. Mais nous 
venons a auoir la cognoi(tincf d'iceluy.par 
la engnoirtance de la iufticc de Dieu . la- 
«guelle nous eft déclarée en la Loy. Il ne 
faut pas touieffois entendre que fans la Loy 
en ne puifle mettre du tout aucune differen- 
M entre ce ^ui eft dtoit ou inique : mais ou 



c^uc nous aunns les yeux de l'entaidemcnt 
par trop esbiouis , en matière de venir no- 
ftre pcrucrûtc : ou qu'on nous flattant •■ js- 
mefmes.nous y deuenonsuu tout ilupi<i«: 
côme aulli il l'enfuit ci après. C^i-iV ,,'ii,JJ'e. 
C'tft donc yci vne déclaration du propns 
preceilcnt.rn laquelle il mon.lre que la mef- 
eognoifljni c Je pcche , de laquelle il aucit 
p.rrlî. coiififtoiten cila, qu'il n'appcrceuuit 
point fa coucupirccnce.Or il infiftc tout ex- 
près en vne cfpeee en laquelle hypocrifie 
règne bien fort , qui eft toufiourj aceoinp:i- 
gnee d'vne licence & affVutùnce proced.irte 
de ftupiiiite. Car les h'ïmmcs ne font lamau 
tellement defrourums de iugcment , qu'ils 
ne lugcnttnufioursdes œuures externe:. Et 
qui plus eft.ils font contrains de coiidamner 
melmemtnt le< délibérations mckliantcj 8e 
fcmblablcs entreprifcs-eommc certes ils ne 
pcuuci tant t'ait c,i]u'4 vue bône vuloaic iU 
f. lui. 



iltut.^.L.ii, 

'ou, a 
engeii- 
àïé ca 
raoy 
toute 
concu- 
pifcécc 
par le 
côman 
démet. 



Châp. VII. 



S VR L'EPI ST RE 



n'attrituent la louange qui luy appartient. 
Mais le vice àe concupifcence eft plus oc- 
culte & cache au fond du creur : ce qui fait 
Î|ue ianiais il ne vient en conte , tandn c]ue 
es liâmes iugent félon leur fens.Cependant 
il ne faut pas prendre ceci comme fi S.Paul 
fevantoit d'auoir efte exempt de ce vice: 
mais il dit qu'il' fe flattoic tellement qu'il 
n'apperccuoit point ce vice- la cache en Ton 
cœur. Car comme ainfi foit que pour vntêps 
il fc fuft abufé.en penfant q la concupifcen- 
ce n'empefchaft point l'home d'eftre iufte; 
adonc il f'eft cognu cftre pécheur , quand il 
a vcu que la Loy defcndoit la concupifcêce, 
de laquelle il n'y a home qui l'e trouue pur. 
Salhft Auguftin dit qu'en ce mot S.Paul a 
compris toute la Loy:ce qui eft vray.pour- 
ueu qu'il loit bien entêdu. Car Moyfe après 
auoir monftré de quelles chofes nous auons 
a nous garder , afin de n'offenfcr noftre pro- 
chain.il met pour le dernier le Commande- 
ment qui défend la concupifcciicc, lequel il 
faut rapporter a tous les autres precedens. 
Il n'y a point de doute q par iceuJt il auoit 
defia condamne toutes les afteftions peruer- 
fes que no'! cœurs concoyuent : mais il y a 
grande différence entre vne volonté délibé- 
rée , & les appetis dcfquels nous fommes 
chatouillez. Par ce dernier Commandement 
donc , Dieu requiert de nous vne fi parfaite 
integrite.qu'il n'y ait en nous aucune cupi- 
dité vicieufe qui nous folicile a mal , voire 
encore que nous n'y donnions point de con- 
fentemcnt. A cefte caufci'ay dit que S.Paul 
monte yci plus haut que la cômune portée 
des liômes ne peut atteindre.Car quant aux 
loix politiques.bien eft vray qu'elles difent 
liaut & clair qu'elles puniflent les délibéra- 
tions , & non pas l'exécution ou eucnemcnt 
d'icellcs. les Pliilofophcs aufli en parler en- 
core plus fubtilemët, mettans le cœur pour 
Jefiege tant des vices que des vertus ; mais 



Dieu en ce Commandcmêt fonde preronJe» 
ment iufqu'a la concupifccncc , laquelle eft 
encore plus cachée & fecrete que la volon- 
té. & pourtant n'eft point eftimee coinmu» 
némenteftre vice.Et non feulement les Phi» 
lofophes l'ont laiffee partir fans la taxer, 
mais encores auiourd'liuy les Papiftes deba» 
tent fort & ferme qu'elle n'eft point pèche 
es régénérez. Si eft- ce touteffois que S Paul 
dit qu'il a apperceu par ce mal cache, com- 
ment il eftoit coulpable & damnable. Dont 
f'enfuit q tous ceux qui en font entachez.ne 
font ancuncméc excu fables, fmon entant que 
Dieu leur pardonne la faute. Cependant it 
nous faut retenir cefte diftin&ion entre les 
affcftions peruerfes qui vienët iufqu'a con- 
fentemét,& la concupifcence.qui chatouille 
' fc efmeut tellement les cœurs , qu'elle de- 
meure en chemin,& ne poutfe point i'honw* 
me iufqu'a le faire accorder. ^ 

8 Jititi! it frclil: ayant ptini eccapi». Toutle, 
mal donc vient du pèche & de la corruptioo, 
de la chair :en la Loy eft feulement l'occa-^ 
fion. Or combien qu'il pourroiî fembler 
qu'il parle feulement de l'incitation, afca- 
uoir quand noftre cupidité eft foUicitec par 
la Loy, en forte qu'elle vient a ietter fes 
bouillons d'vne plus grande rageitoutefloi* 
ie rapporte -ceci principalement a l.i co» 
gnoilTance :commef'il eftoit dit, Ellca def- 
couucrt en moy toute concupifcence, de la« 
quelle, cependant qu'elle eftoit cachée, il 
fembloit, par manière de dire, qu'il n'y en 
euft point du tour. le ne rie pas touteffois 
que par la Loy la chair ne viene a eftreplus 
viucmct aiguillonnée a conuoiter: & q mef- 
me par ce moyen aulTi la concupifccncc ne 
viene a cftre mife en lumière : ce qui a peu 
auffi aduenlr a S.Paul. Mais ce que i'ay dit 
touchât la manifeftationde la concupifcen- 
ce, fembic mieux côuenir a la dcduSion dll 
texteicar il adioufte incontinent après. 



tou^m'a 
feduit 
par le 
Cômâ- 
demét: 
& par 
iceluy, 
&c. 

t.T.m.\M.i 



Car (ans la Loj le pèche eflmort. 

9 Car iadù que ït^ojtftns la Loj-, ie ^vt:oye : mais efuanà 
le Commandement efi <ienu Je pèche a commencé a reuture: 

10 Et moj iefnù deuenu mort : ^ le Commandement , e^tti 
m'eftoit ordonné a 'ki'te^a eBe trouuê me touxnzt a mort. 

11 Car pèche prenant occafton 'par le Commandement , ma 
deBournè de la 'sfoje:^par iceluj m'a occis. 

Il \La Loj donc eflfaincle , ^ le Commandement eftfainU 
Ç^ iu0e Çf bon 



Car faut la l'.y h pcche rfl mert. il exprime 
mainten.int bien clairement en quel fens 
doyuent eftrc prinfes les chofes fufditcs.Car 
c'eft autant comme f'il difoit , que fans la 
Loy la cognoiffance de pèche eft cnfeuelie. 
tt c'eft vne fcneence générale , a laquelle il 
accommode puis aprcs l'exemple qu'il ame- 
né de fa perfonne. Et pourtant , ie ni'csba- 
hi a quoy ont fongé les expofiteurs , de la 
prendre en vn temps paftc , comme f'il y 
auoit. Le pechc eftoit mort ;& que fainft 
faul parlait de foy- mcfmc commet amfl 



foit qu'il eft bien facile a veoir qu'il • 
voulu commencer par vne propofitiou vni- 
ucrfclle , & puis après par l'on exemple dé- 
clarer la chofe. 

9 Car lacfù que i'cftoyc fani la Uy. H 
*cut dire qu'vn temps a elle qu'a luy ou en 
fa perfonne le pechc eftoit mort, il ne faut 
pas touteffois entendre qu'il ait cftc pour 
quelque icmps homme fans Loy : mais ce 
mot It tiucyc : ha vn regard fpcci.il, d'autant 
que l'ablence de l.i Loy faifoit qu'il vi- 
uoit : c'eft a dire.qu'cftant enflé d'vnc fiance 



AVX ROMAINS. 



4S 



ie fj luftiee , il Pattribuoit vneviea Toy- 
fntrmccniTibicn que cependant il fuft mort. 
Afin que b fentence foit plin cljire.il nouj 
la faut ainfi refoudre , l.idi< que i'eftoye 
ùm U Lojr , ic viuoyc . Or i'ay dit que ce 
mot emportoit quelque poidî , pource que 
îaina Paul en fe faifant lors a croire qu'il 
eftnit iufte , f'attribuoit aufli vne vie .1 foy. 
te fenîdonc eft tel, Qiiand ie pechoye f:inî 
penfer aucunement a la Loy , le peclie, 
d'autant que ie n'y prenoye pas garde, eftoit 
teUenientenfcueli .qu'il ffnib'oit quafi c- 
ftremort:Sf moy au contraire .pource qu'il 
ne me (cmUloit pa5 que ie fufTe pcclicur , le 
fwe contentoye de ma perfonne, penfant bié 
aunir rue rie en nioy-merme,& comme chei 
in"y- Caria mort de pèche, félon que faina 
PjuI parleyci , c'eft la vie de l'homme : au 
contraire 11 vie de pèche , c'cft la mort de 
l'homme. Mais on pourroit demander en 
^uel tempï eftoit cela, que fainô Paul auee 
afreurance& prefnmption Paitribuoit vne 
vie, a caufe de l'abfence de U Loy, comme 
il dit. c'eft adiré par f.^utc d'auoir vraye co 
gnoiOance de la Loy. Car il cft certain que 
dé? fon enfance il auoit cfte Inftruit en la 
«loarinede la Loy . M.iiç cela n'eftoit qu'v- 
re Théologie literate,&quin*auoit que l'cf 
«orce, comme on dit, laquelle n'ha point ce- 
tte ef6cace d'humilier fcs ercholier<,iceux 
«)ul la fuyuent . Car comme il dit en vn au- 
tre palTage (lCor.;.d.i4,)qiie tes luifs ont 
▼n vnile au deuant de leurs yeui, qui les em 
pefche de contempler en la Loy b lumière 
de viet auffi quant a luy, cependant qu'eftât 
defnué de l'Efprit deChrift.il auoii les yeux 
bandez, il fe plaifoit en vne apparéce cvter- 
ne de iuftice, qui n'eftoit qu'vre ombre ou 
vnemafque . Il appelle dôc la Loy abfente, 
au temps auquel cûbirn qu'il l'eufi deuant 
les yeux , touteffoit elle ne le preftoit point 
a bô efc let d'vnvif fentimct du iugcmét du 
Seigneur . P.t de faift, les hypocrites ont les 
reuT tellement bâdez,qu'ils ne voyët point 
lufques où va ce Cômandement , par lequel 
il nous cft défendu de conuoiter , & côbien 
grande perfcâion il requiert de nous, ^/.olr 
^ii4nJ It dmmlnitmtnl K\n^\ maintcnjt tout 
a l'oppofite il dit que la Loy cft venue, qu.ïd 
elle a cômencèd'cftreeniêduea bô efcict & 
prinfe en fa vertu. Alors donc elle J.par ma 
niere dedircrciTiifcitédes morts le pcche, 
pcurce qu'cllea defcouuerta fainA Paul de 
combien grande peruerfïte fon coeur eftoit 
plein au dedans, &- quant ?f quant elle l'a 
mis a mort. Crpendât il nous doit tniiiiours 
fuuuenir qu'il parle d'vne alTeiirâce fcmbla- 
ble a la ftupidite des yurongncs, en laquelle 
croupiflcnt les hvpocrites . quand ils fc flat- 
tent.pource qu'ils ferment les yeux pour ne 
point vcoir leurs péchez. 

lo Et /f Cfmmaniiemenr llditycidcux 
ctiofct , al'cauuir que le Coinmandemene 
nous demonftre la voye de vie en la iuftice 
de Dieu ; Si qu'il nous aefte donné a cefte 
lin , qu'obreriians la Loy du Seigneur , nous 
obtenions vie cternellc : ce qui .ndulendroit 
auffi.fi ce n'eftoit que la pcruerfiic qui cft,en 
nous tous.y met cmpcfcbemeat, Maitpour- 



ee qu'il n'y en a pa» vn ie nous qui obtem- 
père a la Loy , ains tout au contraire noui 
nous efgarons de tout noftre pouuoir.Sf (vm 
mes tranfpoft'Z cônie eftourdis au chemin 
qu'elle nous défend, elle ne nous peutappor 
ter que mort. Voyia cornent il nous faut di- 
ftirguer entre la nature de la Loy & noftre 
vie. Dont Penfuit que ce que la Loy nous na 
ure d'vne playe mortelle, cela eft vne chofe 
accidérale. comme on dit c'cft a dire qui fur 
uientd'.)illeurs . & n'eft point du propre de 
la Loy. Tout ainfi côme fi vne maladie incu- 
rable venoit a augmenter* empirer quand 
onv aura appUcqué vn bô remède &falutai- 
re Vray eft que ie confefle bie'q c'eft vn ac- 
cident infeparable de la Loy: & que pourtâc 
en vn autre paffage la Loy cft appelée Mijii- 
ftere de mort au regard de l'Euangile.i.Cor. 
}.b.7 . Mais t.mty a tcuteffois que c'cft vn 
poinft arrefté que cen'cftpas de fa nature q| 
elle nous eft a mort.ains d'autant que noftre 
corruption prouoque & attire fur nous la 
malediftion d'icelle. 

II ItTd defi urtir il eft bic Vray qu'encore 
que nous foyôs ignoras delà volôtedcDieu, 
& qu'il n'y ait aucuuc doftrinc q no' cfclai- 
rc.neâtmoins ô toute la viedeshômestft cf- 
garce & pif ne de foiiruoymes:& mcfmc qui 
pi' eft, iulqu'a ce q la Liy nous monftre le 
droitchemin debic*iure, nous nepouuons 
que nous efgarer a trauers châps , côme on 
dit . Mais pource qu'adonc nous cômcncons 
a fetir noftre fouruoyemét.quâd le Seigneur 
nous rcdargue a haute voix , a bon droîA S. 
Paul dit, Qiiand la Loy defcouure le pèche, 
que noHsvenôs a cftre deftouinez de la voye. 
Ainfi dôr, ce mot £ftrr delhuinr dr /.( yrft: ne 
fe r.ipporte pas a la chofe, mais a la cognoif 
fance d'icelle • afcauoir pource que parla 
Loy eft mis en euidence combien nous auôt 
efte cftogncz du droit chemin.Pour ceftecatt 
fe il nous a falu traduire le'mnt Grec, De- 
ftournerde la voye, combien qu'il fignifie au 
ciMuffnis Séduire, comme audï aucuns l'ont 
yci prirs : pource que les pécheurs , qui au- 
parauani pafloyent outre tout afteurez H 
fans fouci aucun. entrent par ce moyen en vn 
ennuy ii derplaifince d'eux-mcfmes, quand 
la vilenie du pèche eftant defcouuerte par 
la Loy, ils vicnêt a veoir comment Ils n'ont 
fait autre chofe que courir en pofte a la 
mort. Au reftc.il répète derechef le mot d'cc 
c^/Tso, afin que nous fcachions que la Loy de 
elle mefme n'eft pas caufe de mort , mait 
que cela vient d'ailleurs, ic eft comme vne 
chofe furucnuc , Je qui n'eft pas naturelle a 
la Loy. 

II I2 Isy d:nc rfl f,ti«cl r, ^ te Ccmmdilm 
drment ffl fainîl.C ••ifîr,C'' *"•■ AucunS pen 
fent de ces mots, Lf y & Commandemens, 
que c'eft vne repetitio.aufquels ie m'accor- 
de tellement , que toutelTois ie veux dire q 
CCS deux termes mis enfcble emportrt quel- 
que exprtffion plus grande : c'eft adiré , La 
Loy en foy, & tout ce qui cft commandé par 
la Loy , tout cela eft fainô , & par confequêt 
digne d'cflre receu auec honneur; lufte, 
& pourtant tel qu'il ne le faut blafmcr d'au- 
cune iniufti ce: bon,& pourtant pur & exift 



Chap.VIT. 



SVR L'EPISTRE 



de tout vice . Aînfi il dcfend & maintient la prerume d'imporei" a Uelle.chofe qui ne (•<• 
loy contre tout blafme.afin que perfonne ne corde auec bontc,iullire,& fainftete. 

15 Donc ce eju't efihonym^efl-tl tourné a morti Ainjlriadti'te' 
9ie : maille pèche , af» ejuil apfarujl pèche , m''a engendré la 
Tnortpar le l>/en,a ce que le pèche fufifait excefjïuement péchât 
■par le Commandement. , 



lî Dourrf 7«'V/? i»n.Iuf<5uesyfiila tel 
lement défendu la toy de toutes caloiniiies, 
que touteffois cela demeuroit encore en 
doute.afcauoir-mon fi elle eft caufc de mort. 
Etmefme l'entendement humain fe trouue 



tentïon de diCpuce, ayant efgard non pas 3 Ij 
nature de la Loy.mais a la faufl'e opiniô que 
en auoyent les aduerTaircs ;v/^i> /e pechr.ifc. 
Sauf la grâce des autres, ie péfe qu'il faut U 
cepalfagecômeiel'ay yci mis;&ainfi que 



là perplei", cornent il fe peut faire que d'vn le fens en eft tel: Le peclie.iufqu'a ce qu'il 



bienexcellct ,& (ingulier bénéfice de Dicii 
nous n'en rapportionsqueperditio.il refpôd 
donc maintenant a cefte obieftion.en niantq 
de laLoy procède la mort.comblen qu'a l'oc 
cadon de la Loy.peclie no' apporte la mort. 
Or ia foit qu'il femble en apparence que ce- 
fte rcfponfe foit contraire a ce qu'il a dit 
au parauant > afcauoir <^u'il a trouué 3r. ap- 
perceu que le Cômand*nient,qui eftoitdon. 
ré pour amener a vie , luy tournoit a mort. 
i\ nY a point touteffois de coiltradiaion. 
Car au parauant il entendoit que cela fe 
fait par noftte malice , que nous abufons de 
la Loy.Ia touriiansanofire condânation.au 
contraire de ce que porte la nature d'icelle: 
mais yci il nie qu'elle foit matière de mort, 
pour dire que la mott luy doyueeftre impu 
tee & attribuée. En la 2 aux Cor 5 b.7jl par 
Je de la Loy en termes plus auâtageux.l'appe 
lâtadminiftratiôde mort: mais il le fait cô- 
me on a accoutumé de faire en débat & con 



viene a eftre defcouuert par la Loy.eft aueiS 
nemenliuilifîé : n»is quand a l'occafion de 
la Loy il eft reueIé>aIor« il prend vrayement 
le nom de Pèche : te pource que renuerfane 
la bonté de la Loy, il la côuertit a noftre nii 
ne.d'autât plus apparoift-il lors merchantSs 
peccatoire , fi ainfi faut parler , c'eft a dire 
plein du venin de peche.Car il faut biê dire 
que ce foit vne thofe meruciUeufement per« 
nicleufe , veu qu'elle fait que ce qui autre* 
ment de fa nature eft proufit.iblc & falutai» 
re.nou; tourne a dômage 8f nuifance- teic» 
eft, qu'il a falti que la grâdeur outrageufe de 
pèche fulidefeomierte par la Loy- pource ^ 
fi le pèche ne forroit en euid.nce d'vne roi- 
deur excefliue &eftrangf,ou énorme, comme 
on dit , i! ne feroit point recognu a bô efci» 
ent pechc. Or cefte roidcur exceffiue fe def^ 
borde de tant plus grande impetuofite« 
quand il nous coDuertii la vie en mort • E| 
pourtant toute excufe eft lort oftec- 

hirittielle: mapsiefteit 



14 C/trno!^ fc/tHoshienque la Loj e^ 
charnel ,^endti fous pèche. 

15 Car ie nappouue point ce que refaj : ^e:t queie nefaj 
point ce que ie ^ueil:maii iefay ce que ie haj. 

16 Or f iefaj ce que ie ne ^ueilpointy/e confens ala Loj que 
elle efl honne. 

17 Maintenant donc ce n'efiplin moy quifaj cela , maii ceji 
le pèche habitant en moj. - 



14 Car nfM fciitont. Il commence main- 
tenant a fjire comparaifon de plu presen- 
tre la Loy & la nature de l'homme, afin que 
on entende plus clairement d'oii procède le 
vice de mort. Puis après, il propofe l'exem- 
ple de l'homme régénéré , auquel les reli- 
ques de la chair difcordent tellement de la 
toy du Seigneur, que l'efprit luy obtempe- 
re'volontiers. Mais pourlecomnieneement 
(comme i'ay dit) il propolc la comparaifon 
{impie entre la nature de l'hômc & la Lt.y. 
Comme ainfi foit qu'il n'cft pas poffibte 
de veoir en ce monde vn plus grand dilcord 
que ccluy qui eft entre l'efprit & la ch.iir: 
la Lny eft fpirituelle.l 'homme eft charnel. 
Quelle conuenance donc y a il de la n.itu- 
re de l'homme auec la Loy > Certes autant 
qu'il y a entre la lumière & les tcnebrc». 
Aurefte , quand il appelle la Lov fpirituel- 
U par «la il ne fignific pas feulement ^ae 



elle requiert des affeAioni intérieures prtj- 
tediutcs du coeur, ainfi qu'aucuns l'expo» 
fent:mais félon que porte la nature des cho« 
fes oppofires.cemot S/.rVrufi'f ha yci vne fi- 
gnificatiô du toutcôtraJrea ce mor Ch.uHtl, 
Ces premiers defqueU l'jy parlé, t'cxpofent 
ainfi. La Loy eft fpirituelle.c'efta dire ne lie 
pas feulemêt les pieds & les mains quât aux 
i»uures externes, mais elle eft ordonnée fur 
les affeftiôs J>i coeur, Srreqcrt vne vrayecraî 
te de Dieuq foit (as fcintife.Mai^il y a yci» 
ne antilhefe q eft touchée cxpffémjt entre 
la chair & l'efprit. Or il .ipparoiftra fuffifâ. 
met p la fuite du texte,& au(Ti Je fia aupar» 
uât il a ifte auciincmêt monftré que fous ce 
mot def'Mr'reft côpris tout ce q les homes 
apporter du ventre de la mère, les hommei 
tels (qu'ils nailTcnt.Sf t.ît qu'ils retienêt leur 
naturel, fontappelcz Chair , pource q côme 
lit font ricieux & coriôpus.aiiiri rie ne prn. 
uit 



AVX ROMAINS. 



46 



teét A'enx nMe groffier& terreftre. Auton- 
tnirc.la rcftauration de la nature corrôpue, 
afcauolr quâd Dieu nous reforme a Ton im« 
f e.eft nômee F.fprit.lt la raifon de cefte fa- 
cô de parler, eft.pource que la nouueaute en 
laquelle nous fomtncs remis, eft vn don de 
rEfprit.Ainfi donc, l'intégrité & la droiture 
deladoârine delà Loy eft yci r>|i[iofeca la 
nature de l'home vicicufeSf corrôpue. Par- 
Buoy le fens eft tel, La Loy requiert vne iu- 
ftice qui foit côme celefte $c Angélique , en 
laqlle on ne voye aucunetache.&enl.i pure 
te de laquelle il n'y ait q redire . Mais moy 
eftât home charnel, le ne puis autre chofe fii 
re que luy refifter.Ji aller a l'cncôtre. Au re 
ftere»pofitiôd*Origene, laquelle coutelToii 
deuîenoftre tcpsa efteagrcable a plufieurs, 
eft Idijie d'eftre réfutée. il dit q S.Paul a n6 
mé la Loy.lpiritucUe.pource que l'Eferitu- 
re nedoirpaseftre prinfe ou entendue fcloii 
la letre.Et comment cela viendroit.il a pro- 
pos de ce qui eft yci traitté?A'i->i'/u /";im />»'/«■, 
P.ircennot il déclare que c'cftde la chair 
en Coy.Sc quelle excellence elle peurauoir. 
Cari homme de fa nature n'eft point moins 
ferf de pèche, que les efclaues qu'on acheté, 
te defquelson faitmarchâdife, defquels auf 
fi ceuy qui lesont.abufent a lenrplailîr , ne 

Ïil'jne moins que de boeufs ou J'afncsNous 
ommes tellement du tout gouuernez !c con 
duits par la domination de pèche , que tout 
rcftre entendement, tr>ut noftre corur.if tou- 
tes nos opérations f"enclinent & addonnent 

■ peclie *l*cicepte toufiours contrainte: car 
Oous péchons volontairement : d'autant que 
ce ne feroit point ptche , f'il n'eftoit volon- 
taire • Mail nous fommet tellement atra- 
thez a pèche, que nous ne pounoni rien fai- 
re volontairement que pécher: pource que 
malice qui domine en nous, nous tranfporte 
là . Parquny cefte Hmllitude ne fignifie pas 
•ne fuietiô .i Ijquclle nous l'oyons aftreints 
par contrainte , comme on dit , mais vre o- 
bejflance volontaire, a laqiie'le la feruicude 
qui nous eft naturelle, nous afl'uietic. 

I> Car !r n'jpfrmur j'iin: er jur tt fty. 

Maintenât ildefced a vnexêple p'usparticu 
Ijer,arcauoirde l'home q eft Jefia rcgeneré: 
auquel appert pluï clalremei l'vn & l'antre 
poinâ qu'il prétend : afcauoir combien il y 

■ grand dii'cord entre la Loy de Dieu Si la 
nature de l'homme : & comment la Loy de 
foy n'engendre point la mort . Car comme 
ainfi Toit que l'homme charnel de toute l'in 
clinationi aiTcdion de fon cœur fe iette a 
fuyure ledcfir do pcclic. Il femble qu'il pe- 
the tellement par vne eleftion libre, qu'il fe 
roitbienen fa puiftance de fe retenir & Peo 
garder. Comme aulTi cefte opinion tres-dan- 
gcreufc & mil-heureufe a eu la v 'gue , &a 
efte receuequaG de tous , Que l'homme par 
fa faculté naturelle , fa is l'.u.le de h grâce 
de Dieu.peut élire Scchoifir lequel des deux 
il voudra, e eft afcann r,au le biê ou le m.il. 
Mais quand la volonté de l'homme fidèle 
tft pjr l'Efprit de Dieu conduite a bien fai- 
re , là fe monftre ouuertcment la peructfite 
delà nature de l'hnmne. laquelle refifte nt> 
Dineeinent Se fait fes elf'>rt<tnut au contrai» 
(«. Et pourtani,l*elcinplc «ft fort propre ca 



l'homme rcgeneré , pour cognoîftre com- 
bien eft grand le dilcurd de noftre naiura 
auee la iuftice de la Loy . De ce mcfinc e* 
xemple auffi on prendra plus propremenc 
la demonftraoce & déclaration de l'autre 
membre que nous auons dit, que non pa« 
fi on confideroit fimplement lanatu:c hu- 
maine en foy fans la grâce de régénération. 
Car pource que la Loy en l'homme du tout 
charnel n'engendre que more, il eft plu< ai* 
fé là de prendre occafion de la bl.ifmer: 
pource qu'on ne voit pas clairement d'ci 
procède la faute. Mai^ en l'homme régéné- 
ré elle produit bons fruits & falutaires:Jont 
appert qu'il ne tient qu'a la chair , que la 
Loy neviuific : tant f'en faut que de foy- 
mefme elle engendre la mort . Ainfi donc, 
afin que nous ayons meilleure &plut iC- 
feuree intelligence de toute cefte matière, 
ilfaut noter que cetôbat duquel l'.\poftre 
parle, n'eftiamais en l'homme, iufques a 
ce qu'il foit fanftifié |ar l'Efprit de 
Dieu: veu que l'homme dcl.iiflè en fa natu- 
re fuit entièrement fcs concupifcences fans 
y refiftcr en forte que ce foit . Car combien 
que les infidèles ayent des picqutures & ai» 
guillons qui les poignent en leur confcien. 
ce, & ne fe peuuent tellement fl.ittcr en 
leurs vices , qu'ils ne fentent quel<|Ue gouft 
d'amertume • fi eft-ce toiitcffois qu'on ne 
pourroitpas recueillir de cela, qu'ils havf- 
fent le mal, ou qu'ils aiment le bien . Seule- 
ment le Seigneur permet qu'ils foyent ainfi ^^ _ 
tormentei, afin df leur moiiftrcren quelque 'i'y'%."'* 
forte fon lugeirëitmai'i non pas pour les tou ""«'".'''* 
cherau dedans, on d'vne amour de iuftice, t""'^-r' 
ou d'vne haine de pcthe. Il y a donc cela de *'"" ' *■ 
différence cntr'eux & les fidcles:c'eft que 
les premiers , afcauoir les infidèles , ne 
font iam.iis tellement aueugle? ou endur- 
cis en leurs cirurs , qu'ils ne condamnent 
leurs forfait! pir le propre ingement de 
leur confcicnce.eftans fommez d'en rcfpon- 
Are, Cir loute intelligence n'eft pas entierc- 
mêt efteinte en eux, que toiifiours ils ne mcC 
tcnc quelque différence entre droiture & 
iniquité. Et quelques fois inefinesih vienct 
iufques là d'eftre effrayez & tormcnteZ) de 
deftrrfle pour le fentimcnt de leur mal tt 
forfait , tellement que di.na en cefte vie ilt 
foufticnent vne manière de damnation; malt 
neantmoins de tout leur coeur iU prcnent 
plaifir a peths'Sf pourtant ilsf'y addonnêc, 
fins qu'en leur aft'eSion il y ait vne vrayere 
fiftince . Car ces aiguillons de cnnfcience 
defquels lUfonr picquez, procèdent pluftoft 
d'vne contradiâion de leur iugement. qui 
condamne ce qu'ils font, que non pas d'vne 
affeftion contraire en leurvolontcAii côtraî 
re, les fidèles efquels la régénération de 
Dieu eft commencée , ont vue telle diuifioo 
chacunen foy, que du principjl dcfir de leur 
coeur ils foufpirtnt a Dieu , lU fouhait'cnt 
de paruenir a la iuftice celefte , Sr h.iyfltnc 
pèche.' mais d'autre part,ils ont les reliques 
de leur chair qui Its retienenten terre . Et 
poiirtant,eftans ainfi bandez en eux-mcfmet 
de diucrfes aft',.âions,iisront violencea leur 
nature, 4 Tentent bien auffi qu'elle leur en 
fait. Et ce qu'ilscondamnct leurs pechci, et 



Chap. VIT. 



S VR L'EPISTRE 



n'eft point fcutement d'autant que le ingé- 
nient de raifon les y contraint , mais pource 
€iuf;d'vne vraye affeâion de cœur ils les ont 
en abomination , & federplail'ent en iceux. 
Ceft là le combat des Chreftiens , duquel 
fainft Paul parle aux Galatiens, qui eft en- 
tre la cliair 8r l'efprit.Parquoy , nous auonj 
l>ien parle, endifant que l'homme charnel 
Paddonne a pcche du confentemcnt de tout 
fon cœur,,& comme fi tout ce qui eft en luy 
auoit fait vn complot de courir apres:& que 
la diuifion commence lors feulement, quand 
il vient a eftrc appelé du Seigneur, & Tanâi 
£é de l'Efprit. Car en ccfte vie la regcnerati 
on fecômence feulemct;Ie refidudcla chair 
qui demeure, Tuit toufiours fes afFcftions cor 
rôpucs, & ainfi fait la guerre contre l'efprit. 
Xesgensignorans fi mal exercez es Efcri- 
tures.quine confiderent pas fur quel propos 
l'Apoftre eft yci,& quelle jcedure il y tiét, 
penfent que ce foit vne defcription de la na- 
ture de l'hômc- Etdefaift. les Philorophc» 
«dcfcnuent ainfi le naturel de l'homme. Mais 
l'Efcriture philofophe bien plus auant,&d'v 
ne fjcô plu5 haute.d'autât qu'elle voit qu'il 
n'eftritn demeuré au coeur de l'hômeque 
peruerfite, depuis qu'Adam a perdu l'image 
«ie Dieu, & en a efte defpouilIé.LesSoph^ftes 
auffi voulans donner la définition du franc 
arbitre , ou déterminer la faculté & le pou- 
tioir detanaturede l'homme , infiftent fort 
fur ce palTage , comme fil faifoit pour eux. 
M.iis.cômei'ay défia dit, fainft Paul ne pro- 
pofe pasyci la nature de l'home nue & fim- 
ple, ains dcfcrit fous fa perfonne , quelle & 
combien grande eft l'infirmité des fidèles. S. 
Augufti a pour vn têps en ceci fuyuil'erreur 
commun que i'ay dit:mais après auoir con- 
fiderc lepaffage de pluspres,non Teulemét il 
a retraité ce qu'il auoit mal eufeigné, mais 
autïi au premier liure intitulé a Boniface, a 
debatu par pluficurs raifons vrgentes , que 
le partage ne peut eftre autrement expolé 
que de ceux qui font régénérez . Et de mon 
cofté , ie metttay peine de faire que les le- 
6eurs cognoiftent a l'oril qu'ainfi eft. le nt 
afpr'.uue ^nint ce que ief4y. Il fignifie que les 
oeuures qu'il commet par infirmité de la 
chair , il ne les recognoift point pour fienes, 
d'autant qu'il les ha en detcftation . Donc 
nous recueillons , que la doftrine delà Loy 
eft n bien accordante auec le droit iuge- 
jnent , que les fidèles reiettent la tranfgref- 
fiond'icelle comme vne chofc brutale . Or 
pource qu'il femble que l'ainft Paul confcf- 
îe qu'il viue autrement que la Loy ne com- 
mande, beaucoup d'expofiteurs fe font abu- 
sez , en penlant qu'il parlaft en la perfonne 
d'autruy^&de I.î eft venu ceft erreur cômun, 
qu'en tout ce chapitre c'cftoit la defcriptiô 
nu naturel de I homme non régénéré . Mais 
faindP.iul in ce paffage par la tranfgreffion 
delà Loy, entend toutes Icschcutes &fautes 
des fidèles , lefquelles n'cftaccnt point de 
leurs coeurs, ne la crainte de Dieu.ne l'affe- 
âinn de bicn-faire.ll dit donc, qu'il ne fait 

ras ce que la Loy requiert , pource qu'il ne 
'accomplit pas de tous points, mais en Pef- 
lorcani de pjiucDita ccftcf etfcâiô« il ahi- 



ne, & p.ir manière de dire, demeure en che- 
min. ff<£ que le ne fay point. Ne penfon» 
pas que ceci ait toufiours efte en luy,en for- 
te que iamais il n'ait peu rien faire de bien: 
mais feulement il fe plaind qu'il ne peut ve 
nira bout de faire ce qu'il voudroit bien, 
c'eft afcauoir de f'addonnera bicn.d'vne tel 
le alaigrete qu'il faut, pource qu'il eftcom- 
me tenu lié: & au contraire, qu'il défaut où 
il voudroit ne faillir point.pource qu'il clo 
che par imbécillité de la chair . Le ccrur fi- 
dèle dôc ne fait pas le bié qu'il veut,pource 
qu'il ne pouffe pas d'vn effort fi courageux ^ 
il feroit befoin : & fait le mal qu'il ne Teu» 
pas, pource qu'il defire de demeurer debout 
&ferme,S:ioutcffois il t6be,ou pour lemoîs 
chancelle. Au refte.quât a ces mots, /("r»"'/, 
8; le nctuei/ptintii\ les faut rapporter a Vf 
fprit , qui doit emporter le dellus es fidèles. 
Vray eft que la chair auffi ha favolôte;mai» 
fainft Paul appelle yci fa propre volonte.ee 
a qvioy tendoit la principale affeftion de fon 
toeur:& ce qui repugnoit a cela , il l'appel- 
le contraire a fa volonté. Or de ceci on peut 
bien mefme recueillir ce que nous auôs dir, 
afcauoir que fainft Paul parle yci des fidè- 
les , efquels la grâce de rEfprit ha quelque 
vigueur , en forte qu'elle monftre quafi a 
l'œil, l'accord que l'entendement biè règle 
ha auec la iuftice de la loy: car haine de pe 
che ne fe trouue point en la chair. 

ifi Orfîief.iy.érc C\Ha dire, Quand mé 
cœur Parrefte a la Loy,& prend plaifir a \a 
iuftice d'icelle( ce qui eft certes quâd il ha 
en haine tranfgreffion)en cela il fent,confef 
fe.Sf recognoift que la Loy eftbonnc-en for 
te que quâd il n'y auroit que ce que l'exfie 
ricce nous mc>ftre,nous fonimes fuffifammêt 
conuaincus qu'il ne faut imputer aucun mal 
a la Loy: & mefme au contraire, qu'elle fe- 
roit falutaire auxhômes.fi elle récôtroit des 
cœurs droits 8: purs.i^lr il ne faut pas yci en 
tendre vn confenteme.it, tel côme celuy que 
on voit es iniques , ainfi que mefme des au- 
theurs P.-.yês les ont defcrits,parlâ5 ainfi, le 
voy bien chofes meillcures.St les approuue: 
mais i'enfuy les pires . &■ derechef , le fuy- 
Uray les chofes nuifibles.&fuiray celles que 
ie cognoiftray cftre proufitabics . Car quand 
telles gcs parler ainfi, approuuâs par leur cô 
fentement la iuftice de Dieu, de laquelle au 
trcinent leur volonté eft du tout dcftournec, 
ce n'eft que par contrainte ; m.iis le fidèle y 
confcnt bien autrement , afcauoir d'vn vray 
dcfir de fon cœur & alaigrcrcar il n'y a rien 
qu'il aimaft mieux qnc de voler au ciel. 

17 M,iinien.iui Jcn:. Ce n'eft point ycî 
le propos d'vn homme qui f'excufe, comme 
n'jyant commis aucune faute:ainfi qu'il y a 
pluficurs de ces refucurs qui penfcnt auoir 
iroïKié vne bonne defenfe pour couurir 
leurs forfaits, en reiettant la faute fur la 
chair .M.iis c'eft vne proteftation que fait 
l'Apoftre , par laquelle il déclare combien 
en (on afftàion fpirituelle il eft difcordant 
de fa chair. Car les fidèles font poufl'ez d'v- 
ne fi grade ardeur a l'obeiflance de Dieu, ^ 
ils en renôcêt leur chair. Au rcfte.cc p.iftage 
ntôlUe ii cuidc'aient.^u'il eft impolfible d'y 



AVX ROMAINS. 



47 



eStteJire , q S. Paul ne parle que des fidèles 
^ font dcTia régénérez. Car tant i)iic t'Iiôme 
demeure en l'on naturel, Je frmblable a foy- 
roefim:, comme on dicunt grand & cTccllét 
qu'on le face, a bon droift il eft (lie qu'il tft 
entiercnunt & en tout & p.irtout vicieu<& 
corrompu. Or louteftois S.Paul parlant 
jrciaunomde cliacun fidcle.nie qucpcclie 



faifilTe toute Ci petContte.teititfinet'H fcxê, 
pte de la feruitude d'iceluy : comme T'il di. 
•oit , Qmc pèche ne refide feulement qu'en 
quelque partie de foname:vcu que d'vne 
vrayc S:viueaffeaiondefoncTrur,Jl tafchs 
âffclforce de paruenira la iuftice de Dieu: 
8f monftre parclTct qu'il porte la Loy de 
Dieu U dedans cngrauce. 



18 Citr ie fca^ ejWen moj {ce (la dire en ma chair) n'habita 
point de bien. Car le 'Vouloir efl bien en moj , mais ie ne trouue 
f oint le mojen de parfaire le bten. 

19 Carienefajpointlebtequeie^tteilyainsiefaj le mat 
que ie ne ^ue/l point. 

X o Q^efi iefaj ce c^ue ie ne ^Heilpoint^ce nefiplftsmoj <^ui 
lefajymaiilepeche qm habite en moj. 

empefclie de courir viftement , ma:$ leur 
met aulfi beaucoup dcdcftourbiers pour le» 
faire heurter & achnpptr. ils ne font donc 
pas le bien.pource qu'Us ne l'arconipliflent 
pas d'vne telle alaigrete qu'il feroit a defire , 
Ainfi ce l'-.Hlolf duquel il fait mention, c'eft 
la promptitude Je la foy, quand le S Efprit 
duit & drtfle le< fijeles , a ce qu'ils foyent 
djfpofez a fuyure , & défirent de prcfenter 
leurs membres pour rendre obeilTance a 
Dieu. Mais pourcequ'ils n'ont pas la puif- 
fance fuffifante & corrcfpondante, S. Paul 
dit qu'il ne trouue point en foy ce cjui fe- 
roit .1 defirer.afcauoir l'effet & entier accô» 
pliffcment du bon dcTir. Au mcfinc poinft 
tend la confelTion qui ("enfuit incontinenc 
après, S^ilntftit point le bien qu'il de- 
fire , mais pliiHoft le mal qu'il ne veut 
poît:.\fcaHoir pource que les hdeleî ,quclq 
Donne affcftion de cœur qu'ils ayent, f<. tât 
bien accouragrz qu'ils piulTcnt eftre , tou- 
tclTois fentans en eus mefmes leur propra 
infirmite.n'cftimet point qu'aucune truure 
procède d'eux ,du tout pure & fans vice. 
Car comme ainfi fuit que S.Paul ne trame 
pai yci de quelque petit nombre de faute* 
que les fiJeles commettent , mais touche 
en gênerai tout le cours de leur vie- de ccU 
nous recueillons que le$ meilleures & j lut 
parfaites de leurs œuures font toufiours 
fouillées dc_quclf(iie tache de vice;tclle- 
ment qu'il n'en f.uit attendre aucun loyer, 
finon entant que le Seigneur les fupporteSe 
leur pardonne. Pinalement , il répète ce- 
fte fentence,Q^i'eu(ant ouM cflgouuernc de 
la lumière cdcftcil eft bon tefmoin &vra7 
approbateur de la iuftice de la loy. Dont 
Pcnfiiit.que finout eftions demeurez en U 
pure intégrité denature.la Loy ne nous le. 
ruit point niortelle:& de faiâ, qu'en foy- 
mefines elle n'eftpoint côtraire arhomme, 
qui .ly.int l'entendement droit & l".iin , ha 
en iinrreur lepcchc.mais cefte droiture Se 
fantc procède du médecin celcfte. 



l3 Itfftiy cerijittement. Il dit qu'en lujr 
n'habite rien dcbienquâta fanaiUrc.Ccfle 
façon de parler donc vaut .lutant comme fil 
euft dit.EnmJjf, Entant que de moy. Car en 
la première partie du propos il f'accufede 
peruerfitc en toute faperfonne entiercmct, 
veu qu'il confcflc qu'en luyn'liabite rien de 
bien. Puis après il adioufte vne correâion, 
afin de ne faire tort a la grâce de Dieu . la- 
quellcauni liabiioii enluy, maisn'cftolt 
pas vne partie de la chair. Etyci derethef 
il donne bien a entendre jneureemcnt , que 
fon propos n'cft pas de tout homme indiffé- 
remment , mais leiilement du fidèle , qui 
c(t diuifé & bandé en roymefme a caufc de 
la grâce de l'Ei'prit qu'il a rcceue , & du te- 
fidu de la chair.qui demeure encore enluy. 
Car a quel propos mettroitil cefte corre- 
âion , finon qu'il eufi en foy quelque par 
tie exempte de vice , & pourtant non char- 
nelle^Par le mot de C/Mir,il comprend touf 
jours toutes les vertus & excellences de là 
nature de l'homme , Si généralement roue 
ce qui peut cftre en l'homme, eicepic la fan- 
âificationde l'F.fprit. Comme auffi par ce 
mot J'Ef/irlt , qu'il a accouftumé d'oppofer 
a la cliair,il fignifie ccfte partie de l'jme.la 
quelle l'Efprit de Dieu ayant repurgee de 
malice, a tellement reformée & côme créée 
de nouueau, qu'en iccllc l'image de Dieu rc 
luit. Ainfi donc , rous ces deux mots, afca- 
uoirde la Ch.»ir 8: de l'Efprit, f'addreffent a 
rjmc,&luy coiiipi-tent:mais l'vn pour 1ère 
nard de la partie d''celle qui eft régénérée", 
l'autre pour le regard de l'affeftion naturel- 
le, c'eft «dire de la corruption qui y eft en- 
cote demeurée. C^r It ymtcir. Sec. il n'en- 
tend pas qu'il n'y ait rien en luy qu'vn defir 
fans effot.mais que l'efficace de Ion œuute 
n'eft point correlpondante a la volôte, d'au- 
tant que la chair le retarde de faire enper- 
feâion ce qu'il fait, il faut auffi prendre 
cnlamefme forte cequifenfuit, SÎ^'i/fult 
Il T»nl<fn'ilHe Ti-«f f:i.i,:pource que les fidè- 
les ont leur cluir, qui non feulement les 



XI le trouue donc ceflc /y en moj^tfuad ie 'kueil faire le hie^ 



chap. vin. 



SVR L'EPISTRE 



àlaioy il CariefrenplaiJtralaLoydeDieHefuantathommt 

de dedans: 

tj Maiiie ^«yi '^ne autre loy en mes membres , hat aillant 

contre la Lojde mon entendement , ^ me rendant captif a l<t 
bien, le loj depeche-,ijHi eflen mes membres 



qu'en 

voulât 

faire 



mal 



moy 



s. Paul met yci quatre loix. Première- 
ment la Loy de Dieu , a laquelle feule pro- 
crift en pfcnent appartient le nom de Loy , pource 
qu'elle cft la règle de iuftice , par laquelle 
noftrevie eft droitement formée. A icelle 
il conioint la loy de l'entendement : nom- 
mant ainfi l'inclinatiô de l'ame fidèle a l'a 
beiflâce de la Loy de Dieu.pource que c'eft 
CQmmcvne conformité ou accord de nouî a 
* la Loy de Dieu De l'autre part & a l'oppolî 
tc.il met la loy d'iniuftice :nommapt air;lî 
par vne manière d'allufion, l'empire & la 
domination qu'iniquité ha tant en l'Iiom- 
jne qui n'cft pas encore régénéré , qu'en U 
chair de l'homme regeneré.Car auffi les or 
donnances des Tyrans , quoy qu'elles foyet 
tres-iniques, nelailient pas touteffoisd'e- 
ftre nommées loix par vne façon de parler 
impropre S: abufiue. A celle loy de peche,il 
met pour corrcfpQndâte,& accordâte la loy 
des mébres, c'eft a dire la côcupifcence qui 
ha fonfiege es mëbresrik ce a caufe de lacô 
uenance & intelligence qu'elle ha auec ini- 
qultc- Quant au premier membre de tout 
ce propos, plufieurs expofiteurs prenans U 
le mot de Loy en fa propre lignification , y 
fuppUêt te mot V^r : & ainli a mis Erafme 
en fa tranflatiô,/^ tisuKe fionc />-/*• /-t/ojrcôme 
fi S.Paul euft dit , qu'ayant la conduite & 
addrtifede la Loy deDieu.ilappercoit que 
vice & mal l'accoinp-ignenc naturellement. 
Mais encore que nous ne fiippleons rien, le 
propos ne laidèra pas d'cftre clair & bien 
coulant; afcauoir que les lidelcs , quand 
ils Pelforcent de bien faire , trouuent en 
«uitvneiene fcay quelle loy tyrannique, 
pource qu'il y a vne corruption enracinée 
en leurs moelles & os, contraire & batail. 
lanM; contre la LnydeDieu. 

2Î tir te preil j/aijîr d U A-y r/f D/fU.VoUS 
voyons donc yci quelle diuifion il y a es 
cœurs des fidèles, de laquelle procède ce 
combat entre l'el'prit & la chair, Uqnel 
fainô Aiigciftin en qur Iqut endroit nomme 
fort proprement La luifte Chreftienne. La 
loy de Duu appelle l'homme a la droiture 
«leiuftice:iniquite , qui eft comme vne loy 
tyrannlque d.;Satan,rincitea mefchancetc. 
Vefprit le mené & drefle a l'obeitlance de 
iufticc:la ch^ir le retire tout au contraire. 
Or l'homme eftant ainfi tiré cà & là pardi- 
uerfe» volontci, eft alors comme double; 



'ou, du 
corps 
de ce- 
ftc 
mort/ 



me principalement de te coAc-la. Pour ee< 

ftc caufe fainâPaul dit que fa chair le tient 
captif ■ pource que te qu'il eft encore cha- 
touillé & démené de mauuaifei concapi- 
fccnceSjCela eft vne contrainte au reg.ird 
du dtfir fpirituel ,qui refifte totalement 
au mal. Au refte.il faut diligemment noter 
la fignificatiô en laquelle il prend ces mot», 
i^H'jmme de àeiAûiyiiUi Membi-er. pource que 
plufieurs les prenans mal, ont cliop[ é en ce 
pafTage. Ainfi donc, i'Hcmmede derlatij ne li- 
gnifie par fimplement l'ame, mais la partie 
ipjritiicle d'icelle qui eft régénérée deDieu. 
Le mot de M<"ïr<j fignifie l'autre partie qui 
rcfte.Car comme en l'home l'ame eft la par» 
tie plus excellente. S: le corps eft'la partie 
inférieure ou moins excellente: ainfi Te» 
fprit eft par deflusla chair. Suyuant ceftcral 
fon donc , pource que l'tfprit tient le lieu 
de l'ame en l'homme : & au contraire la 
chair , c'eft a dire la partie de l'ame qui eft 
encore entachée de vice Si corruption, tient 
le lieu du corps : pour cefte caufe l'cfprit 
eft nommé L'homme intérieur : & la chair 
eft nommée Les membres. Vray cft qu'en la 
2. aux Corinth.chap,4.d.i5 , il eft parlé dt 
l'homme extérieur en vn autre fens: mais la 
circonftâce du prefcnt partage requiert ne- 
fcftairement l'interprétation que i'ay a* 
menée . Or il eft nommé interieur.par hon. 
neur , & a caufe de fon excellence, pour- 
ce qu'il pcffede le coeur & les affcôions fe- 
crites , en lieu qu'au contraire les appeti» 
de la chair font vaguans de cà St de là.îr par 
manière de dire.font hors de l'homme . Oa 
bien, c'eft autant comme qui feroit compa- 
r.iifon du ciel a la terre . Car par vne façon 
de mefpris& defdain Î.PauI a clioifi le mot 
de Membres, pour fignificr tout ce qui appa 
roift en l'hômeiafin de mieux monftrer que 
le renouuellcment fecrct & intérieur que 
Dieu fait ésfiens par fon 1 fprit, eft caché & 
incognu a nos fcns , finon entant que par 
foy nous le receuons Ji; comprenons. Cepcn 
dant comme ainfi fojt que fans doute, /.f /»> 
de l'entrn'iiment fii:nifit l'alfcftion du coeur 
biendre(ree& rcglce; il appert que c'eft ti- 
rer ce paflagc hors de propos , de l'appli. 
qucr aux hommes qui ne font point encore 
régénérez. Car fainft Paul, aux Ephcfiens <f. 
d.17 18, nous enfcigne que telles ges font def 
pourueiis d'entendement & intelligence, 
pource que leur amc cft fouruoyecdu traia 
de railon. 



mai» pource que l'elprit doit dominer & 
emporter le dcflus , il f'eftimc (k renom- 

14 Las moj homme miprable î qi^i me déliter cr a ' de ce 
corps de mort^ 

X5 le rend grâces a Dienpar lejits Chrtji noflre Seigneur. 

Moj-mepné 



A V X R O M A I N s. 4« 

Moj'mefme donc fers de r entendement a la Lojde Dieu : maii 
deia chttir a la loj dépêche. 

trouuent rien en leurniture que mifere.Ec 
jfin qu'ils ne r'anonchalliffcnt & endor- 
ment en leur mal, S.Paul Icj incite par foa 
exemple a gemiflcmens pour le regret qu'ils 
doyucnt auoirde ne pouuoir plut alaigre. 
ment obéir a Dieu: & veut que tant que du. 
rera leur pèlerinage en ce monde , ilsappe- 
tent la mort , comme le remède vnique de 
leur mal . Et cela eft vne dioite fin,pourla> 
quelle on peut deCirer la mort • Car bien 
fouuent vn dcfefpoir poufTera les homme* 
prof.ines a faire vn femblable fouhait que 
l'ainô Paul fait yci:mais telles gens n'appe- 
tent pas la mort côme il faut. Car c'eft plu* 
tort par vn cliagrin & dcfpit de la tieprefea 
te, que d'vne vraye douleur de leur ini<|uit«. 
lointqueles fidclcs, combien qu'en faifant 
vntel fouliait Js vifent droit au vray but, 
ne font point (outcffois pouffez d'vne impe> 
tiiofite dcl'reglce a defirér la mort , mais fe 
foumcttent au bon plaifir de Dieu .auquel 
il nous ccniiient viure & mourir . Et pour- 
tant ils ne fremiflent pas li'vn dcfpit contre 
Dieu, mais luy faifant leurs rcqucftes en 
toute humilité , dcfchargcnt leurs deftref- 
fes comme en fon fein. & f 'en remettent * 
luy : pour ce qu'ils ne f 'arreflent pas telle- 
ment en la côfideration de leur mifcre , que 
ilsne penfent a la grâce qu'ils ont defia rc» 
ecuc ,de laquelle la fouuenance fait que 
leur douleur eft entremcflee d'vne vraye 
loye fpiritucUe : comme aulli en ce paflage 
il f 'enfuit. 

i> IrreiiJitÂctr. H a donc adiouRc cc- 
fte a&ion de grâces incontinent après , afin 
qu'on nepenlaft qu'en fa complainte il fe re 
becque contre Dieu auec contumace & ob- 
ftination. Car nous fcauons, quand aonscon- 
ceuôs quelque douleur, encore qu elle foit 
iufte & fondée en bonne onfideraiion.com 
bien ncantmoins nous déclinons aifeement 
en quelque murmure & impatience- Com- 
bien donc que S.Paul depleurant fa condi- 
tion, demande la mort aiiccfoufpirs & ge- 
miffcnicns , toutelTois il confclTe quant 8c 
quant qu'il acquicfce ic prend fon conientc- 
mêt en l.i grâce de Dieu Et de faiâ, auf)i,il 
ne faut pas que les Saints, en examinât leurs 
défauts & pourctez , oublient cep ndant ce 
qu'ils ont defia rcceu de Dieu. Or ccfte feu- 
le confidcration leur fulFii pour reprimer 
toute impatience,* les entretenir en vne 
tranquilliiepaifible.afcauoirqnand ils vie- 
nent a penfcr que Di' u les arereusen fa 
ga-de, aSnque iamais ils ne pcriffent:* que 
dcfia il leur a donné les prémices de l'Êf- 
prii, qui leur rendent certain tefmoignage, 
& Icsalfeurent de l'héritage éternel. Et cô- 
bic qu'ils ne iouilfent pas encore de la gloi 
re des cicux a eux promife, touteifnii ù'au- 
taut qu'ils fe contentent delà mefure que 
ils ont obtenue, iamais matière de loye ne 
leur défaut. M«^7iir/mr AncyVr/ Ceft la coa 
clufion en peu de paroles, par laquelle il 
nonfiic <^u( les fiaUet ne paruienct laoïau 



J4 Lu msy htmmr m 'fmlilt'. ijh! me ileli. 
ttrerd ilr le cirpi de mtri! Il conclud toute ce- 
lte difpute par vne exclamation plene de ve 
llemence.par laquelle il monftre que non 
feuleinêt nous auos a batailler cotre noftre 
chair, mais auîTi qu'il no' faut par vn gemif 
femct continuel pleurer en nous-mefmes te 
«leuant Dieu noftre infelicite & mifere . Or 
il ne demande pas qui le deliurcra, comme 
doutant, ainfi que les incrédules, qui ne font 

Î'oint refolus en eux mefmes qu'il y a vn 
eul libérateur : mais c'cft la parole d'vn 
homme qui alunne & demeure quafi acca- 
blé fous le fardeau, poiirce qu'il ne voit 
point l'aide Iny venir fi grande qu'il feroit 
tefoin pour furmonter entièrement le mal 
qu'il fent Et pourtant il a vfé d'vn mot qui 
fignifie ofter ou deliurer.pour mieux expri- 
mer , qu'a eeftedcliurance eft requifc vne 
puiflance de Dieu qui n'cft point petite & 
d'vne façon commune . Il appelle cs'pi de 
miri, cefte maffc ou amas de pèche , duquel 
l'homme tout entièrement elt rempli: finon 
<ju'cn luy en demeuroyent feulement quel- 
e)ues reliques , es liens defquelles il eftoie 
détenu captif. Ces mots font tellement cou. 
cliei au Grec, qu'on peut traduire la fenten 
ce en deux fortes :afcauoir, Du corps de ce- 
fte mort , ou De ce corps de mort: laquelle 
dernière Icôure i'ay fuyuie après Erafme: 
CoutclTois l'autre aufli coniiient bien : Se le 
fens fen toufiours quafi femblable'. Car 
fainô Paul a voulu enfeigner que les en- 
fans de Dieu ont les yeux ouu.rs , en forte 
211'ils difcernert prudcmmêt d'auec la Loy 
e Dieu, la corruption de leur nature , & la 
mort qui procède de là. Au refte.cc mot de 
€3rfi ha yci niefme fignification que ces 
mots, L'Iiomme extérieur: &. les membres. 
Car fainft Paul par cela veut donner a en- 
tendre que Torigine ti la fource du mal 
clique l'homme a dclaille la loy & condi- 
tion de fa création , & par ce moyen eft dc- 
oenu de chair Se tcrrcftre Car combien que 
il furp.i(rc encore les beftes briKes, touicf. 
fois la Vraye excellence luy a efte oftee , Se 
ce qui luy cft demeuré de rcfte , eft rempli 
de corruptions & immondicitez fans nom- 
bre:iellrinent qu'a bon droiâ on peut dire 
que fon a me, entant qu'elle eft abSaftardie, 
» changé de condition. & cft deuenue corps. 
Vour cefte caufc auffi Dieu en Moyfcelit, 
Won Efprit ne debatra plus auec l'hom- 
me, pour autant qu'il cft aufli bien chair, 
Cen.^.i.Vauquel lieu il compare par igno- 
minie l'homme aux beftcs brutes, ledef- 
pouillant de l'excellence fpiiiruelle . Or 
♦oyci vn palfage de fainft Paul fort beau A 
notable , pour abbatre Se mittre fous les 
pieds toute la gloire de la chair. Car il mon- 
ftre que les plus parfaits , tant qu'ils habi- 
tent en leur cli.iir.font accompagne? de mi- 
fere, veu qu'ils font fuiets a la mort: S: qui 
plus eft, que quand ils entrent en eux-mef- 
mti fout l''Maminer » bon efcjent , »li ne 



Chap. VIIT. 



S VR L'EPI STRE 



fh.,ic„,au 
»4-î?' 148. 



au but &a la perfeftioa de iuftice, tant 
qu'ils habitent en leur chair:mais qu'ils fôt 
loufiours enlj courfe, iurques acequ'ils 
■vienent a eftredefpouillez de leur corps. 
Derechef il sppeUe i'Éiienrlcmtnt, non pas 
cefte partie de l'ame qui cft le ficge de rai- 
fon,& de laquelle les Philofoplies font (î 
grand cas ■ mais celle quieft illuminée de 
l'Efprit de Dieu , pour entendre &-VouIoir 
ce qui eft bon & droiâ. Car il n'eft pas yci 
parlé de l'intelligence feulement , mais la 



vraye & viue affeftion du cœur eft conîoîa» 
te quant & quâc.Au reftf par ceftc exceptiô 
il côfelTe qn'il cft tellemër addonné a Dieu, 
que cependant rempant yci enterre , il 'ne 
laifl'e pas d'eftre entaché de beaucoup d'or- 
dures. Voyci vn paflage fingulier pour rem 
barrer la maudite Se malhciircufe doftrine 
*des Cathares , laquelle certains efprits 
fantaftiques tafclient encore auiourd'huy 
de rcirufciter , & mettre derechef en 
au^nc. 



•ou 
me 
'ou 



CHAP. VIII. 
'i^^ Infi donc ilny a ma'tntenttnt nulle cond/tmnaùo 



ne 

it. 
Loj de l'EJfrit de 'sj'te , qui eft en lejits 
Chrift-^ma ajfrAnchi de la loj dépêche Ç£ de mort. 

3 Car ce aiii efto'ttimpôjfihle a la Loj, d'autant cfu'elle efloit 
fô'Me en la chair , Dienajant enmjê [on propre Ftls enfembla- 

' ce de chair de pèche / mefmes dépêche a condamné le pèche en 
la chair. 

4 Ajîn efue la inflifcation de la Loy faft accomplie en 



& 



poulie ^^^ ^ -^ ^^ cheminons point félon la chair , maps félon 
pèche - • 



fOU , la 
iuftice 



lEJ^rit. 



Apres auolr parlé du combat que leï forte qu'on voit qu'en eux règne vne amour 
fidèles ont continutllemêt cotre leur chair, de pieté, il dit que telles gens «e ry-r^i/imt 
il renient a la confolation qui leur eft fort firfe/m U chair : pource que par tout cùil 
neccflaire,dc laquelle il auoit fait mention jr a vne vraye crainte de Dieu S: fans feinti- 
auparauant .-afcauoir , Qne côbien que pe- fe.elle ofteala dnir la domination , coni. 
che les ticne écoreaffiegez.fi font-ilstouief- bien qu'elle n'abolilfe pas toutes les cor- 
fois défia horsde la puidace de la mort.Se de ruptionsd'icelle. 

liurezdctoutc malediftiôrpourueuqu'ilsne 2 CJr U Uy ie Pff.rlt de yte. C'eft U 

viuent plus félon Kichair, mais fclon l'e- probationde la fcntence precedente-& afin 



fprit.Car il conioint trois chofcs cnfemblc 
l'imperfeftion de laquelle les fidèles font 
toufiours accompagnez: La bonté &do«ceur 
de laquelle Dieu vfe a la ftippoiter & par- 
donner: La régénération de refprit.& nom- 
jnecment ce dernier çoindl.afin que pcrfon- 
nc ne fe flatte & fc tace a croire merueil- 
ïes, comme fil cftoir deliiiré delamale- 
diftion.Iafchant cependant tout a l'aife la 
bride a fa chair. Comme donc en vain l'ho- 
me charnel fc flactera.fi n'ayant aucun fou- 
ci d'amender favie.fous couleurde cefte 
grâce il fc fait a croire qu'il demeurera 
impuni : ainfi les confciences des fidèles fai 
fies de tremblement f< frayeur.ont yci vne 
fortercflc iniiîcible .entant qu'ils fcauenc 
ue cependant qu'ils demeurent en Chrift, 
Is font du tout hors de danger de condam 
nation. Il fera bon «lue noi.s venions main- 



l 



tenant a cfpliicher je» mots, tl appelle 
Clitmin.tm [<-t"> /'Effrlt, non pas gens qui 
ayent du tout dcfpouillé tous les fens & 
affcâions de la chair, en forte que toute 
l'.iir vie ne fente autre chofc «u'vnc perfe- 



que nous en ayons l'intelligence, il faut no 
ter la fignification des mots, il nomme im. 
proprement l-y de /'Efj:r:t,\'ECftic de Dieu, 
lequel arroufc nos aines du far'gdc Clirift, 
non feulement afin de les nettoyer de la ta- 
che de I cche , quant a la condamnation: 
mais aulTi afin de les lanftifier a Traye 
pureté 11 adioufte qu'elle cft v;i(i7i~.f.-f:(car 
le génitif £>(• T'V.felon l'vfage des HebrieuX 
fedoit ainfi refoudrccn epithete).Dôtf'en- 
fnit qne ceux qui tienent l'homme arreftc 
a la letrc de la Lny , ralluietiircnt a la 
mort. A l'oppofue il appelle V^^cprehi ir 
de >ntr(,Ia domination de la chair, & la tyraa 
me de la mort qui de làCenluit Comme 
an milieu de CCS deux loix cft mife la Loy 
de Dieu, laquelle en enleignant iuftice , ne 
la peut pas loutcft'ois conférer , mais pluf- 
tolt nous enferre déplus forts liens en la 
fernitude de pèche & de mort. Ainfi'donc 
lefcns eft. Que ce que la Loy de f>iiu coi» 
damne 1(5 hommes. cela fe fait d'aiitât qne 
tant qii'ilsdemcurctfousrobligjtionde la 
loy , ils font afleruis & opprimez de la fer- 



ftioncelcfte ; mais qui trauaillcnt longneu uitude de peche:& par ce moyen font coiil- 
fement adontcr & moiuficr la chair.en pabletderoort «ewelU : mai$ '"^^f"^' 



AVX ROMAINS. 



^9 



ChriK.qaind en corrigeât les cupidiccz def- 
ordôiiecs dcli chair , il abolie aulTi en nous 
la lojr Je ptclicil nousdeliUrc cjuic & qiiit 
de la condamnaiiô de inorc» Or fi ^iicl>iu'vn 
réplique fur cela, Qn'il l'enfuie donc que le 

Îardon par lequel not peche2 font enl'eue- 
1% , dépend de la régénération : la folution 
cft facile , Afcaiioir que fainft Paul ne tou- 
che pas yci 1.1 caufe de ce pardon .mais feu- 
lemcnc déclare le moyen Si la manière en 
laquelle nous (ommcs dcliurez de condam- 
nation . Or fainâ PdUlnicque nous obte- 
nions ce bien par la doArinc externe de la 
Loy : mais dit qu'en eftanc renounrllez par 
l'tiprit de Dieu , quant Si quant aulll nous 
Tommes iuftilîcz par le pardon gratuit, afin 
que la malcdiâion de pèche ne loit plus fur 
nus tertes . Celle fentcnce donc vaut autant 
comme fi S.Paul euft dit, que la grâce de re 
génération n'cft i.imais fcparce d'auec l'im- 
putation de indice . Q^ant a ce mot,/;> Jr 
ftclie ir (If ""'' ■ ie n'oleroye pas le prendre 
comme aucuns , pour la Loy de Dieu, pour 
ce que le terme me femblc vn peu par trop 
rude & cftrange a cela . Car combien qu'en 
augmentant le pèche, elle engedre la mort; 
toiitcffois nous auons veu cl dclTus que S. 
Paul a exprelTccment tourne d'vnc autre for 
tt fon propos , afin de ne trancher ce mot o- 
dieui. Combien que le ne fuis non plus de 
l'opinion de ceux qui entendent parla loy 
de pèche, la concirpifccnce de la chaircom 
me fis Paul difoit qu'il eft viôorieux par 
dilTusicclle Car tantoft après on verra alTcï 
apertementCc'imme iecroy) qu'il parle de 
l'abfolution gratuite, qui nous donne vne 
paix tranquille auec Dieu.l'ay mieuxaiiné 
retenir yci leinot de lry,t^ue traduire par le 
niot de Droit ou PutlTance, comme a fait E. 
r.'fmc: pource que ce n'eft pas las caufe que 
S.Paul a fait vneallufiona la Loy de Dieu. 
5 Ctir ir ijm: rflsit. Maintenant f 'enfuit 
vne déclaration en laquelle il polit ou enri- 
chit la probition qu'il auoit amenée- afca- 
uoir que le Seigneur par fj niifericorde gra 
luite nous a iuRifiez en Chnll: ce qui iftoit 
impoDible a la Luy . Mais pource que c'tH 
vnefentcnce trefdigne d'eftre obferuec,el'- 
pluchôs a part chacune p.irtie d'icelle. Qjie 
il foit yci craiti^de la luftification gratui- 
te, ou du pardm par lequel Dieu nous ré- 
concilie a foy.on le peut recueillir des der- 
niers mois, quand il adioufte, .^i t'<miiii:n/ 
/» ,n l'fp-it, i~ «.-« ;.... ÇtUn U ,l,jir . Car li 
S. Paul vouloii yci cnfeigner qne l'Efprit de 
régénération nous eft dooi.é,par lequel nous 
femmes duits a vaincre pèche, comment 
viendroit a propos l'addition qu'il fait en 
cet mots* Mais cela vient bien au poinâ, a- 
pref auoir promis aux fidèles remifTion gra- 
tuite , de reftreindre ccftc doArine a ceux 
«jui conioigiient rcpcntâce auec la foy, & ne 
abuici point Je la mifericordr dcDitu a vne 
licence charnelle. D'auant.igc,il faut noter 
lacaul~e& la raifon qu'il rëd.Car l'Apoftrc 
cnfcigne cornent c'cft que la grâce deChrift 
nousabriiut .Vdeliurede condânatiô. M;iiu 
cenât quâranx ,noti,L'impcfw/f JtUl,y:{nt 
il y a 41I1& .u Grec.qui le voudroit ttaduiit 



mot a morjfans aucune donte Te prend pour 
le défaut ou I impuiflance : cômc Pil efloit 
dit, que Dieu a trouué vn remède, par leqml 
rimpoffibilité de la Loy aefte eftee. Lioi^ 
nous auons traduit iCamani qm , Eral'me a 
mis, A l'endroit où : mais pource qu'il me 
femblc que le mot Grec eftoit pour rendre 
raifon du précèdent , i'ay mieux aimé le 
tourner ainfi. Et combien que parauentura 
on netrouuera pas de femblable manière 
de parler es liurcsde ceuzqui ontefcrite- 
legamment en la Langue Grecque , toutef- 
fois pource que les Apoftres vfent ccmmu» 
neement des manières de pailer dc?la lan- 
gnc Hébraïque , celle expofltion ne do;t 
point cftre [rouuee trop contrainte . T.mt 
y a certes que les leâeurs de bon juge- 
ment accorderont , qu'yci eft exprimée la 
caule de ce défaut , comme nous diro:isen> 
<ore tantoft après . Au refte , en lieu qu'E- 
rafme lupplec yci vnmot qui foit le verbe 
principal de la l'entcnce, dilant ainfi, Ce qui 
cftoit impolfible a la Loy,& c.Dieu l'a fait 
ayant enuc5yé , &c. & de pcchc.&c.il me 
lemblcqiie fans rien adioufter la fnytc du 
propos coule fort bien. Ce mot, £i,a tfte eau 
fe qu'Erafmc feft abufé, & a penfé qu'il fa- 
loit fupplecr le verbe L'a fait : mais quant 
a moy.ie penfe qu'il a efte mis pour ampli- 
fier la chofe.comme f'il euft dit. Voire mef- 
me dtrpeclie. Sinon qu'on trouuc meilleurs 
la conicîture de celuy qui a fait les annota- 
tions en Grec , qui conioint ces mots, Et de 
pcclic,auec les autres preccdens.en cefte for 
te, Que Dieu a enuoyé l'on Fils en femblâce 
de la chait de pèche, &pour le pèche. Toutef 
fois l'ayfuyui ce ijui me fembloit cftre du 
fens naturel de S.Paul. Ayant parlé de la li- 
gnification des mot-,ie vien maintenant a I* 
lubtiance du propos. Sainft Paul afferme biê 
clairement que pour cefte caufe l'expiation 
des pécher a efte faite par la mort de 
Clirirt, pource qu'il eftoit impotlible àl» 
Loy de nous conférer iufticc. Dont f 'enfuit 
que la Loy nous commande plus erandet 
chofes que nous ne pouuons jccumpTir. Car 
fï nous cftions fiiftiians pour accomplir la 
Loy, c'euft efte vne chofc fuperflue de cher- 
cher remède d'ailleurs. Et pourtant il n'y « 
roint de ration de mefiircr les forces de 
homme par les commandcmens de la Loy, 
comme fi Dieu en requérant de nuu-, ce qui 
eft iuftc , auoit regardé quelle & cnmbiea 
grande eft noftre faculté. Em^m ifu'elle iltiit 
f-.ililt . Afin qu'on ne penfaft que ce fnft 
del honorer la L.>y, Je l'arguer d'impuiflan- 
ce, ou qu'on ne rcftraignift ceci aux ccrenio 
nies,Sainft Paul a nommément exprimé que 
ce défaut ne vient pas <l'in vice qui fou eu 
la Lo),nuit de la corrupiiû de nuftic chair. 
Car il I.1UI cuofefl'cr que fi vu homme ac- 
conpIilTuit la Loy de Dieu enticiemcnr, 
ceftuy.la l'eroit luftedeiiant Dieu. Il oe iii* 
dune pas que la Loy foit fiilftfjnte pour 
nous iuftifier , quant aladoârinc , cuiiime 
aiolifuit >{u'elle contient vne p.irl.iiic rè- 
gle de luftice . Uiis pource que nullrc chair 
ne peut atteindre a cefte iuftice,iuuir. la lur 
te d« Il Ley dccDdiXC C9Urc ou f cfuauguib 
g.l. 



Chap, Vin. 



SVR L'EPISTRË 



Bt sinfi eft refuté l'<rreur ou pluftoft la ref- 
uerie de ceux qui penfcnt que ceci foit dit 
poUr oft.r feulement aux cérémonies la ver 
tu de iuftifier: veii que fainft Paul touchant 
notamment que le vice Se la faute eft en 
nous.dccUre alfez qu'il ne trouue rien a re- 
dire en la doôrine . Au refte.il faut prendre 
laf^^'ilrjp ourinjirmite de U Icy, comme l'.\ 
poftre a accouftunié o'vfcr du mot d'Jrfir- 
mile, nô feulemct pour quelque imtccillite 
moyenne, mai'i pour vne impuidncc: telle- 
inft qu'il fignifie que la Lny ne fert du tout 
rien a conférer iutlice . Par cela donc on 
peut veoir que nous femmes dultnut exclus 
de la iurticedes œuures,& que nousauôsre 
cour? a la iufticc de Chrift, pource qu'il n'y 
en peut auoir en nouî aucune . Ce qui nous 
eft grandement necclTiirede fc.iuoir:pource 
- que jamais nous ne ferons reueftus de la iu- 
ijico de Chrift fi premièrement nous ne fom 
m.s blé refolus & certains q de iiiftice pro- 
pre a nous. nous n'en auons vne fcuie gout- 
te, le mot de (h4ir le prend par lousycien 
,nief'ne fignification , afcauoir pour noiis- 
,wefmes . C'cft donc îa corruption de noftre 
nature qui fait que la Loy de Dieu nous 
eft inutile: d'autant que monftrant (împle- 
ment le chemin de vie, elle ne nous retire 
pas cependâi du train de la clieute de mort 
auquel nous fommcs.P/'rK ayant tnuoyr fm 
propre Fifr. l\ mnniire maintenant le moyen 
par leoucl Dieu nous a reftabli iiiftice par 
fon Fih.rfcauoir pource 7»''7 a cntrl.irjiijé /e 
fechr en la propre cliair île Clirift, Col.2.c. 
I4:c'eft a dire , comme iff.icant l'obligatlô, 
a aboli noftre coulpc.qui »iou< renoit rede- 
tiables 8f bic liez dfuant Dieu. Car la comlî 
nation de pcche nous a introduits en potTef- 
fion de inftice, d'autant que la iranfgrefTion 
eftant elTicecnous fonimc ; abfous , en for- 
te que Dieu nous réputé pour iuftes . Mais 
enpremicrlieu il exprime que Chrift a c- 
fte tnu-.yi- par ce mot nous aduertilTint que 
noftre iuftice ne refide point en nous , veu 

?iu'il nous la faut prêdrc en luy.& qu; c'cft 
olie aux hommes de fe confier en leurs me 
rites . veu qu'ils ne font luftcs que par preft 
qui leur eft fait; ou bien, veu qu'ils emprun- 
tent la iuftice , de l'expiation & fatiffaftion 
que Chrift a accomplie en la chair . Au re- 
fte, il dit que Chrift eft venu en trmt.Unrr île 
t,t eftxir lie ferhe: pource que combien que la 
> chair de Chrift n'ait efte fouillée d'aucune 
• tache, roiitcffois en apparence elle a femblé 
, pt'cherelTe, entant iju'clle a porte î; fouftenu 
, la peine denc a nos forfairs . Et de faift, la 
, iTiort a de'ployé toute C3 force & vertu fur 
, la chair deCh'ift, ne plus ne moins comme 
, l'ayât en fa fnietiô.D'autrepart aulTi, pour- 
. ce qu'il a falu que noftre grand Sacrifie.!- 
teur , en expérimentant luy-mefme en pcr- 
, fonne.apprinft nue c'eft Hc fecourir aux hô- 
, mes pleins d*infirinirc;r. Hcbr.4d iS:Chrift 
, a voulu eftre fuieta nos infirmité/, afin d'e- 
ftre plu' enclin a compalTi.in : & en ceft en- 
droit aiilTï on a veu en luy quelque image 
de 1 a nature pccherelTe. tÀcfine île feclie.Vs^ 
dit n'jgucrcs ou'aucuns cxpofcnt ceci de la 
caufc ou de U fin , pour l.iquetle Dieu a cn> 



uoyc fon Fils : afcauoir afin qu'il CitUMtt 
pour le pèche. Chryfoftome.Sc quelques an» 
très ipics luy, donnent vn autre fens aflTcz e» 
ftrange : Que le pèche a efte condamné de 
pcche , pource qu'a tort & fans caufe il« 
fait outrage a Clirift . le confelTe bien que 
d'autant qne luy iufte & innocent a porté 
la peine deue aux pécheurs, par ce moyen a 
efte payé U pris de noftre redemption:majr 
Je ne puis croire que le mot de ferhe folt 
yci pris en antre feis qucpourl'lioftied'es 
piation, que lesHebneux nomment .•f/^mi 
comme les Grecs appellent fi/iimu, vu 
Ticrifice fur'le<|uel la malcdiaiô eft defchar 
gce En cemefiue fens S.Paul.: Cor .5. dît, 
dit que Chrift , qui n'juoii point cognu pe» 
che.a efte fait pèche pour nous.-^fin q nouf 
fuffions faits iuftice de Dieu en luy. Au re- 
fte.ce mot Dfjfe prend yci en iïgnificatiôde 
reddition de caufe.-côme fil euft dit. Qu'en 
ce facrificcou a caufe que le fardeau de po 
che a efte mis fur Chrift , pcche a efte mi* 
hors de fa pcflciTîon , afin qu'il ne nous tie- . 
ne plus maintenant fcs fuicts. Car i! dit p.ir 
métaphore Oli fimilitudc , que pèche a efte 
condamné , comme on dira de ceux qui per» 
dent leur caufe: pource que Dieu ne tient 
plus pour coulpablcî,ceuxaufquels abfolu- 
tion cftacqiiife par le facrifice de Chrift . Si 
nous le prenons. Que le règne &■ la domina- 
tion de laquelle pèche nous tenoit opprl- 
nie2,a efte abolie & anéantie: le fens demeu 
rera toufiours vn. Ainfi donc Chrift a prinl 
fur foy ce qui cftoit nnftre, afin de f.:ire def 
couler fur nous ce qui eftoit fien. Car ay. 
ant prins noftre nvilediôlon , il nousa don. 
né fa benediftion. S.iinft Paul adioufte ycâ ç 
m /.< el'iti, : afin que noftre fiance foir plut i 
affciiree, quand nous voyons que pèche a, e« , 
fte v.iincu & aboli en noftre nature mefme. 
Car parce moyen il f'enfuit que noftre na. ' 
ture eft vrayement f.iite participante d*«* 
celle viftoirece qu'juffi il déclare inconii. 
nent après. 

4 ^fn que U iul}lfcdlif:<t ^e !j It^ fuft 
dccomp'ie. Ceux qui entendent par ceci, que 
les hommes renouuelle? par l'Efprit de 
Chrift accompliflcnt la Loy,fong?nt m feni 
du tout autre que n'cft l'intention de TainA 
P.iul. Car les fidèles, cependant qu'ils font 
voyagers en ce monde, ne proufitent iamais 
iufqiKS U.que la iuftification de la loy foit 
plene ou eiitiere en eux. U faut donc ne- 
ccdairemcnt ra|iportet ceci au pardon;ponr. 
ce que quand l'obeiftance de Chrift nous eft 
impuiee ,voyla fatiffaita la loy, en forte 
que nous fommes rc|>utez pour iuftes . Car 
pourtant la perfeftion que la loy requiert, 
a efte accoplic & prefentee en noftre chair, 
afin que la rigueur n'ait plus de lieu pour 
nous condamner Mais pource que Chrift ne 
communique fa inftice , fi ion a ceux qu'il 
conioint a foy par le lien de fon F.fprit , la 
régénération <ft derechef yci adiouftce.afin 
qu'on ne pcnfe que Chrift adniiniftre les oc- 
cafion» de pèche comme volontiers pliiGcus 
tombent là de tirer en dtl'!):nichemcnt de 
la chair tout ce qui leur eft dit touchant la 
bonté & douceur p.itcrncllc de Dieu. Et it 
y ta 



AVX ROMAINS. 



S* 



f caad'jutret qui calomnient malicicufe- es cœuts des homme» l'aïeAlon 8t foin im 

•11^ ceftc doftrine, comme fi clic elieignoit bienviure. 

5 Car ceux ejui font félon la chair , ' penfènt aux chojes de 
la chair -.mais ceux qui font félon ÎE^rit taux chofes de l'E- 

6 ' Certes la penfèe de la chair eftmort : mais lafenfèe de 
tE]^ritefl<^'ie^faix, 

7 Pource ejne ' la fenfee de la chair ejl inimitié contre 
vienne ar elle nejlpotntfttiete alaLojde Dieu: ^ de ^raj elle 
ne peut. 

8 P4rijHoj ceux <j»i font en la chair nefeuuent flaire à 
Dieu. 



'OU, fôt 

affc- 

(ftion- 

nez, 

'ou. Or 

l'afFe 

dion, 

'OUjl'af 

feftiÔ. 



s C.irttuKqu! I':Ht frtonUtltiir. Il ame- 
né ccftc Hiffetencc entre la chair & rEfpric, 
nonrculcment a5nque par vncraifon prm- 
fc du contraire il coiifcrme ce que deu.int 
il a dit.Afcauoir que la grâce de Clirid n'ap 
particnt finon a ccul , qui eftans régénérez 
par l'trprit, faddônent a enfuyurc innocen- 
ce & (ainâctr de vie. Mail auffi nfin defou- 
lager les fiJeles par »ne conlol.ulon fort 
propre & neccdire , de peur que feataat 
beaucoup d'infirmitci en eux ii>«riprs, ilj 
viencnt a perdre cour.^gc . Car pource que 
il n'auoit exempté de malediftion autres 
gens , finon ceux qui mènent vnr vie fpiri- 
tuelle, il pouuoit femblcr que c'cftoit ofter 
a tous lummes rclpcrancc de falut. Car où 
eft-cc qu'on en trouuera vn en tout le mon- 
de qui ait vnc pureté Angélique , en forte 

3u'il n'y ait en luy rien de la chair ? Ainfi 
onc , il a falu ncccftaircment adiouder ce- 
lle dcfiniiion, que veut dire £y!rr m /.< thtir. 
te Cluminrr fihn U ih.tit . Or il cft vray que 
pourlc commeocement , Sjinâ Paul ne di- 
ninguc point fi fubtilemcnt : mais tant y a 
(outcflois(^commc nous verrons en la l'uyte 
du texte ) que fon intention elldedonner 
bonne efpcrance aux lïdclet , combien que 
leur chair les tienc encore empcftrez, pour. 
ucu qu'ils ne lafchent la bride aux cupidi> 
IC2 d'icclle , maisqu'ils (e prerentent pour 
cftregouuernez parle faind Erprit . Quand 
11 dit que li> ih.i.nr/, penfent.ou font après 
les choies qui font de lachair.il dooncaen. 
tendre, qu'il ne tient point pour charnels 
ceux qui afpirenr a la milice cclefte , malt 
bien ceux qui font du tout addonnez au 
monde . Et pourtant, au lieu du mot Grec 
duquel dinA Paul a vft.i'ay mis en la tranf 
lation. Le mot Prifrr.qui eft gênerai, le 
comprend b:aucoup:arin que Ici leâeursen 
lendcnt qu'il nV a exclus du nombre des 
enfansde Dieu.linon ccux-la feulement qui 
eft«ns addonnez aux alcchcmés de la cliair, 
appliquent leurs coeurs fc entendcmens a 
cupidité» peruerfci . Apres cela, au lecond 
membre ilexliorte les fijelesa biene^pe• 
tcr,^ilsfcntent en eux mefmesqiie l'Efprit 
Icscdruc en haut a la méditation & exerci- 
ce de iuftIce.Car par dut où l'Efprit rcgnca 
«eft vu figne Je la grâce de Dicn laliitairc: 
evtniBcaii contraire, la gtacedt Dicun'lia 



poiiif de lieu là où rEfprlt eilant efteint , !■ 
regn« de la chair tient le deCTus . Au refie.ie 
répète encore ycienbrief ce donti'ay délia 
aducrii ci deuant, Afcauoir que ce mot £» 
U cl<a!-, ou Selon la chair, vaut autant coin 
me.Eftre vuides du don de régénération. Or 
tels font tous ceux qui demeurent en leur 
pur naturel , comme on dit communcemêc. 
6 Crriti l» l'enfer Je li <hiit. Erafme a 
traduit. L'a tfcAion. L'ancien Tranflateur La 
tin a mis La prudence . Mais comme ainfi 
foit qu'il cft certain que S. Paul pred le mot 
Grec duquel il vfe .pour cela mcfmeque 
Moyfe appelIcLa conception du cŒur.Gcn. 
<S b S,& 8 d 11: & que fous ce mot font corn. 
prins tous les fcns de l'ame, depuis la raifoa 
& l'cntendement.iuiqu'aux alTcftionsiil m'a 
femblé que le mot dePenfee côuenoit mieut 
yci.Au refte.cijbien que S.P.iuI ait vft d'vo 
mot qui fignilic communcement Litr; toutef 
fois ie ne doute point que ce ne foit pour cô 
fermer fimplemét l'on propos, fans autremft 
en redre la raifon. Car c'eft yci vne maniera 
de concclfion (d'autant qu'ayant bricfue- 
ment défini que veut dire Elire en U th^ir : il 
adiouftr miinienant quelle fera la tin da 
tous ceux qui font addonnez a la chair. Ain- 
fi, il monllre par le contraire , que tout ceux 
qui demeurent en la diair, ne lont point ca- 
pables de ta grâce dcChrift, pource que tout 
je train de leur vie ne tend qu'a la mort. Or 
voyci vn palTige bien notable . duquel nout 
apprenons que félon le cours de noilre natu 
re nous allons trcfbuchans en l'abyfmedc 
mort, pource que de nous-mefmes nous ne 
cnnceuont rien qui ne tende a la mort. 
Mais incontinent après il a mis a l'oppofit* 
le niébre côtraire.afin de monftrer que l'il y 
a quelque partie en nous nui tende a la vie; 
c'eft figneque rtiprit dciploye en nous fa 
vertu , pource que de la chair re pourrait 
procéder vne feule eftincelle de vie. tl ap- 

rielle /.< fe>:fee de l'Efprit, Tir : pource qu'el' 
e eft viuifiante,ou mené a U vie . Et pat 
le mot de Pai», il entend félon r*fage de» 
Hebrieux,toutes chofes requlfcs a félicite. 
Car tout ce que l'Efprit o-uure en nous, 
tend a noftrc béatitude. Touieffois ce feroit 
folie li aucû vouloir pour cela attribuer auS 
«uurcs le falut . Car côbien que Dieu com- 
mence neArc f«lutt&r«chcue finaUmtiib 
,.li. 



Chap. VU T. 



SVR L'EPI ST RE 



ennou5 reforminta fon Image.tomefToisU cjuerir trop curieufement . Ccpendmt, qne 
feule caiife d'iceluy , c'cft fon bon pUifir, cela demeure tout refolii, que rien n« lnjr 
par lequclil nous fait participans de Clirift. plaift que iuftice : Je qu'on ne peut faire »n 



7 Peurcc lue /it jienfef, lire . 11 adioufte 
yci la probation de ce qu'il auoit mis, Afca 
uoir que rien ne procède des defirs denoftre 
chair , que mort, d'autant qu'ils bataillent, 
le ont,par manière dédire, vne guerre mot- 
tellccôtrela volonté de Dieu Or la volôte 



droit iugemcnt de nos ceuurcs , finon par la 
Loy,cn laquelle il ba a bon efcient Se fans 
feintife déclaré ce qui luy eft plaifant ou 
defplaifant. Ec ^f -rr/J_y,t>f. Voycilebeau 
pouuoir du Franc arbitre , que les Sophiftes 
ne fe pcuuent fouler d'eflcuer affei haut. 



deDieueft la reglede iufticc, dot Penfiiit q Ccrtel fainft Paul afferme yci en paroles 

tout ce qui n'accorde auec icelle.eft iniuftc; bien expreffes & claires.cc qu'ils dcteftenta 

te f'il eft iniufte, il (^enfuit quât & quât que plene bouche , Afcauoir qu'il nous eft im- 

il apporte la mort . D'auantage , vn Iiom- poffible d'affuietir nos afFeftions a l'obeif- 

me ayant Dieu contraire & ennemi, en vain fancede la Loy . ils gazouillent tout a leur 

fe promettra la vie. Car de l'ire de Dieu.in- aile que le coeur de l'homme eft ployable 

continent f'cnfuit neceflairement la mort, d'vne p.Tt & d'autre.pourueu qu'il foitai- 

quicft la vengence de fonire Et notons fur dé de l'infpirationde l'Efprit : & que nou» 

ce paflage.que la volonté de l'homme eft en auons l'eleftion libre du bien ou du mal' 



tout & par tout contraire a la volonre de 
Dieu. Car autant qu'il y a a dire de peruerfi 
tea droiture, autant faut-il rccciraircmcnt 
dire qu'il y a de difcord entre Dieu &nou'. 
C.trtlUn\ft,i^c. C'cft vneejplic.ition de 
la fentence précédente .Car il decl are com- 
ment tout ce que fcalt faire noftrc chair, 
& toutes les péfses , font la guerre cotre la 
volonté de Dieuivcu qu'il ne faut point al- 
ler chercher la volonté de Dieu ailleurs 
que là oij il l'a mnnifeftce . Car en la Loy 
il a monftré quec'eft quiluy eft plairant;S£ 
pourtant, tous ceux qui voudront deuemcnt 
confiderer comment ils accordent bien a- 
ucc Dieu , qu'ils regardent a cefte règle, 
pour faite l'examen de toutes leurs délibé- 
rations & penfee» . Car combien que rien ne 
fe face en ce mode que par la côduite fecrc- 
te de la prouidencc de Dieu, touteffois c'eft 
vnblafpheme intolérable de dire fous cou- 
leur de cela , que rien ne fe fait que Dieu 
n'approuue & ait agréable ; qui eft vne ca- 
uillation que defgorgent auiourd'huy cer- 
L'iins efprits fantaftiques Car quelle phrene- 
fie fi rage eft-ce de chercher en vn profond 
labyrinthe , la ditfcrence entre ce qui eft 
droit & inique, laquelle la Loy nous met de 
liant les yeux apcrtement & mot a mot ? 
Vray eft, comme l'ay dit, que le Seigneur ha 
fon confeil fecret , par lequel il difpcfe 
toutes chofes félon fon plaifir: mais pourcc 



tellement que l'Efprit ne fait feulement 
que nous donner fecours , mais en nous eft 
le pouuoir d'élire ou reietter. Ils imaginent 
auffi de bons mouueinenj,parIefquels nou5 
nous préparons nous- mefmcs . Sainft Paul 
au contraire dit, que miftre ccrur crcue d'vn 
endiirciftement & obftination indontable, 
en forte que iamais nnturellcment il ne 
peuteftre fléchi pour fe foumettre a porter 
le loug de Oicu. Et en cela il'ne parle point 
d'vne affcftion ou de deux ".mai"; parlant en 
termes généraux , il met de ce rang tous les 
mouueniens qui procèdent de nous . Qy« 
donc cefte philofo.>liie Payenne de la liber- 
té du Franc arbitre, l'oit loin de tout cœur 
Chrcfticn , Qii'vn chacun en fon endroit i'e 
recognoiftc'C comme il eft a la vérité) ferf 
de pèche, afin qu'il foit mis en libcrte.e- 
ftant affranchi par la grâce de CUrift. Dt fe 
glorifier d'autre liberté , ce n'eft que pu- 
re folie. 

8 PjrijuTf ceux qui font en U chxh.Com. 
bien qu*.ui Grec il y ait vn mot qui lignifie 
leplus fouucnt Mais: toutiffois iel'ay tra- 
duit par Dôc,S: non fis caufe.Car l'Apoftre 
conclud des propos preccdens, que ceux qui 
f 'abandonnent & fe laiffent gouiierner aux 
appctis delà chair, tous vniuerfellcmcnt 
font abominables a Dieu. Et de fait.iufquei 
yci il a confcrmé cefte fentence , Qiie tou» 
ceux qui ne cheminent point lelon l'Efprit 



qu'il nous eft incomprehenfible , fcachons n'ont rien en Chrift.d'avtât qu'ils lont def> 
qu'il ne nous eft pas licite de nous en en- pourucusdc la vie celefte. 

9 Or ^om fieffés foivt en la chair, maif en l'Ejprit:^-oirefi 
rF^ritde Dieu habtte en ^ow . que fi aucun nha fotnt rEjprit 
de Chrifl-,il n ejî point a Imj . 

10 EtJÎ Chr/flefl en ^otts , <iray eft efue le corps eflmort 
a. caufè dupeche,maif l'Efprit e/l ^ie a caufè de iujt/ce. 

11 si l'Ejprit donc de celuj cfui a refffefcité lefm des morts., 
habite en ^otts , cclitj ejui a reffufcitè Chrtfi des morts , 'v'/«/- 
fiera aufii^os corps mortels ., a caufe definEjprit habitant en 

^out. 

9 Or Touj n'i-JJcj p.-i'n» en U ch*ir.\\ prend quant a ceux aufqucls il cfcrit ; non feule, 
la fentence générale que nous auons vcuc, ment afin dt les efmouuoir plus fort ,coni- 
tt U fait mainccoant fpcciale , l'applic- inc addrcflant fon propos .i eux en parti- 

culici: 



AVX ROMAINS. 



5î 



etiller : mai» juflî afin que par la définition 
n'agucresmifcilî concluent pour certain, & 
f'afTeurent qu'ils l'ont du nombre de ceux 
defquels CKrilt a deftourné la malcdiftion 
«le la Loy. Quant & i|U«nt touteffois en de- 
clarant quelle eft l'opération de rEfptit de 
Dieu ci eleus , & quel! fruits il produit . il 
les exhorte a nouueaute de vie. ycirrjîi'E. 
fjtrli ilr T>lnt. C'cft vne correôion qu'il ad- 
ioufte bien a propos,par laquelle les fidelet 
rontrcfucillc;,a f'examincr en eux mefmcs 
de plus près, afin qu'ils ne f 'abufent en pré- 
tendant a faunes enlcignes le nom de Clirift. 
Or cefte eft la marque trefcertaine pourdif- 
eerncr les enfans de Dieu d'auec Us enfanj 
du inonde : ifcauoir f *ils font régénérez par 
TEfprit de Dieu a (ainâcte & innocence. 
Combien qu'il femble n'auoir pas tant re- 
«ardé a corriger le vice d'Iiypocrifie qu'a 
leurfournir matière de fe glorifier cotre les 
faux zélateurs de la Loy.qui eftiinnyct pins 
la letre morte, que la vertu intérieure de 
l'Efprit . laquelle eft côme l'ame de la Loy. 
Cependant , cepaff.igc monftre que iuTques 
yci S. Paul par le mot i'Ejjirl: n'a pas enten- 
«lu ta raiTon.ou l'entendemrt qui eft en l'iiô- 
me(ce que les aduocais du Franc arbitre ap. 
pellent la partie Aipcricure de l'ame, c'cft a 
dire quittent ledclTus& domine) mais vn 
don cclefte. Car ilexpofeque ceux-là font 
fpiritueli, non pas qui de leur prupre mou- 
uemct obeiOënc a raifon.mais lefqucls Dieu 
gomierne par Ton Efprit. Il ne faut pas tou- 
teffois penler qu'ils foyent dits rfirrf/ot /'E- 
ffrit , pource qu'ils foyent pleins de l'Efprit 
de Dieu(ce qui n'eft encore aduenua pas vn) 
mais pourec qu'ils ont l'Efprit demeurant 
en eux. encore qu'il» fentent toufir'Urs quel- 
que refte de la chair en eux-mefmes Or il 
D'y peutdemeurcr, qu'il ne tieneledcffui 
&foit lephisforr. Caril faut noter ôl'lm- 
nieeft nommé, ou charnel.ru fpirituel.felô 
ccquieft le princii>.-U en luy. Si^r ft timun 
M'ii.tpi!iii,iic Iladioufte ceci, pour môftrer 
combien le renoncement de la chair eft ne- 
cclfaire aux Chreftiens. Le règne de l'Efprit 
eft abolilTemct de la chairrceux cfquels l'E- 
fprit ne règne pas , n'appartieoent point a 
lefus Chrift. Il f'enfuit donc que ceux qui 
feruent a la chair, ne font point Chreftiens, 
Car de vouloir feparer ChriH d'auec fon l- 
fprit.cc leroit le faire fcmklable a vne ima- 
f e,ou a vn corps mort. Or il nous faut touf- 
lours retenir le but (t l'intention de l'Apo- 
llre , Afcauoir que la remiffion gratuite des 
pcchei ne peut eftre fcparee d'auec l'Efprit 
«le régénération, pource q ce feroit defchirer 
Chrift «i.le mettre en pièces. Et fi ainfi eft, 
c'eft merueille comment les aduerfaires de 
l'&iiangile nous blafment d'arrogance, de ce 
<)ue nous ofons recognoiftre que l'Efprit de 
Chrift habite en nous. Car il faut renoncer 
Clirift.ou CHifenV-r que ce que nous fommet 
Chreftiens.c'cft par fon Efprit. Voyla certes 
vne cluife horrible a ouïr , que les hommes 
fe foyent tellement deftournet de la paro- 
le de Dieu que non feulement ils fe vantent 
d'fftte Chreftiens fani lETprit de Dieu: 
•UJimcfincifemocquentde U foy des au- 



tres. Et toutefFois, reyia la belle pliilofo- 
phie de» Papiftes. Au reftc.il faut que les le- 
ôeursobferucnt ycl,que ITlpriteft Indiffé- 
remment nommé maintenât de Dieu le Pè- 
re, malntenât de Chrift:aon feulement pour- 
ce que fur Chrift.entant qu'il eft noft.'.- Mé- 
diateur & Chef, a cfte efpandue toute la ule 
nitudc d'iceluy , afi i que de 1i en découlait 
fur chacun de nous fa portion : mais aufit 
pource que le mcfme E(prit eft commun au 
Père & aU Fils, defquels l'cflence eft vne. Si 
la Diuinitc éternelle vne. Touteffois pour- 
ce que nous n'auons aucune communica- 
tion aucc Dieu (inon par Chrift , l'Apoftre 
procède prudemment, quand du Père , qui 
fcmbloit eftre cflorgné de nous, il defccnd a 
Clu-ift. 

lo EiJ!Chr'/lr{lenytM. Ce qu'il auoit 
dit auparauant de l'Efprit . il le dit mainte- 
nant de Chrift , fignifiant par cela le moyen 
par lequel Chrift habite en nous. Car com- 
me par le fainft Efprit il nous côfacrepour 
fcs temples, oulTi par le mefme Efprit 11 re- 
fide en nous. Ur il déclare maintenant plui 
apertement ce que nous auon' teuché cl de- 
uant , Qi'e ce O'.ic le» enfans de Dieu font c« 
ftimez fpirituels , ce n'eft pas a cjufe qu'iU 
ayent vne plcne & entière perfeftion , mail 
feulement a caufe de la nouueaute de vie 
cômcneee en eux. Au refte, c'eft yci vne anti- 
cipation, par laquelle il preuient vitdouret 
?|ui autrement nous euft peu donner de U 
afcherie. Car combien que l'Efprit polfede 
vne partie de noftre perlonne , nous voyons 
toutelTois que l'autre partie eft encore de- 
tenue de la mort. Il refpond donc qu'il y a 
vne vertu de viuificr en l'Efprit de Chrift 
fuffifante pour engloutir & .ineantir loUie 
noftre mortalité. Etde liil côclud, qu'il faus 
artendre patiemment iuf<jii*j ce que les reli- 
ques de pèche foyent du tout abolies. Defia 
par ci déliant les LeScurs ont eftc aduerti» 
que parle mot d'£//>r/r ilsne doyuêt paseti- 
tendre noftre ame, mais l'Efprit de régnera» 
tion , lequel S. Paul appelle Vie, non feule- 
ment pource qu'il vit & ha vigueur en nous: 
mais aulTi pource qu'il non» vu.ifiepar fa 
vigueur, iufqu'a ce que finaleme t il nous re- 
nouuellc parfaitemet, lors que noftre chair 
mortelle fera efteinte. Comme au contraire 
le mot de f"/" fignifie cefte maife lourde & 
groffiere , qui n'a pas encore par l'tfpnt de 
Dieu efte purifiée de» rrdurei terreRrcs.qUi 
ne fentent rien que lourd & groffitr.Car au- 
trement ce feroit vne chofe abTurde d'attri- 
buer au corps la coulpcde pcche:& aiilfi râc 
f 'en faut que l'ame foit vicqu'clle-mefme 
ne vit pas. Ainfi donc le fcns de fainft Paul 
eft.Côbien que pèche nous adiugc a la mort, 
entant que la corruption de noftre premiè- 
re nature demeure encore en nous, que rou. 
tcffois l'Efprit de Dieu emporte la viftoire, 
& eft le plus fort : S: q'i'a cela n'empefche 
rien que nous n'auons feulement reccu que 
quelques prémices & commcncemen» fl'ico- 
Iuy;d'aiitant que mcfmes s'nc leulf cftinceU 
le d'iceluy eft femcnce de vie. 

Il Si /'Efprit rime. C'cft vne confrmj. 
tion du profos prccedeni,prinfe delà lauft 
(. iik 



Chap. VlîT. SVR l'EPISTRE 



efficient* > «emwe on dit, en eefte Torte : SI 
Chrift a efte reffufcitc par I» puilTance de 
rEfprii de Dieu , & ainli eft que l'Efprit ha 
vne puifTance éternelle , il defployera icel- 
le mejme en nous auffi. Et en cela il pre- 
fiippofe pour vnpoinft tout refolu, qu'en la 
perfonnede Chrift a efte monftré le tefmoi- 
snage & effet de la vertu qui f 'eftend a tout 
feeorp» de l'Eglife. Au refte ,pource qu'il 
fait Dieu autheur de la refurreftiô.il luy at • 
tribue l'Erpritviuifiant. Qui a rejfuditï. Il 



communiqué :on'ne peut rien 'alléguer a» 
contraire , qu'en cela il ne nous ait prouuC 
que nous auons me ttefcertaine efperanco 
de rcfurrcftlon. Cependant toutcffois ceci 
ne deroguc rien a vnc autre fentcnce.oà 
Chrift dit, r.iy puiflance de laifll-r ma vie,& 
li ay puifTinccde la prendre derechef, lehaa 
10. d i8. Certes Ch'ift eft refrufcité de Toy- 
mefmc S; par fj propre vertu ; mais comme 
U a accouftiimé d'attribuer au Père toute la 
vertu Diuine qu'il ha enfoy.ainfi l'Apoftre 



a yci defcrlt Dieu par cefte circonlocution, n'a point parlé improprement, en tranficrât 

pource que cela conuenoit mieux au pro- au Père vne œuure qui a eftecn Chrift fur 

Bos qu'il iraitte , que de le nommer fimple- toutes autres propre a la Diuinite.Au refte, 

tnent Dieu. Pour la mefine confideration 11 appelle Cîi-/>j mcrtf/c. tout ce qui refte en» 

llattribueau Père la gloire de la rcfurre- toreennous fuiet a lamoit; comme c'eft fa 

ôion de Chrift. Car cela cftoit de plus grand touftume de nommer par ce nom , la partie 

poids pour prouuer ce qu'il prétend, que non e)Uieftennous la plus groffiere & charncl- 

pas T'il l'euft attribuée a Chrift merme: le. Dont nous recueillons qu'il ne parle 

pource qu'on euft peu obieâer , que Chrift pas de la refurreftion dernière qui fe fer» 

»uoitvne puiflance pour fe reflurcîter , de en vn momentmais de l'opération côiinuel- 

laquelle tous les hommes du monde font le de l'Efprit . par laf]Uelle mortifiant petit 

bien loin. Mais quand il dit, O'Vu 4 reffuÇcui a petit les reliques de U chair , il reflabljt 

€'4r/;î.jiA'/o/j f/j»<t, If qi'cl suffi il vous « en nous vnc vie celefte. 

Il Vourtdnt donc mes fier esi'notfs fàmmes detternSynon point 
a la ch-itr-four attire félon la chair. 

1 3 Carft ^otii ^/«<?c fèlola chair y ^ous moKrrez.:maisfifar 
lEJprtt ^ofis mortifiez, les faits du corps, ^ota 'hiurez,. 

14 Car tous ceux qui font menei^ de CEJfrtt de Dieu-,font en-» 
Ztns de Dieu. 



P 



Pcu'lKnt Jsncmet freret. C'eft la fOIÏ- 
tliifion des propos precedé^.Car fil faut re- 
tioncer ala chair,nout ne dcuôs auoir accord 
ni intelligence auec elle. D'autrepart , fil 
faut que l'Efprit rcgne en no', c'eft vne cho- 
fe abfurdcfi nous ne dépendons de fon gou- 
xiernement. Au refte , il y a quelque cliofe 
qui défaut en ce propos de fainft Paul;car il 
omet l'autre partie de l'amlthefe , Afcaiioir 
eue nous fommes dctteurs a l'Efprit. Mais le 
fens en eft affci clair. Or cefte côclufion em- 
porte vne exhortatiô, comme toufiours de 1» 
<loftrine il a accouftumé d'en tirer quelque 
exhortation. Et fuyuant cela, ailleurs il ad- 
tnoncftequc nous ne contriftions point le S 



iuftificitiô de la foy fans l'Efprit de Chrift. 
Côbicn que leur propre côfcience ne lesre» 
d.irgue qu'affci: veu qu'il n'y 3 iamais de 
fiance en Dieu, que quâi & q'iât l'amour de 
iuftice ne foit auec le confclTe bien qu'il eft 
vray que no* fommes iuftifier en Chrift par 
la ftule mifericorde de Dieu : mais l'autre 
poinû auffi eft tât véritable 8; certain, Afca- 
uoir que tous ceux qui font iuftifiez , foni 
appelez du Seigneur a viure côine requiert 
la fiinfle vocation de Dieu- Ainfi donc, que 
les fidèles apprenent d'embrafter Chrift, nos 
feulemct a iuftice, mais aufli a fanAificatiô, 
afin qu'ils ne le diuifcnt & defchirent par 
leur foy demic:comme de faiS ilnousa efte 



Efprit de Dieu , par lequel nous auons efte donné a toutes ces deux fins. Msù fi pur TF.. 
fi^tz pour le lour de la rédemption, Ephe. ffrit 11 modère tellement la fentcnccqiie ce 
4.g.io. Item, Si nous viuonsd'Efprit.cheini- ne fnit point pour defcouragcr les fidèles. 



nonjaunrid'Ufprit , Gal.S.(i.2> Cela fe fait 
«juîd no'renôcons aux côcupifcences char- 
neiles, pour nous râgcr a la iuftice de Dieu, 
ti no' mettre là côme en feruiiude. Et voy- 
la certes cômet il no* f.iut côclure.i nô pas 
«ôme fôt certains blafphcmateurs, q garonil 
lit qu'il no' f.iut repofer, & laiffer couler le 
tcps fans auci'i foin de no» addôncr a bié,pui3 
«ju'alnfi eft c|u'il n'y a né en noftrc pouuoir. 
Mais cela c'cl faire la guerre a Dieu, quâd 
par melpris ou nonchalance nous tfteignont 
ia grâce qu'il nous a prefcntee. 

H Car fitoui -riuruft/i» /aih.ilr. Pour 
leur ofter a bon efciët,. &,par manière de di- 
re, arracher toute nonchalance > il adioi fte 
Wne menace. par laquelle auffi lont bien pro. 
fitenient rcmbartci ceux qui le vîtcnt de U 



qui fentêt encore en eux-inclmcs beaucoup 
d'infirmité. Car combien que nous fovons 
encore fuicts a péchez, loutelfois il ne laiflfe 
pas neantinoins de nous promettre la vie, 
pourucu que nous pnnrfuyuions toufiours en 
l'exercice de mortifier la chair. Car il nrre> 
quiert pasprccifcenient vne dcAruftioneo- 
ticrc de la chair en nous , mais Icuicment il 
veut que nous tafchions & mettions peine 
de réprimer les cotitupUcenees d'icellc. 

14 Cdr Dut ceux rjHi fsnt. C'cd la proba* 
tion de ce qu'il vient tout a ccftc heure de 
dire. Car il monftre que ceux-là tant feule- 
met font tenus |Hiur cnfans de Dieu.lefquelc 
font côduiis par fon Efprit. pource que c'eft 
U marque a laquelle Dieu recognoift Ici 
ficus. Alnll voyta pour fiirc tfuanouir en fu* 
mccU 



AVX ROMAINS. 



5V 



BifcIaTainevanterie JeJ hypncritei, qui v- pofition du milieu, ponree qu'elle tftoit m. 

fur|ient le titre , n"ayan< point la vente ■ k dubirable. Au refte , il faut noter qu'il y x 

pour accourager le» fiJcIe^a »ic fiincede diuerresfortcfdcgouuernemcnt de l'E'^prit. 

leur falut inrailliblc & trefccrtaine. Or la Car il y a le gouucrnemêt vniuerfcl, p r le« 

fubdance du propos rfiiicni là : Tous ceux quel toutes créature ifont rooftenues* ont 

qui fontcnnduits [iar rtfi'rit de Dieu , font mouneinetit. Il y en a suffi de pamculicrt 

enfant de Dieu. Tous enfâsde Dieu font lie. en chacun lionime,& iceux diuers Man ycl 

ritiers de la vie éternelle . Il f 'enfuir donc S Paul entend la farftification , laquelle la 

3uctous ecuic qui font conduit» par iF.fprit Seigneur ne conùrme finona fet ekus.quâd 

e Dicu.doyuêi cftre certain* de la vie cter 11 les préd du nomfcre de fcs enfans.les mec» 

Belle-Mais S.Paul n'i point exprimé la pro- tant a part du relie des hommes. 

i^ C/tr V(9<<f n'auez^poifit receu ^n ejprtt defèruttude., poptr 
eftic derechef en crainte : :vAt< 'koit^ anex^ receu f'Ejj/rit d'ado^ 
ftio»,piir leeiuclnons crions Alhn Père. 

iG Ce mefme Ffprit rendtep»otgn/ige auec nojire ej^rit tjue 
riot4sfommes cnfans de Dieu. 

17 Et fi noiis fommes cnfans^nota Qmmr! doncifues héritiers: 
heritierj,di-ii£,de Dieu,^ cohéritiers de Chrifl:'ioirefi notssfàitf 
irons auec iKj^a fin cfue now fo-^ons itttft glorifez. attec Iny. 

18 Car tout bien conte , t'ejttnie que les fottf fiance s du temps 
^refent ' ne font point dignes de la gloire a-^enir^laejuelle fera 'OU, ne 
reuelee en nous. font a. 

Ilconferme maintenant cefte certitude luy-rnefme confcfTa qu'il auoi'reAc eftonné: rcQiji. 
de fi.ince, fur laquelle il a n'agueres déclaré mais que nous fommes venus a la mo'<tagne T 

du Seigieur. $:on. «;a faeite lerufalêcek-- poliCC 
f>e, là où cft lefus le Medutiriir du nouucau 
Tcftament De ce mot Vrreti-iÇnaWi recueil- 
lons qii'yci cft faite côparaitnnde la Liy a 
l'Euangile: d'autant que le Fils de Dieu par 



que les fidèles fc doyii^t repofer il arrefter: 
& ce par m effet fpecial de l'E'pritMrcjuoir 
«l'auiant qu'il ne nous a pas efte donné pour 
nom tormenter de tremblemét A deftrtlTe: 
mais pluftoftafin qu'ayât mis bas touttrou- 
l>Ie,3t drtlfanr nos tfprit' en repos tr.inrjuil- 
le.il no' refucille & incite a inuoqiicr Dieu 
franchemenr & artciircemcnt II ne pourfiiit 
donc pas feulement le poinû qu'il a touché 
ci deuanr, mai* infifte plus en l'autre mcbre 



fa venue nonj a apporté ce bié meftimable, 

que la rondirinn lerinlc <fe la loy ne nou» 

pt plusenferrei. Cependant toutelïois il 



ne f.TUr pas reeiieillirdc là, ou que nul n'ait 
eu l'f fprit d'adoption deuant la venue do 



iju'il auoit côioint quât 8f qiiât;afcaUoir de Chrift.ou que tous ceux qui auoyêr receu 1 
la bénignité paternelle de Dieu, partaquci- loy.ayét efteferi"»* 11 ô enfâs Car l'.Apoftre 
le il pardône aui fiés l'infirmite delà cliair, confère yei le minjOere delà loy auec la 
& les vices defquels ils nefont point erco- difpêfation de iTuâgile.plnftoft que les per 
Tedefueloppei. Or il dit q de cela nous eft fonnes auec lesperfônrs. te côfefTc bie qu'il 
rendu certain tefmoignage par l'Efprit d'à- eft vray que les fidèles font yci admoneftez 
doptiô.leqjiel ne niettroit poît en noscoriir» cornent Dieu a maintenir efpâdu fa libéra- 
vne artcurâce de prier, fi.iô que quât fi quât lite plut abondâinent enuers euT , qu'il l 'a- 
II confermaftJv feellaft ce pardon eratuit iioit fait iadis enuers les Pères fou» le vint 
que Dieu nous fait.F.t pour mieux ciclarcir Teftamét toutefFois il ha vei efgard a la dif- 
le propos, il met deux efprirsidefqiiels il ap- réfation externe, pour raifo de laquelle feu. 
celle !\n f/>>K ir f-nUtit : afcauoir celuy Je no" les paffons .Pource q quoy que la foy 
»jne nous poiiuonscôciuolrde la loy: l'ju- d*.\brahâ,Moyfe.&Dauid ait efle plus grade 
tre.Briirii 4:tif fticn- lequel eft par l'Euangi. q la noftre.totiteffois entât q Dieu en appâ- 
te. Il dit que ce premier la a eftc donné an- réfc les a tenus fous vne pcdiCogie & difci» 
«iennemc'^c a crainte . * l'autre cft auiour. pline d'enfans.ils n'eftfyët point encore P" 

d'huv donné a afl'eurance Cefte comparai- '- ' ' - - 

fon Je choies contraires, fiit(commc vn cha. 
cun le peut venir) que l'jlfeuranee '-e noflre 
ùlut. laquelle il veut eorferiner, tient a en 
■ «ftre mieux eCclatcie.l'antheiir^c l'E^idre 
•ux Hcbricui ii e iS.vfe de la mefme ooi. 
faraifon.quand il dit. Qiie nous ne fommes 



uen-ita |j liberté q"o»ic'ftc reueTce.Qnât 
* qiiât tOiilciTois il faut noter.qu'ejprèïïeo 
me't a caufedes faux .fpoftres eft mife cr (le 
.intithffc entre les difciples de h loy . qui 
f'arieftenta la letre- & les fidde*, ai:f uelt 
Chrift te MiiHre celefte ne parle p.is feule- 
"•t"'^" f"» de la bouche, mais aiiffi tes en. 
point «nus a la montagne S,nai. oùtouiei feiene au dedâ* par fon Efprit aiire vertu St 
ehofes eftovent fi efpouantables.que le peu. cîf.ace. Et côblen qu'en la lov foit côrrif» 
pie eftaat iffayc. ne plus no moias que fi la l'jlliance de grice.touteffois ('A(>o('rc l'en 
mortluy euft ofte dcnôceeprekneemët.pria rife.pourcequ'opporant l'E.-'-rU a la Lry 
^«e X>ic\x nt patlaft point a luy ; & Mnyfe il ne côûdcre tien en icelle finon re .j^i ij^ 

t-iiu. 



Chap.VIIl. 



SVR L'EPISTRE 



eftoit propre & fpeciale , afcaucir de com- 
mander & défendre, & tenir en fuierion le» 
peclieurs.en leur dénonçant la mort.Brief il 
nous propofe la toy , veftue de fa qualité, 
par laquelle elle diffère d'auec l'Euangile. 
Ou qui l'aimera mieux ainfi : Il propofe la 
loy nue.entant qu'en icelle Dieu conuient 
auecnous,& fait promettes pour le regard 
«les œuures. Ainfi donc quant aux perfon- 
nes.voyla ce qu'il nous en faut tenir, Qu'au 
peuple des Juifs, lors que laLoy fe publioit, 
& mefme après la publicatiô d'icctle, les 6' 
deles ont efte illuminez du mefme Efprit 
de foy que nous auons auioutd'huy : & par 
«onfequet.que l'eTperâce de l'héritage éter- 
nel a efte ftellee en leurs c œurs.duquel l'E- 
fprit eft I' arre & le feau. il y a feulemet ce- 
la de dift'eréce.que fous le règne de Chrift, 
l'Efprita cfteclpâdu plus abondamment & 
liberalemét- Et fi nousvenôs a regarder en 
la difpéfationde ladoftrinejil femblera'que 
■ adôc premièrement le faluta efte martifefté 
alTcurccmét.quâdChrift eft apparu en chair. 
tît eftoyêt toutes chofes enueloppees d'ob- 
fcnrite fous le vieil Teftament.au pris de la 
nayfue clarté de l'Euangile. D'auantage, fi 
la Loy eftconfidcree en foy,ellene peut,ft- 
rô, tenât défia les homes fous vne mifcrable 
fcruitude, les enferrer encore de l'iiorreur 
de la mort! d'autant qu'elle ne leur promet 
aucun bien que fous côdition,& d'autre part 
denôce la mort a to' trâfgrelTeurs.Parquoy, 
côme fous la Loy eftoit l'Efprit de feruitu- 
de, lequel preflbit de crainte la confcience: 
ai"li fous l'Euigile eft l'Efprit d'adoption, 
qui refiouit nos âmes par le tefmoignage de 
noftre falut. Au refte , notons que (t.tin!c eft 
coniointe auec fetuituie, pource qu'il ne fe 
peut faire au«rement,que la Loy ne dcmenc 
& tormente nos âmes d'vne miferable in- 
quiétude, cependant qu'elle exerce l'a domi- 
nation. Parquoy il n'y a point de remède & 
moyen de les appaifer.que quâd Dieu nous 
pardonnant nos péchez, nous reçoit benignc- 
mcnt comme vn perefes enfans. Par/erjuel 
meut crieiti. Il a nommeement change de per- 
fonne.afin d'exprimer que cefte eft la condi- 
tion cômune de tous les Sainft».: comme f il 
euft dit, Vous auez receu l'Elpnt.par lequel 
Tous criez.ainfi que tous nous autres fidèles. 
JEt cefte expreffion de laquelle il vfc , pro- 
nonçant le mot de Perr en la peilimnc de 
tous fidèles, n'emporte pas petit poids. Aufli 
ce redoublement par mots de diuerfes Lan- 
gues, tend a plus grâJc amplification-car par 
cela S.r jul fignifii- qu'auiourd'luiy la mife- 
ricorde de Dieu eft tellement publiée par 
tou^Je monde .qu'il eft inuoqné indiffcrê- 
ment en toutes Langue : comme S.Auguftin 
l'a bien obfttuc. Il a dôc voulu exprimer vn 
confcnicment de toutes nations en ccft en- 
droit Dont f 'enfuit que maintenant il n'y a 
Îilusdedirterêcedu Grec au luil.cônie'anifi 
bit qu'ils font vois enftnible. Lcl'topheiï 
ifaic 19 c 18, vfc d'vne autre facôdc p., ricr, 
dénonçât que la Langue de Chanaâ fera cô- 
mune â tous peuples: mais ql\^ reuicnt.t 
mefme fcn'. C.inl n'u pîisuiu efgitd a la 
j>r<>non{i«ion externe, mais a l'accord Al 



cœur a feruirDieu,* a femblable & (împTa 
aft^eâionde faire profeffion du vray & pur 
feruice d'iceluy. Le mot de Crier a efte mij, 
pour exprimer la fiance:côme fil difoit qoc 
nous ne prions point en doute .mais hardi- 
ment & fans crainte, Icuans vne voix claire 
au ciel. Il eft bien vray qu'aufiî fous la lojr 
les fidèles rcclamoyent DicU Pcre , mais ce 
n'eftoit point d'vne fiance fi franche, comme 
ainfi fuit que le voile les tenoit eflôgnez du 
Sanâuaire.Mais maintenâi depuis que l'en, 
tree no' a efte ouuerte par le lang de Chrift, 
nouspouuonsprlneement & comme a plene 
bouche no' glorifier d'eftre enfans de Dieu; 
& de là procède ce cri. Brief, en cela eft ac- 
complie la Prophétie d'Ofee 2. d 2?, le leur 
diray. Vous eftes mon peuple : & ils refpon- 
dront de leur cofté , Tu es noftre Dieu. Car 
tant plus la promefle eft aperte,d'aU(ât audi 
plus grande eft la liberté de prier. 

i(S Ce mefme Efprit. il y a vn fcol JHoe 
Grec qui fignifie ces trois,Rend tefmoignage 
enfemble.Ainfi il ne dit pas fimplement que 
l'Efprit de Dieu efttefinoin a noftre efprit. 
Or S.Paul entend que l'Efprit de Dieu noui 
rend vn tel tefmoignage , que noftre efprit 
l'ayant pour condufteur S: maiftre.f 'alTeure 
que l'adoption de Dieu eft fer me .Car noftre 
entendcinêt ne nous fuggereroit point cefte 
foy de foy mefme, & fi ce n'eftoit que le tef- 
moignage de l'Efprit le poulTaft & introdui- 
fift la. Au refte , c'eft-ci vne déclaration de 
la fenteoce ptochaine. Car l'Efprit en nqus 
tefmoignât que no" fommes enfans de Dieu, 
met quant & quât en nos coeurs cefte aflcu- 
rance, que nousofons inuoquerDieu Perc. 
Et de faift.veu qu'il n'y a rie qui nous puif- 
feouurir la bouche que la ftule aff'eurancc 
du coeur, fi le $. Efprit ne rend tefmoignage 
a nos coeurs de l'amour paternelle de Dieu, 
nos langues demeurerôt muetes en matière 
de faire prières. Car il faut toufiours rete- 
nir ce principe, Que nous ne pouuons autre* 
ment prier Dieu dcuemcnt, finon que côme 
nous l'appelons de bouche Pere,nous loyô« 
auffi en noscorurs certainement perluades 
qu'il eft tel. Auquel prir.cipc ily ena vnau» 
trecorrefpond.n.Qnenous ne pouuôs point 
prouuer noftre foy autrement que par l'in» 
Uocatiô do Dicu.Ainfi donc ce n'eft pas fant 
caufe que S. Paul nous ramenant a ceft exa- 
men , dit qn'adonc on ccgnoift en chacun do 
nous I "il croit a bon cfcicnt, quâd ayâs cra« 
braflc la promclfe de grâce, nous-nous exer- 
côs en prières. Et en ceft endroit font tresbij 
réfutées les refucries des Sopiiiftc* touchât 
leur Conieâure morale. qu'ils appellcnt.qui 
ii'cft autre choie qu'vne incertitude & an- 
xiété d'cfprit.ou pliiftoft v" chaiicellemét 8c 
fouruoycme't. Quant Si quant auffi il y a bô- 
ne rcfpôlVa leur obiirction. Ils dcmâdent cô- 
nieni il eft pinYiblc que l'hôine cognoifle la 
volcre le Dieu. Voire, & ceii'cft pas vne cer 
titude proccdJte de l'enterdinicnt humain, 
mais vn tefmoignage de l'Ilprit de Dieu 
comme il le traittc plus amplement en la 
première Epiftre aux Coriithicns ; auquel 
lieu auffi il faut chercher plus ample expofi- 
don de ce paIf..|{e.C'cftdunc vne fcotence 
qui 



AVX ROMAINS. 



« 



^i dfmture ferme & arrtftce , Qjc nul ne mains a Chrift, duquel nous auons efle faitf 
'■•-''■ conrors& comme côp.ignons. Orcft il ainfi 

que Clirift en a prlns polfelTion par la croix. 
il l'cnfiiit donc qu'il faut auifi que noui y 
entrions par mel'nie moyen. Aurcfte ,il no 
faut point craindre ce qu'aucuns craignent, 
Afcauoir qu'il ne fcmble 'par ce moyen que 
S.Paul attribue a nos labeurs la caulcdc la 
gloire éternelle. C.tt c<fte façon de p.-irlcr 
n'eft point nouutlle en l"Efcriiure:m.ii» cl. 
le dénote pluftoftl'orJre q le 'îeigncur tient 
nous a adoptez pour enfans fiens , il nous a en la dirpêlation de noftre Caliit.que non pas 
«luant & quant deftiné l'héritage. Aptes ce- la caule Car par ci dcuant il a allez côbaru 
la , il donne tacitement a entendre quel eft pour maintenir la milericordc gratuite <ie 
<cft héritage, afcauoir celefte . & pourtant Dieu contre les mérites de< «ruures .main' 
incorruptible & éternel , 8: tel qu'il a elle tenant nou« exhortant a patience, il ne trait- 
tnanifefté en Clin ft, par laquelle manifefta- te point d'où procède noftre lalut, mais quel 
tion toute incertuudc eft oftee.&eftmon- moyc le Seigneur tient a gouuerner les fies, 
ftrcc l'excellence de l'hcritagc, auquel nous t^ Cm i:ui ùicn nuit i'iflime. Combien 

participons aucc le Fils vnique de Dieu: 



fieuteftre nomme enfant de Dieu, finon que 
uy roerme (e recngnoilfc cftretel; Laquelle 
cognoilTance eft par fainft lehan en fa i cpi- 
ftre.chap.s.d.ij.zo.nommee Science, pour 
mieux dénoter la certitude d'icelle. 

17 Eifii>iiiifimmfjraf.inr, Par vn argu- 
ment prins des chofcs coniointcs on fubfe- 
i^ucntes, il prouue que noftre falut gift en ce 
«jue nous ayons Dieu pour Père. L'héritage 
eft deftiné aux enfans : puis donc que Dieu 



combien que l'intention de S.Paul eft (com- 
me il apparoiftra encore mieux tâtoft après) 
d'cflcuer par louangis magnifiques l'hcrita- 
gea nous promis, afi:i que prenant en iceluy 
ooftre contentement, nous merprilions vail- 
iamment tous allcchcmcs du monde, & por- 
eioni patiemnienc toutes les fafcherics qui 
BOUS furuienent en ce monde, f'ire fi noiM 
fiMJfrni Kkfi tuy. On cxpofe ce paflTage en di- 
uerfcs foitesimais ce fcnsyci me plaift plus 
fjue cous les autres, afcauoir, Que nous Co 



que ceux qui prcnenr ceci par manière de 
correftion.ne parler p.^s du tout fans propos, 
toutelïois i'ainie mieux le rapporter a vne 
amplification de l'exhort.ition, comme enâc 
dit par anticip.ition , en ce feus , Et ne nous 
doit fembler falVheux , fi par duicrfcsaffli- 
âions il nou'; faut paruenir a la gloire cele- 
fte ;veuque fi on vient a faire comparaifon 
d'icellcs aucc la giâdeur de ceftr gloire.cUcs 
nedoyiientcftre rien eftimees. Il a vlé dece 
mot 0/tire fteiiir, pour éternelle • comme a 
roppnfite il appelle Ut af/lini-iii ix mcm/i-.ou 



mescolieritierstle CIirlft,pourue>i que nous du têps prefent :pource qu'elles pîflcnt fou- 



le fuyuions pour prendre poflcOTion de l'hé- 
ritage , par le mcfme chemin qu'il a tenu. 
Etainli , ce qu'il a entrelacé , fjifant men- 
tion de Chrift, par cela mefme il Pcft volilu 
faire ouuerturc pour entrer en cefte exhor- 
tation .comme de degré en degré, en cefte 
forte iL'heriiage de Dieu eft noftre.d'autant 
^ue par fa grâce il nous a adoptez pour fes 
enfans. ^ afin q nous n'en foyons en doute, 
«lefia la poirclTion d'iceluy a efte roife entre 



daineinent. Au rcftc, par ceci il appert que ce 

raflage a efte fort nul entendu par les Scho 
iftiqiie^, quard d'iceluy ils ont prins leurs 
diftinâions friuolrs de Congrue, & de Con- 
dlgno . Car l'Apoftre ne fut pas côparailon 
de la dignité de ces deux cliofes l'vne a 
l'.iutre * mais feulement il ammndrit la pe- 
fantrur de la croix en côparailon de I.1 gran- 
deur de la gloire : & ce pour cop.fcrmer en 
patience les ctrurs des fidèles. 



19 Car '[attente ardente de la créature attend ta reuela- 
tion des enfans de Dieu. 

io Car les créatures font fùtetes a ^antte, non point de leur 
^oulotr-tmati a catife de celuj efut les a affutettes'en eff>erar;ce. 

II Car afijii mefme la créature fera deliuree de la flruitu~ 
de de corruption-, pour cftre en la liberté de la gloire des enfans 
de Dieu. 

zi Car 7zcusfcauo»s efue toutes créatures 'gemiffent enfèm- 
hle, ^ trauaillcnt enfemble lufqu'a maintenant. 

■ • • ■ deftrelfe : la féconde , Q_ie toiiieffois elles 

t fouftenue, & foulagecs par efperance 



T l*utte»tt ttitirtitf Je Li(ttxtHre. Il 
dit que de cefte patience , a laquelle il nous 
auoit exhortez , on en voit vn exemple mef- 
mes es cre.ltures miieics. Car fans m'amu- 
let a la diucffite des expofitions.voyia com- 
ment ic picn ce paftjge, Qu'il n'y a clément, 
ne pattie aucune du monde , laquelle par 
manière de dire , eftani touchée d'vnc co- 
gt'oiflance de la miletc prcfcnte , ne foit en- 
ccnciue a l'efpcrance de la reluirtftion. Et 
de faiâ.il propofedeux choic»:la première. 



Dont aufll il appert combien eft grand & 
ineftimable le pris de la gloire éternelle, 
de poiiuoir ainli eimunuoir .i attirer toutes 
choies a le délirer. Au refte . combien i.ue 
cefte façon de parler , ruariiie uiieml, fou 
vn peu eftrangctUc hatouteffois vn fens 
fort conuen.ible. Car il a voulu fignifier 
que les créatures font enferrées de grande 
dcftiefle ,& tenues en fufpens par vu grand 



«lue toute» créatures traualUcac Klooten di^Hr (itccndatu ce iout-la qui mettra cQ 



'ou , le 
grand 
dcfir 
des crc 
atiircs 
eft en 
ce qiie 
elles ^t 
rend et 
'ou, fo' 
cfpera- 

CC C|UC 

elles le 
rôt auC 
fi dcli- 
urccs 
de la 
feruitil 
de. 

•ou, fou 
fpirenc 



chap.viir. 



SVR L'EPISTRE 



*C'eH juand 

ta attribue 
aux chcfri 
ijenfhlcl et 

««":'"«- 

me qn'iiux 
f cf. nier, 
femme pare* 
le , tcye, tri- 

<i3 teiei af- 
Jeliitiu. 



euidcncela gloire des enfans de Dieu. Il ap- 
pelle L« reue/.tii'sn Jetenfiiij ; quand nous fe- 
rons femblablesa Dieu , comme dit fainft 
Jelian.Car combien que nous fcachioni que 
rous fomme» fcs enfans , il nVft pas toutef- 
fois encore apparu, t.lehan ;.a i l'ay retenu 
les propres motJ de fainft Paul, pource que 
latrâflation d'EraTmem'a femblé eftre par 
trop hardie :afcauoir, lufijurs a ce que le» 
enfans de Dieu foyent manifi-ftei^ toutef- 
fois n'eïprimer point fuffiramnient l'inten- 
tion de l'Apoftre. Car il ne veut pas dire 
(oue lei enfans de Dieu feront manifeitfz an 
dernier iour: mais que lors on verra a l'œil 
combien fouhaitable & lieurcuie eft leur 
condition, quand ayaiis de fpouillé leur cor- 
ruption , ils feront rcucftus de la gloire ce- 
lefte. Car a cefte fi ' il attribue elperance 
aul créatures infenfibles, afcauoir.a ce que 
les fidcles ouurent leurs yeux pour contem- 
pler la vie inuifi'ile , combien qu'elle foit 
encore cacliee fous vne poure apparence. 

io Car fei crettiMrri f^tit fuieter. Parle 
contraire il déclare la fi i de l'attente. Car 
d'autant que les créatures eftans mainte- 
nant fuiet'es a corruption, ne peuucnt paj 
tftre pUiftoft rellaurees , que iulquesa ce 
eue les enf.ins de Dieu foyent remis en leur 
entier : pour cefte caulc icelles attendans 
leur reftauration, regardent a la manifefta- 
tion du Royaume celefte. Il dit , Qirclle» 
font fuietes a vanité , pourcb qu'ellcl ne 
demeurent point toufiours en Vn eftat ferme 
& ftable , mais comme tranfitoires Sr cadu- 
ques, paffcnt légèrement.* font leurs cours 
en peu de temps. Car il n'y a point de doute 
Q/iIn'opporecemotderi'""avnenature 
entière. AT'» p""' ^' '"<' -""<l"'- Veu qu'il 
ti'y a nul fentiment en telles créatures, cer- 
tes il faut prendre le mot de (^'«loir pour 
vne inclination naturelle, par laquelle tout 
ce qui eft en nature tend a fe maintenir , & 
acquérir perfcftion. Ainfi donc tout ce qui 
eft dttenu fous corruption , fijjffre violen- 
ce fa nature allant au contraire & reii- 
ft.inc. Mais il y ? en cefte façon de parler 
vne figure nommée *Prolopopee , par la- 
quelle il introduit chacune partie du mon- 
de comme ayant fentiment. Ltc'eftpour 
nous faire pl"S grand' honte de noftre ftu- 
pidite.fl ce ftottement incertain ,&; chan- 
gement caduque du monde , ainfi que nous 
IV voyons , ne nous tait drffter Us efprlt» 
plus haut. >/.«■' * '■"•[' d' '''"y- Il no,"' P";"- 
pofe en toutes les créatures exemple dV)- 
beiBance ;& adioufte qu'icelle procède d ef- 
perancc: d'autani que de là vient qu'on voit 
au fo'eil,cn la lune, f< es cftoilles, vne alai- 
grete a continuer fans cefte leur cours or- 
din.nire : de U vient auffi la promptitude 
d'obeiftance qii'on voit que la terre ha a 
produire Tes fruits : de la vient le mouue- 
îrent alfidutl de l'air: de là aulfi la pro- 
nrietcfc vertu continuelle dc« eaux a def- 
coulcr : Afcauair pource que Dieu a toutes 
ft» creaiures a enloint a chacune fon office? 
Hi non feulement leur a commandé prccile- 
«iient 8d donné mandcinrnt Ipicial de ce 

qu'il vouIqU qu'elles ftifl'tnt , uiais aufi^ 



leur a comme imprimé ao dedant me efp*. 
rancede renouuellement. Carencefte mi- 
ferable dilïipation qui feft enfnyniedela 
cheute d'Adam , il ne fe pourroit faire que 
quafi d'heure en heure tout ce baftiment 
vniuerfcl du monde ne veinft a f'tfcouler, 
&que chacune partie d'icclny en partrcu- 
lier nedefaillift, fil n'y auoit vne certaine 
fermeté fecrete venant d'ailleurs , qui le» 
foufteinft. Ce feroit dôc vne choie par trop 
honteufc que l'arrc de l'Efprit euil moins 
de vertu es enfans de Dieu, que n'ha ceft in* 
llina fecret es créatures mortes Ainfi donc, 
quny que le» créatures naturellement etr. 
ciment .ailleurs , touteffois pource qu'il a 
pieu a Dieu de les affuietir a vanité, ellef 
obeiffcnt a fon commandement. Et d'autairt 
qu'il leur a donné efperapce de merlleure 
condition , elles fe fouftiene nt ti confolcnt 
en ictlle. diffcrans leurdefir iuf^n'ace que 
l'incorruption qui leur a cfte promife foit 
reuelee. Au refte,c'cft vne Profopopec, 
quand il leur attribue EfJ'rrdnce ; comme 
nous auons dit ci deuant , quand il leur ac- 
tribuoit vouloir & non vouloir. 

II Cur «B^i mefme U err.tnire. il mon» 
ftre comment c'eft que la créature eft fuicte 
a vinite en cfperancc : Afcaiioir, pource 
qu'vn iour viendra qu'elle en fera deliuree: 
comme Ifaie (J<.c.i7,Ie«cfmoigne : & fainft 
Pierre en fa î.epiftre,chap.;.e lo, leconfer- 
me encore plus clairement Or il nous faut 
en ceci confidercr l'horrible malediftion 
que nous auons méritée , comme ainfi foit 
que toutes créatures depuis la terre iuf- 
ques au ciel , fe fentent de la peine que no» 
pecliez ont mtritee.conibieo^u'elles foyent 
innocentes. Car ce qu'elles trauaillent fou» 
corruption , cVft par noftre faute. Ainfi le 
ciel , la terre , 8c toutes créatures portent 
imprimée en elles-mefmes la marque de la 
condamnation du genre humain. Aucoiy 
traire auffi , par ceci mefme il appert com- 
bien grande fera l'excellence de la gloire en 
laquelle doyuent eftre efleucz les enfans de 
Dieu, vcu que toutes créatures feront rc- 
nouufices pour feruir a l'amplification Se 
anoblifl"ement d'Icelle. Au rcfte,il n'eru 
tend pas que les créatures doyucnt eftre 
participantes d'vne mefme gloire aueclc» 
enfans de D.icu ; mais que félon leur mel'ure 
& portée elle* les accompaigneront en ce 
ineillcurtftat : ptiurce qn'au;c le genre hii/. 
niain.Dicu rtftablirj ai.fli le;: U montftf, 
qui maintenant eft dccheu & abbaitardi. Or 
(i on demande quel fera ceft eftai entier tant 
es beSet bxutes , qu'es arbres & es métaux, 
c'eft vne chofe de laque lie il n'cft ne bon ne 
licite d'enquérir trop curieufement. Pource 
que le principal poinû de la corruptiondu 
monde , c'eft la mort , il y a des gens fub- 
«ils , mais bien peu fages & modcftes , qui 
demandent fi toutes el'peces de beftes fe- 
ronr Immortelles. Si on veut lalVlier la bri- 
de a telles fpeculations , où eft ce qu'elle» 
nous mèneront, ou pluftoft erg.ireront fi« 
nalemeni' Contentons-nous donc de cefte 
ûniple doftrine , qu'il y aura vn lel com- 
pafemtnt & ïii or4rt t> propre , «ju'on n y 
^ veti» 



AVX ROMAINS. 



54 



verra rien eu mil feint ou fuiet a deca> 
dence. 

2i Ciir n)u4 frduiHt jiir. Il rrpfte derechef 
la niefme fentcnce , pour de là continuer le 
propos fur nouî ; combien que ce qui eft yci 
dit , ha 1.1 forme & fubftmce d'vnc conclu- 
fion.Carde ce que le» créatures font fuictc» 
a corruption , ti cela non point par vne in- 
clination naturelle, mai« par ordonnance de 
Dieu : en aprei , qu'elles ont efperance de 
derpouiller quelque iour ccffc corruption: 
«le cela , di-ie.Cenfuit qu'elles gemirtent & 
fe plaignent comme vne femme qui eft en 
trauail d'enfant , iufqu'a ce qu'elles foyent 
deliurees. Or la fimilitude tft fort propre, 
«fa qoe nous fcachions que ce ge mifTement 
duquel il parle , n'eft pornt vne chofe vaine 
& morte: car finalement il en(;endrera vn 
fruit plaifant ii heureux, le l'ommairede 
«tci eft , Queles cre.itures ne prenent point 

1] Et non point fèntement elles , m/tù nott* 4u^t efui /tuons 
les ' commencemens de rEJprit , notts-mefmes di-ie 'gemi/fons en 
r.oM-mefmes^ en attendant f adoption ..^^cdt.u.oïz \U rédemption 
de nostre corps. 

14 Car notts fômmes fàuuez, en ejperance. Orl'efperance 
«fH'on^oitnefi point efperance :car ponr^uoj eJj>ereroit aucun 
ce fu'il ^oit? 

15 Masf ft nom ejperons ce que nous ne ^ojons point , notts 
tattendons par patience. 



leur eontcntemêi en l'eftat prerent.fc néant» 
moins ne trau.iille- 1 pas tellement , qu'on 
pnilTe dire qu'elles fedifpitept & feclientde 
chagrin, fans qu'il y ait remède aucun a leur 
mal : m.iis qu'elles trauaillcnt comme la 
femme a renf.intemcnt '■ d'autant qu'il y 3 
vn reftabliflement en mieux' qui leur eft 
préparé. Au rcfte , quand il dit qu'elles ^e- 
mijpnt tnfemUr : il n'entend pas qu'elles 
foyent entr'ellcs cnfcmble enferrées de de- 
ftrefte : mais il veut dire qu'elles nous tie- 
rent en cela compagnie. Ce mot luf-jur, it 
ni.<intrn.</>r , tend a addoucir & amoindrir 
l'ennuy d'vne longue attente & langueur. 
Car fi les cre.itures par tant d'aajes en leur 
gemiffemët n'ont pas lailfé de fe mai"ienir: 
combien hti inexcufable noftre piifilKinl- 
mite.ou lafchete fi nous défaillons, n'ay^n» 
qu'a p.i (fer par l'ombre de cefte vie . de la- 
quelle le bout tft incontinent troiuié? 



•ou.pre 
miccs 
•ouXoa 
tpiiôs 
ou . )a 
dcliuti 
ce 

lut 11. f.îZ. 



il Et rtSfi I cÎMt fru/nrtfnt elles, nt^M ntut 
tuft fmi tumi fei ccmmen<rmtni. Il y en a au- 
cuns qui penfcnt que l'Apoftre.iityci vou- 
lu eiaggerer l'excellence de noftr'e be.iti- 
tiide avenir, par ce que toutes chofes l'at- 
tendent d'vn defir ardent : & non Teulement 



de Pteirlrtr vne excellence finguliere & 
nompareille , ce que ie ne troiiue point 
propre : pour euiter ambiguïté on pourroil 
traduire le mot Grec tes commencement. 
Car le n'cnten pas, comme ils font , que 
ceci foitdit des Apoftres (eulemcnt : m.ii» 



les créatures qui n'ont point l'vfage de rai- de tous fidcics en gênerai, qui en ce mond« 
fon , m.iis nous aufTi qui fommes régénérez eftans feulemenr arrouCci de quelques pe- 
par l'Efprit de Dieu. Liquelle opinion eft tiies gouttes de l'Ffprit.ou bien le plu$ 
bien vraye . k la poiirroit on bien défendre qu'ils fc.ichent auancer, nyans quelque ccr. 
éf maintenir : toutefois il me femble que tainemefure d'icriuy , font encor bien loin 
e'cft yci vne compara^fon du plus petit au de l'accomplilTement. Voyla donc ce qiiç 
pliisgcind • comme Pli difoit , les elemrnj l'Aooftre appelle CîmxicnrrmeMj ou prrmicrr 
niefoies qui font fans raifnn & fentiment, aufquelles eft oppofé le rcuenu entier & 
ont en telle eftime l'eicellence de noftre accompli Car pourcc que nous n'auonipas 
floire a-venir , gu'ils font par manière de encore rectu la pleniiude, ce n'eft pas mer- 
dire, comme rauSs d'vn defir d'icelle ; beau- ueille fi nousfommes agitu d'inquiétude. 



eoup plus f.iut-il que nous , qui fommes il- 
liiminet de l'FTprit de Dieu , prétendions te 
irpirionsala grandeur excellente d'vn tel 
bien , i par fermeté d'efpcrance , iV par cf. 
fort d'.iffcftion ardente. Ft en ceci il re. 
cjuiert double affcdion es fidèles , aTcauoir 
premièrement que rent.ins la peTanteiir de 
leur mil'cre prefente , ils gemifl'cnt en eui- 
melmes : m après que nc.inimoins ils atten- 
dent p.itiemment leur deliiirance. Car il 
veut qii'cftans fouftenus de l'attente de la 
béatitude a. venit , ils lurmontent parma- 
gnanin-.ite de courage toutes les mifercs 
prefeniesien forte qu'ils ne cofidcrent point 
«]uels ils font maintenant, mais quels ils fe- 
ront. N-«» ,„',V ^„i .,,,„, Ir, r.mmnu.mtn,. 

Tourcc que les autres eutendcnt par le mot 



Au refte , quant a ce qu'il répète deux fois, 
»«« i*p : Se puis encore .'•près cela , met 
ce mot fJi yi'm.mrfttir) : c'cli pour faire le 
propni de plus grande s'cbcmence , afin 
d'exprimer tant mieux vn défit fort ardent. 
le II ne le nomme pas feulement Defir, 
mai» Grmtflrmmi : pource que là où il y a 
fentimcnt dt miferes là anOfi v a gemiffe- 
mcrt. .'(itrnil.in, rjJ:ftien Vr'y eft qu'il 
pirle improprement. mais toiitelfois ce n'eft 
point fan» très boine raifon.en nommant 
^i^jf'nt la friiitiiS de l'héritage auquel nom 
auons cfte adopter. Car.^.P.iul veut dire, 
tiue ccftciernel dfcrer de Dieu , par lequel 
Il nous a eleus pour Tes cnfans deu.int que 
le monde fuft fait . & duquel il nous rend 
tcimoignacc par l'£uan];itc,du(^uelaulB i{ 



Chap.VIir. 



SVR L'EPISTRE 



réelle U eertîtuJe en nos cœurs par Ton 
BCprit : viendroit a ncant , (i U refurrcftion 
promife , qui cft vn effet «i'iceluy , n'eftoie 
tertaine. Car a quelle fin eft-ce que Dieu 
nous eft Pere.finon afin qu'eftans venus a 
bout de ce pèlerinage terrien , noua foyonj 
receus en l'iicritagecelefte? A cela mefme 
tend le mot qui f'enfuit après, ta reiiemptitn 
du cerf/s. Car Clirift a tellement payé le pris 
de noftre redéption , que touteffois la more 
nous tient encore lier de fes liens , ou pluf- 
toft nous la portons au dedans de nous-mef- 
mes. Dont f'enfuit que le facrifice de la 
mort de Clirift fcroit Inutile & fans effet , lî 
le fruit ne Cen demonflroic au renouuelle- 
ment cclelle. 

24 Cur »!U4 fommfi ^AUiut^ tn eîperdnce, 
Sainft Paul eonfernie fon exhortation par 
vn autre argumentrafcauoir pource que no- 
lire falut ne peut eflre feparé d'apparence 
de mort. Ce qu'il prouue par la nature d'ef. 
perance. Car comme ainfi foit qu'efperance 
f'cftend aux chofes qu'on n'a point encore 
efprouuees & cognues par euidéce,& qu'el- 
le rrprefente a nos efprits vne image de» 
chofes qui font cachées & bien eflongnees 
de nosfens , entourée qu'on voit a l'oeil, 
ou qu'on touche a la main efperance ne 
peut auoir lieu. Or fainft Paul prefuppofe 
& prend pour tout certain.ce qu'on ne peut 
nier. Que tatidls que nous fommcj en ee 
monde, noftre falut giften efperance. Dont 
Penfuit qu'il eft gardé par deuers Dieu d'v- 
ne façon bien eflongnee de tous nos fens. 
Quant a ce qu'il dit que l'eJJirrMce qu'oit 
toit, ntfl fihtefjicrMct : xtiy eft que la fa- 
ton de parler eft eftrange , mais touteffois 
elle n'obfcurcit point le fens. Car il veut 
Simplement monftrer, comme ainfi foit que 
«fperance eft d'vn bien avenir, & non pas 
prefent,que iamais elle n'eft coniointe auce 
plene&euidente polTefTion. Et pourtant, 
i'A y en a aufquels il fafche de gémir, il 
faut neceffairement que telles gensrenuer- 
fent l'ordre eftabli de Dieu: qui n'appelle 
point les fiens au triomphe, que deuant il 
ne les ait exercez 3 la foultede patience, 8c 



puis qu'il a ainfi femblé bon a Bîeil, ie ftr* 
der noftre falut comme en fon fein clos & 
ferré, il nous eft proufitablt en ce monda 
d'ahanner , eftre preCTe z , affligez, gémir, & 
mefme de languir comme gens demi mort»i 
ou femblables a morts. Car ceux qui vou- 
droyent yci auoir leur falut vifible .fe fer. 
ment la porte d'iceluy , renoncans a efpe- 
rance , qui en cft la gardienne ordonnée ds 
Dieu. 

a? Ttldàfi noM r[jirn»r. C'eft vn argu- 
ment prins de la chofe oui précède > a celle 
quiPeafuit : pource que d'cfpcrance necef^ 
iairement f'enfuit patience qui l'accompa- 
gne. Carveuque c'eft vne chofc fafcheufo 
de ne iouir du bien qu'on dcfire.fi l'homme 
ne fe fouftient & confole par patience , il 
faut neceffairemcQt qu'il défaille £: demeu- 
re accablé de defefpoir. Ainfi donc efpe- 
rance tire toufiours auec foy patience. Et 
par ainfi la conclufion que fait yci l'Apo- 
ftre cft fort propre, Que tout ce que l'Euan- 
gile nous promet de la gloire de la rtfurre- 
ôion , Pefuanouir & demeure fans effet , fi 
nous ne pafTons la vie prefente tn portant 
patiemment la croix & les tribulations. Car 
fi la vie eft inuifible , il faut que deuant les 
yeux nous ayons la mort ; fi la gloire eft in- 
uifible , l'ignominie donc eft prefente. Si 
nous voulons donc comprendre en peu de 
paroles toute cefte matière , il faut réduire 
en cefte forme les arguniens de fainft Paul: 
Le falut de tous fidèles confifte & leur e> 
gardé en efperance. Le propre d'efperanc» 
cft de meitrefon but es bien< a- venir &al>« 
fens. Il f'enfuit donc que le falut des fidèle» 
eft caché. Or eft-il qu'efperance n'eft fou- 
ftenue que par patience : parquoy auffi le 
falut des fidèles ne Paccomplit finon en pa- 
tience. Cependant nousauonsyci m paflage 
bien finguiier St. notable , Afcauoir que pa- 
tience tient compagnie a la foy infeparable- 
ment : de quoy la raifon eft tout euidente» 
Car quand nous-nout confolons par efpe- 
rance de meilleure condition, le icntimenl 
des miferes prefentes eft par ce moyen mo- 
déré & addouci.a ee qu'elles ne nous foyent 
fi mal aifees a porter. 



Icurait fait porter leioug. Mais maintenir, 

, ' ^é rareillement atift tEjprit 'aide enfemhle a nos foihleP 

» fes. car nous vefcauons point ce efue nom dettons prier comme il 
ç appa r tient : mais l'Ejf>rit mefme fait requelle pour now par'ge' 
ç . ' mtjfemens ejuon ne peut exprimer, 

^ .^ 17 Mais celuj qui fonde les cœurs , cognoifl quelle eff 
^^ ^ f^^ffe^iion de [ ef^rit : car il fait requefle pour les Sainélt 



V^''''^'^ félon Dieu 

76 PdrtiUtmrnidulti. Afin que les fi- 
dèles ne veiiifl'ent a répliquer , qu'ils font 
trop imbccilles pour pouuoir fournir a por- 
ter tant de fardeaux & fipefans, illeurpro- 
pol'e l'aide & le frcours de l'I f'rit , lequel 



Cf»:teu que nous fommes a ce fortifict paf 
la vertu celefte. It en ceft endroii le mot 
Grec duquel vfe fainft Paul eft de grand 
poids pour exprimer cefte affiftance. Se em- 
porte beaucoup plus que ne f.iit le mot Ai- 



ft plus que fuffir.int pour leur faire fur- der,en noftre Languticar il fignifie que l'Ef< 

monter toutes difficnltez. Il ne faut donc prit prenâr fur foy la pcfantcur du fardeau, 

plusqu'aucun fe plaigne , que de porter la duquel noftre infiimite le trouuc ch.irgee, 

ttaix , c'eft vuf chofc qui furpaU'e fes fpr- m}n feulement nous aide & baïUc fccours. 



AVX ROMAINS. 



ît 



Vilt nom Toulife & derchirge ne plut ne 
moins comme fil portnic le .'.irdeau lucc 
nous. Audi le mot D'inpTmite\ ouf^ik/rffer au 
nombre pluriel, emporte Con poidi Car pour 
<e que l'expérience monftre i|ue fi nous n'e 
liions appuyez de li m.iin de Dicu.nout fom 
mes «nuironnci de mille moyens qui; le- 
royent incontinent pour nous taire tresbu- 
clier. Saina Paul admonefte qu'encore que 
de tout coftcz nous l'oyoni foibics , & qu il 
y aie en nous des in6rmltez lans nombre, 
qui nous menacent de cheute , que tou- 
te iïois nous trouverons aflicz de force Se 
lecours en l'Elprit de Dieu , pour iamais 
ne perdre courage , ou eftrc abbatus , quel- 
que amas de maux qui puilTcnt furuenlr. Au 
refte . cette force de l'Efprit , laquelle nous 
vient au fccours.nous monftre plus affeuree- 
mcnc , que c'eft par l'ordonnance de Dieu 
qu'ainfi aduient > que nous paruenlons a la 
iouiffance de noftre rédemption en ahinnâi, 
& par gemiffemens Se foufpirs . Cir non nt 
frsu'.iirf.iiit . Il auoit ci dcffus parlé du tef- 
inolgnage del'IUprit.par leciuel no'cognoif- 
fons que Dieu nous eft Père , & fur lequel 
eftansappuycz , nous auons la hardieffe de 
l'inuoqucr comme Père: maintenant retour 
nant derechef a ce fécond membre, afcauoir 
de l'inuocation, il dit que nous fommes en- 
feignez par le mefnie Efprit, cornent il faut 
inuoi)uer Dieu,& que c'cft qu'il luy faut de 
mander en nos prières. Et cela vient fort bié 
■ prop4>s,de ce qu'ayant parlé des defirs an. 



auec la langue leurs prières: mais c'ell auce 
vncpure mocquerle de Dieu, d'autant qu'il 
n'y a rien en eux qui procède de fynccrite, 
qui foit fait a bon elcient & bien compaf- 
fé . Parquoy il eft necelfaire pour bien pri- 
cr,que le fainâ Efprit nous en difte nu fug< 
gère le moyen & la manière. Et pourtant l'A 
poAre appelle OrmiJfemtmqHcn nr fru: exfrl 
tnrr , efqucis nous entrons ettans pouffez du 
fainft Efprit : pource qu'ils furpaflent fan* 
compar.iifon la cap.icitede noftre entende» 
mcnt.Au refte, quand il eft dit q l'Efprit de 
Dieu fait requeftes pournous , ce n'eft pa» 
que. luymefnie de laift f'abbaifie en hu- 
milité pour prier ou gémir- mais pourc» 
qu'il met en nosefprits les fouluits def- 
quels il eft bcfoin que noutfoyons touchez: 
puis après aufii cfmeue tcllemét nos cœurs» 
que d'affeftion ardente ils pénètrent iufque» 
au ciel. Et fainâ Paul aainfi parlé, afin d'at- 
tribucr tout cela plus fignilîjminent a la 
grare de l'Efprit . Vray eft qu'ii nous eft 
bien commandé de heurter, Matthieu 7.b 7^ 
mais jamais homme ne pourra defoy-mef- 
me préméditer pasvnc feule fyllabe , finon 
que Dieu nous pouffe par vn inftinô fecrei 
de fon Ffprit,& qucmefme ilouure no» 
cCEurs pour y auoir enirce> 

27 MA:i ieiuyquî[:>nâe lef tixurl. Voycl 
Tnc fingullere raifon pour nous confcrmer 
en cette affcurance, que nous fommes exau- 
cez de Dieu , quand nous prions par fon £. 
fprit . Car il cognoift priueement nos fou. 



goiffeiix des fidèles, il Tient maintenant a cô haits & prieie5,commc cftjns penfees & coa 



loindrc le< pneret Car quand Dieu les affti 
ce de mifcrcs, ce n'eft pas afin qu'ils nourif- 
îent dedans leurs cœurs »n chagrin , S( nm- 
genileur frein, comme on dit, mais afin que 
jls fedefchargent en priant >8f qu'ainfi ils 
exercent leur foy. Au refte, combien que ie 
fcaclie qu'on amené diuerfes expofitiôs fur 
ce pair.ige , touteffoit il me femble q S Paul 
»eut fimplemeni dire, Qiie nous fommes a- 
veuglcs, quant a prier Dicu:pource qu'enco 
reque nousientiôs nos maux, touicOois nos 
cfpriis font fi confus te. embrouillez , qu'ils 
nepeuuent clioifirgt droitcment dilcerner 



ceptions de fon,tfprit.Ei f.iut bien noter la 
propriété de ce mot Ctgn-iftrr : car il fîgnifie 
que Dieu ne laiffe pas paffer outre ces affc 
ftions de l'Efprit côme nouuellrs & non ae* 
couftumees:ou 11c les reieite point tome ab 
fuides.mais les recognoift.fc quant Se quât 
reçoit benignement, comme chofes auoueet 
Sr appriiuuees de luy . Comme donc fainfk 
Paul a n'jgueres tefmoignc , que Dieu nou« 
aidedcfia , en nou^ prenant pournous met- 
tre, par manière de dire, en (on giron ; ainfî 
maintenant il adioufte vne féconde' côfoli- 
tiô, afcauoir qnos prières ne ferôt point val 



ee nui eft bon Se proufiiable. Si on réplique ncs.vcu q Dieu luy mefme eft celuy qui 1 

a cela , que la règle pour nous y gouuerner côduii&côpaffc.Li raifon aulTi eftadinuftee 

eft donnée en la parole de Dieu ; le refpon q incôfinët après , Alcauoir pource qu'il nouf 

nos aiftâions demeurent neanimoins acca- duit jccôformeainfiaio plaifir.Dôt f'enfuit 

bl ecs de ténèbres, iufqu'a ce que le fainâ E qu'il ne fe peut faire que ce qui eft confor- 

fprit les addrelTc par fa lumière . M.tw /'£- me a (a volonté , par laquelle toutes chofet 

firiimrfmt fjii trijmrfli. Combien qu'il n'ap- font gouuernecs, demeure fans effet. Appre. 

paroiffc point encore par cfTeil & euene. nonsaulTîd'yci.q le principal poinil jifcôme 

nient ,que nos prières ayent efte exaucées le fondement en la prière, e(t d'accorder a- 

de Dieu, fainftPaul loutclTois recueille, que ucc la volonté du Seigneur ; lequel nos pro- 'f>., ^ 

dcfia en ceft exercice & alfeâion de prier, rc près dcfirs ne tienent point lié & obligé a * ." 

luit la prelence de la grâce ceirfte: pource q '"<' Et pourtant ,li nous voulons que uus c- fcitUoif 

jamai" homme de foy. mefme ne pourroitco raifons fnycnt agréables a Dieu , il le faut 

ceuoir en Ion cœur prière l'alnfte k bonne. prier iiu'il luy plaife le» compaffer a fon ^ CCUX 

Vray eft que les ineredulesdccliqueroot bié bon plaifir. Clui fnt 

18 Noua/ciittons /tttCjl eiue toutes chofes aident enfcmble en appe- 
bien a ceux ^ui aiment Dteu: 'ejui fèion fon propos font appelez.. lez felo 

19 Car ceux tfu'ila auparauant cogntn,$l les a auÇftprede- fon ax- 
fiinez^ a eflrefatts conforma a hma^e de fon F ils -.afin e^utlfoit reft. 



Cîiap. vin. SVRL'EPISTRB 

lefremier-ndy entreplttjteursjreres. 

\o Etceux efKfl a predeitinez,tiUes a attfjt appelez,:^ceu:< 
tjHila af^pelez,-,tl les a auff ittJUjiez^ : ^ ceux (juila iK^fjiez,^ 
nies a anfi glorifiez.' 



î3 Nmi fcmiHj'uuf! . De ce qui a elle 
dit Cl dclTiiSiil cuncinti maintenant que tant 
l'en faut que Ut niiferes de cr fte vie retar- 
dent noftre falut, que phiftoft elles y fcruent 
d'aides .Et a cela ne répugne point ce qu'il 
i/apasyci vfédu mot Dôc, ou autre ftmbla 
Ijle, ainî d'vn mot q fignifie Auflï, ou Mais; 
veu que ce n'eft pas vne cliole nouiielU a S. 
Paul en tels tc:rines,dc prcdre l'vn pour l'au 
tre , conibitn qUc cefte conclufion emporte 
auffi vneanticipaiion.Car lelenjdela chair 
contredit yci , murmurant en foyrtlefme, 
QmM n'âpparoift point que Oieu exauce nos 
pricres , veu que nos affliftiOiis ne.laiflent 
pjs de côcinucr toutiouis d'vn mefme train. 
l'Apoltre donc par ces mots vient au de- 
uant ,difjnt que combien que le SeigntUrne 
donne pas mcontinent fecours aux fienj, 
louteftois il ne les deLufll- point: pour. 
te qje par vn moyen merutiUeux il con. 
ucrtit a leur falut les cliofes qui fcm- 
bloycnt eftre côtraires. Neantmoins fi quel- 
«ju'vn aimoit mieux lire ccfte fentéce a part, 
tclltmtnt que ce foitjrci Vil argument uou- 
ueaii. par lequel fainft Paul prétend démon 
ftrci qu'il ne fc faut point fal'cher des aduer 
ûcez. Si les porter a regret , veu qu'elles ai- 
dent a noftre Giut^ie n'y contredi point. Ce- 
pendant l'intentiôde fainft Paul eft toute e- 
uidente, Combien qu'indifféremment les e- 
leus & Ici rcprouuez foyent fuiets a fembla 
bU's maux, que tuutelTois il y a bien grande 
diffirence, poiirce que Dieu tenant par affll 
ôiôs les fidclej en U dil'cipllne, procure leur 
falut Or il nous faut entendre que fainft 
Paul ne parle yci que de» aduerfitez • com- 
me l'il eu/t dit.Q^ie Dieu modère tellement 
toutes les chofes qui aduicnent aux Sainfts, 
tjue ce que le mode cftime dômagcable, l'if 
lut le monftre eftre prouftcable. Car com)>ié 
que ce que fainft Augiiftin dit.foit vray.Que 
par vnc certaine dii'penfatian delà prouidc- 
ce ds Duu.tant f 'en faut que les pechei mef 
mes que Us fidèles conimcttét.leur nuifent, 
que pluitoft ils fciucnt a leur falut : toutef- 
fois il ne côuient point en ce paflage.où il eft 
traitic de la croix . Au refte , il faut noter, 
que fous l'amour de Dieu, l'Apoflre a com- 
prins tomme en vn fommairc, toutes les par 
tus dcpictc:comme auffia l.i veritc de là de 
pêdtoutc affiftion ik exercice de iuflicc.JJ.ii 
feUn fin prcpi, . i\ Omble que ce mot ait e- 
fte adioiilté par forme de correftion : afin 
que pcrionne ne penOft que les fidèles, 
d'autant qui'ls aiment Dieu , obtcinllent 
par leur incritc de recueillir vn tel fruit 
des aduertitez . Car nous iVauonj que quand 
il eft qucltion du falut, Us hommes com- 
mencent volonti rs par tux mcfmcs, & ima- 
gine t de leur collé le ne fcay quelles prepa 
»atiô«,par lelquclles ils preiiiLnét lagr.ice 
de Dieu • £t pourtant, ceux que laiuft Paul 



auoit au parauant nommez gens aïmanj 
Dieu , & le feruans , maintenant il monftre 
que ceux la ont auparauant efte eleus de 
luy.Car il eft certain que l'ordre de ce« cho 
ftj eft yci expreffeement toucfré,afin que no* 
fcacliions que l'adoption de Dieu gratui- 
te, eft la première caufe de laquelle dtpend 
& procède ce bien , que toutes cliofes tour- 
nent a falut aux Sainfts- Etmefmes fainft 
Paul monftre que Us fidèles n'aiment Dieu, 
finon depuis qu'ils ont efte appelez de luyr 
comme en vn autre lieu il remonftre que 
les Galatiens ont efte cognus de Dieu.de- 
nant qu'ils lecognufTent , Galatiens ^.b.9. 
le côftfTcbien que le mot que dit yci fainft 
Paul, eft vray.Afcauoir que c'eft ftulemens 
a ceux qui aiment Dieu , que les afftiftion» 
proufitent a falut. Mais ce que dit S.IehS 
eft auffi pareillement vr.iy,(i.Ielian 4.b.i».) 
Que nous commençons a l'aimer lors feule- 
ment quâd il nous a prewenus de fon amour 
gratuite. Au refte, la vocatiô de laquelle par 
le yci fainft Paul .comptéd beaucouprcar il 
ne la fautpas rtftraindre a cefte manifeftatiô 
d'eleftiô.delaquellc vn peu après il fera fait 
mentiô. Mus elle eft mile llmplement a l'op 
pofite de la courfe de l'homme: comme fi S. 
Paul euft dit , que les fidèles ne f'ocquierent 
pas pieté & crainte de Dieu par leur propre 
niouucment : mais pluftoft qu'ils y font me» 
nez parla main de Dieu entant qu'il les clioi 
fit pour fon héritage peculier-Le mot tir Pn 
pli exclud noi3ment tout ce qu"<>n imagine 
q les homes apportet de leur cofté:côme f:S. 
Paul difoit.qu'il ne faut point chercher ail- 
leurs lescaufes de noftre elcftion, qu'au fe- 
cret dubon plaifir de Dieu. Ce qui appert 
encore mieux du i. chapitre aux Bphefiens, 
& dm de la 2. a Timoihee, où auffi notam- 
ment eft exprimée l'antithefe de ce propo», 
& de la iufticc humaine. Ti.utelfois il n'y a 
point de doute que fainft Paul.en difant yci 
que noftre falut eft fondé en l'eUftion de 
Dieu, n'ait eu nommcement efgard a fe fai- 
re ouuetture ,pour de U pilTcr a ce qu'il a 
mis incontinent après ! Alcauoir que par la 
mcfme ordonnance celefte les afHiftions 
font deftinecs pour nous rendre conformes 
a Chrift;afin qu'il conioingnift & lia» com- 
me d'vn licnde ftaternite, noftre falut aucc 
la foufFrance de la croix. 

29 f.ir cruvuii''^.* .*« parJuar cognuJAl mo« 
ftrc donc Si.prouuc p.Tr l'ordre mefme de 
l'clcaion.que toutes Us affi'aion^ des fidè- 
les ne font autre chofe qu'vn moyen par 
lequel ils foyent faits conform. sa Chrift: 
ce q notammët il auoit tefmoigre ri deuant 
eftre necflT.iire.tt pourtant il ne f.ut p(>iiit 
que nous foyons marris , ou qu'il nous foit 
grief Se fafcheux d'eftre affligez , finon que 
par mefme moyen l'elcftion du Seigneur, 
par laquelle nous fommet predcftinei a 



AVX ROMAINS. 



5* 



^te, n»\H firche: fïnon tuCR que noiit ayons 
regret de reprelenier en nous l'image du 
Fils de Dieu. par latjuelle noii5 Tommes pre 
pjrei .1 U gloire celefte. Or celle cognoinan 
ce de Dieu preeed nte ,de laquelle fjinft 
Paul parle yei.n'eft njs vne prercience nue, 
comme imaginent tollement aucuns mal e- 
Tercei : mau l'adoprion par laquelle il a 
toufinurs difcerné fes tnf ni d'auec let re- 
prouuez . Selon lequelfenslainâ Pierre dit 
que les fitljr^ont efte eleus en Tauftifica- 
tion de l'El'prit , félon la cognoiffance pre- 
cedei'te de Dieu.r.Pjcr i.ï.2.Paiquoy,ceiit 
dcfque'j l'ay parlé eoncluent mal a propni. 
Que Dieu u'a elcufinon ceux dcfquels il a 
preueu qu'ils feroycnt dign'sdefa grâce. 
Car fainft Pierre ne H.itte pornc là les fidè- 
les , comme fi chacun d'euien fon endroit 
auoii e*e eleu pourfcs nie'itesimaij leJ l'a- 
menant au confeil éternel de Dieu , il lej 
defpouille de toute dignité Salr a Paul auffi 
en ce lieu repeie par vn autre mot ce qu'il 
auoit o'jgueret toudié du propos deDicu. 
Dort Ptnfiiit que ctfte cognoifTance qu'il 
«tribue a Dieu, dépend de fon bon plaifir: 
<i'«ut.iTit que Dieu en adoptant ceux qu'il a 
Youlu . ti'a eftendu fa prelcience a chofe qui 
fuft hors de fa mnicfte , mais feulemenc a 
marqué ceuj qu'il vouloir élire. L'autre 
n-.ot Cîrec vci mil. lequel on traduit coinmn 
nccmeni Predrflincr , fe rappoite a la cir- 
conftance du prefent palfage Car lainSPaul 
cnted fcuicmét, r)ue Dieu en a ainfi dctermi 
né &:ordonné.que tous ceuK qu'il a adoptez, 
tant qu'il yen a , porieroyent l'image de 
Chrift . Anreft:,i1 n'a pasdlt fi^rplement. 

^ rflrr trnftrmr, t Cltnfl : mais i l'îmtj^e Je 

(/.ri«:afiide monftrer qu'en Chr:ft èft le 
patron pourtrait au vif . lequel eft propofé 
pour imiiarion a tous enfjns de D'eu. Main- 
tenant le fonimaire de ceci eft , Que l'ado- 
ftion gratuite en laquelle confiile noftre fa- 
ut , ne peut eftre feparec de ccft autre dé- 
cret ti arrfft,qui nous a alTuieiisa porter la 
croix: pourcc que nul ne peut eftre heri- 
lier des cieux , finon qu'aiiparauant il ait t- 
tte fait conforme au Fils vnique de Dieu. 
.■ifia 7«'i/ fiir ou. Afin qu'il fuft : car le mot 
Crée fe peut refoudre en toutes les deux 
forie» . Touteffois la première me femble 
plus propre . Or filiift Paul n'a voulu yci 
toucher autre chofe en cefte primocenitu- 
re ou ail'ncffe de Chrift. finon. que fi ainfi eft 
que Chrift ticne le premier ^ fonuerain 
lieu entre tous Us enfins de Dieu , a hon 
droiift il nous eft donné pour patron 'auouel 
nous deiionj tftre conipafler , afin que nous 
ne refufions rien de tout re a quoy il n'a 
point defilargné de ranTuictir. Ainfi donc, le 
Pore celefte.afiu de monftrer pir tousmoyci 
l'authorite & eicellence qu'il a donnée a 
fon Fils , Veut que tous ceux qu'il adopte a 
participer a rheni.-.ge de fon Royaume, 
foyent faits confirme' a l'eiemplt d'ieeluy. 
Car combien qu'en apparence la condition 
«ie ton» fidèles ncfoit pas vne , comme aulfi 
il y a quf luue diuerfiie entre les membres 
du corps humain, ranty a touttftoii qu'ils 
«ne cltacuii en lao cnilteitceuucnancc Se 



conionftion auee leur ttief. Comm* donc ca 
tre les hommes l'airnc porte le nom de la 
mailon , ainfi Chnft eft colloque au fcuue- 
rain degré, non feulement ifii qu'il foit emi 
nent en honneur par dclfus tous fidcles:malt 
aalTi .3fii qu'il les tiene tous fous foy con- 
iointsenfemble d'vne marque commune de 
fraternité» 

Jo Et cnx qu'if X freifefiinex,, l' IrutufH 
^fjirli\ . Maintenant pour demonftrer plu» 
claiten.ent , & confermcr tant mieux com< 
bien il eft vray qne cefte conformité auee 
l'abieftion de Chrift nouseft lalutaire , Il 
vfe d'vne gradation, qu'on appelleien laquel 
le il monftre que la communication delà 
croix eft tellement conioinie auee noftrt 
vocation , & iuftification, brief auee ni ftre 
gloire , qu'elles n'en peuuent tflre aucune- 
ment feparees. Mais afin que les leAcurt 
entendent mieux l'incenlionde t'Apoftre, il 
faut réduire en mémoire ce dont i'ay ad- 
uerti deuanc , que te mot Grec yci mis, que 
on traduit communcemeut Predeftiner, ne 
fe rapi'orte paiycia l'eleft.on , mais a co 
propos ou décret de Dieu. par lequel il a or- 
donné aux fiens de porter la croix Or main- 
tenant enfeignanr que ceux-là mcrmes ont 
efte appelez, il fignifieque D:eu ne tient 
pasroufiours caché par deuers foy ce qu'il a 
dererminé d'eux , mais l'a déclaré ; afin que 
d'vn cœur humble & paifible ils portent la 
condition qui leur a efte inipofee.Car yci il 
diftingue la vocation d'auec l'elca.on (ecre- 
te, en lime la vocati m eft lOt inférieure &aii 
deflbus . Ainfi donc , afin qu'aucun ne repli, 
quaft , qu'il n'entend point quelle condicioit 
Dieu a affignee a ch.icun , l .^poftre dit que 
Dieu par fa vocation rendfuffifarit tefmoi- 
gnage de fon confeil fecret . Au refte , ce 
ttfmoign.ge ne confifte pas en la feule pre- 
dic.itinn externe, mais ha l'efficac* de l'E- 
fpritcôiointe quant & qiiât:pource qu'il eft 
yci queftiâ des eleus.aufquels Dieu ne parle 
pas par la voix leule , mais auffi les rire par 
dedans. Le mot de luH'fiansK fe pourroital^ 
fez proprement eftendre au train continuel 
de la grâce de Dieu , depuis la vocation iuf. 
qtits a la mort : mais poiirce qu'en toure ce- 
fjc rpiftre fainA Paul le prend pourl'impo 
ration gratuite de luftice , il n'y a rien qui 
nous côtrai^ne a nous deftourner de ce fcns. 
Car l'intêtion de fainft P.iul eft, que la ree» 
penfe qui nous eft offerte, eft de plus g'and 
pris que non pas qu'il nous doyiie faire mal 
de porter les affliftions- F.t y a-il chufe plus 
defirable que d'cftre réconciliez a Dieu , a- 
fil que les mifcras ne nous Ibjrent plus fi. 
gncs de malediâion , & ne tendent a noftra 
ruine 8c perdition» Pour ccfte caufe lladiou 
fte incôtiner.t après. Que ceux-là mefine qui 
malmenât font prcfllz Ibus la croix, font glu 
rifiei. en forte que les miferesîj opprobre* 
ne leur apportent aucune perte. Or combien 
que cefte glorification ne le fou encore mon 
ftrec qu'en noftre Chef, toureiTois poiirce A 
en fi perlonne défia , par manière de dire, 
nous prenons polTclTîon de l'héritage delà 
vie rtcnelle, fa gloire nous apporte vne fi 
(randc .lilicurance d« oeftre gloire a^^A 



Chap. VII T. 



SVR L'EPISTRE 



Jft.^e.c.S, 



milicz , ne diminue en rien de leur glorrf. 
Car combien que les miTcres qu'ils cndu» 
rent prefentenicnt , \a delligurent dciiant le 
monde , ton tel toi s elle ha toudouTsfon lu- 
ftre entier deuant Dieu, & les Anges . SainS 
Paul donc veut dire par cefte gradation, que 
IcsafRiftiôs elquelles k> fidèles font niaii>- 
tenant liiimilict.nc tendent a antre but que 
ccftuy citafcauoir afin qu'obtenans la gloire 
du royaume ccltfte, ils paruienent a la gloi- 
re de la rcfurrcftion de Clirill , auec lequel 
ils font maintenant crucifiez ■ 



noftre cTperance a bon droift autant efti- 
mee qu'vne façon de pofleder la cliofc pre- 
fentenicnt . loint que fainû Paul , fuyuant 
la manière de parler de la Langue Hcbrai- 
oue , a vfé en ces verbes d'vn temps paflë 
pour vn temps prefent.Tant y a certes qu'il 
n'y a point de doute que par iccux eft li- 
gnifié vn aAe continuel , en ce fcns , Qu^e 
ceux lefquels auiourd'liuy ]>icu exerce 
fous la croix fa'on fon confeil , il les appel- 
le qu(ni& quant , & iesiuftifieen efpcraii- 
ee de falutitcUenicnt que ce qu'ils lont hu- 

31 ^ue dtrons-nons donc a ces chofès?Ji Dieu efi tour nortf^^^ui 
fera contre not'M? 

31 Z,«jy ciui rta point épargne fon propre Fils-, mais ta h aille 
tour nofts toitSyComment ne notts donnera-il an^t toutes chofèsa- 
uecluj? 

33 ^^' intentera accufatton contre les eletis de Dieu? \Die$e 
eil celuj tjui iuflijie. 

34 Qu/ fera celujtftfi condamnera ÎVhrifleflcelujefui eff 
mort , ^j (<juiplui d-y?,) reffufcite: lequel au^i e(l a la dextre de 
Vicu-t'i^ ejuifait reque(lepour nom. 

;i 0«f </iioHj--n««<, Ayant bien prouué tion fuffifante pour toute tri(lcfle,& defenfe 

fon but , il vient maintenant a faire des ex- iilfcz forte contre tous orages Je maux , tanî 

clamations.parlcfquellesil exprime quelle qu'il en pourra venir . tt a ce propos font 

magnanimité doyuent auoir tou» fidelrs, tant de telmoignagesdc l'F.lcriture, efquels 

«juand IcsadnerfitfZ les folicitent a defef- les Salnfts Parrf ftans fur la feule puiflance 

poir. Or il enfcigne par ces naroles, que l'a- dt- Dieu, oftnt mefprifer liardiincr tout ce q 

mour p.iternelle de Dieu eft le fondemct de leur eft côtraire en ce m6dc:C>uand ie chemi 

c^fte force inumcible , qui furmonte toutes neroyc au milieu de l'ombte de mort , fi ne 

tentations . Car nom fcauons<]UC commu- crjindrois-ie nul ni.il : car tu es auec moy, 

reement on ne prend point autre argument PfeJja 4 l'ay ma fiance au Seigneur, ie ne 

<ie l'amour ou liaine de Dieu, qu'a la confi- craindray point ce que la cliair pourra faire, 

derationde l'eftat prefent. Et pourtant, qnâd le necraindroye dix mille perfônesqui tont 



les affaires ne vicncnt pas a noftre plaifir.la 
triftelfc faififfant nos el'p'iis , nous fait ou- 
blier toute fiance ^ conlolation. Maisfiinft 
Paul dit au contraire , qu'il faut prendre vn 
principe plus haut: ii que pourtant, ceux-là 
concluent au rebours, lef(|uels Piirrcftent au 
trifte fpeSacle des ponretez & combats que 
nous allons en cefte demeurance terrienne. 



autour m'afficgfroyent,pre.;-a 7 Car il n'y 
a piiiftance ne fius le ciel ne didus, laquelle 
pniflc rcfiftcrau bras de DieuParquny l'ajr 
ans ponrdcfenfeur , il ne nous faut craindre 
nuilfance aucune. Nul donc ne môftre auoir 
vrayc fiance en Dieu , finon ceux qui fc cni». 
tentans de fa proteâinn , ne craignent telle- 
ment chofe aucune, qu'ils en vienent a per- 



le confeftc bien que les fléaux de Dieu con- dredu tout couracc . Vray eft que les fide- 

flderez en eux mefinc8,a bon droift font mis les font fouuentefhiis csbranler, mais ils ne 

au râg des figncsde fon ire:mais pouce que vienent iamais a iftre du tout abbatiis . En 

ils font bénis en Clirift.fainft Paul veut que fomme, l'intention de l'A) oftrc tend a cela. 

les Sa infts appréhendent deuant toutes cho- que le cœur du fi.lcle doit demeurer terme 
fcs l'amour paternelle de Dieu, en forte que 



ayans ce bouclier, ils puiffent alfeureement 
deffier tous maux Car voyla qui nous eft c5 
inevnc muraille d'airin,arcauoii quâdnous 
eonfidcronsqu'ayans Dieu propice,' nous fe- 
rons affcurez contre tous dangers II n'cntéd 

pas touteffois qu'il n'y aura rien qui nrus „ . i - 

foit contraire : mais il nous promet viftoire met en aiiant le pris Je noftre reconciliano. 



par le tefmoign.ige intérieur dufainft E- 
rprit,& nô pas dépendre des chofes externes, 
5î L«V7""i".'f""" , i"''- Pource <iu'il 
nous eft tant & plus befoin d'eltrc tellement 
du tout peifuader de l'amour paternelle de 
Dieu , que nous perl'cucrlons fermes a noui 
glorifier en celaipour cefte caufc fainft Paul 



contre toute manière d'ennemis. S< DUu efi 
|i9iiri»M. Voyla le principal.voire le fcul ap 
piiy pour nous maintenir au milieu de rou- 
le» tentations.Car fi nmis n'juons Dieu pro- 
■iee, encore que toutes chofes nous rient, 
nous ne pourront toiitclfois conctuoir au 



pour inonftrer que Dieu nous eft propice & 
fauorable . Et de faift, c'cft vntcfnuiignage 
notable & euiJent d'vne amour ineftim. ble, 
de ce que le Pore n'a point clpargnc de don- 
ner fon Fils pour noftie falut De cela donc 
fainft Paul tire vn argumcnr Je la chofe pi» 



cuiîe fi ince certaine . Mais au contraire ,'la grande a la moindre: Comme ainfi foit que 
feule laucur de Dieu, nous ett vnc confola- Dieu n'euft rien plus précieux & excellent. 



AVX ROMAINS. 



J7 



•a au'It almaft mieux que Ton Fils , qu'il ne 
oubliera rien de toutes les choies qu'il pre- 
uoicnoiis cAre vtilo ■ Ce palTage nous doit 
aducrtir quec'eft que Chrift nous apporte 
«uec foy , & nous refiieillcr a contempler 
fes riclitfTc» . Car comme il cille gage de 
l'amour iafinic de Dieu cnuers nous, ainfi il 
nous a' e fie enuoyinon pas nud ou ruide, 
mais rempli de toustlueTors celedes , alia 
que ceux qui le pnncderont, aventen lu/ 
toutes chorcs reciuifcs a ptene félicite . Au 
relie, le mot Grec qui c(t yc i mis , que nous 
jiiioiis ir.iduit Bailler, fignifie en ce pafl'.ige, 
Liutcr a la mort. 

U Sljii t..ittitrTA Acrmpit!:ri''Li première & 
iouucraiDccôrolatiun dcsfidcles es aduerli- 
tez cil, d'cfirc ccrLiinement perfuadcz de la 
beneuolccc paternelle de Dieu enucrs eui: 

roiirce que Je U vient, J^ la certitude de fa- 
utif l'alTeurâce tranquille de l'ame,laquel 
le fait crouuerdouces les aducrriici.ou pour 
le moins amoindrit l'jmertiime de la dou- 
leur . Il n'eft donc pas bônement poiTiblc de 
trouuer moyen j>lus propre pour eiliorter a 
piiiéce,i|ue quad nous entëdons Si cognoif- 
lons queDicu nous eft propice Et pour cefte 
cauie S. Paul met cefte fiance pour le princi- 

re & fondemenc de la cûfolation, de laquel. 
c il faut que les fidèles foyent contcrmcik 
fortifier conirc tous maux Au relie, pource 
que le Talut de l'Iiôme cft premifrcment af- 
failli par l'acculatio», & puis après accablé 

fiir la coadânatlon ,il dcllournc en premier 
icu le danger de l'accufation. Car il n'y au 
Dieu feul dcuant le ficge iudicial duquel il 
nous fautcûparoiftre Cômeaiiin l'oit donc q 
tcnuy-la nous iuftific.il ne refte plus d'accu 
fation qui puifTe auuirlieu. Vray eft que les 
aniithcles ne femblent pas eftre du coût mi 
les en leur droit ordre pour fc recentrer l'v 
re l'autre. Car il deuoit pluBnft oppoler ces 
deux membres l'vn a l'autre,, Qui eft ce qui 
»ccufera> Clinft eft celuy qui intercède :& 
puis mettre l'autre couple, Qui eftccqui cô 
djmnera'Dieu eft celuy qui iuftifie.Car l'ab 
lolution de Dieu rel'pond a la cordânation. 
Ma defenfe de Cluift a raccuTation .Mais ce 
n'eft pat fans caule que S. Paul i changé au- 
trement eeft ordre, voulant munir les enfans 
de Dieu , depuis le plus grand iuf.|ue5 au 
plus petit , comme on du , d'vne fi.nnce qui 
luft pour repoiilTer bien loin toute angoifle 
& crainte . Q^iind donc il conclud que Ici 
enfan» de Dieu m- font point en danger de 
tccufatioii , d'autant que Dieu letiuftific: 
cela emporte bien plusdc poids, que f'il cuft 
dlt.Clirift eft leur aduocat • pource qu'il cr. 
prime mieux, que de Men loin au deuanc 
toute entrée de iugemeni eft fennec , 
quand le iuge prononce qu'il abfout entiè- 
rement de touce coulpe, celuy que l'accufa- 
tcur pictendoit de taire tomber en punitiô. 
Autantcn f..ut il dire de la féconde antilhe 
fc . car il mcnftrc que les fidcles font bien 
loin du danger de condamnation , veu que 
Clirifteu failant l'expiation de leurfpechci, 
a preuenu le iugemcnt de Dicuik par Ion jo 
rercelTion non feulement abolit U mort, 
vait aaili fait que Uipechcl Toac t$ac<| 



& mis en oubli.'a et qu'il* ne rienec point 
en conte. Brief.lerommaire de ceci eft, Que 
non feulenient lors que nous fommet com- 
parus deuant le fiege iudicial de Dieu, nout 
tiouuons là des remèdes prcfens pour nous 
dellurer de frayeur, mais auffi que de loin 
Dieu vient au deuant, pourmieuxpnurueoir 
a noftre affaire, & nous aOcurer. Au refle,il 
faut yci prendre garde a ce dont i'ay touf- 
ioursaducrtipar ci deuanc , que fainâ Paul 
ne prend point en autre fens ce mot B/lrc m. 
fifir\,que pour Eftre cenus pour iuftcs.cftâs 
abfout par la fentence de Dieu . Et certes il 
n'eft pas difficile de le prouuer en ce prefenc 
paflage, oil il argumente par la pofition ds 
vn des contraires a la deftruAionde l'autrti 
Car Abfoudre,* Tenirdu rang des coulpa- 
blés, font chofet contrairet.Alnli,Dicu ne re 
ceiicra cotre nous aucune accufaiion, pource 
qu'il nous abfout de toute coulpe . Car cer- 
tes le diable eft accufateur de cous fidèles: 
aullî U Loy de Dieu & leur propre confci- 
encc les redargiic: mais toutes ces cliofcs la 
ne feront rien deuant le luge qui les iiifti- 
fie.Il n'y a donc aduerfaire quel qu'il foit, 
qui puilfc csbranler noftre falut , beaucoup 
moins le rcnucrfer. Cependant, il parle tel- 
lement Jer rltm , qu'il ne douie point qu'il 
eft du nombre d'ii'cux :& ce non point par v- 
ne rcuelation fpeciale ( comme difent fauû 
fement certains brouillons Sophiftcs ) mais 
fuyuant le lentiment commun de tous fidè- 
les. Ce qui eft donc yci dit des cleui.vn clia. 
cun fidèle le doit cirer a foy a l'exemple de 
fainâ Paul . Aucrement cefte doi^ripe non 
feulement feroit maigre , mais diineureroic 
là du tout morte & fans vigueur, Til enfeue- 
lidbit t'elcAion dedans le confcil fccret d« 
Diiu . Mais comme ainfi foie que nous fca> 
chions.qu'yci cxprefleement nous eft propo- 
fé ce que chacun fidèle doit applicquer a fa 
perfonne , il n'y a point de doute que noua 
l'oremes tout ramenez a l'examen de noftre 
vocation , pour nous refouàre certainement 
que nons fommet enfans de Dieu. 

H Qi' frrt tiUy <^ui ctniStmntTA> Com- 
me perfi)nnene gaignera rien d'accufer de- 
puis que le iuge abl'out : ainlï il n'y a plut 
de lieu de condamnation, depuis qu'on a fa- 
liffait 3 ce que lesloix impurent,& quedel^ 
ia on eft acquitté de la punition . Or Clirilt 
eft celny', qui .ivant vne fois porté la puni- 
tion qui nous clioit deuc,& y ayât faiilTalt» 
a nommeement en cela déclaré qu'il le met 
coic en noftre place pour nout acquitter» 
Quiconque donc voudra d'urefenauant nout 
condamner, il faut qu'il ramené CliriAmef- 
me a U mort. Mais ainfi eft. qu'il n'eft point 
mort rculemenc,aintaulfi par la rdurrcaift 
il elt fiirti viftorieux de la mort. & a triom- 
phé de la PuiOance d'icelle . Et encore il 
adioufte plus, Afcauoir, qu'il eft maintenant 
AJij M /.t Jfxirrd:! Prrr: pat lelqueK mots eft 
fignifié qu'il ha la dominatiô du ciel 8r de U 
ttrre.Sï plenepuiflance de Jouuermr it dlf« 
poler'ile toutes chofes . comme il eft dit, 
fcplieficnspremier,d.lo. Pour le dernier. Il 
mooftre qu'il eft tellement adjs , quecepen- 
infii U tft fCrpctu*! 44wo(ac& loitta^ 



Chap.VIII. 



SVR L'EPISTRE 



feur pouf la dcfenfe de noftre falut . Dont rousfoic en efpoiiaïuemenf . ComMen <J( 
('«iifuir, que fi quciqu'vn nous veut comiam- qiic de ce h.iut throiie celeftc il ticne t 



ie»t 



*{''eyt%^ ne 



ner, ceftuy-la non feulement anéantit & réd tes choies Tous fc pids . Taina Panl toiitef- 

imitile la mort de Chrift , mais aulïi cnrc- fois lercucft de l'office de Mcdi-itcur , du- 

prend la guerre a l'encontrc de fj puifl'ance quel ce feroit vne chofc abfurdeque nou* 

ineftimable , de laquelle le Père l'a orné, euffinnî en horre>ir la prefencc , veu que 

liiy donnant l'fmpire fouiierain luccVnen non feulement il nonj ronuie a loy fami- 

frande force. Ccfte alTcutance fi merueil- lieremcnt , mais au(Ti comparoift la déliant 

eufe, qui ne craigne point de deflierledia. le Père, Intercefltur pour nous • Au refte, 

blc, la mort, le pcchc , & les portes d'enfer, qnand il cft parlé de cefte interccffion.ne la 

doit fiifirles cœurs de tous fidèles, &jre- mefurons point fclô noîlrcfens charnel. Car 

ftre eftablie: pourcc que ce n'.-ft rien de no- il ne faut pas im.-ïginer que Chrift foit U en 

ftrefoy.fi lousn'auoiis cefte certaine perfua coitenancc ^d'vn homme fuppli.int ,& qii'e- 

fion que Chrift eft noft.e,!" qu'en luy le Pe- ftât a genoux il prie le Pcre a ioinies mains: 

re nous eft propice . Parquoy. il cft impoffi- mais pource que toufiours il eft )i prefent 

blpae fongerchofe plus pernicieufe , &c vne auec fa mort & refurrcttion , qui tienent 



lieu d's'ne interceffion éternelle, & ont l'ef- 
ficace d'vne viue prière , pour réconcilier le 
Père cnnerinous, & nous le rendre propice 
& fauorablc.a ccfte caufc a bon droi& il cft 
dit qu'il ir.terccde pour nous. 



plus grande pefte , que * la détermination 
, . des Schol.iftiqucs touchant l'inceriirude du 

a»LorUedt (,\„f, Eif4itrcqi,fflfpci(r>:,i:é. Ileftoitne- 
tlf 1 lëtc, itr cfifjire que ceci l^uft nommeemcnt adiou- 
r'f/eiioir ftc.afinquela m.iiefte Diuinede Chrift ne 

pfe de cef} 35 !^i nous Cepdrer/t de t amour de Chrtjl ?fèra-ce 'trihuU- 
'dh'/^'iku f'°'^-> ou angoijfe^ouferfecution-, oufamiaeiOunudtte-^ouperilyOH 

preillô 3^ '^inji éfuileflefcrit-^ \^oits fommes Iturez. a mort j?our 
pfc.i^^.d. t amour de toj tous les iours^^fommes eflimez. commehreh^s de 
*^' lahoucherie. 

57 Ains en toutes ces chofès nous f ornes flm cjtte ^atKtjfueurs 
far celuy efui nous a aimez, • 

55 Sli'^n-M fi-pArrr^ . Maintenant île- fa grâce, afin qu'il n'jf ait tentation qui'nout 
fiêd cefte afteurjncc plus loin aux chofes in puilfe accabler de defcfpoir : & mefme qui 
ferieurcs.Carceluy q ha vne ferme perfua- plus eft, noftre foy fortifiée des promcifes de 
fion de l'amour de Dieu enutrs foy ,peut fub Dieu,& en faifant côme fcs ailes, doit par la 
fiftcr& demeurer ferme au milieu dts plus milieu de tous empefchemens pénétrer inC- 
griefues affliôionsqui fcautoyent aduenir; quesU haut es cicux ^le coi'fLlTe bien qij|il 
Jefquelles pourtant ont accouftumé de fi " 
fort tormenter les hommes , ou pourcc que 
ils ne pcnfent point qu'elles leur aduiencnt 
par la prouidence de Dieu , ou pource que 
ils les prenent pour fignes de l'ire de Dieu, 
ou pource qu'ils imagnent qu'ils fout aban 
do intz de Dieu, ou pource qu'ils n'en aticn. 
dent aucune ifl"ue , ou ne penicnt a la vie 
meilleure.ou pour tjuelque autre chofe fem 
blable. Mais l'clprit purge & deliuré de 
tels erreurs facilement fe refondra pour 
demeurer coy S: ferme en vn eftat tranquil- 
le au milieu des afiliftiont. Aurcfte.le 
fcnsdeces mots eft,(inoy qu''' aduicne.que 
11 nous faut toufiours tenir afleurez en cefte 

foy , Qne Dieu qui nous a vne fois embraf- fainft Paul nous ramène là , afin que nofttt 
feï en l'on amour , n'oublie iamais d'auoir foy contemple es rayors de la grâce de 
foin de nous.Car il ne dit pas fimplenict que C lu ift la face bénigne du Perc La fubftance 
il n'y a tien qui répare Dieu de l'amour de du propos eft, Qi;'il n'y a adueifitez qni dojr 
nous . mais il veut que U cognoilTance S: le uent renuerler celle foy & affcurance.qu'ay- 
fentlment vif He l'amour qu'il nous icfmoi- 

f;ne,aittcllc vigileuren nos cœurs que louf- 
oun il ne' luife au milieu des tentbrcs d'af 
fliftiôs.Car côme les hrouillars qui fcnenet 
en l'air.combicn qu'ilsohfciircinent la plei- 
ne & nayfue clarté du foleil, ne nous priuët 
pas touteffois cntiertmrnt de la lueur d' 



eft vray que K s adiierfitcz font figne» de l'i- 
re de Dieu , fi on les confidere f n elles inef- 
mes: mais depuis que le pardon & la récon- 
ciliation va dcujnt.il nous faut rc foudre là, 
que Dieu, combien qu'il nouj ch.ift.c, n'ou- 
blie iamais touicffois fa mifericoide . Vr3)r 
eft qu'il nous aducrtit q c'eft que nous aiiôs 
meritc:mais auiïi il ne nous rend pas morn» 
telmoignagc qu'il ha Coin de noftre falut, eu 
nous lolicitant a repertance ■ Or il nomme 
cefte amour.n'r C!>ii/I • pouccc qu'en luy le 
Père nous a , par manière de dire , ouuert 
fon ctrur & fesentraïUes . Comme ainfi foit 
donc qu'il ne nous faut point chcrchir d'à. 
moiir de Dieu hors de Chrift , a bon droi,* 



ans Dieu propice ricnne nous peut nuire, 
Q^ia: ta ce qu'aucuns prenent ccfte amour 
de Chrift en fignification piflluc , pour l'a- 
mour de lat'|lle il cft aimé de no':ci>me fi S. 
Paul nou! vouloir accouragcr a vne côftan- 
ce inuincible: fans grande difficulté on peut 
réfuter cefte fauftccxpofiiiiip tonte la fiiito 



eliiy.ainfi ésaduerfitcr Dieu tnuoye au tra du propos de S.Paul.'St .-.ulfi lûtoft après luy 
ueri Je l'oblcuritc d'iccllcs Ics'rayo.is de mcfine nuiis en mettra du tout hors de Jou- 



A VX ROM AIN S. jt 

te,1)aîllir plutctairemêt U <!efi,iltl«n de ce- S.Paiil a principalfiflft V«u1a noter. ît« te- 

fte itmur.JSrrj rr «ii«ii/i»/i,!» uit/-îjp,cii :rr l.i ne répugne point que li IcjSjinas fe plai 

jVrtf/«"fCcfte faconde parler, de laquelle il gntnt d'vne e.iumitc qui les preiloct ii'vne 

a vie "'agiicres,dilAnt,ci^ieft-ce qui nous Te façon extraordinaire Sf eftrange . Car côine 

parera? cm, orie poids en foy . Car en lieu q ai.ifi loit qu'ayâs pmicrenict proicftéde leur 

il pounoit dire, (.JuVA-f c qui nous réparera:" innocêccils môftrent qu'ils font opprelle? de 

il a iiiicut aimé pailir des creaturcsiiiuetcs, câc de m;;ux,il n'cft que bien côuennble de te 

conte on fetojt dc< pcrfonncs, pour août re- nir & côclure de là ,que ce n'cft point chofe 

prefenter qu'aucint qu'il y a de fortes de t£. nouucUc que le Seigneur abâdonnc ainfi Ici 

rations qui clioqucnt a l'encortre de nnftre Siinâs a la rage des mefchans, pour eftre 

foy ,ce Innt comme autant decliampions en par ieeux traittri cruellement a tort . Or il 

<8bat contre nous. Orla dirtcrence entre ces appert queccla n'aduient point que pour 

trois mots eft telle: rriiii/4>i«)i côprtnd tou- leur grand bien, vcuque l'tfcriture erifei- 



ics fortes d'cnnniiou dommages: inais^*. 
p4^ir ett vne palTion intérieure & turmcnt 
il'efpricafcauoir quand nous fommcs enuirô 
net de telles difficultés que anus ne fcauoni 



gne que t'tft vnechoCp qui ne côuicnt point 
a la iwdice de Dieu , qu'il dcfttuifc le infte 
auec le ni-.lcliant, Gcn.i8.cij: mais au con- 
traire. qu'il eft raifonnablc qu'il rende affli 



quel côfcil ou aui$ prendre. Td'e a cfte l'an Sion a ceux qui affligent ,& repos a ceii« 

goiflc d'Abraham & de Lot, (Gcne.i:.c ii,& qui font affligez, î.Thcf.ib tf. I)'auanta^e> 

ï;.b.';^iiand ilsont cOe tôtraints deprolli. ils aflcrmenc qu'ils fouffrenr peur le Sel- 

tuer, l'vn fa femme, l'aBirc l'es filles: pouice gneur : Se nous fcnuons que Chrift prononc» 

«ju'ilsft trouuoyent lo.-s tellement perpicx que ceux la font bienlicuteux qui foiiffrent 

te fiirprinsdc tous coficz , qu'ils ne voyoyct pour iiifticc,Maith s-a.ia . Et quât a ce que 

aucune riTue en Icursaffaires.Le mot de l'tr. i\$ d\Ccnt '/"''/' mrmrent tiM /n icun : en cela 

Çt'utnit eft proprement pour fignificr les ou- ilsfignificnt que la mort leur pend tcllcnienc 

orages & la violence t) ranniqiie de laquelle fur la tefte, qu'il n'y a qtiafi point de dilTetf- 

les enfans de Dieu font a toi t tormentot par ce entre vne telle vie & la mort, 

les Iniques. Ml rcftecôbien que S.Paiil mef 57 N.!<iftmmti flm ^uerMnoHmrt.'PanTté 

me en la i.EplO.aux Corintli.cliap.4.b.3,nie drc au plus près du Grec, le mot dont vfc S. 

que les enfant de Dieu foyentangoilTet ou a- Paul, il fauJroit dire, Nous furuaincôs'c'eft 

mener, en deftrelTts , il ne fe contredit point a dire en combatant nous venons taiifiouri 

touteffnis . Car il ne veut pat dire là qu'ils a bout de nos perplexitez,& au deflus drs au 

foyent (implemcnt & entièrement exempt» goilTcs . Vray eft .|ii'il adulent bien quelque 

4c follicitiide & anxiété qui 1rs prefle , mais fois qu'il femblc que les fijclcs font vain- 

ll entend qu'au befoin la dcliurance leur cu<,S< demeurer là accab!ez:tât le Seigneur 



Tient : comme auflî ces exêpics d'Abraham 
ti de Lot le monftrent. 

}« Aitf' luiltH tfcrii. Il amené vn tef- 
mnignage bien propre Scdc grand poids pmir 
ce propos. Car il monftre .,ue tant l'en faut 



nô feulemêi les exerce & pourmene.mais au/ 
fi Ict humilie. Tant y a loutelfois que l'ilTu* 
qu'ils en ont, cft toufiours d'emporter la vl- 
ftoire . Mais ;fiii qu'ils recignoificnt d'où 
leur vient cefte vertu & force inuincible , il 



que nous deulôs défaillir par crainte &tray- répète derechef ce que délia il auoit dit Car 



cur de la mort, que.par inaniere de dire, les 
enfans de Dieu font rais a cela , A: c'cft leur 
condition ordinaire d'.nioir la mort dcuanc 
les yeux.cÔTie prefrte.ll eft vray lemblable 
^n'e'ce Pfeaume eft dei'trite la mifcrableop 



il h'enfeigne pas feulement, que Dieu pourcc 
qu'il no' aimc.met fa main au delTtuis pour 
nous fortifier & loudcnir : mars aulli il con« 
ferme cefte autre fentence précédente de l'a 
mour deChrift. Or ccfcul mot déclare plu» 



prelTion du peu;. le fous la tyrannie d'Ami. >- que fuffifamuient.que l'Aportre ne parle pa» 

chus puurce que Dotiment il cfi là exprime yci de l'ardeurd'amour que nous auons ea- 

<|i)'ôa vU d'vne telle cruauté enuers lesgrs uers Dieu, mais de la douceur & affcAion p< 

iddônei au vray feruice de Dieu, non pour tcmellc de Dieu melme.oii de Chrift enuer» 

autre eaufe q par vne haine de la vraye reli nous : de laquelle la pcri'uafion eftant pro« 

jiô. Là auffi eft adiouftee vne protertatiô ex fondement enracinée en nos coeurs, noustt'* 

eellête.Qj'e pour cela lis ne l"c fôt point de- rera toufu>urs des enfers a la lumière de 

llournc/dc l'alliicc de Dirii.Ce qie penfe q vie,& nousferuira d'vn appiiy fuffilant. 

;8 C^tr te f7trf/tjfcuré-,(ff/e ne mort-,re ^ie-,ni Anges,nefrtnci* 
fa.titez^^nef$ù(ftnces-,ne chofl's prefevfeSine chofcs /t-^^en/ry 

59 Nrb,tt4tcjp'y ne firofondettr^yî Aucune autre créature , na 
notu fourra fèparer de C amour de Dieu au il nous a portée en 
Icp*iChrt(lno(lre Seigneur, 

Ilpafl'c malmenant iufques a faire des de rrnuerfer ce fondement , ne nous pour» 

liypcrbole» , pour nous mieux confermcr r^iyent nuire. A cela ne rcpuenc [>oint que 

quant aiiN ch-'les que nous l'entons. Teut ce les .\ngcs lontefprics adinlniltrateuts & or» 

qu'il y a. dit il, en la vie, ou en la mort, qui donnca pour le falut des elcus . t ar lai"* 

fembleroit nou$p"uuoirfcparer eu arracher Paul argumente prefuppofam vnMS impnf. 

4e Dieu, n'y tcra ticn:& qui plus ell.non pat fiole: ci.nime »ux GalaCl.b 8. Sut q"cy 00» 

mcl'aie le* Anges, quaod >!• l'cifortcroyeiu auoaticblieiiiuceauiicat tuuteich«fetii< 



Chap.IX. 



SVR L'EPISTRE 



nous doyuent rien eftre au regard de la gloi- 
re de D*îti : veu qu'il nous ctt permis d'abu- 
fer des Ange< mefmeSjpourmjjntenir 12 ve- 
rite,Htb.i.d.i4.Ce» mots aufli de Prixcifmt- 
»'\ tr Puiffliiictt , font pour (ignifier les An- 

Î\ti qui font ainfi nommez , d'autant qu'ils 
ont nobles & crcellens Inftrumens de U 
puifTance de Dieu ' Or ces deux mots ont e- 
fte adioulVez.afîn que fi le nom d'Anges (cm 
bloit commune moins haut.reux cifulTent 
pour exprimer quelque chofe de plus grand. 
Sinon qu'on aimait mieux le prendre en ce- 
fte forte , Ne les Anges, ne tant qu'il y a de 
vertus haut efleuees.comme c'eft la manière 
de .parler, quand nous tenons propos des 
chofct a noutincognucs.& qui furp^ifent no 
fire capacité. 

58 T^e cheffs frefentei ,nf chifei a-yenir. 
Combien qu'il parie en termes hyperboli- 
quet.en effet touteffois il afferme , qu'il n'y 
a longueur de temps, quelle qu'eJle foit.qui 
puifle faire que nous venions a eftre feparez 
de la grâce du|Seigneur:ce qui cftolt bien be 
foin d'eftre adioufté, pource que nous auons 
a côbatre non feulement a l'encontre de la 
douleur que nous Tentons de» maux prefens, 
mais aufli contre la crainte & le fouci qui 
BOUS prelTe pour les dâgers qui nous menacée 



& fcmblent eftre prochains, Aînfi dôdefenS 
cft , qu'il ne nous f.itit point craindre que ]* 
continuelle durée des maux, tant longue que 
elle puiffe cftrc.efface la certitude & ferme- 
té de tioftre adoption, Parquny nous voyons 
que ceci contredit opcrtement aces brouil- 
l'.^ns Scholaftiques.qui gazouillent qu'il n'y 
a pcrfonne ci:rtainede la perfeucrance fina- 
le , <ï ce n'cfl par le moyen d'vne reuclation 
fpeciale.Iaquelle, félon leur dire, fe trouucft 
peu que rien plus. Qui eft vne determinatlô 
pour anéantir du tout la foy: qui certes n'eft 
point, fi elle ne f'efte'd iufques a la mort,voi- 
re & après la mort mefnie.Maijau contraire 
il faut que nous foyons .-.fleurez que celuy 
qui a commencé en nous la bonne œnure,li 
parfera iufques au iour du Seigneur lefus. 

?9 JJ«'// nous a'porteer» Irlut Cbnfl, 
C'eft a dirc.de laquelle Chrift eft le lien:car 
c'eft le Fils bien aimé auquel le Père a prins 
fonbonplaifir.Matthieu î.d.17 .Et pourtant 
fi nous fommes vnis a Dieu par celhiy-la. 
nous fommes certains d'vne amour de Dien 
enuers nous immuable & incimprchenfi. 
ble.Oryd il parle maintenant plus di.linfts 
ment que^n'agueres, mettant au Père lafour 
ce d'.uuour ,& diiant que de Cbrift clic dcC- 
coule fur nous. 




C H A P. I X. 
E dt Mérite en Chr/J},ie ne men J>oint, m/t cofcience 
me rendant teÇmoignage far lefaincl Ljfrit, 
Que i\ty grande trijtejfè , ^ continuel forment 
_ __ _ _^ _ <?» mon cœur. 

j Car te depreroje moj-mefme eftre fepare de Christ four 
mesfrereSiCjHt (ont mes farens félon la chair, 

4 L efèfuels font iftaelïtes-, aucjuel eft t adoption, ^ lagloi- 
*OU, al- re, ^ les 'factions t ^ l'ordonna ce delà Loj,^ lefèruice D iu tn-, 
lianccS ^lespromejfes. 

5 Defèfttels font leï.,Peres , ^ depjfttels Chrift eft dcfccndu 
pion la chair toiui eft Dien fitr toutes chofes bénit éternellement, 
^men. 



En ce chapitre il commcncea preuenlr 
les fcandales quipouuoyent deftourner de 
Chrift les cœurs des liommes:pourccque Us 
luif» aufquels il eftnit deftinc par la promef 
fc de la Loy , non feulement le reicttoycnt 
cuauoyenten mcfpris, mais pour la plus 

Îrand" part l'auoyent en exécration . Car de 
à ilfcmbloit Oenfuvurede deux chofes l'v 
De:ou que la promefle de Dieu n'auoit point 
fonvray accomplilfement : ou que lefiis le 



tage de l'Euangile . Car il leur attribue tel- 
lement leurs prerogstine^. S: titres defqurl» 
ilseftoyent ornez, que cependant il ne laiife 
rien perdre du droiildc Chrift . Au rcfte ,»l 
entre en ce propos tout d'vn flnt, comme on 
dit > en forte qu'on n'appercoit aucune fuite 
ou continuation de propos : S; touteffois il 
entame cefte matière nouuelle,tout ainfi cô 
me fi dcfia au parauant il l'euft touchée. 
Or il le fait, pource qu'après auoir eniicrC' 



quel fainft Paul prefchoit, n'eftoit pas le mcnttraittc la doArinc , fe tournant a pen- 

^. ^ n ,...-.: -..: — T--/i_ , — ..i. feraiix luifs.cftant eftonné de leur incredu. 

lite, comme d'vne chofe monftrneufe, il vict 
incontinent a faire vne protcftaiion, ne plu* 
ne moins que Pil traittoit d'vne choie qu'il 
euft touchée au paraii.ît;d'antant qu'il n'y a« 
uoit celiiy.a qui cefte pcnfeene veinft ineon 
tini lit en rcntendement:<;i cefte doftrine eft 
de U Loy & des Propheifi,coinmctit fe fait 
donc 



Chrift du Seigneur , qui auoit efte lpeci.tlc- 
ment promis aux luils . Es propos qui C'en, 
fuyucnt, fainft Paul defmcfle S: retour trcf- 
bicn ces deux difficulté?: toiiteTfoisil trait- 
te tellement ce poinft.qu'il l'abftitnt de ton 
xe parole picqiiante contre les luifs , afin de 
n'aigrir leurs cœurs: Se ce neanimoins , fans 
leur .«(cordf f tant ycu que ce foit au dcfau 



AVX ROMAINS. 



5> 



rfont (cta que tesTaifilareiettent tantoS- 
ftineenieiit>Ioint <jne e'eftojt vne chofe tout 
eommuncement notoire, (jiie tout ce qn'il a 
trjittc iufques yci de la L-iydc Mojrfe& de 
la grare de Chrift , eftoit fi fort odieux aux 
Inifs, qu'il ne faloit pas f'aitendre que par 
leur confentemcnt ils aidaflent a la foy de» 
Gentil»- Parquoy il eftoit neceflaired'oftcr 
ce fcandjlc.nfin qu'il n'empefthaft le cours 
de l'Euangile. 

t le M yrriieenChrifl. Pource que plu 
fleurs rftoyent préoccupe? de cefte opinion, 
oue S Paul eAoit quafi ennemi mortel de 
la nation, tellement qu'il en eftoit aucune- 
incnt rurpeâiincfmcs aux domeftiqucs de la 
foy.commef'il euft enTeigné vn rtuoltemêt 
de Moyfe:3uât qu'entrer a traitter le poinA 
de la matière , il vfe d'vne préface pour ad- 
doucircn»er< foy les cœurs des lefteurs, 
en laquelle il fe purge du faux bruit qu'on 
luy dônoit de porter mauuaife affeâion aux 
luif?. Et pource que la chofe merltoir bien 
d'eftrc acertenec par fermrnt , & qu'auffi il 
preuoyoit bienq fans cela fondire fimplc ne 
feruiroit gueres.iqii'j grand peine il feroit 
creu a l'enconire de ctftc mauiiaife opinion 
de luy.dont les cfprits de plufieurs eftoyent 
dcfia preoccupei.il afferme pa' ferment que 
il dit vérité. Par lequel eve'ple & les fembla- 
blcsfcomme i'ay remonftré au premierdia 
pitrelil nous faut apprendre quels ferment 
font légitimes, afcaiioir ceux qui feruent a 
confermcrvne vérité, de laquelle la cognoif 
fancc eft vtilc,M.iquelle autremct ne feroit 
point crcuc. Ce mot En Chnft ; vaut autant 
comme , Selon Chrift. Quant a ce qu'il ad- 
loufte, Ir ne mevi f uni : par cela il fig:il. 
Ce qu'il parle fans feintife & fard aucun. 
'Hd cinfcîememettnifunt lefm^i^n.ige.fir eei 
mots il appelle fa confeience druanc le iu- 
gemcnt de Dieu, d'autant qu'il fait le f-inA 
Efprit tefmoin du fentimcni d'icclle • Cir 
c'cft acefte intention ou'il 3 yci vféd» nom 
de l'Ffi'tii : afcauoir afin de mieux don.ier a 
cognoiftre & faire 'ntendre, qu'efiant vui- 
de & pur de toute e lulc & affeftion peruer. 
fe,& ayant l'Efprit àt Dieu pour fon condu 
fteur & gouiierneu' . il maintirc la caufe de 
Chrift . Il aduient fouuent qii'vn homme a- 
ueuglé d'»ne alf'ction de la chair (combien 
qu'il n'ait pcintctfteinicntlon de mentir & 
ahuferles genj^obfeurcira la lumière de ve 
rite. AU rcfte.cela eft proprement iurer |i.ir 
le nom de Dieu-afcauoir de l'.ippeler a tef- 
moin pour confermer les chofes douteufe», 
& quant & quant nous obliger a eftre punit 
par fon ingénient, en casque nous mentions. 

î S^e i%T(;r^M<<' -/;■</,».. Ce n'eft pas fans 
aitificc qu'il a ainfi coupe fon pronot , n'ci- 

f rimant point encore dcquny c'eftqn'i'. par 
e. Car l'endroit n'eftoit pas encore propre, 
pour exprimer apcrtcnient la ruine de la na 
tion des luifs. loint que cela aiiffi fert aucu 
nement amonftrer tant mieux la douleur 
véhémente qu'il fent en fon crrur.f ar le» 
propos il'vn homme paffinnné f< efmeu , le 
plus fr.uuent font imparfaits. Tantoft âpre» 
il déclarera la_ caufe de fa dntileur.mais que 
ilj«it protclté & prouui aflci ampletncnt 



«ju'il parle en fyncerîtt h rondeor de con. 
rcience.Au refte,quâc aceque la perdition 
des luifs a tant contrifté Se lorroenté fainft 
Paul , laque lie il fcauoit eftre aduenue'par 
la volôte & dcterminaiiô de Dieu:nou$ feni 
mes par cela enfeignez'quc l'ùbeiffance qu« 
nous portons .1 la prouidence de Dieu, n'em 
pefche point que nous ne gemifliom de la 
ruine des mefchans & reprouuez, a laquelle 
touteffois nous fcaurons bien qu'il» font de 
ftine? par vn lufte iugement de Dieu. Car vi» 
mefme corur peut rcceuoir ce» deux affe- 
ftlons: afcauoir que regardant en Dieu, il ne 
fera point marri que ceux-là periffent, lef- 
quels Dieu a d 'erminédc deftruire:& qu» 
a'autrepart fe tiMirn.Tnt a eonlîderer le» ho- 
mes, il air compalfion de leurs maux.Ccui- 
la donc f'abufent bien, qui requièrent que 
les fidèles , afin de ne contreuenir a l'ordorw 
nancedé Dieu , foyent defpouiller. de tout» 
affeftion de compalTion & douleiir. 

% C.ir le ilffrer:yemri-me Ç>iie. il ne poo- 
noitesprimer plu! grande vchtmence d'a- 
mour , que par ccfte proteftation . Car c'efl 
trayement vne amour parfaite, qi and on no 
refufera point pour le falut de fsn ami mef- 
me de mourir . Mais yci il y a encore plu»; 
c'eft.que le mot qu'il adioufte mor.ftre qu'il 
ne parle point d'vne ruine temporelle, aint 
de la mort éternelle . F.t en adioiiftant rf# 
Chrifl ■■ il a fait vne allufion fur le mot Grée 
,/fi.«;/»rmi-, lequel on tr.iduit yci Séparé : car 
Il vient d'yn vcrhe qui (ïgnific Séparer. Or 
qu'eft ce eftre feparé de Chrift , (innn eftre 
forclos de toute attente de falut» C'eftoit 
donc certain figne d'vne charité trefarden- 
te en fainâ Paul, de venir iufqu'a ce poinft, 
de dtfirer fur foy la damnation de laquelle 
il voyoii les luif» eftre menacer, afinde le» 
endcliurer. Et a cela ne répugne point co 
qu'il fcauoit que fon falut eftoit foodé en 
l'eleài.jn de Dieu, laquelle ne peutdecheoif 
aucunement. Car ces affeftions ardentci, co- 
rne elles font foudaincs & précipitée», ainli 
elles ne regardent ic ne confiderent aotro 
ch.ifcfinon le but auquel elles tendcnt.Nin- 
fi donc fainâ PjuI en parlant a infi , ne con- 
ioingnnit point l'eleAionde Dieu aiiee fon 
(ouhait: mais oubliant la confideration d"i- 
celle.eftoit trâfporté en vn defir du falut det 
luifs.St ne penfoit qu'a cela . Au relTe.quât 
a ce que plulleurs dontentiafcaiioir-mon A 
le dclir de S.Paul a efte licite ou non. la dif. 
ficulte fepeut ainfi refoudre , Q>|e c'eft vne 
borne que doit toufiour» auoir noftrc chari- 
té & dileôion , de Peftendre fcl.m Dieu , Se 
non pli!» Or fi nous aimons en Dieu, 4 noO 
point hor» de Dieu .iamais ooftre amour ne 
fera exceffuie Et telle a efte celle de dintt 
Paul en ceft endroit Car voyât fa natiô <iUe 
Dieu auolt douée de tât de bénéfices Sfpri- 
uilegCT.il embralT.iit les grâce» de Dieu en 
icelle , * icellea caiifc des gricc» de Dieiit 
& par mefme moyen prenoir a gr-ind def- 
plaifir deveoir ces grâces amfi fc périme ce 
qui eftoit caufe que comme d'>n efprit mut 
tranfporié il venoit a meure hurs ce de- 
fir (i extrême. Ainfi ie ne recoy point i'opl. 
oion de ceux <)ui pcnfcnt que fain& PaU 
iviii. 



Cliâp. IX. 



SVR L'EPIST RE 



^itainfî pari* ayant ergard a T)ifu feule- 
ment,& non point aux hommes. Auffi au cô- 
trairt.ie n'accorde point auec Ie5 autres, qui 
difent que fans aucune confideratlon de 
Dieu.raniour ciii'il portoit aux tiommes l'a 
mené iufques là : mais ie conioin les deux 
enfeinble , afcauoir la charité cnuets les 
homniet , auec le dcfir de la gloire de Dieu. 
le n'.(y pas touteffois encore déclaré ce 
<)uj cftoit le principal , Qj!'y<^' •' confidere 
les luifs ornez de leurs marques ?£ enfcl- 
gnes d'ixcellence .lefquelleï faifoyent la 
diftinftion entre eux & le refte du genre 
humain. Car Dieu parfon alliance les auoit 
tellement eûcuez en haut degré d'honneur, 
qu'eux venans a trefbuchcr , il faloit que la 
foy auffi ?( la veiite de Dieu veinft a décli- 
ner & défaillir au monde:veu que de là f'en- 
fuyiioit vn aneantiffement de ralliance.de la 
quelle il eftoit dit que la fermeté feroit par- 
durable tant que le foleil & la lune lui- 
royent au ciel , Pfe. 72-b.7( tellement que 
e'eftoit vue plus grande abfurdite, quccefte 
alliance fufV abolie, que non pas de dire que 
tout le monde feroit renucrfé ce q dtffvis dcf 
fous par vne côfufion pitoyable & horrible. 
Parquoy cen'eft point ycl vne comparalfon 
nue & fimple des hommes entre eux. Car 
combien qu'il fuft plus expédient qii'vn 
membre perift.que tout le corps ; touteffois 
le regard par lequel fainft Paul eftime tant 
les luifs , c'tft qu'il les confidcreauec ccfte 
<jua.litc( comme on dif) de peuple cleu , & 
comme reueUus de ce titre honorabte.ee 
qui appert auffi encores mieux par la fuyre 
du texte , ainfi que nous verrons tantôt, 
mais que nous foyions a l'endroit.Ces mot», 
Osi fcni rnri firenifettri la cli.iir : combien 
qu'ils ne (ignifientriende noiiueau.empor- 
têttouteffois poids pour amplifier de beau- 
coup le propos. Car premièrement afin que 
on ne penfe qu'il foit bien content &.' prene 
pLiifir de trouuer quelque occafion de que- 
reler contre les luifs ,il donne a entendre 
qu'il n'a point tellement dcfpouillé les af- 
fcftions naturelles ,& humanité , qu'il ne 
fente grande douleur , &■ fou fort efmeu de 
ceftc perdition horribledc ceux qui font cô- 
mc ù chair. D'.iuant.ige.d'jutant qu'il eftoif 
necclfaire que l'Euâgile duquel il tftoit lie- 
raut , decoiil.ift de Sion au refte du monde, 
ce n'eft pas fans caufc qu'il infifte a dcftrire 
p..r pluficurs & diuers termes les louanges 
de (a nation . Car celte exception , Se/inlt 
thajr : ne me femble adiouftee comme par 
piefpris,pour faire la chofe de moindre im- 

Îortancc ( ainfi qu'on la ttoune prinfeail. 
eurs) mais pluftoft pour deinonftrer vne af- 
feurance . Cir combien que les luifs eiiiïint 
renoncer dcfauoué faina P.tuI d.:s leurs, 
touieffois il ne fe feint point de dire <iu'il 
cft idu de ccfte nation de laquelle l'clcôion 
viuoit encore en la racine, combien que les 
branches fuQent deuenucs fcchcs. 

4 Irf^ue/i /-'If Ifr.<f/!/rr. Yci main- 
tenant il rend apcriemcnt la raifon pour- 
quoy la ruine Oc ce pi uple le tormenloit 
tant, qu'il cftoit prcft de la racheter par U 



damnation de fa propre perfonner Afcanoli» 
pource qu'ils eftoyent Ifraelitcs. Car ce 
mot Irfqfe/scli mis en lieu de , Pource que. 
De femblable angoiffe eftoit auffi lormenté 
Woyfe, quand il defiroit d'eftrc cHacé du li- 
ure de vie,Exod ji.g-.î^ Afcauoir, que cefte 
race d'Abraham factee?i eleuc neveinfla 
tftre réduite a néant. Ainfi donc outre l'af. 
fcûion humaine , il recite encore d'autret 
raifons. voire & de plus grande importance, 
lefiiuelles dcuoycnt luy faire aimer le» 
Juif» : Afcauoir que le Seigneur les auoit 
(elltment efleucî comme par vue ptetoga» 
tlue , qu'ils eftoycnt fcparcz du rangcom» 
mun des homme» , Et ces titres d'honneuc 
qu'il leur attribue l'ont ttfmoignages d'a- 
mour enuers eui. Cirnous ne p.srlonspa» 
volontiers en terme» fi honorables, finon Je» 
ceux (iue nous aimons. Et combien que le» 
luifs parleur ingratitude ferendiffent indi» 
gnes d'cftre renommci par ces dons dcDicu, 
il ne lairte pas touteffois de les auoir en e- 
ftimc par là. Eh quoy il nous cnfeigne q«e 
les mefchaQ» ne peuuent point tellement 
fouiller ou polluer les bonnes chofts ou 
grâces excellentes de Dieu. qu'elles ne foyct 
t'iufiours a bon droift louables & honora- 
blc8:combien qu'a ceux oui en abul'enr il ne 
en rciiiene tien que plus grande honte & 
confufion . Or comme il nous faut donner 
garde qu'en haine des mefchans nous ne œef 
prifions les dons de Dieu qui font en eux: 
ainfi il faut au contraire vfcr de prudence, 
fi auifcr qu'en lev (ftimant trop , & parlant 
d'eux honorablement , nous ne les enflions, 
8' encore plus que nos louanges ne tirent 
fur quelque façon ie flatterie . Mais cnfuy- 
uons Ginft Paul, qui accorde tellement aux 
luifs leurs ornemcns & titres de louange, 
que puis «près il decl.nre que fans Clirift le 
tout n'cft rien. Au refte, ce n'^ft pas fans eau 
fe qu'entre leurs lou.mgc» il met cepoinft, 
Qn'ils eftoycnt Ifr.iclites . Car lacob auoit 
par prières dcniâdé & requis cela pour vne 
grande benedidiô Que fon Nô fuft initoqué 
fureux.Ge :^t.c.^6.Dtfjur!,cjl l'jil'^ui^Voy 
ci le but auquel fe rapporte tout le propos 
de fainft Paul, Quoy que les luin nar leur 
reuoltemcnt ayent fait vn vilcin diu'.rce.fe 
feparans d'auec Dieu , que toureftois la lu- 
mière de la grâce de Dieu n'cft pns du tout 
cfteinte en eux . comme auffi au chapitre 
;.a.;,il a dit , Combien qu'ils fuftcnt incré- 
dule^ X' violateurs de l'alliance, que toutef- 
fois leur defloyaiitc ne pouuoit print faire 
que la vérité de la promefled; Dieu fufta- 
neantiernon feulement pource que de toute 
la multitude il f cft rcferué quelque femen- 
ce de rf fidu , mais aulfi pource que le nom 
d'I glifc demcnroit encore par deiicrseux, 
comme le droift héréditaire . Et combien 
qu'ils fe fufttnt défia dcfpouillej de tou» 
tesorncmens tellement qu'il ne leur prou- 
fitoit de rien d'eftre nommez enfar» d'A- 
brahamrtouteffois ponrce qu'il y anoit dan 
ger que par leur faute la maiiftc de l'Euan- 
gilene vt inft a eftre en incf; ri', entre le* 
Centil», S.Paul ne confidcte point ce que 



AVX ROMAINS. 



éo 



tïtlotf» ont merit» ,niai<il met plufifiiri' 
(hofcs :iu déliant pour couiirir Kur vilenie 
& dcdmoncur , iuf4iics a cr c]U; les Gentils 
foyenr bien perrii,idc2 , (juc de 1.1 fource cc- 
lefle,tlu rAiiauaire drDitu.de la gcnc elcuc, 
l'EiLingili.- cft dcicoulé iulijuc. a eux- Car le 
Seigneur Uillant arrière toute* autres na- 
tions, auoit pris eeux-lapour foo héritage 
peculicr, & tes auoic adoptez pour fesen- 
l'aii!:coiiime l'ouuent il tefnioigne en Moy- 
fe & i\ Prpplictcs.Et non cotent de les nom- 
mer fimplcment Tes enfans,illes appelle 
maintenant fes Premier-n.ii';, maintenant fe« 
mignars.Exode 4.f.î2,Ainfi dit le Seigneur, 
Ifrjcl cft mon fils, mon premier nay : l.lifTe 
aller mon fils, afin qu'il ire férue , Icremic 
a» chapitre ;i.b,9. le fuis pour Pcrealf- 
racl,& Lphraim cftmon premier nay. Item, 
au mefmc chapitre, d.jo,r.pliraim ne m'eft. 
il pas fils honorable , & enfant de pl.iifit> 
pourtant mes entrailles fe font cfmcues fur 
luy , ti autay encore pitie de luy . Pat Uf- 
<jiicls mots il ne veut pas feulement magni- 
fier fon traittcment gracieux enuers Tfr.icl, 
mais pluftoftdemonftre la vertu & efficace 
«Je l'adoption, fouslaijucllc eft comprifc la 
promcffc Je l'héritage eelcfte . le inotdf 
f-/ji»r,figiiific l'cxccllcncea laquelle le Sei- 
gneur auoit erteué ce peuple par dtffus ton» 
autres peuplej;S: ce tant en pUifieurs & di- 
licrfes manières, que mcfmemcnt en ce que 
il h.ibituit au milieu d'iccluy ■ Car mure 
pluficurs fignes de f.i prcl'ence . il iiionftroit 
Vn fmgulicr tcfmoignage d'ictile en Parclie." 
de la(]uelle auflî il rendoit refponfe &■ exau 
foit fon peuple, en forte qu'il dtiployoït fa 
puilTancc a leur aide . Pour laqucl'r railon 
aiifli celle atchc cftoit appelée , La gloire de 
Dicuicomme on peut veoir i. Samuel 4.d. ij. 
Au rcfte , pouree qu'il a yei fait diftinftion 
entre In pd>\!t>u ft /rr primtfT.i.fiotons la dif 
fercnce en cède forte:Afc.inoir que P.iôion 
eft vu accord qui eft contraâé en termes ex- 
près & folenuels , Si ha ftipulatinn mutuelle 
d'vn cofté Sf d'autre, alcauoir l'alIiâce f.iitc 
auec Abraham .-mais le mot de Promeflei 
comprend toutes celles que nom trouuont 
par Cl par là es Efcritiires . Car depuis que 
Dieu eut vne fois conirafté alliance auec le 

feuple ancien, il n*j ctflé de fois a aiiirede 
eur offrir fa grâce par nouiieHes promcffc*. 
Dontf'enfuit que les promiffes le r.ippor- 
tcnt » la Paûion , comme au chef * fonde- 
ment vniqiierainfi que les aides fpeeiales de 
r):eu , par Icfqudies il rend lefinoignage de 
fa fiueurenuers les fidèles, decruUnt de la 
fource vnique de l'eleAiô. Or pnUrce que la 
Loyn'a cftc autre chofe qu'vn renomiclle- 
ment d'icellc alliance , pnur mieux eftahllr 
la mémoire d'icelle .il femble que le mot 
Or<tatiitdH:i Jt /j /sv fe doyuc ipeei.ilemcnt 
rcllreindreaux iiigemens . I t cria aulTi n'e- 
ftoit pa> »n pctii hôneiir an pruple des luifs, 
d'auoir Duu pour l'on legidiieur. Car (i Ici 
autres nations fe glorifient des Iturs , com. 
me Us Laccdcmnniens de leur Lvciirgus, tt 
les Athéniens de leur Solon ; combien plus 
grande occafion y a-il de fc gloniicr du $»• 



gneur? de qnoyauffi il eft fait mention au 
Dcuter.4.e.52. far le ScmUe diui,i il entend 
cefte partie de la Loy laquelle preicrif le 
moyen Itgirimc de l'cruir Dieu: comme font 
les Cérémonies ic lemblablcs obicruations. 
Car elles deuoyët eftre eftimces légitimes a 
eaufc. delà rcgle de Dieuihors laquelle tout 
ce que les hommes entrc|ircnent, eft vnc pi» 
re profanation de la religion. 

î DtCqurl. f'.nc Its Pritr. Car cela me{ 
me eft auffi d'importance , J'cftre irta, de» 
fainôs perfonnages& aimez de Dieu , veu 
que Dieu a promis aux Pcrcs fidèles d'cftcn' 
dre fi niifcricorde fur leurs enfaiis ,iufqu:» 
en mille générations:^ mcfmemcnt en ter- 
mes exprès a Abraham,Ifa3c,& lacob.Gen, 
i7.a.4.& ailleurs. Et ne t'am point farreftcr 
a ce, que cela, quand il eft feparé de la eraiii 
tedeDieU&' fainâete de vie, eft snc chor« 
en foy vaine &: inutile . car nous en voyon* 
bien autant touchant deux autres point» nô« 
mez ci d((ÎU],afeaUoir le feruice Diiiin,& la 
gloire , tant par ci par là es Prophètes, qu8 
principa'emtnt en Ifaie, cli.ipitrc i.e.ii&, 
60. 3.:- Item , letcmic 7 . ■!..>. Maispourcs 
que ces chofts 1 ftans eoniointes auec vn zè- 
le & exercice de vraye pietc .fo'it en quel- 
que degré d'honneur enuers Dieu ,a bon 
droiâ l'Apoftre les a nouibrces entre les pr» 
rogatiucs des luifs.Car pour cefte cjufe ils 
font nomme? héritiers des promeftes. d'au- 
tant qu'ils eftoyent defeendus des Pcre», 
Aftcs ;.d.î5 £r r/^/^.r/j Chn/I.é-' • Ceux qui 
rapportent ces mots auv Pcres , comme (î 
fainft P.iul vouloir feulemët dire que Chrift 
eft defcendu des Percs , le font fans raifon. 
Car il a voulu pour faire fin de p.irler de 
l'excellcicedes lui f» , toucher cepoinSdo 
louarge , que Clirift eftmt defcendu d'eux. 
Car ce n'eft pas vne chofe qui doyue eftre 
peu eftln>ee que d'cftre conioint par confati 
guinitefclon la chair auec Ir Rédempteur 
du monde Et de fiit.fi ainfi eft qu'il a hono 
të en gênerai tout le genre humain.quand il 
f'eft conioint a nous pir eo.nimurion de na- 
tuic'beaiicoiip pins ceux auec lefquels il a 
voulu auoirvn lien de eonionôion pluse- 
ftr.ïittc.C'imbien qu'il faut toujours reue- 
nir là, que fi cefte grâce de conlanguinitc & 
parcntage charnel eft feparec d'auee pietc& 
crainte de Dieu, tant l'en tant qu'elle proo- 
fiee.que pluftnft elle tourne a plus gr.îde cô 
dânaiio.i. Au tcftc.nous auôs yci vn be.ïu paf 
fjgcpar lequel nous eft môffré eiu'en Chrift 
L-s deux natures font tellemet diftinAcs. que 
touteffois elles foni vnies cnfemble en la per 
fonne d'iccluy Chrift. Car en difant q Chrift 
eft defcédu des Itiifs, par cela il duclare la vo 
rite de fa nature humaine Le mot5f/3 taihj'r 
qui eft jdiouftc , dénote qu'il a eu ruclqu« 
choie de plusexeclléi q li chair: ce qui mit- 
ft.e bien clairement la diftiniSion emtela 
Diuiiiiie ic l'humanité. Ft finalement il vic( 
a eonioindre l'vn auec l'autre , qnid il dir, 
que ce mefme Chrift, qui eft nav des liiifs it 
16 la chair, eft tr Ditu ie«.V ntiiuL'rmetit. D"» 
uantage il faut noter çut ce titre rc eonip^ 
i« qu'a ccluy qui eft Dieu icul & ctcraek 
k.iiii. 



Cbap. ï X. 



S VR L'EPI ST RE 



Car «nvn antre lieu il dit que c'eft Dieu 
feul auquel eft deu tout honneur & gloire. 
Ceux qui feparent ce membre d'auec le re- 
lie du texte , pour ofter a Chrift vn fi excel- 
lent & euident tefmoignage de Diuiniie, 
font par trop impudemment de vouloir ob- 
fcuTcir vnechofe ou où voit auffi clair que 
en plein iDidi.Car les mots font fi clairs que 
rien plus: Chrift eft defcendu des luifs félon 



la chair, qui eft le Dieu b«fllt cternelfe' 
ment . Or ie ne doute point que fainft 
Paul ayant vn combat difficiles l'cncon- 
trede ce fcandale vrgent, n'ait expreffee- 
ment efleuc fon efprit a la gloire éternelle 
de Chrift: & ce non pas tant pour fon re- 
gard particulier, qu'afin d'accourager paf 
fon exemple les autres a furmonterle fcan- 
dalc,& venir au deflus. 



ileù.llJ.iZ 



0<</. 4.</.î3 



"é ToHtef^o^i non point ofue la pdrole de Dieu (oit defcheute, 
e/tr tous ceux qui font d!lfrael»e font point pourtant ifrael. 

7 £tpour eftre fèntence d'yéhraha , ils ne font point pour- 
ttint tous enfans:mati\en ifkac te fera appelée femence. 

8 C^efl a dire^ceux cfuifont enfas de la chair., ne (ont point 
p ouitant enfans de Dieu: mais ceux qui font\enfans de lapro^ 
)nejfe font reput ez., pourfemence. 

9 Car <}ojci la parole de lapromeffe , 1 te ^iendraj en ce 
temps^^ Sara aura ^n fis. 



cÇfn 



\ psinl que fa p.irole, ^c* 



l'alliance contraftep aucc Abrahâ, oufeom- 
me parle l'EfcrituroEnfans de la promelfe. 
Car comme ainfi foit que le Seigneur aie 
voulu que le feau de fon alliance fnftim» 
primé aufïi bien es corps d'Ifmael 8; Efau 
que d'ifaac & lacob , il appert qu'ils n'ont 
pas du tout efte cftrangez d'icelIe:(inon que 
on vouluft tenir pour néant laCirronci/ion, 
qui leur a efte communiquée par le commâ* 
dément de Dieu . ce qui ne fe peut dire fans 
deflionorer Dieu ■ F-t c'eftoit ce q l'Apoftre 
difoit ei'deffus , qu'a eux rftoyent les pa- 
ôions , combien qu'ils fuflent infidèles . Se 
aux Aôes chapitre;. d.H, SainA Pierre les 
nomme fils de l'alliance : pource qu'ils e- 
ftoyent'dcfcendus des Pro(ihetes. L'autre eft, 
que ceux-là font nommez F.nfans de la pro- 
niefle proprement, efqucis la vertu & cffica 
ce d'icclle fe monftre.Siiyuant ce regard, S. 
Paul dit que tous ceux qui font enfans d'A 
brnhâ.ne font pas pourtant enfans de Pieu, 
combien que le Seigneur euft contradé al- 
xemplaireGree.ie m'arrefteplus liance auec eux; d'autant qu'il y en aiioit 
une, qui eft , Non point que la pa bi?peu qui gardjftent la foy de ralIiâee.Cô 
bien touteffois que le Seigneur luy-mefnie« 
en ErechicI chap ii5, dit qu'il les tient touï 
pour fes enfans . F" foinme, ouand tout le 
peuple eft nommé l'héritage & la poireffion 
peculirre de Dieu, cela emporte que le Sei- 
gneur l'a adopte par la promeflc de (aine 
qui 'uy a efte offerte , & conferme e par l< 
fignr de la Circnncifion . Mais pource que 
plufieiirs d'entr'cuxpar leur ingratitude re- 
Jettentciftc adoption , & par ce moyen ne 
iouilTent point du fruit ou bénéfice d'icel- 
le.dc I.î fiiruient vne ;iiitre différence entre 
eux. quand on regi rdc l'accompliflcment de 
la promeflc. Ainlî donc-ifin que perfonnc ne 
•l'efbahiire fi cell accomplifleinent n'appa- 
roift point en vne grand pnrt drs luifs. fainft 
Pdul dit que ceux la ne font point comprins 
en la vrayc cltâion de Dieu: ou bien.qui le 
voudra en d'autres tetmr«,I.'cleûion cômu- 
ne ou générale du peuple d'Ifrael n'empef- 
che point que Dieu par fon coofeil fecrec ne 
ckoi» 



Ponrce quefaiiift Paulauolt efte comme ra 
«li ii tranfporté en Vne ecftafe par l'ardeur 
«le fon delir .maintenant voulant reuenir a 
ifon office d'enfeigner , il vfe d'vne manière 
«le correaion:comme fi après f'eftre tormé- 
»c & argoi(ré,il retournoit a foy mefme. Et 
pource qu'en ce qu'il deploroit la pcrditiô 
de fa nation ,11 fembloit qu'vne abfurdite 
Penfiiyuoit.afeauoir que l'alliance de Dieu 
faite auec la femence d'Abraham éftoit de- 
cheuteCcar la grâce de Dieu ne pouuoit 
point fe départir des luifs, que l'alliance 
par mefme moyen ne veiofta eftre abolie)iI 
preuient cefte abfurdite fort bien a propos: 
& monftre commet au milieu d'vn (i grand 
auenglement des Iiiifs, la grâce de Dieu ne 
laifloit point neantmoins de perfeuerer en 
ce peuple,afin que la vérité de l'alliance de- 
meuraft. Les atitres lifent yci vn mot Grec, 
qui fignifieTouteffois il n'eft pasporfible: 
inais pource que ie ne trouue cefte leftiire 
en auc 

a la commune, qui ett , Non p 
rôle de Dieu foit decheute : en ce fens , Ce 
que ie déplore .linfi la perdition de ma na- 
tion, n'eft pas que ie penfe que 1« promcffe 
de Dieu donnée iadisa Abraham, foit main- 
tenant calTee & abolie. Cji- icuicckx -jki Ui'< 
é'lÇ<d'l.e^c . Le propos eft, que la promcffe 
• tellement efte donnée a Abraham * a fa 
femence. que ceft héritage n'appartient pas 
a toute la femence indifferemmct:dont Oen- 
fuyura que le reuoltement d'aucuns n'ein- 
pef'clie point que l'alli.mce ne demeure fer- 
me Sf ftable . Mais afin qu'on vnye plus a 
clair, a quelle condition le Seigneur aiioit 
adopté la pnftcritc d'Abraham pour fon 
peuple peculier , il nous faut ycl conliderer 
«eux chofes. La pteiniere.que la promelTe 
de falnt donnée a'Abtahï appartient a tous 
«eux qui font defceiulus de luv ftlon la 
ehjir,poiirce qu'elle eft prcfcntee a tons fâs 
«xception:fe que pour ce regard a bô dioia 
ik font appelez hcntieis & fuccclfeuridc 



AVX ROMAINS. 



Et 



ehoifilTe delà ceux que tô luy ftnible.Vray gneur refpond a Abradim , qu'il a exaucé 

cft cjU'tn cela défia il y a vn beau miroir de fes prières touchant Ifmael, mai» qu'il y en 

la mifericorde gratuite , de ce que Dieu a aura vn autre fur lequel repofera la benedi- 

elioili cefte nation feule auec laquelle il cô- ôion promifc. Donc il f 'enfuit que parvn 

traâaft l'alliance de vie t mais on appcrcoit priuilege fingulier Dieu clioifit d'cntie le 

encore mieux vne profond itc de grâce en la peuple certains hommes , cfquclt l'ado- 

féconde clcftion.qui fe reftreint a vne partie ption commune mooAre fon efficace. & foie 

tlu peuple ftulcment. Au refte .quand il dit confermee. 

«jue tous ceux qui font d'ifrad , ne font pas 8 Cifl^ Jirttru* qui fcnt tnf4ni. Mainte* 



irraelites:& que tous ceux qui font de la fe- 
mence d'Abtaliam, ne font pas enfans-, il y a 
en cefte façon de parler vne manière d'cqui- 
uocation. Car au premier membre il com- 
prend toute la race & génération d'Abra- 



nant de l'oracle que nous auons vcu , il re- 
cueille vne propofition.qui contient la con- 
clufion ou rcfolution de tout fon propos. 
Car fi c'cll en Ifjac & non pas en Ifmael que 
la femence eft appelée , & touteffois ce der» 



iiam.au fécond il entend feulement les vrais nier n'eft point moins fils d'Abraham que 

enfans , afcauoir ceux qui ne forlignenc le premier , il faut ncceflairemcnt dire que 

point. tous Icsenfans charnels d'Abraham.ne fost 

7 M.<> m tfjjr leftt.i 4pptlre frmtnct. te pas auoucz eftre de fu femence , mais que la 

but de fairâ Paul eft de monftrer que l'e- promclTe f 'accomplit fpecialement en d'au- 

leâion fccrete de Ditu domine par dcffus cuns, & n'appartient |>as a tous en commua 

fi vocation externe, & touitffois n'emporte & également. Il appelle . E,ifdai Jr /j tlmir, 

point de contrariété , mais pluftoft tod a ta qui n'ont rien de plus excellent que le pa- 

confirmation ^ accomplirrement d'icelle. rcntage charnel : comme au contraire , fn- 



Pour monftrer donc ces deux points par < 
dre l'vn après l'autre, il propofe tn premier 
lieu;, que l'cleôion de Dku n'tft point at- 
tachée a la génération ch.irnelle d'Abrahâ: 
fcmtfme que cela n'eft point comprinsen 



fini Je U fi:mr\]t,ct\\x que le Seigneur a fpe» 
cialcment marquez. 

9 Cttyrjci U fdttfe it l.i fr-mrjft. Il ad» 
ioufte vn autre oracle , en l'.ipplîcation du> 
quel on peut veoir de quelle diligence tt 



la condition & au traitté de l'alliance. Ce deitcrite il traître 'Jiicriiure. Quand, dit-il, 

?ue maintenant il eonferme par vn exemple le Seigneur difoit qu'il vicndroit.i^ qu'a A- 

ort propre. Car fil y a deu auoir quelque braham naiftroit vn fi'sde Sara : par cela il 

vray lignage qui ne fortift point hors de la dônoita entéJrc quefa benediftion. n'eftoie 

Çarticipation de l'alliance, cela a deu auoir pas manifeftecmais cftoit encore en furpcs. 

icu principalement en ceux qui eftoyent au OreP»iI , qu'lfm.iel efloit dcfia iiay quand 

premier degré. Mais comme ainfi foit que cela fe difoit: il f 'enfuit donc que la bene- 

nous voyons es premiers enfans d'Abraham, diftion de Dieu eftoit hors d'irm.-iel. Notô» 

«lue luy eftant encore viuant , la promeffe e- auflt en partant, commet il procède de poinft 

ftant toute frefche , l'vna eftefeparé delà en poinA .luec grand aais & prudence , afin 

fenicnce:combienpltis cela a-il peu aduenir de n'aigrir les luifs.Prcmieremét donc fup- 

en »ne pofterite plus loingtaine?Or ceft ora- primât la caufe,il n-.ôftrc fimplemct le faiû: 

de eftprmsde Gencfe chap.i7> où le Sei- puis après il defcouurira la fource. 

lo Et non feulement ccduy-ci'.maù auJi/\Kel>ecca auand el- 
le eut conceu </'Q'»,afcauoir </<» noflrepere ifaac. 

ir Car détient ejtte les tv\{-!i.ï\% fujfent naii , Ç^ <jh ils eKJfent 
f/iit ne bien ne m,il: {^fn tjHe ' lefrofos de Dieu demout-afifèlon 
feiecliony 

Il Nonf oint -par les œuures, mats par celuj qui aj>f>eUe-,)luj 
fut dit, \ L e pliif ^rand fcruira au moindre. 

I } uiinji eju il e(î efcrit-, \ Vaj aime lacob-,^ aj haj Efau. 

res de père &• de merc, voire gemeauxmeât- 
oins le Seigneur rcietie l'vn,& adopte l'au 



Otn.l^.c.W 



'ou,I'ar 
reft 

Cm }S.r.l4 
T'Ulucli.l.it - 



\o Bt iiix frn/rmrut crf!my.rl En ce chapi- 
tre il y a quelques fentences rompues & im- 
parfaites , comme eft cefte-ci , îiUu aidfH 
JKJ»!/ RrifctJ fui rnerintr «i'rn , afcauoir ,</<' 
ii!i7rr i>rre \Ujr.Car il f'arrcftcau milieu de 
la fcntence auant que venir au verbe princi. 
pal. Touteffois le icns eft , Q^'on peut co- 
gnoiftrenon feulement es entacis d'Abrsh' 



tre Dont appert que l'accoinplineircnt delà 
promeflene fetrouue pas indilfcremment en 
tous ceux qui font enfans félon la chair. Au 
rcfte, te texte Greca airfi.Et non fculemét, 
mais auffi Rebecca, f<c. St il y faut fuppleei^ 
quelque mot. Or pource que S.Paul rrgarde 



cefte diucrfite , quant a hériter la promcfle, les perfonnes auiqut Iles Dieu a déclaré Se 
n-.ais qu'il y en a vn frfinoignage plus cui- dôné a crgnoiftrc fon conleil.i'jy mieux ai- 
dent en Iacob& rfau.Cjr es deux autres on iréfnpplecr, ttftiiy ci: prui te r.ipporicr » 
«uftpeu rrpliquer qu'ils n'cftoyent de fem. la pcrfonne d'Abr.iliao : niir Cct.i le r.ippor 
Habte eôdition, pource qu'il y en auoii l'vn tant a la choie, ccmme a f ii E'-iOve Car le 
ftls lie lachambricre:mÀiScci.x-ci fotx fre- fcnseft , quenonrculcmcnt a Abrahamac- 



Chap.IX. 



SVR L'EPISTRE 



fte reuelee l'cleftion fptciale , mjis encore 
aprcs a Rcbecca auffi, lots qu'elle eftoit en- 
ceinte de deux gémeaux. 

Il Ctr JiMni ijue /ei riifjtjr. Il tommcn. 
«e maintenant a monter plu5 haut;& vient 3 
monftrerlaraifonde ceftc diuerfite , décla- 
rant qu'elle ncconfiltc qu'en la feule ele- 
«ion de Dicn. Car iufqucs yci il auoit tou- 
ché en peu de paroles, qu'il y auoit quelque 
différence & diuerfite entre ceux qui font 
enfans d'Abraham Iclon la chair : afcauoir. 
Combien que par la Circoncifton ils foycnt 
»ous adoptez a la participation de l'allian- 
ce , que touteft'ois la grâce de Dieu ne mou. 
ftrepas Ton efBcace en tous.&par ce moyen, 
^ue ccux-lafont les enfans de la promcffe, 
Jefquels fentét le fruit du bénéfice de Dieu. 
Mais d'où procedoit cela , il f 'en eftoit leu, 
ou pour le moins n'en auoit touche que 
quelque mot eu p.-inant,& affel obfcureme't. 
Or maintenant il rapporte apertement tou- 
te la caufe de cefte diuerfite a l'eU-ftion de 
Pieu, voire !k icelle gratuite, & laquelle ne 
dépende aucunement des hommes: telle- 
ment que quant au falut d'ïS fidèle! , il ne 
faut rien chercher de plus haut que la bonté 
de Dieu- & quant a la perdition de; reprou- 
tiez , rien de plus haut que la iufte fcuente: 
Voyia donc pour la première proporition. 
Comme la benediôion de l'alliance fepare 
la n.itiô d'ifracl d'aucc tous autres peuples: 
ainfi l'eUftionde Dieu difcerne & /a'^» 
différence entre ceux mefmes qui lont d i- 
celle nation, entant quM predeftine es vus 
a falut, les autres a damnation éternelle. La 
féconde propof.tion eftrll n'y a autre fonde- 
ment de cefte eleftion que la pure bonté de 
Dieu, & mefmes après la ch:Ute d'Ad.,m. 
mifericorde , qui embraffe ceux qu i luy 
Diaift, fansauoir du tout aucun cfg.ird aux 
œuures. La troifieme. Le Seigneur en fon e- 
leftion gratuite cft libre, & n eft point obU- 
Eéou aftrcint a vne neccffite de conférera 
Tons également la mefoic grâce : mais plul- 
toft au contraire ,1 Luffe ceux qu M veut . «c 
prend ceux qu'il veut.Siina Paul comprend 
triefuementenvne claufc tous ces points: 
il viendra puis après a traitterle refte par 
ordre. Au tefte , par ces mots , D™ Mf qi "f 
fulf,». «.<,., J'r V^l'-' euff-'of"' "' *'■"•"' "'^'•" 
il monftre que Dieu en mettant la différen- 
ce n'a peu auoir efga-d aux œuurcs qui n e- 
ftovent pas encore Or ceux qui veulent lub- 
tilizer a rencontre, difjns que cela nom- 
pefche point que l'eleftie. de Dieu ne difcer- 
ne & mette différence entre les hommes fe- 
16 les mcntrs des œuures,pource que Dieu 
preuoit par les œuures a venir ceux qui fe- 
ront dignes ou indignes de fa grace:ne voyec 
pas plus chir que faindl Paul, mais faillcnt 
en vn principe de Théologie , lequel dcuoit 
«ftre plus que notoire a tous Chrefticns: A- 
feauoir que Dieu en la nature de l'homme 
torrompue,comme cllo a eftc en Efau & la- 
cob.ne peut rien onfiderer |.arquoy il puif- 
fe cftre induit a leur bien faire. Ainfl donc 
quand il dit qu'ils n 'auoyent lors ne l'vn ne 
l'autre fait ne bien ne mA , il faut quant & 
«juit «dioufter «c qu'il ptcfuppofc, Q^ie l'yn 



& l'autre eftoit enfant d'Adam , de nature 
pécheur, n'ayant vne feule goutte de iiiftice. 
Et ce que ie m'arreftea déclarer & deimef- 
1er ces choies, n'eft pas que l'intêiion Je l'A" 
poftre l'oit obfcure & douteufe.Mais poiirce 
que les Sophiftes ne ft conteni,in5 pas de la 
/implicite d'iceluy, tafclient d'efchafiper de 
ce pafljge par leurs diftinftiôs friuoles, \»y 
bien voulu monftrer que Uinft Paul n'a pas 
ignoré les chofes qu'ils ainenct,iTiais que C9 
font eux pluftoft qui fjnt aueiigles es pre» 
miersrucfimensde la foy. Cependant, côbien 
que la feule corruption & peruerlitc quieft 
cfpanduepar tout le genre humain, mefme 
deuint qu'elle vlene a fe monftrer aâuelle- 
ment(comme on dit)fuffire a dânation, dont- 
f 'enfuit qu'» bon droiâ Elau a efte rcetté, 
pource qu'il eftoit naturcllemét enfant d'i- 
re : toutclfois.afin qu'il ne deincuraft en ce« 
ftc matière doute ou fcrupule aucun, cômeft 
fa condition euft eftc pire que de Iacob,pour 
quelque vice qui fuft e:i luy, il eftoit bic re- 
quis d'exclure les péchez, auffi bien que le» 
vertus. le eonfeû'e bien qu'il eft vray.que la 
prochaine caufe de la réprobation cft.pour- 
ce que nom Tommes tous maudits en Adam; 
toutelfois afin que nous apprenions de nous 
arrefter nuement & ftmplement au bon plai» 
fir de Dieu, S.Paul nous retire mefme de ce- 
fte côfiJerationla pour quelque peu,iufqu'« 
ce qu'il ait eftabli ctfte doflrine, Q^ie Dieu 
ha en l'on vouloir afTez iufte caufe d'élire & 
de reprouuer. ^YA'i nue le fir'pji. Il n'y a 
qujfi mot de S.Paul yci , qui n'emporte foit 
poids pour eftablir& confermcr i'cleaion 
gratuite de Dieu. Car fi les œuures y auoyêe 
lieu, il euft falu dire , Afin que les ocnuref 
ayent leur rémunération: mais il met a l'op 
politc le propos de Dieu , lequel confiftc en 
fon bon plaifir feul. Et .ifi i qu'il ne dcmeu- 
raft aucune difpute fur cefte matière, il a 
coupé broche a toute doute en adiou ftant vi» 
autre mot,Si'/o)i i'ele!}iH:>k puis pour le troi- 
fieme , ^: (I j'o'int j,.tr lei ceuurei , mj j p.<r celuy 
quIit-peUe. Or fus donc confideronj mainte- 
nant de près le fil du texte, & la fuyte des 
mots. Si le propos de Dieu félon l'ekftioi» 
eft eftabli par cela, «_ le deuât que les frère» 
nafquitrent,S( feiffeiit ne bien ne mal .lucun, 
l'vn eft reietté & l'autre eft prins: il f'enûiit 
que fi quelqu'vn voulolt attribuer a leur* 
œnures la caui'e de la dift'ercnce , le propos 
de Dieu feroit parce moyen renueric. Et 
ce qu'il adioufte après , X'"» f«>«r/'.<' /" of"- 
Ktej , »u.i p.trce/uy r/ui dpp.lU : fignific <|ue ce 
n'tft point de la part des œuures , mai» de 
la vocation feule. Car il veut exclure toute 
ronfideration d'œuures. Ainll donc en cefte 
fentcnce nous auons , «ine toute la fermcto 
de nnftre eliâion eft cnclofe au fcul proDO» 
de Dieuiqu'yci tes mérites ne font rien,lef- 
quels ne nous peuuent amener que mort: 
que la dignité n'y eft pont confidcrce, com- 
me auffi il n'y en a aucune- mais que la feu- 
le bénignité de Dieu domine Si reirnc em 
cela. Parquoy c'eft vn article faux & con« 
traire a la parole de Dieu, de dire.Ciue Dieu, 
filou qu'il prcuoii vn ch.icun de nous e- 
Rrc digne OH indigue de fi jrace, IVIii ou 
le rcfïOli. 



AVX ROMAINS. 



6% 



lertproiiue- 

Il l.t '.liugtinil friHirJÂumiinJte. Voy- 
U comment le Seigneur dilci-rne entre les 
tnfaiit d'iiaac iftaos encore c;ichez au ven- 
tre de la mereCir c'ift ce qut Dieu liiy re- 
fpondit : dont f '(nfuvuoit que Dieu vouloir 
cftendre vne fjucur ff)cciale l'ur le moindre, 
de laquelle il priuoit le plus grâd Or com- 
bien que cela le rapporioit au droiô de pri- 
niogeniture & aifncirt: en icclle toute dois 
comme figure d'vne plus gtâdr choie, la vo- 
lonté de Dieu a eftedecb'ec. Ce qui cft ai- 
lé a veoir, quand nous côlidercrors côment 
1.1 pnmcgenitur» a bien peu proiifité a Ta- 
rot ûloii la cluir.Car preinicrcnient a c-u- 
Ir a'icellc il fe trouue en grand danger:puis 
après pour cuittr It dangir , il eft contraint 
(l'abandonner la maiforf du père , & mcfme 
fortir du pays. Et en Ton exil il cft traaté 
fort iiiliumaincircr.t. Quand il reuicnt de 
11 , craintif & eftant eu doute de Ta vie, 
il le ieite aux pieds de fon frère , ic le prie 
en toute humilité pour l'.ippniler & addou- 
tir , & ne vit qu'a fa merci, où eft la domi- 
nation par diffus Ton frère, duquel il eft cô- 
traint de tenir fa vie coinnic par eupruntill 
faut donc dire *^u*co ctft oracle ou rcfponle 
de Dieu il y .lUoit quelque chofe que le Sei- 
gneur luy promcttoit de plus grande impor- 
tance, que n'eftoit la primogeniiiire. 

i; ^infi ,ju I rft tÇiri:,rjyaimi. Il con- 
fermc encore par vn plus certain tcfmoi- 
gnagc. combien cft propre & l'ert a cefte ma- 
tière l'oracle donoç de Dieu a Rcbecca: »(ci 
uoir que p,ir la dominatiori de lacob . d la 
feruitudcd'r.iaU,a eftc tcAifiie la condition 



que lacob a obtenu celle gnce par la beni< 
gniie de Dieu. fans aucun mérite ficn. Ainl» 
donc ce tcfmoignage du Prophète monftre 
la cjufe pourquoy l'eft que le Seigneur a 
donné la primcgcnmirc a laeob. Or il cft 
pti's du I cliap.dc Malachic.fù le Seigneur 
voulât reprocher auxluits leuringratitude, 
rtcite premièrement fa bonté enuers eux le 
vous ay aimez , dit il Et pun il met o'uii 
procrdoit le commencement de ceft amour, 
licob,dit-il, n'eftoit- il pas frcre d'Ef..u? co- 
rne f'ildifoit. Quelle plus grande ejcellen- 
ce auoit-il pi ur laquelle le le deulfe prcfe- 
rcr a Ion frerf? Certes point du tout. Car la 
condition dis dcuK cfluit égale, linon que 
par la loy de nature ceftiiy.ci q clloit puif- . 
nay deuoit eftre su dtflous de l'autre Et 
toute ffois l'ay prins ceftuy ci ,& ayreieité 
l'autre: certes cft.int a ce induit par ma feu- 
le mifeiicorde, fans aucune dignité d'uu- 
ures. Et maintenant ie vous auoyc adoptez 
pour mon peuple , afin que ie continualtc la 
mefme bénignité enuers lafemencede la- 
cob: .-,u contr.Tire,i'.iu<'yc reictté les Edomi- 
tes,qui font dcfccndus de la génération d'E- 
fau. Parquojr d'autant plus eftes-vous inef- 
chans , veu que la mémoire d'vne fj grande 
debonn.iiretc ne vous peut inciter a mo fcr- 
uir & honorer ma m.iicfte. Et combien que 
la font anlTi récitées des benediftions ter- 
tiennes.qiie Dieu auoit conterees aui IlVae- 
liies : loiiteffois il ne les faut autrement 
prendre que pour fignts de la beneuolen' 
ce d'iccluy. Au refit- , où l'ire de Dicucfl, 
l.i l'enluic la mon : & où eft fon aoiour , li 
cft la vie. 



fpirjtuclle de l'in &: de l'jutre. En après, 

14 i^e dtrQS-nous doncîj a-/i iniquité en Dieu? ^inji nad- 
uierte, 

15 C,ir il 4 dita Moyfe,\ l'aur,ij merci de celuy/t tjui iéferaj 
merci:Ç£fera-^ mifericorde a celuj a ejus ie ' feritj mifericorde. 

1 6 Ce >/' eft point donc ne du ^onlant ne dtt courant : maii de 
Dieu cjHi (,tnmifcr$corde, 

17 C^r fEfiritKre dit /t Pharaon, \ fe t'.tj fîifcite 4 ceflepro- 
■prejin^fOHr dembfrer en toj m.t pHi[funce, ^ ajin ejHe mon nom 
foit annonce en toute la terre. 

18 II ha donc merci de cel.'ty <juil ^ent : ^ endurcit ce/uj 
tjutl'^ettt. 



\\ ilufrUicnf ti'ui tt-nr? la cliairne peut 
ouyr celle fageffe de Dieu, qu'iiicontinît el- 
le lie riene a f 'elcarmoucher en qucftions 
bruyantes, & f 'ifforce.par manière de dire, 
d'appeler Pieu a conie. Ft pour ceftc caufe 
aulh m Ui voyôs qui- l'.\poftre t<iU;c5 fois & 
quantes qu'il traître quelque li.iut m)ftere, 
viët au dei'ât dr beaucoup d'abfurditez.der- 
quclles il fcauoitque lesefprits des hômei 
• utrcme't feroyent embrouiller & préoccu- 
pe' Mais fur tfUf, quand les homes os eut ce 
q l'Frcritiire enfeieie touchât la predeftina» 
tion, ils r'cniorteillc't & empeftrët en beau, 
coup de forces. Car la {trcdcftinidë de Dieu 



eft vrayemft vn labyrinthe, duquel l'efprit 
de l'home ne fe pourroit , en forte ô ce foit, 
defnclopperiS,- pms il y a que la turiofitedc 
l'hômccft lï importune it iretillâtr, que lâc 
plus il y a de dâger a l'vnijuerir trop au.int 
d'vne ciiore.ta.t pins elle f "ingerc & fourre 



fv..î;.J.i8. 
'OU, 

vou- 
dray 
fiiu-e N 
merci, 
'ou, 
vou- 
dray 
faire 
miferi- 
corde. 



.lUec plus grâJe ai J.icc. Ainfi.qiiJd o.itrait- 
te de la predeftinatiô.pourceql'hôoie ne le 
peut modcrtr.Si tenir dedi» fes limites, par 
fa lemerite il le plôge incôtinent comme en 
vne profonde mer. Quel remède donc ftiy- 
uront les fidèles en ctia? fer-i cède fuir du 
tout d'ouyr parler delà prrd ftinatiô?Neni. 
Car comoie ainfi foit que lefainil tlV'u n'» 



Chap.IX. 



SVR L'EPISTRE 



?; 



rien tnMpii qo! m flous Toit proufitable & 
neceffsirede fcauoir.certcs il n'y a point de 
«toute que la cognoiflance de II prcHeftina- 
tionnous fera vtile , moyennant qu'elle ne 
pafTc point les limite"; de la parole de Dieu. 
Obferuons donc ceci eftroittement,de n'ap- 

reter point de fcauoir d'icelle finon ce que 
Efcritiire en enfeigne. Quand le Seigneur 
ferme fa bouche facree.fermons auffi le che- 
min a nos efpritî, afin qu'ils ne paflent plus 
outre. Mais pource que nous fommes hom- 
mes , aufquels ces folles queftions vienent 
raturcUemêt en l'efprit.efcoutons & appre. 
nons de S Faul cément il y faut obuier. ï <- 
ilinitjHtir. Voyla'certes vne rage de l'efprit 
liumain monftrueufe , de ce qu'il f'addonne 
pluftofta accuferDieu d'iniuftice, qu'a re- 
cognoiftre fon propre aueuglement. Car S. 
(Paul n'a point yci voulu aller chercher bien 
loin des difficulter pour embefongner Ie« 
Icâeurs: mais il a prins , comme de"rencon- 
ire , vne doute plene d'impiete , de laquel le 
font incontinent furprins plufieurs , fi toft 
ju'ils entendêt dire que Dieu difpofe fejon 
on plaifirde chacune perfonne. Orl'efpece 
d'iniuftice que la chair imagine yei eft, de 
ce que Dieu laiffsnt l'vn , regarde S: prend 
l'autre Sainft Paul pour refoudre la difficul 
te.diuife toute ce6e matière en deux mem- 
bres : defquels au premier il traitte dese- 
leus,& en l'autre des reprouuez:?? veut que 
aux premiers nous contemplions la miferi- 
corde de Dicu:& aux antres, que nous reco- 
gnoifîions fon iufte iugement. Pour le om- 
mencement donc il refpond.que cefte penfee 
doit eftre exécrable Sr detcftable a tous, de 
cuidcr qu'il y ait iniufticc en Dieu : puis a- 
pres il déclare comment il n'y en peut auoir 
a l'endroit des vnsnede* autres. Touteffois, 
auant que pafler outre, cefte obie&ion don- 
ne bien clairement aentendre,quc de ce que 
Dieu ellt les vns, & reprouue les autres, il 
n'en failt point chercher la eaufe ailleur» 
qu'en fon propos. Car fi la differêce t< diner 
fut tftoit fondée en la côfideration des œu- 
Mres.en vain h fans caufe S.Paul euft efmeu 
*)ueftionde l'iniuftice de Dieu , de laquelle 
il n'y peut auoir foufpecon quelcôque.quad 
Dieu traitte vn chacû félon qu'il mérite. Au 
refie, il eftbefoin auffi dénoter en fécond 
lieu,conibien qu'il fceuft qu'on ne peut tou- 
cher ce poinft de doftrine , qu'incontinent il 
n'y ait des propos de murmure, voire mefmc 
des blafphemej horribles qui f'eOtuent a 
rencontre, quetouteffois il n'a point l.iIlTe 
de le mettre en auant librement fi franche- 
ment . fans en rien dcfguifer. tt mcfmc qui 
plus eft , il ne fe femt poinr de dire quelle 
«ccafion de murmurer fi tcpefter fe prefen- 
te a nous,quîd il nous eft dir.qne deuât que 
les hommes naiflent, a vn chaciï eft ordônee 
fa condition par le fecret vouloir de DlcU: 
ncâtmoins il pane outreiS: fans aucû defgui- 
femét pronôce & déclare ce qu'il a apprinj 
du S Efprit.Dont f'enfuit que la douceur& 
tendreté de ceux qui veulent eftre trouuer 
plus prudes que le S.Efprit.a empcfcher ou 
«ppaifcr les fcîd.ilcs, n'tft aucunement fup. 
portable.Dc peur que Dieu vient a eftrc ac- 



eufé ou blafmc,, ils font eôMtnte &t eSftf" 
fer fimplement que le falut ou la perdition 
des hômc s dépend de fon eleâion libre. S'ils 
g»rdoyet de curiofite pemerfe leurs efprit», 
auffi f 'ils tenoyent en bride leurs langue* 
pour ne leur point donner vne licence eï» 
ceffiue, leur modeftie & fobriete frroit i- 
prifer : mais de vouloir , par manière de di- 
re, donner »n clieucftreau fainft Efprit & a 
fainft Paul, quelle audace eft-ce là> Que 
cefte magnanimité donc foit maintenue eo 
l'Eglifc de Dieu , que Us fidèles Dofteur» 
n'ayent point de honte , pour réfuter toutes 
les calomnies que les mefchanj mettent 
en auant , d'oppofer vne fimple déclaration 
& profeffion de la doftrine , quoj' qu'ctia 
foit odieufe. 

15 Car il JU A yteyff. Quant aux eteut» 
Dieu ne peut eftre accufé d'aucune iniuftiee} 
car il leur fait mifericorde pour l'amour âa 
fon bô plaifir.Et toutefTois la chair ne laifft 
p.15 encore de trouuer mefmesjreia murmiu 
rer, pource qu'elle ne peut accorder cela 
a Dieu, qu'iLeftende fa faueur furceftuy-ci 
pluftoft que fur eeftuy-la,fi la caufe ne vient 
a eftre déclarée & mife en auant.'Aiofi donc* 
pource qu'il fembleabfurde q les vns foyet 
préférez aux autres , fans qu'il y ait aucun 
mérite, l'intempérance de» homes viëta in- 
tcter procès cotre Dieu.côme f'lli.-iuoit trop 
acceptiô des perfonnes.Or maintenât il no* 
faut veoir cornent S.Paul défend & maintiêe 
la iuftlce de Dicu.Premieremêt certes, il na 
viêt point a obfcurelr ou enuclopper ce pro- 
pos qu'il voyoit eftre odieux" mais pourfuic 
d'vne conftanee inuincible a le maintenir 9t 
eftablir. D'auantage ,il ne trauaille point a 
eliercherdes moyës pour addoucir ou amol» 
lir la dureté de cefte doflrine : mais fe con- 
tente de reprimer par tcfmoignages de 1*E- 
fcriture.les vileins abbayemeni des iniqties. 
Vray eft que cefte excufe pourroir fembler 
biëinaigre.quâdil dit, Que Dieu n'eft point 
iniufte , pource qu'il eft mifericordieuxen» 
uers ceux que bon luy femble: mais pourco 

3ue Dieu ha plus qu'afteï de fon authorite 
e luy fcul, tellemet qu'il n'ha q faire d'au- 
tre ad>ioc.it qui I rené la caufe pour luy , S. 
Paul f'eft contenté de le propoferluy-meli 
mepour defenfeurde fon droia. Au refte.S. 
Paul amené yci la refponfe que le Seigneur 
feit a Moyfe , quand il le prioii pour le fa- 
lut de tout le peuple, l'auray merci(refpond 
Dieu) de celuy duquel i'auray merci : & fe- 
ray mifericorde.a celuy auquel le feray mi- 
fericorde. Or par ceft oracle. Dieu a déclaré 
qu'il n'eft detteur a home quelcôque: & qua 
tout le bien qu'il leur fait , procède d'vn» 
bencficcnce f{ libéralité gratuite. En apres« 
que cefte beneficence fiene , eft libre, telle- 
ment qu'il en vfe enuersceux que bon luy 
femble. Finalement , que ce qu'il fait bien 
a certains homme» ,tc eftend fa bonne affe- 
ftion enuers eux , ti non p.^s eruer» tous, 
il eft impofhble d'en trouuer caufe plu» 
h.iuteque fa volonté Caries mot» empor- 
tent autât comme fil euft dit, Celuy auquel 
i'jy vne fois déterminé défaire mifericor- 
de, iamais ie n'en oAcraj ma mifuicorde: 
Aie 



AVX ROMAINS. 



éi 



Ht OBtlaaerafnia beni^aite a iamais . 
criuy cnucrt lequel i'ay irrelii d'cftre be- 
oin. Certes en parUnc ainfi , il allègue fort 
décret volontaire , pour la rouiicrainc & la 
plut haute cauTc de ce qu'il fait grâce , Se 
quint te quant donne a entendre qu'il a fpe- 
<ialeinent drOiné fa milericordea certai- 
nes perfoanei. Car d'rn coftccefte,raconde 
parler precileement ,& qu'il tranclic ainlî 
court, ev'clud toutes caul'es venans d'ail- 
leurs'commc quand nous voulans attribuer 
vne puifl'anccdedirporerde quelque chofe, 
nous diions.Ie feray ce que ie ferayd'autre 
part auflî ces mois ^/jm, expriment notam- 
ment que la mifericorde ne Icra point com- 
mune indifféremment a tous. C'eft oftcr a 
Dieu cefte liberté, depuis qn'on vient a lier 
fon eicâionaut caufet externes. Es deux 
ternies delqucis vTe Moy fe , cft exprimée la 
caufe vnique de ralut:car l'vn figniiie Fauo- 

Îiier , ou bien faire gratuitement & libera- 
cmet -l'autre fignifie Eftre touché & efmeu 
de compafTion Ainfi demeurearrefté ce que 
S.Paul prttend, Afcauoir que la mifericorde 
de Dieu .d'autant qu'elle eft gratuite , n'eft 
ebligee ni aftrainie a chofe que ce foit.mail 
Pcftend où il luy plaift. 

iS Ce n'r/l'IcacpiiMlJityiuUiil. De ce 
tefmoignage qu'il a allégué , il recueille ce 
qui Pcnluit fans difficulté aucune , Qye no- 
ftre cleftion ne doit eftre attribuée ni a no- 
ftre induftrie , ni a noftre pouuoir ou effort 
aucun qui procède de nous : mais doit eftre 
toute rapportée au confcil de Dieu, afin qu« 
perfonne ne pcnfe que ceux qui font ticus, 
forent eleus pource qu'ils l'ayent ainfi me- 
nte, ou ayent par aucun moyen acquis la f.i- 
oeur de Dieu enuers eux , ou pour le faire 
«ourt. qu'il y ait en eux vne feule goutte de 
dignité ou mérite qui incite Dieu a ce fai- 
re. Il faut donc prendre ceci fimplement en 
te fcnst Q^ie ce n'eft point vne chofe qui 

Î;ire en nottre volonté ou ^ort (car il a mit 
e mot de f:>in'r, pour foin, diligence, ou ef- 
fort) que nous foyont du nombre descleus: 
maisque le tout procède entièrement de la 
bonté de Dieu, laquelle de lun bon gre Se 
|>ur mouuemcnt nous prend pour ficns , lans 
que nous y ayons vouloir , ou nous y effor- 
cions, non pas mefme y penfions. *Aii refte, 
ceux n concluent par ce palTage, qu'il y a en 
BOUS quelque vigueur fecrcte de volonté ou 
•Ifcft'on tedant a cela, mais laqutlle ne f.iic 
rien de foy-mefmc , Se fans eftre aidcc de la 
miferitorde de Dieu , Ce monftrent fots , Se 
parlent fans propos. Car l'Apoftre ne pré- 
tend pas yci de monftrer que c'eft qui eft en 
■ous.Sf quel pouuoir nous auoni.'mais veut 
exclure tous nos efforts, induftrie , Sf dili- 
gence. C'eft donc Tnrpure cauillation.quâd 
lit infèrent que nous voulons , Se courons: 
fource que S.Paul ùit,Q<,ic ce n'cft point du 
voulant un du courant corne ainfi loit qu'il 
■'a entendu autre cliofe, finon que ae la vo- 
lonté ne la courfen'y fait rien. Au contraire 
toutclT«is,ccux-la méritent blenaulfi d'cftrc 
redarguez.qui afin de donocr lieu a la gracc 
de Dieu (comme ilsdifent) fe laiflent aller, 
4k diBcarcsi skCfi fao» ptaùt a Uur falut. 



S< en auoir foitL Car combien que noftr* 
propre induftrie n'y face rien , fi eftce tou- 
tcffuit que l'alfeftion & le foin que Dieu 
nous inipire > n'eft point fans efficace. Cet 
propos donc ne font point ainfi ditt.afinque 
par noftre obftination ou nonchalance, nou* 
efteignion» l'hfprit de Dieu, qui met et» 
nous comme de petites eftincclies.mais afin 
que nous fcachions que de luy procède tout 
ce que nous auons: & que pourtant nousap' 
prenions a luy demander, a elperer de luy, Se 
luy attribuer tout , nous tmplo) an'i a pro« 
curer noftre falut auec crainte U treinble- 
ment.Pliilip.ib.i». Il y a vne autre cauil- 
Lition fophiftique & tant fotte.par laquelle 
Pelagius a voulu fe defuelopper de cefte 
fentcnce de fainA Paul,difint qu'il cft vr.ijf 
que ce n'cft point du vueilLiot ou du cotv* 
rant feulement , peurce que la mifericord» 
de Dieu y aide. Lequel fainâ Auguftin rcfu- 
te par bonne & ferme raifon auec grâce, di* 
fant . Que fi quand il eft dit, que la volonté 
de l'homme n'eft point caufe de l'eleâion. 
c'eft pource qu'elle n'en eft pas ta feule eau- 
fe,m,iis en partie feulement :on pourra auflt 
dire au contraire, félon la mefme façon de 
parler, que l'eleôion ne procède point de la 
miferieorde , mais du vueiUant Se courant- 
Car quand il y aura vne coopération mn> 
tuellc Sf concurrence de la miferieorde da 
Dieu ic de l'effort de l'hôme, il faudra auflt 
que la louange foit cômune a tous les deux. 
Or le dernier propos eft fi abfurdc, que fan* 
faire long procès , comme on dit . il f'en v« 
bas de foymefme.Parquoy tenons cela fer- 
me , que le falut de ceux qu'il plaift a Dieu 
de fauuer , eft tellement attribué a la mife> 
ricorde de Dieu, que rien n'cft laiffé de rcfte 
a l'indiiftrie de l'homme. Il n'y a gueres plu» 
d'apparence a l'auis de ceux qui |ireneni ce* 
mois tout de fuyte auec les precedens.conv 
me eftans dits en la perfonne des mefchant. 
Car commet viendroit cela a propos diS paf- 
fagcs de l'Efcriture , qui font tous clairs Se 
formels pour maintenir la iiiftice de Dieu, 
de let tirer pour luv reprocher tyrannie.? 
D'auantage . feroit il vray fcinblable que 
fainft Paul ayant en la main la rcfponle ai- 
fee, euft fouftert qu'on euft abulé fi vileine- 
ment de l'Ffcrituie.fans mot dire> Mais ce 
font desefchappatoircs qu'ont cherché des 
gens qui f'abufoyent , mefurans félon leur 
fens ccft ficellent & tant haut myfterc de 
Dieu. Leurs oreilles tendres & délicates 
trouuoyent cefte doftrine trop rude , telle- 
ment qu'il ne leur fembloit pas qu'elle fuH 
digne de l' Apoftre. Mai'^ au côirairc.c'eftoit 
a euxd'amollir leur dureté. Se la rangi-ra 
l'obeKfance de l'LIprit , afin de n'cftre plus 
fi fon attache' aux lourdes imaginations de 
leur fol cerueau. 

«7 C.»r 'Slcn'iutt Jit. Il vient maintenant 
au fécond membre , qui cft de la rcie&ioii 
des iniques , auquel d'autant qu'il fembla 
qu'il y a quelque peu plut d'abfurdtte.'d'au- 
tant plus l'.\poftre (^efforce de monftrer qua 
Dicu en reprouuit ceux qu'il veut, non feu« 
lement eft irrepreherfible.mais auflî admi. 
lablt ta fa fafi«actSc dreiiuif. Ainfi deu 






chap.ixr. 



SVR l'EPISTRE 



lOU. 



il prend vn ttrmoîgnjle d'Exode, tliap 9. d. rendre conte :Teo que de Jujr-mefme il vient 
I(S, où le Seigneur afferme que c'cft luy ijui le premier en aiiant, & anticipe ci fie obie- 
a fufcité Pliaraoïi proprrmêt a ccftc fin, que âion , déclarant que les rcprounez proce 
''''■"" --'-- ' .•1 - ■ n ' dent d'vnc f.iurce Iccrece de fa proiiidence, 

d'autant qu'il veut que fon Nom foit celé- 

bré en eux,&c. 

18 // hn /Icncmrrci ilf tefuy qu'il yrut. 

Yci f'cnfuit la conclufion des deux mem. 

bres , c'eft afcauoir tant de ce qui concerne 

les eleusqus les reprouuc^ , laquelle ne fe 



quand il l'cfforctroit de rclifter obftinémcnt 
a la puidance de Dieu , cftant ncantmoins 
vaincu & abbatu , il leruift d'exemple pour 
monftrcr combien le bras de Dieu cft inuin- 
cible. veu qu'il n'y a vertu , ne puiflance 
d'hoinnie qui le puiflc porter , beaucoup 
moins le rompre. Voyla l'aduertilfime't au- 



quel Dieu a voulu faire feruir Pbaraô.Par- peut prendre autrem.eiit qu'cftant dite en U 

quoy.il y a yci deux cbofcs a confiderer : U perfonne de l'Apoftre. Car puis après il en- 

predcftination de Pliaraona cftre damné.la- tre en propos contre rjûncrfairc ,& corn- 

quelle fc r„pporte au côfcil de Die», lequel mence a mettreen auaiu les cliofcs que la 

fil iuftc.mais touteft'on caché:puis apres.la partie aduerfe pourroit obitfter. il n'y a 



6n d'icelle. qui cft q le nom de Dieu en loit 
magnifié Et c'eft fur icellefin que l'Apoftre 
infille principalement: car fi ccft endurciflc- 
ment eft tel , que pour iccluy le nom de 
Dieu mérite d'eftre publié & magnifié, il 
n'eft point licite de l'accufer en cria d'au- 
cune iniufticc.qui eft vn argument prins des 
règles communes des cliofes oppofitcs & 
contraires. Mais pourcc que plufieurs expo- 
rteurs corrompent cepafîage aufli, enfef- 
forccant de l'ajdoucir, il faut premicremét 
noter qu'en lieu de ce mot Sufiiter , il y a en 
l'Hebrieu , le t'ay établi : où Dieu voulant 
monftrer que Tobftination & rébellion de 
Pharaon ne l'empefchera point qu'il ne de- 



donc point de doute que fainft Paul en di^ 
fart ceci , ne parle en fa perfoine , & leloo 
ce qu'il en penfe , comme défia nous auotis 
aduerti vn peu auparauant ; Alcauoir que 
Dieu feloQ Ton plaifir fait mifericorde a cc- 
luy que bon luy fcmble, & dreflc la rigueuf 
de fon iugcment contre celuy qu'il lu^ 
plaift Car il veut gaigncr ce poinâ enuerî 
nous, qu'en çcfte diucifite qui apparoift en- 
tre les elcusSr les rcpronucz , noftre efprit 
fc contente & l"'arrefte la . qu'ainfi il a pieu 
a Dieu d'illuminer les vns a faUit , & aueu- 
gler les autres a mort: .<t n'appete point de 
fcauoir autre caufe plus liante que fa vo- 
lonté. Car il nous f.iut arrefter fur ces mots. 



liutc fon peuple, afferme que non feulement ^«'./reuf .-outre Icfqnels il ne nous permet 

il a prcueu la rage d'iceluy, & ha les moyés pas de p.ilTer plus auaiiC. Au rcfte , le mot 

prcfts pour le reprimer : mais auffi que de d'fnf/x.ci' , es 1 fcriturcs , quand il eft attrU 

propos délibéré il l'a amfi ordonné: & ce, a bué a Dieu , ne fignific pas feulement per- 

cefte fin qu'en luy il monftraft vn tefmoi- miffion ( comme veulent dire quelques cer- 

gnagc plus magnifique de fa puiflance. C'eft t.iins moyenneurs , qui penfent bien bcfon- 

donc mal traduit a aucuns, de dire que Pha- gncr d'addoucir a leur maigre fantafie le 



raon 3 cfte gardé pour vn temps .-veu que 
pluftoft il eft yci parle du commencemert. 
Car en lieu que beaucoup de choies furuic- 
nent d'ailleurs aux hommes , Itlquellcs re- 
tardent leurs entrcprinfes ,& empefchent le 
cours & la pourfuyte de leurs délibéra- 
tions , Dieu dit que c'eft luy qui a ainfi mis 
en auant Pharaon, & l'a ordonné a ce faire. 
A laquelle fentcncc conuicnt fort bien le 
mot de Si'.fc:'ie>, Or afin qu'on n'imagine 
point que c'eft feulement par vn moiiue- 
ment vniuerfcl & confus, que Dieu a poulfc 
Pharaon , afin qu'il trebufchaft en cefte ra- 
ge: en la mefmc fcntcnce eft touchée vne 
caufe ou fin fpeciale : comme fil efloit dit, 
que Dieu fcauoit bien ce que Pharaoti fe- 
roit , mais qu'expreiriciiunt il l'.i ordonné 
acela. Dontf'cnfuit Que c'eft foliededeba- 
trcauec luy, comme ('il eftoit obligé a nous 



ftyle du S.Efprit )m3is aufii vne aftion & 
opération de l'ire de Dieu. Car toutes les 
cliofes citernes qui fcruent a raucugle- 
ment des leprouuez ,font inftrumens do fou 
ire. Et Sitin mefme qui befong ic auec ef- 
ficace au dedans d'iccux , eft tellcmtnt mi- 
niftre de Dieu qu'il ne befongnc finon par 
l'ordonnance d'iceluy. Par ce moyen donc 
eft renuerfé ceft efcliappatoire friunleque 
tiencnt les Schol.iftiques touchant la frc- 
fcience Car l'ai r.ft Paul ne dit point yci que 
la ruine des melchans eft preucue par le 
Seigneur ;mais ordonnée par fon confcilî& 
fa volonté. Comme au fi Salomon ne dit 
pas feulement que la (crditiim jies iniques 
a efte de tout temps cognue de Dieu : mai» 
que les iniques mefmcs ont efte crée? par 
luy d'vn propos deftiné.afin qu'ils periflent. 
Prouerb.iO.a 4. 



Mais 
pluC- 
toftho 
me, 

'OU, l'C- 

pliques 



19 Or tu me cïtrxSiVoHrejuoy fè pLtind-il encore? Car (jut eft 
cel^J (fuifeut rejtffer a fa Volonté? 

10 " Mai^s ohomme-tOftit es-tu ^Hiyhi'iâo-^es contre Dieu? \La 
chofe formée dira-elle a crltij c^m l'a formée , Pourjuoj m' as-tu 
ainfi faite? 

11 Le potier de terre n'ha-ilpointprtifftrjce de fatrc d '^ne 
mefme maffe de terre "v» ^aiffcau a honneur , ^ ^« autre u 
desbonnettri 

H Ort» 



AVX ROMAINS. 



If OrfmtifIrA/. C'cftyci principalemft 
•ù II cluir tempcftcquanJ elle entend que 
c'eft vue choA: qui le rapporte au pUifir de 
Dieu, que ce»» qui peritlcrit font deftinr; a 
mort, ht pourtant, l'Apoftre vient derechef 
■ toucher les obicôiôs.pourcc qu'il Toyoit 
que les mefchans ne fe peuuent tenir coyf 
qu'ils n'abbaycit a plenc bouche contre la 
luftice de Dieu : & il exprime dVnc bonne 
grâce leur jffcétion. Csr n'eftans point con- 
tens de l^cxcufcr fur mefmcs , ils veulent 
faire Dieu coulpab!e,le mettons en leur 
place : Se puis après auoir mis fur luy la 
coulpr de leur damnation, ils fe dcfpitent de 
fa puirtance qui eft fi grande. Vray cft qu'iU 
font contraints de baiffer la tcfle, mais c'ed 
en fc defpitant de ce qu'ils ne peuuent rcfi- 
fter: St luy attribuans domination, ils l'ac- 
ciifent aucunement de tyrannie :comme les 
Sophiftes en leurs cfcholes gazouilléi delà 
lurtice de Dieu aSfoluëCqu'ils appel lêtltout 
ainfi comme fi f'tftant oublié de fa iuftice, 
il vouloit cflayet la force de foi Empire & 
«lomjnation en mcdint & brouillant tout a 
tort Si a trauers.Voyla donc comme il nous 
eft yci dcfcrit que parlée les iniques, Quelle 
occafion ha-il de fe courroucer cotre nous, 
puis qu'il nous a faits tels, & qu'il nous 
poulTe félon fon plaifir où il veut? En nou» 
damnant que fait-il autre chofeque fe ven- 
ger de fon o-uiire ennousfCar il n'cft pas en 
nous de baiailler contre luy ; Si quand bien 
mus luy refifterons , il l'emportera toutef- 
fois par dtflus nous. Pjrquoy ce fera vn ju- 
gement inique f'il nous deftruit ;& c'cft vne 
fiuilfjnce dcfreglee, celle de laquelle il abu- 
e maintenant a l'encontrc de nous. Mail 
que d it S.Paul a ces chofes? 

lo h^mmr -juiti tuf On peut prendre 
ces mots ainfi , Qui es-tu qui piiiflcs plai- 
doyer contre Dieu : ou bien au temps prc- 
fent, Q;ii es-tu qni entreprcus.ou debas,ou 
t'oppofcs Se plaidoyrs contre Dieu' car le 
mot Grec exprime cela, en ce fens,Q;iies tu 
toy qui intentes procès contre Dieu > Mais 
taures les deux interprétations rciiienent 
quafi en mermc fens. Or par cefle première 
refponfe il ne fait autre chofc, finon repouf- 
fer Si rembirrer h peruerfitc & impudence 
oiitrageufcde ce blifpheme.par rnargitmct 
prii;ç de la condition de l'homme. Il in ad- 
lonftera tjntoft vne autre , par laquelle il 
maintiendra & def«ndra la iuftice de Dieu 
contre tous blafmrs Vray eft qne c'eftvn 
poinft tout arreflé Si euidcnt, qu'il n'jmene 
aucune raifon plus haute que le vouloir de 
DieM. Veu qu'il y auoit vne refponfe toute 
P'efte.Quc cefte «liucrfite eft fonder en rai- 
fons bonnes Si iuftes : pourquny eft-ce que 
S. Paul n'a prins cefte voye qui cftoir plus 
brietuc Jt pour mieux contenrer les adurr- 
faires, mais a mis la v^.lonte de Dieu au 
fouucram degré .voulant qu'icelle feule 
TOUS fil ffile pour toutes raifon- ' Certes fi 
l'obieftioa euft efte faulTe , QneDicu re- 
pio'iue ou élit felô Ion p'aifir.ou ceux qu'il 
ne daigne pa~ iaire participas de fa f.;ueur, 
ou ceux qu'il aime gratuitemct,riina Paul 
«'cuft pas laaffc «q arrière la réfutation. 



Les inique» obic&ent, Que le» hoirimts font 
Vors de coulpc Si blafme , fi ainfi eft q leur 
falut ou damnation dcpcd en fcuucrain de- 
gré de la volonté de Dieu. $ Paul le nie-il 
pourtant? Nommais au contraire il confer» 
me par fa refponfe, que Dieu ordonne & di. 
fpofc des hômcs ainfi qu'il luy plaift,& que 
touteflois c'cft folie & rage quand les hom- 
mes Pcfleuét pour plaidera l'encôt te: d'au- 
tant q Dieu ha droift d'ordor.nera l'es créa- 
tures telle condition qu'il luy plaift. Au re- 
ftc , ceux qui difent que S. Paul eftart AcC 
pourueu de raifon, & n'ayât que rcfponjre, 
a recouru a obiurgations S: rcproelies, font 
grande iniure au S.Efprit- Car ce n'cft pa< 
cria : mais il n'a pas voulu mettre en auant 
pour le commencement les choies qui pou« 
uoycnt fcruir pour maintenir l'tquite Se 
droiture de Die«i , S: Icfquelles il auoit a 
main : ponrcc qu'on ne les euft peu cônren- 
drc.Et mefmcs quâd ce viendra a la féconde 
raifon, il la modérera tellcmct, que ce ne fe- 
ra point pour drdnire vne plcne defenfe qui 
fe puirte veoir a l'oîil -mais pour nous de- 
monftrcr la iuftice de Dieu, voire quâd nou» 
la confidereronsauec reuertnce Si humilité 
profonde. Il prend donc ce qui cftoit le plus 
conuenable,& aduertit llSoinme de penfcr a 
fi condition : comme f'il difoit, Veu que tu 
es liommc,& te reeognois cftre terre & cen- 
dre , pourquoy donc eft ce que tu plaide» 
auec le Seigneur , d'vne ehofe q tu n'es nul» 
lemét capable d'ciitendre.'En fomme.S.PauI 
a amené non pas ce qu'on euft peu dire, mai» 
ce qui eftoit conucnablc pournoftre rudefTe 
& loiblefled'efprit. Les homtnes hautain» 
grondent yci de ce que S.P.iuI ne niant pa» 
que les home» font reprouue; ou eleus par 
le confeil fecret de Dieu , n'allrguc aucune 
caufe de cela. Voire , comme file S El'prit 
fe tatfoic par finie de r.iifon : & non plut 
toft en fe tajfant nom aducftiffoit que no- 
ftte deuoir eft d'adotcr en rcuerence ce my. 
fterequenos cfprit» ne peuuent compren- 
dre : Si par ce moyen rcpriinol! l'intempé- 
rance de la curiofitc humaine. Scachnn» 
donc que ce n'cft point a autre fin que Dieu 
fe déporte de parler. finon pource qu'il voie 
que noftre petite portée ne pourrolt pas cô- 
prendre f.! Iipiencc infir^ie: & pourtant, c(^ 
pargnant noftre infirmité, il nous inuite a 
tenir modeftie & fobricte fji r^ft ftrmer </■'_ 
nrttt. Nous vyonsqiie fjinft Paul ir.fifte 
toufioiirs fur cela , que nous ayons a reco. 
g^oiftre la volonté de Dieu eftre iufte, com- 
bien que la raifon d'icelle nous foit inco- 
gnue. Car ilmonftre quec'cft luy ofler Ion 
authorite , & le defpoiiillcr de Ion droiâ. 
Pli ne fait de hi créatures a fa liberté et 
que bon luy lemblc Voyla que 1rs oreille» 
de beaucoup de gens trouuent rude. Il y en 
aauffi aucuns qui difent que c'eft expofer 
Dieu a grand opprobre, que de luy attribuer 
Vne telle puiflance dedilpofcr a fon plaifir. 
Voire , comme fi .'.uec leur iugemcnt def- 
goufti- ils eftoycnt meilleurs Théologien» 
que fainâ Paul , qui prefcrit aux fidèles ca» 
fte rcjîU d'"miirilite .qu'ils aycnt a adorer 
la puiCiQcc de Dieu, Je ooa pat l'efUca^^ 



Chap.IX. 



SVR L'EPISTRE 



félon Iwr îugemêt. Ôr pour reprimer ccfte Jt Itfnier ilt terre n",,dSF fis'tit fm'lftii' 

arrogance de debatre a rencontre de Dieu. et. C'eft la raifon pourvue/ la cliofc for- 

il vfe d'ync finiiilitude fort propre, en la- mes ne doit point eftriucr contre celuy qui 

quelle il femble pluftoft auoirfait allufion l'a formée • aCcauoir pource qu'il ne fait 

au chap.45-b.9.d"iraic,qu'auchap.>2.a.(!.de rien qu'il n'ait droiâ de faire. Par le mot 



1ère. Car U le Proplictc leremie ne monftre 
autre cliofe, (inon qu'Ifrael cft tellement en 
la main du Seigneur, que pour fes forfaits 
il le peut du tout brifcr , ne plus ne moins 
€)ue le potier fon pot de terre quil aura 
fait : mais Ifaie monte plus haut, Mal lieur, 
dit il > fur ccluy qui eftriue contre fon fa- 
Aeur .afcauolr au pot de terre qui débat 
contre le potier qui l'a fait. L'argille dira- 
elle a ccluy qui l'a figurée, ÇJne fais-tu^&c. 
Et de faift.il ne faut pas que l'homme mor- 
tel,quand il fe comparera auec Dieu, Peftl- 
me plus qu'vn pot de terre. Cependant tou- 
tefois il n'eft point befoin de le tormcnter 
beaucoup pour appliquer a ce propos ce tef- 
moignage d'Haie , veu que S.Paul i feule- 
ment voulu faire vne allufion aux paroles 



de Pii/finrr il n'entend pas que le potier h» 
force & pouuoir pour en faire a fa porte, 
comme on dit: mai? que cifte puiflance luy 
compete & appartient a bon droift. Car il 
nevcut pas attribuer a Dieu vne puiffance 
defordonnee & defreglee ■ mais laquelle a 
bon droift luy doit eftre déférée- Au re- 
fte , quant a l'application de la fimilitude, 
voyci comme il nous la faut confiderer. 
Tout ainfi que le potier ne fait point de 
tort a la terre , quelque forme qu'il luy 
donne : auffi a quelque condition que Pieu 
ait créé l'homme , il ne luy fait aucun tort. 
Seulement il nous faut tenir ce poinft pouf 
arreftê , que c'eft defpouiller Dieu d'»ne 
partie de fon honneur, fi on ne luy attribue 
vne telle domination furies hommes, qu'il 



«lu Prophète , afin que U fimilitude fuft de puifle difpofer d'eux a vie & a mort félon 
plus grand poids. fon bon plaific 

zz Et e^uefl-ce^jÎDiepi en 'Voulant monftrerfon ire,^ bait~ 
1er a cognoiftre fa fn'tjfance , a endure en grande fatience les 
^aijfe^tix d'ire appareillez, a perdition? 

13 Et pour montrer les richeffes de pt gloire es ^aijfeaux de 
mifir/cordejef^uels il a préparez, 4 gloire? 

, 2Z tV ?«'.y!.tc C'eft la féconde rcf- K<>;/7:«v ^'iVf: c'eft a dire faits & formez» 
ponfe.par laquelle il monftre en peu de cela qu'ils foycnt exemple de la vcngenc» 
paroles, que combié que le confeil de Dieu & fureur de Dieu. Si le Seigneur les fup- 
ep ccft endroit foit incomprehenfible , fon porte patiemment ponr quelque temps , ne 
équité toute ffois reluit & fe monftre irre- les deftruifant point du premier coup, mai» 
prehéfible aulTi bien en la perdition des re- différant le iugemct & la condamnation qui 
prouuei, qu'au falut des cleus. Vray eft leur eft appreftee ,& ce pour donner a co- 
qu'il ne rend pas en telle forte raifon de Te- gnoiftre les fignes de fa rigueur, afin que les 
Icftion de Dieu , qu'il affigne caufe pour- autres ayent crainte voyans ces exemples fi 
quoy ceftiiy-ci eft eleu & l'autre rcprouué. horribles & efiouantabics : auffi pour mon- 
Car en premier lieu il ne faloit pas que les ftrer plus magnifiquement fa puiffance, a la- 
ehofes cachées au confeil fecret de Dieu quelle il les tait fcruir en beaucoup de for- 
fuflent alTuieties a la cenfure de l'homme: tes: & d'auantaee afin que par là (oit mieuT 
d'auantage auffi il n'euft point efte pofTible cognuë & reluife plus a clair la gr.mdeur de 
de trouuer termes pour déduire vn tel my- fa mifericorde enuers les eleus : qn'eft ce 

qu'il y a en cefte difpenfation & procédure 
qui foit digne de reprehcnfion' Au reftc, 
quant a ce qu'il n'exprime point d'où vient 
cela qu'il y a des vaidcaux appareillez a 
perdition, il ne l'en faut pasesbahir Car il 
prefuppole par cequ'il a dit ci dcn'iis.quetU 
caufe en eft cachée au confeil éternel de 
Dieu ît incomprehenfible : duquel i! nous 
faut pluftoft adorer la nirtice,qne la fonder 



/K^fripti de- 
meure X0r- 
fâ, . :tn telle 
fttir nejini- 
metHfq cliX- 
«•m entend 
Hf et qit't» 
y*nt dire. 



pour déduire vn tel my- 
ftere. Ainfi donc il nous défend d'enquérir 
curieufement les chofes aufqucUes l'enten- 
demct humain ne peut atteindre:ccpendant 
il monftre qu'entant que la predcftination 
de Dieu (t acfcouure , en iceltc n'apparoift 

3ue pure Sfnayfuc iuftice. Le mot Grec 
ont a vfé fainft Paul , fignific autant que. 
Mais fi : mais ie le pren comme l'il cuft dit. 
Et qu'eftcc.fi : tellement que toute la fcn- 

tence fera par interrogation:car le fens fera ou chercher curieufement. Qiiant au mot 
plus clair ainfi. & il y aura en cela vne ma- de r.iijp.tuv : il l'a mis en figmhcation ge- 
nierc de 'Réticence, en laquelle il faudra nerale pour Inftrumens. pourte que tout ce 
fuppteer, Q^ii cft ce qui pourra pourtant qu'il y a d'opération en toutes crc.iturrs, 
l'accufcr d'miuftjce , ou l'adiourner a dire eft comme vne adminiftraiion de la Tertu 
feiraifons.'Caronn'appercoitricnyci C|Ue & puilfance de Dieu. C'eft donc pour vne 
vne parfaite rcg'e d'equite. Mais fi nous tresbonne raifon que d'vn coftc nous hdt. 
voulons bien entendre l'inteniion de faiiiA les fouîmes nomme? vairtcaux de mileri- 
Paul , il faut poifer & cfplucher quafi tous corde , vcu que le Seigneur fe Icrt de nous 
les mots l*»n après l'autre: car il dcduit fon comme d'inftrumens pour monftrer la mi. 
argument en ccfte foi te, //>.f//»-T4>y^..KV lericordc. Au contraire auffi les rei-rou- 
tpf<,„iUex<if>rd!ti(»i c'eft a dire dcftincï & ucr, vailTeaux d'ire , d'autant qu'ils feruert 
comme ve«« a perdition ; t« font aufli a monftrer a l'œil & a'vne façon magmh- 
* que les 



AVk ROMAINS. 



^5 



qoe \ei iagcment de t)icu. 



aux hommM.Suyii.int cefte façon ie parler, 

r plurminlirrr/rfrititffii. l'jy mieux aux Eplicficns, cliap. I. c. lî, après auoir dit 

aimé ainli traduire, afin que ce membre t'uft que nout auonj cite adoptez de Dieu a U 

mieux lié auec Je prccciicnt. Orc'tftiafe- louange de la gloire de fa grâce : il met vn 

conde raifon.lnqutlle manifefte la gloire de p«u au dcfTuus , que nous auons eftc réelles 

Dieu en la perdition des reprouuez : Afca- de l'Elprit de l'héritage a la louange de fa 

uoir que par cela la grandeur de la bonté gloire > fans exprimer le mot de Grâce. lia 

île Dieu cnucrs les elcus cft plus euidcinent donc voulu lignifier que les elcus font in- 

& clairement confermee. Car quelle difTc- ftrumcns ou organes par lefquels Dieu exer- 

rtnce ont cciix-ci d'auec les autres , finon ce fa mifcricorde , afin de glorifier fon nom ^ 

nuVOans en vn mefme gouffre déperdition, en eux. Au rcfte , combien qu'en ce fécond 

s en ont elle deliurez par le Seigneur . & ce membre il déclare plus expreffeement , que 

non point par quelque mente procédant c'eft Dieu qui prépare fcs eleus a gloire: 

«l'euT, mais par fa bénignité gratuite.' Il ne comme aiiiu foit qu'auparauanc il euftdie 

Ce peut donc faire que celle clémence infinie fimplement.que les rcprouuez font des Vaif- 

rnuer« les elcus ne foit de plus en plus co- féaux appareillez a perdition : toutcCTois il 

gnue S; magnifiée , quand nous confiderons n'y a point de doute que l'me Se l'autre pre- 

combicn font mifcrablcs tous ceux qui n'ef. paration ne dépende du confeil fecret de 

chappent point fon ire. Quant au mot de Dieu : autrement fainft Paul eiift dit que 

G/Mz-cqui eft yci répété deux fois, ie l'expo- les reprouucz fe rouent ou fe jettent a pcr- 

fe comme eftant mis pour la miferieorde de dition :mais voyia qu'il veut entendre. Que 

Pieu , d'autant que la principale louange dcuant qu'ils foyent nais , dcfta ils font de< 

4'iceluy confifle es bien- faits qu'il confère (lincz a'cefte condition. 

14 LepjHcls Attfi il a /ippetez^^ ^Çczuç'n noi^,non point fèU' 
Itment d^ entre les Itufs,m/tis aufii d'entre les Gentils. 

15 Comme aufi tl dit en Ofèe, \ Celttj qui ntftoit point mon ou» i.i\\. 
peuple^ ieCappelleraj Mon peuple : ^ celle ojtti neftoit point ai' '!•"" !•*• 
mee de moy, Mon aimée. 

i6 Et ad/itendra au lieu oh il leur a e fie dit -, Vous n'efles o;rri,i,to. 
po/nt mon peMple,Lt ils feront appelez^ enfans du Dieu ^iuant. 

17 u4uft Iptie crie touchant if-ael-, {Qu^and le nombre des 
enfans d^Ip-ael ferait comme le fahlori de la mer^finj aura-il de 
fàttue que le r eft du. 

i8 Car le Seigneur met afn Çy abbrege'la parole en iufti- 
ce^ pourtant qu il fera parole ahhregee en la terre. 

19 Et comme ifaie anoit deuant dit, \Si le Seigneur des ar- 
mées ne nous eu(}laijfec\\ic\(\uc fèmence,noi*s eu fions eife faits j.^, .1 r 
comme Sodome-,^ eu fions efle femhlahlesa Gomorrhe. 



//j.i».f.jj. 



J4 lef/tr/r tufl il a Afitlr\ , afcauoir 
mxf. De la difi^urc laquelle iuTqucs yci 
nous auonsTcuë.dcuX cliofesf'cnfuyuoycf. 
Afcauoir que la grâce de Dieu n'eft pas tel- 
lement enclotc cnire le peuple des luifs, 
«qu'elle ne puilft- defcoulcr aux autres na- 
tions aulTi , ic f'cfpandre vniuerfelleincnc 
partout le monde : d*.iuanijgc que mefme 
elle n'eft point tclleniet attachée aux luifs, 
«jue ceux '|ui fjnt enfans d'Abrahim félon 
la chair , y participent tous fans c<ceptMn. 
Car (ï l'clcâionde Dieu eft fondée en fun 
bnn plaifir fcul , en quelque endroit que ii 
Volonté PaddeelTe, li aufli pareillement l'e- 
Icâion ha lieu. L'elcôion donc eftant b:tn 

£rouucc .Nrarreftre.vcyla délia l'ouuetturc, 
:, par manier.- de dire, le chemin fait pour 
Tenir ace qu'il prétend de dire , tant de la 
vacation des C^niiU, que delà reicâion des 
luif; : dcfquellcc la première iembloii ab- 
lurdc t caufe de ta iiouucaucc . Se l'aucic du 



faire 

c- 
lavn af 



terre. 
;ju.i.c.». 



tout contre raifon. Touteffois pourcf que Ç~'..^~\ 
ccrte dernière ci les pouuoit plus offenfer te * '^'^ *- "O 
fcaiidalizer.il [raine en premier lieu l'autre brc<''é 
qui n'tftoit pas tant odieulc. Il dt donc que /• ^ 
Dieu prend de toutes pars, & aulfi bien d'en- lUT [3. 
irc les Gentils comme des Iuifs,des vaif- 
feauxde fa miferieorde, lefqueU il choifit 
pour la gloire de fun nom. Au rcfte, quant a 
ce mot ItfTr/i , combien qu'ainfi qur fainft 
Piul en a vie en la Langue Grecque le' rè- 
gles de grammaire ne foycnt pas bien obfer, 
uees , louteifois il a voulu , comme paflanc 
outre , adiuiiftcr que nous fommc: ces vaif- 
fcaux de ia gloire de Dieu , nous qui auons 
efte prins en partie des luil's , en partie dei 
Gentils :oà il prouue par la vocition de 
Dieu, qu'en t'eltâioo il n'y a point d'cfg.ird 
a la dijcrfitc d; nation Car li ce que nou» 
fommcs defcendus des Gentils n'a point cm. 
pclthé que Dieu ne nous appclaft aulTl ; par 
cela il appert <}ue les Gtntilsncl'ont point 



Chap.IX:- 



S VR L'E PI ST RE 



tclKy ^ iritit 
tn f/tr/e 



;r> Qae ilir$»i-mm Hmc i Maintenant afin 
d'ofter aux luifs toute occafion de murmu- 
rer a l 'encontre de Dieu, il comméce a mon- 
ftrcr les canfcs que les liômes peuuent com- 
prendre.pour Icfquelles la nation des luifs 
a ainfi efte rciettee Ctpendant,ceux 1 1 pro- 
cèdent mal, S; rcnuerfent le droit ordre, qui 
talclunt d'eftablir & eleuer ce» cauCes-ci 
par dcflus la predeftination fecrete de Dieu, 
laquelle il a enfeigné ci dïflTiis qu'il f.iiit te- 
nir pour la fouueraine & la plus haute c.iu- 
fe. Mais comme icellc eft par dclTus toutes 
autres caufes , ainfi eft il vray d'autre part, 
que la pcruerfite & mjlice des inique* don- 
ne lieu, & fournit matière aux iugenicns Je 
Dieu.Or pourct qu'il traittoitvn poinft dif- 
ficile .ilvlcd'vne figure que les Rhetori- 
C'f/I, nwd ciens nomment 'Communication :& comme 
en doutant demande que c'cft qu'on pourra 
yci dire. jff^.tusir -^ite ierOentih qui ne /«v- 
«jïrnt. il n'y ai'oit chofe qui fernblaft plus 
riclihrràt abfurde OU nioim raifonnabl e , que de dire 
Àm-r cru^a que les Gentils , qui ne fc foucians aiicune- 
l'oyet nucUe me"t de luftice , fe veautroyent en diflblu- 
trhl«'i'-'< on *'''°' ^ infametez de la chair.fuflent appe- 
Jpourralir^. ^'^ â '^ participation de falut , & par ce 
dre ircimti- moyen obteinfTcnt iuftice.& qu'au contraire 
«iViMf aurc les luifs qui f'eftoyent fort trnuaille? âpre? 
tHx non liM '^^ œuurcs de la toy , fnfrcnt frnftrez & de- 
tn 'dnermi. doutez de tout loyer de iufticc. Mais ce 
«« luifcuî. t'"'"* 1"' cftoit merueillcufcmcut eftrange 
' S: contraire au iugenient commun, S. Paul le 
couche tellement en fimples termes, que ce- 
pédant il modère toute J'afprete qui y fem- 
bloit cftrcen adiouftant la raifon, afcauoir 
que la iufticc que les Gentils ont appréhen- 
dée , confiftc en la foy , & pourtant dépend 
de la mifericorde du Seigneur , non point 
d'aucune dignité propre a l'homme : & que 
cefte alfeSion que les luifs monftroyeiit 
annlr a la l.oy , eftoit mal réglée & tout a 
rebours, d'autant qu'ils Pefforcoyent d'eftre 
iiift'ificz par les œiiures, & par ce moyen 
prctendoyent a vn poinft auquel l'homme 
i>cpèHtparucnir:& qui plus eft.hrnrtoyent 
Contre ehrift, par lequel fcul le chemin eft 
oiinert pour obtenir iuftice. Au reftcen ce 
premier membre le but de l'Apoftre a efte 
dMlcliéi- & magnifier la pure grâce de Ditu, 
afin qu'on ne cherche autre caufc de la Vo- 
cation des Gentils, finon qu'il luy a pieu de 
IcscitibrafTcr de fa fiucur;eiix qui en iftoyét 
indignes. Il parle nomniecmcnt de Iuftice, 
fani laquelle lahit ne peut aducnir » aucun: 
mais quant & qu.int il donne a entendre que 
la iullicedcs fientils confifte en la reconci- 
liation gratuite , en difant qu'elle procède 
de la foy Car fi qnelqu'vn vouloir dire que 
les Gentils ont tfte iuftificz.pource que par 
(oy ils ont obtenu l'tlprit de régénération, 
ccftiiy b Otflongneroii bien fort de l'intcn- 
tiondffainft Paul. Car ce qu'il dit qu'ils 
ont .ipprthcndé ce qu'ils ne chcrtlioyci t 
point, ne feroit pas vray, fi ce n'eftoit d'au- 
tant qu'eux eftans vjgabons & errans. Dieu 
lésa gratuitement embraffeî Si recueillis 
a foy , & leur a tilfert iuftice , a laquelle ils 
ne pnnuoycnt auoir aucune aff, idon , ne la 
cognoilfans point- Ouireplus , il f.iut aulTi 



noter.que ce que les Gentils ont ottenn îa» 
Hice par la foy, ne fe prend point autrcmét, 
finon d'autant que Dieu a preucnu leur foy 
par fa grâce. Car fi le commencenie't ne fuft 
venu de Dieu , mais qu'ils euBtit les pre- 
miers afpiré a iuftice , cela dtfia cuft efte 1» 
fuyure , ce que fainft Paul nie qu'ils ayent 
fait. Ainfi donc.la foy mefme a efte vne par- 
tie de la grâce de Dieu enaers eux. 

>i 1Hj:s Ifia.'l en tuyvM!. Sainft Paul dit 
& prononce librement ce mot, qui eftoit 
comme incroyable , que ce n'eftoit point de 
mcrueille fi les Juifs en fuyuît iuftice auec 
Vu grand foin, n'ont rien proufité : afcauoir 
d'autant qu'en courant hors du chemin , ils 
fe font trauaille? & Ufle? en v.iin. Au refte, 
ce mot Ity rie luHie , au premier endroit eft 
prins félon mon auis , par la figure nommet 
H; palIage,pour la iufticc de \.\ loy : au fé- 
cond, il me fimble eftrc mis en vn autre fenj 
pour la forme nu règle de iuftice Ainfi Jiic, 
le lommaire de la fentêce eft,<iii'Ifr3el far- 
reftant a la iuftice de la Loy,alcauoir celle 
iuftice que la Loy prcfcrir, n'a point enten- 
du ne tenu-le vray moyen de iuftification. 
Au refte, il y a vne rencontre de mots qui ha 
bonne grâce , en ce qu'il monftre que la iu- 
ftice de la Loy a efte caufe qu'lfrael eft dc- 
cheu de la Loy de iuftice. 

52 Cl n'a feint efle. Pource que commu. 
neement on penfe que ce foit iufte & fuffi- 
fantc excufe, quand on peut alléguer quel- 
que îele,encore qu'il foit mal rcglé:S.Paul 
monftre que ccux-la font iuftemét reiettez, 
qui tafchent d'acquérir falut par la fiance 
des œuures , pource qu'ils aboliffent la foy 
entant qu'en eux eft. hors laquelle il ne faut 
tfperer falut aucun. Ainfi , fi telles gens ve- 
noyenta bout de ce qu'ils prétendent, vn tel 
euenemët leroit l'aneantiffcmêt de la vrjyc 
iufticc. Or nous voyons yci comment il eft 
fait comparaifon ■]- la foy auec tes mérites 
des (THures, ainfi que de cliofcs du tout con- 
traires l'vne a l'ai.trr Corne ainfi foit donc, 
que la fiance des œuv.res eft bitn grand em- 
pcfchemcnt.par 'tqiitl le chemin d'obtenir 
iuftice nous eft 'crmé.il fautnecelfairement 
que rcnoncans a icclle, nous nous repcfions 
fur la feule boite de Dieu . Car a bon droift 
ceft exemple des luifs doir bien faire peur a 
tiius ceux qui tafchent d'obtenir le royaume 
de Dieu par leurs œuurcs- Car comme il 4 
efte monftre par ci dcuanr , par lesocuures 
de la Loy , il n'entend pas l'obferuation dei 
cérémonies . mais les mérites des ucuurcs: 
aufquels la foy eft oppofee : qui.par maniè- 
re de dire,ha tous les deux yeux fichez en la 
feule clemei ce de Dieu ,faus confideration 
.Tucune de qucli|ue dignité qui foir en l'hô» 
me Cit' i/i m: hfuné itntrc /.i pierre Al conter- 
me la fentcnce précédente par vne tresbon- 
ne railbn.C.ir II n y a rien plus abfurde.que 
dediie que ceux-là foycnt participans de 
iuftice , qui talchcut de l'abbatte & renuer- 
fcr Chrift nous eft donne a iuftice "toui 
ceux la talclienr de luy ofter l'on office, lef- 
quels apportent deiiant Dieu. S( luy prefen- 
ccnt la iufticc des œuures. T i par cela il ap- 
pert, toutes foit & qu.imes que les homme» 
f'appuyem 



\ 

AVX ROMAINS. 



Pjppuycnt fur li fîjnce d« œuure!,<]iie foui 
vnc vainc cnuiicrcurr de zclc de iiifticc , ils 
r^tiaclient a Dieu ,& luy font la guerre par 
»ncr turcciierie enragée • Or il n'crt pas mal- 
ailc a ct.gnniftrc, comment c'cft ijue ceux q 
rappuyeiit l'ur li fiince dciauures,lieurtcut 
tonitc Cluift.Car fi nous ne nous recognoif- 
l'ori inclicurs.Jcfpouiucus & viiiùcsdc lou- 
1.: iufticc en nous mtl'mej.no' obfcurciflTont 
la (lignite de Clirift, laquelle confie en cela, 

Î|u'll nom (oit a touslumicre, falucvie, re- 
urrrrâioii.iuftice, médecine . Et a quel but 
tiiutcs ces cliofes, Tinon afin, qu'il nous illu» 
mmc, rcftablifle.viuificreflurcitclaiic, mé- 
decine & guarine" nous.diic, qui fommes a- 
ueugles, condamnez, morts, rcduiis a néant, 
plei. s d'imitioodicitci .pouriit de maladies. 
Et qui |>'ius ell , Il nous-nous attribuons vne 
feule goutte de iuHice .nouscombatons il 
nous bandons, par manière de dire, contre la 
venu dt Chrift , vru que ce n'eft pas moins 
Ton office de brifer toute Iiliau'cnc& or- 
gueil ^e la chair, que de foulagcr & confor- 
ter ceux qui irauaillent, Sr font côme acca- 
blez fou* le fardeau Au relie, te tcfmoigna- 
ge eft yci allégué bien a propos. Car la Dieu 
dcnôce qu'il lera au peuple d'IlVacl & de lu 
«ia,fnpierrcde choppemct.i laquelle fe lieur 
tan< Ils trebufclierôi . Veu que Clirift eft ce 
n>f Inic Dieu qui parloit par le Propliete, ce 
n'eft p.is de merueillc fi cela eft accompli en 
luyauffi Et en appelant Clirill Pinn- Jr ili:// 
frairn: : il nous aducrtit qu'il ne Ce faut pi 
cibaliir fi ceux-là n'ont point auancé au cne- 
B)Jn de iufticc^, lerqucli par leur obftination 



«7 

peruerfeont heurté &oni chertlic vn achop 
pcmcnt , quand Dieu leur auoit inonftrc le 
chemin aifc Cependant, il nous faut aurfi no 
ter.que ce litre ne côpetc pas a Chrift pro- 
prement, & de luy mernie, ou de fa nature: 
mais ptuftoft luy eft accidcnta!,cômc on dit» 
a caufc de la malice des hommes, ainfi qu'il 
l'cnfuyura tantoft. 

5J II ijuicenque triiu m /ny, ut frr.i fiinl 
tcr.fu4. Il adioufte pour la confolation dit 
fidèles ce tefnioignage prinsd'ailIcurs:com- 
mefil difoit. Quand Chnft eft nommé U 
pierre de chopponent , il ne faut point que 
nous l'aynnt pourtant en horreur , ou qu'en 
lieu de fiance & -ffcurance nous conceuiô* 
crainte &frayeur.Car c'eft aux infidèles qua 
il eft mis pour ruine. mais aux fidclts il cR a 
vic& rtfurreaion . Comme donc ccfte pro- 
phétie de cinppcmcnt & trebucliemetcrt aa 
compile es rebelles ic incrédules , ainfi il y 
en a vne autre qui f'addrclfe aux fidèles , a- 
fcauoir qu'il eft la pierre forte,prccieure,la 
maift'illc pierre du coin , cftablie en toute 
fermeté, fur laquelle quiconque fera appuyé ' 
ne trébuchera point. Au reftc, quant a ce que 
fainft Paul,en lieu que le Frophctc dit. Ne 
fc haftera.ou, Ne trébuchera poini: mit, Ne 
fera point confus: il l'a prins du tranflateur 
Grec.Tâi y a que e'tft vnc cliofe route cer- 
taine. q le Sc'gneur a là voulu confermer l'e 
fperancc des (itos Or quâd le Seigneur uouï 
commande d'auoir bonne cfpcrance, de cela 
il l'enfuit que nous ne pouuons eftrc cutv- 
fus. Voyez en la i de fainit Pierre, 2.b.io>VO 
paflage fcmblable a ccftuy-ci. 




C H A P. X. 
^ V^cres-, la hone /tffeéfion de mon coeur-, ^ Id prière q 
te faj a Dieu four ifrael^efl cju tls fojcnt faune z^. 
Car te leur forte tcfmotgnagc cju ils ont le z^ele 
i— - ocjri de Dteuy/nttu no» point felonfcience. 
; Car ne cognoijfins point Li iufïice de Dieu ., ç£ ^oulans e- 
flahlir leur propre iujlice , /// ne fe font point fournie a la lufice 
de Dieu. 

4 I Car Chrifl ejî la fin de la Loj en iuflice a tout croyant. 

Nous voyons par ceci quelle lollicitu- rcuoltemcni cuft efte fulpiô aux Gentils 

de a eu ce lama perlomiage d'obuier aux aul'fi : pource qu'ils ciiacntpenfé qu'en hai- 

fc.indales.Carafiud'addoucir tout cequ'il y "- '-^ '' - ' • '- • <• » 

aunit d'aigreur a déduire ce poina de la re- 
■eSiondes luifs , il protcfte encore (comme 



Ga/.j./î4. 



il .luoit fait au parauanr) de (t bonne affc- 
ûionenuer»eiix,& la prouuc par l'effet, afca 
unir d'autant qu'il auoii Uur falut en recô- 
mandarinn deuant le Seigneur. Car ctlle af- 
feftion ne peut procéder que d'vne vraye 
cliarirc. Combien .;u'il peut bien eftrc para- 
tienrure qu'il y a encures eu vne autre eau- 
frquil'a côt'aïut de rendre telmoign.ige de 
fon amour enuers la natmn de laquelle il e- 
ftoitiffu. Car fa doarinen'ruft Limais cftc 
rcceue de^ luifs , l'ils eullent p.r.fc qu'il 
eoeuft voulu 1 eux de propos dtlibcie;& Cb 



ne des hommes, al'cauoir dei luifs, il fuft a- 
pnftjtdi la Loy.cô.ne nouiauont touché au 
chapitre prcccdent. 

I C.iri</,Hri.i'lrtfrmù^i^.,,i_^e.Ctci 
feruoiibien pour approbatiô de fon amour. 
Carc'eftuit vnc lufte caufc pour laquelle 
il deuoit pluftoft auoir compalfinii d'eux, 
que les hayr, quâd il voyoit qu'ils failloyét 
feulement par ignoricc,& non pas il'vne cer 
raine malice: voire V'jyantmcfme que c'e» 
ftoit quelque manière d'alTcflion de Dieu, 
de laquelle ils eftoyent pouffez a perftcu- 
ler le règne de Chrift Au refte , apprenom 
d'yci où c'cft que nos bonnes intenriunt 
nous cranfpartint , li nous leur obcilToub 
i. tii> 



Chap. X. 



SVR L'EPISTRE 



l'opinion eommuiie eft , que c'cft vne treC- \iretc& indigfce nous y eontraî»!? Au rellf, 

tonne excuTc & bien fuffifante, quand celuy noti'î aunns Hit en vn autre endroit, commet 

qu'on redargue allègue qu'il ne l'j point c'tft que les hommcspar la foy vienent a e- 

fait eij mauuaire intention. Etc'eft vne cou- ftrc mieflus de la iuRice de Ditu : alcauoir 

tiertuK qui arrefte auiourd'liuy irfitiies per d'autJntque la iiiftice dcChrift lenrtft im 

fonncs , a ce qu'ils ne faddonnent a f'enqne- putee. Cependant fainft Paul tiiffimcyci en 

rir de la vérité de Dieu ■ Car il leurfenible termes bien rudes ctû orgueil duquel font 

que toutes les fautes qu'ils auront comrtir- enfle? les hypociites , quoy qu'on le coiiure 

fes fans malice délibérée, & par ignoran- d'vn beau fard de zdc. Car il dit que toutes 

ce , nu mcfiresa labonne intention, feroot telles gens l'ont aduerfaires & rebelles a la 

excufces . Touteffois il n'y a ccluy de nous iuftice de nien, comme ayansreietté de ie( 

eut vntille excufer les luifs de ce qu'ils ont fus eux fon iong. 

crucifie Clirift , pourfuyui d'vne cruauté in- 4 CitrChrifi eff /dfn. En Jicu de ce mot 

humaine les Apoftrcs, & tafchc de deftruire /.< fî.i , il me femblc que le terme d'Accom- 

& efteindre l'Euangile : ia foit qu'ils ayent phfl'ei.ient ne cùiinientpàs mal a ce p.ifTage, 

îamcfme defcnfe &excure,en laquelle nout cnn me aulTi Eralmea mis en fa iranffatiô, 

BOUS glorifions tout a noflre aife & afTeu- Ptifcélion. Mais pource que l'autre IcSure 

reement . laiflons donc là toutes ces tergi- eft receue par le confenteméc commtin qti.t- 

ucrfations friuoles de noftre bonne ititentiô, fi de tous.À'ne côuient pas mal audï.ielaifle 

ti y renonçons. Si nous cherchons Dieu fant en la liberté des leftcutj delà retenir. Pour 

feintife , fuyuons le chemin par lequel feul ctftc rail'oi. l'Apoftre vient au deu.ini d'vse 

on paruient a luy.Car il vaut mieux tenir le obicftion qu'on cuft peu faire au contraire. 



chemin mefme'en clochant feulement, que 
non pas de courir vaillâment cîtans hors du 
then-in, comme dit fainft Auguftin. Si nous 
voulons eftre religieux , qu'il nousfounic- 
ne q^'t ce que dit laftanre eft vray.aftauoir 
qu'il n'y a point d'.iutre vraye religion , fi- 



Carll pouuoit fembler auis que les luifit 
auoyent/uyui le droit chemin , d'autant 
qu'ils f'eftovent ajjdonnez &• arfcftez a la iu- 
ftice de la Loy Or il f Init neceiTùreiDent 
qu'il refutaft ce de fanlfe opiniontce qu*il 
fait enceft endroit . Car i' monftrc que ce» 



ron celle qui eft coniointe auec la parole ftuy-la eft mauuais espolïteur de la loy , fit 
«Je Dieu. T>'aurre part touteffois, quand no' la prend a rebours, qui cherche d'efire iu- 
Vovons périr ceux qui a la bonne intention ftifié par les œuures d'icelle : d'autant que 
f effarent ?; fouruoyent en ténèbres ,pen- 
fons que nous fommes bien dignes de mil- 



le moi^ts . fi ayans efte illuniincE de Dieu, 
TOUS fortôsa noftre efcient hors du chemin 
qu'il nous prefcrit- 

5 Citr ne t'.^Biffkti! l iimt,iy-t .\<yi/\3 cova- 
ment ih ont fouruoyé nar vn zèle Inconfide- 
rc:afcauoir d'antât qu'ils ont voulu eft.iblir 
leur propre iuftice laeiUc folle côfiancc jpcc 
«le de faute de cognoiftre la iuftice de Dieu. 
Or notons yci l'antithefe entre la iuftice de 
Dieu fi celle des hommes ■ Premièrement 
nous voyons que ces deux manières de iufti 
ce font oppofees l'vne a l'autre , comme 
choies contraires, & qui ne peuuent fubfi- 



la Loy a efte donnée a cefte fin, qu'elle 
nous cbduifift & menaft comme par la maia 
a vue autre iuftice- Et qui plus eft, qu-iy que 
la Loy eufcigne-, qiloy qu'elle commande, 
quoy qu'elle jfmette.elle ha toufinuisChrift 
pour fontut i & pourtant a luy doyuenr e- 
ftte rafportees toutes les parties d'icelle; 
ce qui ne fe peut faire , finon qu'cftans det 
pouillcz de toute iuftice, & confus par la co 
gnoiffance de noftre pèche , nous cherchions 
en luy feul iuftice gratuite Dont f'cnfnie 
qu'a bon droift les luifs font repeins d'vtt 
abus peruerjde l.i Loy: d'autant que d'vne 
aide ils Cen font fait vn empelchemtnt , a 
faute de la bien prendre. Et mefn\e il .ippext 



ftcrcnfcmble- Dont P. nfuit que la iuftice qu'ils ont vileinemert defchiré la loy de 

de Dieu eft mifc bas &• renuerfee,fi toft Dieu.veii que reicttâs l'ame d'icclle.iijoiit 

queles h immcseftabliflcnt la leur prrprc. feulcmêt prins la Ictre & le corps mort. Car 

En après , afin que ces membres oppofitts fe combien que la loy promette loyer aux ob 

rencontrent vis i vis l'vn de l'autre, & qu'il fcruaicurs de fa iuftice , touicffois apresa- 

y ait vne correfpondance , il n'y a point de uoit enuelnppe tous hommes en coodamn»» 

doute que la iuftice de Dieu eft nommée cel tion , elle l'ubftitue vne nouvelle iuftice en 

le qui e1 don de Dieu : comme au contrai- Chrift laquelle re O-cniiert point par me- 

W la iuftice des hommes eft appelée celle ritis d"eruurc<::maiseftant donnée gr.uuite» 

qu'ils prenent en cux-mefmrs, ou fe font a ment.eft reccue par foy- Ainfi la iuftice delà 

croire qu'ils apportent Jeu-inr Dieu . Ainfi foy(ccnmie nous auonsvcn au prcmiey clia 

donc, celuy qui veut eftre inft fié en foy mef pitre) ha tcfnioigrl.igedc la Loy . Aurefte, 

f xnt, ne fr [<,Kmrt .1 /.< tuftire lie /'f n.pourccque nous auonsyci vn p.ilT ge not.ible:. Alcauoir 

■ le commencement d'obtenir la iuftice de rue la Loy en toute» fes p.irtie» regarde a 

rv\r lin Dieu , eft que l'homme renonce a fa propre Chrifi;8; pourtant iamais homme le pourra 

"-^ jiiftice Car quel befoin eft il Je chercher iii auoir droite intelligence d'iccllc,f*jl ne vifc 

î de la ftice ailleurs, linon d'autant que noftre po- toufiours a ce but. 

iuftice ^ ^^^ Mojfè ' defcrit la iuft'tce LteftieUc efl de l.t Loy,\ aTca- 
î'v-lo.tw \ioit,^efhom?ne ^ut fera ces chofes ^inrafar iceUes. 

iai.i.b.ii. 6 Mait 



fi 



AVX ROMAINS. 



6S 



6 Mais U iuflice cjtùejifAr Idfoj , d$t ainft ^\Ne di point 0'»-3»'-» 
en ton cœur , Qut montera au ciel? cela efi ramener Chrifl 
d'enhaut. 

7 Ou-, Qui dépendra en Cabjfmeîcela efi ramener chrifl des 

morts. 

8 Mais (jtte dit-elle P | La Parole efi près de toj , en ta ^^'"'>-'- 
bouche z£ ^» f"*^ cœur . C'efi la Parole defoj laquelle nou^ 
frcfchons. 

9 Que fi tu confejfes le Seigneur le fus de ta bouche , ^ tjue 
tit crojes en Ion cœur que Dieu l'a rejfufcité des morts , tu feras 

ptHHC. 

10 Car on croit de cœur pour efire iufiife: mais on confcjfc de 
bouche pour auosrfalut. 



Ç Ctf ^t^yf( irfcr!t U Inflicc /iqU^Of eft J, 

l' ^oy.afcaMOir.i^f /'himme ju'frra.fr^c. Afin 
qu'on cognurfl'c cumbicn la iuHicc de U to^ 
\- la iiilticedc^ œiiurct (ont concrairet , il 
Icscomjiare maintenant Ivnc a Tautri- . Car 
la repiignance qui «ft cmrf deux cliofes con 
traire?, le irunlire mieux quand on en fait cô 

Îiraifon. Or il y procède non point parpaf- 
agcs priiif des P'ophete» , mai^ par le pro- 
pre telnioignage de Moyfc , reniement pour 
vne rail'on : c'eit al'cauoir , afi.i que'Ies luif; 
entend fleit que Moyfe auoit donné la Lny, 
non point pour les arrcfter a la fiâce des œu 
lires, man pluftofta ce qu'elle les ainenafta 
Chrift. Carencore qu'il eufialleguc les Pro 
phetes pGiir tcfmoins de Ion opinion , ce Ac 
difficulté touteltuis drmcuroit toufiouri, 
Poiirquiiy dôc c'eftoit que la Lw auoit pref 
cru vne .lutre forme de lufticell reloiid dôc 
l^orc bien toute la diflicultc , en cflabliflant 
la luftrce de U foy .mcfinespar la doAri.ie 
de la Loy. Au rcle. quant a ce que S Paul 
fait la Lojr accordante autc la foy. 8; neant- 
molns (ippot'e la iurtiie de rvne , a la iufticc 
de l'autre, il faut entendre la raifon. la Lny 
eft prinfe en deux forte»' caraiicunciToit el- 
le iïgniHe vniuerrcHement louic la d"âriiie 
que Moyfe a mife par efcrir aucm effoii ce 
fre partie qui coniicnoit proprement & fpe- 
ciaicincnt a fon miniflcrcrafcaunir laijucllc 
côfilte encômandcmcns.promcircs de loyer, 
& menaces Cependant Moyfc a eu en gêne- 
rai l'office d'mftruiie le peuple m la vrayc 
règle de picic l.t (i ainfi cft . il a falu qu'il 
prelchaft & rcpentance S: loyOr on ne peut 
enfeijncr la foy.finoncn prnpolani les pro- 
meflct de la mifcricordc de Dieu, Toirc & i- 
cellt tgratuites. il a donc falu que Moyfc 
fuK annonciateur de l'tua gile. de laquel- 
le choie il f'cft acquitié fidikinent , comme 
il appert pir plufuurs paflages. Ei pour in. 
Aruire le peuple a repciuance,il faloit qu'il 
enfcignaft quelle eft. ut la manière de viure 
agréable a Dioujaquellc il a côprinfeésCô 
niandcmens de la l.oy Apres cela, pour faire 
•cfcoulct es coeurs du pcu|'le vat; 4mcur de 



iuftice:& d'autre part pour Itur donner vne 
liaine d'iniquice.il cOoit befoin que les pro- 
mcrtcs &menaces fuH'cnt adiouftccs.pour de 
□oncer qu'il y auoit rccompcnfc pour Icsiu 
ftes.&dtsptincs liorriblts pour les peclieuis. 
Sur tout cela l'office d.i peuple eftoit de 
confidcrcr en combien de fortes il eftoit 
maudit ,& combien il clloit loin de pou- 
uoir mciitcr la grâce de Dieu par fes oeu- 
uresriV.par ce moyen ayant conccu vn dcfcC- 
poir de fa propre iuflice , de recourir au 
port de la bonté de Dieu , Si milme', a Ict 
lus Chrift en propre perfonne. Voyla queU 
le a efte la nn & le but du ininillcrc de 
Moyfe . Or maintenant , pource qu'on 
ne tiouue en Moyfe des promelfes de l'i» 
uangile.fiuon par quelques endroits, comme 
feintes auec le refte , voire & leellcs vn 
peu obtcuremeni couchées : ^c au con* 
traire , on rencontre a cliacii > coup Us 
commandeincns & les recompenfcs ordr>n> 
nets aux obleruatcurs de la Loy , a boit 
droiâ a Moyl'c eft attribuée proprement Sc 
fpcci.<lemcnt la charge d'cnfeigner quelle 
eft la vraye iuftice dcso-uuures: en apri.s de 
iT.onftrcr quelle recotn) cn'e f'cnfuyura de 
l'ublctuation d'iccUe, & qu-.lle vtngcncc 
de la tranfgreffion . Ainfi luyuant eefte «nn-. 
fideraiioM.il eft fait comparaifoii entre Mo> 
yi'c& Chrift, en fairâ lehan, premier chapi- 
tre, c. i? > là où il eft dit que la Lny a eftc 
doiu ee par Moyic, mais la grâce tt la ven- 
te eft aCLomplie par Chrift. £t toutes foisjc 
qiunics que le mut de Loy fc prend ainfi c- 
ftruiticment, il l.iut entendre que laciteinc'c 
M"yfe eft oppofc a Chrift : i: pourtant il 
faut alors regarder que c'cft que cotcicm la 
Loy en loy, cftant fcpaicr d'juec i'I.uangilr. 
Aii.fi due, ce qui eft yci diide la iuAicc de la 
Luy.il Icfaut rapporter nô pas a toute laihar 
gcdcM6^e,mai<a cifte partie qui liiy a tftt 
cominife côme pariiculicreniciu &; fpctialc- 
ment. le »ien maintenant lUX lr.ot^ du pal- 

f.-.g •. far M.yfr .Jrfcit /.< l.jllU U 7»rllV. fr. 

Saini-'k Paul du, Ffcrit, mais il prend le ver- 
be fiuif le pour le compolc Di l< 'iri: . Or 
j iiii» 



Chap. X* 



SVR L'EPISTRE 



le paflîige eftprins an leuitique, chapitre 
diic & huitième, a.? , où le Seigneur promet 
la vie éternelle a ceux qui auront gardé Ta 
Loy. Car on voit bien que fainft Paul mef- 
me l'a prinj ainfi , & non point de la vie 
temporelle feulement , comme veulent di- 
re aucuns. Sur cela faina Paul argumente 
en cefte manière , Comme ainfi Ibit que 
nul n'obiiene la iuftice que la Loy prcfcrit, 
finou qu'il ait accompli toutes les par- 
tie? d'icelle, &que tous les hommes ont 
toufiours efte fort eflongnez de cefte per- 
feôion : ce fera en vain quand vn homme 
penfera paruenir a falut par ce chemin . If- 
j-acl donc f'eftabufé , & a mal fait , d'efpe- 
rer de pomioir obtenir la iuftice de la 
loy, de laquelle nous fommes tous forclos. 
Ilegardons , ie Vous prie , comment il prend 
fon argument fur la promeffe, & d'icelle 
conclud, qu'elle ne nous proufite de rien, 
afcauoir a caufe de la cortditlorr impoffi - 
ble qui eft adiouftee quant & quant. C^iie 
c'cft doncbien vnc fubtilite friuole, d'al- 
legncr les promenés de la Loy pour efta- 
blir la iuftice des œuures ! Car auec icet- 
les nous ne pouuons attendre que ccrtai. 
ne malediftion, tant fcn faut que de là nous 

Îirocede falut. Et d'autant plus eft fotte & 
ourde la fiupidite des P.ipiftes , quand il 
leur fcmble que pour prouutr les mérites, 
c'eft afttz de prendre le» proinclTcs toutes 
mies & (impies Dieu, difent-ils , n'a pas en 
vain promis la vie a ceux qui le feruiront: 
mais cependant ils ne confiderent pas que ce 
qu'il l'a promife, c'eft afin de donnera cha- 
cun frayeur de la mort par le fentimcnt de 
fes trai:ff;reffions 1 & qu'ainfi les hommes, 
leur def.iut & pourcte les contraignant, ap- 
prinlTcnt de recourir a Chrift. 

6 7^t.l:s l.t luflice ,jui c/7 fdr U fcy,<lu a'nfi. 
Ce patfage eft tel , qu'il pourroit beaucoup 
tormenter lelefteur,& te pour deux rai- 
fonj . Car il femble auis que fainft Paul 
l'ait deftounié,& appliqué a fon propos mal 
proprement, & auffî que le» mots foyent 
changez en vn fens eftrange.M.iis quantaux 
mots, nous en parlerons puis après: auifnns 
premièrement a l'application. Cir le pafl'.ige 
eft du Deutetonnme, chapitre trentième, b. 
II, où (comme en l'autre paHTage que nous 
venons de vcoir) Moyfe parle de la doftrine 
delà Loy : mais fainft Paul le tire aux pro- 
melTes de l'EuaRgilc . La difficulté Ce pour- 
ra fort bien refoudre en cefte forte . Moyfe 
en ce paffagc la.monftre la facilite &: le chc 
min aifé qu'il y a pour paruenir a la vie, 
d'autant que la volonté de Dieu n'cft plui 
maintenant cachée aui luifs , ni eftongnee 
d'eux, mais qu'ils l'ont douant leurs yeux, 
s'il n'iftoit 1.» parlé que de la Loy (eule, 
l'argument fcroit friuole ^vcuque la Loy 
de Dieu eftant deuant les yeux des honi- 
■ mes , ne leur eft non plus fjf lie a faire que 
- fi ellecftoit bien loin . il faut donc dire que 
il ne parle pas de la Loy feulement , mais 
en gênerai de toute la doftrmc de Dieu, 
laquelle comprend aiifTi en foy l'Fu.ingi- 
le . Car la parole de la Loy de foy n'eft ia- 
ntaiscnnoftrc caur.nopai mel'mc la moin- 



dre fyllabe d'icelle iufqucî a ce qu'elle > 
foit plantée &engrauee par la foy de l'E- 
uangile . b'auantage mefmc après la régé- 
nération , on ne dira pas, a propremenr par- 
ler , que la parole de la Loy foit en noftre 
eœur:pource qu'elle requiert vne perfeSiô, 
de laquelle les fidèles mefmes font loin. 
Mais la parole de l'Euangile ha fon iîegc aa 
cœur, encore qu'elle ne rempliffe pasle 
cœur.Car elle nous prefente quant & quant 
pardon de noftre imperfeftiê ît défaut. Et de 
faift.c'eft vne chofe toute certaine, que Mny 
fe en ce chapitre-Ia(comme audi au quatrie 
me'regarde a efteuer m.îgnjfiquement & re- 
monftrcr au peuple , l'amour finguliere que 
Dieu luy portoit, entant qu'il le'^ auoit prin» 
en fa difcipline ,£• vouloit eftre leurMai- 
ftre . Ot il ne pouuoitpoint vfer de ce pro- 
pos , fil n'euft eu efgard qu'a la loy nue & 
fimpIc-.Et a cela ne répugne point que Moy- 
fe prefche là de reformer la vie félon la rè- 
gle de la Loy : car l'Efprit de régénération 
eft conioint & va toufiours auec la iuftice 
gratuite de la foy. Et pourtant de l'vn il con 
clud l'autre: d'autant que l'obferuatiori de 
la Loy procède de la foy de Chrift . Et n'y a 
point de doute que cefte fentcnce ne dcpê- 
de de ce principe là , lequel il auoit mis vn 
peu au parauant au melme chapitre. Le 
Seigneur circoncira ton cœur.Ainfi il eftai- 
fé de réfuter ceux qui diient q Moyfe traît- 
re 'à des bonnes a uures. Vay eft que ie coo 
feffe cela eftre vray; mais ie nie que ce foie 
vne chofe abfuide , de faire venir l'obfer- 
uation de la Loy de fa fource , c'cft a dire 
de la iuftice de la foy . Or il nous faut 
maintenant chercher l'expofition des mots. 
Ke di peint en un cœur, pimentera au tie/' 
iyc. Moyfe nomme le Cie I ti la Mer , com- 
me les lieux les plus eflongnez & de diffici- 
le accesa l'homi-ne • maislainft Paul com- 
me rilyauoit quelque myftcre fpirituel ea 
ché fous ces mots , les tire a la mort & re- 
furrcftion de Chrift . Si quelqu'vn vrut dire 
que cefte interprétation eft trop côtrainte & 
fiibiile, que ccftiiy-la i'cache que l'intention 
de l'Apoftre n'a point efte de regarder de 
près a traitter tomme de propos dclibeié 
le partage de Moyfe. mais feulement de l'ap- 
pliquer a la deduAion delà matière qu'il 
traittoit pre fentemint- Ainfi donc, il ne re- 
cite point mot après mot ce qui eft en Moy- 
fe , mais il vfc d'vnc expolition (comme di- 
fcnt les RIietoricienM c'cft a dire d'vnagen- 
cemét,par lequel il accommode de pliispres 
le tefinoignagc de Moyfe a Ion propos. Mny. 
fe auoit parle de lieux inacceffibles ; fainft 
Panl exprime des lieux qui font plus que 
tous autres eflongne/. & carhea a noftre 
vcuc,& Icfquels neantmoins il faut que no- 
ftre loy contemple. Si donc nous prenons ce- 
ci comme eftant dit par am{<lification on 
eipolition ,on ne pourra point dire que S. 
Paul ait lire par force ou dcftuuriié mal a 
propos les paroles de Moyfe: mais pluftoft 
chacun confcffera que fans faire aucunemëc 
tortaufens , il a de bien bonne grâce tait 
vne allufiou a ci s mots Ciel &• Mer . Main- 
tenant donc déclarons lîmplcmcnt les paro- 
les 



A VX 



Vo 



MAINS. 



^9 



le» de TaînA Paul . Pource que riffcuranee 
de noftrc faluc eft baftic fur deux fonde- 
mens , a fcauoir quand nous fcauons que la 
vie nouscft acquire,& que la mon cft vain- 
cue, il Mionftrc que par la parole Je l'Euan. 
gile nnflrc foy cft cÂablic fur tous les deux . 
Car Chrill en mourant a englouti la mort, 
& en rciTiircitant a pris la vie en fa puilTaiu 
ce 4 difpofition.Or eftilque par l'Euangi- 
le le bcnc6ce de la more & refurrcâion de 
ChriA nous c(t communit|Uc. Il ne faut dôc 
point ()ue nous dcTirions rien d'au^intagc. 
Ainfî, afia qu'il apparoifle que la iufticc de 
la foy eft abondamment. l'uffif.inie a falut, il 
nionftrc qu'en iccllc font compris ces deux 
membresjerquel s feuls font requis a falut. 
Ces mots donc, Si^ie/l cr ijui m:a!r,4 au (!<!> 
emportent autant comme qui diroit , Qni 
cft-cc qui fcaii fi ccft héritage de la vie etcr 
relie ^ cclcftc nous cft gardé. & fi nous l*a u 
rons> SI2.' 'j1 " n»' M' ""'"' '" l'''hf'"''> eom- 
nie qui diroit, Qui fcait fi après la mort cor 
.porelle Pcnfuyura la damnation éternelle 
de rame?Oril ironftre '^ueces deux doutes 
font oftc/. par la iiiftice de U foy . Car l'vn 
tireroit Chrift du ciel, l'autre le ranicncroit 
encore delà mon . Car l'article de l'alccn- 
Con de Chrift au ciil doit tellement confcr 
mer onfire foy touchant la \ie éternelle, 
que ccluy qui doute fi l'héritage du ciel tft 
prepjré auv fidilcs.au nom defqu(.ls& pour 
lefiiucls il eft là entré, veut, par manière de 
dire.ofter a Chrift la poneifion des cieux , & 
l'en mettre hori.Sembl.iblcmct comnie ain- 
fifoitqii'ila fcnti & porte les horreurs des 
enfert.afin qu'il nous en dtliuraft.dc reuo. 
quer en doute fi Us fidèles lot encore fiiiets 
a ccfte mifere. c'eft rendre fa mort inutile & 
comme la renoncer. 

8 M.i<4 rjHt :lit-clli> Le propos neg.itif 
qu'il a recité lulques yci, prétend a oftcr les 
empcfchemens de la foy. Il reftc donc qu'il 
monftre maintenant le moyen d'obtenir iu- 
Aice:& a ceftc fin eft a eefte heure adiouflé 
le propos alfirmaiif. Quant a ce qu'il entre- 
Licevne interrog.>tion , combien qu'il pou- 
uojt coucher le tout enfcmble & de fuyte.il 
Ta fait pour mieux refueiller lesIcÂursa 
(ftre attentifs a cepoinft Ft quant & quant 
Jta voulu monftrer combi? il y a grande dif 
ference entre la iuftice de la Loy 8f celle 
de l'tuangile : d'autant que la iuftice de la 
Loy feinonftrant de If'in, rt pouffe tous ho- 
mes, & ne leur donne aucune entrée: mais la 
iuftice de l'Euangile fe prelentant de près, 
mus ennuie familiercinent a y participer. 
lAptrr/c ri) f, ri. Premicreircnt il faut no- 
ter , qu'afin que les efpnts des hommes e- 
flâs miitloppe/ en l'cs circuits lointlins ne 
fc touru'.ycnt du falut, les bornes de la Pa- 
role leurfiini propokes , dedans lerquelles 
ils fe tiencnt tnufinurs range/. Car c'cft au- 
tant comme f'il difoit qu'il faut qu'ils Te eô 
tentent de la feule pirole , & aduertilToit 
qu'en ce miroir-Ia ils doyucnt contempler 
les fecrets des cicux , lefquels par leur 
fplendeur tfbloiiyroyent les ycui .eftonne- 
royent les oreilles , S: rauiroycnt niefiiic 
l'cff lit en admirati9n. Ainfi donc les amcs 



fidèles reeoyuent vne fingiiliere eonfola' 
tion de ce paflage touchant la ccrntUilc de 
la Parole.afcauolr qu'elles farreftent *i re- 
pofent fur icelle aulfi aneurecmcnt corn, 
me fi elles voyoycnt les choies a l'oeil & 
prefentement.D'auantaee il faut noter que 
Moyfepropofe la Parole .afin qu'en icelle 
nous ayons vne affcurance de falut ftable & 
tranquille . l 'tfl U parc/f Wr/>) Apres ce qui 
a cfte propofc de Moyfe.a bon droiS fainft 
Paul côioiniceci. Car ladoftrine de la Loy 
ne rend point la eonfcience paifible & tran- 
quille, & ne luy fournit point chofes qui 
(oyent pour la contenter. Cependant toutef« 
fols iln'cxclud point les autres p.rties de 
la Parole, Sf non pas mel'mc les Commande, 
mens de la Loy:mai5 il veut eftablir la iuftl 
ce en la rcmilTion des pichez, mefincs fans 
l'obciflancc parfaite que la Loy requiert. 
Ainfi donc pour rendre les efprits paifibics, 
It eftablir le faliit des hommes, la parole de 
l'Euangile folfit. laquelle ne nous comman- 
de point d'acquérir iuftice par les ocuures, 
mais icelle nous eftant pteltntee gratuite- 
met, de l'tmbraflTcr par foy. Au rtfte.cemoc 
Ij i',trclc lie fcy , eft prins pour L.i parole de 
la promefle .c'ift adiré pour l'Euangile mcf 
me.fclon la figure appelée Mctonymic.d'au 
tant qu'il a cnrrefpoiulance a la foy. Car il 
fautcntcdre taciicmccvnc antithcfe , par la- 
quelle ondifceiiie entre la Loy gt l'En.igile: 
& de ccfte marine de diftmftiô nous recueil 
Ions, que comme la Lo* requiert les tru- 
ures.auffi l'Euangile ne rojuiert aune cho 
fe, finon que les hommes apportent la foy 
pour receuoir la grâce de T>icu. Ce mot, /,«• 
ijiir//e n:u) freÇrlicni : a cfte mis par fainft 
Paul, afin qu'aucun ne penfaft (|u'il fuftdi- 
fcordant de Moyfc. Car il donne a entendre 
qu'au miniftcre de l'Euangile il eft de fore 
bon accord an ec Moyfe: vcu que Moyie auf 
fi n'a point cftabli noftre félicite ailleuri, 
qu'en la promefle gratuite de la grâce de 
Dieu. 

9 Sji'ftuartftfft!. C'cft yci auffiplui 
toft vne allufion, qu'vne pro| rc & naturelle 
inierpretatiô. Car il eft vray.fcmblable que 
Moyfe , luyuant la figure appelée Synecdo- 
che , a priiis le mot de B;m *r pour Face ou 
Regard. Mais il n'a point efte malfeant que 
l'.^poftre fciA vne allufion au mot de Bou- 
che en celte forte : Puis que le Seigneur 
nous'propol'e (.\ parole deuanr noftre bou- 
che, certainement il nous appelle auffi a la 
confefllon d'icellc ■ Car en quelque lieu que 
eft la parole du îeigneur,l.i elle doitfru- 
fiificr . Or le fruit de la bouche , c'cft con- 
felfion . Au lefte, quant a ce qu'il met la 
confelfioneu premier lieu ,& puis lafoys 
c'cft vne manière sftcz commune ésElcri- 
turcs de mettre derrière ce qui doit précé- 
der. Car l'ordre euft efte meilleur , (\ met» 
tant premièrement la fiance du cœur, il 
euft couché après la cnnfelfion de bouche 
laquelle en procède . Or cc(^My\a f.nfrjjr 
If Si-'^'uu /r/i/j fciB^ i7 jy>f jr;iV<if , If quel 
l'orne de fa vertu , le recogn'i ilTanttel qu'il 
a efte donné du Petc,i cu'il eft deictit ea 
l'Euangile . Quant a ce qu'il n'cft fait mco- 



C bap. X. 



SVR L'EPISTRE 



i^' 



tion îrprelTe que de la rcfurreflfon , il ne le debatre de cela , afcauoir en quelle parti* 



faut pas prendre en telle forte , comme fi fa 
mort n'cftoit pour rien contée: mais d'au- 
tant que Clirift en reflulcitant a accompli 
tous les points de noftre falut.Car combien 
«ju'en fa mort la rédemption Si fatiffsftion 
par laquelle nous fomnies réconciliez a 
Dieu, a eftc faite, touteffois la viftolre con- 
tre pèche , contre la mort,& contre Satan a 
eftc acquiie par fa refurreftion . J)e là mef- 



du corps gift la foy.Mais ponrce (|ue le mot 
de iceur cil fouuent prins pour vue artcSion 
viue & non feinte , ie di que la foy eft vnê 
fiance ferme & plene d'efficace , & non pas 
feulement vnecognoiflancenue. Ommfrlji 
de hoKilie 4 f^lu!. On fe pourroit elbahit 
pourquoy c'cft qu'il attribue maintenant T- 
nc partie de noftre faluta fa foy, après auoir 
parcideuant tant de fois déclaré <iUe nouf 



me auffi eft procedee & iuftice & nouueautc fommes fauuez par la feule foy. M.ns on ne 



de vie, S: l'eiperancede l'immortalité blen- 
heureufe. Pour cefte caufe , la refurreftion 
feule nous cftpropofee pour fiance de faliit; 
non pas afin de nous deftourner de la mort 
d'iceluymcfme Chrift,mais pource qu'elle 
nous repd tefmoignjge du fruit & de la ver- 
tu d'icelle mort: brief, la refurreftion con- 
tient en foy la mort. Et de ce propos nous 
en auons touche quelque chofe au tf.chap. 
Joint auffi que fainft Paul ne rcqjiiert point 
feulement vue foyhiftoriquc (qu'on appel- 
le) c'eftadlre que nous croyions l'hiftoire 
de ce que Chrift eft reffufcitctmais en la re- 
furreftion comprend auffi la fin & le but d'i 
celle . Car il faut entendre a quelle fin ce 
eft que Chrift eft reftufciié : afcauoir iiue le 
confeil de Dieu le Père en reffu Ici tant fon 
Fils, a efte de nous reftablir tous en la vie. 
Car combien ^ue Chrift ait eu cefte puiflaii- 
ce de reprendre de foy-mefme foname.tou- 
teffois l' F.ictiture attribue fouuent ccft œu 
Mrea Dieu le Pcre. 

r de raur. Ce palTage nous 



doit point inférer de ceci , que la conieîfiort 
foit caufe de noftre falut. Il a feulemét voa 
lu donner a entendre par quel moyen Dieu 
parfait & accomplit noftre falut .afcauDir 
quand par la confeffion il fait venir en eu}- 
dence la fny qu'il a mife en nos cœurs . Et 
nicrme il a voulu fimplement toucher quel- 
le eft la vraye foy,afcauoir celle de laquel- 
le ce fritir procède : afin qu'en Ijcu d'icelle 
quclqu'vn n'alleguaft vne vainc apparêce de 
foy. Car elle doit tellement embrafer le 
cœur d'vn dcfir de la gloire de Diei>,qUeIa 
flamme f'ennionftre pardehors. Et de faift, 
celuy qui eft iuflifié obtient défia falut.Croi 
re donc de cœur, r.'eft pas moins a falut que 
conleffer de bouche. Ainfi nous voyons que 
il a en cefte forte4iftingué,afi;i de rapporter 
a la foy la caufe de la niftificnion • & mon- 
ftrer puis après que c'eft qui eft neceftàire A 
la confommation du falut. Car il eft impofc 
fibls qu'vn homme croye de cœur, qu'il ne 
confeflcauflî de bouche . Et c'eft vne necef. 
fitequi eft pour denionftrer vne conicquêce 



peutferHir& aider aentendrela iuftifica- perpetuel'e, & non pour attribuer a la coi 
tion de la foy:car il monftre que nous obte- fefiion le falut. Au refte.que cent qui fe v 



nous iuftice , d'autant que nous einbraflbns 
la bonté de Dieu qui nous eft prefentee ert 
l'Euangile. C'eft donc par ce moyen que 
nous fommes faits iuftes, afcauoir pource 
que nous croyonsque Dieu nous eft propi- 
ce en Chrift: mais cependant notons que le 
ficgc de la foy n'cft point au cerueau , mais 
au coeur. Toutcffois ic ne voudroye point 



tent auiourd'huy fièrement de ie ne fcajr 
quelle foy imaginaire > laquelle fe conten- 
tant du fecrct du cœur, fe dcportedela cô- 
fel'fion de bouche. comme d'vne chofe fupcr 
fine & inutile, auil'ent bié que c'eft qu'ils rcf 
pondront yci a S Paul . Car c'tft vne niaife- 
rie trop euidentc, de dire qu'il y a du fciî, 
la OH il nY a ne ftammc ne chaleur aucune. 



iÎA,iZ.li6 " (^^*' l'Eprtture dtt , \ Quiconque croit en tKj,ne fera 
f oint confus- 

Il Citr il n'y a point de différence dtt lui f ne du- Grec . car 
lemefme Setgnenr de tout , efi riche ^ers tom ceux ejUi Ctnuo- 
quent. 

Ij \Car eftiicocjne inuo^uera le no du. Seignettr^fcrA ftnue. 

II C.irl'Eftrimre dit^iyc. Aprcs auuir afin que la lentence ait plus d'auihorite.* 






touché les caufcs pour lel'quclles Dieua 
uoit a bon droit reietté les luifs , il reuient 
maintenant a confernur la vocatiô des Gcn 
ti s. qui eftoit le fécond poinft de la queftiô 
& matière qu'il trame maintenant. Pour au 
tant donc qu'il auoitmoiiftic la voye par 
laquelle les hommes paruienenta falut, ^ 
cju'iccltc n'eftpas moins commune 8; pre- 
fentee aux Gentils qu'aux luifs:maintcnant 
adiouftant premièrement vn terme de gcnc- 
Mlite.ill'clled apertcmciaux Gentils: puis 
après nonimeemcnt mvfmc il y appelle les 
Gentils. Et a propos il répète encore le tcf 



quant & quat aufli afin qu'on cognoiO'e ape» 
tementcomment les prophéties cfcrices de 
Chrift accordent fort bien auec la Loy. 

Il CAr il n'y ,i point de diffyencr . Si la 
feule fiance y eft requife , en quelque lieu 
qu'elle fe trouuera, là aufll l'amour & inife- 
ricordc de Dieu le monftrera a falut . Il n'y 
aura donc en ceci aucune diiierfitc pour le 
peuple ou la nation. Et il adioufte vue rai- 
Ion fort pcremptuirc . Cir fi celuy qui eft 
Créateur Si autheur de tout le monde. eft )e 
Dieu de tous homes, il l'cnfuit qu'il fe mq- 
ftrcra bénin St fauorablc a tousceuï qui le 



muignage çl'lfaie qu'il auou dcfm alUjué, «ecognoiftrôt f autDicu,,^ l'inuoyierot.Cjr 

(onuns 



\ 

A V X R O M A I N s. 70 

cominrainfi foit nue fa mircricorde eft in. Prophtte loel, «lui par vn terme exprès de 
finte.il ne ft peut faire qu'elle ne Pcfpande généralité encloft & comprend egaicmcnc 
fur tous ceux qui la défirent . te mot de /Ç/- tous hommes . Mais Us Uftcnrs pourront 
</.!• eft yci prmsen fignihcatioii aftiue four beaucoup mieux cognoiftrc.par la circonftî 
Bicn-fjirani tf libéral. Surquoy il nous faut ce, que ce que dit là loel coi.uient a ce pro- 
iiotir.qiie l'opulence de noftre Pcrc ne di- pos , tant pnurceque là il proplietize du re- 
minuepoint pour largtfft qu'il face: & que gncdc Cluift.comme auffi pourcc qu'ayant 
pfilir autant nous n'y perdrons rien , quoy en premier lieu aducrti que l'ire de Dieu 
' ■ * ■ ■ ' ■' embrafee f*eftcndr.i d'vne façon horrible, 

neantmoins au milieu de l'ardeur d'icelle 
il promet falut a tous ceux qui inuoque. 
ront le nom du Seigneur . Dont f'cnfuit que 
la grâce de Diou pénètre iul'qu'iux profonf 
abyfmes de la mort, pouriieu q là on la defl 
re.tellcmét qu'il n'cll poît que ftjôde la de» 
ftourncrdcs Gentils & les en fruftrcr. 



ou'en diuerfes fortes * manière* il enrichif 
fc Ie< autres de l'abondance de fa grâce . Il 
ne f^Mif donc point que les vn» portent en- 
uie aux autres des biensqui leur font faits, 
tommcfi pour cela ilsy perdoyent quelque 
chofed- Icurcofté Au reftc. combien que 
ecfte raifon fuft allez fiiffifinictouteffois il 
la conferme encore par le tefmolgnagc du 

14 Comment donc tnnoojueront-tls celuy /tti^uel tls n'ont 
i)0/ntcreK?î£ cornent croiront-ils en celuy qu ils n'ont f oint oHjf 
Ç£t comment orront-ils fltns prcdiatteuri 

\<, Et comment prefcher/t-on ftnon t^tton foit enf{0)e , Ainjl 
efuilefl eflrtt 1 jO {juc les pieds de ceux ejHt annoncent pAix pmt 
hcaux^de cenx-,ds-te-fCjHt annoncent les chofcs bonnes! 

id Mais totcs nontpM obcj a CFu/tngtle.Car iftie dit,\Sef- 
giietir^cjua a cren a noflre pedicationi 

17 Lafoj donc efhpar ouir ,- ^ Couirpar la parole de Dieu. 

le n'amufiray poiniyci iongtéps Us le monftrant ainfi fou efficace &: fon fruit , 1» 

dcursm'jcrcnâia cccitcr, & quant S^ quât eft vn fignc bien dur 8; indubitable dcl'a- 

rifutcr Içs opinions des autres. Que chacun mour de Dieu. De cela finalement il appcr- 

ait fou iugemêcmais qu'il me foit aulfi per. ra qu'il ne faut point exclure du royaume 

mis de dire libriméi ce qu'il incfcmble Aïo de Dieu Us Gei tils , vcu que Dieu Us a ap« 

ii donc.afin qu'on entende a quoy tend cefte pelez a la communiô & participation de fa- 

gradatiô.il faut premiercn.e't côfiderer que lut. Car comme la prédication de l'tuâgile 

il y au oit vn lien & comme yic conionition eft U caulcdelafoy entr'eux , aiiifilacaufa 

mutuelle entre la vocation des Gcniils,& le de la prédication c'c/l l'cnuoy de Dieu , par 

niinifterc de S.Paul , lequel il cxcrcoit en. lequel il a voul u en cefte forte pouruoir a 

utrs icfUx.ttHenie't <iue de l'apptobatiô de leur falut- Or pour efplucher le refte,venô< 

l'vnf'cnfuyuoit aulfi l'approbaiiô de l'au- maintenant a chacun poinft a part, 

tre. Or il faloirneceflaircmet que S.Paul ef 14 M^'» ■•"'ment i/ia»;Krr:<i»-i/j.Sain^ 

clarcift & m ft lior< de doute lavocatiôdes Paul veut yci conioindrel'inuocation agec 

Gentils,* quant 8t quant rendift raifon de la foy, comme de faiS ce font deux chofcs 

fon niiiiiftcre, afin qu'il ne fcnibLiftaiiis que fort coniointcs l'vne a l'jutrc. Carceluy 

témérairement 4: mcnnfiderccmët il efpan- qui inuoque Dicu.fe retire a luy connue au 

dift la Erace JeDieu:d'auiàt que le pain qui potcvniquc de falut &(ce qui eft vneefpece 

cftoii deftii i aux crfans de Dieu, il le rtti- de refuge trcfafleuré J fc vient ranger com- 
mit d'eux,* en diftribuoit aux cliiës II fait 
dôc l'vn &l'autre tout enfembU.Mais enco 
re on ne pourra point bien entédre côment 
c'eft que le fil du propos fuyt , lufqu'a ce q 
par ordre chacune partie d'iceluy ait efte 
expofee Cefte fuyicdc ne qu'il fait de degré 



Ifa 55 4.1 
jVi.iJ./.lg 



me l'enîant entre les bras du pcre plein de 
bote &d'amQur, afin d'cftre maintenu parla 
protcôion.fupportt St emrctenu par la de- 
bonnaiietc & diUAion, fViulagc par fa libé- 
ralité, fouftcnu jt loiiific par là vertu . Ce 
<]iie iamais homme ne pourra faire , finon 



en degré vuit auiât comme fil difoit rTjnt quedeuant il ait eonceuen l'on cœur vne 
les luifv que les Gentils , en inuoquant le telle perfuafion & afl'eurance de l'alfeâion 



I de Dieu.monftrent bien par cela qu'ils 
croycnt eu luy:poutce qu'il n'y peut auoir 
vr.iye inuocjtiô du nô de Dicu,que la droi- 
te cognoilTance d'iceluy n'ait précédé. Or ta 
foy procède de la parole de Dieu, & la pa- 
role de Dieu n'eft i.imais prefchec en aur 
cun lie», que ce ne foit par vnc' prouidcncc 
tl ordonnance fpeeiale de Dieu . là donc 
oi\ il y a inuocaiion de Dieu , la foy y 
elt , & où la foy «n,! 1 femenee de la Paror 

le y a précède* ou eft la Ptedication,Jà il |uus U» Schulaftiq'ucj ne fcaiient qu'ils dj. 
j aYocatioiidcDièu,Or où il y a vocation fcQt,&; ijuc te n'cft iju'vnc fuiuce Je IçurOO 



paietnclle de Dieu enuers foy,(|u'il fe iiene 
certain d'obtenir tout U'iccllc. Ainfi donc, il 
faut ncceftaiiement que celuy qui Inuoque 
Dieu, Talfeure qu'en luy il trouucra fccours 
qui ne faut point Car S.Paul ne parle point 
d'vne inuocatii* telle quelle,maii de celle ^ 
Diru approuueCar Icsliypocriicsaurfi iniio 
qiirtDicu:mais ce n'eft point d'vne facôqul 
leur loit a falut, d'aiitit qu'ils le font las au 
Clin fentiniêt de foy. Dont appert cummcnt 



Chap. X. 



SVR L'EPI S 



tr: 



ftrine , veM tjn'ils fe prefentent a Dieu tn 
doutant ,& n'eltans fol)de^ fur aucune af- 
feuranceSainfl Paul parle bien autrement, 
quand il prend ceci pour vne maxime indu 
Litable , que nous ne pouuons dcuement 
prier , finon que nous foyions bien certains 
îi'auoir bonne iirue,& d'obtenir. Cai il n'en- 
tend point yci vne foy implicite ( comme la 
nomment Us Sopliiftes ) mais vne certitude 
que nos coeurs concoyuft touchant l'amour 



raiernclle de Dieu enuers nous , quand par 
'£uanuile il 
adopte pour (es entans.C'eIt là la tiance par 



l'Euangile il nous reconcilie a foy.Sf noui 



l nous réconcilie a loy, 
fes enfans.C'ell là la na 



laquelle feule nous auons accès a luy, corne 
aulTi nous foinmcs enfeignez aux Ephefieos, 
«roifieme chapitre . Au contraire auffi il 
nous faut conclure & recueillir d'yci , qu'il 
n'y a point de vraye foy finon celle qui pro 
duit & engendre inuocation de Dieu. Car il 
ne fe peut faire que celuy qui a gouRrla 
bonté de Dicu,n'alpire auffi toufiours a icel 
le,& n'y tende en tous fes fouhaits.Cîmmfiif 
€nir:>tt.ili,(^c . Le fomniaire de ceci eft, 
que nous fommes.par manière de dire, corn 
me muets , iufques a ce que la promefft de 
Dieu ouurcnos bouches pour prier. Lequel 
ordre auffi il demonftre par le Prophète en 
«es mots, le leur diray,Vous eftes mon peu- 
ple:& ils me diront, Tu es noflre Dieu . Car 
ce n'eft point a nous de forger vn Dieu tel 
qu'il nous plaira . Il faut donc auoir vne 
droite cognoiffice de Iiiy telle qu'elle nous 
eft propoTee en fa paroU. Mais fi quelqu'vn 
de fon propre fens conçoit & im.igine que 
Dieu eft bon, ce ne fera point vne foy ferme 
ne folide, mais vne im.igination inccttaine, 
& qui incontinent l'tfcouIe;& pourtant a la 
droite cognoiflance de Dieu la Parole eft re 
quife.Au refte , quant a ce qu'il n'a fait yci 
ment ion d'autre l'arole que de celle qui eft 
prefchce.c'cft pource que cela eft le moyen 
ordinaire de la difpcnfcr & adminiftrer que 
le Seigneur a ordonné . Touteffois fi quel- 
qu'vn vouloit palfer plus auant , & dire par 
cela que Dieu ne peut autrement dôncr aux 
hommes fa cognoiSance 'que par l'inftru- 
ment de la prédication, nous dirons que ce 
n'a point efte l'intention de fainâ Paul, le- 
quel a feulement eu efgard a la difpenfatià 
ordinaire de Dieu , & n'a pas voulu impo- 
ser loy a la grâce d'iccluy. 

JÇ Et Cimmrni prifhrr,! tn . Il fignifie 
que c'eft vn tefmoignage & g.ige de l'.imour 
de Dieu, quand il fait ce biê a quelque peu- 
ple de leur cnuoyer la prédication de fon 
F.uangllcrSc qu il n"y a annonci.iteur de ce- 
fte doftrinc.lequel il n'ait fufciié par fa pro 
uidence fpeciale:& que pourtant quand l'E 
uangilcin annoncé en quelque nation , il 
ne faut point douter que ce ne fuit Dieu 
qui la vifite . Au refte, pource que S. Paul ne 
traittcpas yci de l.i vocation Icgiiime d'vn 
chaciï en particulier, ce feroit vne chofe fu- 
perflue de parler dr ccfte matière plus auir. 
Seulement il fiiffit fur ce p.ifl'.igc que no.js 
entendions que l'F.uangilr ne tombe pas des 
nues fur nous , comme l.i pluyc, ou par 
cas fortuit :m.ii5 qu'il eft .ipportc par les 
Ruias (tes kômeSjU où 11 plaift a Dieu l'en* 



uoyerSt adrefler.^iV/jx'iVf/îf/ci'if. Vojrl 
comment il faut appliquer ce tel'moignaie 
au propos que l'Apoftre traitte prcféteroet. 
Le Seigneur voulant donner a fon peuple e- 
fperancc de deliurance, honore d'vn titre de 
louange authentique la Tenue de ceux qui 
dcuoyét apporter vne fi ioyeufe & heureufe 
nonuelle.En cela donc il a biê auffi donné a 
entendre qu'on ne deuoit pas auoir en moia 
dre eftime leminiftcre desApoftres, parle* 
quel le melfagc de la vie éternelle eft appor 
té- Or de là f'enfuyt qu'il procède de Dieu, 
veu qu'il n'y a rie dcfirable ne digne de lou- 
ange en ce monde , qui ne viene de la maia 
d'iceluy. Au refte,noiis apprenons auffi d'y- 
ci combien c'eft vne chofe que tous les bôs 
doyuét fort defirer & beaucoup eftimer que 
la prédication de l'Euangile, laquelle eft tât 
excellcaiment louée par la bouche du Sei. 
gneur.Car il n'y a point de doute.quidDiett 
vfe de cefte préface magnifique touchant le 
pris ineftiinable de ce ihrefor,que ce ne foie 
afin que les efpritide tous homme» fe réf. 
iicillent a le defirer ardemment . Le moi de 
Piedi fe prend pour la venue.par vne figure 
nommée Métonymie. 

i6 M-it4 tou4 n*in{ f>M abey. Ceci n'ap- 
partient rien a 1.1 dcduiSion de l'argument 
lequel fainft Paul a voulu faire en cefte 
gradation : & pourtant en la conclufion qui 
f'enfuyura tantoft , il ne repctera rien qui 
tombe fur ce poinft: mais il a femblé bon a 
S.Paul d'entrelacer auffi ce petit mot, par v- 
ne manière d'anticipatiô: afin que de ce qui 
auoit efte dit, que la Parole précède touf- 
iours la foy en ordre, ne plus ne moins que 
la femence eft deuant le blc& l'herbe qui ea 
fonde la terre,aucun ne veint a faire vn ar- 
gument réciproque , & inférer que par tout 
où la Parole eft.la foy auffi Pen cnluit. Car 
par ce moyen Ifrael euft peu fe glorifier, 
lequel n'auoit iamait efte dcftitiié de la Pa- 
role. Il a donc falu monftrer auffi ceci com- 
me en paftant , Afcauoir que plulieurs font 
appelez, qui routeffois ne font point elcus. 
Or il amène vn paft"age d'Efaic, cha.>;.a.i, 
où le Prophète voulant dcduire cefte pro- 
phétie excellente de la mort de Chrift,& de 
fon règne, d'entrée, auec admiratiô parle du 
petit nombre des croyaiu , lequel en El'pric 
iuy apparoilToit tel, qu'il a efte contraint de 
f'cfcrier, Seigneur, qui a crcu a noftrc ouir? 
c'eft a dire , a la parole 1 quelle nous pref- 
chon5. Car comme ainfi foii que le mot Hc- 
britu Sthcmii,th, en l.i fignification p.ifhuc fe 

frend pour parole : les Grec* & les Latins 
'ont traduit l'cuir. Et vray eft qu'ils ont en 
cela fait quelque impropriété . mais le fcn» 
n'en eft point ambigu . car noftre ouir figni- 
fie ce qu'on oit de nous, ou par nous . Main- 
tenant nous voyons pourquoy .ccfte cxce* 
ption a efte yci entrelacée côme enpafliint: 
afcauoir afin que perfonne ne veinft a péfer 
que par tout où eft 1.5 prédication de la pa- 
role , la foy auffi f'tn cnhiyiie neccft'aire- 
ment.ToiitelTois,il touche puis aprcs la rai- 
fou , quand il adioufte , A qui eft ce que le 
bras du Seigneur eft reuele > Car par ce- 
la il fignifie qu'il oc Pcnfuit point ao. 
trcBieo* 



AVX ROMAINS. 



7» 



trrmcnt «ucun proufitde la Parole, rmon 
quid Dieu ciVIairc par la luinicre de Ton E- 
fprit: & par ce moyen voyb la diffcréee qui 
cft entre la voix cjterieurc de l'Iiomme ,& 
la voc.uiori inrerieurc^laqucllc Tcule elt ac- 
compagnée d'efficace , Si eft propre aux e- 
leus reulenient. Dont il appert facilement 



(\Ue d'icelle procède la foy. Biê tft Tray q»c 
l'Apoftfe a conftlTé n'agueres, que la prcdi- 
caiion d'ellc-mcrme ne fait rient maisquid 
il platft au Seigneur de befongner, elle ell 
l'inftruinentde la puiffance. Et de faiû , U 
voix de riiommc ne peut point par fa vertu 
pénétrer iufqu'a l'ame.Et ce feroit trop cfle- 



comment aucun» côclucnt fort hoM de pro- uer l'homme mortel , de dire qu'il cuft la 
poi.difjns que tou' hommes indiffcremmêt vertu de noui rcgencrcr: audî la lumière de 
font eleus , pourctque la doftrine de falut la foy cH trop excellente pour dire que le» 



cft Tniuerfclle , Sf puurce que Dieu conuie a 
foy tous hommes indiffercnimenr. Car la ee- 
neraliicdcs promcflcs feule te en foy ne fait 
point lefaliit commun a tous ; mail pluftoft 
■u contraire cefte reUel.i;ion f|'eciale,de la- 
quelle le Prophète fait mcntion.le rcArcint 
aux clcus. 

17 l.< fiy J:h! rfl purtuy. Par cefte con- 
clufionnous voyôs a quoy fainâ Paul a re- 



hommes la puilTent dôner.Mais (i eftcequc 
cela n'empcfchc point que Dieu ne bclon- 
gne aucc efficace par la voix de l'homme: 
en forte, que par le miniftere d'iceluy il fu- 
fcite & crée en nous la foy.ll nous fautauf. 
fi noter qu'il nV a autre itoftrine pour fon. 
dcr & baflir la foy, fiiiô la doSrine de Dieu. 
Car laina Paul ne dit pas que la foy foit en- 
gendrée par doftrine la première qu'on rcn- 



jardê en mettant ainfi plnficurs chofesd'or- contrera , mais il reftreint nommeementce. 

dre, & les fail'ant dépendre l'vne de l'autre: la a la parole de Dieu : la<jitclle rcftriaioi» 

■ fcaunira monftrer que par tout où tft la feroit abfurdc fi la foy pouuoiiconfifter 8c 

foy, là dcfia au parauant Dieu a defployé Tn cftre fondée fur les déterminations des hô- 

iignede foncicttion. D'auant.igc,<jUe quand nies. Et pourtant, il faut oue toutes inuco- 

par le miniftere de l'Euangile il a eTpandu tions des hômes foyent miles arrière, quand 

fa benediâiô, afi i d'illuminer les corursjiar il tA qut ftion de la certitude de la foy. Par 



foy, & par iccllcaunî lesdulre \ drcflcr a 
l'inuocation de fon nom, en laquelle le falut 
eft'proniisatous , il a par ce moyen déclaré 
& tcftiiîc qu'il receuoit les Gentils a la par- 
licipation de l'héritage éternel. Or voyci vn 
palTagc bien not.iblc .touchant l'efficace de 



mtfmc moyen aulTi tombe bas ce phantof^ 
me Papiftique Je la foy qu'ils furnommenc 
implicite .lequel fepare la foy d'aucc U 
ParoIt:& beaucoup plus encore ce bUrphe- 
me exécrable, Qur la certitude de la Parole 
demeure en fufpens , iufqucs a ce que l'au- 



t2. 



U prédication , d'autant qu'il nous monftre thoiite de l'Eglife la conferme. 

i8 Maù{te demande)Ne font-ils potnt ouj?Ains\leur fon efl Pft.19^% 
/tUé f'irtoHtcla ferre, ^ tettrs paroles influes aux bouts du 
ntonde, 

19 Maps('$e demande)lfrael ne Ta-il point cogn/t?Mojfè dit 
le premier , | le '^oms prouoijueraj a ialottfe par celuj ejui n'ejl 
point monpeuple-.te \'cu^ epnoMueraj a ire par 'kne gent folle. 

10 Et [ptieprend hardiejfc,^dtt,\l'aj efle troHuède ceux ^f^is*-*- 
^ui ne me cherchojentpoint^^ ftiis manifejlemet apparu a ceux 

qui ne Penefuerojent point de moy. 

1 1 ^fa^1 ejttant a iftael , /'/ dit , l'aj tout le iour eflendu mes 
matns au peuple rebelle ^ contredifint. 

\% >/,< .(iV</rm.i<i«fr ) D'autant que par au Pftaume ipaÇ, lequel de prime face ne 



la prédication les efprits dts hommes vie 
neiit a cflrc illuniinci tic la cognuidancede 
Xlieu .laquelle puis après produit de loy 
l'inuocation du mcl'me Dieu , il rcAuit vn 
poinâ a demander , Afcauoir fi la vérité de 
^leu n'auoit point ctte annoncée aux Gen- 



femble pas faire guercs a propos. Car le 
Prophète ne parle pas là des Apoftrcs.inais 
de iruures de Dieu muettes : cfqui Iles il 
dit ij la gloire de Dieu reluit fi cuideinmêt. 
qu'on pourroit dire qu'elles unt comme vne 
langue pour raconter les vertus de Dieu Ce 



lils. Car d'autant que lainCt Paul l'cftoit palfjgc de fainft Paul a efte caufe que let 
incontinct tourné vrrs les Oëiils, be.iuctiup anciens ont expolétoutle Pfeaume par ai- 
de gesf'en fcandaliioyêt pour la nouiieau- legorie .en quoy audi ceux qui font tci.u* 



te de la chofc. il demande donc . Afcauoir 
mon fi Dieu n'auoit iamais au parauant ad- 
dreflc fa voix aux Gentils, Si n'auoit pas fait 
office de DuAcur enuers tout le monde Or 
pour prnuucr qu'il y a vne cfchole com- 
muiM oUnerte a tous, en laquelle Dieu veut 



après, les ont enfu) Uis. Ainfi (ans contredit, 
le r»leil foriât cùme vn efpoux de fa châbrv 
fecretf.leur a fignifié Chrifl:& les c>eUx,let 
Apoftres Ceux qui ont eu plus de «ocil'ciei»- 
ce , & le font portc7 plus modcftemcnt ea 
l'interi.retalion Je l'El'criturc . penfent que 



de toutes parts ralfemblcra foy des dnci- ccquicftoit dit proprcinci de l'ordre & ba- 
plcs,ilaracnc Iticlmoignage du Prophète ftiiutuc dct cunx , ialuA Faul l'aapjUijai 



Chap.XI. SVR L'EPISTRE 

6 Et p c efl par graccy ce ne(t plies par les œuurer.autremet ■, 
grâce neflplus grâce. Maifficeppar les ceuures , ce n'efl plus 
graceiantrement «uure n'eftplus ceuure, 

I le ài-mMdi- dmr,-i:fe. Il pouuoitfen)- il eftolt , cela tend a ce qu'il foitrecogna 
bler que ce qu'il auoit traitté lufqut 



preleiit touchant l'aueuglement & l'obftina 

tiô d.sluifs.reuenoit a ce roina.que Clirift 

a fa venue euft tranlt'cré ailleurs les proinef 

fes de Dieu, les luifs eftâs déboutez de tou- 
te efperance de ralut.ll preuient donc main- 
tenant cefte obiciftion: S; modère tellement 

ce qu'il auoit dit auparauant de la reieûion 

des luifs , que perfonnc ne viene pourtant a 

penler que l'alliance faite iadis auec Abra- 

nam , foit maintenant abolie : ou que Dieu 

ait tellement mis en oubli la mémoire d'i- 

celle, que les luifs foy et maintenât du tout 

cftrargez de fon royaume , comme eftoyent 

les Gentils deuant la venue de Chrift. Or 

quant a cela, il le nie bien: comme de fatft 

ilmonftrera tantoft après que la cliofe eft 

faufTc. Cependant il nous faut entendre que 

le poinft de la queliiun que l'Apoftre trait- 

te.n'eft pas,arcauoir fi c'ift a tort ou a droift 

que Dieu a repouffé ce peuple. Car il a défia 

etteprouué au chapitre précèdent, que d'au 

tât que ce peuple auoit par vn zele mal ré- 
glé repouilé la iuftice de Dieu, il auoit fouf- 

iett vne iufte recompenfede fon orgueil, & 

auoit efte mis a bon droiâ en aueuglement, 

& finalement eftoit defcheu de l'alliance. 

Ainfi donc il n'eft point maintenât queftion 

«le parler de la caufc de la reicftion du peu- 

plc.mais le débat eft d'autre chofe, combien 

«ju'il euft mérité vne telle vengence de 

Dieu , afcauoir mon touteffois fi l'alliance 

que Dieu auoit anciennement faite auec les 

Ptres.eft abolie, veu que ce feroit vne abfur 

dite de dire que la fermeté d'icelle peuft e- 

ftie enfreinte par la dtfloyaute des hommes. 

Carfainft Paul retient ce principe la , Qil e 

comme ainfi foii que l'adoption eftgratui> 

te,& fondée en Dieu feul.nô point es homes, 

elle demeure ferme & inuiolable , quelque 

incrédulité qu'il y ait du collé des hom- 
mes, qui conlpire pour l'abolir. Voy la la dif 

ncultc qu'il faut rcfuudre, afin qu'il ne foit 

point auis que la vérité de Dieu, & fon ele- 

ôion dépende de la dignité des hommes. 

Car te fan .tupi Ifr-te/iu. Auant que d'entrer 

en matière, je mcttât pour exemple il prou- 

ue comme en palfant, combien ce feroit vne 

choie abiUrdc de penfer que cefte nation. la 

loit delaiflce de DicU. Car il eftoit Ifracli- 

ledés le premier commencement de fa ra- 
ce, & non point eftrâgtr nouuellcment con- 

uertl & incorporé en la Republique d'If- 

rael. Veu donc qu'a bon droitt il eftoit tenu 

lin râgdcs plus excelles feruitcurs de Dieu, 

il feruoit bien d'vn bon exemple pour mon- 

ftrer que la grâce deDieu refidoit encore en faueur propice, pour les amener a la co- 

Ifrael. Il arrefte donc maintenant la con- gnoiflancc de Chnft. Nous entendons main- 

tenant bien a clair.combicn que la vocatioa 
vniuericllc ne fructifie p.is, que touicifoit 
la fermeté de ta promcde de Dieu n'eft poit 
enfrainte , qu'il ne maintienc toufiours Ion 



vray& naturel Ifraelite: comme aux Philip 
pieiis,chap.5 j.4.Car ce que penfent aucun», 
que ceci tende a exalter la mifericorde de 
Dieu, d'autant que fainâ Paul eftoit delcê- 
du d'vne lignée qui auoit efte quafi toute 
defconfite & exterminée : c'eft vne confide- 
ration qui me femble contrainte & prinfe 
de bien loin. 

2 Dieu n'a p^ine dcLucir. C'eft vne rcfpô- 
fe negatiue, couchée touteffois auec vne mo 
deration & reftr'ôion.Car l'Apoftre en mât 
precifeemcnt que le peuple loit reietté , fe 
fuft contredit a foy mefmc ; mais en adiou- 
ftant vne correftion, il moudre que la reie- 
ftion eft telle , qnela promtflede Dieu n'en 
eft point pourtant anéantie. Aiifi cefte ref- 
ponCe contient deux parties , afcauoir que 
Dieu n'i point rcictte vniuerfcllement tout 
le lignjgeii'Abraham, en contreuenant a U 
fermeté de fon alliance : & que touteffois 
l'effet de l'adoptiô ne le môftrc pas en tous 
ceux qui font enfans feJon la chair , d'autit 
que l'eleftiô fecrete va deuât. Par ce moyf 
la reieâion générale n'a peu faire qu'il ne 
demeuraft quelque femence fauue. Car le 
corps vifible de ce peuple a tellement efte 
débouté, que cependant pas vn feul membre 
appartenant au corps fpirituel de Chr.'ft, 
n'eft defcheut Si quelqu'û demâde.afcauoir 
fila Circoncifion n'a pas eftevn telmoigna- 
ge de la grâce de Dieu commun a tous leî 
luifs , tellement qu'il les faloit tenir de Ion 
peuple; la réfponfe eft aifce, Pource que la 
vocation externe n'ha point en loy d'effica- 
ce fans la foy, qu'a bon droift aux incrédu- 
les eft ofté rhonneur,lequel leur eftant pre- 
fente ils reiettent. Ainfi il demeure vn peu. 
pie Ipecial , au falut duquel Dieu rend tef- 
moii;nage de Ion propos immuable. Or S. 
Paul prend la lource & le tonJement de ce- 
fte fermeté en l'elcftion lecrete Car il n'eft 
point ycl dit que Dieu regarde la ioy , maiï 
qu'il demeure ferme en Ion propos, afin que 
il ne reiette le peuple qu'il a .(«/J w.cu f»- 
^WK. tt fur ceft endroit il faut Jereclief no- 
ter ce que i'ay ci dcii.îtremôftré.qucpar ce 
mot de l'ogni!Jl}e.iuj:.irJt(.iiii,\ Elcriture n'en- 
tend point quelque le ne Icay quelle fpecu- 
lation par laquelle Dieu ait preueu quel fe- 
roit chacû homme: mais fon bon plaifir.par 
lequel 11 a clioifi & eleu pour enfans fient, 
ceux qui n'cftans pas encore nais, ne le pou- 
uoyent aucunemët infinuer en fa gr.icc.Suy. 
uant ce propos en l'Epiftreaux Galaiiens, 
4.b.9, il dit qu'ils ont efte cognus de Dieu, 
d'autant que Dieu les auoit preuenus de fa 



clufion comme bien prouuee, laquelle tou- 
teffois puis aptes il traiticra & déduira cô- 
ine il appartient. Quant a ce qu'outre le ti- 
tre d'ifraelite, il fc nomme Srmuue il'jiùt.i. 
Ijim,ii exprime mel'iuc /.■i li^»ce de laquelle 



Eglifcitandls que les cleus demeurent en ce 
monde. 



\ 



AVX ROMAINS. 



71 



CiMe- C.ir ia foit que Dieu contiie a foy in- 
«liftrcmmenc toui U peuple, touteftois pir 
«Icdans il ne tire (inon ceur cju'jl fognoiu e- 
ftre fiens. Si qu'il a donaez au Fils, dcr<jiitlj 
anfTi ilfcraMelegardif iufques tnla fiii.NTr 
fc.iiit\y!Ht f-int Coitime ainli fuftquele 
nombre de ceux d'entre les Iuif< qui auoyëc 
créa a Clirift efloit lî petit. M efioit bfê mal- 
aifc que de U on ne vcinfl a conclure , que 
tout le lignage d'Abraham eftoit reiettc: 8c 

3 ne cette pcnlce ne veinft en l'entendement 
e plufieurs, qu'en vne ruine & dirTipationli 
diflorme il n'apparoiffoit aucun fign» de la 

frace de Dieu Car puis que l'adoptiô eftoit 
e lien Caere, par lequel les cnfans d'Abralû 
cftoyent maintenus ,vnis fous la proteftion 
«le Dieu, il n'e/loit point vrajr femblable 
<^uece peuple peuft venira cftre aiuri miTe- 
rablement & malhcureufcment difflpé, finon 
que l'adoption fuft cTuanouye & abolie. Or 
fainft Paul pour dtAoïirner vn tel fcandale, 
vfe d'irn exemple tort conuena.ble: car il re- 
cite que du temps d'tlie la diiripation a e- 
fte telle qu'on ne pnuuoit plusdil'cerner.'iu- 
cuneapparéccd'Eglifc.ft quctoutcffois Ion 

3u'on ne voyoit aucune trace de la grâce 
cDicu , l'Eglife eftoit tellement côme ca- 
cliecen vn lepiilchre, qu'elle a efte miracu' 
leufemét côfcruec.ll Pcofuit dôc.que ceux- 
là procèdent malj qui iugcnt & cftimcnt de 
l'Eglife <c\b leur ûnt. Et de fjia.fi ceft ex- 
cellent Prophète qui eftoit repli de l'EI'prit 
fi abondamment , t 'cft ainfi aburé, quand il 
a,voulu par fon iugcmet recognoiftrc le peu- 
ple de Dieu , que nous pourra-il adiienir , a 
nous derquets la plus grande perfeÂlon de 
iugrmét.quand nous ferôs côparcz a ceftuy- 
la , n'cft que toute infirmité & pure bcftilc? 
It pnurtit,donnons-nous garde en cefte roa- 
licrc' de rien déterminer a la volée : mais 
pluftoft que cela demeure bien imprinjé en 
nos cceiirs , que l'Eglife, quand elle ne nouj 
apparoiftra point deuant lef yeux , ne laifTe 
pasd'eftrc conferuce par vne prouidence l'c- 
«retedeDieu. Et auffi qu'il nous fouuiene 

Î|Ue ccux-la font foI(;ment Se prefcumptucu- 
ement.qul iugent du noiVibre des cleus felô 
l'apprehenfiondelcur fent.Cur Dieu ha vn' 
moyen qui ne liiy eft point-difficile ,n»aij » ^ 
nous cach6, par lequel il peut contèriicncs 
eleus miraeulcufemêt.lorjquc toiif-fentble 
eftre renuerlé & perdu. Au rcHc.que les le- 
ûeur5c6fiJcrentyci,& nutet quant a ce que 
fainâ Paul tant en ce pafT.ige qit'ailt««|rs, 
compare diligemméil'eftat de foniéps auce 
1.1 condition de l'Eglife ancienne , que cela 
çft de grand poids pour la confirnucion de 
nnftre toy,quâd nom venôf a penfer que rie 
ne nous aduient auiourd'huy que les S.iin..'is 
Pcrcs anciens n'en ayentautât ejpcriir.éié 
de leur temps.Car nous (cauons que la nou- 
ueautceftvne giiide têtation,& vn rudeaf> 
faut pour troubler Icscorurs infirmes Quic 
a Ce mot, fin £/iV ; i'ay retenu en la trift.itnn 
la propre manière de parler de faina Paul, 
pource que cela pourroit ligmficr autât cô- 
■ncenl'Miftujre ou narration des chofcs fai- 
tes par Elic. Combien <,Ueieirouuc plus 
vray-fcmblable de dire ^ue £ùnA Paul a cQ 



cela parlé fuyu.ît UTaCon in Hebrieak.c'a 
la tangue defquels le -mot qui lignifie Cm, 
(e prend fouuent pour. De. Cimmt»: il fiSi^ 
&c. Cela certes monfire quel lele Elie a cil 
au Seig^neur.vcu que pour la gloire d'icehijr 
il n'a point fait de difficulté de fe déclare^ 
comme aducrfaire de fa natiô, 8t defirer fur 
icelle vne ruine extrême .pource qu'il lt>/ 
fcmbloic que la religion & le fcruice de 
Dieu en eftoit totalcmet banni. Mais 11 fa- 
bufoit en cond^nant de ceftc impiété de la- 
quelle il vouloir eftre fait vegence fi rigou» 
reufe, toute la nation fans en excepter per- 
fonne que Iny fcul.Or le palTagc que (t'inSt 
Paul allfgue,.ne contient aucune impréca- 
tion ou requeftc contre Ifrael.ains feule, 
ment vne (impie complainte. Mais poutce 
qu'il fe côpiaind d'vne telle forte qu'il deC- 
efpere de tout le peuple. Il n'y a point; dp 
doute que pat mcfme moyeu il ne derwe la 

rerdition d'iceliiy. Notons donc en quoy (• 
ie a failli, c'eft aicauoir que voyant qu'im- 
piete auoit cnmmuneement la vogue, & re- 
gnoit qiiafi par tout le pays, il a pcnfé eftre 
demçuré tout feul. 

4 le me /km teferu'e,^e. Quoy que nou» 
prenions ce nombre certain eftre yci mis 
pour vn incertain , il n'y a point de doute 
toiitclTois que le Seigneur n'ait voulu li^ni» 
fier vne grande multitude. Puis donc que la 
grâce deDicn eft de fi grande efficace, inef> 
me lors que les cliofes fcmbict élire le plut 
defefperecs, donnons nousgardc de pronoq» 
cer legeremct de to*ccux defquels la crain. 
te de Dieu ne nous apparoill point a l'icil, 
& de les adiugerau diable. Quant & qiiane 
aufïi.ayôs cila bienimpripie ennotcfpiiti, 
côbien qu'impiété fe desbuidç & air la rc». 
gue tout communceinent , & que de touite» 
txarts nous n'apperceaions qu'vr.c confufioti 
horrible , que toutL-lTois il y en a beaucoup 
defquels le talut demeure caclié ic ercïo» 
fous le feau de DieuCcpcudât.afin que fi^ua 
couleur de cela perfounc ne fe talche I4 
bride a nonclialancc (comme il yen a plu* 
iieurs qui de ctfte prota^ion de Dieu fccre. 
te en veulent faire des efcliappatoires pouf 
coiiurir & nourrirleurs vices, )no>ôs a l'op. 
pofirc , qi)C ce Uf-Ia /ont dits eftre fauuez îc 
confcruci ,1cfqUcls perfiftcat en la foy do 
Dieu,puts,cnticri,& impollus. A et propos 
aulU, il faut noicr la circonftance de la mar 
queyci CTprimeeafcalioiVqUe'çeux la feult 
demeurent entier; & i.np^llus , qui n'ont 
point proftitue leurs ccrps au fcruice dec 
idoles, non pas mefmc par fimulaiion ft c6- 
tenance externe. Car Dieu parlant de ceux 
qu'il f 'eft referué.ne leur .itt'ribue pas feu- 
lement pureté de cocur.mais aulTî qu'ils ont 
gardé leur corps iinpollu & pur de louto 
immondicitc de fupet^icioa. 

5 ,i"if il-.m iii,Jl,duiemjjiprrriiit. L'Apo- 
ftrc applique maintenant ccft etcmple a 
fon temps. 5f pour taire ttnuucr toutes cho- 
fes Icitiblables, il vfe de ce mot le refth, a- 
fcjuoir au rceard de ce grand nôtre It n.er- 
ueillcure multitude, de laquelle l'imf.iete 
apparoilfoita l'tril Combien que quant II 
quant faifant vo« alluJlgo a cefte Prorhct 



ChapXI. 



S V R . r E P I S f R 5 



k 



tie4'I'aie, laquelle il auoit au paraiiant al. 
Icguée, il monftre qu'au milieu de celle de- 
foUtion pitoyable & tant conrulc.la ferme- 
té du propos dé Dieu ne lailTe pr.intde re- 
luire encore , d'autant que toulîours il de- 
nîeurc quelque refidu. Et pour confermer 
cela ptu5 certainemert Si aueureemcnt, no- 
tamment il nomme Ir rrjiilu, ceux qui eftaii! 
preferuez purs par la grâce deDItu.fetuent 
de tefmoignage pour itioftrcr que l'elc^Sion 
rfcDicu eft Immuable ■ comme le Seigneur 
dil'oit a Elle, (i. Rois 19 d.i2)lors que tout le 
peuple f'eftoit elcoulé 1.11 idolâtrie, & def- 
bauchc. qu'il auoli gardé ces fcpt millcidont 
on recueille que par luy & de fa gracc,ceux- 
la eftoyent exemptez de perdition. Et l'A- 
poftre ne dit pasfimplementGMrf : mais en 
ce paffige auffi il nous ramené a reiccl'icn, 
afin que nous apprenions a dépendre auec 
toute reuerence , du fccret conl'eil de Dieu 
c]ui nouseft caché il y a donc y«î deux pro- 
■pofitionsou maximes. L'vnceft, Que peu de 
gens font fauucz , au regard du grand nom- 
bre de ceux qui fe renomment du peuple de 
nieu, & f 'attribuent ce titre. L'autre , que 
ceuK-la font preferuez par la vertu <ie Dieu, 
Icfqiicis lia tlcus fans confideration aucu- 
ne' de mérite. Car ce mot ElcBIcn île gT,i!c,h- 
lon la façon de parler des Hebrieux,fe préd 
•pour Eleftton gratuite. 

' 6 Ecj;,\ftp^rgr^ce,cfn\lli'f^<t,ff-c. C'eft 
vue amplification prinfe de la comparai- 
ion des deux contraires. Car la grâce de 
Die" , & le mérite des of uurcs fe regardent 
l'vn l'autre côme chofescôtraires.tellenienc 
<\ve qui t ftablit l'vn, deftruit l'antre. Or fi 
en l'eleftion on ne peut admettre aucune 
confideration d'ocHures , qui n'obfcurcitfc 
la bonté gratuite de Dieu , laquelle il nous 
a" l'oulu tant magnifier en îcelle r que ces 
fantaftiques & enragez , qui difent que la 
dignité que Dieu preuoit en nous, cft la 
caule de l'ekaion , auifcntque c'eft qu'ils 
rtfpondrontyci a fainft Paul. Car fuit qu'on 
Viieille attribuer quelque cliofe aux ptu- 



ures paflees , foit aux of uurei a-vsnir , eeC^ 
fenterce de fainû Paulf'oppofera toufiouri 
a l'cncontre.qiiaiij il dit que la grnce ne laif 
fc aucunemêc place aux œuiires. SainA Paul 
netraitte point yci (eulcmcnt de noftre rc 
conciliation auccDieu ,ne drs caufcsde no- 
ftre falut moyennes ou prochaines, mais il 
monte pins haut : Pour<;Uoy c'eft que Dieu 
deuant la création du monde en a eleu au- 
cuns feulement ,lai(fant les autres en arriè- 
re II dit qti'il n'y arien eu d'ailleurs qui ait 
incité Dieu a taire ctfte différence, que 
fon bon plaifir (iniplement- & purement. 
Car f! en cela on donne quelque lieu aux 
œuures , il maintient que c'eft autant ofter 
de la louange deue a la grâce. Dont f'«n- 
fuit que c'eft tout confondre quard ou mcp' 
le la prercicncc des ituuresaiicc l'elcftion. 
Car (1 Dieu ellt lesyns.& reprenne les att- 
tres, félon qu'il a prcweu qu'ils leroyent di- 
gnes ou indignes de falut , Toyia défia efla- 
blir la rccompenfe & le mérite de* cruurts; 
& ainfi la grâce de Dieu ne rcgncra point 
foule , mais fera ftulemcnt a demi cauCê de 
l'elcûionrCaf comme parti dcuaiu faiud 
P.iul , chap..| a 4, parlant de ta iuftifîcation 
d'.^braham, difolt que où on rend Itvyer, 
il ne faut point dire que là on face grâce; 
:(infi maintenant il tire fon argumçnt de la 
mefnie fource. Que fi les œuures vienent eà 
conte, quâd Dieu adopte a fahit certain nô- 
bre dcperfonnes.ce feravne recôpeufe deuc« 
Si par ce moyen que cène fera piusvn Viti» 
procédant de libéralité gratuite Aureflc, 
combien qu'il foit yci propos Je l'tleiaioni 
touteffois pource que la raifon de laquelle 
Vie faiiiô P.nil eft générale, on la doit eften- 
drca tout ce qui concerne noftre falut, tel- 
lement que nous entendions qsi'autant d« 
fois que nôftre falut eftattribuê a la grâce 
dêDieu, autant (le fois il eft déclaré qu'il n'y 
a nul mérite d'auuresî ou pour mieux direi 
que nous croyons qu'autant de fois que ce 
mot de G'.'iv eft truuuc , autant de tdiii la 
iuftice des' oruures cft anéantie. 



7 ^°J denc^Ce efn ifrael cherchoit-,tl ne F ii point ohtenH-.mait^ 
,oVi ,\tT elecf ton a obtenu:^' les (tutr es ont efleafteuglezj, ^; 

refte a 8 A'tnft qtitlejiefcrit -^IDicH Icnr a donné ^^n e(J>yit'poi-^ 
cfte en- gnant^des -^eKX pour ne ^eotr point , ^ des oretUes pour nouin. 
tlurci. point mfèfUitu tour prefènt. 

iç.i.6c9. 9 ItDdMtddtt')^ Leur tahle letcr fo'n tournée enp/ege ^ en 
Vh'.'^l'l^. /tpp'tfi-,^en trchufchementy^ccpmr leur re tribut ton. 
an %?. f-16. jQ Leurs jeux fojcnt obfcurcisypoUf ne ^eo'tr potnt^^ cour- 



' he tou (tours leur dos. 



fopL 



7 Slji'y rlc,ir>Cr iju'rl'rde/ cherrlidl. Pour- 
PJe'âS.c.» 5 ce qu'il eftnit yci (\trvn poirift difficile , il 
interrogiic comme en doutât: toutefois | ar 
Ceftc manière de douter, il a prétendu défai- 
re plus certaine 5: ferme la nfpôfcqui l 'en- 
fuittout incontinent. Car (n parlantainfi," 
donc a cntêdre qu'on n'en peur aucunement 
dôncr d'.iutre. Or icellc cft.Qii'lfrael a tra- 
uailIcenTain, cherchant falut, pource qu'il 



y a procédé an rebours , S' p>r »n moyen 
qu'il ne faloit pas.Côbien qu'il ne fait point 
yci mention de la caufe : niaispowrce i|u"i! 
l'auoitaii paranant exprimée , il n'y a point 
de doute qu'il n'ait voulu qu'elle fuft enco- 
rcs eftcdue enceft endroit. C.ir les mor< Jef- 
quels il Ylc.emportêtautât lôn-efil difoit. 
On ne fe doit pi" maintenât esbahirfi /fr.iel 
iafcli.it de paruenir a iullice, n'y a rien f.iit. 
I Et de 



AVX ROMAIN 5. 



74 



Kt de là f'enriiit « i\n'i\ a adiouftc infonti- 
nrnr aprts.toucKit IVltftiô Carlî Ilratl n'a 
ncnobieniipar les mentes , ijii'cft-ce donc 
•ics Autres qui n'y ont pis plus Je droiA , & 
<)rr<]ucls la condition n'eft point meilleure^ 
"y'nà Tiei vne fi gride diuerliic entre gêspa 
Ttils? (1^11 ett celiiy (]ui ne voit qu'il n'y a 
yci que la feule eleftiô qui face la differéce? 
Au refte.la (iftnification de ce inot E/rélicn eft 
ambi^iie.Car il feiiible a aiicû^ qu'il Ce prêd 
pour les (leus mcfntes , afin que les mêbrct 
de l'antitlicfc le rcntontret a i'oppofue l'vii 
de l'antreidelqucls ie ne rf prouue point l'o 
pinion.pouriicu que quant &: quât ils m'ac- 
cordent que le mot emporte quelque cliofe 
«l'auantage que f'jl cuft dit. Les ettus: c'cll 
qMe l'Apoftre en a vl'é afii de lignifier qu'il 
r'y a point eu d'autre caufe pourquoy ceux- 
là fiiyent paruenus a iuftice , que l'ciciiion: 
crime fil difott. Non pas ceux qui y préten- 
dent, fappuyis fur leuts mérites, mais ceux 
defquels le Valut eAeftabli& fondé fut l'e. 
IcâioR gratuite de Dieu. Car il laïc preci- 
feemcnf comparaifon de ce refiJu qui cHoit 
fauué par la grâce de Dieu.'acout Ilrael.ou 
au corps du pcupU.Dôt f 'enfuit que la cau- 
fe du ialut ne giil poioi es liommcs.maisde. 
pend fimpleineni du bon plaifir de Dieu, tt 
ISU4 Itt AHttri ont rfit .iKf «j/f-r^. Comme il uV 
a que les clous ftuls qui fuyent prcfcrucr & 
exemptez de perdition paria grâce de Duu, 
ainll il faut iieccITiiremcnc que tout ceux 
qui ne font point cicus , demeurent aueu- 
grei. Car voyia i.u lama Paul prétend, de 
monftrer que quant aux reprouuei, le com- 
mencement de leur ruine & damnation pro- 
cède de ce qu'ils font dcUifle/. de Dieu. 
Touchant les tefmolgnag>s qu'il allègue, 
combien qu'ils foyent pluHnft recueilli] de 
«liucrs pafljgcs de l'nfcriturc.que nriiis d'ïn 
lieu certain , neanimoins ils femblent tuut 
ne faire pointa fonpropos.qnand on les cô. 
fi.derera de près chacunpar les nrconftan- 
ces. Car on pourra veoir que par lout il ift 
fait mention d'aueiiglcment & enduiclfle- 
ment, comme eftans flejux de Dieu , pai Icf- 
«)«clsil fait vdjigence contre les mefcliani 
dfs for/aits defia par eux commit. Mais 
ftinft Pùul veut yci prouiier que ceux la 
(ont ancuglcj, nonp.is qui l'ont defia me ri- 
te par leur malice, mais^iii au.int la irea- 
tion du monde ont elle reprouue/ de Ditu. 
Or nous pourrons ainfi refondre cetle diffi- 
culté en peu de paroles, cndifanc que l'ori- 
gine Je la ri.urcc de cefte impicir qui pro- 
unque airfi fur foy la ftireur de Dieu.tfl la 
peruerfiieil'.nenaturedel.Tiffcedc Dieu. Et 
par ainfiS Paul pjrLît de la reprobatiô eter 
nelle.n'a pas eu tort d'.ilKgner ces diofes a 
proctdëtd'ic-elle, comme les fruits vienent • 
de r.irbre , St le rtiiff.au vient de la fource. 
Vrsy eft que par vn lufte iiigcmcnt de Dieu 
les iniques fmt punis d'aueiiglcment pour 
leurs forfaits M > js f 'il cft queftion de cher- . 
cher 'a fource & lecnirmencemert de l'ur 
niine. il faudra venir là , qu'cftans n luditj 
de r>leu , ils ne peuuent en tous leurs faits, 
parolet.entreprinfes, finon amalTcr 5: attirer 
1'!- lUxmalcJiAira, It melmc p<jur mieux 



dire, la caufe de la rrprobacloit èiernelle eft 
vne chofe fi cachec.qu'il ne nous relie finon «- 
d'auoir en admiration ce cnfeil de Dieu tâc 
incôprehenfible, comme finalement il appa- 
roiftra par la côclufion de ce paflage. Ainfi, 
c'eft bien grâd' folie a ccux.qui fi toft qu'on 
aura en vn mot fait mention des caufts 
prochaines , tafchent fous couleur d'iceltes 
d'enfeuelir celle première caufe quleftca- 
chee anoAre fens. Comme fi ce que Dieu 
condamne la femence d'Adam corrompue 
S: perucrfe.St puis en particulier rend a cha- 
cun félon que méritent leurs forfaits.empef- 
choit qu'il n'euft deuant la cheute d'Adam 
ordonné de tout le genre liumain félon foii 
bon ptaifir. 

% DitH l,ur t S'.nrti tu e^rit. le ne doilt* 
point qu'yci ne fuit allcgué le paflage d'I- 
faie lequel fainft Luc auX Aftes recite auoif 
aufifi cRe amené par fainft Paul , touteffois 
auec quelque peu de changement quant aux 
paroles. Et mefmes yci il ne récite point lei 
propres termes ainfi qu'ils font couchez au 
Prophète, m.iis recueille feulement le feox 
& la fuhftance du propos, afcauoir que Dieu 
les a replis d'vn clprit d'amertume , en for. 
te que voyans & oyans.ih demeurent neant- 
moins toiifiours ftupides. Bien eft Tray que 
U il eft commandé au Prophète qu'il endur- 
cilfe le coeur du peuple. Mais fainft Paul 
cntrc& pénètre iufqucsa la fource mefmc 
du mal , afcauoir qu'vne ftupidite brut,i!e 
laifit tous les fens des hommes, depuis qu'ils 
vienent a eftreliuteza celle lorcenenede 
fe picquer,aigrir,& enucninièr contre la ve- 
nte. Caraulfiilne le nomme pas feulement 
T^tlt (r./l-.ur'ijjimrm, mais f-fl-ii fn'int-.i: a- 
fcaucir quand il y a comme vne amertu- 
me dcficl, qui fe monftrc. pu pluDoft.viie ra- 
ge a rcictier la vérité. Or il Jcclire que 
c'eft par vn fecre t internent de Dieu que lei 
refrouucz entrci en telle forceneric, qu'iU 
ne difcerncnt du tout rien,hon plus que get 
tranfportcz.Car quand il eft dit r^u'ilfyr.mt 
j\tni ye:ir : en cela eft fignifiee vne ftuptt'ite 
de touS'fcurs fon>. M.ifi outre les mots du 
Pl'ophctc, fainft Paul adiouftc encore du 
lien , ^tlfju.llll':llr f.tffi! ■ afin qneperfon. 
ne ne vienc a répliquer quj; cel>e prophétie 
a elle accom; lie ancicnnemfnt,& qneponr- 
i,int il ne la faut point tirer ai» xtitt^ ic la 
prédication Je IT-uangite Ains, M prenient 
celle obieftion, dnnn.int tacitement a emrn- 
drc que l'jueiiglemët qui cl) 1.î Jefcrit n'i ft 
poiiii pour vn lour feulement , mais a du- 
lé eu ce peuple auec vne rehctlion \ obfti- 
nation incorrigible iufiilues a l'aduencment 
deChrift. 

5> Et Djk'.I Al. En eetermoignageauf^ 
fi de Dauid , il y a qiiciqn* clungement 
quant aux mots, mais touteffois tri qii'il 
ne corrompt en rien le fens. Car voyIa com- 
ment il dit, tri<rt/iite/eiirf:ltr>iflty<lrmJ>:t ^ 
ri,x,(r' ^''''cl.'f.tp.iif 1,'f, m ffiyr. De Rf. ' 
iii4;,(r:a 11 n'en eft mention ancuhe Qiia' r ."' 
a fa fubftarre dufens.Iuy Se fainft Paal "" 
accoidcnt fort bien. Lî le Prophète Jcfi. 
re & prie a l'encjntte des Iniques, qi'« 
tôt» ce qui ef* aottcmtni fouhaitabl* 






Ciup.XL 



s V R L'E prSTRE 



& de boq.hcDT en ceRe vie, leur Toit en rui- 
ne & prdition': & c'eft ce tju'il entend par 
la Tjlile Se les cliofes paifibles. Apres cela, il 
requiert qu'ils tombent enaueuglemét d'c- 
fprit, & aneantiiTement de forces : dcfqiiels 
l'vn eftfignifié p.ir /'dfmrcl/Jrineiittlei yeux, 
l'jutre par lsicurl>emït Jurlu. Or il ne le faut 
efbahir (ï fainA Paul cftcd cela qualï a tou- 
te la nation.vcu que nous i'cauôs que Dauid 
n'a pas eu Ceulcmtnt ennemis lesgrans& 
les principaux, mais que melmcle commun 
peuple iny a cftc côtiai.-e.tn orte qu'il ap- 
pert que Us ciiofts qui font la dites.oe con- 
uienciit pas feulemét a quelque peu rie gês, 
mais l^jdJreftcnt a v..e mulutinie Se grand 
nombre Et mefme.qujnd nous viendrons a 
«onfiderer de qui D.iUid a elle l'image , a- 
fcauoirde Chrift.ilfera facile de (^lyure 
fenib'able application au membre oppofite. 
c'eft a dire d'entendre qu'es ennemis de Da- 
eft aduenu, il y a eu vn 



leur aduienc. Au refte > puis qu'ainlî elt qw 
cefte malediftion comprinfe au Pfeaume al- 
légué, pend lur la tefte a tousaducrfaircs de 
Clirift , afcauoir que leur viande leur lolc 
tournée en poifon (comme noui voyons que 
l'E&angile leur eft odeur de mort a n.oit, 
(2. Cor 2.d i5) auifons'de rcceuoir la grâce 
dcDicuauec humilité, crainte , & tremble- 
ment.Philip.i.b.iJ. Maisoutre ce qui a tft« 
dir touchant l'application du Pfiauoie a la 
matière qui eft yci trairtee , ii y a encore v- 
ne citconftancc a cor.fiJerer , Qne comme 
arnfi l'oit que Dauid p. rie Ii des Ifr.'elitcs 
qui eftoyent ergsndrez d'Abraham fclonla 
chair , & lelquel. ,5uo> ent la principale au- 
thorite,8( gonuernoyent lors tout au royau- 
me, faitift Pan! approprie conueoablemenc 
le tefnioignsge d'iceluy a l'on propos, que 
quand on voit vn aueUijlcment en la plus 
grande partie <lu peuple , la chofe ne doit 
l'embler nouuelle & non accouftumee. 



iiid,& en ce qui l^u 

uourtrait des emicmis de Chrift Se de ee qui 

Il le demande donc-,Orit-ils choppe pour trebitfcher ? A'mp^ ne 
aduiene : mai'Spar leur chentc le ftlut cft aduenu aux Gentils-, 
■pour les inciter a les enfujnre. , 

Il Qrp^ leur chente eft la richeffe du monde , Ç5 ^^'^'* diminua 
tionla richeffe des Gentils ^combien plus le fera leur abondance' 

15 leparle a'^oM Genttls-entant certes qne te fiin Apoflre 
des Gentils -,1 honore mon minijlcre: 

14 Pour vcokji en ^fiel^ttefafoieputsproftoijtter ceux dem^e 
chair a ialotiCie-,^ enftuHer auctins, 

15 Car ft leur reieEiion eflla reconciliation du monde , qHcUe 
fera la reception^pnon ^te d'entre les morts* 

II Oni-i/ichcpiiî,&c. On fc trouuera fort foit du tout efteinteid'autât que la femence 
cmpefché & embrouillé en cefte dil'pute & de la benediftiô dcmeuroit tcufiours encc- 
matiere, fion ne vient a confiderer que l'A- fte natiô. Or qu'il falle ainfi prcdreriucn- 
poftreparle aucunclTois de toUit la nation tionde S Paul,il appert.d'autat q par ci de- 
des luits.aucuneltoisdcs perl'onnesen par- uit il a côioint l'aueuglcmët auecvne ruine 
ticiiher.'Car <lc là vient cefte diuerfite de certaine & an'eurce:& maintenat il leur laif- 
propos.quand il dit d'vncofic, quclesluifs fcelperance de venir a eftrc releuez. Ainfi 
- ... . - d5c,ccuxq ont obftinecmétchoppeiS: heur- 

té contre Chrift, font lébez & trebulchez erj 
perditiô.iouteffois quât a la natiô, elle n'eft 
pas tôbce tout a plat en ruine, en forte qu'il 
falle necilVairemct que quiconque eft luif, 
foitdâné ouretrâchcdcDieu. '>u<i f^i liur 
ihnKie.fs't. L'Apoftrc dit yci deux chofes.a- 
fcauoir que la cliiute des luifs eft tournée 
enfalutaiix Gêtil5:niaii que c'efta celle »iii 
que les luifs en fu(l"cntcônie enflan-mei & 
efmeus a ialoufic, & qu'ainfi ils pcnfalTcnt a 
fc repentir &: amender. Et pour certain en 
parlant ainfi , il a eu efgard au tefinoiçnage 
de Moyfc, Itqucl ilauoitdtfia allègue, où 
It Seigneur me :ace les Ifraelitcs , que com. 
me ils l'aiioyct efmeu a ialoufie en des faux 
dieuit,ainfi. pour leur rendre l.i pareille , il 
les cfnionueroit parvne gent folle. Le mot 
qui cft 1 i nus , que nous traduifons l«c''« 
tir, emporte vne ;iiVeftion d'tnuie^& ia- 
loufie .alcauoir quand nous nous lenton» 
picqiiez , voyans qu'vn .-lUitc eft préfère i 
nous. Si donc l'iucemien du Seigneur eft, 
qu'llrat.! 



ontcfte exterminez du Royaume de Dieu, 
coupei & retranclie' <lc l'arbre , prccifitez 
en perdition par le iugement de Dicn : & 
puis d'autre part, il me qu'ils Oiyent def- 
thcus : mefnies au contraire dit qu'ils de- 
meurent en la poffcffion de ralliai'cc,& 
tienent place en i'tglife de Dieu. Il parle 
donc maintenant (elon cefte diftinflion.Car 
tomme ainfi fui» que les luifs pour la p'us 
grand' part citiTcnt Chrift en horreur, en 
iitirte que quafi toute la nation tftoit en 
cefte pcruerfitc ,& qu'il f'en troiiuoit bien 
peu enti'euK qui temlfent le bon chemin, 
il demande fi toute la nation des luifs a tel- 
lement .clioppé contre Chrift , que c'en foie 
fait du tout vniucrfellement, & qu'il n'y ait 
plus aucune clptrance de rcpcntancc & a- 
mendemcnt. Sur ce poin^t a bon drolA il 
rie qu'il faille dtfcfpcrerdu lalut des luifs, 
ou qu'ils rcyi.'» icllement leieite/ de Dieu, 
qu'on ne doyue plus attendre que iamais ils 
loyent remis rus.ou que l'.illiance de grâce, 
iaijjiellc il a vre fois contractée autc eux. 



AVX ilOMAINS. 



7$ 



qu'Ifrael foie prouoqiié n émulation & ia- 
loulîc : ce ({u'il cd clieut,n*eft pas afin qu'il 
fuft preci|>ité en ruine eccrnclte , iDai: afin 
que la benediôiondt Dien par luy mcrprl; 
(ee.parucinft aux GciitiU.afin que fin.ilcmet 
ifrael mclme (ou rei'ueillé a clietchcr te 
Scigneur.duquclil feft reuolté. au refte.il 
n'eft uoint bcf.iinque les Icfteurs fetorn^en- 
tent oeaucoup en 1 application de ce tef- 
moignagc. Car S. Paul n'infifte pas eftroitc- 
mcnt fur le propre fcns «lu mot, mais feulè- 
mcnt fait vne allufion a ccfte commune ma- 
nière de faire qui cft alTez cognue.Cjr eoni- 
ine la femme eftant par fa faute reietie'tde 
fon mari , vient a eftrc cnflammcede ialou- 
fie , & cela la poulTe a chercher de fc recon- 
ciliera luy :ainfi mai(iien;nt il dit qu'il fe 
pourra faire que les luifsquan'd ils verront 
les Getilseftrefubftituez enleur place.con- 
etueronevn regret de leur rcicaion.îc cher- 
cheront d'eftre reconciliez a Dicu. 

Il OrfittHr cheute. Pource qu'il auoit 
monftré qu'après la reieftion des luifs , les 
Gentils cftoyent enire? en la place d'iceux' 
de peur de rendre le falut dis luifs odieux 
aux Geniits.côme fi le falut de ceux ci con- 
fiftoit en la ruine de ceux-là : il vient au dé- 
liant de ccfte opinion faufTe, & dctermine le 
propos tout au contraire: Alcauoir qu'on ne 
icaiiroit rien trouuer plus propre a auancer 
le falut des G;ntils,que quand la grâce de 
Dieu florira fort, & monftrera fa vigueur &: 
efficace entre les luifs. Pour prouuer cela, 
il vfe d'vn argument prins du moindre au 

flus grand (comme on ditj en ccfte forte ' Si 
eurclieute a peu mettre en auant les Gen- 
tils , & leur diminution enrichir auffi les 
Centils.combicn plus leur abondance > Car 
cela a efte fait contre nature , mai» ceci fe 
feroit fuyuant vn ordre naturel. Et a cefte 
raifon ne répugne point ce que la parole de 
Dieu cft paruenue aux Gentils , après que 
les luifs en la reicitant l'auoyent comme 
Tomie Car fils l'cuftent rcceu.leur foy euft 
apporté beaucoup plus de ftuit.que leur in- 
crédulité n'en a fait par l'occafion qui a efte 
dite. Cara'vncoAé la vente de Dieu euft 

far ce moyen efte confcrmee, pource qu'on 
euft veuë apercemet:t accomplie en eux: 
«l'autre part auffi ils en eulfeni par la do- 
ftrine amené pUificurs qu'ils reculnvcnt & 
dcftonrnoyent pluftoft par leur obftinaiinn. 
Au refte, lamô Paul euft parlé plus propre- 
ment , fi a l'oppiifiie de Cheute il euft mis 
Kefurreftion ou rcftablifl'cmeiu. Ce que ie 
touche, afin (jiic perfonne ne clierche yci vn 
parler orné, ou fc lente oflcnfc de ccfte fiin- 
plicite de langage. C.ir c'cft pour former le 
coeur & non pas le langage , queceschofcs 
font elcrites. 

i; It ftrlr » riu4 Gftitl/t. Il cnnferme par 
Vne fort bonne raifon ce qu'il auoit dit, 
AfcJUoir que quand Us luifs renirerort 
derechef en la grâce de Dieu , ce n'eft p.is a 
dire que les Geniils y perdent rien pouitant. 
Car il inonftre Que le falut des vns& des 
autres eft vne cliofc ullcmcrt coniointe, 
que tout d'vn train & par mrfines moyens 
il peut eflt; conduit & auaucé. Cjr il ('«rie 



ainfi aux Gentils : Comme i'iûTt foit^ue ie 
vous fuis fptcialcment ordonné pour Apo- 
ftre , & que pourtant ie doy d'vne alTeaidn 
fingujif te , & en grande lolicitudc procurer 
voltre f.lui , duquel la charge m'cft bail- 
K-e ,& m'cmi'loyer C'itiereintni a tela, to'ù- 
tes autres cliol'cs niil"es en arrière, ie ne 
laifleray point toutelfois de m'àcquitter fi- 
dèlement de mon deuoir, quand ie poUrray 
gaigner a Chrift aucuns de ma nation ; & 
celatournera a la gloirède mon miniftere. 
voire mtfme a voftre bien fi auanccment. 
Car tout ce qui feruoit a annoblir nu exal- 
ter le miniftere de fainft Paul , eftoit prou- 
fitable aux Gentils, def,)ucls le ialut eftoit 
la fin & le but d'icelny. Au refte, il vfe 
auffi yci du mot qui fignifie proprement Ef- 
mouuQir a ialoufic : afin que les Gentils en- 
tendans que l'accomplilTtmêt de la prophé- 
tie de Movfetel qu'il defcrit, Deut.U c il, 
leur eft falutaire , foycnt inciter a le dclirer 
& fouhaiter. 

14 £1 tu f.iuurr. Notons yci comment de 
ceux que le miniftre de la Parole amcnca 
l'obciifance de !a foy, il c't dit qu'il les fau- 
uc . voire Icloii que ce mot peut comprter a 
l'homme. Car il faut irllemeni modérer la 
difpenfation de noftrc falut , que nous fca- 
cliions que toute la vertu & efficace d'ice- 
luy gift en Dieu , & que nous luy en .-.ttri- 
bnyons la louange qu'il mérite ■ & enten- 
dions routclfois, que pour conduira & ame- 
ner a effet le falut des fidèles, la prédication 
en cft l'inflrumcnt rlequel combien qu'il ne 
puilTe rien auancer fans l'Efprit de Dieu, 
iccluy touteffois befongnant au dedans , il 
monfire& defployepuilïammcnt fon opéra- 
tion & clfieace. 

is Cilt fi Irar rrirf}i'n. Cc pafTage ci,que 
pluficurs cftiincnt obfcur , & aucuns cor- 
romi'cnt vileincment.doit ffelon mon iiige- 
mentl eftreainfi entendu, que ce fuit vn ;iM- 
tre argument prins de la coinparaifon Jii 
moindre au plus grand: en cc fcns, Si la rcie- 
âinn des luifs a eu telle puilTance, que cc a 
efte l'occafion de la réconciliation des Gen- 
tils .combien plus puirtante fera leur réce- 
ption f ne déliera elle p.is mcfme les reffu- 
iciterdcsmorts'Car fainâ Paul infifle louf- 
iours fiir ce poioél .que les Gentils n'ont 
point d'oecafion d'cftre menez d'enuie.coin 
me fi leur condition deucnoit pire quand 
les luifs iVroyent receuscn grâce. Comme 
ainfi l'oit donc que Dieu ait de la n.ort tiré 
miraeulcurcment la vie, &dcs ténèbres. la 
lumicre.dc cela il conclud que par plus for- 
te r.iifon il fautefperer que la refurrc&ion 
de ce peuple quafi mort , vi'iifiera l.s Gen- 
tils, tt a ce fens que iedonnc ne répugne 
point ce que répliquent aucuns , Qn,: l'tft 
tout vne mefmc thofe A< fc!:niil:.tiiv,: & Hr, 
fHrrffUin ii'enten côme nous prenons mjin. 
tenant yci la rcfurrcâion , alcauoir par la- 
quelle du règne de la mort nous lommei 
tranfportez au règne de vie. Car combien 
que Cl foit vne mcfme chofc , quant auK 
mots , touteftois l'vn la moins de poids, S{ 
l'autre plus: ce qui cfi alTca peut «ioiintr 
farce a l 'argument. 

k iii- 



Chap.îCI. S V R L'E ? î S T R E 

16 Or f les prem'tces font fàincfes, aufi eft la m/tjfe : ^Jî td 
racine e(l fainctcanj^i font les branches. 

i-j Qftefi aucunes des branches ont eFte rompues-, ǣ toy ^uf 
eFloUçUuter fauuage , jy M efle ente , ^fait fartiàpantde la 
racine & de la gratjfe de Coltuier: 

18 Ne te glorijie point contre les branches, njue (l tu te glori- 
fes-,tu ne portes point la racine ^mais la racine te porte. 

19 Or tu diraSfLes braches font rompues afn qt'j fuffe ente. 
xo C'efihien dtt.elles ont efle rompues par incrédulité-,^ ttt 

es debout par faj. Ne t'ejleue point par orgueil^mais cratn. 

II Car fi Dieu n'a point ejpargné les branches naturelles^ 
garde ofuilnaduiene tju'aufSt il ne iejfargne point. 



1(5 Orfileipremiret. Maintenant en fai- 
fant comparaifon delà dignité ou excellen- 
ce des luifç & des Gentils , il ofte a ceux-ci 
toute occafion de l'enorgueillir , & appaife 
îes autres autant qu'il f eut. Car il inonftre, 
fi les Gentils fe veulent attribuer quelque 
prerogatiue & honneur propre a eux , coiti. 
iTient iisne font en rien qui foit plus cxccl- 
lens que les luifs & nicfuie quand il en fau- 
liroit venir lî , comment ils feroyent bien 
loind'eftre a comparer aux luifs. Or ayons 
fouuenance qu'en cefte coinparaifon le but 
de fainft Paul n'eft pas de comparer les pcr- 
fonnes l'vne a l'autre, oviis nation a nation. 
Si donc on fait comparailon de ces deux na- 
tions, afcanoir des Inifs & des Gentils.on les 
trouucra égaux, en ce que d'vn codé ^ d'au- 
tre ilsfontenfans d'Adam:ily a feulement 
cela de différence , que les luifs ont efte fe- 
pare? d'auec les Gentils , afin d'cftre l'Iieri- 
tagepcculier du Seigneur. Ils ont donc efte 
fanftificz par l'alliâcc facree, & ornez d'vne 
nobleflTc fpeciale , que Dieu , pour ce temps 
la n'a point communiquée aux Gentils. Mais 
pource que du temps de fainét Paul on n'ap- 
percenoit quafi pomt de vigueur & force -ie 
cefte alliance.il nous aduertit de regaider a 
Abraham & aux Patriarches, efqucls certes 
labrnediaion de Dieu n'a pomt efte vaine 
ou fans effet, il concluddonc que la Tiinac- 
te cft defcoulec comme par driift héréditai- 
re, & de père en filsfainfi qu'on dil.id'iceux, 
fur tous ceux qui en fontdefcc'dus. Laquelle 
faconde conclure ne feroif pas bonnf , f'il 
parloir feulement des pctfonnes , &■ qu'il 
n'euft pluftoft efgard a la promiirc. Car fi vn 
père cft iufte. il ne fenfiin pas pourut qu'il 
laiflc a Ton fils fa preud'hôniie. Mais pource 
que le Seigneur a fanftifié a foy Abrah-ima 
cefte côdition que la femence auflî d'iceliiy 
fiift fainfte : ou pour mieux dire , pouice 
qu'il a confère fiinftete non pas a la per- 
fonne d'iceluy rtulement , m.iis a toute fa 
race.de là l'Apoftre ne cni<<diid pas mal, 
que tous les luifs font f.inftifie? en leur père 
Abraham. Aunfte.pour confermcr ccla.il 
«mené deux fimilitudcs : la première tirée 
des cérémonies de l.i Loy , l'autre prinle do 
nature. Car lesprcmicts qui tft'^jcnt ofer- 



tes , fanftifioyent tout le monceau- Sembla- 
blement de la racine d'vn arbre le bon gnuft 
f'efpand par toutes les branches. Or eft-il 
ainfi.quc les fuccelTeurs au regard des percs, 
defquels ils font del'ccndus , font comme I4 
maffe , & le monceau entier au regard des 
prémices , &: les branches au rtgarJ dcl'jt- 
bre 11 f'enfuit donc que ce n'> ft pas de mer- 
ucillc fi les luifs font fanftificz en leur pè- 
re. Il n'y aura yci rien de diliiculte^, pour- 
ucu que nous entendions que la faiiiîlete de 
laquelle il parle , n'eft autre chofc qu*vne 
noblefle rpirituellc de lignage , & laquelle 
ne vcuoit pas dVne propriété de nature, 
mais proccdoit de l'alliance, le confcffe 
bien qu'on parlera a la Veriie, en dil'ant que 
les luifs font naturellement fainfts, d'au- 
tant que l'adoption eft héréditaire entr.e 
eux,&: leur vient, comme on dii , de père en 
fils: mais ie parle maintenant de la pre- 
mière nature , félon l.iquelle nous fcauons 
que tous hommes fort maudits en .\dain. 
1 1 pourtant la dignité & excellence du peu. 
pie eleii (a parler proprement) eft va priuj- 
Itge fupernaturel. 

17 Jlu< pauiNUflilriitJiichrs. Il tOUchc 
maintenant la dignité que les Gentils ont 
pouf le prefent, l.iquelle n'eft point autre 
■que feroit celle de quelques rameaux ou 
greftes, lefquels eftans prins d'ailleurs , on 
viendroit enter en quelque excellent arbre. 
Car l'origine & la foiirce des Gentils cftoit 
comme dcleendnc d'vn oliuier l'auuagc & 
ftcrile. d'autant qu'ils ne trnuuoyent rien 
en toute leur race que ma'ediction. Tout ce 
donc qu'ils ont de gloire , vient de l'ente- 
ment nouurau , & non pas de la conditioa 
ancienne de leur lignage . S; pourtant il ne 
faut point que les Gentils le glorifient par 
drfTus les luifs de quelque excellence qui 
foit a eux propre. l<iint que ùhâ Paul ad» 
doucil bien prudeinhient la dureté de ^e 
propos, i ntant qu'il ne dit pas que tom Par» 
bre ait efte coupé, & iufques a l.i racine» 
comme on dit : mais qu'aucunes des bran- 
ches font rompues ; comme aiifli d'entre les 
Gentils Dieu en cueillnit aucuns par ci par 
là , pour Ks enter eu tcfte l',iioiSe louche 5c 
tacinc bcnitc. 

18.^ 



\ 



A VX R O M AIN S. 



7<i 



\t .^f p tu iitUtifn. LcsOdiiU ne ptD- 
tjentdcEairc de Peicellence it liur lignage 
a IVntfintrt «les luif*, qu'ils n'<ntreprenenc 
combat contre Abraham mefnic ' <]ui ftroit 
vnc cliofetrop impudente , vcu cju'il eft la 
racine qui Ici porte & leur diiitne vigueur. 
Alliât J'int qi'c c< leroii vue choie ablurde 
Je veoir leïtriiehn l 'morguetHir a l'encon- 
credc la r.iciiic: 3ut:int l'crj-il abliiide que 
le» Oe'tils l'cnorgucilliflciita l'cnrontredti 
luitcalcauoir entant que concerne l'cxcel 



deferpoir nt peunept tant faire que non» ne 
fentiont en luy ferme ioye & tfperancc. 
Ainri.la cruint* de laqiiclle^il parle, cft 
nulc comme pour remède a roppnfitc d'vn 
mcfpris plein de dcfdain & fierie. Car itioo 
qu'vn homme f'.ittribue plus qu'il ne+aut. 
il cft par trop afleuré , & finalement Peflrue 
A: fenorgneillit contre les antres. Il nous 
faut donc craindre en telle roric.quc ce loit 
afin que noftre cœur eftant enfle d'orgueil, 
ne rcfleue. Mjis t6uteft'ois il femblc qu'il 



lence de leur lignage. c;ar &.PauLvrut touf- vueille mettre lu gens eit doute de leur fa. 

ioors qu'un coniidere d'.>u vient le commen lut , qu.inil il .-•diTionnefte les Gentils de fe 

cernent de t^lut. Or nousl'cauons qu'.iprcs donner garde qu'eux .TiilTi ne forent point 

()ue Chrifi par fon aducncment a rompu la cfpirgnez. le refpc>r,Comme ainfi foit que 

p.jroy , l'udfur de 1.» grjcr que Dieu auuit ceOc exhortation rend a donter la chair, qui 

auparauant baillée en garde au peuple cleu fe rebecqiie toufiours mefmes es enfaiw de 

•A comiiic tenue là enclol'e.a efte cfpidu par Dieu " cela n'eft point pour deroguer aucu- 

lout le mode. Dont Penfuit que la vocation nemear a la certitude de la fojr. Mats il taut 

<les GcntiUcft fcmblable a vnentement , & princip.ilemcni noter & réduire tn memoi- 

qu'ils ne font point autrement dcuenus peu re ce que l'ay n'aguerei dit , que le propo» 

pic de Oiru.finon entant qu'ils ont prins ra- de fainô Paul ne f'addrelTe pas tant a cna- 

cine au lignage d'Abr.iham , &: ont efte vnis cune pcrfonne en particulier , qu'a tout le 

au corps de ce peuple. corps des Gentils , auquel il yen pouuoic 

19 Ot (« il^raiX"' Comme patlant en la au->ir plufieurs cnAet fans occarion,& plul- 

perlonnedcs Oinrils , il met en auar.t tout foftmonftrans quelque apparence de foy, 

«c qu'ils poiiuoyert alléguer pour eux. ■ Or que l'ayant a la vente. Pour le regard de 

Cela rAojt tel, que tant l^en faloit qil'ils f 'en eenx-la non fans eaufc S Paul menace le» 

«leiillcnt tnHrr.qiie pluftnft ils y auoyent Gentils de retranchemcnfcomme nous ver- 

inaticre de l'humilier. Car fi les luifs ont ronsencore derechef ci après 
elle retranche/ pour incrédulité, & les Gen- Ji Ctr (i Dira. Voyci vne raifon de gran- 

«ils tniei par foy ; que refie.il , finon qu'en de force, & bien pertmptoire pour rabba»ro 

rccngnoiir,ini la grâce de Dieu , ils foyent toute prefomption& vaine confiance. Car 

>>>ciit/ ti duits a modcltie & humilité.' Car iamais il ne nous dbit fouucnir de la reicr 

e'cft certes vnc chofe qui f'enfuit de la na- ftion des luifs , que qii.int Jt quant cela b« 

«ute de la foy , & luy tft propre , afcauoir nous apporto vne fr.)yeur qui nous naure fc 

d'engendrer vn abbailTemrnt de nous»mcl'- touche au vif. C»r qu'eft-ce qui les a gaftez 

ine» , ic ynt ctAittit. Mais entendons cela & ruinez, (inon que par vne confi.inceftupji 

d'vnc crainie qui n'eft point contraire a ta de fondée fur l'eicellenee qu'iU auoyent 

certitude Se alfcurancede la f»y. Cari^ainâ obtenue, ils le font accoutumer % e'dnrcit 

Paul ne veut pas yci que nortrc foythaiv a vn meTprii du iugeincni de Dicu' llsn'nnt 
celle , ou fnii en ',>raiine eftarit démence de 
quelque duuic . tant fVn-faut qu'il vueille 



que nous lovons ahb.itus , ou tremblions. 
Qiiclle fera donc cette crainte ? Certes c'tft 
que tout airfi i]Ue le Seigneur nous propofe 
deux choies a confulerer , aiifi faut il ne 



point cile cfpMgnet , combien qu'ils fiilfcnt 
les branches naturelles. Qjie fera-ll dîne fait 
de nous lauuages & rftrangcrt.n nous prelu- 
mons de nous outre mefure ' M.iis comme 
cefte confîderarion nous accooftume a vne 
dcllï.incedc nous mefmes, ainû clic fait 



celfaircment que de là fuit engendrée don- nous-nous raflons plus fort a la bonté de 

ble alfvdtion en nous. Car il veur que fans Dieu >& nous y renons plus fermement, ft 

cède noiisconfidcrions la iniferable condi- d'yci derechef appert plus cLiireinent que 

tioa de nuftie nature. Icelle ne nous peut le propos raddreffe en commun a tout le 

apporter que fr.iyeur , regret , dcAreffé , & corps des Geniils Car ce retranchement du- 

delel'poir. Et de faîA ,il nous rft expédient quel il parle , ne conuiendroit pcùnt aux 

«l'tftrc aiiifi du tout ^ibbacus Se brifei , a ce perfnnnes en particulier , dcfquelles l'clc- 

que nous loyons finalement ranger a gémir iSioncft immuable , afcauoir cftjnt fonde» 

après luy. Mais cependant ecfte frayeur au propos ciernel de Dieu Ain fi Jonc fairû 

que nous conceuons par la reeognoiflance Paul dénonce aux Certils , qui fils Pilie. 

de nousmeimes, n'empefchc pnine que nos ueni par prefoniptio 1 a l'encomre Je< luils, 

coeurs appuyer, fur fa honte, ne demeurent fe mi'Cqiians d'eux , ils feront quelque jour 

en vn repos paifible * ce regret n'cmpefche payer de leur orgueil . d'aiiranr i|ue Dieu 

point que nous ne ioiulTi.ins d'vne p'cne le retnncilieia derechi f ce peu) le ptemkr 

confolation en luy : cefte deftrelTc auOt ou auec lequel il a fait diuorce. 

11 Krg.tr^e donc l.t bénignité ^ (enerite de Dieu, afcauoir 
la fènerite fur ceux cfiii font trehnfhez.. : nun Lt bénignité en-^^ 
Hers toj ,/i tu fcrfetteres en la bénignité : autrement , tiiferdt 
^njiêçoufe, 

k. ii.i. 



rÀ- 



RE 



Çhap.XL /S VU- L'E P 

15 £t eeux-la aufif'ils ne perfeuerent point en ineredul/fgf 
feront entez, -car Dieu, ejlpuiffant de les enter derechef, 

14 Carfi tuas effe cottpè de toUuier ejui de nature effoit 
fàuuage, Ç^ contre nature as eife ente au bon oliitier : ceux qui 
le font félon nafttre ycq^^ki^n flifiMf>fiffiront-ils entez, en^loin 
fropreoliuier?" -•'■'< "'^-'''•'■'''^•■■^' 1 .h.. . ;.. ..■■.. -^ 



»2 ^egurde ime.'- Eu mettant ti ehofe 
comme deuant les yeux, il confcrme encore 
maintenant plus clairement & euidemmenr, 
combien il Pen faut <jue les Gentils aycnt 
<|uelque occafionde fe glorifier. Tlsvoycnt 
«s luifs vn exemple de la l'eucritede Dieu, 
laquelle les doit bien eftonnerîd'autre part, 
en eux-mefmes ils ont wn tefnioignflct de lâ 
grâce & bonté d'iceluy , laquelle les doit 
J'eulemcnt inciter a humble recognoiflance, 
& a exalter le Seigneur .non pas f'cfleuer 
eux-mefmes. Ces mots donc emportent au- 
tant cômefil difoit , Si tu prefumesde toy, 
temocquant de leurruinel regarde premiè- 
rement que c'eft que tu as eftc. Car la mef- 
me feiierite de Dieu eftoir prefte a tetôber 
fur la telle ,li tu n'en eufles efte<ieliuré par 
fa bonté gratuite. En apres.côlidere que c'eft 
«]ue tu es encore maintenantrear tu ne peux 
autrement auoir falut certain & alfeuré , fi- 
«oa qn'aucc humilité tu rccognoiflVs la mi- 
fericorde de Dieu. Que fi t'oubliât toy-mcf- 
mes tu t'efgayes prelomptueufemet.la mef- 
me ruine en laquelle Ils font tombez t'eft 
auffi préparée. Car ce o'eft point allez d'a- 
uoir vne fois embraffé & receu la jrace de 
Dieu , fi tu ne pourfuis ft perfeuere» dVn 
traincontinuel en ia vocation ta vie durât. 
Car il faut que ceux qui ont vric fois eftc il- 
luminez par le Seigneur, penfent tonfiours a 
perfeuerer :car ceux-là ne perfiftêt point en 
la bonté de Dieu, lefquels après auoir pour 
«quelque temps refpondu a la vocation de 
Dieu, & iccllf fuyuie.vienent finalemct a fe 
«lefgoufter du royaume des cieux:& ainli 
par leur ingratitude méritent derechefd'c- 
ftre aueuglez. Au relie, comme nousauons 
dit ci. deuant , l'Apoftre ne paflc p.is yci fe- 
parcenicnt a chacun fidcle.mais il fait com- 
paraifon cnfemble desGétils auec Us luifs. 
le conftfle bien que quand les luifs ont efte 
retranchez du rnyaumc de Dieu , chacun 
ri'iceux en particulier a rcceu le p.iyemfnt 
Ae h propre incrédulité •. & nue tous ceux 
des G'ntils qui ont eftc appclc: , ont elle 
vairtVaiix de la mifcricorde de Dieu : mais 
ceprd.int II nous faut entendre quelle a elle 
yci l'intention de l'aine Paul Car première- 
ment il a voulu que les Gentils dcpcndill'ent 
de l'alliance erernclle de Dieu , afin qu'ils 
conioignilVcnt (cur laliit .iiicc le (alut du 
peuple eleu V.n après aurfi..ifin que la rcie- 
ftion dfs luifs n'engedr.irt Icandalc, comme 
ft leur adoption ancianne clioit nulle , il a 
voulu que IVxiinple de la punition feruift 
aux Gentils , pour leur donner crainte, a ce 
qu'ils vcinifcnt à co|idtrir auec admiration 
fc en route riucrence ce lugcment di Dieu. 
Car <'où vient qu'on fe donne fi grande lu 



berte.de fe ietter après des queftiôj curien- 
fes, finon d'autant que conimuncement noua 
ne tenons conte des chofes qui deuoyct (tr- 
uir a nous duirc a humilité Or pource qu'il 
ne parle pas en particulier d'vn chacun des 
cleus , mais de tout le corps des Gentils , la 
condition eft adiouflee, S'iVx frrfc«eti>it tn 
ieyiignire. le confelfc bien que fi toft que 
quelqu'vo abufe de la bonté de Dieu , ii eft 
digne d'eftre priué de la grâce qui luy eftoic 
prefcntec. Mais cependant ce feroit parler 
improprement, quand on diroit fpeciale» 
ment de queiqu'vn des fidèles, que Dieu 
luy a fait mifeticorde, quand il l'a eleu, 
pourueu qu'il perfeuere en mifericorde.Cat 
la perfeuerance de !a foy, laquelle accom- 
plit en nous l'effet de la grâce, procède mef- 
medel'elcftion.Ainfi doncfainft Paul mon. 
ftre yci que les Gentils ont efte appelez» 
l'efperance de la vie éternelle , a la condi- 
tion d'eftre maintenus en la poffelTîon d'i- 
celle, ne fe monftrans point ingrats, mais re- 
cognoiftans en humilité la grâce de Dieu- 
Et defaift, l'horrible reuoltemcnt de tout 
le monde, qulcft depuis aduenu, fert de fup. 
fifant telnioignage pour monftrer que cefte 
admonition n'a point efte fuperftue. Car 
comme ainfi foircfùe quafi envn moment 
Dieu euft arroufé de fa grâce tout le mon- 
de, & l'euft elpanduc au long & au large, 
tellement que la religion florifloit par tout: 
vn peu après la vérité de l'Euangile Peft 
cfuanouye , & le threfor de falut a efte ofté. 
Et d'oiî eft venu vn fi foudain changement, 
finon que les Gentils font defcheus de leur 
vocation.'' ^nnrmfnt ru frrai Jup rnujti.'Soxit 
entendons dtfia en quel fens fainft Paul 
menace maintenant de retranchement & 
reicftion cei:x que défia anparauant il a 
confeifé auoir efte par l'cliilionde Dieu 
entez en rcfpcranc» de vie. Car première- 
ment .combien que cela ne puiflc aduenir 
aux elcus, tonte;fois il< ont bcfoin d'vne 
telle exhortation , pour dontcr l'orgueil de 
la chair : laquelle comme a la veriit elhe 
eft contraire a leur falut , aulfi ha bien boa 
bcfoin d'eftre retenue & efpouantee p.ir la 
cr.iinte de damnation. Ainfi donc , entant 
oue les Chtefticns font illuminez par la 
fr.y.pour leur certitudes; alfeuranceil leur 
eft dit, que la vocation de Dieu eft lans re- 
pentance. Mais cmant qu'ils portent encore 
aucc eux la chair , qui Telgayc & dcsbau- 
cliecnntreja grâce de Dieu , pour les tenir 
tonfiours en humilité, il leur eft dit , Ci.irde 
ijuriu ne f^ivcii.infh} Cependant toutelToi» 
il faut retenir Ti Iuluticn que i'ay .ao'fnee: 
Qiie fainô Paul ne traitte point yci de la vo- 
cation fpccialc d'vn cliacun.inaisoppole'les 
Gentils 



A V X* ROMAINS. 



77 



ISentils iui[Iuifs:& que pourtant p.ir rcs la chair. Maj^s quant »fe|>.-.(rjgeprefcnt, il 

roots il ne p.irlc pas tât aux elcH!, qii'j ceux ■ . ^ r,- .in ^._ 

qui leglonfinyet a faullcsenfeignts d'eftrc 
entrer en la place des luift. Ou bien il parte 
a tous les Gentils enfcmblc, & l^adtlreflca 
tout le corps en cômun. auquel H y en auoit 
|>Iufîeursqui n'auoyetque le titre fculeniét 
«lefiilelcs & membres de Clirift. Au refte. li 
on demande des perfonnesen pariiculier.cô 
ment c'tft qn'in homme peut edrc reirâchc 
de ceft entim(nt.& comment âpre» le retri- 



nous doit fuffire qu'il eft dénonce aux Gen- 
tils que la mefme vengence que Dieu auoic 
exercée fur les luift , tombera aullî lur eux. 
Plis font femblablei a iccux. 

Ï5 Ctr t>iruifil>uijjaiii Jt /is rnter di^ 
techrf.Cre. Aux hommes profanes ceft argu- 
ment fcmbleroit bien maigre- Cnrconibica 
qu'ils attribuent a Ditu vne puiffance , tou- 
teffols.pourte qu'ils l'imaginent tfiongnee 
& comme enclofe au ciel , le plus fouiient 



chement ilpcut direchefeflrc enté : il nous il s la defpouillent de fon effet. Maisd'îutac 

faut propoler tiois manières d'entement , 8c que les fidèles toutes «ois & quantcs qu'il» 

deu» rie retranchement. Car premièrement, «yent nommer la puilTance de Dieu, la con- 

let cnfansdes fidèles fontdiiseftreentez.cn tcmplct comme vne opération prefentc.l'A- 

«ant que la promeffc leur appartient pat l'ai poftreaiftiiné cefte ralfon aflVa fuffifame 



liante coniradiee auec leurs Pères. Seconde- 
ment , ceux-là aufli font dit» eftre entez , es 
CTXur» defquels la femencc de l'Euangile ha 
bien entrée ,& y demeure quelque temps, 
maiiclle n'y prend point racine, ou bien el- 
le eft citoulfce auant que venira fruAificr. 
Pour le croificme , les eleus font dit» eftre 
cntec. afcauoir ceux qui par le propos im 



pour les toucher au vif en leurs efprits:ioiiic 
qii'i! pitd ceftc maxime pour vn poinAcout 
refolu.QMc Dieu a tcllcme't cxcicê fa venge'- 
ce fur l'incrédulité du peupIe,quetoutt((oi» 
il n'a pas oublié (a bonté Se douccur;comme 
d'autres fois fouue'r, après qu'il ftbloii qu'il 
euft teirâclié les luifsde fonroy.iume,illet 
y a encore reflablis- Il monftreauffi par ci- 



i: 



inuable de Dieu font illuminez a la vieeter paraifon , combien il eft plus focile que l'e- 
nelle . Les premiers font retranchci, quand flat des cliofesainfi qu'elles (ont mainicnât, 
ilsteiettent la promLiîc donnée a leurs l'e- foit changé, qu'il n'auoit efte de les eftablir: 
rei , ou autrement par leur ingratitude ne afcaunir , d'autant qu'il <ft plu» facile aux 
U recoyuent pas- Les fecons , quand la fe- branche» naturelle» .quand on les remeitra 
irence vient a le fecher & eorrôprc: & d'au- au lieu duquel elles ont efte coupees.de ti- 
rant que tous, quant a leur nature, font en dâ rer fubftance de Itur racine , qu'il n'cft aux 
crd'vn tel inconuenient.il faut quenous cô branches fauu.igcs & inlrufluTules de tirer 
cffions que c< ft iducrtilfcmc't dui|Uel vfe S. fubft.ince d'vne racine tftrai'ge - Car vnyla 
Paul f'addrelTi- aucunement .lux fidèles, afin la proportion qui eftoit entre Ici luift & les 
qu'ils ne f'endorment en la nonchalance de Gentils. 

15 Carfrcres, te 's}Ketlhte-,ciue ^onifc^chtez^ ce fccret^nfn que 
ve fôjcz^OHtrecHtdez^en ^out-mefmes -, czÇ(.' <^h atteuglcment 
efi en partie aduenu a ifriiel^iufqKa ce que la flcnttnde des 
Cent ils fott entrée. 

i6 Et^/n/i, tout rfî-aelfi-ra Ptuttê , comme tl efl efcrit\ Celuj 
t^uif'tit deliurance 'tiendra de Sfon,Ç^ dcflournera de Licob les 
%nj\del$tez^,. 

17 \ Et auront de far moj cejle alitance t que tofleraj 
leurs pcchez^. 

îS Cjifrerri.ifmri/iitn. Il refueille pa» auiourdhuy moin» vtile , afin que nous 
(cachions que le falut d'vn certain nombre 
refidu , que le Seigneur quelque lour finale- 
ment raftcmblera a fuy , c(l maintenant ca- 
ché ne plus ne moin» qu'vne letrc clofe 3f 
fcllcc. Au relie, toutes lois iquantes que la 
longue retardation nous en fait dcfelperer, 
que le mol de Strict nous vienc incontinent 
au dcuant : par lequel f.-.in& Paul nous ad- 
mooefte euidcminent .quect ne fera point 
par vn mcycn vulgaire & ordinaire qu'.id- 
uiendra celte conueifion&quepouitat t'tft 
malcnterdu a ceux cui voudront melurer 
vne telle ermite félon leur propre Icni . Cai 



yei les auditeursa eftre plus emcmifs , en 
difant qu'il v>ui mettre en auant vne choie, 
quiauirement rftoit cachée S: feereie . £c 
ne le fait point fis eaufe° car il veut par vne 
fentencc briefue & claire conclure ce ftcrtu 
nerc fort obfcure Se enueloppcc- Cependant 
toutel lois en cela il dénonce vne choie que 
■amais on u'cuft actëdiie. Au rertcces mois, 
>/■•-. -J./ »r/>;i-^ cKirrfK-r/fT^ en •t:m-mrfm,i: 
ticmorfttent quel ell le bu: qu'il Ctft main- 
tenant propolé , c'cft afcauoir de reprimer 
roiitrccuidancedes Gentil», a ce qu'il» ne 
T'cflcucnta l'cncontre des Iiiifs - Or cefte 

admonition eftoit fort neci iTiite , de peur y a-il rien plus contre f'Uieraiîon, que d'efti 
que le reuoltcinenr de ce pr U|le nctrou- mer incroyable vne choTe q e ft iftoi-gnce de 
blaft outre mcfure le» infirmes , comme fi noftre fcn» , yen que c'ert pi ur ceftc caule 
e'cftoli fjit a iamai» du falut de ton» le» qu'elle eft nommée Myflere, a(c noir d'au- 
luifc. Combien qu'iccllcnicfmc ne nous eft tant qu'elle ett incomprchcnfible iul'qucl 



•OU,C] il 

eft ad- 
ucmi 
cndiu- 
cillc- 
mcc en 
lAacl 
en j^nic 
iiifcju'.i 
ce, &.C. 

Ifj.'Kf.rl 20 

l.rr.U.I.Xi 
Mr.fb.i. 
0- lo,r.i5. 



Chap.Xr." 



S VR L'EPI S 



À 



au temps de U reuehtion . Cepêdmt a nous 
comme aux Romains elle a eftc déclarée , a- 
fin que noftre fojr Carreftant a la Parole, 
nous'fouftiene en l'attente iufquesa ce que 
l'accomplilTement delachofe »iene en eul- 
dence. Sl^'itHeng/ement en m ptnie itduenu. 
le penfe quecemot Eitpirn'e , ne fe-rappor- 
(C 035 fimplement ni au temps ni a ta mul- 
titude de« perfonnej : mais ie l'eipofe com- 
■ jne eftant mis pour Aucunement . Et par ce- 
la me fembU qu'il a voulu feulement ad- 
doucir le mot D'dutKglrmt»! , lequel autre- 
ment en foy eftoit rude. Et le mot lul^uti < 
tf.n'eft pas pour inférer fuite ou fucceffion, 
te ordre de temps : mais pluftoft il emporte 
autant comme i^il eftoit dit. Afin que la .plé- 
nitude des Gentil» Ainfi donc, le fens fera. 
Que Dieu a de telle forte comme «ueuglé 
Jfrael , afin que cependant que <e peuple-li 
reietie la lumière de l'Euangile , elle foit 
tranfferee aux Gentils , & qu'iceui en pre- 
rent poffellîon.comme d'vn héritage delaifle 
& mefprife par ceux aufquels il aduenoit. 
Et par ce moyen, ceft aueuglement fert a U 
•rouidencc de Dieu.pour accomplir k met- 
tre en effet le falut des Gentils , lequel il a- 
ilolt déterminé . Ce mot de Plénitude det 
GfBfiA-, fe prend pourvne grande multitu- 
de,& comme flot de peuple qui accourt.Car 
te n'eftoitpat lors comme il en auoit efte 
au parauant > qu'il fe trouuoit bien peu dt 
gen« d'entre les autres peuple» qui fe ran- 
jeafl'ent a la rellgiôdes Iuif5:maiill va lors 
eu tel changement , que quafi tout le corp» 
àe l'iiglife coiififtoit de Gentils. 

^6 Et .tinfiicHi //M<-.'.Plufieur$ entendent 
ceci du peuple des luifj.comme fi S.Paul di 
foit qu'en iceluy U religion fera encore re- 
ftablie comme deuant.Maisquâc « moy, i*e- 
ftêcenom d'tftei 3 tout le peuple de Dieu, 
en ce feni,Apre« q le» Oe'tils ferôt entrez de 
dans,lors les luif» juffi fe retiras de leur re 
uoltement, fe rangeront a l'obeiflancc de ta 
foyi&ainfi l'accomplira le falut de tout 
i'Ifrael de Dieu, lequel doit eftre tairem- 
fclé des vns & des autres • touteffois que 
Jes lui fs tiendront le premier lieu , comme 
rftant le» enfan» aimez en la maifon de 
JJicu. Cette expofition m'a femblé plus con- 
iienable pour vne raifon , afcauoir d'autant 
<]ue fainô Paul a voulu yei fignifier la con- 
Jommation & perfeâion du règne de Chrift, 
laqUe n'cft point limitée es luifs fculemêt, 
msucomprendtout le monde. Auffi fuyuant 
telle melme faconde parler aux Galatiens, 
ehipitre.tfd. i<S. il nomme l'If riel de Dieu, 
J'Eglife raiTcmblec dc( luif» & des Gcntils- 
rnis en vn ^ oppolant aux enfans charnel» 
d'Abraham qui f'cftoyent deftournei delà 
foy d'iceluy, le peuple eftant ainfi recueilli 
delà dirtipation . Omme 1/ rfl efrrii : le- 
hy ,p,i fMi d'liitniiie,ylenilr.t, i^c. Par ce lef- 
moigiiage d'ifaie il ne veut pas confermcr 
toute la leiitence précédente , mai» feule- 
ment l'vn des deux membres d'icelle , afca- 
uoir que Ici enfans d'.'Vbr.ilian\ font parti- 
«ipanide la rédemption . Car fi quelqii'vn 
vouloit dire qu'il tft vray que Chrift leur a 
■&C promit & rrefeatcinaii q 4'4uiâc qu'ils 



l'ont reietté , il« ont efte prluez de fa %r»i 
ce . Les paroles dont le Prophète vfe , ex- 
priment d'auantage .afcauoir qu'il y aur* 
quelque nombre de refidu , lequel après t. 
ftre venu a repencance , iouirade la grac* 
de la deliurance . Sainâ Paul touteffoi» 
n'allègue pas le palTage mot a mot.ainfi que 
il eft efcriten Ifaie : Le Rédempteur, dit- 
il , viendra a Sion , & a ceux qui fe retour- 
neront d'iniquité en lacob, dit le Seigneur* 
Et ne faut, point que nous foyons par trop 
curieux en cela . Car il fuffit de regarder 
comment les Apoftres appliquent propre* 
ment a leurs propos tous les tefmoignaget 
qu'ils alleguci du vieil Teftament pour con- 
fermcr & prouuer les points qu'ils trait- 
tent. Car auffi ils n'ont eu autre cfgard en 
cela , finon de mettre fur le doigt les pafta- 
gei , pour nous addrefler a la fource où >!• 
les ont print . Au refte , combien qu'en c« 
pafTage foit ptomife deliurance au peuple 
fpirituel de Dieu . auquel font comprins let 
Geiiil» auffi: toutefrois d'autant que le* 
luifs font lesaifnez , il a falu que ce que le 
Prophète dénonce, f'accomplift en eux, voi» 
re principalement. Car auffi ce que l'Efcri- 
ture nomme Ifrjeiites, vniuerfcllement tout 
le peuple de Dieu , cela fe fait pour raifon 
de l'excellence de ce peuple, que Dieu a pre 
feré a tous autres. D'auantage, il dit que le 
Rédempteur viendra nommeementa Sion, 
pour le regard de l'alliance ancienne. Il 
adioufte aulTi que ceux qui fe deftourne- 
ront de leur tranTgreffion en lacob , feront 
rachetez; parlefquel» mots notamment & 
bien euidemment Dieu fattribue quelque 
femence, afin que la rédemption ait efficace 
en ce peuple elen 8c peculier.Cependant, c5 
bien que la faconde parler de laquelle le 
Prophète vfe , f iVWr.» < Sion , vient mieux 
a prupo; de re qiiil eft yci traiité : toutef- 
fois fainft Paul n'a point fait de difficul- 
teMe fuyure la tranflation communeemenc 
receuè', en laquelle il eH dit que le Rédem- 
pteur yfoidr.t de U minid^ne de Situ : au- 
tant en faut-il dire de la féconde partie, 
Defl'.ut»,r.t de Vie,/, le, i»fidel,re\ . Car fiinft 
Paul fcft contenté de regarder feulement 
là , quepourceque c'cft le propre office de 
Chrift, de réconcilier a Dieu le peuple qui 
Ceft reuolté & deftournc de luy , J<f a violé 
fon alliance : il faut necclTairement eTperer 
Sfattendre quelque conuerfion,afin que tous 
enfemble ne periflVnt. 

27 Et numii de fut mty cefle tUittnce, 
jjj<f i'oflemy teuri j<ecl}e\. Combien qu'enta 
prophétie d'ifaie que nousvenons de vcoir, 
fainft Paul euft touché en brief l'office du 
Maffias ,toutcffois afin d'adueriir les luifs 
que c'eft quil faloit irincipalement clpe- 
rer de luy , il a expreflcement a mei'me fin 
adioufte ces deux ou trois mois prins de Is- 
remie Car au premier palTage qui eftoit d*I- 
faie.on ne trouue rien approchant de ceci. 
Auffi ceci feruoit a la coiifirmition du 
projios qu'il traitte . Ce qu'il aiinit dit tou- 
chant la conuerfion du peuple, paiiunit fem 
bler incroyable, veu la rébellion fi obftinec 
coipwt on u VO^o'.Ct Ilofte donc ceft eiQ- 
ftlchcmenc, 



VX RO 



MAINS. 



78 



eefehemttit , es déclarant qut U nouuellt cointance autc le peuple apottat .Cnon «n^ 

allûnce cotififte «n la remilfion gMtuije tant qu'il leur paidonnct.i tant le crime Je 

des pechej .Car on recueille de» par«Iej du Kut dcfloyaute Se. ieuoUeinent,f|UO leurs au 

Proplicte , que Dieu n'aura plus aucune ae- très forfaits. 

i8 Ils font certes ennems-s ejuant a tEuangile , a éAufc 
de ^ottt : m.tti ils font bten-aimez. efnant a teleciion , a caufj 
des Pères. 

19 Car les dons ^Lt^^ocation deDten font (lins refentncc. 

30 Car corne ^ot*i auez^aufi autre fots efle rebelles a Dieu^ 
ç£ maintenant ^oui auez,obtenH mifèricorde parla rébellion 

de ceux-ci: 

31 Pareillement dufi maintenant ils ont efle rebelles' par 
La mifèricorde qut 'kohs a ejle faite : ajin tju'ils obttenent aufi 
miferscorde. 

51 Car Dieu a enclos toHS en rehellion^afn qu'il fei f{ mi fer i- 
corde a toits. 



Ore qucee <iai cHoic tout le pire es luifs.ne 
<loit pat taire <iue pourtant ili fovent en 
incfpris &tlerdairaUK Gentils. Le plusgrâd 
de tous les vices qu'ils eu(lent,c'ef)oit incre 
dnliie.Or fainft Paul inôftre que par la pro- 
ujdcnce de Dieu , ils ont ainll clie aueuglez 
{Kiur quelque temps,. ifiii que le chemin full 
drerte 1 l'Euangile pour venir vers les Gen- 
tiis-.mais qn'ju refteilt ne font pas a iamais 
forclos de la grâce de Dieu.ll confcfle donc 
^ue pour le ptcfent ils Ibnt cftranee; de 
Dieu a l'JKcalîon de l'Euangile , afin que 
par ce moyen le falut duqui.1 au parauit ils 
auoyct cfte ordônejcûme gardiës.parueiuft 
aux Gentils; mais que toutcffois Dieu n'a 
point mis en oubli l'alliance >{u'il a con- 
tractée aucc leurs Pcrcs, 8c par laquelle il 
atelmoignc i|u'en fou confcil ctcrnci il a- 
uoit embradc de fon amour ccfte naiioa. 
Ce qu'il confcrnic par vnc fort belle fentcq- 
ce .difanc queccfte grâce de la vocation de 
Dieu, ne peut eftrc anéantie. Car voyia que 
empotent ces mots > Lti i-.iti i^ U yscxtim 
Jt Dlrufs^tftai rryriMJirr . C.ir il prend /cj 
di»i i- tiytrjtici , félon la figure nommée 
Hypalla^e, pour le bcncficc de la vocation. 
Et auffiil ne faut pas entendre ceci de tou- 
te vocation, maïs de cc|le par laquelle Dieu 
a adopicen l'on alliance la polirrite d'A- 
braham . vcu que le propos e/luit nom- 
meemenc & l'pccialemenc d'Icclle vocati- 
on ■ cooiin* aulfi vn peu ci deuant par le 
mot r/*£/tf1i;«, il entendoit le conl'cil fecret 
de Dieu .pir Lequel leflui.'sont iadi( elle 
difccrnea d'.uicc les Gentils. Car il faut 
entendre qu'il n'cd point yci maimenanc 
traittc dcl'elcAïun particulière d'vn clia- 
icun , mais de i'ad»ption commune de tout 
ce peuple: lat)iiêlle en apparence externe 
pouuojt femblcr pourvn temos cftre reii- 
ireifee, mais neantmoins n'eftoii pas ar- 
«cliee ou coupée par le pied, comme on 
du . fource quc les Juifs cftoyent decheus 



de leur degré ,& du ("..lut .i eui promis , afin 
qu'il demeure touiiours quelque tfperance 

Î|u'il y aura quelque refidu (auuciS-l'aul în 
ifte fur ce que le côleil de Dieu, par lequel 
il luy apleu vne fois Icselire pour fon peu- 
ple peculicr.demeurc ferme & immuable.^i 
donc ilnefe peut faire en forte quelcon- 
que que le Seigneur vicne a fedefdire de ce 
ftc promedc qu'il a vne fois eftablie aucc 
Abralii.Ie feray le Dieu de ta lemece.Gen. 
17 a.7:il f'enfuit qu'il n'a point du tout de- 
ftournc Ion aft'câinn du peuple des luifs . U 
n'oppofe pas l'EirUun a l'Lujagilr , comme 
choies côtrairesl'vnea l'auirccar ceux que 
Pieu a cleus.il les appelle: maispource que 
foudainement & fans que le monde f y aittn 
dift, l'Euangile auoit elle publieaun Gen- 
tils, a bon droiâ il fait comparailun de celte 
grâce auec l'eleâion ancienne des Inits, qui 
auoii cfte manifellee tant de fieclci anp.ir.i- 
uaoï. L'eleâion donc cft nommée acaule de 
l'anciennetcpource que Dieu laillant en ar- 
rière tout le rifte du mode,l<eftoit choili vn 
peuple. Il ditquec'ett Jf.»»/, </ri Prx-^non 

fas qu'ils .lycnt eu en eux pourquoy Dieu 
csdtuftaimer.Jc les leurs:mais pourccqut 
d'iceux la grâce de Dieu eftoit dcrcouice 
fur la poftcrite. luyuant la forme de la pro- 
nuIfc.Ton Dieu. & de ta femence. Au tefte. 
comment c'i A que les («•«/i/j tmt cJ^imu mifr. 
fe.Uitlent (A itUiUicK Wrr /../, , il , rfte 
du ci delTus: alcauoir que Dieu eftant cour- 
roufc contre les luifs a caufe de leur rebcl- 
Iio >,a dtftourné fon amour Sf aA'eAion vers 
les Gentils. Ce qui Penfuit vn peu après, rue 
ils u,i ,lirr,h,Ur, (.Jr /^m!fituc>J, f.„i, .,',r 
Orat,/,: cftvn peuplusTude^ eltri^e ' 5r' 
toutclfois n'emporte ablurditc aucunc.pour 
ce que laina Paul en parlant ainii , ne vent 
pas eiprimer ta caufe de ccft aueiigle- 
ment , mais entend leulemcnt que ce que 
Dieu a iranffcré vers les Citntil". a cfte 
olleaux Iiiifs . Or atinqucles Gentils ne 
penfaifcnt p-oioi auojr obtenu par le meritC 



OU, n- 

fin que 
par 1.1 
midri 
corde 
qui V o' 
a cfte 
faite, 
cuvauf 
h obtie 
nériiu- 
reiicor 
de. 



Chap.XI. 



SVR L'EPISTRE 



J, 



ou,pro 
fondes 
richef- 
fes 

jf,«4o.f.ii 

a.Cwnl.J. 
</.l(S. 



de leur foy , et que les luifs auoyent perdu 
par leur incrédulité, il eft yci fait mention 
«)e Uifericorle feulement. Amfi donc, le foin- 
maire de ceci eft , Pource eue Dieu a voulu 
faire mifcricorde aux Gentilî , que parce- 
ite occalion les Iiiifs ont cfte priucz de la lu 
miere de foy. 

;2 Cxr DitH A tnchi t:ui en teiellim , df!n 
nu'i/feijl miÇericcrdt i t:m. Voyci vne fort 
belle conclufionde tout le propos , pir la- 
quelle il monftre que ceux qui ont de leur 
cofté quelque efperance de falut , n'ont 
point J'occafionde defefperer de celuy des 
autres . Car quoy qu'ils loyent maintenant, 
li eft-ce qu'ils ont elle comme tous les au- 
tres . Si ce qu'ils font fortis du gouffre d'in- 
credulite , leur eft aduenu par la feule nii- 
fericorde de Dieu, ils doyuent laiffïr lieu 
a icelle aufii bien enuers les autres. Car il 
fait les luifs pareils aux Gentils en la con- 
damnation , afin que d'vn cofté & d'autre 
ils entendent que le chemin de falut n'eft 
pas moins onuert aux autres qu'a eux . Car 
il n'y a que la feule mifcricorde de iDieu 
qui faune . Or icelle fe peut prefenter 
aux vns & aux autres. Ainfi donc, cefte fen. 
tence eft correfpondante au tel'moignage de 
Ofee, qu'il a allégué ci delTus, cliapit.S.f.î^, 
l'appelleray mon peuple , celuy qui n'eftoit 
point mon peuple. Au refte, il n'entend pas 
que Dieu aueugle tellement toux honimei. 



que leur iacredulitc luy deyae eftrt fm< 
putee -. mais qu'il a tellement difpenfé le* 
chofes par fa prouidence , que tous fuffent 
coulpables d'mcredulite, afin qu'il les teinft 
redcuablesa Ton iugement.& a celle fin qne 
le falut depen^ift de fa feule bunte,fans que 
il fuft mention aucune de mérite quelcon* 
que . Sainô Paul donc prétend yci a deux 
points : afciuoir. Qu'il n'y a diofe en hom- 
me quelconque , pour mérite de laquelle il 
doyue eftre préféré aux autres, finon la pure 
grâce de Dieu : puis après, Que rien ne peut 
empefcher Dieu en la <jifpenlâtiondefa gra 
ce,qu'il ne ladônegratuitemcnt a ceux que 
bon luy femble. Il y a grâd poids en ce mot 
de FjiV» mifnuo/de . Car il emporte qua 
Dku n'tftobligéa perfonne : & que pour- 
tant tons ceux qu'il faune ,c'eft gratuite» 
rnent : veu que tous hommes «gaiement font 
perdus . Cependant ceux la f'abufent& ref- 
uent par trop lourdement , qui recueillent 
de ce paflage , que tous feront fauuez. Car S. 
Paul entend Amplement , quêtant les luifs 
que les Gentils ,n'obtienentfalut d'ailleurs, 
que parla mifcricorde de Dieu.&c'efta 
fin qu'il ne laiffe a aucun matière de (e 
plaindre de Dieu.Vray eft qu'il eft bien cer 
tain que cefte mifericotde eft ouuerte indif» 
feremmet a tousrvoire mais c'efta tout ceut 
qui la chercheront par foy. 



33 O profondeur des richejfes de la faftece ǣ cogrtotjjance de 
DienJ qtiefès mgemens font incomprehenjibles , Ç^Jes ^ojes im- 
J>ofiibles a trounerf 

34 \Car éftif efl-ce qui a cognu lafenfee du Seigneur^ ou qui 
a ejtefàn confèillier? 

35 Ou qui eft-ce qui luj a donè premier, (£ il luj fera reduf 
3^ Car de luj ^ par luj , ^ a luj font toutes chofes : donc a 

luj fait gloire éternellement. Amen 



;; prafcMileiir Jfr n'cliejjri île /.ifjfience. 
Yci premièrement l'Apoftre entre en vne 
exclamation foudaine, laquelle fc conçoit 
volontiers es coeurs des fidèles par vne fim- 
ple & humble confiderationdesoeuurcs de 
Dieu. Apres cela, comme en partant il répri- 
me U rabbat l'audace d'impiete , qui ha de 
couflume de murmurer , & fe rebecquer a 
rencontre des iugemcns de Dieu . Quand 
donc nousoyon": ce mot, O profondeur! on 
ne iVauroit futfifamnient dire quel poids 
cefte admiration doit auoir pour rembar- 
rer la teiiieritc & outrecuijinccde la chair. 
Car après auoir difputr & traittc de cefte 
matière par la Parole Si l'Efprit du Sei- 
gneur , finalement fc fentant vaincu &' com- 
me accablé de la Imiclfc & profondeur de 
ce fecret , il ne peut faire autre chofe que 
f'cftonner & fefcricr , que ces richelTes dr 
ltifi,ir»cc tir Dieu font trop profondes, pour 
dire que noftre raifon y piiilTc pénétrer & en 
trer iiifques au dedans. Quand donc il aduié- 
dra que nous entrerons en propos touchant 
les confeils éternels de Dieu , ayons louf- 
icurt (cftc bridc-U pour retenir & no- 



ftre entendement, & noftre langue, que 
quand nous en aurons parlé fobrement, 8e 
fans fottir hors les limites de la parole de 
Dieu , la conclufion de nos propos foit fina- 
lement d'cftre rauiien admir.icion & efton- 
nenient. Car certes nous ne deuont poin t a< 
ucir honte, fi nous n'en fcauons p.is plus que 
celuy qui ayâeefte raui iniques au ttnifieme 
cielauoit veu des myftcrcs & feerets qu'il 
n'eft licite a l'homme dédire , l.Cor.ii.a.4; 
{t coutcfloisnc pouuoic en ceci trouuer au- 
tre fin que deriiumilier ainfi. Qiiât a ce que 
aucuns veulent refoudre ainfi les mots de 
fajnft Paul.O profondes richeûes & fagelfe, 
& cognoiffancc de Dieu ! comme fi ce mol 
Pri/sHi/fureftoit mis p«ur vne epithete com- 
mun desautres «ermcs qui f'enfuyuent ; 8t 
prenent Richelfcs pour Libéralité : cefte ex- 
pofition me femble contrainte ■ tt pour- 
t.int ie ne fay point de doute que lainA 
Paul ne vucille yci efleuer & magnifier 
les profondes richefl'cs de Tagcffe & co. 
gnoilfance qui font en Dieu . $«' fis >«- 
ferment font incmfrtliriifihlei!VM vn redouble- 

niçot qui <tk allez conunun aux Hcbricux, il 



AVX ROMAINS. 



7f 



*r< ie iiven ttrmet poar exprimer me roef 
me chofc.Car ayant parle ilet 'm^emeni, il ad 
joufte LrtyFirr,frenit ce mot pour la manie 
re de difpolcr.ou la façon tic procéder , ou 
l'ordre de gouuernement • Or il pourfuit en- 
core fan exclamation : en lafjuclle tant plus 
^u'il exalte la hauccITe du l'ecretde Dieu, 
d'autant plus il prétend de nous retir.r & 
dellourncr de toute euriofiie d'en catjuerir 
le de le vouloir comprendre.Appreiions dnc 
de n'enquérir point couchant le Scigneur,fi- 
oon autant qu'il en a reuelé par les Lfcritu- 
rejXarautrcmenrnous entrons en vn laby> 
»inthe,dnquel nous netrouucron» pas aiTee- 
ment moyen de nous demcflcr.Car il faut no 
ter 'u'il n'cft point yci rraitté de tous my- 
Aeresde Dieu , mais de ceux lefqucis tenant 
cachez par deiicrs foy , il veut feulemët que 
nous ayon^ en admiration & adorions. 

;4 C^f qui rfl(cqui ÂOgnu/.i jirnfreiu 
Srigniuty Yci il commencea reprimer Tau- 
d.ue des hommes , comme nicttant la main 
fur eux pour les arrefter , afin qu'ils ne irc- 
tcnt leurs murmures contre les iugemcnsde 
Dieu.Ce qu'il fait par deux moyens ou rai- 
fons. La première cft,Qu,e tous homes font 
du tout aueiigles, quant a conildcrcr de leur 
propre Icns la predcninatisn de Dieu : & de 
dilpuier d'vnc chofc incognue,on ne le peut 
faire que temerairemêt &de mauuaile for- 
te. L'autre cft , Que nous ne pouuons auoir 
caufc aucune de nous plaindre de Dieu , vcu 
qu'il n'y a pas vn de tous homes qui fe pui(> 
fe vanter que Dieu luy doyue rien: mais au 
contraire , ils font tous redeuabics a fa libe 
ralite. Q^je ceci donc foit comme vne barre, 
par laquelle vn chacun de nons en fon en- 
droit anife d'arrcfter fon entendement .afin 
qu'a enquérir de la predtftinaiiô il ne f*ex- 
traujguc hors des fainfls oracles jf efcrits 
de Dieu, quand nou< oyons qu'en ces chofes 
l'homme ne ptut non pini diùerner , qnWn 
aucugle en ténèbres lequel mot lourelfoit 
ne tend point a amoindrir nu troubler la ce r 
titude de la foy- veu auffi qu elle ne procè- 
de pas de ta viuacitc 8f liibtllite du fens hii. 
main.mais de ta feul;: illnminatiô du fainft 
Ifprit.i.Cor.a.c i2,& d.iS. CaraulTi S.Paiil 
mefmc en vn autre paflage ay ant teftifié que 
tous les myfterts de Dieu furmontent de 
beaucoup la capacité dennftrc enicdement, 
adioufte touteffoisincontinêt après, que le» 
fidèles copnoiflcnt l'i>itention du Seigneur, 
pource qu'il» n'ont point receu vn cfprit de 
ce monde, mais l'Efprit qui Icura efte dôné 
de Dieu, par lequel ils font enfeignei te cer- 
tifiei delà bonte.auttement incomprehcnfi- 
ble.Parquoy , comme nous ne pouuons par 
noftrc propre vertu Se puilTance panicnira 
fonder les fecrets deDieuMinfi parla grâce 
du S. Efprit nous fommes introduit» en vne 
cognoifTince d'iceux claire S certaine. Or fi 
ainficft qu'il nous faite fujrure au pris que 
le S El'prit allant dcuanc, nous conduit: anfTi 
a l'endroit qu'il f'arrcfte Si nous laiâc.U 
auffi il nous faut demeurer , ât nous y tenir 
pied coy Qne fi aucun afFefte de plus cognoi 
nre qu'iceluy n'areueU, il ftra accable par 
la fpletidesrio/ioitdcctftcluautif loacceft 



fible . Aurefte, il nous faut bien retenir la 
diftinâiunque l'ay n'jgueres amenée, en. 
tre le confeil fccrctdeDieu , te la volonté 
manifeftceen l'Efcriture.Car combien que 
toute la doâri'nede l'Efcriti.relfurmôte par 
fa hauceHc tout l'entendement humain, lî cft- 
ce que l'entrée & intelligence d'icelle n'eft 
point fermée aux fidèles , lefquels y proce» 
dans auec reuercnce te fobriete , fuyuent la 
conduite du S Efptit . Mais c'eit autre cliO' 
fe du confeil fecretdeDieu,a la profondeur 
ie hauttlfc duquel on ne peut toucher, quel- 
que inquifition qu'on face. 

îî Sl^i eft-cr qxi Uy a Jtnni frrrm'rr. Ce 
efl l'autre railoo par laquelle la iiiftice de 
Dieu eft maintenue fort & ferme a l'cncon- 
tre déroutes accufationsSr blafmesque les 
mefchansdifgorgent pour la dllfamer. Car 
fil n'y a homraequi par mérites le tiene re 
deuable a foy, nul n'ha droift de fe plaindre 
de Ce'qu'il ne reçoit de luy recompenfe.Car 
celuy qui veut contraindrt; vn ;)otre a luy 
bien- faire, il faut neccflairement qu'il allè- 
gue qucllues plaifirs ou feroiccs.par lef- 
quels il ait mcrité cela enuers l'antre . Lee 
paroles dôc de fainA Paul emporter ce fcni. 
Dieu ne peut autrement e ftre accuO: d'iniu- 
fticc.finon qu'on vucillc dire qu'il ne rend 
pas a chacua ce qui luy appartient. Or c'cfi 
vn poinfk tout clair,qu'il ne retiet a pcrfon- 
ne le iïen, veu qu'il n'eft redeaablc a home 
quelionque. Car qui efl celurqui fepuifle 
vanter de quelque œiiurc par l.iquclle il air 
mérité la grâce Je Dieu > Voycl vn paflage 
bien digne d'eftre obferué,Iequel nousenlel 
gne qu'il n'cftpas en noftre puilTance d'in- 
duire Dieu par nos bien-faits a nous confé- 
rer fal\it:mais que luy nous preuient par fa 
bonté graniite (ans que nous ayon» rie mé- 
rité Cai S Paul ne touche pas yci feiilemct 
3 ne c'cft que les hommes ont accouftumc 
e faire , mais que c'eft qu'ils peuucnt et» 
tout & partout Et quand nous nous vou- 
drons bien examiner , non feulement nout 
trouuerons que Dieu n'eft point noftre dec 
eeur.malsaulTî que nous Inmme» tous iuf- 
qu'a vn redeuabics a Ton lugcment. non feu- 
lement que nons n'.iuons mente ancune gt* 
ce de luy, m.iis aulfi que nous Jonimes plu» 
que dignes dé la mort éternelle . Ci pendant 
ce n'eft pas feulement pour le regard de la 
nature vitieufe Je corrompue , que fainft 
Paul conclud que Dieu ne nous doit rien.- 
mais mefme quand l'homme icroitdemeuré 
en fon entier !/ premier eftjt , il nie tooiel^ 
fois qu'il pniffe rien apporter deuant Dieu 
pour acquérir fa sràcc : pource que fi toft 
qu'il commence d'eftre , defia le droift de 
création le rend tellement obligé a fonCrca 
tcur. qu'il n'ha rien de foo propre , ou qu'il 
puiflcnommer (Icn.Envain donc nouf nom 
efforcerons de luy oftcr fon authorite te fa 
puiffance.cn forte qu'il n'ait plus l.i libenc 
de difpoier de fe» créatures entièrement fé- 
lon fon bô plalfir: comme f"ily auoit quel- 
que» contes a faire ei'tre luy & nous , Se 
que nous peulTïons monftrcrque comme il 
nous a donné, auffi a.il receu de nous. 

}0 CdrJr/ny i,'[>.tr/i). C'tHUfVi- 



Chap. X 1 1. 



S VR TEPTSTRE 



firmation d« la fenfcnee pfccedeiue . Car il 
inoftrc qu'il Ce faut beaucoup que nous no' 
puilfions glorifier enuers Dieu de quelque 
rien propre a nous.veu que nous auons tfte 
par liiy crée? de rien.& que maintenant no- 
llrt cftre confifte en luy;& de la côcLud que 
c'cftr.afon qu'a luy il loit rapporté , Sf a fa 
gloire. Car combien feroit-ce vne chofe def- 
raifonnable , que les créatures lefqnellesil, 
a formees,& lefqiielles il maintient, tcndif- 
fent a autre fin qu'a exalter (a gloire r La où 
nous auons traduit , <t /«y, ie fc.iy bien qu'on 
pourroic auffi bien traduire En luy : car le 
mot Grec fe prend quelque fois ainfi : mais 
c'eft improprement Or commt ainfi foit que 
la fignihcation ordinaire & propre côuient 
mieux au propos, ileft meillenrde la rcte» 
nir.qu'j de recourir a vne impropriété. Ain- 
A duDC la fubftance de ceiic fentence eft, 



<^e c'eft faire vne confufion 8r nnnetCtt 
tout l'ordre de nature, fine que Dieu, qui tfk 
le cômenccmët de toutes chofes.luy mefmc 
auffi en foit la fin Se le but . Dcnc t /ry Çtit 
g/iire . Il recueille maintenant hardiment 
èc pour indubitable , comme cftant bien 
prouiiee, la proposition il maxime princi- 
pale de tout le propos, afcauoir qu'an Sei» 
gneur fa gloire doit «demeurer ferme &im' 
muable d"vn cofté & d'autre. Car cefte fen-' 
tence fcroit froide Se maigre a la prcdre gr- 
ncralemët:mais le poids d'icelle dépend de 
la circôftancc du paflage, q Dieu a bô drnjA 
f'attribucvn empireîfouuerain, & qu'en l*e- 
Hat du gère humain & de tout le mode, il ne 
nous faut rien chercher hors (a gloire. Dont 
f'enfuit q toutes pelées quitendêr aucune- 
ment a deroguer a fa gloire , font ahfurdes, 
hors de raifoo, voire niefme plenet de rage. 




/OU la 
bonne 
volon- 
té de 
Dieu, 
plaifan 

tCj&C. 



CHAP. XIT. - 
E^ouspr/e donc frères -tp^r les mifèncordes de 
Dieu , <^ue 'kotn offriez^ 'kos corps eh ftcrifce ^/~ 
uant^famct ypla/ftnta Dieu ,q ui eft '^ojlre rai- 

fonnahle fèrnice, 

^ Et ne ^ous conformez, point a ce monde •■mais fo^ez^ tranf- 
formez, par le renonuellemet de '^loffre fes-,pour eJf>ro»ucr quel- 
le efl' la Volonté de Dieu,l>onne,^ plaifànte,^ parfaite. 

Apres que fainâ Paul a traitté les cho- ment a l'œil, comment ils approchent beau* 
fes par lefquelles il faloit neceflairement coup plus des Philofophes profanes, que de 
commencer pour drcll'er le rcgne de Dieu, Chrift & fes Apoftres Au rcfie, comme le» 
Afcauoir qu'en Dieu feul les hommes doy- Philofophes auant que d'eftablir loix tou- 
u/;nt chercher iuftice, & en fa feulemiferi- chant les mœurs , traitient du fouucrain 
corde attendre falut : qu'en Chrift Icul gift bien, & vont cherchet les fources des ver- 
la perfcâion de tous biens, & en luy nous eft tus,derqucllc$ puis après ils puiflent tircr,8e 
iournellomcnt propofee.maintenant fuyuant par manière de dire , faire defcoiiter les en- 
vn trefbô ordre.il vict a former Us mœurs. ftignemcs particuliers concernas le deuoir 
Et de faia.par cefte cognoilTance de Dieu & d'vn chacun : ainfi tu ce paftage f.Jnft Paul 
de Chrift, en laquelle confifte le l'alut.I'ame met vn principe duquel delcendent toutes 
eft, par manière de dire, régénérée en vne otuures de fainaett:c"eft afcauoir. Qite nous 
vie ctlefte:mais par les faillites exhortatiôs auons efte rachetez par le Seigneur a cefte 
& cnfcignemens cefte vie la vient comme a fin que nous confacrions a hiy S; nos per 
eftre réglée Sf ordonnée. Car en vain on tra fonnes & tous nos menib 
uaillera a monftreraux hommes le foin que 
ils dbyuent mettre a bien conduire leur vie, 
l^noll que deuant on leur ait monftrc que la 
fource de toute infticc f ft en Dieu & en 
Chriftice qui eft les rtflufciterdes morts Et 
c'eft en cela que confifte la principale djlfe- 
rencc entre rr.uigile & la Philofiiphie. Car 

CQmt>ien que les Philofophes traittent des . 

maurs braueinent & d'vne façon qui leur auffi les hypocrites, comme fi 1» grâce de 
aç.qujcrt louange de fubtilite d'efprit , fi eft- Dieu efteignoit l'.ilFeftion & foin de bien Se 
ce ncaiitmoins que toute la beauté qui re- fainftement viure , S: eftoit vne ouutrture 
luit ^ leurs cnfcignemens , eft comme vn pour donner aux hommes plus grande bar- 
beau baftiinent fi de grande apparence , le- diellcdc pécher, d'vne maligniie ©Sfcurcif- 
qîiel fera fans fondement : pource que lail'- font entât qu'en eux eft, la cognoiffance a*i- 
làns les principes ils propofcnt vnedoArine celle.Dr la proteftjtion <inc S Paul t.iit yci 
imparfaite, ne plus cic moins q Pils faifoyêt pour prier les Rom.iin' plus inftammêt.mô- 
v'n corps fans teftc . l.t la façon d'enfcigner ftre que iufijii'a ce que les hommes cnten- 
en '.1 Papauté n'eft pas gueres autre . Car ia dent & ayent bien imprime en leurs elpritï 
foit qu'en p-iffant ils faceiit quelque men- combien ils font tenus a la mifc'ico.dedc 
tior.de la foy de Chrift, & de la i;race du Uirii,iainais ils ne le ftrucnt d'vne vrave 
iiiniK tfprij; loiitcffyis on voit tciit claire- alVcftion, & ne font iamais alTcz vincmcnt in 



Mais il ne fe- 
ra que bon que nous cfpluchioiis les mol» 
l'vn après l'autre. 

l le ywt frit far lu mitcriccrdri <1r 

Dieu ■ Nous fcauons comment les hommes 
dilTolus & dcfbauchci ont accouftumé de 
prendre plaifir a tirer a vne licence charnet- 
le lout ce qui eft propoie en l'Efcriture tou 
chant la bonic infime de Dieii:au contraire 



AVX ROMAINS. 



«îtti a 1« «Mîndre & luy obéir . C'cft affej 
aux Papiftcs pourucu qu'ils pUiflenc en cf- 
■pouintant les homes, nrer d'eux iene Icay 
quetle (aco d'obciICince concrainte. Mais S. 
Paul aAh Je nous faire adhérer a Dieu , non 
point par Tne crainte feruile, maisdVne a- 
moiir de iuftice franche, volontaire. Si alai 

Îre.nous attire par la douceur de la grâce en 
ï(jaellc côiiile noftre ralui:& quant & quât 
nous reproche noftre ingratitude, iînon t^ue 
ayans lenti Dieu nous tflre Père tant bénin 
& liber.ll , nous mettions auffi peine de no 
ftre coftè de nous dédier te côfacrer du tout 
a luy. Et d'autant plus que S.Paul lurmonte 
to* les autre» en matière de magnifier Vexa! 
ter la grâce de Dieu,tji plus aulfi y a il d'ef 
ficace en Ion parler, c.uid il fait vne telle ex 
lioriation. Car fi la doârine qu'il a mile ci 
delTiis ne peut embrafer le coeur d'vn hômc 
en l'amour de Dieu , duquel il Tent la béni- 
gnite ft abondante enuers foy , il faudra bien 
que ce (oit vn cœur plus dur que fer. Où 
locit dune maintenant ceux aulqiiels II fem- 
ble qnc toutes exhortations a fainftete de 
vie n'ont plus lieu.fi tofl qu'on eftablit le fa 
lut des homives en la feule grâce de Dieu: 
puis qu'il n'y aenfeignemens, ordonnances, 
ne menaces qui foycnt fi propres a adrcflcr 
* du ire .1 l'obeiflance de Dieu l'elprit du fi. 
dele.qu'cft vne coniideraiiô attcntiuc, & vif 
fentinicnt de la bontedé Dieu enuers foy> 
Au refte,on peut .nilfi veoir la dcuceurd'ef 
pritquiaefteen rApoRre, entant qu'il a 
mieux aimé procéder cnucrj les fidcics par 
admonitios St prières amiables que par quel 
que façon de comm.indement rigoureux: 
pource qu'il Icauoit bié qu'cnuers ceux qui 
loiit dociles il prnufiteroii plus par ce 
moyen. iljrytH, cffrir-t^yct ttrf. . C'cft donc 
yci le commencement pour nous addrcflct a 
cheminer droit en toutes bonnes (xiiures, a- 
fcauoir que nous fcachions que'nous fom- 
mes côfacrer au Seigneur. Car de là il Pêfuie 
qu'il faut que nous celfions de viure a nous 
mcfmes.ahndedeftiner a l'i.beiflance d'ice- 
luy toutes les operaiiôs de noflre vie . Ainfi 
iloncil y ayci deux cliofes a conlidrrer : la 
première elt, que nous Commet au Seigneur: 
la féconde, que pourtant il nous conuicnt e- 
ArefainA-:pource que ce feroit faire dcfliô- 
neur a la niaicfte de Dieu, de luy offrir cho. 
fc qui ne fuft premièrement conficree . Ce 
fondeme"t cftjnt mis.il Penfutt quâl te quât 
que fainftete nous doit cftre en exercice con 
(inucl.tanc que durera noftre vie fc que c'cft 
rôme vne elpecc de ficrilc^ (i nous retnm. 
bÔ4 en immodicite.pnuice que ce feroir pro 
faner vne chofe fanftifiee.Au rcfte.l'Apoftre 
oblcrue yci par tout grande ptoprieic de 
mots. Premièrement il dit qu'il faut que no 
ftre corps fuit ,jf.,t r, f„„fl,r t Di„> . En 
quoy il donc a eniWre que nous ne femmes 
plus a nous mefmes, mais que nous fotr.mes 
du tout enirei en la piiilTancc de Dieu . Ce 
qui ne fe peut faire autrement qu'en rcnon 
eeant a nou^-incf ines,V'>lre mcfme nous qiiit 
tant totalement. Pii:s.iprcs par les rpitiicics 
qu'il adiuufte , il déclare quel doit eSrt ce 



8d 

facrifice.Car en l'apptlalt iâtyifti fimnii'A 
figniAcque nous lommcs immolez au Sei- 
gneur a cefte condition.quc noftre première 
vieeftant mife a mort t( anéantie en nous, 
nous refTufcitiôien vne vicnouuellc. Par le 
mot de S.<'ii.1,il touche ceftc propriété reqiii 
fe en facrifice.de laquelle nous aunns parlé. 
Car lots l'hoftiedu facrilicc eft agréable £c 
appiouuce, quand la fanAlficatiô a prcccdc. 
Le troifiemc tpitlietc en partie nous admo- 
nefie que noftre vie eft lors réglée comme i( 
appartiêt,nuâd nous addrcITons & lapporiôc 
au plaifir de Dieu ceftc immolationde nom 
memies:d'auire paitautTi il nous apporte v- 
ne finguliere confolation, entant qu'il mon- 
ftie que Dieu ha nofttc eftude puui agrcablo 
& l'approuue, quand nous nous addonnons a 
fainâete& mnocecc.Il appelle f»/»,non pas 
feulement les os & la peau, mais toute cefte 
niafTcdt nos perfonnes.Et il a eiprtlfjement 
s(i de ce mot, afin de mieux ftgnilîcr touteï 
les parties qui font en nous , lelon la figure 
nommée Synccdoche. Car lesmembres di» 
corps font inftrumenspar lefquel«Ies hom- 
mes accompIilTent te mettent en effet leur» 
operationt:autrenicnt il requiert de nous», 
ne intégrité k pureté, nô feulcme't du corps, 
mais aulTi de l'ame & de l'efpt it , comme, il 
eft dit en la i auxThcfla. ç. d J?. Le mot 
Grec que nous auons traduit Offrir , (igniÉe 
proprement Preferter ou Reprereniti Or 
quand il commande t)uc nous nous offrion» 
en facrifice.vrayift qu'en cela il y a vue al- 
liifion aux fatrificcs de la loy donnée pat 
Moyle.Iefquels cftoyct annnez deuant l'au- 
tel comme en la prelence de Dieu Mais lou 
lelTo.s il munftre auec vn terme qui ha grâ- 
ce, quelle promptitude nous deuin» appor- 
ter a rcccuoir atientiutmeni ce qu'il plaifi 
a Dieu nous commander . afin dr le mente 
en effet fans dclay aucun. Dont nous recueil 
Ions que tous hommes, tant qu'il y en a qui 
ni fe propofcnt point ce bui de feruirDicu, 
ne font que traciffer & fe fouruoyer poure- 
mcni. Nous auons auffi en ce palTage quclt 
facificcs fainâ Paul recommande a l'Lgli- 
fcChriftieone . Car en vn lacrilicevnique 
cftans reconciliei a Dieu par Chrift , nouit 
lommcs tous par la grâce ii'iccluy laits (i- 
ctificaieurs,& crpourdcdiet a lj gloire de 
Dieu, & nous, & tout ce que nous auons. De 
facrifice d'cxpuiiun il n'en refte plus jiicuiI 
a faite, & n'en peut-on dreffcr fans grid de( 
honneur de la cmix de Chrift k':p.rt 'jif-n, 
ri.ii/r frtHirr. le penfe (lue ces mots ont efl^ 
adiouftri pour mieux déclarer fc confermec 
les chofcs prccedcntcx : comoie l'il euft dit* 
Si vous aucz délibéré de l'cruir Dieu,prc 
fcntei-Tousen facrifice a luy . Car vo) ta 
la droite & Irgitiine façon de feruir DicUj 
de laquelle ceux qui f\flongnent , c'eft a 
faulTes enfdgncs qu'ils prétendent de la 
ftruit Or fi Dieu ne peut eftre par nous frr- 
ui ail fi qu'il appartient , finon que noua 
compa filons tous Dus fans a la règle laquel- 
le luy mtfme a prefcrite ; qu'on laifle Jç 
quitte a toutes façons de fcruice <l« 
Dieu forgées par Ici hgmaici, lefqucUc» 



Chap. Xn. 



SVR L'EPI S T RÊ 



t.Cn.n.t.i 



«bondroIA il lia en abomination , veii que tlirone orgueilleux qu'ils luy drcnênt>"$ 6l 
obeiflanteluy eftplus agréable que tous le» iette du haut en bas, voire niefme la redu't 
facrifîces qucles hommes luy fcauroyct fai a neant.quand il dit qu'il faut que nousfojr» 
Ted'eux-mefmes.i.Sam i5 . Vr,iy tft qucles ions renouuele? d'entcdenict Car quoy que 
hommes trouucnt belles leurs inue nions, & nous nous Rattiôs,toutelTois cefte fentéce de 
,auffi (comme dit fainft Paul aux Coloffiens Chrift demeure vraye, QuM faut que l'hom 
«■d.ij,)cllcs ont vne monftrede vaine appa- me qui veut entrer au royaume de Rieu,r«- 
rence de fagefle : mais nous oyons ce que le naifle cnticrementrcar auffi nousfonimesdu 
luge celeftc pronôce a l'oppofite par la bou- tout eflongncj de la iuftice JeDieu en nofire 
ehe de fainft Paul. Car en nommant Serutcr cœur.Sf en noftre entendement. ,^^1 ^«''l^rta 
riifcnnal,le,cel\xy qui cil félon Ton comman- uicx^qMllecJl. Yci nous auons la 6n pour la- 
<lement,toutesJes choies que nous entrcprc quelle il a elle dit qu'il nous conuient eftrc 
rons outre la règle de fa Parole il les reict- reueftus d'vn entendement nouueau: c*eft a- 
te comme folles ,niaifes ,& plenes de te- fcauoir, afin que renoncans a toutes conce- 
merite. ptions & defirs proccdans tant de nous que 
I Et nt yem ccnfimfn^ feint ace mmile. des autres , nous regardions fans cefle a I» 
Côme ainfi foit que le mot de Minile ait plu. feule vocation de Dieu, de laquelle rintellï 
lïeursfignificatiôs.il fc prend yci p"our le na gence eftia vraye fagcITe.Or f*jl eftneccflal 
turel & commun train ou façon de faire des re que noftrf entendement foit renouuelé, a 
hcmmes'aufquelles chofesnon fanscaufc il ce que nouspuiffions efprouuer quelle eft la 
défend de nous conformer .Car puis que le volonté de DJeii.iI appert par là côbieti il eft 
monde eft tout confit en mauuaiftie, fi nous contraire a Dieu. Les epithetes qni font yci 
voulons vrayement nous veftir de Chrift , il adiouftez, tendent a la louange dé la volon- 
nous conuient defpouiller tout ce que nous te da Dicu.afin qu'en plus grande alaigiete 
auons de l'homme . Et afin que cefte façon de cœur noui-nous efforcions de nous con. 
«ic parler ne fuft douteufe, il l'expofe par le former a icellc.Et de faift:pour reprimer & 
eontraire, en commandant que nous foyions rembarrer noftrc obfti^ation & fiere opinia- 
tr4n^fctme7i^p.irlete>i!uuel!ememde ncjire feni. ftrete.il eft dn tout neceflaire qut la louan- 
Carces antitheies par le'quelles la cliole gede iuftice & perfcftion foit entièrement 
eft plus clairement exprimee.font tout com attribuée a la volonté de Dieu, fans en rien 
wunes & ordinaires en l'Efcriture . Or il donner ailleurs Le mode fe fait a croire que 
nous faut yci noter fongneufenient. quel re- les oruures qu'il a forgetsa fon plaifir, font 
nouuellement eft requis de nous , afcauoir bonncs.Sainft Paul au contraire crie haut & 
que ce n'eft pas feulement vn renouuellemêt clair, quec'cftpar les commandemeni de 
Jela chair.ainfi que les Sotboniftes prenent Dieu qu'il nous faut faire l'cxamê pour fca 
le mot de Chair, afcauoir pour la partie in. noir ce qui eft bon & droift. Le monde f'ap. 
ferieure qui eft en l'ame; mais auffi de l'en- plaudit & fc niignarde en fes inucniiôs:mais 
tendcmcnt.qui eft la partie la plus excelleo S.Paul afferme que rie ne pl.nft a Dieu.finon 
te en nous,& a laquelle les Philofophcs at- ce qu'il a cômandé- Le monde, pour trouuer 
tribuent la dommatiôen l'Iiomme. Carmef perfcftion, laiffe la parole de Dieu,* f'en va 
mes ils l'appellet d'vn mot qui fignifie Gou- cliercher des inuentions nouuelles ; mai» S. 
uernement &r côduite de capitaine: & difent Paul cftablilT.int en la volonté de Dieu tou- 
que la raifon eft comme vne Roine tant fa- te perfcftion, niyftrc que quicôquc parte ce» 
ge. Mais fainft Paul renuerfc bien yci ce bornes, f'abufe de faufl'cs imaginations. . 

} Or^arldgrAcequ'tmefldonnce^tedta chacun d'entre 
^OMS, efue nulneprefù.me de fcatiotr outre ce qu il faut fcauoir: 
maii ofH il (ott fage afohriete \ corne Dieu a dcfarti a ^n chacun 
la mefùre defoj. 

î Qrj'itr 1,1 grue. Il y a en fainft Paul Caries mpts defquels il vfe, emportent aii< 

mot a mot. Car iedi par lagrace,&c. com- tant comme, fil difoit , le ne parle pas de 

me fi c'cftoit pour rendre raifon.v\- (1 nous le moy-mclnic,maiseftâtamba(ladeur dtDieu, 

prenons ainfi, cefte fcntence f'entretiendra ie vous apporte ce qu'il m'a cniointd'annô. 

alTez bien aucclaprccc^ÇtcCar pource que cer. Comme il a défia fait au parauant.il ap 

ît auoit dit qu'ilfaloitq toute noftrc cftude ptUc yci fon office d'Apoftre lie ,»f\a de 

fiift employée a chercher la volôte de Dieu, mapnihcr en iceluy la bonté de Dicu,&quâe 

le propos requeroit que par metmc moyé il & quint donner a eniêJre qu'il ne f'ell point 

nous dtftournaft de vaine curiofite . Toiitcf- ingéré ou auancé par tcmeriti- mais 'lu'il a 

fois, pource que louuent le mot Cir , eft fu- cftc conftitué en l'oificc par vocation de 

perftu en fainft Paul, on pourroit prendre ce Dieu /\infi doncvfantde cefte préface pour 

ci comme eftant couché en fimole affirma- fcdonner authorite, il ^iftreint aulTi les Ro- 



recc 
nple altirma- 
tiô. Car mefinc en cifte forte le fens ne bif- 
fera point de fort bien couler. Or ananc 
que commander , 11 fait mention de l'au- 
ihorite qui luy eft donnée, afin qu'ils efcou- 
tent fa voix.ne plus ne moins comme fi c'e- 
ttoit Dieu mcfme quiparlaft en pcrfonnc. 



mains a cefte neccflitc d'obéir, finon que 
ils vueillcnt mefpriler Dieu en la perlon- 
ne de fon Miniftre . Apres cela renfiiit le 
commandement, par lequel il nous retire de 
tout defir d'enquérir lis choies qui ne peu- 
ucnt apporter qui tormi ns a nos cfprits , Se 
point 



A V 



X R O 



MAINS. 



il 



point d'tdificstion: fe dcfcnd qu'iucim ne 
raiiribne point plus que fi capaciic Sc\o- 
cici'nn ne porte ■■ & qu.int Si quant nom ad- 
rnoneftc de penfcr & méditer leï chofe» 
feulemenr qui nous pourront rendre hum- 
bles & modeftes. Car l'aime mieux prendre 
• infi ce propos , que comme Erafme l'a tra- 



fon efgard fe doit pfopofer.eft de Te tenir au 
dedans de la grâce de foyque K- Seigneur 
luy a confcree.Sf ne pafler point plus auant. 
L'affcûation donc & curionte de (caunir fu- 
perflue.ne confifte pas feulement a l'endroit 
des cliofes fuperfliies, & defquelle» laco- 
gnnifTanceeflinutilc.'maisauifi en celles dcf 



<]uelles nous ne nous dénions point foucicr. 
ittiiSriitir </»i i>tf,c'ell employer fon cNu 
de 1 entendre les choies que nous cognoif- 
fons eftre propre p( ur nousduire* ranger 
a mode Oie . Ccm-ne Piru rn .< rltjfirii a yn chu ■ 
m» . Il y a en lainft Paul mot a mot, A vn 
chacun comme Dieu .1 depirti'mais c'cft v- 
ne figure <|n'on appelle Anaftrophe.c'eft a di 
re.vnetrâ pofition de mots, en lieu de dire. 
Comme Dieu a départi a vn chacun . Or en 
cet i cft exprimé le moyen de cefte fobriete 
de feauoir.delaqoïlie il parle. Car d'autant 
que la diftributiun des grâces cil diuerfe, 
la droite mefurc de fcauoir que chacun c n 



duit.Q^'e perfonne ne prel'ume de foy parfic quelles autrement l'intclligece eft proufita- 
reteipoiirce que ce fcns la eft vn peu tropef ble.quand nous neregardons pas iulqucs où 
longue des mots de S.Paul ,ti l'autre con- f'eOend le don que nous auonsreceu, mais 
uient mieux au fil du propos. Ces mots. 0«ire par témérité & audace outrepaDons la me- 
rrfit*i//jiir,V'Kcir, déclarent que c'eft qu'il a lure d'intelligence que Dieu nous a donnée: 
voulu entendre par le mot précèdent rc'eft laquelle importunite & prefomption Dieu 
que nousp.ilfons la mefiirede fcauoir.quâd ne la ifTc point demeurer impunie . Car on 
nous nous trauaillons après des chofes, del'. voit le plus foiiuent en quelles reriicries 

Pcntortillent ceux qui par folle ambition 
fcllencnt outre les limites que Dieu leur a- 
uoit eft.:blis. Le fommaire.ou la fubftance 
du propos eft, Que cela cft vne partie de no. 
ftre facrifif e tailonnabic , quand chacun ap- 
porte vn cfprit duux & docile , pour fe laif. 
ier corduite & g'uiucrner a Dieu comme il 
luy plaira. An refte , comme ainfi foit qu'en 
cppofant la foy au iugemét humain, il nous 
deftourne de nos inuentions.il adinuftc qiiât 
8r quant expreflecmct Lu ntcfutr, afin q«e let 
fidcics Pcntreiicnent auec humilité, raeC- 
me en leurdefaut:fe contcntans de la por« 
(ion de grâce qu'ils ont rccciie. 

4 Cttr comme nom Auons plupenrs membres en ^n corps^^ 
tosn les membres n'ont ^ne mefmc opert^tto-r, 

5 yiinfi ^ nous qui fommcs fl/tfcun , fommes ^n corps en 
Chr/J},^ ch^tcun fommes membres T^n de feutre: 

6 I Mats touteffois djans dons dtfferens , félon la ^>''t^c ff*i •'''''•♦• 
tjot^ efl donnée , ou prophétie , prophctifonsyr/o« la proportion '^' r\f 
defoj: 

7 Ou mini flcre Soyons en admintflration:oucelttj^ui en- ■ /? 
"eignet'endoirine: ç ■ ^ 

8 T.t cjut exhorte ,« en e hortation : ofui dtflrtbue., le face en 9 ^, 
fimplicite::ftt> prcjide^lc C3.cc/ongneupmet:c1ui fait mifcricorde j - 

I le face iojeufemcnt. 

4 Cjrf-mmi-wîMj .(,T,«i. Ce qu'il auoit dit posit la faiitprlncipalemêt ainfï appliiguer: 'j 

«ju'vn chacun diiit limi.erl'on IcaUnIrfclon Que cômele^ membres d'm corps ont leurs $1 done 

ficuliez & proprieter diftinttcs , & toutes ç • 

cliules.lifti.iacs, & n'y a mcbrc.ouqui ait CniCl- 



A 



la mefure de f.i foy , il le confirme injin 
n<int parla vocatiô Ji: tous tiJcIcsCar non» 
fumnus appelez a Lcfte condition, que nous 
yenion-. a eftre vnw comme en vn corps: 
confidcii que Clicift a ordonné vue telle 
fi.cieie fk coni.iiition entre loii» fis tidcles, 
qu'il y aeiure les nirbres du corps humain: 
A pource que les lie,iiimcs ne pouuoycui 
d'euxniefmes falfeinljler en vne fi gran. 
de vnion ,luy-mel"iiir a tfte fait le litnje 
cefte conionftion. Pource donc que la con- 
uenanee qu'on voit au corps iiiiinain . doic 
•uflieftrefemblaMecn !.. côpagnie dcsfide 
les, il prend de I j vue fimiliiiide pour prou- 
uer coin'aien il eft ncceft'iire que chacun en 
fon endroit fcaclte que c'eft que porte fj na- 
liirc.f i capacité K l'j vocition . Or comme 
«infi (tut <'iie cefte limilituJe fe rappoitr 



toutes faciilicz ou operationi enfcmble , ou crj-jp. 

qui tire a l'oy & viurpe l'office des ai;r;s: è^ 

aiiifi aiilïi Dieu nous a difpenfé diucrsd.'s, ITlCnf. 

& par cefte diftinâion a ertabli l'ordre qu'il 

vouloir eftre oblerié entre nous : c'eft que ""jCi- 

clmcuii fe g.iuuerr.c Si modère félon la m.fii llOftCl 

redc fa facultc.i ne Pingerc d'cntreprêdre . . 

ce nui fadrelfea autre ;& qu'vn ne dcfire CClUl 

point d'juoir tout enfemble, mais que fe lô- niii 

tcntani de fi condition, il ne luy face point 1 

mal de fe déporter d'vl'urper ce ciul cft de ••t»'.)<».7 

l'office des autres Touteflois, touchant ain- 

fi en termes exprès la communion qui eft 

eniic nous, il donne anflï a entendre quit ik 

tiuaur.qucl foin & ^ff.ftiô vn chacun doit •- 

noir de côfctcr pour le blé cômun de tout le 



diucrfcscôfiJcraiiunt: quant auprcfcntpro corps de l'itltUMQUictles gr;ces qu'il Ufc 

l.i< 



Cliap. XII. 



SVR L'EP I ST RÉ 



5 Hitir ttaerffcii ayant Acny rliffcreni. 
Sainft P.mlyci maintenant nenousprcfclie 
pas fimplement d'entretenir entre nous vne 
amour fraternelle: mais nous rccôiiiâJe mo 
dcftie, <)ui eft vne vertu, laquelle, qtiid nous 
l'auras, elle fera pour bien moilercr & com- 

riafler toute noftre vic.Ch.icun defireroit vo 
oniiers d'eftre fi bien fourni de tout , qu'il 
n'enftaucun beloin d'.iid« des frères; mai» 
c\ft en cela que confifte le lien Je commu- 
nication mutuelle , quand il n'y en a pas vn 
<jui puifli- fiiffire a fciymefme.maisque tous 
font contraints d'emprunter les vns des au- 
tres. le confelTe donc que la fociete & com- 
pagnie des fidèles ne peut autrement confi- 
ner, finon fjUe chacun fe contentant de fa me 
furejdcpartifTe aux frcres les dons qu'il are 
ceus , & fou/fre .lulfi d'eftre mutuellement 
aide des dons qu'ont les autres. Mais fainft 
Paul a principalement voulu yci reprimer 
ccft orgueil qn'il fcauoit eftre naturelle, 
tnent enraciné es hommes : & afin que cla- 
cun ne fc fafchc de n'auoir pas tous les dons 
qu'il voit es autres, il nous aJmonefte que 
te n'eft point vne cliofe qui fe face fans vn 
tre fbon confeil de Dieu , de ce que les grâ- 
ce» font ainfi diftribuecs , a chacun l'a por- 
tion : d'autant qu'il cft expédient pour le 
bien commun & la conferujtion de tout le 
corps,que nul n'ait vne telle plénitude &fi 
parfait accompliflemenr de tous dons, qu'il 
puilTe mefprifer fes frères fans en auoira 
fouffrir Nous auons donc yci le principal 
but auquel tend 1" Apnftre, Afciuoir que ton 
tes cliofes ne conuienent pas a tous , mais 
que les dons de Dieu font tellement diftri- 
buez, que chacun en ha fd portion certaine 
Mimitee:8( qu'il faut mie chacun en fon 
endroit (oit tellement fongneux de confé- 
rera l'edificationde l'Eglife. les dons qn'il 
a rcceus , que nul ne prcne la charge d,'au- 
truy.laiffant la fianne . Car en ccft ordre râe 
beau. 8/ comme proportion fi conuenable, 
confifte laconferuation de l'iitat de l'Egli- 
fcafcauoir, quand chacun de fon coflé con- 
fère tellement en commun ce qu'il a receu 
du Seipnenr , qu'il n'cmpc'che point les au- 
trc'-Qiiiconqiie trouble ccft ordre, ceftuy la 
fait la guerre a Dieu, par l'ordonnance du- 
quel il a ainfi cfte eftabli. Car la différence 
& diucrfiie de dons n'a point efte mife par 
la voloiiic & d.fpnfition des hommes , mais 
c'cft d'autant qu'il a pieu au Seigneur de dif 
penfer en ccfte manière fa grâce . S'.it frt^ihr- 
»'!•. Maintenant mettant en auant pour ex. 
emple que'ques efpcce5,il monftrccom- 
ment chacun fe doit du tout employer a fai 
re valoir S; proufittr la grâce qn'il a^e. 
ceue.nepliu ne moins que les gendatmci a- 
Uifent a tenir bon chacun en fa place . Car 
anffi,ious dons ont chacun quelque but pro 
|>o(é .-.Uquelils tenilenrS: dutiucl le dtitiair 
lier.iucunement, t'rft difii profaner ledon, 
il en al.ufer. Qnanr a ce que la fcntcnce tft 
vn peu cmmcfticnous la pourrôs mettre par 
ordre ainfi, rn failani cômenrrr la conclnfiô 
en ceft endr<)lt:CcIuy donc qui haProphetie 
qu'il la côp.flia la iTopnriiôdc foyrqiii ha 
miniftïre.qu'ilen vfeaadiiiiniftrer': qui ha 
<loAriiie,(ju'il en vfc a enftigncr,&c. Ceux 



qui viferont ainfi au bilt,fe tïendrôt comintf 
il faut au dedans de Icars limites, (ans nanér 
outre. Au refte,on prend ce palfage en diuer. 
fes fortes. Car aucuns prencnt Pnj'hetie pour 
ce don de prédire les chofes a venir , lequel 
enuiron les cômencemens de l'F.uargile on 
a vcu fleurir & auoir lieu en l'Eglifc^comme 
auffi le Seigneur a voulu lors parto' moyfs 
magiifier & exalter la malefte & excellen- 
ce de fon regncSc ceux lapenfent que ce qui 
Ceriùiit, Se/ai /■! fi cjj'.nh,! itrfcy,(t doit rap- 
porter a chacun des membres eui l'enfuy» 
uentence propos. Mais, quant a moy.i'ai- 
me mieux fuyure ceux <iui eftcndent ce 
mot plus auant.a vndon fpecial de reucla- 
tion, afcauoir quand vn hninmc ,-,ura dex- 
térité fi doftrine a faire office d'expofitcur 
en déclarant & donnant bien a entendre la 
volonté de Dieu. Ainfi auioud'hiiy en l'E- 
glife Chrcftienne , depuis que Chrjft & foa 
Enangile ont fait la côclufinn de toutes le» 
proplK ties-anciennes,& de tous les or.icleï 
de DiiU, Prophétie n'eft quafi autre chofi: 
qu'vne droite intelligence de i'hfcntiire,Sc 
vne dextérité fingnlierede la bte exjiliquer- 
Car aulfi lainâ Paul l'a mis ailleurs en co 
fcns, quand ildiloit, le veux bien que vous 
tous parliez largages tftrangts; mais enco- 
re plusque vous irophctlziej-'i.Cor.i.v.a.s. 
Nous cognoifi'ons en partie, $i prophcti- 
ïons CI» partie, i.Cor.ij.c 9- Et de faiA.iI 
n'appert point que S Paul ait voulu yci re- 
citer feulement ces grâces admirables, par 
lefqiielles Chrift a au commencement en- 
ritbi & comme fait triompher fon Euangt 
le mais pluftoft, au coiuraire , nous voyon» 
qu'yci iout ri citées feulement les grâces 
ordinaires , & qui demeurent toufiours en 
l'Eglife . Auffi il peine femblc pas qu'il y 
ait grand' fermeté en ta raifon qu'on amène 
au contraire, aicauoir qu'en vain l'Apcftro 
euft dit ceci a ceux, Icfquets parlas par l'E» 
fpi it de Dieu ne pouuoycnt pas dtre Chrift 
eftre fxecrable,i.Cor.i:.a ;.Car côme ain- 
fi foit qu'il telmoigne ailleurs, i.Cor.i4.f. 
32, & ;o, que l'efpru d'vn prophète cft fiiiee 
au» Prophètes: & commâde que celiiy qui 
parloir auparaiiant. fetail'e (^il eft reiieléa 
vn autre qui eft affis : par finiblable raifon 
il peut bien yci admonefter ceux qui pro- 
phétisent en l'Eglife, de co:iforirer leur» 
prophéties a la règle de la foy, afin qu'au- 
cunement ils ne fe dcfuoyent du droit but. 
Par'cmotde fy,\\ entend les premiers 
fondemeiis & principales maximes de la re 
ligion , aufquelles toute doctrine qui fera 
troiiuce n'eftre pas accordante , fera par ce 
moyen rcprounee S; déclarée fanfte Iln'y a 
pastant de difficulté es autres inêbres qui 
f'enfuyuent . Ccluy(dii-il)qui cft ordonné 
luiniftre.face la cliatge<-H.«'>n/.iiy?r.«ri3'i, & 
côfidere qu'il n'a point efte appelé a ce de- 
gré pour 11. y. mais pour les autres. Comme 

f'ildiroit,Qii'i"^K^S"''" ^' '^' <:''yg« «n 
adnuniftrant vraycment, afin qu'il le mon- 
ftre tel que fim nom cmporie. Comme incô 
tinêt après fous le mot de D-n»''",iI recoin 
mande auxDoftcurs \ne édification foliHe, 
en ce fens , Que celuv qni hn le don de do- 
«rine.fcaclic quel» fin il'icclle cft.qucl'E- 



AVX ROMAINS. 



82 



jlift lit vue inftrnftion vriye-î; «jn'i! nere 
carde 1 autre ctinleilmun Je lairc par fa do 
itrinc t)ue l'Fglile proiifitc , & foit mieux 
ciilcignee. dt tc1uy-l.i cl( Dnfteiir qui in 
*ruic & endoôrine l'Kglilc par la Parule 
de vente Q^e celiiy qui ha la gr.ice & le 
•ion 'i'txhtiir, ce (jropufeccftc fin d'exhor- 
ter aucc erticacc. Au reftc.vray cft que ces 
offices ont grande altiniie, voire inelmc «ô- 
ioriiiô cnfeinblc' mais toutefl'ois lUnc laïf 
fenc pasd'cOre diuers & ditTerens il eft cer 
«in que nul ne peut exliorter rinon aucc Jo 



iltdiftnbuent fidelemtt ce<lullcur eft mi» 
cutrcmains:& (juant aux autrt;s,il veut que 
ili facent icytufmrnt le l'eruice iiu'ils Icrôt 
Iclon leur cliarge : de peur que fils y pro- 
cèdent auec chagrinou quelque contenance 
deldaigneu(e,cc a ne l.ice perdre toute grâ- 
ce a leur l'eruice , comme l'ouuent il en ad - 
uient Car comme il n'y a rien qui conlole 
Se foubge plus la pcrfonnc malade , ouat. 
Higee tu quelque autre l'urte,que quand el. 
le voit que il'vn CŒur alaigrc & au;c vn* 
promptitude de cour.ige on l\mployeale 



4krine; il ne l 'enfuit pas toutcfl'ois que ce- fecourir:aiiifl Pilappcrcoit vne iiiltcflecn 



luy <]ui lia le dond'enlcrgner , ait pourtant 
la grâce d'izlinrtcr aulTi. Scmblatilcmrnt 
oui ne prophctiiiion enlcigne, ou exiiorte, 
eue quant S: quant II ii'aiiminiftrf ; mais il 
lirfâi que nousgirdions la djUmâion telle 
^nc n«u? la voyons es don^ de Dieu , Si la 
cn^noilfont cAre conucnabic a l'ordre de 
l'Egl.le. 

cei derniers membres iiuus voyons apcrte- 
mtnt , qii'yci nouieft monftré quel eli l'v- 
fage Ic^itimedcsdonsdeDlcu . Pjrceux 
^ui (/yl. l'inr»;, il entend yci non pas les gens 
qui font aumoinc de leur propre bien:niai> 
le> Diacres qui font députez pour départir 
les l>icnt qui jpparticnenc au public de l'Ë- 
glile. tt par ccuj </"' f"" mifrri.crjr , il en- 
tend les vcfucs & autres miniftrei.lcl'qucls 
fclon la courtuine de l'Lglifc ancienne c- 
fiuyent commis pour auoir foin des poures 
& les pcnfcr . Car ce font deux diuerrci 
charg.-s, de poiiriinir aux neccrfitci des 
pourcs en leur touriiifTii laigcut,& de ('cm 
pinyera lespenfcr & ttaiilcr Ail rcfte.il at 



la l'ace de ceux qui luy afiilleni.il interpré- 
tera cela conome vn mrf^ris & dcidalnde 
fj ptrlonne. Qi^iant a ceux 7«> (■rfidtnt, com- 
bien qu'il nomme ainfi proprement ceux 
qui cftoycnc dcputr' pour le gouuerncmcc 
de l'hglife.Cor c'cftoyent " ces Anciens lel- 
qucls en chacune l^lil'c auoyent lupcrin- 
cendance fur le relie du peuple quant ace 
qui concernolt les mœurs , &: fjilovent U» 
.-•dinonitioi.s pour la ctHiTcruation de L di- 
fcipline & corrtition des vices) touteffoi» 
ce qu'il dit d'iccux.le peutaulli «llcdrcvnl- 
uerklleirent a toutes elpcccs de prccini- 
ncnce ou gnuuernemcnt ■ Car il n'eftpas 
requis vn petit loin en ceux qui doyuenc 
pouruoirau repus de tous les autres, ne pe- 
tite diligence en ceuX qui doyuent inur& 
nuit taire le guet pour la confcruatioii de 
l'ellat commun. Combien que la condi- 
tion de ce temps-la moudre alTcz que lainâ 
Paul ne parle p.t généralement de tout 
ceux qui prcfideni en quelque lotte, & onc 
quelque preeminece (car il n'y auoit point 
lors Je niagiltrais fidèles) mais des Anciens 
qui cdoyenc ordonnez pour Veiller a la cor 
rcvtion des mœurs. 



fliiuiii tija. 



tribueaux premiers //'.n/)'i'..«' . par laquelle 
fans traude ilt Tans acception de perlunncs 

<) La cLtrite (oïtftjjsfctnTtfeXo-'fCï detc flans le mal,'s;ottf 
AÂioigyiétns au hien. 

xo \Encijns par charité fraternelle a aimer [\n l'autre: 
Jfreucnar.s l\w l'autre far honr.cur: 

1 1 Non farcjlux a faire fi Hice :pruans d'eJJ>rit:fèruans 
*du temps: 

Il lojeux en e(j>erancc:patiens en t>ibnlation:\perfcHeras 
enoraifàn: 

i\ \\CommHniquans aux necefitez, desfainifs: '^fourfujuas 
hojl'italrte. 

pas feulcmêtaur autres: mais Ils fc trôpent 
audi eux nicl'uics.en le tailât acroire qu'iif 
toni alfet biê leur dcuoir a aimer ceux cti- 
q;icls non Uuicme'i ils ne iicnenc côte, niais 
anfli lis reictitnt a la veriie . /kCvItrcaufa 
lainft PjuI I rcini.nce jrci que ce n'tft point 
ciuriteauticmenr, liiion qu'elle ioM def- 
pouillee de toute l'eintilc . Or vn cha- 
cun peut tacilenicit cittc lermoin a l'oy- 
nicline , afcauoir.mnn l"il n'a pont quel- 
que cacheiie audcdi^iie l'un cceur, laquel- 
le l'on répugnante > ,:l.arilc. Ces mets Bum 
&• *»a/Qui l'cnlu; uc -c inc-ntinert au te». 
x»iMicfcyiilfi% eu la ijg.iiticaiieo gc> 



;.ri.i;..<.i. 

I prr iJ. 

•ou au 
SciG;ni'- 

i.Ccr:l6» t 
Hn. ■> 4.1. 



U .hitiir (Mtf.tm fclanCe . Voulant 
mainicrani initire les enlcigMcmcns •{Ui cô 
cernent le dcUi/ir ues particuliers , comme 
ilaii'agueres pailé de ccluy de ceux qui 
•nt quelque char{;c publiquciil comiEcnce 
bic propicniët par chante, ciui cl) le lien de 
pcifcâion . Or qu.iiit a icclle il Tait vue ic- 
n>ô'liïce c|ui cfiiiii Ion neccir.iire,aicauoir 
aju'il laut ij-ch.wite procède d'vne pute ly« 
cente S: jO'-.Aio nayluc.tuUte Icintilc & (i- 
niulaiiii mile t>as.Car un ne pourroir pas fa 
cilcine'i dire, côhicn quafiious liômcs l'ont 
rubiilc acûirct'airc ch4ritc,la<-ucl!>: ils ne 
«ai piiit a la tente Car en cela ils oc taitit 



Chap. XII. 



S V R L'E P I ST RE 



, neralc : maïs l'Apoftrc'a mis S/.«/,pour vne 
perucrfitc malicicure par laquelle onpor. 
te dommjge aux autres :& Ber, pour v- 
re bcnignite & debonnairete a leur affilier. 
Et c'cft vue antiihcfe alfci commune en l'E. 
fcriturc.quand on défend premiercnu-nt les 
vices, & puis on recommande les vertus cô- 
traircs . Au rcfte.il y a yci vn mot Grec, en 
la rrandation duquel ie u'ay fuyui n'Etafme 
ne l'ancien Traniijteur Latin, qui l'ont tra. 
duit,Hayllins:c.ir félon mon iiigeinct fainft 
Paul a voulu exprimer f|uelqiie cliofe d'a- 
uâtage.Et le mot de P.uflrr.qiie i'ay prins, 
ha vne véhémence qui rcfpond mieux aux 
membres oppofites,oi\ il commande non feu 
Jement de nous addonner a bien faire aux 
autres.maisauffi de tenir bon en Ctfl cïerci 
ce , & dV eftre fermes, voire comme.collez: 
car auffi le mot Grec fignifiecela. 

10 Enc/ill I p.lr rh.tritr fraternelle, ir-c. \\ 
re peur trouuer termes .-iflcz fuft'if;<ns a fon 
gre pour exprimer l'ardtur de celle dile- 
ttion , de laquelle nous nous dcuons aimer 
mutuellement l'vn l'autre Car >l l'appelle 
Frjternelle,& nôme l'alfjftion d'icelle d'vn 
mot Grec,i'(:>»iî, qui'fiRnifie celle afftftion 
«ayfuc & inclination naturelle que les pa- 
rens ont af'entr'aimer. Et de faiut , il faut 
que l'amour duquel nous aime s les enf.ini 
de Dieu, (oit tel. Pour ce faire, il adioufte vn 
commandement fort nec^lTaire pour entre- 
tenir la bonne (;race& amitié des vos r,ui 
autres, que chacun de i'^n pouuoir porte lion 
neuraux frères. Car il n'f a poifon plus pro 
pre pour rompre amitié 8t enucnimer les 
coeurs, que quand quelquvn pcnle qu'on le 
niefprife . Au refte,fi on veur par le mot de 
Hmmur , entendre toute eTpcce o'hiimanl- 
te,ie n'y contrcdi pas fort; toutclTois l'autre 
première interprétation me renient plus. 
Pourcc que comme il n'y a rien plus contrai 
re a concorde fraternelle , <iuc le toit qu'on 
tient aux antres procédant de fiercte , afca- 
tioirquâd chicun f'cdeue mefprifant les aii- 
tres:ainfi c'cft vn fouuerain moyëpour nour 
rir & entretenir amour.qiic modeftic,la(|ucl 
le fait que chacun porte liôneuraux autres. 

11 .\':v. [<.t„i-.tiiV A f.tite ft.mtct-c. Ce 
commandement oous tft donné , non feule- 
ment ponrce qu'il faut que la vie Clircftjê. 
^econfl(^een pratique continuelle, mais 
pource que fouuent il nous connicnt mettre 
en arrière noftrc proufit particulier , pour 
nou« employer enuers nos frcrcs'voirc ciico 
rc n'adiiiendra il pas tonlïours que ce foyét 
gens de bien & qui le meritent.mais fouuen 
telTois c: fera enuers gens qui en font du 
tout indignes Je Ingrats iiUques au bout. 
Brici , pource qu'en pinlicnrs endroits qiH 
concernent noflre deuoir , il faut que nous 

) nous oublions nous- mefmc: fi nous ne nous 
fnlieitons ,8r trauaillons Hiligrmme't a nous 
defutlopper «le tonte nonchalance , limais 
nous ne pourront eftre vrayemenr adiliiire 
Jicnir obéir a Clirift , U le (eruir aiiec prom- 
ptitude. Ce iiiii l'enlutt après. fitxruti^E. 
fl'rii! exprime comment c'cft que nous pour- 
rons obtenir l'antre poinft précèdent. Car la 
cliair cft coiifivurs lafclic , Ht lire en ariierc 



comme vn vieil afnc, & pourtant elle fia bf- 
foin d'eftrcpicquee & aiguillonnée. Or il 
n'y a que l'ardeur de l'efprit feulement ^ui 
puilfe corriger noftre parelîc. Le foin donc 
de bien faire a nos prochains requiert ra 
zèle que l'CPpriide Dieu ait allumé en no» 
cœurs. Vourquoycft-ce dôc, dira quelqu'vn, 
que fainft Paul nous exhorte a ccftearueur? 
le refpon , Combien que ce foit vn don de 
Dieu, que toutcffois ceci eft enioint aux R. 
deles.afin qu'ils fe refneilltnt a bon efciët, 
& fe defueloppcnt de toute parc fie . pour re- 
ceiioir en eux ce fcn que Dieu allume; com- 
me le plus fouuent yl aduienique nous c 
ftouffons par ncftre nonchalance , & eftei- 
gnos les bôs mouuemcs de l'Crprit, lelqneJs 
Dieu nous adrcflc'. A cela nielme au'filë 
rapporte le troifiemepoii;ftqui ('cnCuy<,j!iuf 
ijcuï [erHÎoit .lu temps . Car pource que le 
cours de noJiie vie cftbref .l'oj portuniteêi 
occifion de bien faire l'efcuule incontinent: 
& d'autant plus Ont il que nous nous ha- 
ftions alaigremcnt de faire noftrc deuoir. 
Suyuâtccla S.Paul en'vn autre paflage nous 
adueieit de racheter le tcps , pource que les 
iours fontmauuai'.Ephtlf.î.d.irt . Ces n\ots 
pourroyët aulfi aiioir vn autre lés.afcauoir, 
Q^"C nous fcachions nous accommoder au 
temps: ce qui fert beaucoup foiiiienteffois; 
comme an contraire , a faute de le fcauoir 
faire plulîeurs bonnes cliofcs demeurent en 
arrière . Mais il me fcmhlc que lainûPauI 
commandant de leriiir au temps, met ce 
mntla a l'oppofiic de ParcITe ?r nonchalan- 
ce Au reftf, pource qu'en plufieurs anciens 
exemplaires Grecs , il y a , Seruans au Sel» 
pneiir:ie n'oie pas enrierement reietter ce- 
fte lefture- la, combien que de prime face tl 
le pourroit femblcr eftre hors de propos. Et 
fi nous la voulons iuyiirc , ie ne doute point 
que fainft Paul, pour donner toufiours mciU 
leur courage aux fidèles, n'ait voulu rappon. 
ter au feruice de Dieu toute l'humanité dôt 
on vfe enuers les frères , & tout ce qui l'en 
a entretenir charité- 

II \:ye:i1 en eÇpet,1tice. Cci trois points 
suffi font conioints l'vn a l'autre. S; fem- 
blrnt aucunement dépendre de l'antre pré- 
cèdent, Seruans au temps Car ceftnyla f'ac- 
comn ode fort bien au temps , & employé 
r,>t-cafion a fiiyurc fa courfe coiirageufe- 
inent,leq.<el conftitue fa ioye en l'efperan. 
ce de la viea-venir,S: foufticnt patiemment 
les tribulations. Mais comment qu'il en foit 
(car aulfi cela n'emporre pas beaucoup , oQ 
de les conioindre auec le précède i^t, on de 
les rcpareriil nou' défend premièrement de 
nous arrefter c> biens prcfrns , & de meure 
noftre ioye en la terre & es choies terrien- 
nes, comme fi noftre félicite nous eftoit là 
alTii;"CC : & au contraire nous comman- 
de il'. fleuernosefpiiisaHcicl,a(inque nous 
iouiffion^ d'vnc ioye ferme S: parfaite . Sj 
nous conftiiiions noftre ioye en l'ffperance 
delà vie a- venir, &■ la tenons là comme en- 
clofe , cela nous engendrera patience en 
adiierfite : irautant qu'il n'y aura fenti- 
nienc de dou'enr qui ait le pouuoir d'a- 
iieaiitir vne telle ii ye . .'linfidonc ces deui 
chofcs 



n 



AVX ROMAINS. 



8î 



c'iorc» f 'enrreticnct cnfimblc, fi font li«$ d'aide (pourcf que nou» eftimon» que ce 

l'vncj rentre, afcauoir l.i ioyc proccdan- fcriut choie perdue de ralfiftance cjiie 

te d'crpcrance, & patience en ailuctTitc Car nous leur ferions) Dieu nous recorrman- 

îaitiais homme ne fe ranger.) pailibltmcHt de ceux-là firgulifremeni & Cpecijlcnicnt. 

& u'vn cTprit pofc ,» porter U ccoiï , finon Or lors nous monftrons auoir vne vrayo 

3 u'il ait apprins de chtrclitr la félicite liors charité , quand nous alfifions aux frère» 

u monde ,. -.fin d'.nidoiicir l"amertiime , & neceniteuï , non i>rUr autre regard (juc 

alléger la pefanteur de la croix par la con. d'exercer charité- Or vue parue d'icellc 

folation d'elperance Or pourcc que l'vn Se cliarite , voire & qui n'ell pas la |>lus pc- 

l'autre (urmonte de beaucoup nos forces, tite .confiftc en Hf;'''»^''' . c'eft a dire en 



il eO befoin de f 'inciter a oraifon , Sr prier 
Dieu inctlT.imment qu'il ne permette point 
que nos coeurs dcHtcnent lalchc, & retom- 
bent a cefte terre , ou ( 'aneantilTent par les 
aducr(itct. Au rcfte, fainft Pjul ne nous in- 
cite pas feulement a prières , mais requiert 



cefte amitic liumaniic , i libéralité, qu'on 
nionftrc a l'endroit dts cHrangers , pource 
que ccux-la font di fpouriieus plus que tou» 
autres , d'autant qu'ils lont loin île gcnl 
de leur cognnflViiice : pour cefte ciUle il 
lis la recommande nommecmcnr. Nou$ 



nommecnient pcrftuerâcctpoutce que nous voyons donc, que tant plus que Icshom- 

auons vne guerre continuelle , îc tous les mes con-.muneiment ne tienent conte de 

Jours fe Icuent de diucrs afljuts , que les quelqu'vn , d'autant plus nous doit il e- 

plu» forts mefincs iK ftroycnt pas fuftifansa ftre en plus grande recommandation , & 

fouftenirifinô que par chacun ioUr ils rccou- en d:uo,is auoir foin d'auantagc. Notons 

uraflcnt forces noiiucllcs Mais a ce que nous aufitt la propriété de parler en ce qu'il 



ne venions pointa nous lalTcr & dcfcoura- 
ger.le fontierain rcmcdc cft lacoutinuation 
en prières. 

15 Cl>mmul!<jKAni 4HX Metcfiiu itri Ssin^t, 
(S-:- Il renient au< œiiurcs appartenantes 
a cliariic , dcfquellcs la principale eft de 
bien faire a ceux defqucls nous attendons 
le moins de ricompenfe . Pour autant 



dit, qu'il taut trrr.miuilijHCr .tu\ >irct^irr\, 
fignifiant par ctl.i qu'il nous conuient fub- 
ucnir a la nccedite des frères , d'vne tel- 
le aflfeilion comme fi nous donnions fecour» 
a nou^-mcfmcs.Mais il commande fpeciale- 
ment ù'.iidcr.«»v S.tiiiir. Car ia foit q'ic no- 
ftrc clnriie fe doyueeftendre vniuerfclle- 
ment a tout le genre liiimain.tnuieffois cil* 



donc qu'il aduient communecment qu'on doit embraffer d'vne afT.âioa fingulierek 
tient le moins de conte de ceux qui font f^eciale les df miftiqiies de la foy , lefuucis 
les plus preflTci de pourete , & ont befoin nous font coniointsd'vn lien plus cftroit. 

14 \ Benijfez^. ceux efui ^ouf ^erfecutent: bcK/Jfez^-les, (di -ie) 
Ç^ ne les mdttdtJfez..f>oi)7t. 

15 KefoiiiJfez^-'^oKi auec ceux eiKt fefouijfent i^ plcHvez, 
an ce ceux cjui pleur cvf- 

1 6 I A^ans ^n meCyrie ferîttmcnt erstre '<'0/^:n\fffec/a»spoir;t 
chofès hautes , m^tif '^ouf iiccommodAns aux b.tjfcs. \ Ne fùyez^ 
fointfafi^cs en '\ous-mefmes. 

le Seigneur a voulu que nous fuflions dilTc- 
rens des inique< & enfans de ce monde, ta 
chofc eft difficile, ie leconfclTc, & du tout 
contraire a la nature de l'homme. Mais il 
n'y .1 rie û diifïcile qu'on n'en vicne a bouc 



/^.',rf.5.e 44 
l.^-iVr^.i.J 
»• 



Scw lî.<.î. 

V,:v.\.^.l- 
ifA.i.t.lt. 



1+ Ki-nJljrT^. il faut que les LiAciirs 
foyent pour vne fois aJueriis ,de ne cher- 
cher point trop fe rupulcufcincnt certain or- 
dre en chacun de ces coitimandemens , ainfi 
qu'ils font yci l'vu après l'autre. Mais de fe 

contenter d'auoiryci de briefs eifcigoeniej pat la vertu de Dicu.ljquellciamaisne noui 

comme femez , qui feront pour les duire a defaudra , moyennant que nous ne foyou» 

toutes choies appartenantes a fainftete de point pareffeux de la rcqucrir & inuoquer. 

Vie: & ireux tiret decc prncipeque l'Apo- Et combien qu'a grand' peine en trouuc- 

ftrcaniisaii commencement de ce dupi. rions-nous vn qui au fi bienprouti.c en la 

tre. Il touchera tantoft le coinmâdemcnt de I.oy du Seigneur , que d'atcomplir ce com- 

nerindre point iniute pour iniiire , outrage mandement , fi eft-ce tnuteffois que mil ne 

pour outragc:niais yci il requicit vne cliofe fepeiit renommer enfant Je Dieu, ou le glo- 

qui eft encore plus difficile , afcanoir que rifi.T du nom de Clin ftien , finon i.u'il i.nt 

nous ne defirions aucun mal a nos ennemis, e 1 piitie rcuettu Je ce courage . ^ bataille 

mais que nous leur fouhaitiions toute pro. tons les ioiirs pour repniilfer i'affcâion c< iv. 

rperiie, & en rcqueiions pieu , quoy qu'ils traite, l'ay dit qui tela tft plus d;lli,ilc 

nousturnienient &- traittrnt inhumaincmft. que non pas fe déporter de p<iuni;yurc la 

El d'autâtplus qu'il tft difficile d'obleriier vi r gence quand on nous a i.ll'cnie?. (arau- 

& retenir vne ici!c douceur, tant plus nous cuns, combien qu'ils f'abfticnent Je niet- 

faui-il trauailler apici C.ir le Scig-;cur ne tre la main fur leurs ennemis,.",- mcfnie 

commande rien en quoy il ne reqjic'C no- ne foyent point menez d'vne alfrilion d« 

«tre obeiffanee. fx en cela il n'y a cxcufc qui leur ruii'.e.defircro^eni bien toUiefiois qu'il 

foit receuable, fi nous Tommes s'uides de ce leur furueinft ruiuc nu dommage Je quel» 

Ir ^.t:mcnt & de ccftc alTcftion , par laquelle que coftc. Et fil aduient qu'ils loycni a^ 

I. lit. 



Chap.XII. 



SVR L'EPISTRE 



Î.C-rî.J 



rtck.iij 



Vutli 



paifeî enuers eux iufqucs la.que de ne leur 
fouhaitter point de mal , fi cft-ce touttf- 
foii qu'agrâd peine en rrouuer.i on de cent 
l'vn qui dcfire le pronfit & falutde celiiy 
cjui liiy aura fait tort : inefme au contraire, 
la plus grand' part fe laTclie la bridf har- 
diment a vft'V de niaudilTonç. Or I>ieu par 
ïa Parole ne réprime pas feulemct let mains 
de nial-Taire, mais donte aulfi toute afFe- 
ôion d'.imcrtnme cacliee dcdan'; les cœurs: 

& non fmlciTicnt cela , mnis au(Ti veut que 

nous foyons fongneux du fnlut de ceux 

qui attirent lur eux damnation , en nous 

donnant fafcherie & tcrmcnt fans caule. 

ÎQiiant an mot Oric . que nous auons tra- 

«luit r.:yi!jl'.\,^-ti(mt T'y cft abufélç tradui. 

Tant, Parlez bien : car il n'a pas confidcré 

qu'il eft inis a l'oppofitc de Maudire it fon- 

haitter dommagr.Car faipft l'aul en l'vn 

8r l'autre veut que Dieu foit tefiiioin de 

rofire patience .telltment qu'en nos dé- 
lits non feulement nous réprimions l'im- 

jjctuofite de la cbolere, mais auffi cu'cn re- 
quérant que pardon l'oit fait a nos ennemis, 

rousmôft'ions que nous fomnie* marris de 

leur condition quand ils petilTent ainfi a 

leur ïfcicnt. 
15 l{ef:u>ffcii^.ye%" imrr reuyjui f'rfiuffent, 

isi-c. La fentence générale eft niife en troif- 

icme lieu, Qne les fijciesayans vnc amour 

mutuelle fn't'cux , quand quelque chofe 

adiiicdra a l'n, Ic« autres en fr.yent tfmcus 

tomme fil Uur cftoit aducnu Mais en pre- 
mier lieu , il exprime les parties ou clpeccs 

de ce propoï ge eral , Qirils fe refiouifTent 

fluecceux qui f'efi.iiii(r>.nt, qu'ils plcurêt a- 

uecccux qui pfeurêt.Car la nature de vraye 

amnur le donne ainfi . que cliacun aimera 

mieux pi' uter aucc fon frerc , ou'tfiant au 

milieu df fes aifes h en repos regarder de 

loin l'.ilfl.ftion h le dueil d'iceluy. Aiifi 

«Jonc le foinmaire de ceci eft, que nous nous 

«cconimodions mutuellement les vns aux 

autres.entât que faire (ê peut: S: quoy qu'il 

aduiene a l'vn , oue les autres prenenten 

rux le fcntimcnt de ceftiiy la: foit qu'en ad- 

uerfitez il falle eftrc contriftez auec luy. "U 

mprofperite fe rcfi'Uir Et de f.iift.nc f'cf 
iouir pas de la pro''pcrite du frère, c'cft vne 

cnuie:de n'eftrc pas contriflé quand mal 
luy vient, c'eft i ibumaniie. Qu'il y ait donc 
vne telle compaffion entre nou^.qucfc foit 
pour nous conformer les vns aux autres 
en toutes afftftions. 

). 17 II Ne rendez^ d perfomie mjlponr mal : 1 procnrez, chopt 

'' han»c(lfs Jert/tnt tott'S hommes. 

14 18 1 S'ilfefeuf faire-, entant qucn ^oy^ efl-, ajez, paix attec 

to'^ hommes. 

19 Nc^oiii^e»gc::_ pot fit ^'Ofif-mefmes , mes hien-atmez.,^ 
.35 mati donne^Jienaftre.cartleflefcrit-\^ moyciila ^^engert' 

ce te le rendrajydit te Seigneur. 

17 K' 'CHiliT^iî /rrf-.nne 11 n'y a quafi tre-deiiT , finon que VcnRencc emporte d'à» 
point de différence entre ceci & ce qui f'en- uantage que celle manière dt rendre la pa- 
luit <pres,deux ou trois mots entrelacez en- reille , dont il parle maintenant' Car il ad- 



l5 Ti'jffn.Mi fiiintch'friU.luttt. La tranf^ 
lation d'E.rafnic eft , N'elfimans point de 
nous-mcfmcs par arrogance: mais l'Apoftr» 
2U texte Grec | atle en termes plus figni- 
fians , !i auffi plus conucnablcs )f ur faire 
ranthiiefe au mïnibre oppofite. Ces mots, 
H'-ijfedHfi! ji-.int cti-frr / -iK/fj ; expriment ce 
que le Grec porte. L'Apoftrc donc entend 
par cela, que ce n'eft point le faift c'vn hom- 
me Clircfticn, d'jfpircr par ambition aux 
çtiofes, par Icrquellesil puitîc tftre plus ex- 
cellent que les autres , & d'eftte d'vn cfprir 
hautain : mais pluftoftde f'encTcer a inod<> 
flic &■ douceur Car c'eft celle qui nous fait 
cxcellensdeuant Dieu, & non pas orgueil, 
ou mefpris& defdain des frères. Or c'cft va 
comnu:idcnient adionflé b;cn a propos a- 
uec les prcccJi'ns. Car il n'y a tien qui env- 
peffhe plu« ccfic tnion de hiquclle ilaefte 
parlé, que qtia id nous-nous tfleiioiis.S: pour 
paruenir a vi degré plus haut que les ru- 
très , nous afteftons & im.'^ginonsic ne l'cay 
quoy d'txcciïcnce. Au rcfte , combien iiue 
en ce qui f 'enfuit, on pourroit auffi traduire 
le mot Grec flux bas , en le rapportant auX 
pcrfonnes:ioutelïois i'ay mieux aimé le tra- 
duire .■fKv (t,:!'etùalfri,aèn que par ce moyen 
l'antithefe Toit parfaite- Yci donc eft con- 
damnée t< ute ambitiô, & ctftchauteffe d'e- 
fprit, qui fou< coiiuertnrc de m.ignanimite 
gaigne ?,■ entre fecretement dedâs les cœurs 
des hommes iufques a eftre eneftmie. Car 
celtes la principale vertu drs ^licIes.conA- 
(le en vne incdeftic, ou pliiftoft dcicition de 
cœur , lacjjcMc face que nous aimions rouf, 
jours mieux quitter auxauties l'honneur, 
que leur ofter pour l'attirer a nous. L'enfei- 
gnemcnt qui f 'enfuit ha grande affinité a- 
uecctftuy ci. Car il n'y a rien qui nous en- 
fle plus le cœur, que ouand nous faifons cas 
de noftre prudence. Il veut donc c;u'oft.;nS 
cela de noftre entendement , nous ne defdai- 
gnions point d'eicrmer auffi les autres ,j( 
iuy;ire leur confeil. Car quant a ce que le 
iiior virée, que nous auoii» traduit Siiget, 
ou Prudens , ïraf.iie l'a rendu , Arrngans: 
le fi.n«, a le prendre ainfi, icroit contrainc& 
maigre , attendu que (amft Paul reitcreroit 
deux fois vne chofe fans jucui-c vehtnunce, 
ou plus grande exprellion- Mais c'eft vn re- 
mède fort propre pour gnerir le vice d'ar- 
rog.ince , que de ii'iftrc point trop ùgcsen 
nous-incfinet. 



A VX ROM A I NS. 



«4 



•iendri «juelqiicfTois qutnoil! rendrons mal 
pour mal , mcfmc combien que ce ne foie 
point en portant domm.igc a ceux qui nous 
en ont fjit : comme quand nous nous reti- 
rons de faire plaifir a ceux qui ne nous font 
bien. Cur nous auons accouftumc de rcgar- 
<ier quels plailïrs chacu!i nous a taiis.r.u 
quels moyens il lia de nous en faire , afin 
<ie nous employer pour ccui aul'qucls nous 
fommes dclii oblig.t, ou dcfiiuels nous efpe 
rons reccuoir quclijuc proufi>:& au contrai- 
rc>a6^qucfî quelqu'un nous a rcfufé fou 
aide, lors que nous en auions befum.liiy ré- 
dans la pareille , quand il en aura bel'oin, 
nous ne luy aidiu\ non plus qu^il nous a ai- 
dc2. Il y a aii'.n e.icote d'autres rcmblablci 
cxcm,'Ics,crqu:lsonrcnd niai pour mal fant 
Vrngencc m3njfeftt. fc.urr-^ l'^tfri hnnt- 
ptt. le ne rcprouue pas la tranfljtion d'E. 
rafmf, Prtnarars l'ongntufcment les chofes, 
&c. louiefioii il m'a femblc bon de tradui- 
re mot a mot. Or poutce que chacun ed 
flus qu'il ne fcroit de belbin attentif a fon 
l'roufii , S( pouruoyant a dcftourner ce qui 
luy pourroit porter dommage, il fembleque 
S. Paul requiert ycivn autre loin & fulicitil- 
de. Le fommaire dccefte fcntencctft. Qu'il 
nousfaut longneufemenr mettre peine que 
lO'is Itummes Ibyent ed'fie? par noftre pr»U- 
o'iiommle & bonne conucrfjtion. Car com- 
me vue innocence de cimfcience nous efl 
neccrtaire deuantDieu:atn{i ce if'cftpas' vne 
chofc^a mtfprifer que d'aiioir bonne tenom- 
mie enucrs les linmmes. Car f 'il faut que 
Pieu foit glorifié en nos bonnes oruures, 
c'eft autant recrinché de fa gloire, quand 
les hommes ne s'oyent rien en Jinus digne 
de louange. Mefme.non feulement la gloire 
de Dieu cft par cela oblcurcie , mais aiiffi 
dcOionneur Iiiy eft fait : pource ^ue les i- 
gn irans tirent en opprobre de l'Euangile 
toutes les f.uitcs que nous faifons. Au rcfte, 
quand il nous cft commandé île procurer 
deii.int les liummes les choies bonnes & 
honneftcs , il faut quant ir qii.int noter .1 
quelle fi:i.Car la tin n'cft pas a ce qu'ils 
nous aycntcn admiration .& nous migni- 
fient p.ir leurs loii.niges (C.ir Chrift nous 
dtftourne bien eftioittemcnt d'vn tel rc-g.ird 
It defir, quand il nous commande que met- 
tans tous homme» en oubli , nous prenions 
Dieu frul l'our icfoioin de no« bonnes œu- 
tires. M.iitliieu d.a.4 ) Maisafin qu'edeuan» 
leurs elprits a Dieu , ils luy en rendent la 
louange : afin aiilfi que par nonreciemple 
ils foyent rcf.icil!c2 & incirez a fuyure iii- 
ftice : brief, afin qu'ils fcn:ent procéder de 
noftre s'ie vne bonne il fouefue odeur , par 
laquelle ils foyent attirer a aimer Dieu. 
Cependant , f'il aduicnt que pour le nom 
de Chrift on parle mal Je nous , encore 
ne Uiir.ins-nous pas en cifte forte de pro- 
curer entre les hommes le» chofes bonnes: 
m.ùslniseft accôpii ce que dit fainA Paul 
ailleurs, Qne nQuv funmes eAin\-rmcnteurs 
f.' akufeur>,8t touieffoi» nouii'oininci veti- 
iabIes.&c.l.Cor.« b.S. 

iS !'■' If /tai fAi'.r. Ce n*cf) pas vne peti- 
te ifcr^a «.1 Hmouiic Chreftjtn , que tran- 



3uillitc,& vne façon ie viure tellement or- 
onuee, qu'elle nous face aimer a tous. Or (i 
nous defirons de l'auoJr,il faut que non feu- 
lement il y ait en nous vne grande droiture: 
mais aufiï qu'en nos moeurs nous foyon» 
fort doux , traittablcs & paifi'jles • afin que 
non reniement non; ayons la bcuie grâce Jet 
gens de bien , &' qui curminent droltement. 
mais atiffi puifTions amollir les cœurs de* 
mcIchansCar il y a yci deux dangers a eui- 
ter : l'vn, que nous ii'alTeâions point telle- 
ment d'auoir la bône grâce des gens, que ce- 
la nous face réfuter d'encourir la haine de 
toutes perfonncs pour Chrift, toutes fois& 
quantcs qu'il en liera meftier Et de faia.or» 
eu voit d'aucuns, ler<]ucls eftant a aimer de 
tous pour la grande douceur de mœuri , &: 
façon de faire pjifible, procédant d'vn efpric 
pofé, touteffois a caufe de l'EuangUc ont 
mefine leurs plus prochains fort contraires. 
L'autre, que cefte gracicufete ne le tourno. 
point en fl.itteric : en forte , qu'en voulane 
nous entretenir en paii auec les hommes, 
nous les flattions en leurs vices. Ainfi donc, 
pour autant qu'il n'eftoitpas poffible d'ob- 
tenir ttufiours ce poinû.ce viure en paixa- 
uce tous hommes ,ilaadiouftc deux petit 
mots pour exception, S'i! fr pr«t Uie, Si ei:- 
i.inr in'fn \:m rfl.Ot àe cela il nons en faut 
iuger fclon la tcgle de crainte de Dieu & de 
tharite : en forte que i.imais nous ne ve- 
nions a rompre la paix , fnon que l'vne de 
ces deux chofes nous y contraigne Car par 
vne affeâion &.- foin d'entretenir paix , il. 
nous conuient tellement fupporter beau» 
toiip de cliofcs, pardonner les «(fcnfes.retaf- 
chcr en douceur U rigueur cftroittc de 
droift , que nous foynns Courageux a guer- 
royer viuement toutes fois A: quantcs que 
la neeel'iite U requiert. Cir de .010,11 ne 
peut cftrr que les foudars de Chrift ayenrv- 
nc paix continuelle auec le monde, duquel 
Satan eft le prince. 

19 >i<r:ui yrn^rr^jitnt. Lc mal qu'il cof 
rige eft yci plus grief que l'antre duquel il 
a n'aguercs fait mintiin , comme aufli nom 
auons touché : touteffois ils fortent l'vn fc 
l'autre d'vnemclm.- fourct , afcmoir d'vne 
amour cxceiliite de nous mcfmes. f< d'vn 
orgueil naturel , lequel fait que nous nous 
flattons tant d.-ucement en nos vices : mai» 
es vices des autres nous tenons vne rigueur 
tant eftrange que rien plus. Pour .-"iian» 
donc que cède in.iljiiie engendre quafi et» 
tous vne cupidité enragée de fe venger, auf- 
fi toft qu'on les a touchez tant peu que ce 
foit ; il commande yci , quelque grsndc 
^f!in(e qu'on nous ait faite , que nous n'en- 
treprenions roi"t la Tcngence nous mef- 
mes . mais la laiilinrs au Seigneur. Et nour- 
cf oiie ceux qui frnt vne fois failîs de ce. 
fte isS^axnn il p.iiTlon violente, ne peiiuei't 
pas .•.ifcemêt Ibulfrir d'eflre tenus en b-ide. 
l'Aportre TOUS appel-mt a'vn nom gra.icrf 
& plein de douceur, met.par manière de Ait 
te, la main fur nous , pour nous arreller tt 
inoderer,afcauoir quâd il nous appelle Uif, 
aimr\. Le commandement donc eft tel Que 
nous ne itoiu vengions point.ou a^pctiôsu 
I. iiii. 



Chap.XIT. 



SVR L'EPTSTRE 



nous venger , qnand quelque iniiireou tort donnent riTcherie &tormenf,deiiîenentn(j« 

pous aura efteiait.La rai Ton y e(l adioullee: amis, en famendant. Car il e(l rfi'lt,yfmff 

Pource qu'il faut donner lieu a ire. Or, dô- ejl U -le-n^cncc. il amené vne probaiion prin- 

ner lieu a ire.c'cfl lailTcr a Dieu l'autliorite (e du Cantique de MoyTe , Dcut. ;i e ;5 : oà 

& puiflance de iuger, laquelle luy oftêt tous le Seigneur dénonce qu'il fera ctluy qui fe- 

feux qui entreprenent de fe venger. Par- ra la vengêcc de (es ennemis. Or tous ceux- 

qu.iy , f 'il n'cft point licite J'vfurper l'offi- la font ennemis de Dieu , lefquels tormen» 

ce de Dieu > auffi il n'cft permis de fe vcn- tent fans caufefes feruiteurs.Qni vouston- 

ger: pource qu'en ce faif.int.nous preuenons che, dit-il, il touche la prunelle de mon oeil, 

leiugcmentde Dieu , qui a voulu fe refer- Zsch.^.c.S, Contentons nous donc de ceRo 

lier ccfte office. Quant & (juantaufli il don- confolation , Qn^e ceux qui nous t^nncnc 

ne a entendre d'vn cofté, que ceux qui atten- f.ifcherie a tort, ne demeureront point im- 

dent patiemment l'-iideJe Dieu , l'auront punis, & que nous en endurant ne nous ren- 

pour leur guarent & defenfeur:& de l'autre, drons point pourtant plus expofe? ou foicti 

que ceux qui preuienent & ('efforcent de aui outragesdcs merchans;inais pluftoftdô. 

faire I.i vengence d'iux-mefmes , ne laiflent rerons lieu au Seigneur pour eftre aidez de 

point de lieu a l'aide de DitU. Au rcfte , eti liiy , lequel fcul eft noftre guarent & defen- 

ce paff.ige il ne défend pas feulemf nt que feur. Combien qu'encore il ne nous eft pas 

nous n'ayons a faire ta vengence noasmef- licite de prier Dieu qu'il face la vengence 

mei de noftre propre main, mais auffi que contre nos ennemis , mais nous le faut prier 

noftre cœur ne foit point tenté d'aucune tel- qu'ils vicncnt a eftre conuertis , afin que 

le cupidité & affcftion. Et pourtant, c'eft V- d'ennemis ils-nous foyent faits amis. Et fur 

ne choie fuperfluc de faire yci diftinftion cela, fil aduicnt qu'ils poiirfuyuent en Icu? 

entre vengence publique 8f vengence parti- peruerfite, il leur en prendra comme il a ac- 

culicrc ■. c'tft a dire, que fera vn particulier coiiftuiTié a tous autres contempteurs de 

qui n'ha l'auihiirite de ce faire. Circeluy Dieu. Auffi de faift, fainft Paul n'allègue 

qui imjilore l'aide du magiftrat , & y a re- pas ce tefmoignage , comme fil nous eftoit 

cours, ayant le cœur entaché de mal-vufil- permis , (1 loft qii'on nous a fait^ quelque 

lance S; d'.ippent de vengence. n'eft non plus deiplaifir , de nous cnflamlicr incontinent en 

aeicuferquc fil inuentoit de foymefme courroux , 4 félon que l'impetuofitr de no 



Pitii.îj.f. 



les moyens de fe venger. Et niefme ,'il n'tft 
pas indifféremment toufiours permis de de- 
mander a Dieu vengence.cciiTif tanioft nous 
verrons'pource que fi nos fouhaiis .V prières 
en çeft endroit , vicnent d'viie .i(f,.ftion pri- 
liee,& nô pas d'vn pur zèle de l'Efprit.noUs 
faifons plufloft Dieu miniftre ^ exécuteur 
de noKre cupidité peruetfe.que nous ne l'ap 
pelons comme iugc a noftre defcnfc.Ce n'tft 



ftre chair nous tramporie , requérir & fou- 
haiter que Dieu face la vengencedes outra- 
ges qu'on nous aura faits. Mais en premier 
lieu il en'cignc que ce n'eft point a nous de 
faire la vengence , (ïnon que nous voulions 
vfurpcr l'office de Dieu : puis jprcs il nouï 
donne a entendre que nous redcDons point 
craindre que les mefchans nous courent fuï 
plus fièrement & desbordeemen'.f'ils voyêt 



donc point aiitriment donner lieu a ire . fi- que nous portions patiemment le mal qu'ilt 

non que d'vn efprit pol'é nous attendions le nous font : d'autant que ce n'eft point fan» 

temps opportun de noftre deliiirance , dtfi- caufe que le Seigneur fe referne l'office de 

rans ccpeniLit que ceux qui maintenât nous faire vengence. 

lO \S't donc ton ennemi ha faim , donne-luj a manger: ftlh^ 
foif.,donnc-luj a boire:car en ce fai/ànt-,ttt Ihj affûmbUras char- 
bons de feu fier fa- trfle. 

II Ne foi-s point fur monte du mal , mais fur monte le mal par 
le bien. 

-.a Si if-.xzitn ennemi Ut f.ilm. Il monftrc appelle X'j/îrr rnni-ni;, celuy qui nous veur 
vr.iyement mal , & ijui exerce inimitié contre nous, 
imcn5,Dc & non pas que nous aufTi le hayffions. 



mainter'anc comnitut c'eft que 
tious accomplirons Ces command 
ne nous venger point: &, De ne rendre point 
nul pour m.ilMlcauoir.qu.md non fculemrt 
nous nous abfticndrnns de faire milite ou 
outrage a aucun , mais autfi ferons plaifir a 
ceux qui nous ticncnt tort. C/ir de nous de- 
ftnurnerde bien f.iirea ceux qui nous ont 
o(feuftr,cela eft vie manière de rendre obli- 
quement la pareille. Sous ces deux moti,DÏ- 
nfr.imM^er, & D.//.nr.t ij/ii', il faut entendre 
tout les pLiifirsquc nous pounons faire les 



Or maintenant (î airfi eft qu'il leur falle 
aidet félon la chaIt.^ es cho(cs corporelles, 
beaucoup inoins nous eft- il permis de eom- 
baire contic leur f.iliit par imprécations Se 
maudilfnns. Tu /kv affriMirof th.uhfnj i» 
f.x. Pource que nous ne prenons pas vo- 
lontiers plaifir a perdre noftre peine, il 
monftrc quel fruit en renient , quand 
nous vfons d'humanité entiers nos enne- 
mis , & nous addonnons a leur faire plai- 



'vnsaux autres. Nousdcuons donc affiftcr .1 fir. Aucuns inteipretent ce mot Ch.uW 
noseniiemisautaïuquc noftre pu.fljnce fe pour la coufiifinnSt ruine qui retombe fur 
pourra eftcndre eu tiueloue chofe qu'ils li tertc de noftre ennemi . quand iiouf 
ayent Jlfiire (If nous , (oit de nos biens ,011 luy fjifons bien , ia foit qu'il en foit in. 
CT^ufeiI.ouQUtlijutautre moyeu. Au rcUc.il digne : & noos forjons autrement' cuuer» 

1"T« 



AVX ROMAINS. 



luv, cjuM n'a mérité de nom. tes autres ai- 
ment mieux entcndte que le coeur d; noftre 
ennemi eft attiré & comme allcthé a nous 
«imer miituellemct, quand il fe voit irjiiié 
fiarnousTi benigncmët:mais ic le prcn plus 
lîmplemet, aCcaiioir que cela rôpra Ir coeur 
«Je l'ennemi en vnc Torte ou autre Car il. fe- 
ra addouci par plaifiri & bien. faits ■ ou, f'il 
«ft (i cruel S; fclon qu'il ne puiflV eflre au- 
cunement apiiriuoiré , toutepfois il bruflera 
«n foy mcfme , & ftra cmbr. (c du t:fmoi- 
gnagc de Ta confcience , qui fe fciitira eftre 
toute couucrte de noftre bénignité. 

21 Kt Çiuf.i»! (ntmintirlK mx'. Il fcmblc 
suis C|ue ceftc fentence foit mile en lieu 
Je confirmation C.ir en ceft endroit nous 
auoQS pour certain a combatre contre la 



85 

reruerfite Si nons.nous efforçons de rendre 
a preiUe, & vfcr de pcruerfite contre per. 
uerfitc , nous confcflons que nous lommet 
vaincus par iccllc. Au contraire, fi nous ren- 
dons bien pour mal , nous monrtrons en ce 
faifant vnc corftance iruinciblc de courage. 
1 1 certes voyia vnc vifloire excellente , de 
laquelle on (eni le fruit , non feulement p.ir 
pcnfee S: imaginition d'écrit , mais auffi 
Tellement & de faift : d'autant que le Sei- 
gneur ^oiuie bonne ilTuc a noftre patience, 
votre meilleure que nous ne pourrions mcf- 
mcs defirer. Au contraire, celuy qui e(r3ycr.i 
de furmonter le mal par mal, il fe pourra 
bien faire qu'en mali.e il vaincra fon enne- 
mi, mais ce fera a fa ruine 8f confufioa. Car 
en ce fjifant.il fcrc au diable. 




C H A P. XIII. 
] Otite perfônne (oit fhiete aux puijfinces fhperieu- 
res.\Carilnyaposr:t de fuiffance fir.on de par 
Dteu : Ç^ les fu/Jfances qu't [hnttfont ordonnées de 
Dteu. 

z Parjitoj ^ut rcjîfte a la pniffince , rcfîfle a l'ordonnance 
de Dieu. Et ceux ejuiij rcf fient, reccueront sugementfur eux- 
mtfmes. 

I TcKitpfrf'iat fil' fui'tlt. Veu que l'A- 

foftre parlant de la manière df bien rcg'er 
a vie des Chrelliens , tr.iiitc ce poinA tant 
diligemment, il .ippett qu'il a eftc coitraint 
de ce faire p.ir quelque grande nccclfitcîla- 
qiiellc comme air.fi foit que la prédication 
de l'Luangile apporte toufiours aucc foy, 
pouuoit touicffois y eftre plus vrgente en ce 
temps. la. Car il y a toufiours des cfpiiis 
bruyjns & f.int aftiqucs.qui ne penfcnt point 
ou» le royaume de Cluift foit bien exalté, 
finon que toutes puilTinces terriennes foj c't 
abolies: ne qu'ils InuyflVnt de la liberté 
qu'iceluy a donnée, finon qu'ils ayr't reieicc 
de dc(Tuseiix tout loug de feruitudc humai- 
ne- Toiiteffois II s luifs ont efte dctenus de 
ceft erreur plus q tous autres , poutce qu'il 
leur fcmbloit que c'eftoit vne chofe defrai- 
ronn.ibIe que U race d'Abraham (laquelle 
aiiuit eu vn règne tant flurillai t auant la ve- 
nue du Hrden^tcurtmaiiitenit après la ma- 
nifeftation d'iceluy deincuraft en feruitude. 
il yauoit aulfi vne auire chofe qui retiroit 
aufli bivn les Gentils q Us luifs de l'amour 
de leufS PrincesMfc-iuoir que non fcuicmêc 
tous It-s Pri:iccs eftoyent cfliinunci de la 
vrayc cognoifljnce de Dieu , mais aufl'i per- 
fecuioytnt l.i religion d'vii courage enucni- 
tné- U leur fcmbloit donc que c'eftoit vne 
chofe -ibfurde de rccognoiftre pour leurs 
Princes & kigiiciirs Icgitimes.ccux qui taf- 
choyct de raiiir a Clirift le dominatiur vni- 
que du ciil &: de la terre, fon royaume 11 iH 
Tr.iy ("cmblable que ces raîfonsont induit 
S.P.uil a confcrmcr plus fongieufciner.t la 
puilTirce des M.igi/lrats. Or en premier 
lien, il met vn coiiiDundcmcnt gênerai, par 
lequel il comptcati «a Tominc ce ^u 'il veut pou( te Icgitime & droit gouuctncmcuc di| 



dire après il adiouAeconfequemmét cequi 
fert a l'opofiiion & f robaiion de ce eom- 
mandcnunt 11 appelle Pu JIj»ci r fnpi rirum, 
non pas les fouucraines , qui obtiencnt va 
empire ou domination fouiuraint'mais qui 
ont quelque prééminence par dcITus les au- 
tres nôrncs. C'tft donc au regard des fuiets 
que les Magiftr.Tts l'ont ainfi nommeî,^ non 
point par côpjrai ion mutuelle de diuers Ma- 
^iftr.'.ts les vns aux autres. Et cents il me 
Icmble auis , que l'Apoftre a voulu par ce 
mot couper broche a la friiiolc cnrurue 
des humincs.qui ont accouftun.é de l''enquc- 
rir fouucnt par quel dioiA ceux qui ont le 
gouucrnement des royaumes & feigncurics 
ont acquis ccftc puilTincc qu'ils nni:mais ce 
nous don eftte alfec qu'ils prcfidcnt. C:r lU 
ne font point monttz en ce haut digié par 
leur propre vcrtu.inais ils y ont efte uns par 
la main du Seigneur. Au rifle , en dilpnt 
Tmu i>rifcii.ir,][iar cela il oftc toute ixceptiq: 
afin que nul ne penft eftre exemple de la lu- 
iciion commune. Car il n'y j pùni dt i,Htf. 
[in:t. La raifon pourqucy rouï dcuons eftre 
fuiets aux Magiftr.its , c'eft poutce qu'il» 
lunt ir.ftitucz par t'ordonn.ince de Dieu- 
Q^ic fil plaift au Seigi>ur de gouiierner 
aiiifi le inonde , quicr.nque iiicprife S( re- 
iettc la piiifl'.incc , il l'ift'orce de rccutrfer 
l'ordre dt Dieu , voire il rifillea Dieu mel- 
nud'aut.uii que mefprifer la prouidcncede 
celuy qui eit auilieur de la puilfance politi- 
que, c eft entreprendre la guerre coiure luy. 
Au rtftc,en:t'dons que les puiUances l'ont de 
Dieu, non point comme la pciiilcnce, la fa- 
mine , la guerre, & les autres punitions de» 
pe.hct:mai$ pource qu'il les a nftiiuee» 



T<'(e?.*.T, 
Ï.J'ierft 1, 

S..p.6.4.4. 



'OU, fc- 
rôt ve- 
nir dâ- 
naiion 



Chap.XIII. 



SVR L'EPISTRE 



monde.Car combien que les tyrannies & do- tenir vn ordre Icgiti'me. 
minations iniques ne doyuet point eftrcini- 2 Bi crux quiy vejislent. Pource qHt nul 

les du rang du gouuernemcnt bien ordonné, ne peut refiftera Dieu.finôa fa ruine & con« 

veu qu'elles font plenes de confufion , tou- fulion.l'Apoftre menace tous ceux qui fe fe« 

teffois le droift d'empire en foy a efte or- ront opporc? en ceft endroit a la prou idenco 

donné de Dieu pour le bien & proufit du de Dieu .qu'ils ne demeureront point impu» 

genre humain. Ei pourtât.commc ainfi foit nis.ll nous faut donc donner garde d'encou- 

^u*il eft permis & de repouffer les guerres, rir la punition qui eft yci denôcee. Au refte, 

ic de cherclier remcde ai.x autres nuilance?, par le mot de luiemmt , ie n'enten pas feule» 

l'Apoftre nous commande de porter & en- ment la peine que le Magiftrat inipofera fur 

jretenir Tolontairemeiit la puiffance & do- celuy ^ eft defobeiflantrcôme f'jleuft voulu 

mination dos Magiftrats , comme apportant dire.qu'a bon droift on punit ceux qui fefle 

proufit au gère humain. Car nous n'appelle- uent contre la puiffance : mais l'enten touts 

xons pas proprement Ordonnances de Dieu, manière de vëgence de Dieu , en qlquc forte 

les punitions qu'il enuoye fur les hommes qu'elle viene a cftre exécutée. Carilenfei- 

pour leurs péchez, mais bien les moyens lef- gne en gênerai qlle fin doyuct attedreceuK 

quels exprefleement il eftablit pour entre- _ qui entreprenent le combat contre Dieu. 

j Car les Princes ne font point a craindre pour bonnes œtt- 
ures , mais pour mAuuaifès. Or ^ctix-tu ne craindre point /<* 
puiffance'? fay l>ien,^ tu receueras louange d'icelle. 

4 Car le Prince efi fèruiteur de Dieu pour ton bien '• mats 
fitufaismal^ crain-le. car il ne porte point le glaiue fans caufe: 
"oUjVc- car il eB feruiteur de Dieupour faire iuflice en" ire -, de celuj 
gcnce aui fait mal. 

î Cj/- //i Priofc/.iî^'f- Il nous reeomman- ordonnance de Dieu. Ce qui fera aifé a fairev 

de maintenant robciflance & rcuerencc de» fi tout le mal qui y fera nous l'imputons a 

Princes, par le proufit qui nous en reuicnt. nousmefmes. Il enfeigne donc yci a queller 

Et pourtant, ce mot C.<i-, doit eftre rapporté fin les Magiftraij font Inftitue? parle Sei- 

a la première maxime que nous auons veuè gneur-de laquelle auffi l'effet fc monftreroit 

au commencement du chapitre, & non pas a toufiours.fi vue ordonnance t.int excellente 

la fentcnce la plus prochaine. Or ce proufit & falutaire ne venoit a eftre corrompue par 

ît vtilite eft, que le Seigneur a voulu par ce noftre vice. Combien qu'encore les Prince» 

moyen pouruoir a la tranquillité des bons, n'abufent iamais tellemêt de leur puiffance 

& reprimer la malice & audace des mef- en torment.nnt les bons & innocens , qu'en 

chans : qui font les deux chofes efquelleS leur tyrannie Ils ne retienent quelque appa- 

eonfifte la conferuation de l'eftat du genre rence de iufte domination. Une peut donc 

humain. Car fi on n'obuioit a la fureur df« eftre tyrannie aucune, qui ne férue en parti» 

jnefchans , & fi les innocens n'eftoyent de- & en quelque forte a maintenir la focicte 

fendus & maintenus contre l'infolence d'i- humaine. Cependant, nous auons aiilTî a no- 
ceux , tout f*en iroit incontinent en diffipa- 
»ion. Ainfi donc ,fi c'cft Ule fcul remède 
pour prefcruer le genre humain d'vne ruine 
totale, noftre deuoir tflde l'entretenir fon- 
gneufement , finon que nous nous vueillon» 



ter, que l'.\poftre a yci touché les deux par» 
ties erqucllcs les Plulorophes mcfmes ont 
dit , que la bonne adminifîration d'vne Re- 
puMiqucîf le gouuernemcnt bien ordonné, 
confiftoit.afcauoir la recompenfc des bons. 



Seclârer ennemis publiques du genre liu- & la punition des mefdiâs. Ce mot ^3H.«"5e, 
main. Qiiant a ce qu'il adinufte, A'» «v-f» nf h prend yci en vne fignification bien au lar- 
rr^indrr Ksin: 1.1 fuili'jnir' fjy l>itn : parcela il ecfuyuant la façon des Hcbritux. 
" '^ •' • "^ - - 4 C.(r/rPr.«rr/»rWrr«r-/r/>.>«. _T.e« 

Magiftrats pcuucnt aufli apprendre d'yci 
qiuTle eft leur vocation. Car ce n'cft point 
pour eux qn'iVs dominent, mais pour le bien 
& proufit ju public ; & ils n'ont point receil 
vne puiffancii delmcfurecmais laquelle efl 
aftrcinte au proufit des fuiets. Bricf.cn leur 

firincipaute ils font obligez 8( a OieuS: au» 
lommes. Carpource qu'ils font conmiis de 



donne a entendre que nous n'auons point 
d'occafion de reictter le Magiftrat , fi nous 
fommes gens de bien : m.iis au contraire , fi 
ouelqu'vn veut oftcr de delfus l'o^' ce ioug, 
on le dîftourncr, qu'il monftrc en cela taci- 
tement vn tcfmoignagc de mauuaife con- 
icience & qui machine quelque malice. Au 
refte, il parle yci du vr.iy, & par manir re de 

dire .naturel office du Magiftrat ; duquel >, - ■ 

combien que fouuent fe dcfuoyeot ceux qui Dieu . & c'cft d beionene qu ils ont entre- 
ont la domination, fi leur faut il ne.îtmoins mains.il faudra qu'ils liiy en rendent conte, 
rendre l'obelflance dcue aux Princes. Car fi DVniantage, ceftr adminiftr.ition que Dieu 
' - ■ leur .1 commifr , regarde & concerne les fu» 

iets : Si pourtant a icciix aufii ils font rcde- 
uaUles. Au refte , le commun ncuple & Ici 
particuliers font admoneftez i|iic c'eft vn 
bien procédant de la libéralité dt Dieu, de 
ce ijuc pai le glaiue des Princes ils («tu 
mainteous. 



ie mauuais Prince eft vn fliau du Seigneur 
pour punir les pcchcr du peuple, rceognoif- 
fons que c'eft par uoPrc vice que cria ad- 
ulent, qu'vne benednaion excetiêtcde Dieu 
nous eft tournée en mal(di«ii>n:5: pourtant 
H( UifToni point d'iuoir en routtécc la binî 



AVX ROMAINS. 



maintcnut contre la violence ti oiitr.igc def 
mcfclians. Cm iVnr ;«rrf ;)-i«r,t»' C'clt l'au- 
tre paitif de la cli.iigc des Magiftrais , afca- 
iioirqu'iU doyucnl aiiec force & violence 
reprimer l'jiidjce des mefchaiis.qui ne louf- 
frcnt point de 1 iir bon gte C|u'ùn les g"U- 
tierne par Ict I<iiX,& faire lOinitions ic leurs 
forfaui, telles que le ingénient de Ditu rc- 
«jUiert.Car il dit noianimcnt,i|U'iU font a r- 
wci du glaiue.non point fculcmct pour vne 
contenance . oa pour en faire vne monftrc, 
mais afin de frjppir les malfaiteurs. D'a- 
uantagc , ces moti yingtur m hr (Icfquels 
«tous auons traduit pour mieux accommo- 



%6 



der a la Langue Francolfe , Vmrf^i'rr iV'frV» 
tn irr) emportent autant comme Pil euft dit. 
(.iccuicur de Tire de Dieu. Or il le prouus 
par l'vfagcdu glaiuc , que le Seigneur leur 
a mis en main. Lt voyci vn paffagc notable 
pour prouuer la puitfancc du glaiite. Car fi 
le Seigneur en aimant le M.igiftrat , luy a 
auffi commis & commandé Tvlage duglai. 
lie , to»te> fois & quantes qu'il punit de 
mort les malfaiteurs , en exécutant ainfi la 
vengencc de Dieu, il obéit a fcs commande- 
mens. Que ceux donc qui difcrt tjue c'eft 
m.il fait il'dpandrc le farg des malfaiteurs, 
aillent 1 laiiier contre Dieu. 



5 Etpourt.int ilf.uit cffre fui et s , non point feulement pour 
tirc-ifntit'S /tuf i pour U confcïeyice. 

(, Pour ceffeciufèauft'iotisp/ijez.les tributs, c/tr ils font 
mini sires de D leu^pemplayans ti cela. 

7 \\V<endez, donc a tom ce ejut leur efl deu : a ejui tribut , le ^^j"''-*'* 
tribut : a c^ui péage , le péage : a qui crainte , la crainte : a qui 
honneur ^Chonneiir . 



s Er/.^. 



,//.„ 



auoit cnlcigne au tunmcnccment.de rendre 
•beifl'ance auic Magiftr.its.il le répète main- 
tenant comme par forme de recueil , & fai- 
sant conclurion des propos preccdeiis : mais 
c'cfl auec plus grande cxprcifion & eklar- 
ciHemeni de la doârine,cn difanr qti'il leur 
t.iut obéir » non feulement pour la necoifitc 
ii contrainte q^'i y cft au regard des borti- 
mes , inais nulfi afin que nous obei'lîonsa 
Dieu. Car il a mis ce moi tn , pour la vcn- 
genceque les Magiftrats pourroyent faire, a 
caufc du mcipris de leur auiluirite & digni- 
té : comme l'il euft dit . Que ce qu'il tjut 
ployer le col fous euv , ce ii'cft p.is pource 
^u'on ne peut leur rcfillcr fans diger d'cftre 
puni, attendu qu'ils font pli'S piiillans & ar- 
roct (^comnie onj/erra que plufirurs fiippor- 
teni le^ miiircs & outrages qu'on leur fait, 
d'autant qu'ils ne les peuueni repoiiffer) 
mais qu'il fe fam volontairement rangera 
cefte l'iiiction , a I. quelle la confcience eft 
nbligcc p.ir la parole de Dieu Ainfi donc 
encore que le Magittiat futt fans armes , & 
que fans danger d i Are puni on le peuft ir. 
nter ïr mefprifer , il ne (.'udroit touteffois 
non plu» edayer de le fjire , que fl nous 
voyons la punition tonte prcfte dcuant nous. 
Car il n'app.irtient p.is.i vn particulier d'o- 
fter 1.1 «Inniinuf ion a celuy <iue le Seigneur 
a conrtiiix p»r dcifiis luius aiicc autlinriie. 
Au rcttc, route cefte matière qui eft yel 
traiiirc l'Liiiend «les pieeminrnces ciuiles. 
r.t pourtant ,e'. ft en vain que ceux qui exer. 
ccnr (loniinition fur le-i conrcicnces.tafchcc 
par ce pilfjge de confermcl leur tyrannie 
pleni de f.icrilcge. 

< Ptlir ttHr ^.tuÇe .(« 'i' t.ut tt\€\ /ri »ri. 

^ I- *Parotc-fion il vient a faire mention 
«le» tributs, la raifon St eftjt doCqueU t| 
fonde lur l'oftice mcfmc de>. .Mogiftrais.Car 
û leur diiioir et» de maintenir la iranqiiil- 



tfulttî. Ce qu'il mal ,& PoppoTcr ant efforts & malliciirea. 



lue dcc boni ,Jt garder qu'on otlcurùcc leur portions rcuercncc 



l'es entreprîmes des mcfcluns, ils ne le peu- 
iient faire, finon qu'ils foyent .lide/ de puif.' 
fance & bonne munition. C'eft donc a bon 
drniA que les trroiits leur font payei pouf 
fournir a des frais tant neccflaircs. .\a re« 
fte, quant au moyen de taxer les tailles, péa- 
ges, ic tributs , ce n'eft point le but du pre- 
fent prATagc d'eu traittcr plus amplement: 
aiilfi ce n eft pas a nous de limiter & |re- 
fcrire aux Princes, combien ils doyuêt em» 
ployct en chacune cliolc, ou de les appeler a 
conte Touteffoi» il faut qu'il leur fouuir- 
ne , que tout ce qu'ils recoyuent du peuple, 
eft comme vn bien public, ^ non pas infini- 
ment de diflolution & de leurs appcris def- 
ordonne?. Car nous voyons a quels rfagcl 
faift P.iuldiftine les tributs qu'on paye, 
c'eft a fcauoir .ifin que les Rois .lycnt force 
& munition telle qu'il faut pour la defciife 
de leurs fiiicts 

7 H: •:ilr\ J:nr « IfUI <e fu! I,ut r/î Jt*. \\ 
me femble que l'.^poftrc veut yel compren- 
dre fommaircment, en quelles cliofes confï- 
fte le deuoir des fuiets cnucrs les Magi- 
ftrats : c'eft afcauoir qu'ils les ayent en cfti- 
me 3^ honneur.qu'ilspbeilTenta leurs edits, 
loix , ordonnances i^ iugemrns , c^u'ils leur 
payent tributs & pr.TgeS. Sous le mot de 
Cr.ii>iir , il a voulu fignifier obcilTance ; par 
les Tribut I Cr f"!!". non feultme't les gabel- 
les dcués au p-iflagc des ponts & ports ,i£ 
femblables impofts.maisaulTi les autre» re-' 
uemu. .^u refte.ce paCige aiilTi confcrme c« 
qu'il a dit au paraiiant. Qu'il faut obéir aux 
Rois & a tout ceux qui ont quelque autho- 
rite publique, non pis pourcc que nous fom- 
mts eontrains de le faire, mais pource que 
c'eft vne obeilTince agréable a Dieu Car TlerirHtti 
l'.^poftre ne requiert pas yci feulement que vrjr» /"/,.■- 
nous les craignions , mais aulfi que voton. fliituiT ild, 

ucmeut nous leur rci^dions obciflancc i Jr ï«./Va.ii, 



Chap.XIIT. SVR L'EPISTRE 

'ou, 8 'Ne deueZj r'tenafer(onne ifinon ofue '^osts almtez^ t^n 

Vo' ne l'antre, car ijui atme autruyiil a accomplila Loj. 

deuez 9 Car cect^Ttc ne ferai point adfiltere:Ttt ne tueras fo/nt:T/t 

lien a ne âepohheras point :Tu ne dtras point faux tefmoignage : Tu ne 

peifon conuoiteras point-, ^ pHj) a tjHelfjuc antre commandement , efi 

ne fommairement comprins en cesfeparole : afcauoir \Tn aimeras 

itH- «s»-^ '^ /(jw prochain comme to^-meCme. 

n.jf.ii.</.;9 ' , J. J. , . , ,.» 

marc ii.côî lo La chartte ne fait point de mal aHprochatn*L accompltj- 
YJq!i'i!i' fèment donc delaLoj ^c'efi cha rite . 



?, JZtdeue^rimt [lerfonne. il y a aucunj 
qui pcnfent tjue cefte façon de parler em- 
porte vne maaiere li'ironie.c'eft a flire moc- 
querie :côitie fi fainft Paul en pailantainfi, 
refpondoit a robicftion de ceux qui alle- 
guoyent que c'eftoit charger Ics Chreftiens, 
de leur impol'er autres commandemens que 
de charité. Et de faift.ie ne nie pas qu'on ne 
le puilTo prendre par ironie : tdlement qu'a 
ceux qui ne veulent receuoir autre loy que 
de charité il leur accorde ce qu'ils deman- 
dent:mais c'eft en vn autre lens. Toutcffois 
quanta inoy , i'aime mieux le prendre ûm- 
plemét -.pourcequc le penfe que S. Paul, afin 
que ceft cnfcignemet qu'il auoit donné tnii- 
chant la puiflance des Magiftrats , ne fem- 
blaft cllre fondé fur quelque légère raifon.a 
voulu le rapporter a la loy de charité : com- 
me fil euft dit , Quand le requier que vous 
obcifliez aux Princes , Je ne demande autre 
cliofe finon ce que tous fidiles par la loy de 
charité Ibnt tenus de faire- Car fi vous de- 
vrez que les bons viuent fans eftre mole- 
ftez , & qu'ils foyent maintenus ( ce que ne 
vouloir pas ce feroit vne inhumanité ) vous 
deuez.eniant qu'en.vous cft, trauaiUer a ce 
que les loix & iugemens ayent leur autho- 
rite . & que ceux qui font commis pour les 
maintenir, ayent le peuple obeifl.mt vcu que 
par leur moyen cr (le tranquillité cft entre- 
tenue a l'endroit ti"vn chacun. Ainfi donc ce- 
(hiy-Ia viole la loy de cliarite , lequel veut 
introduire vn abolilTement des Magiftrats, 
& faire que tous foyent maiftres : vcu que 
de I.i l'cufuit vne confufiiin vniucrfcllc. C.tr 
fjui j;W Kuiruy,!/ <i .ac.mf'.i Lt'Lzy. Le but de 
fainft Paul eft de réduire tous les coinm.m- 
dcmcnt de la Loy a cliarite , afin que nous 
fcachions que lors nous obeilTons dcuc- 
lïient aux commandement , quand nous gar- 
dons charité : & ce afin que ne refiifions de 
nous alfuietir a chofe quelle que ce foit, 
qui concerne robferuation de charité. Par 
ce moyen il confernie trcsbicn ce qu'il 
Suoit cnlcigné touchant de rendre ohcif- 
fance au Mapiftr.n . vcu qu'en cela confifte 
vne partie de cliarite, voire qui ii'eft pas 
des moindres. Or aucuns renii>efchent tort 
yci , & ne f,: pemicnt point bien dcfuclop- 
per de cefte difficultc, quand fainft Paul 
enfeigne que nous aiions accompli la Loy, 
fi nous aimons noilrc prochain , pour^e 
qu'en cela il ne fait point mention du fer- 
li4c« de Dieu , lequel ne deuoit pas cfttc 



laiffé en arrière. Mais fainft Paul ne rtg.ir- 
de pas a toute la Loy , ains parle feulement 
des chofes qui nous font commandées en 
la Loy concernans noftre dcuoir enuers le 
prochain. Et encore toufiour.s cela eft vray. 
que nous accompliffons toute la Loy , quand 
nous aimons nos prochains. Car la vraye 
charité enuers les hommes ne procède que 
de l'amour de Dieu ,& eft vu tefmoignage 
d'iceliiy, comme en eftant l'effet. Aurefte, 
ce que fainft Paul n'a yci fait mention que 
de la féconde Table , c'cft pnurce qu'il n'e- 
(loit maintenant propos qne d'icelle : com- 
me fil euft dit . Qui aime fon prochain 
comme foymcfme , ceftuyiafcft acquitté 
de fon deuoir enuers tout le monde. Ce- 
pendant 1.1 cauillation des Sophiftes , qui 
tafchent de tirer de ce pafljge la iuftifica- 
tion des oruures ,n'cft qu'viie pure niaife- 
rie. Car fainft Paul n'cnfeigne point yci 
que c'i'ft que les homme» font ou ne font 
pas, mais parle fous vne condition, laquelle 
on ne trouuera iamais eftre accomplie en 
homme quelconque. Maintenant nous , en 
difant oue les hommes ne font point lufti- 
fiez par Icsœuures ,ne nions pas que l'ob. 
feruation de la Loy ne foit la vraye itiftice; 
mais pource qu'il n'y a homme qui l'ac- 
tompline, & n'y en eut iamais , nonsdifons 
que tous hommes font forclos d'icelle in. 
(tice, y que pourtant le feul lefuge cft en 
la grâce de Chrift. 

9 Cây reci , Tu it ferai jdnt aMtnt. 
On ne peut p.!S recueillir d'yci quels com» 
mandemens (ont contenus en la féconde Ta- 
ble , veu qu'en la fin du propos il adioufte. 
Et l'if y <t -fndirt amrr cemmanrlcmr.ii. Car 
il a omis le commandement d'honorer pcre 
& mère, toutcffois cela pourroit femhler 
abfurde , de ce «ju'il a omis le commande- 
ment qui fcruoit le plus a fa matière. .Mai» 
quel mal y auroit-il , quand nous dirions 
qu'il ne l'a point touché , de peur d'obfciir- 
cir l'argunieiit qu'il vouloit faire? Mail 
comme le n'ofe pas alfiurer qu';iinfi foil, 
ainfi ie voy que rien ne défaut yci de ce qui 
cft nccdlaire a ce qu'il prcttnJoit ; afca- 
uoir , Qiie fi Dieu en toiiv fes commande- 
ment n'a eu aune but <;ue de nous dulre a 
charité , noftre deUoir eft d'y prétendre par 
«nus moyens. It touie((oi< le Lefteurqui 
ne fera point opiniaftre , cognoiftra facile- 
ment que fainft Paul a voulu prouuer pa» 
cliofcs feniblablcs' que le bu' de toute l» 



AVX ROMAINS. 



87 



Loyteni icela ■ que nom enircicnion» en- prefcniemct.Car côme ainfi'folt «J IciMigi 

trc nout cluritc mutiKlIc ; mais qu'il f.iut K rats foyct tftablisdc Dieu pour faire régner 

fuppletr ce 'lu'il n'a pas exprimé yci , afca. p.m & cquite >c]iiicunqiie defirequ'a du» 

Hoir que Tobeiffance enucrs les Mjgiftrat» cun fon droift loit maintenu, ti que touivi» 

n'eft pas vo petit poinftpour nourrir paix uentfanseftre outragez oumolcftez.ceituy- 

& entretenir cefte amour Iraternille. U maintiendra, entant qu'en Iny fera,re- 

10 ljithiimcief.titf^iii:AemAlAufn. ftat des Magifirais . Au contraire , les en- 

€hii>Ê,l'/iiiemp'iffn<rni JrlA l:y,(^r. limon» ncmij de la police publique , donnent a en- 

itrc par l'effet que lesclii>re5qiii nous font tendre par cela, qu'ils ont enuic de mal -fai- 

cnioritcs en tous ces commandcinens , font re St nuire aux autres . Au rcfte. quanta ce 



comprinfes loiis eliarite . Car qui aura vne 
\raye cli.iricc,iamais il ne liiy sie'idra enpê 
fee d'endommager ou olfcnfcr les frères . Et 
au'eft-ce q touieh L.iy iio'defend autre cho 
lc> finon que nni:s ne nuifions aucunement a 



qu'il répète derechef , que /'Jrrsnif,/i/jrmrut 
rfc/j Lcy ,'rj} rhjriir,i\ le faut entendre ^com- 
me deuant)de celle partie de la Loyq côcer 
ne la fnciete humaine , Se le deiinir des hô. 
mes les vns enucrs les autres. Carl'Apoftre 



nos |>rochai'n>Or il f.mt applicqucr cela au ne touche point yci a la première Table de 
propus& a la matière que l'Apolirc traiite la Lnjr.laquelle parle du icruice de Dieu. 

II '>V« re/}e ^fcttchans lufaipin , eju^ile^mtt'mtenant temps 
dénota epieiUer du (ômn({c/tr maintenant le fttut efifluspres 
derou-s-t'jHe lo'-s ftirnou* Cauons cren.) 

I i La nuit cfifaffce , ^ le tour efl approché . reiettons donc 
les œstures de ténèbres , ^ fojons ^efltts des armures de lit- 
zntcre. 

!? Tellement ejne nom cheminions honneflement comme de 
tour , \non potnt en gotirmandtfes Çj) yurongneries , non point 
en couches j^ tnfolcnces.,non point en noife ç£ enuie: 

14 yMaisfûje"^ '^efltis du Seigneur lefin Chrisl: ^ najei:^ 
fointfoinde la chair ipour accomplir jes conuoiti^es. 



n A»r'Ht,fiii<UAr-s,(_''c. il entre main- 
te.'^ant en vn autre pomâii'cxlinria'ion.afca 
unir.Pource que les rayons de la vie cclefte 
ont commencé a icttcr leur cbrte l>ir nous, 
ainfi que fait le l'oleil muirua l'ajbe du 
jour : qu'il nous faut l'ortcr comme ont ac- 
rouHumé de faire ceux ^ (ont en (-Icin ioiir, 
& icgirde; des hommes. Car ciux-la fe don- 
nent bien long' cufenient garde de commet- 
tre rien de vileinoumal feant ; pource que 
f*ils font qoelquc laute, ils voytnt bien que 
il fotit en veut de ir"p de tefmoins Or no' 
qui fommcs tonfinurs en la prefe'ce de Diiu 
& des Anges , Je Iciquels Clirift le vray So- 
leil de inliice ennuie a le contempler , par 
plus foire raifnn nons-nousdeiions bien gar 
<jer r'c tome turpitude & infamete. La fub- 
llance donc Je ces moiscA telle • Puis que 
nous renions que maintenant eft venu le 



font aueugles & ftnpides . Or il touche Vn 
peu après celle Du^'idite fous le mot de Sna- 
"'.IcquiUcôme a dit ancicnnenient vn Poê- 
le L.iiin) l'image de la mort . Il nomme le 
ltHr,\i rciiclaiinn >le \i vrrite de Dieu , par 
laquelle CliriA le SnUil de iiiftice nous mô- 
«re fa clarté Ilfrend îr .ff1.f1//f r , pour fe 
délibérer ftap(ir.fter a faire les choies que 
le Seigneur cr>inm.)nde, 8c efqurllcs il re- 
quiert iinlWcabeiflance . IruTHHtti tlrtinf 
i.r/.pour les œuures infâmes &'mcl'chiatef, 
pourcr que la nuit n'hj point de honte, con» 
me tiif'jit anciennement vn Poète Latin. Irt 
Aimurrtilr /vtnrrri- , pour aâes d'tionncflete« 
fobriitc & chaftcte : le(>;uels ou rcferue a 
faire de lour . Or il a vfe de ce mot .-f mû- 
ri / pluftuli qu'OLiiuret.piu'ce qu'il laui ba 
tailler fuus l'eiileigiic du S.ignenr.Aii refle, 
ce moi q cft au tôinenceinci, ft rr.dnit eftre 



'OU, Et 
cc,fca- 
chans. 
oiumeC 
mcmcc 
vcu la 
failô, a 
fiauoir 
qu'il 
eftia 
temps. 

/•( ji/-;4. 
0^!.i.<.\6. 
i.f,rr.i.c. 



temps Sr la vr.>ye faifon de nom refueillcr leu fepaicmefcar il ilepfJ de la doârine ^ 

du fonnie , Uill'ons li tout ce qui cO de la " * ' ' ' 

nuit , oftons de nous toutes oeiinres de tene* 

b'e«,piiis que melnie» les ténèbres lont def- 

1.1 chall'ecs:& nous eicrcJns i< .rnures de lu 

mitre , cheminons comme il appartiei'f de 

cheminer de iour Ce qui eft entre deux, doit 

élire enclosparparenihcfe Mais pource que 

c'eftyci vne allégorie, il fera bon ileioucner 

quefig-itie .hacuii mot a part. Il apelle l.t 

"""> l'gnoraiice de Dieu , en laquelle tnus 

ceux qui foni eetenus , font comme gtrs ef- 

garet en la -.itit, S-endoimis . Car ces deui 



a efte traitrce au p.irauât:côme quâd nousdi 
fons.Aii relie, un Ii'.iuii.ige.ll dli q les fidè- 
les cognoirtent /j (•ttfcnf(.utcc q la vocation 
de Dicu.if leiour de la viliiatiô requicrivne 
noiiuellc vie.tXf nouuelUs facôs de faire; cô 
me incontinent apre> par manieri- de décla- 
ration il adiouflc, qu'il eH/Vn r Jr >/r»rr. 
Car comme ainfi loiiqiielct Grecs ayent 
deux mot» qui fignifient Temps, l'ApoHre a 
yc 1 v'é d- Pvn dVeux, leql fignifie occafiô, 
on temps nppoitun. f jr mjin.v.Mn/ Ir f.tlut 
fl fj y ij.tr, .^r «114 f . Les expolÎKuts tirent ce' 



Kialadiet tc^.icnt et infidclts,d'jutant qu'ili paffige en diucrs fcnt. Plulituri rapportent 



Chap.XIII. 



S VR L'E P I S TR E 



le mot de Criirr, au temps Je la Loy: comme 
fi fainft Paul difoit,<]iie les luifs ont creu a- 
Uanc que Clirift fuft manitefté & vei -.ft en lu 
jniereilequel fen'! ic reiette.côme eftantdur 
fc contraint . Etde faift, cefcroit chnle ab- 
fuïde dereftraindrc a vne partie de TEglite 
Vnedoftrine générale. Or de toute la compa 
gnie a laquelle il eTcrit. de combien y en a- 
Uoit-il l'vn qui fuft luit f aiiifi ce propos ne 
Paddrcfleroit point aux Romains. D'auâtage 
<relon mon iugement ; la comparaifon qu'il 
fait du lour & de la nuit vuide ccftc difiicul 
te. Il me femble donc que le fens le plus (im- 
pie cft ainfi. Maintenant le falut cft plusprc$ 
de nous , qu'au temps que nous auons com- 
mencé a croire, ttllement que cela te rappor 
te au temps qui a précédé la loy.Car comme 
ainlï foit tj le mot Grec lequel nr^us .iuons 
traduit Lrs qut, ait vne fignificatiô indifféré 
te, ceftc-ci eft beaucoup plui conueiiablc au 
propos de l'AportrCj comme il appert par ce 
quil'enfuit. 

12 Lit »h!i efl p-'Jpf,&- le icur efl aflitscl.é. 
C'eft-ci la faifon & le tfmps opportun, du- 
quel il a n'agueret fait mention. Car combic 
que les fidèles ne foyent pas encores receus 
en la plene lumière, a bô droift touteff.iis il 
compare a l'aube du iour cefte c<:gnoiflance 
de la vie a venir, laquelle nous luit en l'Euî 
gile. Car yci le njr ne fe prend pascôme en 
d'autres lieux pour la lumière de la foy:(au 
trement if ne ditoit pas feulement qu'il ell 
approchéimaisqu'il eft défia venu ,& mefme 
«ju'il luit comme eftant au milieu de Ion 
cours:) mais pour cefte clarté bien-heurcu- 
fe de la vie celcftc,de laquelle on voit dtfia 
lescommencemensen l'Euangile. Le fom- 
inaire & la fubllance du propos reuient là, 
Quefitoftque Dieu commence a nousap- 

rcler , nous deuons aiioir les yeux fichez en 
'aduenememt de Clirift : ne plus ne moins 
que du poinft du iuur nous recueillons que 
la plene clarté du foleil a; proche . Il dit 
donc , Q^c U /lui: efî ftjjèe : pource que nous 
ne fommes pas ainfi enueloppez d'nbfcurite 
profonde comme les incrédules, r.ufqiuline 
le prefente aucune cftincelle de vie ■ mais 
nous auons l'efperâce de la rcfurreftion qui 
nous eft mifc déliant Icsyruxpar l'Euangi- 
le. Et melmes la lumière de foy par laquel- 
le nous cngnoiflbns que la plene lueur de la 
gloire celifte f .ipproclie de nous, nous doit 
relueiller , afin que nous ne demeurions en- 
dormis Si crotipilFans en terre. Au refte, vu 
peu après, quand il nous commande de r/^f- 
minertimme (îeioyr e,tlx llt>niere'.i\ ne côtinnc 
pat la mcfine métaphore & fimilitude . Car 
yci.il côpare au tour l'eftat prelent , auquel 
Chtift iccte fa clarie fur nous Mail il a vou- 
lu ainfi no' exhorter eu diucrfes fortes, main 
tenant a la méditation de la vie a venir, 
maintenant a .lunir en reuerencc le regarj 
de Dieu, dciiât lequel nous fômei toufiours. 
M N.'l fJ^iiit f,i Z^urm4ittiiei ^ yurcrJ^Hf' 
riri. Il a vei mis troùcfpeces de vices.pour 
Irfqnels figiiifier il a vfcdc deux terme» a 
l'endroit de chacun .Iceiix vices font intcm- 
pcraiice, & cxccs au boire & au manger : la 



paillardife& autres Ti'enies «jnJen dcprfk' 
dent.enuie & débat . S'il y a telle Oelloniie- 
ftete en CCS choies, que merme*: les liommef 
charnels ont honte de les f.iire Jeu.int lej 
hommes, c'eft bien raifon que nous nous en 
abftcnions toufiuut5:nous, di-ie.qui (ommcs 
en la luinjere de Dieu , lors que no»5 fom- 
mes hors de la vcue des hommes . Quant a 
la troifieme couple, combien que iiti/t pré- 
cède enuit: toute I (ois il n'y a point de douie 
que fainft Paul n'ait viulu nous renionftrcr 
q c'eft la fource d"t procèdent noife?,deban 
& procès: pource q cependant que chacun ap 
petc a fe faire valoir & eftre efl-ué , les vos 
portent cnuie aux aiitics . Or ambition eit 
caufcdetotis les deux maux. 

14 nljiif:yer^ ii/i/w r/x S.-j^»iriir, Cefte mé- 
taphore &fimilitudecft fort vhtee es laiite» 
ticrituies.quâd il eft qucftiô des chofcs qnl 
rip.ircnt la pcnonne.ou au côtraire la diftor 
mci.t: df Iqucls l'vn Se i'.iutrefc voit cî vcfte 
mens Car vne robbe falc& dcfchlree delbo- 
norc la perlonne : d'autre p.irtvne i|UI fera 
nette Si lionnefte fait grand honneur a la per 
fTincSi liiy dône gtaec.Orr/?r. rr)?.»» de COri/l, 
fignifie yci que nous l'oyons de tous coftez 
cnuirônez & garnis de la vertu de l'on Efprit, 
laqudl" nous rende idoincS & propres 4 
toutes Ofuurtsde lainftttc. Car yo\ l.i com- 
ment l'image de Dieu, 1. quelle eft le leut 
ornement de l'atre . vient a cftre rellablle 
en nous . Car fainft Paul parLint ainfi , re- 
garde a la fin de noftre Vocation;pource que 
Dieu en nous adoptant , nous ente au corps 
de (on Fils vniqiie. voire, & a cefte conû4ti» 
on , que renôcans a noftre première vie, no' 
foyôs faits en luy nouuelles crcatutes.Gal.;. 
d.27.Et fuyuanc cefte côfideration, il dit ail 
leurs, que les fidcles au Baptefme fontreue- 
ftuf de Clirift.fr n'Jir;^ fcini Cependant que 
nous fommes ennironnez de noftre chair, 
nous ne pouuois nous déporter totalement 
d'en auuir foin . Car noftre coouerfatinn e(t 
tellement es cieux.que nous lonimcs encore 
voyagers en ce pèlerinage terne. Il faut dôc 
auoir foin des chofesqui côcernent le corps, 
m.iis non autrement que comme iccUcs e- 
ftans aides de noftre pelcrin.ige , & non pas 
en telle lorte qu'elles nous (jcent oublier 
noftre pays . Il y a eu mifues des gens pro- 
fanes Qiiiont bien Iccu dire que nature fc cô 
tente de peu ; mais que les a| péris des hom- 
mes font inlatiablts.<i^iico'ique donc prend 
ce but de fjtiftaire aux Jefirs de fa chair, il 
faut neceflairement que ceftuy lavienennn 
feulement a f'cicoviUr, mais aul'h a fe plon- 
ger en v>i merucilK ut go.lfre&bien pro- 
lond.Oi S Paul voulit tenir en bride nos de 
firs.noiis rcmonftrc que la caulédc tomein- 
tempi.râco,eft,que "iil ne le cô'ented'vnTfa 
ge des créatures, fobre Si légitime Et pour- 
t.int, afi i de nous faite tenir vn bon moyen, 
il non* preftrit cefte règle, que nous leruions 
aux necelfiicide noftie chair , ïf <|ue nout 
ne lalchions point la bride aux plailiisdef- 
ordonne' d'icellc. Ainfi aduirndra quenout 
V ferons du picfcnt lieclc Cummc n'en vl'ant 
point. 

C H A P. 



A vx romains: 



u 




C H A p. X I I I î. 
Ëcenez, a ^oué celny tjui efl débile enfo^^non fotnt ^ 
'en difj>Ht»s de cfueflions. ^^* 

Que celuj efut croit^mange de toutes chofes: mais po"^ 
y.>_.=^ ., ff /«j qut efl débile ymttrtge des herbes. ^ QCba- 

^ Celaj cfui mage^quil ne dejprife celuj effi ne m^ge point: f ^c par 
^ celuy (jui ne mange point , ofutlne inge point celttj ejH$ man- diipu- 
gc-.car Dieu Ca reteti afoj. ^^ * 

4 1:^ es-tH toj <^tu condamnes leferuiteur d:aHtruj f Ilfe ^^^ ^^ 
tient ferme eu trcbufhe a/on Seigneur : mepnement il fera af- luy, occ 
fermfcar Dieu eflpuiff.ttit de l' affermir. 

I \r,enr!^ xytHi ttl^y q<4i ,p ilebilr . Il Ctt>endant,il noujfiut entendre le fuiet fpe- 
cM c)uc mjintciiant il traittc . Car pource 
que pluficurs d'entre le» tiiifs eftoyent enco 
re attjcheiaux ombre» deU Loy.il confcf- 
fe bien que ccl.i e(» rieieui en cm , nui» il 
requiert qu'on leur pardûne pour vn tempi, 
d'autant que le» prcfler rudement t'euft cfte 
troubler leur fojr . il nomme donc , Que- 
nions de contention .celli:» qui troublent 
les efprit» qui ne font point encore bied 
refolut.ou les enucloppent de doute». Com- 
bien qu'il faut efttndre ceci plu» loin , c'eft 
afciuoira toute» queftions entortillée» k 
e(irangc»,Iefquclle» fans édification, ne tent 
la. Carie» Eglifes tftoyciit medeesde lui'lj q.i'embrouiUer & mettre en inquiétude' 
& de Gentil»:dcfqui.ls les vnseftajis de long let confciencc» iml.ecille» . Ai:fi donc, il 
temp» jccouftiiintî «ux obfiru.itiont de la cfchet d'auoir eTgirdde quelle» queftion» 
■ ' ' ' " " vn cliaciincrt capable ,& faut compaûer U 

doftrine & facoit d'cnleisncr a U capacittt 
d'rn chacun. 



[ YtfM 

vient maintenant a vn cnfcigneinent fort ne 
ceflaire pour drelfer St entretenir vn corp» 
d'f-glifc : c'clt que ceux qui auront pluja- 
iiancé Stproufité en la doarine Chreftienne, 
f'accommodent aui ignorans, & employcnt 
leur forcent aiiancement a fouDenirSt l'up- 
porter l'infirmité d'iceux. Car entre le peu- 
ple de Dieu il y en a aucuns plus débiles que 
les autres: lefquel» fi on ne traitte auec gran 
de douceur & dehonnairete, ils perdent cou- 
rage, & finalement fe dcrgouftcnt & deftuur- 
nêt de U religion: ce qii'aulTi il eft vray lem 
blableelrc aduenu principaicmrt en ce tcpt 



loy de Moyfe,& y ayâs cfte nourri» dés leur 
enfance , ne pouuoyent a ifcement eftre In- 
diiiisa IcshilTer: le» autres n'ayani rienap- 
prins de tout cela, ne vouloyent point pren- 
dre fur eux vn loug nô accoufturr.é. Or pour 
ce que d'tne drucrfite d'opinion» les liom- 
mrt tombent aifeement en nolfcs i débat», 
l'Aportre mnr.ftre comment ceux qui font 



thfrimtu cr/o 'Ju, ffj ilriilr. f- Erafme A 
traduit le» mots de fainftPaul autrement, 
afcauoir: L'vn croit qu'on peut manger dr 
toute» clio.'e».Mii» lonev'iy p'int de ralfon 
«infi diuets d'opinions pourront neantmoi u (ur laquelle il fe f"it peu t>.ndcr.car il a re- 
fcntreicnir les vns auec les autres lan» de- du la (entcncc impirfaite, en heu qu'elle eft 
bai.r.t en cela il prefcrit vn fort bon nioye, «lenc & entière c» mots de faîô PauI'Sf puis 
c'cft que ceux qui font plus robuftes , l'cm- li où le mot Grec figmfie. Qui croit ^ c a e- 
ployent a foul.iger les infirmes ; & ceut qui fte iir.propremét fait de traduire, L'vn croit, 
ont l'Iii» proufiié , a fupporter les ignorans. Au relte.vray eft qu'a tou-ner le texte Grec 
C.ir fi Dieu nous conferme par dcffii» les au mot a mot, il y auroit, Q;il croit,manj;er de 
trcs.il n'entend pa» que de la force qu'il no' toute» chofes:mais on ne doit point iroiiuer 
donne,rous en jbufionsafoullcr les foiblet. rude ou contraint . de ce que l'ajr rerdu co 
Et la fjpience Chreftienne ne nous enfei- |a en l'Impératif, Que ceftny la mange, -Vc. 
gne point Je nou» enorgueillir outre me- pource que ccfte tacon de parler eft fort 
lure, ,V mefprifcr les autres . Pour cefte rai- commune & Irequcnte a fainÀ Paul, il ap- 



fon donc il addrcfte fon propo< a ceux qui 
font les mieux inftruits , i difia eonfcrince: 
lefquel» d'autant qu'ils ont rcccudu Sei- 
gneur grâce plus abondante , d'autant font- 
ils plut tcnu\ St obligea «"aider a leurs pro- 
cliains. Km fif.t tn ilijjimtrilc imcfticni . La 
fentcnce eft imparfaite, d'autant que le ver- 
lie qui pourroit rendre le fcns entier , v de- 
faut:toutelfois il tft bien certain (jue l'Apo 
ftre n'a voulu dire autre (hofc.finon eue no* 



pelle donc Croyan» , ceux qi'i font tefolii» 
co tertitnde de conlcience .A ceux la il per- 
met d'vfer indilTcremmcnt de toute» chi>. 
ft». C e pendant , <-r/»r n'i rfi itiiile , m.tn-r 
H.i Itrr'jfi, il Oabfticni de» chofes defquelle* 
il ne luy l'cmble point q rvf.igeluy fou per 
mis . Toutcffou fi quelqu'un aimoit mieux 
rerenii l'autre leâute cômune , le fen» fer», 
Q,>c ce n'eft pu rai'on que celuy qui man. 
gc de touic» chofet libreircnt , pource qu'il 



anifinns de ne point fafclier ou troubler le» croit qu'il luv eft ainfi permi». rage a la mef 
inhrme» par qHcftiuns faite» mal a propos, me rctilc ceux qui font eneo'C tf'drcs en la 
If def^uclltt lit nefonc «ucorct capablei. fe^,&dcbile».Cud'cxpofct le iroc dit Dcb*r 



Chap. XlIIf. 



SVR L'EPISTRE 



lef pour Mahdejf comme ont fait aucun») urej, vray eft qu'il ne nous cft pai pcVma 

c'elt vne thofe ridicule. d'en deterininer felô noftre propr; (tniafie, 

; Celiiy:iuimXgr^quil)ieArlfir!frcrlxy,((^c. maisbien fclon la parole de Ditu. Or le in- 

II obuie bien prudemment & par bon moyê gement qui eft prins de la Parole , n'tft pas 

aux vices tjui loni d'vn cofté & d'autre • Car jugement procédant de l'homme , ou lequel 

ceux qui font p'us fermes & refolus, ont Vo- on puifTe dire eftre lugement d'autruy Ainfi 

lontiers ce vice, qu'ils defdaignent ceux qui donc,fainft Paul nous veut yci deftourntr 

font enueloppez en des fcrupulcs friuoles,& de toute tcmerite de iipger.en laquelle tom- 

jnefmcs k- iiiocqucnt d'eux: au tôtraire , les bent ceux quiofent ingcrdes œuures de? 

autres ne ft peuucnt pas aifetmct garder de liomnus hors la parole de Dieu ;/ Çc timt 

faire des iogemenstcmcraires,& de condam ferme m irrbuf-he ,) fciifei^mur. Comme Pil 

ner ce qu'ils ne coniprcnent pas: Jf pourtant diloit.Ccftc puiffmce appartient propre- 

tout ce qu'ils voycnt faire qui n'accorde ment a celuy qui clt Seigneur , de cendam- 



point a leur opinion, ils iugêt que c'cft mal. 
Maintenant donc, il admonefte les premiers 
ciu'ils fegafient de mefprifer aucun frerc: 
& les autres, d'tftrc p.ir trop difficiles &clia 
grins .La raifon qu'iladiouftcdoittftie rap- 
portée» l'vn & a l'autre membre , attendu 



nerou auoir pour agréable ce que le ferui- 
teur faittStpourlât quicontjue talVIic de l'jf 
tirera iby.fait tort au Seigneur. Or qi'-ît il 
adiouOe, Mtfmrme.n il fe tudr.i ftrtnf.en cela 
non feulement il nous cômandc de "oii« aW 
ftenir de cond.imner.mais auffi n^^uscxhor- 



'oujce 

eft au 

Scignr 

<]u'ilne 

mange 

point; 



qu'elle conuitnt a toutes les deux fortes de teaenclinera douceKf & huuiarite , tellc- 

gens dclqucls il parle. Quand tu voisiditil, ment que loufiours nous cf|-cri<ins biëde ce 

vn homme illuminé de la cognoilfance de liiy en q nous voyos quelque cliolV deDieu. 

Pieu, m as adczfuffiiâi tefnioign.ige q le Sti Car ceux aufquels le S.igneur a commencé 

gneur l'a priusdes (îcns: que fi lu le me'pri- l'oenure de fa ^race.il nousa donné matière 

Tes ou cond.imnes.tu reiettes celuy queDicu d'efpcrer, qu'il les veut plencmcnt côfern^er 

auoitrereu, & amener a pcrfeflinn . Car en fondant foa 

4 Tcy qui es-tnijui csni/.rm»fi /eferu'teur argument fur /.«/•«'//Jure ''r D'Vh. il n'entend 
«?'.(>(i.»^.''Comme entre les hommes ceftuyla p.is en parler fimplement.côme l'il difoit, q 
feroit trouué inciui .voire nicfme orgueil- Dieu pourroit bien faire cela PI vouloit: 
leux & prefomptueuxqui voudroit ranger a mais félon la couftnme de l'E'criture , auee 
fcs faconsde taire le (iruiteur d'autruy, 8c la puilTance de Dieu , il eonioint aulïi la vo- 
eontreroller félon fa fantafie toutes lesœu- lonte. Cependant touteffon il ne détermine 
ures d*iceluy:ainli tu entre prens trop , quâd point yci vne règle quifoit petpctuelle: coijj 
en vu feriiittur de Dieu tu condamnes quel- me f'il tftnit necclfaire que ccii que Dieu 
«|ue chofe, pource qu'elle ne te plaift point- a vne foisdrcffeî, demeurent debout iutque» 
Car ce n'ett pas a toy de luy preferire ce q en la fin ; mais feulement il nous adiiioncfte 
il doit faire , ou ne faire pas ; d'autre parc que noftre deuoirtft de bien efperer ,& en. 
auffi il n't ft pas aftreint de viure a ta pofte. cliner pluftoft noftre lUgemcnt de ce c^ftc- 
Or quant a ce que la puiflancede iugcrnouj l.<i:comme suffi il enfeigie ailleurs , difant, 
eft oftee , cela fe rapporte tant a la perfonne Celuy qui a commêcé bône œuurc en nous, 
qu'aux faits . Toiiteffois il y a grande diffe- la parfera iufqucs en la fin.Plulip i a.tf. En 
rtnce entre le» deux : car quant a l'homme, fomme fainS Paul ninnftre en quelle part 
^uel qu'il foit,nou5 en deunns laiflcr la dif- enclincnt les iugemens de ceux clquels ch» 
pofition a Dieu: mais quant a fe» faits &:œii- rite befongne. 

5 L''^n eflime'^n tour plus ^tte t dutre tour : ^ l\tHtre /«- 
ge de ch/tpftte tour également. Vn chacun fait certainement re- 
(hlu ertfapenfee. 

6 Ce/fty efui ha efgard au tottr -, ilyha efgard au Seigneur: 
^ efti't rîha f oint d efgard au tour , //«'y ha point d,' efgard au 
Seigneur . ^u/ mange, il mange au Setgneur : car tl rend grâ- 
ces a D /eu : ^ tjui ne mange point , 'tl ne mange fotnt au Sei- 
gneur:^ en rend grâces a Dieu, 

(limr. Il auoit n'agnerfs parlé doSrine de IaI.oy,ne pouuoyêt ofter de leur 
entêdtmct ceftc ditfcre'ce & reueréce de ccr- 
t.iins lours, laquelle ils auoycnt conccué dés 
le coinineiiecment, & a laquelle il» f'cDoye't 
accouftiimez toute leur vi-: ils n'ofoyct to>i 
cher aux viandes , difqucllc» ils auoyent fi 
long temps fait confcience • Or ce qu'ils e- 
ftovent ainfi .ibbruuez de cesopinions, pro- 
cedoit dinfirmite : car l'ils eulleiit eu vne 
claire & bien certaine cnguoiirance de li li- 
berté Chrcftiénc.ils eulfent efte d'.nitre i»)^i- 
luon. louteflois de f'abfieuir des chofes Itf- 
ouclles 



du fcrupule touchant le chois des viandes 
maintenant il adioufte vn autre exeple prins 
de la dilfcrence des inur» . Or l'vn j( l'autre 
procedoit de la façon de faire dis luifs. Car 
pnutcc que le Seigneur en fa Loy meiloit 
dlffetcnce entre les viandes , & en dteliroit 
aucunes immondes , dcIqiK Iles il delendoit 
d'vfer'pource aulfi nu'tnicLllc il ordonnoit 
cert.iins inurs de leftc & folennitc.f oinnian- 
dant qu'ils fulfcntellroittemct obfcr»e7:le» 
luifiayâsdài leur enfance efte noiirriscn la 



. AVX ROMAINS. 



t9 



«■■cITcS iti pcnfoycnt ne leur cftre point li- mandée l'obreniacion des loart . It tof 

citcj.ceU procedoitd'vn fentiineiit de criin lujr impole vne neceiritc en ceft endroit : il 

tcde Dieu; commec'euftcfte atuxrnegran n'cncend pas enoare l'abrogation H'icclle. 

de aiidjce& mefpris.d'cntreprëdre qutlijue II ne luy rcftcdonc, (Inonde le conduire fe- 

cbofe contre leur coiil'ciencc. L'ApoHrc dôc Ion la meûire d'intelligence qu'il ha , en ai. 

cofeignc yci rn bon moyen pour lesvns & rendant que Dieu luy donne plui ample re> 

let auirtiyO^e cliJtcuii Jci: ieridinrmrni rifc/u uclaiion,& de n'vl'er de priuilege de liber- 

/« f.«/rw/«: entendant par cela que les Clire- teiufques a ce qu'il l'ait receu par foy. 

Aient Te doyucnt tellement cftudier & exer- Autant en faut il dire de celuy qui f'abftiéc 

cer aobeiflance , qu'ilsne face nt choie, la- des viandes immondes. Car f'il cnmangeoie 

(]Uc]le ils ne penfcnt ou pluftoft foycnt cer- cftanrainfi en perplexité, ce ne fcroit pas re 

tains efirc agréable a Dieu. £tde faift, c'cft ccuoirdc lamsin de Dieu vndon.mais pluf 

Vnpuiiijt qu'il faut tenir pour tout rcfolu, toit auancer la main fur les chofcs delen- 

quc le coiDniëcement de bien viure i droi- dues.âr cnireprendre contre la defenfe. Que 

tentent efi, que les hommes dépendent de la vn tel donc vil- d'autres chorcs.lcrquellcs il 

Volonté de Dieu, S: nt fe donnent point con- pcnle luy eftrc permifes, & fuyue la mefure 

ge de remuer le bout du doigt, ayans le de Ton intelligece- farce moyen il rr>i</r.f^>4 

cofur en bride & doute- Caril ne fc peut (il cmu Sri(nrut : ce qu'il nepoiirroit faire.i'il 

requ'vnc telle tcmeriie , quand nous ufons n'eltoit pcrluadé jt bien certain qu'il acDe 

patTcr plus auant que nous ue Tommes cer- fuftentcdela libéralité de Dieu. Etpouriâc 

taiiis nous citre perini» , ne (e conucrfifTe en il ne le faudra pointauoir en mefpris, corn- 

obftination & tcbt'Ilion.Si maintcnini quel- me f'il offcnfoit le Seigneur par ccftcfo' 

«Iii'vn ubicâe fur cela , qu'erreur eft touf- bricte & fainfte timidité , de laquelle nous 

ioun accôp.igné de doute & perplexité, & q auons parlé. Cependant auffi , quand nous 

riourcani Ict infirmes ne peuuc't auoir en cui: dirions que la modcftie d'vn homme qui eft 

a ccriiruJc que fai'iâ Paul requiert, la folu ainli iniirme.eft approuuee de Dieu, non pas 

tioo eft facile, Qn'a telles genscll pardonne, pource qu'elle le mérite, mais d'autant que 

puurueu qu'ils le tieneni au dedans de leur Dieu le lupporie par douceur, il n'yau- 

mefurc. Car aulfî laind Paul n'a yci preten- roit point en cela d'abfurdite • Touicffoit 

du a autre chofe.finon de reprimer vne licê- pource que n'agueres il requcroit qu'on aie 

ce defreglee , qui f.iit que pluficurs (^inge. certirnde & bonnne rcfoluiion de ce qu'on 

rent,ou pluftoft le ieitent côme a l'auenture fait, afin que chacun n'entreprcne a fa fan- 

a faire cbolcs <} leur font doureufes f( inciv tafie Se témérairement de garder ceci oa 

gnues. Ainrt donc, fainâ Paul requiert ccfte cela : il feroic bonde regarder fi ceci n'eft 

«lifcretiô. Qu'en toutes nos aâiôs nous ayons point dit pluftoft par exiiortatlon que par 

tuulïoars la volôrede Dieu qui aille deuât. affirm.niô, pource que la fuite du propos cou 

( Cilnyijui iiacf^jtr<l tui-.ur. Veu quc $. lera mieux en ccfte forte. Que chacun Toit re 

Paul enteiidoit bitn&tenoit pour refolu folu de ce qu'il fait, d'atiiât qu'il faudra reit 

<]ue l'obfcriiaiion des jours procrdoic d'vne dre conte dcuant le ficgc iudicial du luge ce 

ignorance d; Chrift.c'cft a di e a faute de co lefte.Car foit que quilou'vn mage d'irne »l- 

gnoirtre la liberté €|ue Clirift a appnrtcc: ande, foit qu'il l'ciiabftlene , ildoit en lou* 

Il n'cft pas» croire qu'il vueille du tout tes deux regarder a Dieu. Certes il n'y a rié 

maintenir &: excufcryne telle cor.-upilon: fij ropre.tit a reprimer la tri>p grande licen- 

0f touteffoisa vcoir les mots on diroit que ce de iugcrqueles hommes entreprenene 

ils emportent cela . Que celuy qui obfeiue fur Uurs prochains , qu'a corriger les (a~ 

»n iour pluftoft que l'autre , ne faut point, perftiiions, que qu.ind on nous adiournc 

Car il dit qu'il Iik tf^-irH ^u Stignrmr ■ Si rien deuant le fiege iudlcijl de Dieu . Et pour- 



nc peut eftre agréable a Dieu ,que ce qui 
eft bon. Or afin d'entendre fon intention , il 
eft neeefliaire de diftinguer entre l'opinion 
irn homme aura conccue touchant l'ob- 



cge ludiciji de Dieu . tt pour- 
tant c'eft bien auifé a fainâ Paul , de pro- 
poler a chacun comme deuant l'es yeux , le 
luge, a la volonté & approbation duquel 
ils ont a rapporter tout ce qu'ils font. Et 



fcruaiion des lours , & icelle obferuation a cela ne répugne point , que le propos eft 

a I art a laquelle il faftraint. Car l'opinion couché par alfirm.ition . Car incontinent a- 

eft fuperftitieure , Scfiinft Paul ne le nie pris il met. Q^ie nul ne vit a foy, ou meurt 

pa$,\eu'|iic délia il l'a condanmee fous re a foy : où il ne redcepas que c'eft que le* 

nom d'Intirmiie , Je encore vn peu après la hommes font.mais enfeignc que c'eft qu'ils 

condamnera plus aprrtemeut. Mais quant II doyuent faire. .\u reHe , notons qu'il dit, 

ce que celuy qui eft encore en ccfte fuper- que lors mm» mt'ir"»' "» irii^nrur , Se ximr 

flition , n'ofc violer la folennire du lour, n.pirniiir ah Srigncur , quand nous rendons 



Dieu approuue cela: d'autant qu'vn tel per- 
fonnige n'ofc rien cnrreprendre auec dou- 
te de confcience . Car que feroit auite cho- 
fr le luif .qui n'a point encore tant prou- 
Stc en l'Iu ingile, qu'il foit dcliurédu Icru 



gr.ices. El pourtant fi nous vfons des vi- 
aides fans aftioii de grâces ,r»f.,geen eft 
immonde : femblablemcnt fi nous nous eo 
abftcnons fans aâion de grâces , l'abftineo- 
ce en fera impure . Il i''y a que le feul nom 



pille de l'uKlcruation des tours Ml ha la pi- de Dieu , lequel cftant inuoqiié p.ir nous, 
rôle dw Seigneur , en laquelle eft recom- lani^ihe .V nous Jf tout ce que nuusauons. 

7 C*r riulde KOM ne'\-ita(ùj,ç£ntilnemcttrtap)j. 

8 C*r fàitijHeTtoui \$iuof7s ttiom 'KtHOKs an Seigneur :«h 



Chap.XIIir. 



SVR L'EPISTRE 



ptt tjne nous mourions , nous mourons au. Seigneur . Soit donc 
ijue nous ^tuions , ou que noui mourions , nous fomntes au Sei- 
gneur. 

9 Car four cela Chrijt eft mort cy rejfufcjte , ǣ ejl rc 
tourne a^ie ^ajin qu d ait feigneurte tant fur les morts que 
fur les 'Kifs. 

7 ttrnK/./f Mii«*,io-f. Il ct'ferme main- noir patience en toute; fafclic ries & in- 
tenant la lentence précédente par vneraiTon commodités. S'il adiiient donc (]iie1(jue 
tiree<iu total a vnc partie.-Alcailoir qu'il ne foiï que la cliair Ce retrongne, Sr recule de 



fe faut pas esbahirli les opérations parti- 
culières de noftre vie doyuent regarder au 
Seigneur, vcu que la viemefmc doit eftr» 
toute rapportée a fa gloire. Car loi s on peut 



porter les aduerfitei que Dieu cnroye, re- 
duifons lors en mémoire, que celiiy qui 
n'cft pas en liberté, ni en f.i puiir.incc , ren- 
uerle tout droiô & onlre, fil nedcpind en- 



dire que laviede l'homme Clirefticn eft tiertment de ce qui pl.ift.ifon kigneu 

regleecomme il appsrtient, quand elle ha Par mefm« moyen auffi nous tft prcfciite 

la volonté de Dieu pour fon but . Or fi ainfi la règle qu'il nous faut tenir a vinre & mou 

en que nous deuions rapporter a la volonté rir, c'eft afcauoir qu'encore qu'il nous pro- 

<riceluy toutce que nous faifons, il ne nous longe la vie en continuelles miftres &■ Lin- 

eft aucunement licite d'entreprendre clio- gueurs, nous n'appetions point tonteOois de 

fe laquelle nous penfions luy eftre defplai- fortir d'yci dcuant le tcmps^Ji au ci mr.iire, 

fante , ou pluftoft laquelle nous ne fcachi- Pil nous rappelle au milieu de li fleur de 



ons cettaincment luy eftre plaifante. K/n 
av. îi'i^»;f«' , ne fignific pas yci( comme .iu 
chapitre ftiieme b.8. ) eftre conduit & gou- 
uerné parfan Elprit . inaisfe régler Se con- 
former a fon commandement , & dcftiner 
toutes chofes a fa gloire . Et n'eft pas aftcz 
que nous viuions au Scigneur,mais l-'aut auf- 
{\ que mOHrionrAU Seigneur', c'eft a dire.il faut 
remettre a fa volonté tant noftre vie que no 
flremort. Il adioufte vne trcsbonne rai- 
fon , pource que foii que mut yiuita) ox que 
notty m^ttrhnr ^ncMtfcYnmet a iuy * Car de là 
f'enfuit qu'il ha puiffance de difpofer de 
noftre vie & de noftre mort . Aurefte.Tv- 



noftre aage , que nous loyôs toufiouis prefti 
de partir. 

9 C*tf!n rt/., Cl>'!fl rjl mert, 0t . C'eft 
la confirmation de la raifon qu'jUuoit n'a- 
gueresmls.Car pour prouuerqn'il Bo'f.iut 
viure & mourir an Seigneur , il auoit dir. 
Que foit que nous viuions, ou que nous mou 
rions, nousfommes en la puilTance de Chnft. 
Maintcnât il monftrc cément c'eft biê a bon 
droia que Chnft r.ittribue cefte puifl'ance 
fur nous, veu qu'tllc luy a coudé lî cher , & 
qu'il l'a aciiUifc a fi bonnes enleigncs . Car 
en redonnant a la mort pour noftre fa lut, il 
f'eft acquis vn droift iiir nous , que la mort 



fage de cefte doftrine l'eftend bien loin: mefme nepeut abolir: & en rcûulcitant il a 
car la domination fur noftre vie & noftre retenu toute noftre vie | our Ion droitt Ici- 
mort , eft tellement attribuée &■ maintenue gneurial.Par fa mort donc &fa rcfiinci^ion 
a Dieu , qu'il faut que chacun fe contente il a mente que tant en h mort qn'en la vie 
de fa condition, Se la trouue tolerable. com- nousfcruions a la gloire de (on nom.Qjiant 
me vn ioug que Dieu luy a mis fur le col. a ce qui eft dit,I/r/? rtj]ufnte. isr 'l> •"'»>" /^ 
Car c'eft bien raifon qu'il ait l'authorite -rir : cela emporte autant comme f'ildilbit. 



d'alfigner. a chacun fa place , & de terminer 
fon cours. Et par ce moyen , non feulement 
il nous eft défendu d'entreprendre légère- 
ment ceci & cela fans le commandement 
de Dieu a mais aufTi nous eft commandé d'a- 



quf parla refurreôion vne nountUe con- 
diiiô Je vie luy a efteacquife.Sf ponrce que 
la vie qu'il ha maintenant , n'cft point fuic- 
te a changenurt.qu'auffi fa domination fur 
nous eft éternelle. 



X.C>.%.I>.10 
jfx.^<;M.iy 

"ou,cô 
dânôs 
"ou,v- 
fezpluf 
toft de 
iuge- 
mct en 
cela 



10 Mais toj , fourc/uoj condamnes-tu ton fier e' ou toy aufji 
pourquoy dcjprifès-tu tof-cre?\\Certes nous cofaroiflrons toM de 
uant lefiege iudicialde Chrifl. 

11 Carileftefcrtt, '^\le '^i-.ditle Seigneur ^toutger ou tll~efloy 
era deuantmoj^'Jj toute langue donnera louange a Dicn. 

Il Par amfi donCf^n chacun de nous rendra conte fottr Çoj^ 
me/me a Dieu. 

IX Ne "iugeons plus donc /*V« l'autre : mais" luge::, flup- 
tv flcela.de ne mettre aucun choJ>pementou trebufchcmcnt a no 
ùicfiere. 

lo A/.(i>r«y,;);»i'ji(n';'M(;er/»,(i-f. Pour- de nous tous doit eftre rapportée a Chrift, 
ce qu'il auoit ditquetât la'vicqur la mort 5: que c'eft » luy d'en difpoicr .dtlailpaf- 



AVX ROMAINS. 



90 



U a ftire'mention du iugemcnt que 1« Pè- 
re luT a donne auec la domination du ciel 
Jfde la terre. Do it il recueille que c'eft v- 
DContrecuidaiicc bien dcirrgice, quand l'Iiû 
me vfurpc a foy le iuijerncni l'ur ion frerer 
Veu qu'vne tillc licence ofte .lUt'eigneur le 
fus Chrilt l.i p\ii(rincc,laquetle luy TchU re 
ceuc du Pcre Mais en premier lieu, dcfti g 
le mot de F'irr , il réprime ccft appétit pcr> 
Hers de iiiger Car f\ le Seigneur 2 cftabli en- 
Ire nom vndroiû Se lien de focieie fraternel 
le , il faue garder me equ.-.lite . Tout autre 
iinnc qui entreprend de laire office de iupe, 
paffc Cl mefure. Se (c môfire derrailonnable. 
Apret cela, il nom ramené a ce luge vnique 
qui cfttel.quc non feulemct nul ne luy peut 
orter fa puilTjnce, luait non p.ij mcfnici el'- 
ehapper , qu'il n'ait» côparoiftre deuant le 
fiege ludicial d'iceluy. Selon donc que ce fe 
roitrne chofe abl'urdc entre Kthomes.li en 
lugemét oùWs pariict doyuci le tenir en bat 
jux piedi du inge.l'vne d'icellc? fe venoir iu 
cher au ficge iudicialaiitant cAil abfurdcq 
l'hôme Chrcftien tire a foy celte anthoritc 
de luger de la côl'ciencede fnn frère L'jrgu 
oiéidiKiuel vfcS l:iquc< (4 c ii)cft prcfque 
fetnblable.Qni luge (on frcri ,il lugc la Loy: 
i H iuge la Loy, n'eft pis obferujteur de la 
Loy, mais pluftoft maifire on contrerollcnr 
«l'icclte Orau contraire, dii-il, il y a vn feul 
L<giA.itear qui peut fauuerSt perdre. Q^ât 
• u/r»i;ri.i/>'.«/ qu'il ittriliue a Clirift, il >.n- 
tend par cela l*aiiihuri(e& pnilTancede lu- 

Fer: comme en vn autre pifljgc la voix de 
Archange par laquelle noui Icrons adiour- 
nei, eft nommée Trompeie , i.Thcflalo.4.d. 
tS,poiircc qu'elle aura eômc vn fon bruyant 
pour fe faire onir en rctcntiOant lufqucs Ae 
Ht lescvi-iirs jtaureillesde loutespcrlonts. 
Il C^r ,/ rft cf,tit,li Yiji, /, ^t!f.mfUT. t«. 
lime lembleque l'Apoftre a allégué ce lef- 
iroign.ige du Prophttt, non pnint t.int pour 
proiiucr te prr>p,>s du iiigimcnt de Chnft.le 
ouel ertoit ho « de doute entre toutChre- 
Ricnf ,'que pour inonftrcr que nous duiuns 
loui auec grande humilité & dricAion de 
nous mefmes attendre ce lugement : ce que 
les mots auilî emporter. Ainli dôc.auparauic 
parlant en fa pcrionnc, il a déclare que c'eft 
a Clirift feul de lugcr tous hommes: main- 
tenant par les paroles du Prophète , il dc- 
mmiilre qu'il tanl que toute chjir folt hu- 
miliée par l'attenie de ce ingemtnt: ce que 
emporte ccOe façon de pjricr , f/c^tr/r ^t. 
tnull. A» reftc, combien qu'en ce paiTage-la 
Ju Prophète , le Seigneur prédit en gênerai 
eju'il adiiiendra que fa gluire fera magnifice 
entre toutes naiions .V fa raaiciic txaltee ea 
tout heu, laquelle pour lors eftoit encinfe 
entre »n bien peut nombre de gens , te com- 
me cachée en vn coin du monuc en obicuri- 
le , touteffoii fi nous reg irdons de près .on 
verra bien que l'accomplilfement de la cho- 
fe n'eft point mainrcnant, & n'a nn.aisefte 
.«u monde : Sf mefme n'y a point d'elVerance 
qu'on liiyVUiffcveoiral'jdMcnir. Diou ne 
r<g-ie point auiouiJ'huy au monde aiiire- 
ireiit que par rtujn»,lc,Jf n'y a point d'au 
UC moyeu j-atlequifuDuielit foit Uwn»- 



ree deuément ,finon quanti elle eft reueree 
fuyuint la cognoilTance qu'on en ha par f« 
Pjrole.Oreft il q la parole de Dieu a tout- 
iours eu les .iduerlaires , qui luy ont refifté 
obltincmét:& d'autre part des contépienrsa 
n'ont tait que f'cn mocquer,comiTif ii ce n'e- 
iloitqu'vnc farce ou vne fable. Et encore au 
iourd'huy il y a beaucoup de telles manie. 
riidegens.Jt yen aura touGours. De cela il 
appert qu'il ctt bien vray que cefte prophc' 
lie commence en la vieprefente; mais que 
d'autre part elle eft touliours loin de fa per 
feltion,iulV|ucs a ce que ce iour de la rcfur- 
reôion dernière fera venu , auquel tous les 
aduerfaircsde Clirift feront mis bas & reot 
utrrfcz , pour eftie faiijle fcabeau de fes 
pitdi . Et cela ne fe pourra faire , fiiion que 
le Seigneur foit afiîs en iugcinent.il Pcnlulc 
donc que l'Apoftre a bien proprement appU 
que ce lefmoignage du Prophète au ficge iU 
dicial de Chrill C'eft auiiï vn paiTagr cxcel. 
lent pour confermtr noftre foy touilTjnt I4 
Diuinite éternelle de Chiift . Car c'cft Dieu 
qui p.irle là, voire ce Dieu qui a vre foispio 
nonce qu'il ne rcfignera point l'a gloire a vo 
auiie,lfaie .ji.h.g.Or (î en Clirift eft accum- 
plice que là il l'attribue aluy feul, il eftcer 
tain qu'il fe manifeftc veiiiablcment en 
Chrirt. Et dv fjiâ.la vérité de cefte prophé- 
tie l^eit lors moniîree euidemmct, quand de 
tous coftei du monde vniucrl'el Chnft a af- 
léniblc gens a foy, en failant vn peuple ficn: 
& les lai géant a feruir la maiefte ,J. obéira 
l'Euâgile.A quoy lainS Paul a regardé lus 
Pliilippicns.chapitre l.b 9, dtfani que DieU 
a donne a (on Clirift vn nom auquel tout gc« 
nouil ployera.Cependant loutcilois, le plein 
acconiplillcment d'icclle eft rcferué a ce 
lour qu'l montera en (on (lege iudicial pouf 
lugcr les vifs &: les mons: comme le Pc- 
re luy a dunué tout lugcmcnt tant au ciel 
qu'en la terre. Au reftc , les mots du Pro- 
phcte font , r£«;f Unique iurrr^ a m:y. Mail 
pource que le iiirement eft vne partie de 
l'honneur que Dieu requiert des hommes, 
ce <iue l'jinCt P.iiil du yc 1 , Dcifa /»«<«je, 
ne change tien du fens . Car le Seigneur a 
voulu liinplejnent proteller , que tous hom« 
■•■es non leulcment cognoiftront (a m.iieftc 
Diuinc, mais aulfi leront confclTion, tt ren- 
dront tefinot|inage d'obcjfl'anee ,& de bou- 
che K de côtcnat.cc externe ilu corps"ce que 
il a figiiifié par ce mot,P.'^<r /r (^rijoui/. 

12 Pjr ,\infi dmcyn tli^cun Jr niu4 niiJrA 
f»iiteyijiir/»T-rre/'/Tie,<^. Cefte conclufion noua 
ramené a vne humilité St deicâion de nous- 
mermes: dont aulli il infère incontir.enr, 
que «3i« itr im~itHr ftiu l'rM f/iMtrr pour- 
Ce qu'il ne nous appartient pas d'cntre- 
ptendre l'oflïic de iuger , Teu qu'il ooui 
faut necrlTaircnient comparoiftre en iu» 
grment &: r^nlrr c^-itt comme les autres* 
Or d'juianr que le mot de /«^rr , ha di- 
uerfcs fignifïcationi, l'Apoftre par vne fa- 
çon de parler qui ha grâce , l'appliquant a 
deux endroirs , en lire deux bons enletgne- 
mes.Car au premier mot 'de lu^rr.W nous da 
fend de iuger en condamnant : au fécond, 
il nous coaunaïKlc «'employer toute no&ia 
m-ii. 



Chap.XIITÎ. 



SVR L'EPISTRE 



t.etr,ijM 



*ou,pIc 
faina 



faifonSf iugementa enher fcandate. Caren vie dei frères. Erpourtantil UaimontUt 

ce mot il taxe obliquement ces grans repre- «l'auifer pluftoft a le donner garde , pourte 

neurs S: contreroUeurj, pouffez d'enuie, qui que par faute d'auiler a eux-mefmes.iU fon» 

emploient toute !a fubulite de leur cfprit fou lient ou trt bufc lier ou heurter leur» ffc- 

âtrouuer quelque chofea reprendre en la res en quelque fcandale. 

14 fefcajÇ^ tien four cert/tin piir le Seigneur Iefus-,cijue 
rien ne(l fouille de fhj-mefme iftnon a celttj qui ejtime quelque 
chofe eflre fouillée-, eue luj ef fouillée. 

15 Maiff ton frère efl contriflè pour la 'Viande-, tu ne chemi- 
nes f lut félon ch/trite.\\Ne deflruj point pour ta ^tande , celuj 
four leejuel Chrifl e fi mort. 

16 Vofire bien donc n^ fit point hlaG/ié. 

17 Car le rojaume de Dieu ne fi point viande ne hr nuage: 
maii iufiice-ipaix, ^ ioje au/àinffFfi>rit. 

18 Car c[ut en celaftrt a Chrifl^tl plaifi a Dieu,^ efl apprott 
ne des hommes. 



14 Ir'l!4y iy lirnptur certain, (srt. Afin de 
preuenir l'obieôiô que pouiioyêt faire ceux 
<)ui aunyent fi bien proufiie en l'EuangiIe, 

3u'ilsne dilcernoyent point entre Us vian- 
es, & n'en faifoyent aucun fcrupule , il de- 
monftre premieremêt quelle opiniô on doit 
auoir touchant IcJ viandes en les confidetât 
fimplemêt encllesmermes.'puis aptes, il ad- 
loufte cornent on peut faillir en la circonftâ 
cède l'vfaged'icelles.ll déclare dôc qu'a la 
confcience droite & pure nulle viande n'cft 
fouillée, & qu'il n'y a rien qui nous empef- 
tlie d'en vfer purement qu'ignorance & cr- 
feuripource que celuy qui imagine quelque 
immôdicitc en la viâde.n'en peut vfer libre 
met Mais il adioufte vn peu aprti, Qu'il ne 
faut pas feulement regarderaux viandes en 
elles-mefmes.mais auffi aux freres.en la pre 
fence defquels no'en mangeôs Car no'ne de 
uonspaseftimer l'vfage desbiësqne nous re 
ceuonspar la libéralité de Dieu>eftre telle- 
ment indiffèrent, qu'il ne doyue cftre fiiiet a 
charité. Ainfi donccesparoles emporter au- 
tât conie fil difoit,Ie Icay bien q toutes viâ 
des font pure»,* pounât icleslaiffc enta li 
bertc:ie laiûe ta côfcience a dcliure de tout 
fcrupule:brief,ie ne te defen pas fiiuplcme't 
&preciféinentrvfdg» des viandes, mais fais 
nous arrcfter aux viandes , ie requier que tu 
auifesa n'oublier point l'édification de ton 
prochain. Là oii nousauonstraduit X'-xiT/f, S. 
Paul a dit Commun, fignifiant ce qui eft pro 
fane,& dont les infidèles vfent indifférem- 
ment : !< eft .linfi dit a l'oppofite des chofcs 
qui font fpeciaicmêt fanftifiees pour l'vfage 
«lu peuple fidèle. Parlant de la purttede ton 
les viandes, afin de mettre ce i.oinft hors de 
toute doute.il dit qu'il lefcaii&en eft certaî. 
II adioulle , P.trle StiiTieHr Irjm , d'autant 
que c'eft par Ion moyen (|ue nous obtenons 
ce priuilege& cefte grâce que toutes créa- 
tures nous font bénites du Seigneur.lefquel- 
les autrement eftoycnt maudites en Adam: 
touteffois il a voulu quant & quant en ce 
mot oppofer a la fcruitude de la Loy, la li- 
berté ^ui nous eft donnée de Chriftî afin que 



jlf nr penfafTcnt point cftre aftrainisa vit» 
obferu.ition de laquelle Clirift les auoit ie, 
liiite? & affranchis . Par l'exct pi ion qu'il a 
mile, Sinon ,1 ecluy , e^i. nous fommes enfei« 
gntî qu'il n'y a rien fi pur, que la confcien- 
ce corrompue ne iouillc Car il n'y a que !» 
feule foy .crainte, & cogiioilfance de Dieu 
qui nous fanftifie toutes chofes. Au contrai, 
re , lesinfidtrlis, comme iU font polluez au 
dedans , ainfi par leur attouchement ils in- 
feftcnt & corrompent toutes chofes, Tite 
chapitre premier, d.i;. 

lî IHdt! p !cn Jrt/e efl ctntrifiè pcuT lty!l£. 
Je. Il déclare maintenant en combien de 
fortes le fcandale des frères corrompt l'vfa- 
ge dt s bonnes chofes . Or la première raifon 
eft, pource «jue charité eft cnfraiiite, fi pour 
Tne caufe tât légère le frère tft par nous cô- 
trifté Car donner a a jcun caule de douleur, 
cria eft contraire a charité . L'autre raifon 
eft , pource que quand vne confcience infir- 
me vient a eftre bltlfee par nous , c'tft def. 
faire le pris du fangdc Chrift . Car le (tut 
le plus petit St mefprjféqui puiflecftre.a 
efte racheté par le fjng <le Chrift.C eft donc 
vnechufe eflrange & derr..ifonnable , que 
nous le deftruifions pour contenter noftre 
ventre. Et il faut bien dire que d'vne vilei- 
ne f.icon nous fommes par trop aAionnti a 
nos cupiditez.fi la viâde, «^ eft fi peu de cho- 
fe, eft par no' préférée a Chi ift. La troifieme 
eft , .|ue fi la liberté acqnife aux fidèles par 
Chrift, eft bonne , nous dcuons mettre peine 
qu'elle ne tombe en blafme entre les home', 
& foit vitupérée a iulle occafion. Ce qui ad- 
ulent quand nous abufons des dons de Dieu 
a tois & a trauers,commc on dit. S: fans pru 
dcce. Cesrailons donc nous doyuent inciter 
a nous garder de donner légèrement occa- 
fion de (candale, en prenant vne trop grande 
licence fans difcretion. 

17 l'.lr /<• rtrj4nme ilt Dieu n'ef psht rUm- 
Jr,(tsr'. Il monftre maintenant au contraire- 
que fans fouftVir aucune perte, nouspouuôc 
nous abftenir d'vfcr de noftre liberté: pour- 
se q le roy.iume de Dieu ne côfiftc point ca 



AVX ROMAINS. 



91 



CM fliofei . Cjr le» chorc j qui feruent.ou a eonfcitnee touteffoil n'eft point antremcnt 

drefTer.oii 1 maintenir le royaumt de Dieu, déliait fc aUigre.que qiund elle fent Dieu 

cellet-lî il ne lef faut nullement omettre, enueu elle appai(é& propice :& au(Ti vne 

<)uel<|ue (Vandale qui en puiffe aduenir par ioye vraye & nayfue ne procède d'ailleur» 

après. Orfi pour cliarJtcon fc peut abftenir qiie decefte paix . Au refte, combien tjue 

de l'vrage des viandes fans blcllcr l'honneur tjujnd il eft qucftion de choies fi grandes,!! 

de Dieii. diminuer le règne de Chrift, & en- eft toufiours bon, & vicntbien a propos de 



fraindre U vraye religion , ccux-la ne font 
nullement a exiiifer, qui pour icclles trou- 
blent TF-glifc. Il vfedfs nielmes argument 
cnlapremere aux Corintliirn$,5.c.i),& 8. 
c. 3. Les viandes font pour le vecre. & le ven- 
tre pour les viandes: Dieu deftruira l'vn & 
l'autre. Si nous mangeons , nous n'en auons 
riend'aiiantige. Par Itfquellcs fcntenccs il 
veut inonftrer en Tomme, que la viande &le 
bruuagc font ehofes trop vifes, qu'il falle 
que pour icellci le cours de l'Fuangile foit 
tm\'ttc\li.Miù iufî're.i..u\ (^ ityfdu S Efj'rit. 
Comme en palTanc ilaoppoléces cliolcs a 
la viande, & au bruuage. Non pas qu'il ait 
voulu nommer toutes les ehofes eUjuelIcf 
coniîftc le royjuincde Chrift, mais (eule- 
inent pour monftrer qu'il gift tnchoftsrpi- 
rituelles. Combien certes qu'en ce peu de 
paroles il a compris la fommc d'ietluy^c'cft 
alcauoir.qu'ayans bon tefmoignage en noi 
cœurs, nous foyoïis paifibles deuanc le Sci- 
Kneur.Sr louyffions d'vne vrave ioye de ton 
fcience , & ce par le faiiift Effirit qui habi- 
te en ni.us. Mais touielVois (^ comme l'jy 
«lie, ) fon intention a efte d'apjiliquer a (a 
matière preTcnte ces deux ou trois points. 
Car qui eft fait participant de h vraye iu- 
ftSce. ceftuy la louit d'vn bien qui eft le fou 
lierain & ineftimabic : afcauoir , d'vne ioye 
tranquille en la confcienct:&qiii ha paix a- 
Uec Dieu.qu'eft ce qu'il defirc plus ? Quant 
»ce qu'il conioint Pj!x auec /»yf,il me fcm 



en renommer autheur le fainft Efprit: tou- 
teffoise.i celieu ila voulu tacitement op. 
po(erl'Cfpr!t aux ehofes extérieures: afin q 
nous (cachions, que fans l'vfagc des viande» 
nous ne laifTôs p.^f li'auoir en leurennct les 
chofcs qapp.'.rtionet au royaume de Dieu. 
|g Cdr ijh'i rn<ti c'iiiÇei. C'cft vn argu- 
ment tiré des ehofcS qui Penfuyucn l'vne 
de l'autre Car il ne fe peut faire quand vn 
homme plaift a Dicu,& tft approuuc des liô. 
mes ;qiic le royaume de Dieu n'ait fa plene 
Vigueur,& fou (loriflant en luy . Q^ii fert a 
Dieu par lUftice en confcience paifibleêc 
tranquil'e, fe rêd approuuc tant aux home» 
qu'a Dieu. Où donc eft iuftice,8( paix,&ioye 
lpiritucllc,là le royaume d. Dieu eft acconi 
pli de tous points qui y font riqui. : il Pen- 
fuit donc qu'il ne côfifte pas en ehofes corpt» 
relies. Au refte, il dit que l'homme tft ;grea 
ble aDieu. lequel obcit a la volote d'jctluy. 
Il dit auffi que ceftuyla eft approuué dt* 
hommes: pource qu'ils ne peuuê; tant faire, 
qu'ils ne rendent tefmoignage a la venu la- 
quelle ils voyér de leurs yeux. Non pas que 
les mefchans efpargncnt toufiours les cn- 
fam de Dieii.car mcfmes là où il n'y en au- 
ra point d'occafion , ils dégorgent contre 
eux beaucoup de vileniet & iniures , & Icf 
diffamèt a tort par calomnies & menfongesr 
brief,ils toutneront a blafmc les eho